DiscordDiscord  
  • AccueilAccueil  
  • CalendrierCalendrier  
  • FAQFAQ  
  • RechercherRechercher  
  • MembresMembres  
  • GroupesGroupes  
  • S'enregistrerS'enregistrer  
  • ConnexionConnexion  
  • bienvenue
    ×
    navigation rapide
    lore
    général
    systèmes
    jeu

    menu
    Top-sites
    Votez!
    top sitetop sitetop sitetop site

    Derniers messages

    Avatar du membre du mois
    Membre du mois
    Seraphin

    Prédéfinis

    PrédéfiniPrédéfiniPrédéfini
    Y'a des claques qui se perdent [Kilanna] InRH1Ti
    Gazette des cendres
    Printemps 2024
    Lire le journal
    #6
    RP coup de coeurCoeur

    RP coup de coeur

    Le Lever de Lune
    Derniers sujets
    Retour par les vents arides | [Enkara] Aujourd'hui à 0:07Enkara O'Shela
    Vraden Turif | ChronologieHier à 21:55Vraden Turif
    L'Aube du Chaos [Divinistes]Hier à 21:22Lodvik
    Passation de pouvoir [PV - Arès]Hier à 20:22Arès Wessex
    Demande TC de TulkasHier à 19:19Tulkas
    Souvenirs déchirésHier à 18:26Vaenys Draknys
    Validation des RP de Zéphyr [Reike]Hier à 18:15Zéphyr Zoldyck
    Aller en bas
    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Kahl
    Kahl
    Messages : 181
    crédits : 169

    Info personnage
    Race: Oni (demi-archonte)
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Chaotique mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t930-kahl-l-ogre-du-blizzard-termine
  • Ven 17 Mar - 12:59
    Surplombant la majeure partie de la populace d'Ikusa, une silhouette immense s'avançant en brisant la marée grouillante de badauds par sa simple aura meurtrière. Cela faisait des lustres désormais que Kahl n'avait pas eu l'occasion de s'aventurer ainsi en plein cœur d'une cité aussi pleine de vie sans risquer d'attirer l'attention d'une patrouille par mégarde. Après tout, la garde, c'était lui désormais. Le géant bleu peinait encore à croire qu'il était parvenu, à la conclusion de sa rencontre avec Fabius, à intégrer les rangs des Serres Pourpres et à finalement s'assimiler à ces militaires qu'il avait méprisés et combattus durant des décennies entières. Il n'avait cependant rien d'un loup dissimulé parmi les agneaux car ses nouveaux confrères étaient en vérité tout aussi monstrueux que lui, tout comme leur supérieur par ailleurs.

    Perdu dans ses pensées, le colosse du grand froid arborait d'ailleurs les jambières ainsi que la tassette d'une armure nouvellement acquise qui avait remplacé les guenilles couvertes de viscères et d'ossements qui constituait autrefois son seul habit. A sa ceinture, le symbole des Dévoreurs, témoignant de ses nouvelles fonctions, était tout à fait visible et servait justement au colosse de laisser-passer. Ce petit blason lui conférait de nombreux avantages et lorsqu'il voyait à quel point les passants le fuyaient du regard, il ne pouvait que sourire intérieurement. Du pouvoir, de la gloire, c'était tout ce dont il avait toujours rêvé. Son poste s'accompagnait certes de responsabilité mais Kahl, dans l'euphorie de la nouveauté, ne percevait pour l'heure que les aspects ludiques de sa prise de fonction au sein de l'armée impériale.

    Et comme un gros chat qui venait de dénicher un rongeur pris au piège dans une souricière, il laissa un bien vilain sourire se dessiner derrière son masque pourpre lorsqu'un commerçant pressé vint lui rentrer dedans par accident, se confondant aussitôt en excuses pour ensuite s'esquiver. Le géant azuré observait le pauvre bougre qui s'empressait de changer de direction mais il était déjà trop tard pour lui, cependant, car il avait déjà attiré l'attention de l'oni. Le pied du colosse se glissa près du tibia du malheureux, résultant en un croche-pied qui fit chuter le pauvre homme. Le marchand s'écroula face contre terre et les caisses qu'il portait dans ses mains se brisèrent partiellement, permettant à leur contenu de se déverser sur le sol. Fruits et légumes roulèrent dans toute la rue et le commerçant tenta aussitôt de récupérer ce qu'il pouvait, sans accorder la moindre attention au géant cornu. Il s'apprêta à ramasser une pomme mais celle-ci fut alors broyée par la botte du soldat. Médusé, le marchand leva les yeux en direction de son agresseur qui avait entrepris de s'accroupir pour se mettre à son niveau.

    "Oups. Désolé."

    Paralysé d'effroi, le commerçant demeura immobile un instant, les yeux rivés vers le masque pourpre de l'oni. De sa voix caverneuse, le goliath moqueur enchaîna sur un ton venimeux :

    "Ramasse. Ta cargaison se tire, fripouille."
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Ven 17 Mar - 17:07
    Finalement, pourquoi s'embêtait-elle à s'empêcher de voler ? Il lui suffisait de décoller pendant la nuit, si elle ne voulait pas être vue. Et.. Elle devait passer la journée sur les toits. Ou pas. Après tout, les compétences d'un assassin ne devait pas nécessairement se limiter aux assassinats. Si elle parvenait à entrer (bon, d'accord, par effraction) dans une propriété par une fenêtre et à rester discrète jusqu'à l'avoir quittée, le tour serait joué. Et pour ce qui était de la nourriture... Elle pourrait toujours en voler via ce même procédé.

    Ainsi, c'était décidé. Aujourd'hui, pas de théâtre, pas de meurtre, seulement de la liberté. Du moins, c'est ce qu'elle pensait, alors que, s'étant levée tôt, avant le lever du jour, elle s'élevait au-dessus des toits de cette ville qu'elle retrouvait après un moment. Etrangement, cela la rendait nostalgique. Pourtant, elle était certaine de ne pas considérer la moindre ville comme son foyer. Ou plutôt, son foyer, c'était l'Empire entier. Alors, pourquoi s'attacher plus particulièrement à un coin de son logement plutôt qu'à un autre ? Elle était censée se sentir chez elle partout, du moment qu'elle ne franchissait pas la frontière. Et elle ne l'avait pas fait, depuis toujours, elle s'était contentée de ce grand territoire, qui recelait de toutes façons assez de diversité pour qu'on ne s'y ennuie jamais. Et puis, mine de rien, en recherchant des contrats et en enquêtant sur plusieurs cibles potentielles, elle finissait par connaître de nombreuses personnalités différentes. Certes, ceux qui ne se situaient ni du côté des hybrides ni de celui des racistes dans leur combat ne l'intéressaient pas, mais elle prenait plaisir à discuter avec eux. Après tout, ce n'était pas parce que vous n'étiez ni son allié ni son ennemi qu'elle n'aimait pas en apprendre plus sur vous.

    Tout en réfléchissant, elle sillonnait les cieux de la capitale, tel un étrange oiseau, observant la ville endormie en contrebas, savourant la sensation du vent qui jouait avec ses cheveux et ses vêtements. Ne ressentant nulle fatigue suite à sa nuit courte, elle prit de l'altitude. Là-haut, aucun des rares bruits de la ville nocturne ne l'atteignait, elle y trouvait réellement la paix. Et elle se prit à rêver. Si le monde était déjà celui qu'elle aspirait à créer, si tout le monde pouvait vivre en liberté, sans craindre son prochain, elle n'aurait pas besoin d'en finir avec des vies. Que ferait-elle de sa vie, dans un monde idéal ? Elle serait probablement artiste. Après tout, elle devait remercier toutes ces personnes qui l'avaient poussée vers cette troupe de théâtre. Une fois purifiée de ses mauvais éléments, cette troupe était devenue un refuge pour elle, comme... Une famille. Une famile. Ce mot qu'elle ne connaissait qu'à peine. Elle qui n'avait jamais connu son père, et dont la mère, sous prétexte de la protéger, l'avait gardée enfermée pendant une bonne partie de sa vie... Non, elle en était certaine, ce n'était pas cela, une famille.

    Elle continua à se perdre dans des pensées aussi nombreuses que sans rapport les unes avec les autres, jusqu'à ce qu'elle décide de redescendre. Quelle heure était-il ? Tout ce qu'elle savait, c'était que le jour s'était levé. Il était temps de laisser ses ailes peu entraînées se reposer et de visiter de nouveau la ville... Mais, cette fois, depuis les toits. Ils lui offriraient une nouvelle perspective.

    Au milieu de sa promenade en hauteur, elle entendit un bruit inhabituel. Que se passait-il ? Ne se souciant cette fois absolument pas des regards (après tout, elle avait décidé d'être en congé, ce jour-là), elle prit de l'altitude. Ses ailes déployées l'empêchaient de toutes façons de se trouver trop près du sol, les rues étant trop étroites pour contenir son envergure entière. Puis elle se dirigea vers les sons. Que se passait-il ? Une dispute ? Si tel était le cas, ce n'était pas à elle d'intervenir. Mais elle pouvait toujours aller voir. Après tout, elle en était certaine, elle ne serait pas la seule curieuse à cet endroit.

    Elle se posa sur un toit proche pour ne pas trop effrayer les passants avec son allure de démon, car elle savait qu'elle pouvait être interprétée ainsi. Un... Colosse qui malmenait un marchand. Hum... Cela valait-il la peine qu'elle aille y mettre son grain de sel ? Non. Elle venait d'avoir une idée bien plus intéressante. Elle n'avait pas pris de petit déjeuner. Et voir ainsi des denrées alimentaires étalées au sol... C'était trop tentant. C'était une invitation au vol. Alors, ne se souciant pas du fait que n'importe qui pourrait la reconnaître, elle descndit en piqué, repliant rapidement ses ailes pour leur éviter de ralentir sa chute. Elle atterrit juste devant le marchand, qui se retrouva pris en étau entre elle et le colosse.

    Puis, l'air de rien, elle récupérera une pomme qui avait miraculeusement réussi à rester dans sa caisse. Puis elle se détourna, comme prête à s'éloigner, avant de lancer par-dessus son épaule :

    - Monsieur a raison. Sachez-le, je ne suis pas une voleuse. Mais à voir tout cela étalé comme ça... Je n'ai pas pu résister. Vous risquez de créer d'autres vocations, à rester comme ça.
    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Kahl
    Kahl
    Messages : 181
    crédits : 169

    Info personnage
    Race: Oni (demi-archonte)
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Chaotique mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t930-kahl-l-ogre-du-blizzard-termine
  • Sam 18 Mar - 15:22
    Dans un cliquetis d'acier, le géant des glaces se redressa en chapardant au passage l'un des fruits que le pauvre marchand s'évertuait à regrouper maladroitement. Fort heureusement pour la victime de son élan de cruauté du moment, Kahl avait approximativement le degré d'attention d'un chiot et sa concentration fut donc entièrement sapée par l'arrivée d'une nouvelle venue qui profita de l'opportunité pour venir s'emparer elle aussi d'une petite collation improvisée. Loin de lui jeter la pierre, il salua l'audace de sa manœuvre car, jusqu'à présent, on avait davantage eu tendance à s'écarter sur son passage plutôt qu'à lui donner raison. Etait-elle complètement folle, ou simplement très aventureuse ?

    Sa masse solidement sanglée sur son dos, Kahl partit sans se retourner, suivant à la trace la curieuse inconnue qui se faufilait déjà dans la foule avec aisance et élégance. Intrigué, il sut d'instinct qu'elle se savait suivie mais n'abandonna pas pour autant. Il avait une curiosité à satisfaire et comptait bien engager la conversation, car une telle arrogance ne pouvait tout bonnement pas être ignorée. Loin de condamner, Kahl avait toujours salué l'audace là où il la trouvait, c'était là toute sa philosophie de vie. Ce fut donc au prix d'une brève accélération qu'il rattrapa la mystérieuse jeune femme, la jaugeant du regard avant de lui adresser la parole, tout en marchant à ses côtés :

    "Sacré culot, dites-moi. Un vol, effectué sans honte ni retenue, juste sous les yeux d'un digne représentant de l'armée impériale, vous pourriez vous faire sévèrement taper sur les doigts, vous savez ?"

    L'ironie de la situation était évidente et, si le visage de la bête immonde était dissimulé sous son masque intégral, on percevait toutefois dans son ton goguenard une envie de jouer à l'imbécile, par simple plaisir et aussi par pur ennui. S'il pouvait se permettre quelques facéties de temps à autre, le nouveau statut du géant lui interdisait tout de même de s'adonner à la plupart de ses loisirs d'antan. Il n'y avait en lui ni noblesse, ni respect pour l'autorité, mais Kahl tenait tout de même à conserver ce nouveau poste qui présentait tant d'avantages. Le monstre releva son masque, dévoilant sa gueule cassée ainsi que ses crocs immensément longs et, à la manière d'une bête vorace, il vint plonger ses dents dans la pomme juteuse, en arrachant la moitié d'un seul coup. Tout en mâchonnant, il lança ensuite :

    "Vous êtes du coin ?"
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Sam 18 Mar - 18:53
    Il était impossible de le louper. Cette ombre qui s'étendait sur elle alors que le colosse la talonnait... Elle le savait, même si elle essayait, elle n'arriverait pas à le semer. Et il était hors de question d'imaginer la fuite par la voie des airs, à présent que la rue était peuplée, il était tout simplement impossible de ne serait-ce que faire semblant d'utiliser ses ailes. Et puis... Elle le sentait, des racistes se tapissaient certainement parmi les badauds. Inutile de se faire remarquer plus que nécessaire.

    Son suiveur mit plus de temps que prévu à la rejoindre. Pourquoi avait-il tant attendu ? Elle ne pouvait pas croire qu'elle l'impressionnait, l'inverse serait plus logique. Quant aux témoins... La population alentour n'avait pas vraiment changé depuis le lieu du drame. Puis il lui parla. Sans faire mine de ralentir, elle haussa les épaules :

    - Arrêtez-moi si vous le voulez. De toutes façons, ce n'est pas comme si ça servait à quelque hose de me défendre, vous m'avez prise en flagrant délit.

    Elle-même ne s'était pas vraiment cachée, mais c'était un autre sujet. C'est alors qu'il la surprit avec cette question qui semblait innocente. Sous le coup de la surprise, elle s'arrêta et leva les yeux vers le visage de son vis-à-vis, tentant d'y déchiffrer les intentions derrière cette question. Evidemment, elle n'y trouva rien. Alors, elle décida de simplement répondre :

    - Oui et non... Dépend de si vous parlez de la ville ou de l'Empire.

    Puis, l'air de rien, elle aussi se mit à savourer le fruit de son larcin. Néanmoins, même si elle n'en avait pas l'air, elle était curieuse de la réaction qu'amènerait sa réponse pour le moins inutile. Mais elle n'avait pas menti : s'il parlait de l'Empire en général, alors oui, elle était une citoyenne. S'il lui parlait de la ville, ou de n'importe quelle autre, d'ailleurs, eh bien non, elle n'en faisait pas partie. Selon elle-même, elle était une fille de l'Empire, mais d'aucune ville en particulier.
    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Kahl
    Kahl
    Messages : 181
    crédits : 169

    Info personnage
    Race: Oni (demi-archonte)
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Chaotique mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t930-kahl-l-ogre-du-blizzard-termine
  • Sam 18 Mar - 19:42
    Kahl renifla bruyamment avant de secouer sa pomme à demi-dévorée, indiquant à son vis-à-vis qu'il n'avait pas particulièrement dans l'idée de faire du zèle, compte tenu du fait qu'il était lui-même fautif. Ce n'était certainement pas pour son goût prononcé de la justice ni même son sens de l'honneur qu'il avait rejoint les Dévoreurs, évidemment. Un vol de fruit ne méritait absolument pas son attention, même si cela constituait éventuellement une bonne excuse pour distribuer des gifles par pure volonté de nuire. Sans grand intérêt porté à son environnement, il observait toutefois certains passants, laissant son regard voguer lentement d'un visage fuyant à un autre, puis il reporta ultimement son attention sur son interlocutrice :

    "Je me contrefous de votre petit larcin, vous vous en doutez. Ai-je la trogne d'un modèle de vertu ?"

    Un sourire suffisamment laid pour effrayer un mort déchira son faciès maculé de cicatrices. Dans ses yeux noirs comme la nuit, on lisait sans mal un amusement certain ainsi qu'un intérêt tout à fait hors-norme. Pourquoi cette curiosité pour une parfaite inconnue ? Lui même peinait à en trouver la raison. Sans doute l'ennui et la déception de n'avoir pu s'adonner à aucun carnage depuis son retour des terres désertiques. Kahl ayant toujours vécu d'un massacre à un pillage, entrecoupés detraditionnelles beuveries entre malfrats, il avait donc bien du mal à se faire à l'idée d'une vie rangée où ses ardeurs devaient être contenues. Sociabiliser ainsi avec des inconnus était pour lui, d'une certaine manière, un entraînement.

    "C'est votre audace qui m'amuse. Vous êtes la première à oser défier la loi en ma présence."

    Alors qu'ils s'avançaient en discutant, ils passèrent d'ailleurs devant d'autres représentants de la justice reikoise. Ces derniers, dont l'attention fut attirée par la stature impressionnante du géant, ne manquèrent pas de remarquer à la ceinture du monstre les ornements typiquement arborés par les hommes de la Griffe. Ils le gratifièrent donc d'un salut militaire respectueux et le concerné, toujours surpris par ce genre de manœuvres, ne leur répondit que par un hochement de tête sec. Ne pas être poursuivi par ces hommes était une chose, mais être traité par eux avec tant d'égards paraissait tout bonnement surréaliste pour celui qui, quelques mois plus tôt, avait été condamné à mort par la République. Une fois les patrouilleurs dépassés, il interrogea à nouveau sa camarade de balade :

    " 'pas né ici, moi. J'ai intégré les forces armées il y a peu."

    Et quelle intégration, d'ailleurs. A cette pensée, le monstre ne put retenir un éclat de rire sardonique.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 19 Mar - 11:30
    Elle haussa les épaules à la question suivante. Elle était bien placée pour savoir que les apparences pouvaient être trompeuses. Après tout, elle-même pensait plutôt bien s'en sortir lorsqu'elle se faisait passer pour une innocente. Et pour autant, c'était une criminelle, n'ayons pas peur des mots. Alors, si lui avait l'air d'un criminel... Qui sait, peut-être était-il vraiment un citoyen modèle ? Ce fut à ce moment, pour lui répondre, qu'elle reporta son attention sur lui... Et recula. Qu'est-ce que c'était que cette expression. Les mots refusèrent de quitter sa gorge. Comment pouvait-elle lui dire qu'il ne fallait pas se fier à l'apparence, à présent ? Non, clairement, c'était impossible. Et puis... Comment le croire innocent, pour commencer ? S'était-il lui aussi rendu coupable de crimes ? De quelle importance étaient-ils ? Etait-il pire qu'elle ?

    Lorsqu'ils passèrent devant les gardes, pour la première fois, elle eut envie d'aller chercher refuge auprès d'eux. Mais elle ne pouvait pas se le permettre. Après tout, les gardes étaient ses ennemis. Il était hors de question qu'elle cherche leur protection. Après tout, on ne savait jamais, si d'aventure elle faisait une erreur qui la trahissait, elle serait déjà bien placée pour se rendre tout droit en prison... Plutôt mourir que de pourrir là-bas. Elle préfèrerait se livrer aux familles de ses victimes et les laisser la massacrer plutôt que de finir sa vie derrière les barreaux. Elle agissait pour la justice, après tout. Mais ça, ces gardes trop respectueux de leur hiérarchie ne pourraient jamais le comprendre.

    Lorsque son compagnon de balade improvisé lui parla de nouveau, elle sursauta. Elle cherchait quoi lui répondre, quand il partit d'un rire qui faillit la convaincre de tenter de prendre son envol pour partir le plus loin possible de lui. Ses ailes frémirent d'ailleurs alors que cette pensée la traversait. À présent, elle ne pouvait plus faire comme si de rien n'était. Cet être l'effrayait, inutile de prétendre le contraire. Et elle ne se permit pas de lui parler, de peur qu'un éventuel tremblement de sa voix ne la trahisse... Au cas où son langage corporel ne l'aie pas déjà fait.
    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Kahl
    Kahl
    Messages : 181
    crédits : 169

    Info personnage
    Race: Oni (demi-archonte)
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Chaotique mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t930-kahl-l-ogre-du-blizzard-termine
  • Dim 19 Mar - 17:42
    Le silence qui suivit fut pesant, tout autant pour la jeune femme angoissée que pour son diabolique compagnon qui, peu à peu, se lassait de parler dans le vide. Kahl n'était pour ainsi dire pas tout à fait au point sur les conventions sociales et pour ce qui était de ses connaissances en matière de respect d'autrui et de codes moraux, elles étaient tout bonnement abyssales. Il plaça le trognon de la pomme dont il s'était délecté au creux de sa paume et le broya tout en usant de sa magie. De son poing fermé, une vapeur givrée s'échappa et lorsqu'il ouvrit la main, les restes du fruit avaient été entièrement congelés et réduits en miettes. Il secoua prestement sa main pour s'en débarrasser, puis reporta son attention sur l'inconnue :

    "Je vous emmerde, peut être ? N'hésitez pas à me le dire, je mords pas."

    Contrastant avec ses propos, il déploya la rangée de dents monstrueuses qui décoraient sa gueule immonde, ce en une parodie de sourire tout à fait ignoble. Entre certains de ses crocs décorés d'or, quelques résidus de pomme se trouvaient encore mais on imaginait sans mal que, dans sa carrière, le monstre gigantesque ne s'était peut être pas toujours contenté que de fruits pour satisfaire sa faim. Malgré cette bonhommie qu'il essayait de dégager, étant d'humeur plutôt joviale, il émanait de lui une aura malsaine dont il n'était jamais parvenu à se détacher. Il ne faisait pas vraiment d'effort dans le domaine, en vérité.

    "A moins que..."

    Tel un fauve en prédation, il porta ses yeux d'encre sur la silhouette frémissante de son vis-à-vis. Une lueur mauvaise s'éveilla dans ses iris lorsqu'il discerna, derrière le masque paisible que tentait vainement de construire l'inconnue, qu'elle réalisait tout juste à quel genre de bête elle avait décidé de se frotter. Curieux, se disait-il, car il avait pourtant cru faire preuve d'une sympathie assez inhabituelle pour lui. Peu importait, car Kahl savait profiter d'une occasion de se fendre la poire en jouissant de cette force qu'il exerçait naturellement sur ceux qui le craignaient. Si elle décidait de le voir en monstre, c'était ainsi qu'il se présenterait. Approchant son faciès abject du profil de la demoiselle, il riva ses prunelles noires comme la nuit sur elle et lui glissa d'une voix glaciale :

    "A moins que j'vous foute les jetons, c'est ça le problème ?"

    Et toujours cet éternel sourire de crocodile, aussi immonde qu'effroyable, alors qu'il dévorait des yeux celle qui avait commis l'erreur de s'attirer son attention pour grapiller une pauvre pomme.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 19 Mar - 18:57
    Pardon ? Il lui demandait de l'insulter, là ? Ou elle avait mal compris ? Oui, elle avait certainement mal compris. Ou alors... Une imae fugitive lui traversa l'esprit. Elle avait déjà eu recours à une méthode similaire. Elle s'était déjà montrée dans toute sa vérité, les ailes déployées, pour tenter sa cible à tel point qu'elle finissait pas ne plus résister à son impulsion qui la poussait à l'attaquer... Et c'était toujours leur dernière action. Peut-être qu'à sa manière, cet être utilisait la même technique. Pousser sa proie à se condamner elle-même...

    - Stop. Je connais cette technique. Je ne tomberai pas dans le piège.

    Ses ailes se déployèrent autant qu'elles le purent. À présent, les attaques racistes ne suffisaient plus à l'empêcher de fuir. Sa vie était plus importante que sa réputation. Lorsqu'il s'approcha, elle recula. Lorsqu'il la perça à jour, elle battit des ailes... Mais, n'ayant pas la place pour déployer toute son envergure, ces dernières ne la portèrent pas loin. Alors, elle se contenta de s'en servir pour rétablir une distance un peu supérieure à la normale pour une conversation. Etait-ce ce qu'on appelait "distance de sécurité" ? Pour la première, fois, elle sentait que les rôles étaient inversés. Pour une fois, c'était elle la proie... Et autant dire que cette situation ne lui plaisait pas. D'un autre côté, il s'était lui-même présenté comme faisant partie de la garde, et elle n'était pas une combattante. Ses armes n'étaient efficaces que lorsque sa cible ignorait sa présence ou ses intentions. Ici, sa présence était plus qu'évidente. Quant à ses intentions... Il devait s'en doutait. Il savait qu'il l'effrayait. Et, face à la peur, il n'y avait que deux réactions possibles : la fuite ou l'attaque. Elle venait de le réaliser, dans sa situation, la fuite était impossible. Mais si elle attaquait, ces autres gardes devant lesquels ils étaient passés la verraient, c'était évident. Et il était tout aussi évident qu'ils ne resteraient pas là à regarder sans rien faire. Elle était piégée. Alors, elle tenta une bravade :

    - Bien, vous avez gagné. Je ne peux pas fuir, et je refuse de vous attaquer. Tuez-moi, qu'on en finisse.

    Elle enrageait. Ce scénario ne faisait pas partie de ceux qu'elle avait imaginés pour sa fin. Autrement dit, sa vie avait été gâchée. Avec un peu de chance, s'il montrait de l'hostilité, les gardes prendraient peut-être son parti ? Elle se détester, mais dans cette situation... Elle n'avait d'autre choix que de s'en remettre à eux.
    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Kahl
    Kahl
    Messages : 181
    crédits : 169

    Info personnage
    Race: Oni (demi-archonte)
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Chaotique mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t930-kahl-l-ogre-du-blizzard-termine
  • Dim 19 Mar - 21:08
    Lorsque l'inconnue lui offrit d'en finir avec elle, Kahl s'écarta tant par stupeur que par incompréhension. Médusé par la déclaration suicidaire de celle à laquelle il avait visiblement joué un numéro un peu trop réaliste, il demeura un moment interdit, ne sachant quelle réponse donner à une invitation aussi surréaliste. Il esquissa un refus d'un signe de tête et ses innombrables bijoux vinrent danser sur son affreuse frimousse dans une série de cliquetis. Son regard grave et cruel, solidement ancré dans celui de la jeune femme ailée, se fit subitement moins dur et plus intrigué.

    "Mais ça va pas la tête ?"

    Suite à quoi, il éclata d'un rire tonitruant, saisissant ses côtes comme pour tenter vainement de contenir cet excès de bonheur venu de cette situation extraordinaire. Riant aux larmes, le colosse du grand froid passa ses index griffus contre ses paupières rougies sous les regards insistants de passants curieux de découvrir ce qu'il y avait de si amusant pour cet étrange personnage. Il tut volontairement cette brève envie de meurtre qu'il avait vaguement considéré lorsqu'elle s'était ainsi offerte à lui sans la moindre résistance, mais fut bien vite ramené à la raison par le brouhaha ambient des rues bondées de la cité.

    La nouvelle prise de fonction de Kahl s'était accompagné d'énormément de droits ainsi que d'une richesse formidable, sans compter qu'il était désormais à l'abri des poursuivants républicains qu'on avait mis à ses trousses, cependant il y avait une poignée de devoirs auxquels il se devait de se plier. Parmi eux, ne pas massacrer des citoyens Reikois en plein cœur des cités figurait plutôt en tête de liste. En toute logique, il abandonna donc l'idée saugrenue d'une meurtre accompli froidement sur simple doléance incongrue. Il se pencha en avant, amenant son visage un peu plus près de celui de son interlocutrice visiblement terrifiée.

    "Détendez-vous, je vous charrie. Vous croyiez quand même pas que j'allais vous arracher la tête pour une pomme, non ?"

    Nouvel éclat de rire, pas moins exubérant mais peut être un tantinet plus sympathique. Décidément, son physique atypique déclenchait parfois des réactions relativement disproportionnées. Abandonnant toute volonté de nuire, Kahl tourna paisiblement le dos à son vis-à-vis et entreprit de s'éloigner, portant par dessus son épaule un vague regard en biais tout en s'adressant sans grande conviction à celle chez qu'il avait terrifiée, plus ou moins par accident.

    "Allez, suivez-moi. J'vous paye une verre, ça calmera vos nerfs."

    Aux frais de l'Empire, en prime.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 19 Mar - 21:59
    Et maintenant, il la traitait de folle ? Mais que se passait-il dans sa tête ? Son esprit semblait dérangé... En temps normal, Kilanna en aurait certainement profité. Pour faire quoi ? Personne ne le saurait jamais, puisque, pour une raison inconnue, elle resta là où elle était, affichant un air probablement perplexe.

    Et voilà qu'il riait à nouveau. Elle serra les dents. Ne pas fuir, surtout, ne pas fuir. Néanmoins, elle pouvait se permettre quelques pas en arrière... Les remarquerait-il seulement ?

    Tuer pour une pomme ? Enfin, plutôt pour un vol. Soudain, elle eut une idée. Après un coup d'oeil vers les autres gardes, elle lança :

    - Alors, je ne prétends pas mieux connaître votre devoir que vous, mais... Je pense qu'on ne vous en voudrait pas.

    Pour toute réponse, après un nouveau rire qui la fit frémir, il... Lui tourna le dos ? Sérieusement ? Ne pouvant résister, elle saisit sa dague... Mais un mouvement de la part des gardes lui fit vite changer d'avis. Rangeant l'arme, elle leva les mains et leur adressa un regard signifiant "Très bien, je ne fais rien." Mais elle jura intérieurement. Bravo, Kila. Maintenant, ils vont te surveiller. Et lorsque l'invitation fusa, elle eut du mal à savoir si le colosse voulait vraiment qu'elle le suive ou s'il préfèrerait un refus. Et puis... En bon assassin, elle savait se méfier des invitations à consommer quelque chose. Après tout, certains poisons étaient indétectables... Et la situation avait changé. À présent, elle pourrait fuir. Elle n'était en effet plus dans un cul-de-sac... Et c'est lorsqu'elle se fit cette réflexion qu'elle réalisa que ses pieds, de leur propre chef, avaient décidé de suivre le colosse. Elle ragea intérieurement. Si même son propre corps décidait d'agir contre elle, que pouvait-elle bien faire ?

    Elle le suivit donc jusqu'à un établissement, ne le quittant pas des yeux. Elle le surveillait. Et s'il avait le moindre geste suspect lorsque leurs commandes arriveraient... Eh bien, tout simplement, elle ne consommerait pas.
    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Kahl
    Kahl
    Messages : 181
    crédits : 169

    Info personnage
    Race: Oni (demi-archonte)
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Chaotique mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t930-kahl-l-ogre-du-blizzard-termine
  • Lun 20 Mar - 14:12
    Lorsque Kahl repoussa la porte de la première taverne qu'il avait trouvé, il attira inévitablement les regards des quelques clients ainsi que des tenanciers, mais ne s'en offusqua nullement. Durant le trajet, il n'avait jeté aucun regard en arrière, étant convaincu sans avoir à le vérifier qu'il avait été suivi par la jeune hybride. Il ne parvenait pas tout à fait à saisir quelle image elle avait de lui, puisqu'il s'était montré sous son absolu meilleur jour, mais il s'en moquait éperdument. Encore une fois, l'Ogre était trop satisfait par sa nouvelle vie pour se soucier d'aussi menus détails. Il tourna enfin la tête tout en maintenant la porte ouverte, laissant sa nouvelle rencontre pénétrer dans l'enceinte de l'établissement avec lui.

    "J'vous en prie."

    Elle obtempéra mais dans son expression blême, Kahl ne lisait ni curiosité ni sympathie. Entre la peur et l'incompréhension, elle demeurait interdite, ce qui amusait au plus haut point le monstre des glaces. Peu importait donc qu'il ne se choisisse de se présenter en tant qu'égide de l'empire car les gens, au fond, savaient de quel bois le monstre était fait. Il chercha une table vide et trouva bien vite son bonheur car deux rôdeurs, déjà affairés à quitter les lieux après leur repas, s'empressèrent de récupérer leurs effets personnels pour ne pas faire attendre le nouveau client. Le Dévoreur les laissa partir sans un mot, puis posa son postérieur sur l'une des chaises qui manqua d'ailleurs de craquer sous son poids. Lorsqu'il entendit le gémissement de l'assise, Kahl sursauta par réflexe et un bref éclat de rire jovial lui échappa ensuite.

    "Eh bien, il serait temps que je perde un peu de poids, visiblement. Seul un trône pourrait me soutenir."

    Invitant d'un geste de la main sa compagne à le rejoindre, Kahl reporta ensuite son attention sur l'un des taverniers qui passaient non loin de lui. Peu courtois, et certainement pas doté d'une patience à toute épreuve, il fit signe au commerçant d'approcher et le concerné, voyant à la ceinture du guerrier ses ornements militaires, s'empressa de le rejoindre pour prendre sa commande.

    "Deux chopes de Souffle d'Ombragon. Non, trois. Non... mettez-en cinq. Ouais, va pour cinq. Et de la viande, tant que vous y êtes. De quoi nourrir un ours, au minimum."

    Le vendeur hocha la tête en signe d'approbation et Kahl lui offrit un signe de tête en guise de maigre remerciement. Suite à quoi, il s'affala sur le dossier de la chaise qui semblait toujours dramatiquement trop petite pour lui, puis dévoila à son vis-à-vis ce fameux sourire ravageur qui avait déjà suscité chez elle un effroi certain. Kahl ne pensait plus à mal, désormais, il était tout simplement curieux :

    "Allez, détendez-vous ma brave amie. Si je voulais vous bouffer, j'aurais pas commandé autant de barbaque. C'est moi qui offre, grand prince que je suis. En échange de quoi, j'exige une histoire. On m'appelle Kahl, fier membre des Dévoreurs. Maintenant que je me suis présenté convenablement, à vous de vous ouvrir un peu, je vous sens à deux doigts de soit me tuer, soit vous trancher la gorge."

    Et parmi les Dévoreurs, justement, il n'était certainement pas la compagnie la plus désagréable...
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Lun 20 Mar - 15:39
    Il la laissait passer en premier... Une forme de galanterie ? Non, elle ne pouvait pas y croire. Peut-être juste un peu de politesse. Alors, elle lui adressa un discret signe de tête alors qu'elle passait devant lui, tentant néanmoins d'agrandir l'espace les séparant au maximum. Même si l'embrasure d'une porte n'était pas spécialement l'endroit le plus spacieux... Décidemment, aujourd'hui, elle semblait ne jamais pouvoir avoir la place nécessaire. Cette journée semblait placée sous le signe de l'étroitesse...

    Elle se sentit désolée pour le duo qui s'empressa de leur libérer la place. Piur être honnête, elle avait presque honte d'être associée à quelqu'un que tous semblaient fuir... Ce n'était pas bon pour elle. Si jamais l'une de ces personnes finissait par lui être désignée en tant que cible, elle n'arriverait à rien si elles la fuyaient. D'un autre côté... Si elle parvenait à convaincre son compagnon du jour de lui servir de complice, elle n'aurait plus jamais de témoin, rendant ses missions d'une facilité insolente. Mais avant cela... Il fallait qu'elle arrive à le regarder sans effroi. Et ça, ce n'était pas gagné. Et si un jour elle y parvenait, il y auait un autre obstacle : en effet, il semblait faire partie des gardes. Alors, il était hors de question qu'elle l'implique dans ses activités nocturnes. Ce serait jouer avec le feu.

    Lorsqu'ils s'installèrent, elle restait sur ses gardes. Alors que l'homme prenait ses aises, elle s'assit à peine, semblant prête à fuir à la moindre occasion, impression encore renforcée par le contraste de carrure et de posture qui existait entre les deux. L'ogre et la souris... Voilà une image qui semblait parfaitement leur correspondre. Et... Ai-je déjà dit qu'elle n'aimait pas jouer le rôle de la proie ?

    Quant à la commande... Elle aurait été bien en peine de raconter ce qu'elle avait pris, ce jour-là. Elle avait simplement donné un nom au hasard, ce détail étant vraiment sans importance dans sa situation.

    "Detendez-vous"... "Détendez-vous" ?! Sérieusement ?! Comment pouvait-il lui faire une telle demande ?! Et il voulait l'inviter ? Dans ses rêves, oui !

    - Non, je peux payer ma part.

    Elle avait voulu parler d'un ton ferme et sans réplique. Mais ce fut un filet de voix qui sortit, à peine audible. Une vraie souris, oui ! Elle se détestait. Un Dévoreur ? Et c'était censé la rassurer ? Au moins, les gardes ordinaires respectaient un certain code d'honneur. Les Dévoreurs... Honnêtement, elle ne les connaissait pas tant que cela, car elle ne pensait pas en rencontrer un un jour. Oui, il fallait VRAIMENT qu'elle se surveille.

    Néanmoins, sa dernière phrase eut le mérite de lui arracher un faible sourire en coin.

    - Bien vu. Mais vous avez oublié quelque chose : je m'attends aussi à être empoisonnée.

    Voilà. Il avait vu clair dans son jeu, autant être honnête. Enfin, il voulait qu'elle se présente. Elle soupira. Oui, c'était la plus élémentaire des politesses, après tout. Et puis, elle n'était pas obligée d'être totalement honnête. Elle pouvait se contenter de son activité publique... Et, tant qu'elle y était, autant également donner le diminutif utilisé par ses amis de la troupe, quelque chose lui disait que son vrai nom la trahirait trop facilement.

    - Kila. Je suis l'une des derniers venus dans une troupe de théâtre de Kyouji.

    Evidemment, il allait lui demander ce qu'elle faisait là, elle le voyait venir. Mais elle pourrait improviser. Après tout, depuis leur arrivée, l'improvisation semblait être en train de devenir la nouvelle ligne conductrice de la troupe. Ils commençaient à privilégier les émotions par rapport au texte pur. Ce serait l'occasion de se tester...
    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Kahl
    Kahl
    Messages : 181
    crédits : 169

    Info personnage
    Race: Oni (demi-archonte)
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Chaotique mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t930-kahl-l-ogre-du-blizzard-termine
  • Lun 20 Mar - 16:53
    Il ne se formalisa pas lorsqu'elle refusa d'être invitée. Lui qui avais toujours vécu accompagné de la famine et du froid trouvait curieux de refuser ainsi une économie bienvenue, mais les dogmes et cultures d'ailleurs lui échappaient bien souvent. Kahl n'était donc pas particulièrement surpris par une telle manœuvre. En revanche, la pique qui lui fut adressée ensuite ne manqua pas d'attirer son attention et lui arracha un ricanement furtif.

    "Empoisonner ? C'est la meilleure..."

    Un Dévoreur croquait les os de ses ennemis à grands coups de hache. Les toxines, les poisons, les coups bas et autres joyeusetés, c'était bon pour ces mollassons de républicains et leur société de pacotille, au mieux. Lors de ses mésaventures en tant qu'humble bandit des grands chemins, l'Ogre s'était frotté à eux bien plus souvent qu'il ne l'aurait souhaité. C'était justement par les astuces et les feintes que ces salopards étaient parvenus, non sans mal, à venir à bout de lui pour le coller derrière les barreaux rouillés du Razkaal. Décidément, son invitée était à deux doigts de l'affront, à insinuer qu'il fut capable de telles bassesses. Il ne manqua pas de lui faire remarquer, à sa manière :

    "Le serpent et le scorpion empoisonnent. L'ogre cogne, broie et bouffe. Ensuite, il va pioncer à côté des restes, parce qu'il sait qu'aucun animal n'est assez stupide pour essayer de lui chaparder son repas. Vous vous en doutez, je tiens davantage de l'ogre que du serpent."

    Ce fut à cet instant qu'une assiette monstrueusement grande fut déposée au milieu de leur table dans un fracas de bois et de métal. Le monstre passa grossièrement une langue grise et humide sur ses crocs affutés et se frotta les paluches, n'adressant au tenancier qu'un regard bref et sans sympathie. De l'assiette de chair cuite, épicée juste à son goût, émanait un fumet des plus plaisants. Qu'il était bon d'être riche. Il aurait presque pu partager les croyances de son frère d'arme Nargulg, à la vue d'un spectacle aussi divin. D'une dextre griffue, Kahl arracha une cuisse à une carcasse fumante et vint la fourrer dans sa gueule béante, laissant les os craqueler sous sa mâchoire de crocodile. La bouche pleine, il tenta de parler mais manqua de s'étouffer alors il s'empara de sa chope d'alcool pour faire passer le tout. Une fois désaltéré, il laissa échapper un rot sonore et se cogna le poitrail, avant de grogner :

    "Ils n'y connaissent rien, bon sang. C'est pas comme ça, que ça se sert."

    S'essuyant les mains l'une contre l'autre, le géant barbare empoigna deux chopes intactes et usa une seconde fois de sa magie. Une pellicule de givre se forma dans chacune de ses paumes et le bois fut instantanément refroidi, de même que son contenu. Cela fait, il repoussa l'une des deux chopes jusqu'à son vis-à-vis et porta la seconde à sa gueule. Suite à quoi, il lui glissa :

    "Buvez, c'est bien meilleur quand c'est bien froid. 'Faut vraiment être un rustre pour ne pas savoir ça."

    Lui non plus n'était pas tout à fait un gourmet, mais il avait tout de même quelques notions. Qui disait qu'un pillard sans foi ni loi ne savait pas apprécier les plaisirs simples, après tout ? Le Souffle d'Ombragon était une boisson particulièrement corsée et puissante, un tord-boyaux issu des mêmes contrées où Kahl avait vu le jour. C'était fort, parfumé et sauvage. Un peu comme lui, se faisait-il parfois la réflexion avec arrogance. Son invitée allait sûrement penser qu'il avait empoisonné sa boisson par magie ou une autre méchanceté du genre mais il s'en moquait éperdument, trop concentré sur sa propre gourmandise.

    "Du théâtre ? Formidable. Je me sens parfois l'âme d'un artiste, moi aussi. Elles consistent en quoi, vos représentations du moment ? Vous m'faites une démonstration, dites ? Allez, soyez chic."

    Artiste, c'était un bien grand mot. Il fallait une certaine gymnastique mentale pour considérer un cadavre empalé au bout d'une lance comme une œuvre d'arme.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Lun 20 Mar - 20:09
    Un serpent ? Hum... En tous cas, c'était mieux qu'une souris. Et puis, injecter du venin à sa proie avant de simplement attendre qu'elle vous tombe toute cuite dans la gueule... Oui, décidemment, cet animal avait tout compris. Alors, lui être assimilé... Elle trouvait cela plutôt flatteur. Mais elle ne devait pas oublier qui avait prononcé ce compliment. Il n'avait même pas cherché à le cacher. Un ogre. Brutal, puissant, terriblement efficace mais dont les méthodes étaient tout l'inverse des siennes. Elle ne jurait que par la subtilité et la discrétion, lui semblait préférer le carnage à ciel ouvert... Elle dut réprimer une envie de vomir rien qu'en y pensant.
    Comme s'il avait choisi ce moment, le tavernier en profita pour amener une assiette beaucoup trop chargée, s'attirant un regard assassin de la part de la demoiselle. À présent, au dégoût s'ajoutait l'écoeurement face à tant de nourriture. Décidemment, elle ne survivrait pas à cette journée. Ce colosse jouait avec ses tripes, de toutes les manières possibles.

    Puis elle dut assister, atterrée, au comportement de son camarade de tablée. Sérieusement ? Elle n'avait pas appris les bonnes manières, et pourtant, elle se sentait très raffinée face à cela. Le monde à l'envers, clairement. C'était à se demander comment ils faisaient pour rester ensemble. Ils n'avaient rien de commun !

    Tentant d'en faire abstraction, elle goûta doucement à sa propre boisson. Bon, elle ne savait toujours pas ce que c'était, mais ce goût sucré n'était vraiment pas à jeter ! Elle commençait à se ressaisir lorsqu'il refit des siennes.

    - Mmh ?

    L'esprit encore ailleurs, elle ne put formuler que cette réponse inarticulée lorsqu'il râla. Que voulait-il, encore ? Mais, lorsqu'il poussa une choppe vers elle, son regard fit des allers-retours entre l'objet et l'ogre auto-proclamé. Elle devait goûter ça ? Mais... C'était un glaçon, non ? Et puis, qui lui disait qu'il n'y avait mis que de la glace ? D'un autre côté... Elle le regarda engloutir sa propre choppe en un temps record. Aurait-il pris le risque de consommer lui-même un poison ? D'un autre côté, avec une telle carrure, il lui faudrait probablement au moins une triple dose pour qu'il commence seulement à en ressentir les effets. Tandis qu'elle...

    D'un autre côté... Elle ne se souvenait pas du nom complet de la boisson, mais un mot lui tournait dans la tête depuis la commande de son acolyte improvisé. "Ombragon"... Bien qu'elle ne l'ait jamais connu, elle savait que c'était la race de son père. Alors... Pour lui faire honneur... Elle devrait peut-être tester. Alors, restant néanmoins prudente, analysant les traits du colosse en même temps, elle prit une petite gorgée... Et faillit tout recracher.

    - Rha, c'est quoi, ça ?! Trop fort...

    Elle se précipita alors sur sa boisson sucrée pour faire passer le feu de sa gorge. Etait-ce ce que ça faisait, d'être un ombragon ? Si tel était le cas, elle était ravie de vivre plutôt dans le monde de sa mère. Décidée, elle repoussa la choppe vers son propriétaire d'origine.

    - Vous pouvez m'en vouloir, mais non. Je ne reboierai pas ça.

    Puis il embraya sur le théâtre. Mais quelque chose l'intéressait bien plus. Enfin, l'"intéressait"... Plutôt, l'intriguait.

    - Artiste ? Et quel est donc votre art ?

    Puis elle secoua la tête avec un sourire contrastant avec son attitude effrayée ou méfiante de plus tôt.

    - Vous m'excuserez, mais... Comme je vous l'ai dit, je suis débutante. Je vous l'assure, sans mon partenaire, je suis... Mauvaise, n'ayons pas peur des mots.

    Encore plus face à quelqu'un qui l'effrayait toujours...
    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Kahl
    Kahl
    Messages : 181
    crédits : 169

    Info personnage
    Race: Oni (demi-archonte)
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Chaotique mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t930-kahl-l-ogre-du-blizzard-termine
  • Mar 21 Mar - 1:09
    "Oh, je ne vous en veux pas. Ca en fera plus pour moi."

    Et sans perdre un instant pour le démontrer, il s'affala sur la table en laissant accessoirement tremper son immense crinière blanche dans la sauce, ce afin de s'emparer de la chope glacée qu'il vint ensuite, en énorme glouton qu'il était, pencher au dessus de sa gueule cauchemardesque afin d'en gober le contenu. La tête en l'air et les yeux plissés, le monstre recracha ensuite par magie un fin linceul de brume givrée qui vint scintiller au dessus de sa tête cornue avant de s'éteindre, laissant perler sur son crâne de fines particules scintillantes. Cela fait, il renifla et secoua brièvement son corps car il fut pris d'un frisson.

    "C'est plus apprécié dans le nord qu'ici. Les papilles reikoises n'y sont peut être pas habituées. Pourtant les épices, ça vous connaît."

    Il ne reporta pas immédiatement son attention sur son interlocutrice, trop occupé qu'il était à engloutir goulument chair et os sous les regards parfois dégoutés et tantôt fascinés des quelques spectateurs assez curieux pour braver leur crainte de croiser son regard. Face à un tel comportement bestial, la plupart des tenanciers auraient sans doute jugé bon de faire une remarque au client indésirable, à défaut de le virer à grands coups de savate au derrière, mais la monnaie de Kahl semblait pleuvoir en un flot ininterrompu, sans compter également qu'il était sans doute plus difficile à déloger de sa chaise que le pécore moyen ayant l'habitude de fréquenter ce lieu.

    "Mais bourrez-vous de sucre si ça vous chante. 'Pas moi que ça gêne."

    Illustrant sans mal son état d'esprit, il s'empara avec gourmandise d'une fournée de côtelettes cuites au feu de bois et en croqua une comme s'il s'agissait d'une simple sardine. Il la mâchonna un peu tout en réfléchissant à la réponse qu'il pouvait apporter à la question de la fameuse Kila car cette dernière méritait un minimum d'attention, bien que Kahl fut accaparé principalement par la montagne de délices qui se trouvait devant lui. Après   avoir achevé de dévorer les restes de sa carcasse de porc, il pointa un index couvert de gras vers sa jeune compagne de déjeuner et lui dit :

    "L'art de la bataille, bien sûr ! C'est quand l'Homme danse avec la mort qu'il chante la vie avec le plus de justesse. Il y a, dans la valse de deux guerriers combattant forcément, une beauté que nul comédien ne saurait reproduire sur une scène faite de bois et de lumière. Sans vouloir dénigrer votre profession, bien entendu. J'ai, dans ma carrière, été spectateur de bons nombres de pièces et de performances diverses..."

    L'Ogre ne mentait pas. Hédoniste par nature, il n'avait pas goûté qu'aux plaisirs du sang versé et du pillage. Sa quête de gloire et de fortune l'avaient souvent mené à savourer l'art sous toutes ses formes. Il s'était essayé à tout, de la peinture au théâtre en passant par la poésie. Mais au final, c'était toujours à son premier amour qu'il revenait. Il en avait fait son métier. De sa paume ouverte, il manifesta par magie un pieu de glace qu'il vint ensuite saisir pour enfin l'embrocher dans un morceau de volaille, usant de sa magie d'une façon bien peu conventionnelle. Soudainement, son regard enjoué se fit à nouveau dur et carnassier et lorsqu'il plongea ses yeux d'encre dans ceux de l'hybride, ce fut d'une voix caverneuse aux échos polaires qu'il s'exprima :

    "L'art est partout, dans une guerre. Pas seulement dans la noblesse d'un combat mené avec fougue par de valeureux sauvages. L'art est aussi dans les sillons creusés par les lames et dans le sang qui se mêle à la boue. Il est dans l'œil du charognard qui se repaît des dépouilles des défunts. Il est dans le désespoir d'un commandant qui, dans ses derniers instants, laisse une larme lui échapper."

    L'alcool n'aidant pas, l'Ogre bleu aux joues rosées frappa de son poing la table et serra si fort son pieu glacé que ce dernier explosa dans un fracas cristallin en semant tout autour des éclats transparents. Dans cette envolée lyrique, il en était même venu à oublier cette assistance qui n'avait cessé de l'épier.

    "C'est ça, mon art ! Exalter la vie en semant la mort !"

    Un nouvel éclat de rire s'échappa de sa gorge et manqua de faire trembler les fenêtres.
    Permission de ce forum:

    Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum