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    Deydreus Fictilem
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    Race: Vampire
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Loyal mauvais
    Rang: B - Griffe
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t893-deydreus-fictilem-inter-arma-silent-leges-terminehttps://www.rp-cendres.com/t1731-comites-aeterni-liens-de-deydreushttps://www.rp-cendres.com/t950-liber-legatus-chronologie-de-deydreus-fictilem
  • Sam 23 Sep - 2:17
    Alors qu'il marchait dans le sable, le vampire observa la fine silhouette qui se découpait depuis les ombres pour le rejoindre. Ayshara, aussi majestueuse que la lune brillant dans le ciel fit son apparition dans une marche aussi légère que féline. L'accueillant d'un sourire léger, le bretteur aux lames jumelles l'invita à le rejoindre silencieusement, tandis qu'elle prenait la parole pour justifier sa venue. Ce qui était ironique, quand on considérait le niveau d'autorité de l'impératrice. Pourtant, sous ces astres éternels, elle paraissait aussi normale que n'importe qui. Malgré toute la prestance qu'elle dégageait. Malgré tout ce qui brillait dans son regard. En cet instant, elle n'était qu'une femme éclairée par la douce lumière de la lune. Reparlant de ce qu'il s'était passé plus tôt, la mère dragon vint finalement tendre son poignet vers le vampire, l'invitant à boire de son sang en guise de récompense pour ses actes un peu plus tôt. Prenant quelques longues secondes à observer la peau pale et douce de la vosdraak, le guerrier aux yeux vairons laissa flotter dans son esprit une hésitation déplaisante.

    Il se voyait se jeter sur elle, attrapant son poignet avec force. Il imaginait ses crocs se planter dans la chair immaculée de l'impératrice pour en faire sortir le liquide carmin et le faire s'écouler dans sa gorge. Il sentait de nouveau ce délicat parfum. Ce gout interdit qui gagnait tout son être et éveillait ses sens. Cette drogue absolue et divine qui l'enivrait plus que tout autre chose. Puis il voyait sa morsure cesser, et sa langue venir glisser le long du membre de la jeune femme pour capturer avec cette dernière la moindre goutte. Le moindre dépôt écarlate qui pouvait le nourrir. Puis il voyait son regard. Son expression suite à cette morsure souhaitée, ses traits. Et tout ce que ça pouvait éveiller dans son instinct de prédateur. Ou bien.. Dans ses pensées. Revenant alors à lui, le chevalier d'ébène se contenta de sourire tendrement à l'impératrice, alors qu'il venait ancrer ses billes bicolores dans l'améthyste de son regard.

    - Je vous remercie pour votre offre Ayshara, mais je me dois de refuser.

    Il soupira doucement, touchant simplement le poignet de l'intéressée du bout de sa dextre cristalline, frôlant sa peau de ses griffes pourpres. Puis, de nouveau, il lui tendit un sourire sincère.

    - Vous ne pouvez imaginer le cadeau que vous me proposez. Pour un vampire lambda, cela représenterait beaucoup. Mais pour moi... Je n'ai pas honte de ce que je suis, je ne renie pas ma nature. Mais je refuse de m'y complaire. Lors de ma dernière morsure, j'ai outrepassé mes limites. J'ai gouté à votre parfum. Votre gout. Et même si je brûle d'envie de plonger mes crocs dans votre chair je... Il marqua une courte pause. Vous trouverez sûrement un autre moyen de me remercier.

    Levant la tête doucement, le vampire laissa ses yeux glisser doucement, tandis qu'il venait s'allonger doucement dans le sable frais du désert nocturne.

    - Comme je vous l'ai déjà dit, je n'hésiterai pas à risquer de nouveau ma vie pour vous. Outre mon devoir, je refuse qu'il vous arrive quoique ce soit. A vous, ou à votre enfant. Non pas uniquement car vous représentez le pouvoir et la stabilité. Mais pour tant de raisons. Trop nombreuses pour être facilement énumérer. Il étira un nouveau sourire, observant une étoile filant dans le tapis ténébreux du ciel. Certaines personnes disent qu'il faut prononcer un vœu lorsqu'on observe les astres courir ainsi. Pour certains adeptes du Shierak, il s'agirait d'ancêtres pressés de nous offrir leur savoir. Ou bien d'un amant échappant au mari rentré trop tôt. Il laissa un léger ricanement s'échapper de sa gorge. Je ne sais pas quelle version est la plus amusante.

    Tournant doucement la tête vers l'impératrice, le regard du sombre chevalier était plus doux. Plus amical. Plus mélancolique, aussi.

    - Demain, nos pas nous mèneront jusque Taisen. Nous pourrons alors rassurer l'Empereur et planifier la suite de notre pèlerinage. Le seigneur de la ville vous offrira sans aucun doute une chambre dans son palais. Un confort bienvenue, qui nous sera utile pour la suite du voyage. La traversée jusque Kyouji sera plus longue. Plus dangereuse aussi. Aussi, libre à vous de décider si vous désirez garder Draknys avec nous pour la suite ou bien attendre qu'on ne vienne le récupérer pour lui permettre de retourner auprès de son père. Il marqua une pause, constatant que l'atmosphère présente il y a peu se désagrégeait sous le professionnalisme de ses mots. Enfin. Il s'agit là de question pour plus tard. Merci Ayshara, de me tenir compagnie en cette soirée. Si le sommeil vous guette et que vos paupières deviennent lourdes, vous emportant dans le royaume des songes, je veillerai sur vous. Jusqu'à ce que les étoiles ne brillent plus dans le ciel et que de nouveau, vos améthystes ne se posent sur le monde nous entourant.

    Puis, le vampire ancra de nouveau son regard bicolore vers l'horizon étoilé. Il avait peut-être refusé l'un des plus beaux cadeaux qu'on pouvait lui faire, mais il n'en était pas moins heureux. Quelle étrange sensation, pour un chasseur nocturne, de refuser de dévorer une proie s'offrant à lui. "De nous deux c'est toujours toi qui a été l'homme". Les mots d'Alasker résonnèrent dans son esprit. Les mots de la bête. Et un nouveau sourire vint glisser sur les lèvres du reikois.


    *
    *  *


    Le lendemain matin, les soldats s'étaient arrangés pour repartir dans les meilleurs conditions possibles. Quand le camp fut levé, la formation s'était mise en place de manière particulièrement organique. Chacun savait quoi faire. Et la présence du prince héritier ne changeait pas réellement la donne, étant donné sa proximité avec sa génitrice. Engoncé dans son armure de jais, le bretteur balafré observa minutieusement le convoi ainsi que ses hommes, avant d'ordonner le départ. Il leur restait un peu de route pour atteindre Taisen, aussi les risques étaient loin d'être chassés pour cette partie du voyage. Après tout, les gnolls auraient pu être des oiseaux - ou plutôt des hyènes - de mauvaise augure.  

    Sur la fin de matinée, la formation impériale atteignit enfin les portes de la ville du lion. Majestueuse, cette dernière se dressait depuis des dunes désertiques tel une ode à la gloire du reike, ainsi qu'à la persévérance des races peuplant la nation draconique. Forte de son histoire et de ses richesses, la cité laissait entrevoir de nombreux faubourgs et autres marchés couverts plein de vie et d'animations. Contrairement aux villes les plus éloignées, et même si la pauvreté pouvait malheureusement toujours s'y trouver, l'ambiance n'était pas au glauque ou au morbide. Tout ici transpirait la force impériale. Quand bien même cela pouvait être une simple illusion. Comme toutes les cités majeures, Taisen était riche. Mais Taisen souffrait également de maux qui lui étaient propres. Des lacunes dans certains domaines, ou des complots délicats à gérer qui venaient ternir l'image lumineuse de l'ancestrale cité. Mais, pour l'heure, la situation globale de la ville et ses potentiels soucis n'étaient pas ce qui préoccupait l'esprit de Deydreus. Non, ce dernier réfléchissait déjà à l'installation de l'impératrice, au mage à contacter pour prévenir l'Empereur et, surtout, à leur future parcours.

    Quand ils atteignirent la demeure du seigneur, le vampire laissa à l'impératrice le soin de régler les questions "diplomatiques" et "d'étiquette" qui concernait le maire de la ville et l'impératrice. L'être aux yeux vairons, lui, se contentait d'observer la sécurité de la demeure ainsi que l'emplacement du convoi. Naturellement, ce dernier n'allait pas dormir en dehors de protections renforcées et il était hors de question qu'un badaud de la ville ne se mette en tête de venir se servir dans des offrandes. Ou pire, se rajoute à leur expédition de manière clandestine. Draknys avait certes crée un précédent mais la Griffe aimait tout autant se limiter à l'apparition du prince héritier. Pour ce qui était des marchands qui les accompagnaient, ces derniers étaient responsables de leurs propres cargaisons et demeuraient donc naturellement en dehors de la demeure. Seules quelques rares éminences furent autorisées à entrer, conviées pour le diner du soir. Diner où, d'ailleurs, Deydreus était lui même invité.

    La journée passa donc ainsi, le guerrier s'assurant d'abord de quémander un mage télépathe pour permettra à Ayshara de contacter Ikusa. Puis, il avait ensuite gérer les différentes affaires nécessitant son attention et avait rejoint l'impératrice seulement en fin de journée. Retirant son heaume tandis qu'il approchait de la mère dragon, le chevalier d'ébène étira un doux sourire alors qu'il s'approchait de son interlocutrice.

    - J'espère que le seigneur de Taisen n'a pas été trop pompeux? Vous savez, on peut considérer les propos trop verbeux comme des tentatives de meurtres. Un léger ricanement, puis le vampire enchaina. Quelles sont les nouvelles pour votre fils et Ikusa? Avez-vous pris une décision ou bien vous accordez vous encore une nuit de réflexion?

    Il s'arrêta quelques instants, observant des dames de cours passer en gloussant non loin d'eux.

    - Au fait, j'ai crut comprendre que je suis également convié au diner de ce soir. J'espère que mon hôte ne s'offusquera pas si je refuse de manger quoique ce soit. Et, je vous préviens, si l'on commence à parler de tapisseries traditionnelles issues des ateliers de la ville, je sors mes ailes et m'envole en prétextant qu'on me demande ailleurs.

    Un nouveau sourire, complice. Car au besoin, elle aussi pourrait utiliser cette voie de sortie si la chose l'ennuierait.


    La Griffe du Dragon - Page 2 Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


    Impératrice-dragon du Reike
    Impératrice-dragon du Reike
    Ayshara Ryssen
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  • Ven 29 Sep - 9:51

    La douceur du vent nocturne caressait les joues d'Ayshara, éparpillant de manière aléatoire sa chevelure de lune. Repensant à la soirée tumultueuse qu'ils venaient de traverser, les images des combats, du chaos et des cris s'entrelaçaient dans sa mémoire. Elle revoyait les gestes protecteurs et puissants de Deydreus, son dévouement évident pour elle et son fils. Cette pensée fit naître en elle une gratitude si immense que la jeune femme se sentit presque étouffée par son poids. Le souvenir de Draknys lové contre elle après leurs aventures périlleuses lui échauffa le cœur. Il était l'héritier du trône, le petit être sur lequel reposaient tant d'espoirs et de rêves. Suite à des circonstances énigmatiques, sa sécurité s'était trouvée menacée. Et heureusement, sous l'égide du dirigeant des Serres Pourpres, ils avaient miraculeusement échappé au drame, s'en tirant en un seul morceau.

    Nonobstant, le "cadeau" que proposait la demoiselle n'était ni anodin ni à prendre à la légère. Loin de là. Les légendes racontées à l'ombre des feux de camp peignaient souvent les vampires comme des prédateurs, difficilement capables de maîtriser leur soif. En offrant ainsi son sang, l'impératrice ne courait-elle pas le risque d'éveiller chez le Buveur une faim insatiable ? Ses doigts frôlèrent délicatement son poignet, sentant le pouls doux et régulier qui y battait. Ce sang, coursier de vie, pouvait-il devenir le fil qui lierait leur destin ou, au contraire, les séparerait pour toujours ? Elle pensa à sa famille, ses proches, son bien-aimé. Et si, en cherchant à sceller une alliance, elle provoquait plutôt une tragédie ?

    Bien que fières, ses améthystes cachaient une certaine vulnérabilité. Était-elle réellement prête à embrasser ce danger, à parier sur la volonté de fer du chef des armées, tout en sachant qu'elle jouait peut-être avec le feu ?

    Au final, la réponse négative de la Griffe vint clore le débat interne que se faisait la reikoise. Surprise, Ayshara demeura un instant immobile, le bras tendu, l'offrande refusée. Alors qu'elle s'attendait à son acceptation, il opta pour une voie différente. Un léger sentiment d'incompréhension mélangé à celui d'un soulagement la gagna, laissant ses paupières se fermer durant quelques secondes, assimilant l'information. Elle ne s'était point préparée mentalement à une telle réponse, mais elle se pliait à cette décision. Même si un pincement au cœur fut ressenti. Son geste, aussi intime et que symbolique, avait été rejeté. Non pas par mépris, mais par une forme de profond respect. Et cette complexité émotionnelle la rendait perplexe.

    - Vo... Votre refus témoigne d'une force intérieure qui m'impressionne. Alors que j'ai cherché à vous présenter un symbole de confiance, en réalité, c'est vous qui m'illuminez d'une précieuse leçon d'humanité.

    En l'écoutant s'exprimer, la dragonne s'approcha du vampire et s'assit près de lui, dirigeant ses prunelles vers le ciel constellé, se plaisant à contempler sa splendeur silencieuse. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres lorsque Deydreus évoqua les étoiles filantes et les folles histoires associées. Elle appréciait cette facette de lui, ce mélange d'humour noir et de poésie, cette capacité à voir de la beauté dans les petites choses.

    - Si chaque étoile filante représente un amant en fuite, le ciel doit être rempli de drames romantiques. J'espère seulement qu'elles n'ont pas toutes le même rendez-vous amoureux ! S'amusa-t-elle à imaginer. Car, après tout, les constellations ne sont peut-être que des potins célestes, non ?

    La mention de la suite du voyage la ramena rapidement à la réalité. Les vastes étendues de Taisen, les marchés animés et les puissantes forteresses qui dominaient l'horizon. L'évocation du Seigneur de la cité fit naître une légère pointe d'inquiétude qu'elle écarta aussitôt. Depuis ses édits concernant la limitation de l'esclavage, la ville du Lion, véritable berceau d'ancestrales traditions reikoises, n'était clairement pas devenue sa meilleure alliée. Plusieurs familles nobles issues de ces terres la détestaient et souhaitaient obtenir vengeance ainsi que réparation. Néanmoins, en tant que reine d'un peuple militariste, la maîtresse du feu divin ne comptait pas se laisser dominer en cas de problème. Si on lui manquait de respect, elle allait se défendre.

    Elle pensait à ses responsabilités, aux choix à venir. La voix du guerrier avait évoqué le danger de leur périple, la longue route vers Kyouji et la question cruciale à propos de Draknys. Beaucoup d'interrogations, de décisions... Mais n'était-ce pas ce que disaient les anciens ? "La nuit porte conseil" ? La belle s'adossa à la dune, sentant les grains de sable frais contre sa peau. Ses doigts effleuraient machinalement la surface ondulante, traçant des courbes éphémères qui disparaissaient, emportées par la brise silencieuse du désert. Un bâillement s'échappa de ses lèvres, signe indéniable de la fatigue qui gagnait du terrain.

    Glissant lentement dans les bras de Morphée, elle s'abandonna à la douce étreinte du sommeil.


    [...]


    Sans vivre d'embuche particulière, le convoi atteignit les remparts de la redoutable Taisen dès le lendemain, un peu avant midi. Évidemment, Ayshara fut accueillie avec tous les honneurs dus à son rang. Les trompettes retentirent, les gardes saluèrent et un cortège impressionnant se forma pour l'accompagner vers la somptueuse demeure du Seigneur local. Pénétrant à l'intérieur du palais, elle prit un court moment afin d'admirer les fresques qui dépeignaient les grandes batailles de la ville et les portraits des anciens gouverneurs qui avaient marqué son histoire.

    Le Seigneur, un homme à la barbe grisonnante et aux yeux profonds, l'attendait. Ses habits luxueux, brodés des emblèmes de sa lignée, évoquaient une noblesse antique et inébranlable.

    - Impératrice Ayshara. Dit-il en s'inclinant gracieusement. La cité du Lion est honorée de votre présence. Puisse cette demeure être votre havre de paix le temps de votre séjour.
    - Votre hospitalité, mon Seigneur, resplendit tel l'éclat du soleil sur les flots azurés. La prestance de Taisen m'émeut grandement. Des mots choisis, des perles dans l'écrin du silence.
    Ils marchèrent côte à côte, traversant des corridors embaumés d’effluves de jasmin et de rose, où chaque pierre et tenture semblait raconter un récit d'une époque différente.
    - J'ai eu vent des péripéties qui émaillent votre odyssée, Majesté. Comment se porte le jeune Draknys ?
    - Le prince se trouve sous l'égide bienveillante de nos protecteurs. Sa fougue et son audace font honneur à sa lignée.
    - La postérité est le miroir où se reflètent nos espoirs les plus tendres. Que la vôtre soit aussi resplendissante que les astres de la voûte céleste !

    Évitant d'aborder des sujets trop épineux comme l'abolition de l'esclavage ou les idées progressistes de la souveraine, ils continuèrent de discuter de la pluie et du beau temps jusqu'à tant qu'ils atteignent la chambre attitrée à la vosdraak. À l'intérieur, son fils l'attendait déjà, allongé confortablement sur le lit, et elle pourrait s'y reposer avant le souper de ce soir où Deydreus lui tiendrait également compagnie. D'ailleurs, ce dernier trouva un mage télépathe qui vint immédiatement rejoindre la demoiselle. En le voyant entrer au sein de son appartement, Ayshara dut se retenir de rire en apercevant la chauve-souris toute mignonne perchée sur l'épaule du sorcier.

    - Madame l'Impératrice. Commença-t-il, sa voix semblant lutter pour rester grave alors que le mammifère volant s'efforçait de s'installer dans l'une de ses manches. J'ai été mandé pour...

    Un frisson d'amusement traversa l'épouse du Conquérant qui tenta tant bien que mal de réprimer un sourire.

    - Oui, pour envoyer un message à l'Empereur Tensai. Interrompit-elle en riant. Les cabrioles de la petite créature attiraient tellement l'attention qu'il était impossible de s'en désintéresser totalement.

    S'exécutant, le magicien se concentra, essayant d'ignorer la bestiole s'était mise à jouer avec sa barbe. Assistée du spécialiste en télépathie, Ayshara transmit donc ce qu'elle devait communiquer, sentant la connexion profonde avec l'esprit de Tensai, à des lieues de là. Elle imagina la surprise de ce dernier en apprenant les précédents rebondissements, puis, une fois le message envoyé, elle adressa un signe de gratitude au mage.

    L'instant d'après, la chauve-souris fit irruption, se suspendant tête en bas du lustre, ses petits yeux pétillants de malice. L'homme soupira.

    - Elle est si turbulente. Je... je pensais, Madame l'Impératrice, si cela vous tentait de... de l'adopter ? Elle serait bien mieux avec quelqu'un qui aurait plus de patience que moi.

    D'un œil intrigué, la reine observa l'animal, une idée germa aussitôt.

    - Hummmm.... Pourquoi pas, oui... Je crois que je connais quelqu'un qui serait ravi de cette compagnie inattendue. Elle songeait à Deydreus, et un sourire espiègle ourla ses lèvres à la simple pensée de sa réaction.

    Le mage, soulagé, confia la bête et s'inclina.

    - Je vous en suis éternellement reconnaissant. Déclara-t-il avant de s'éclipser, satisfait d'être libéré de cette présence aérienne turbulente.

    Ayshara, tenant délicatement leur nouvel ami insolite dans ses mains, partagea un regard complice avec Draknys.


    [...]


    La lumière du crépuscule enveloppa les murs de la résidence, les miroirs réfléchissant la danse des bougies qui illuminait le grand hall. Vêtue d'une robe d'une blancheur immaculée qui avait été choisie soigneusement par le gouverneur de Taisen lui-même, la monarque de l'Empire marquait son entrée. Le tissu s'étalait en une cascade éthérée, épousant ses courbes d'une délicatesse artistique. Toutefois, ce n'était pas uniquement sa tenue qui retenait l'attention. Derrière elle, Draknys et la petite chauve-souris s'amusaient à virevolter, créant une mise en scène à la fois envoûtante et curieuse. Puis, le chef des armées la trouva enfin. La belle refoula un rire quand il lui parla du seigneur pompeux et propos verbeux pouvant tuer.

    - Le Seigneur s'est montré à la hauteur de sa réputation. Mais j'avoue que cette tenue est l'une de ses suggestions les plus agréables. Concernant l'héritier, j'ai pu contacter son père par télépathie, et je pense probablement le garder avec nous pour la suite du voyage... Cela lui sera instructif de voir un peu du pays. Elle soupira doucement. Le souper... Ne vous fiez pas à leurs sourires niais et leurs belles paroles. Plusieurs familles nobles de Taisen ne m'apprécient guère et seraient prêtes à tous les coups possibles pour m'humilier ce soir. Je désire rester près de vous, non pas par crainte de leur verbiage, mais par souci de ma propre sécurité. Votre présence, Deydreus, me rassure. Et quant à manger ou non, ce n'est point important. N'oublions pas que les véritables festins sont ceux de l'esprit et du cœur.




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    Deydreus Fictilem
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  • Dim 1 Oct - 17:02
    Ecoutant Ayshara, Deydreus avait laissé ses yeux glisser doucement de la belle vosdraak aux deux figures voletant derrière elle. Dans un jeu aérien, Draknys et ce qui ressemblait à une chauve souris semblaient s'amuser à virevolter doucement. Quand la blonde termina sa dernière phrase, le bretteur reporta l'entièreté de son attention sur elle, dans un léger sourire.

    - Ne vous en faites pas, je suis bien au fait que les diners mondains sont tout aussi dangereux que les champs de bataille. La seule véritable différence réside dans le fait que l'ennemi tente de nous amadouer avec des propos mielleux plutôt que de nous affronter ouvertement. Je demeurerais à vos côtés, cela va de soit. Néanmoins... Il observa sa robe, souriant de nouveau. Je pense qu'il vaut mieux que je me change. Le souverain n'appréciera probablement pas que je me rende à son invitation dans mon armure, surtout vu la beauté de la robe qu'il vous a fourni. Même si je préfèrerais. Mes quartiers ne sont pas très loin, si vous désirez m'accompagnez je ne devrai pas en avoir pour longtemps.

    Se dirigeant donc jusque sa chambre, le bretteur prit soin de ne pas laisser l'impératrice dans le couloir comme une malpropre. Ainsi, il la laissa dans la pièce tandis qu'il se dirigeait vers les paravents permettant de se changer en toute discrétion. Là bas, un mannequin attendait sagement que le reikois ne vienne y retirer l'ensemble qu'on lui avait préparé. Fixant ce dernier, le vampire soupira doucement, revoyant encore le visage de la pauvre servante intimidée qui était venue lui apporter sa tenue. Défaisant donc doucement son harnachement métallique, le guerrier fit attention à ne laisser aucune partie de son armure s'écrouler lourdement sur le sol. S'il ne souhaitait pas perdre du temps, il ne voulait pas non plus agir avec précipitation et maltraiter son équipement. Ainsi, petit à petit, le mannequin vit ses apparats de tissu se faire remplacer par une semble plus rustique, permettant au vampire de se changer en vue du diner du soir. S'inspectant doucement dans le miroir devant lui, Deydreus laissa un long soupire s'échapper de sa gorge. Si Alasker le voyait en cet instant, le bretteur aurait dut affronter le rire moqueur de son frère. Et il comprenait pourquoi. Légèrement mal à l'aise dans cette tenue qui reflétait une noblesse qu'il n'appréciait pas vraiment, le chevalier sombre réajusta sa cape afin qu'elle puisse venir couvrir son bras droit cristallin. De sa grande chemise noire aux broderies dorées, on pouvait voir une ceinture épaisse et vermeil venir entourer le tout pour donner une apparence plus... Académique au chef des armées. Globalement, la tenue rappelait vaguement les uniformes cérémoniels de Drakstrang, ce qui n'était pas pour déplaire au vampire, même s'il aurait retiré quelques fioritures afin d'être plus modeste dans sa tenue.  

    Sortant donc finalement de derrière le couvert, le reikois fit face à l'impératrice tandis que la chauve souris qui accompagnait le prince héritier semblait s'amuser avec ce dernier à voleter jusqu'au lit puis bureau de la Griffe. Dans un sourire amusé Deydreus fit mine de faire une révérence, comme pour renforcer l'étrangeté de la situation.

    - Alors, chère impératrice, la brute guerrière que je suis sied-elle au futur diner royal auquel elle est invitée?

    Un sourire franc s'était installé sur les lèvres de l'être aux yeux vairons. S'il n'aimait effectivement pas ce genre d'événements, Deydreus n'y était pas étranger et savait se fondre dans la masse pompeuse et fourbe qu'était la noblesse. Se redressant donc finalement, le chevalier tendit sa main gauche à la vosdraak, l'invitant ainsi à le rejoindre pour qu'ils quittent finalement les lieux et commencent à se diriger vers le repas. Quand ils sortirent enfin de la pièce, le reikois laissa son regard courir rapidement vers Draknys et la petite créature l'accompagnant.

    - Je vois que le prince s'est fait une nouvelle amie? Cette dernière semble pleine d'énergie. Il reporta son regard vers l'impératrice à ses côtés. Pour en revenir au diner qui nous attend... S'il vous faut un moment prendre l'air pour souffler ou éviter d'égorger un noble marchand trop ambitieux, dites le moi et je nous trouverai une excuse. S'ils n'oseront pas vous contredire ouvertement, je suis presque sûr qu'ils se tiendront calmes si j'insiste sur notre départ. Pour le reste, aucun d'eux ne pourra lever la main sur vous, je m'en assurerai.

    En principe, les choses que quelqu'un tente quoique ce soit de violent à l'égard d'Ayshara étaient presque nulles. Mais, dans ce genre de milieux, il valait mieux rester prudent. Compte tenu des décrets que l'Empire avait pris récemment, notamment sous l'insistance de la vosdraak, et l'histoire traditionnelle de Taisen, il était évident qu'ils n'étaient pas ici dans une terre aussi hospitalière que l'aurait été une escale à Ikusa. Il fallait donc ouvrir l'œil, et s'assurer que les langes acérées ne viennent pas tenter de lacérer les esprits des deux invités. A l'approche de la lourde double-porte qui les séparait de la salle de diner, le bretteur tourna légèrement la tête, ancrant ses perles bicolores dans l'améthyste du regard de l'impératrice. Puis, dans un sourire tendre, le guerrier demanda à ce qu'on les annonce.

    La Griffe du Dragon - Page 2 VOQudDE


    L'intérieur de la salle, étendue en deux grandes parties distinctes, se retrouvait habillé d'une table majestueuse en bois d'ébène ainsi que de grandes armoires aux faïences remarquables. Sur le sol, le parquet vernis était recouvert ici et là de grandes tapisseries traditionnelles. Les nombreux tableaux, accrochés aux murs décorés, venaient raconter l'histoire du Reike et des différentes batailles ayant marqué la nation du désert. Au plafond, de grands chandeliers venaient baigner la salle de leur lueur orangée. En face de la grande table de diner, qui se trouvait recouverte d'une grande nappe écarlate ainsi que d'une argenterie majestueuse, un espace était réservé à la danse et à plusieurs musiciens qui jouaient diverses mélodies calmes et apaisantes. Balayant de son regard vairon la pièce pour y analyser les différents personnages qui évoluaient déjà entre eux, le vampire retint une moue dégoutée en apercevant l'embonpoint certains de la plupart des nobliaux présents ainsi que les jeux de séduction des courtisanes présentes. Intérieurement, le bretteur regrettait déjà de ne pas être en train de rire avec ses hommes. Puis, ses yeux glissèrent sur Ayshara et son envie de fuir s'estompa. Il n'était pas là que pour passer une bonne soirée, mais aussi pour assurer la sécurité de l'impératrice.

    Marchant aux côtés de cette dernière, le chevalier sombre salua avec politesse les différents nobles qui venaient se présenter à eux et échangea même quelques mots et banalités avec les plus avenants. S'il ne leur était pas hostile, la plupart de ces hommes et femmes inspiraient un dégout certain pour celui qui s'était élevé à la sueur et au sang et non pas grâce à un héritage stupide. Sa place, il la devait au mérite et non au destin. Cependant, Deydreus n'était pas assez bête pour méjuger tous les nobles et les considérer comme des imbéciles. Aussi, il se pliait au jeu dangereux de l'étiquette et de la langue de bois, tout en veillant sur la blonde à ses côtés. Ecoutant d'une oreille distraite ce qu'elle disait aux différents notables, le bretteur en profitait pour participer de temps à autres aux discussions, montrant ainsi patte blanche dans ce nid de vipères. Quand les premières discussions cessèrent enfin, on invita les différentes personnalités à venir s'installer au niveau de la table. D'un côté, le siège du régent de Taisen permettait à ce dernier d'observer l'ensemble de ses invités tandis qu'en face, celui d'Ayshara trônait majestueusement et à côté d'elle, se trouvait Deydreus. Par politesse, le régent avait pris soin de ne pas retirer l'argenterie de son emplacement malgré le fait qu'il n'allait pas se nourrir. Tout ce qu'espérait le chevalier à présent, était qu'on ne vienne pas tout de même le servir. Le gâchis n'était après tout pas quelque chose qu'il appréciait. Autour de la table, une horde de domestique venait s'agiter et bouger afin d'installer divers hors d'œuvre et remplir les verres d'un alcool aussi pur que rouge. Du vin, issu de vignobles locaux et entretenus par la couronne. Des millésimes impressionnants et luxueux, qui enivraient autant qu'ils éveillaient les papilles gustatives de celles et ceux ayant la chance de les gouter. Remerciant la domestique qui venait de déposer dans son verre le fameux alcool, le chevalier s'amusa de ses joues se teintant de rouge tandis qu'elle repartait un sourire niais sur le visage. Puis, son regard se porta sur le seigneur local qui venait de se lever, son verre à la main.

    - Chers invités, chers amis. C'est avec le plus grand des honneurs que nous recevons en cette délicieuse soirée notre chère et respectée impératrice. Si sa présence nous honore, c'est avec humilité que nous espérons que le repas et cette soirée lui soit agréable. Majesté, si nous pouvons vous être de la moindre utilité, n'hésitez surtout pas. Nous avons également la joie de pouvoir compter parmi nous Sieur Fictilem, Griffe impérial et héros de guerre. A vous aussi, sire, nous souhaitons une bonne soirée. A présent, chers amis, je vous invite à savourer les mets que nous mettons à votre disposition. Profitez de la musique, des divertissements et du repas. Que cette soirée devienne un souvenir à jamais gravé dans nos mémoires!

    Applaudissant doucement, les différents nobles saluèrent les propos de leur hôte. Par étiquette, Deydreus fit de même dans une mesure plus modeste, avant de se pencher doucement vers Ayshara pour lui murmurer doucement.

    - Cela marque le début d'une partie politique particulièrement délicate. N'oubliez pas, je suis avec vous. Même si je dois vous l'avouer, je préfère largement le son des clairons à celui des violonistes royaux.

    Puis, dans un sourire, le vampire se replaça dans son siège. La soirée ne faisait que commencer.  


    La Griffe du Dragon - Page 2 Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


    Empereur-dragon du Reike
    Empereur-dragon du Reike
    Tensai Ryssen
    Tensai Ryssen
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    Race: Drakyn
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  • Sam 7 Oct - 13:02
    Il fait calme au palais.
    Calme ? Non. Ce n’est qu’un leurre. Un faux-semblant propre à tromper les citoyens du Reike, qui aperçoivent simplement de loin la demeure impériale. En effet, depuis que la nouvelle a sonné, chaque serviteur s’agite et fouille les pièces de la maison royale. Il en va de la sécurité du prince. De la sécurité du jeune Draknys… Mais aussi de la leur, ils le savent bien.
    Car aujourd’hui, les domestiques et les gardes ne peuvent compter sur leur chère Impératrice pour calmer l’humeur de Tensai. D’ailleurs, serait-elle à même de l’apaiser ? Rien n’est moins sûr. Si elle apprenait la disparition du prince, nul doute qu’elle aurait voulu participer aux recherches, qu’elle aurait cherché toutes les cachettes préférées de sa progéniture, qu’elle l’aurait appelée par son nom, qu’elle ne se serait pas reposée avant de l’avoir trouvé. Avec la délicatesse qui lui est coutumière, peut-être aurait-elle eu gain de cause et peut-être aurait-elle su amadouer son premier-né. Peut-être… Mais ce qui est certain, c’est qu’elle n’est pas là, en cet instant précis. Et le garde royal regarde désespérément son trône vide alors que le malheureux doit faire face à son redoutable mari.

    - Qui…

    La voix profonde de Tensai résonne dans la salle du trône, et son regard de plus en plus sombre semble promettre mille supplices au responsable de ce « fâcheux » événement.

    - Qui est le grand imbécile…

    Un ton calme, encore. Qui vole en éclat l’instant suivant.

    - Qui a OSÉ manqué de vigilance en surveillant le prince héritier ? …

    Le poing de Tensai tape avec violence l’accoudoir de son trône, qui a heureusement été conçu dans un matériau suffisamment rare et résistant pour résister à sa force démentielle. Le garde, littéralement mal à l’aise, semble se changer en statue de sel, tant il est pâle et livide, et lorsque le regard furieux de son Empereur se pose sur lui, il comprend qu’il doit parler le plus vite possible.

    - Leprincedormaitpaisiblementdanssesquartierscommeàsonhabitudeetl’instantd’aprèsiln’étaitpluslàet…

    Le soldat s’arrête lorsqu’il voit l’époux d’Ayshara se lever d’un mouvement brusque et descendre les marches qui surélèvent son trône. Le pauvre bougre croit certainement sa dernière heure venue, sauf que le Drakyn le dépasse et traverse la salle à une vitesse tout à fait anormale pour le commun des mortels. D’un geste, Tensai ouvrent les battants des portes richement ornées, avec une telle violence que les portes volent sur elle-même et viennent cogner les murs annexes, causant déjà des coups regrettables dans les murs alors que les chambranles, surpris par cette force toute singulière, semblent quasiment sortir de leurs gonds. Un instant démuni, le garde a la présence d’esprit de courir derrière son roi, qui déjà s’engouffre dans les couloirs du palais.

    -B-bien sûr, le scélérat sera puni, enlevé de ses fonctions et…

    - Enlever de ses fonctions… ?

    Une lueur qui n’a rien de magnanime apparaît sur le visage de Tensai.

    - Un garde royal qui ne peut même pas veiller sur un dragonneau qui dort ne m’est d’aucune utilité ! rugit-il, alors que la force de sa voix prévient tout le personnel alentour de son arrivée. Son pas est lourd, son regard semble vouloir carboniser tous ceux qui oseront le confronter, et le dirigeant continue. Il ne sera pas juste enlevé de ses fonctions, sa tête viendra orner le bout d’une pique si on ne retrouve pas mon fils. Sa famille sera déchue, et il sera un avertissement pour tous les autres gardes royaux. Et s’il arrive la moindre blessure à Draknys, je promets sur les Astres que sa mort sera lente et douloureuse. Non seulement cela mais je commanderai aussi personnellement son exécution au bourreau royal.

    Tout en parlant, Tensai est enfin arrivé aux appartements de Draknys, qui encore déjà fouillé de fonds en comble par acquis de conscience. A l’entrée du colosse, tout le monde se fige, et seul un garde royal, bien plus vétéran que moyenne à la décence d’esprit de faire le signe reikois tout en invectivant ses camarades à porusuivre les recherches.

    - Votre Majesté. Nous avons à nouveau fouillé tous les quartiers du prince. Il semble bien qu’il se soit échappé lors d’un moment d’inattention.

    Le vieux garde a la force d’âme de ne pas ciller quand il croise les pupilles de son souverain, peut-être parce qu’il a déjà de nombreuses décennies derrière lui et qu’il est prêt à assumer les bévues de la garde royale. Mais si Tensai est telle une tempête de flamme insatiable, il n’est pas non plus encore totalement idiot, cela même quand il est consumé par la fureur. En bon chef de guerre, il sait établir la liste de ses priorités et retrouver Draknys vivant et en bonne santé est bien plus important que laisser éclater sa colère aveuglément.

    - Mobilisez tous les gardes royaux. Fouillez le palais. Retournez chaque pièce, aboie-t-il d’un ton dur. Les yeux du Conquérant se promènent sur la chambre du dragonnet alors qu’il ne constate que son absence, pour son plus grand dépit. Ce qui renforce davantage la sévérité de ses traits. Je veux des rapports toutes les heures. Non, à chaque pièce fouillée. Qu'on me retrouve sa trace ou vous devrez en payer le prix. Un silence. Glacial, austère. Si vous ne trouvez rien d’ici demain, à midi. J’éliminerai un garde royal à chaque heure supplémentaire de recherche.

    Dehors, le soleil est déjà à son zénith.

    ***

    S’ensuit une longue journée ainsi qu’une longue nuit pour le roi du Reike. Au palais aussi, on ne dort pas, ou très peu : même des braseros ont été allumés quand l’obscurité a commencé à prendre trop d’ampleur et à régner en maître sur la capitale du désert. Alerté par la nouvelle, le maître-espion lui-même a dépêché ses propres hommes dans la demeure impériale (en jetant par ailleurs un regard noir au responsable). Bientôt, les senseurs magiques ont été formels : ils ne sentaient pas la présence de l’enfant dans le palais, et les traqueurs envoyés par l’Oreille confirmèrent également que le prince semblait avoir quitter l’enceinte impériale pour aller dans la capitale.

    Autant dire que cela n’avait pas amélioré l’humeur de Tensai.  

    Draknys était certes son fils, mais c’était aussi un dragon, et les Astres seuls savaient à quel point ses écailles, ses ailes, son sang, pouvaient valoir une fortune au marché noir. La seule perspective de l’imaginer en des mains aussi infâmes le mettaient dans une rage folle. Et puis, il fallait être lucide : le dragonneau n’était pas encore assez fort pour être indépendant et s’en sortir sans l’aide de sa mère ou de ses serviteurs. S’il était seul dans Ikusa, il causerait des catastrophes, ou il se terrerait dans un coin pour n’être trouvé par personne. Jusqu’à s’affaiblir et devenir encore plus vulnérable.

    Cela ne faisait que rajouter l’urgence de la situation, et bien décidé à se rattraper ainsi qu’à survivre, les gardes royaux s’étaient démenés encore plus pour retrouver leur protégé, sans attirer toutefois l’attention du peuple. Toujours pragmatique, Zéphyr avait de son côté éliminé un à un les endroits où le dragonneau avait déjà été en compagnie d’Ayshara, en soupçonnant qu’il s’y réfugie à défaut de pouvoir rentrer au palais.

    Mais il n’y avait rien, strictement rien. Et si la colère de Tensai ne disparaissait pas au fil des heures, son inquiétude, elle, grandissait également au fil du temps. Certes, il était – dans une certaine mesure – un tyran à la force démentielle, qu’il ne fallait pas provoquer impunément. Mais c’était aussi un père qui, aussi rustre soit-il, portait une réelle affection pour la chair de sa chair. Oh, il était sévère, exigeant avec son fils, et plus ce dernier grandirait, plus Tensai serait sans doute ferme pour qu’il devienne un bon roi, et pas un enfant pourri gâté comme ces fichus aristocrates. Mais derrière la fermeté se cachait un homme fondamentalement bienveillant et tendre pour sa famille, un homme que seul Ayshara connaissait réellement, pour le moment. Sans doute que Draknys finirait par comprendre l’amour de son père, quand il aurait quelques années de plus. Pour l’heure, c’était sans doute trop tôt. Et il fallait évidemment le retrouver pour que le prince puisse effectivement grandir en toute sécurité. D’ailleurs, le Conquérant avait lui-même mis la main à la pâte en explorant lui-même le palais – détruisant au passage quelques portes supplémentaires quand il mettait trop de brusquerie, sans compter les coups trop violents dans les murs. Il avait même déployé ses ailes pour atteindre des zones difficiles d’accès, mais que son fils aurait éventuellement pu atteindre en utilisant ses membranes ailées.

    A présent, une journée était passée et le soleil brillait haut dans le ciel. La menace du colosse prononcée la veille était bien sûr toujours d’actualité, et trois gardes royaux faisaient face à lui dans la salle du trône, avouant encore une fois la vacuité de leurs recherches. Autant dire que l’atmosphère était étouffante, alors que le roi se demandait comment il allait annoncer à son épouse la disparition de leurs fils à son retour à la capitale. Le simple fait d’imaginer l’horreur et l’inquiétude sur ses traits d'Ayshara le rendait maussade et furieux, et le géant repris la parole :

    - Je vous ai laissé un jour entier. Un jour entier pour retrouver mon fils, qui n’aurait même pas dû savoir quitter le palais sans que vous ne vous en rendiez compte.

    Le ton du dirigeant reikois est sombre et froid, implacable et cruel, mais il n’y a personne pour l’inciter à être miséricordieux, et le ferait-on qu’il resterait quand même inexorable.

    - La garde royale a été établie pour protéger ses souverains et leurs héritiers. A quoi nous sert-elle si elle ne peut même pas assurer ses devoirs et ses fonctions ? siffle-t-il. Stoïques, les soldats devant lui ont le bon sens de ne pas lui répondre. Devrais-je tous vous remplacer pour votre incompétence et envoyer un message fort à ceux qui vous remplaceront ? Si vos têtes ornent tous le bout d’une pique, peut-être que vos successeurs sauront qu’aucune erreur n’est permise lorsqu’ils sont à notre service ?

    Grande et respectueuse était la fonction de garde royale, mais ceux-ci portaient de grandes responsabilités qu’il ne fallait en aucun cas négliger.

    - Tarrik, c’était toi qui veillais sur Draknys lorsqu’il a disparu. Les prunelles rougeoyantes du Drakyn sont sévères alors que son regard se pose sur le responsable de tout ce chaos. Et j’ai dit que, si vous ne retrouviez pas mon fils, l’un de vous passerait par le fil de l’épée chaque heure à partir de midi. Le géant se lève alors qu’il a une épée à sa hanche. Ce que je dis, je le fais. Le souverain descend les quelques marches qui surélèvent son trône, dégaine son arme, et l’approche du cou du soldat reikois. Donc, soit je te tue maintenant, de mes propres mains, pour la faute que tu as commise. Soit j’ordonne qu’on t’amène au bourreau impérial et qu’il te réserve la mort que tu mérites. Déjà, le sang perle sur la peau du garde royal. Eu égard à ta famille qui sert depuis des générations les Draknys et qui a toujours été fidèle à mon épouse, je te laisserai choisir. Mais ça ne changera pas l’issue de…. Etonnamment, le roi s’interrompt alors que son esprit semble brusquement interpellé par quelque chose. C’est le mage demandé par Ayshara qui a enfin pris contact avec le roi, pour rendre compte de la situation à Taisen. Et si au départ une expressions presque irritée passe sur ses traits, un éclat de surprise la remplace bientôt, alors qu’’un poids semble bientôt s’ôter des épaules de Tensai. Celui-là, je vais le… Le souverain ne termine pas sa phrase, pourtant, il pose un regard différent sur le garde qu’il tient en respect par son arme. Il est muet un moment, le temps de transmettre ses questions légitimes à sa reine et ce n’est que quand il est rassuré qu’un soupir s’échappe de ses lèvres alors qu’il retire l’épée du cou du soldat. Draknys a été retrouvé. Il est avec l’Impératrice, à Taisen. Les trois soldats présents ouvrent grands les yeux face à cette nouvelle auxquelles ils ne s’attendaient pas. Rangeant momentanément son arme dans son fourreau, un rictus vient bientôt déformer le visage de Tensai. Vous pouvez sonner la fin de l’alerte. Quant à toi… Tarrik retient son souffle, comprenant manifestement que sa vie ne tient qu’à un fil. Je vais attendre le retour d’Ayshara pour avoir son retour sur tout ce qu’il s’est passé. Nous déciderons de ta punition ensemble. Mais en attendant, tu seras suspendu de tes fonctions et emprisonné en conséquence. Ne réapparais même pas devant moi, ou je te tue sur le champ.

    Le garde s’incline sur le champ alors que Tensai, de son côté, pense au long voyage de la Vosdraak. Ainsi, Draknys est avec sa mère, alors que le chemin jusqu’au Temple du Soleil et de la Lune est long et fastidieux. Mais Deydreus est avec les siens… Et le Conquérant sait que son général les protégera, quitte à mettre en jeu sa propre vie pour ce faire.

    - S’il arrive la moindre chose à mon fils pendant ce voyage, Tarrik, je te considérerai comme le principal responsable, et cela n’aidera pas ton cas, prévient le colosse. Mais j’attendrai leur retour avant de rendre mon jugement. Songe aux conséquences que ta négligence peut avoir et que tous les autres redoublent de vigilance pour que cette situation ne se reproduise jamais plus..

    L’ordre est donné. Maintenant, la paix va pouvoir revenir au palais royal. Et il sera peut-être de bon acabit de réparer tout ce que Tensai a malencontreusement cassé…
    Impératrice-dragon du Reike
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    Ayshara Ryssen
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  • Dim 3 Déc - 10:17

    Un sourire secret. Une pensée espiègle fleurissait à l'intérieur de son esprit fort bien créatif. Parce que oui, Ayshara ne pouvait s'empêcher d'être amusée par la simple idée de la chauve-souris qu'elle avait prévu d'offrir à son vaillant protecteur. L'image du chef des armées, ce guerrier redoutable et respecté de tous les reikois, accompagné d'un petit animal frivole, lui arrachait des ricanements internes. Elle imaginait déjà les scènes comiques que ce duo improbable créerait. Vraiment, il s'agissait d'un contraste parfait entre la gravité et la légèreté. Et puis, il était grand temps que Deydreus se détende un peu, bon sang ! Avec tout ce qu'il avait vécu dernièrement, rire aux éclats ne lui ferait pas de mal ! À l'heure actuelle, l'impératrice se souciait davantage du bonheur de la Griffe plutôt que de ce souper à venir, souhaitant ardemment voir un sourire se dessiner sur ses lèvres et assister à l'éveil d'une joie sincère au sein de son cœur si souvent voilé de mélancolie. Elle songeait à la façon dont elle lui annoncerait l'arrivée de ce nouvel ami dans sa vie. L'accepterait-il ? La vosdraak s'imaginait ses sourcils se froncer légèrement, son regard intrigué. Elle anticipait sa surprise, sa possible confusion, peut-être même une certaine tendresse à l'égard de cet être volant... Ou était-ce une manière de penser encore trop optimiste ?

    Ses améthystes pétillantes se teintèrent d'une délicieuse ironie en se posant sur le vampire aux prunelles bicolores. Les commentaires de ce dernier concernant les dangers des dîners de nobles en les comparant aux affres des champs de bataille ne manquèrent pas de lui arracher un rictus agrémenté d'une discrète gouttelette de sueur qui coula le long de sa nuque délicate.  Tout en marchant à ses côtés et en adoptant un air faussement serein afin de camoufler ses appréhensions, elle répliqua :

    - Votre perspicacité quant aux risques de ces dîners n'a d'égal que votre bravoure durant la guerre, mon cher Deydreus. En effet, l'art de la guerre et celui de la conversation semblent partager plus de similitudes qu'on ne le croirait. Manier l'épée de la parole plutôt que celle du fer... Il est fascinant de constater à quel point les mots s'avèrent parfois plus tranchants qu'une lame. Et vous avez raison; les ennemis de la cour ont tendance à se parer de miel et de soie pour mieux dissimuler leurs véritables intentions. D'ailleurs, tout cela soulevait des questionnements supplémentaires. Était-ce préférable d'endurer la souffrance de la guerre, à la place de subir une douloureuse et lente descente aux enfers suite à des sévices psychologiques provoqués par des années de complots et d'intrigues politiques de tout genre ? Préférant ne pas y songer de façon sérieuse pour le moment, la belle secoua doucement la tête et décida de continuer la conversation vers un sujet plus léger : Je dois admettre que votre cuirasse vous sied à merveille ! Cependant, je conçois que notre hôte pourrait ne pas partager mon avis, bien que l'idée de vous voir arriver en armure complète à une telle activité soit, je dois l'avouer, assez amusante. La jeune femme se permit un geste affectueux en posant sa main blanche sur le bras de Deydreus. L'impératrice et la Griffe, ensemble, dans une chambre...  Je crains que cela ne lance un tout autre type de batailles... de rumeurs, cette fois... Enfin, je veux bien vous y accompagner si nous faisons vite.

    Ainsi donc, Draknys, la chauve-souris et Ayshara suivirent sagement le dirigeant des Serres Pourpres jusqu'à ses appartements. En tout cas, c'était une joyeuse bande qui attirait les regards des quelques courtisans et gardes de l'endroit. Ce petit groupe inhabituel ne passait pas inaperçu. Oh, loin de là ! Lorsqu'ils pénétrèrent enfin à l'intérieur de la somptueuse chambre, la Griffe se retira afin de se changer en tenue chic, laissant les trois autres entre eux. Tandis que la souveraine du Reike observait paisiblement la décoration de la pièce, les deux êtres volants décidèrent de se montrer un peu moins sages, poursuivant leurs pitreries. Le dragonnet cherchait à imiter les pirouettes et les plongeons de la chauve-souris, mais en faisant preuve d'une grâce encore très perfectible. À chaque essai, il s'élevait maladroitement, battant des ailes avec plus d'énergie que de technique pour ensuite redescendre de manière abrupte, souvent en atterrissant sur un coussin moelleux ou parfois, moins chanceux, sur un tapis en produisant un "pouf" étouffé. Finalement intriguée par ce spectacle cocasse, la reine échappa un rire cristallin en voyant sa progéniture tenter désespérément de suivre les mouvements agiles de son nouveau compagnon. Quand il chutait, le bébé dragon se relevait avec une résilience touchante, prêt à ressayer avec un enthousiasme indéfectible. Une robustesse qui aurait sans doute attisé la fierté de son père, s'il avait été présent.

    Le claquement des tissus et le froissement des étoffes derrière le paravent indiquaient que Deydreus progressait dans sa métamorphose vestimentaire. La maîtresse du feu divin jetait de temps à autre un regard amusé vers cette direction, se demandant quelle élégance le vampire allait revêtir afin d'affronter cette soirée.
    Finalement, après une série de chutes et de glissades, Draknys semblait avoir compris que la maîtrise des airs nécessitait patience et pratique. Il se posa à côté de sa mère, alors que la chauve-souris venait se percher joyeusement sur l'épaule de la demoiselle. Au même moment, le chef des armées émergea de sa cachette, portant une tenue raffinée, coupée avec précision, qui épousait sa carrure d'une aisance noble. Le tissu sombre et riche de sa veste se mariait parfaitement à la douceur satinée de son pantalon. Bref, ça allait convenir à un pareil événement.

    Admirative, la blonde réalisa un pas en avant, contemplant la transformation de son partenaire de soirée.

    - Cette tenue vous va à merveille. Elle révèle une facette de vous que nous avons rarement le plaisir d'observer. Deydreus tendit sa main, un geste élégant, invitant la belle à le rejoindre, chose qu'elle accepta sans protester en souriant, glissant sa paume dans la sienne. Ensemble, ils quittèrent l'endroit, accompagnés par les battements d'ailes des deux copains. Oui, ils forment un duo plutôt comique. C'est rafraîchissant de les voir s'amuser ainsi, vous ne trouvez pas ? Elle leva les yeux vers lui, son expression emplie de gratitude. Votre protection est plus réconfortante que vous ne pouvez l'imaginer, Général. Avec vous à mes côtés, je me sens prête à affronter même le plus redoutable des banquets. Et à propos de la nécessité de prendre l'air, je compte sur vous afin de me sortir de toute situation… disons, trop étouffante.

    Au sein de l'atmosphère habitée de faste de la salle de dîner, Ayshara et Deydreus firent leur entrée, suivis de Draknys et de la chauve-souris qui voletaient autour d'eux. La pièce, ornée de tapisseries somptueuses et de lustres étincelants, scintillait sous les lumières tamisées, créant une ambiance à la fois élégante et intimidante. Les nobles de Taisen, parés de leurs atours les plus raffinés, étaient déjà là, se tournant presque tous en direction de l'impératrice dès son arrivée. Parmi ces aristocrates, elle y reconnut plusieurs visages hostiles à ses récentes mesures d'abolition de l'esclavage. Ces individus représentaient un défi silencieux à son autorité et à ses convictions. Toutefois, l'épouse de Tensai gardait la tête haute, affichant une dignité imperturbable. Ses améthystes balayèrent  l'assemblée, marquant sa présence et sa détermination à affronter chacune de leur tentative de la déstabiliser. Parvenue au bout de la table, elle prit place avec une élégance naturelle, le vampire s'installant à ses côtés. Ils formaient un duo d'une prestance indéniable, attirant sur eux les regards mi-intrigués, mi-admiratifs des convives.

    Sentant la tension sous-jacente, l'héritier du trône se retira discrètement en compagnie de la chauve-souris. Ils se dirigèrent vers un coin plus tranquille où ils amorcèrent des jeux.

    Alors qu'elle ajustait machinalement la nappe, la reine salua respectueusement le Seigneur local. Que ce fichu dîner commence !

    - Je tiens à vous remercier, ainsi que vos distingués invités, pour cet accueil chaleureux et cette magnifique soirée. Votre hospitalité honore tout le Reike. Ce dîner préparé avec tant de soin et d'attention ne manquera pas de rendre cette réception mémorable ! Je suis impatiente de déguster les mets que vous avez concoctés et de me délecter des divertissements de vous offrez. Puissions-nous tous profiter de ces instants de convivialité et de partage.

    L'impératrice adressa un sourire complice à Deydreus. Sa présence la rassurait grandement, malgré les apparences. La nourriture s'étendait devant sa personne, mais son esprit, lui, s'évadait vers des contrées lointaines, là où son cœur appelait. Elle pensait à Tensai, son mari bien-aimé, dont l'absence creusait un vide certain. Elle soupira, avant de porter une coupe de vin à ses lèvres, comme pour oublier son malaise actuel.
    Curieusement, la soirée avançait tranquillement, rythmée d'échanges courtois et d'anecdotes croustillantes. L'un des convives, un noble affilié au RSAF, s'approcha de la principale intéressée :

    - Votre Majesté, avez-vous entendu parler de Cobra ? Un lanconda d'une taille et d'une puissance exceptionnelles. Nous l'avons amené ici, à Taisen. Imaginez l'excitation du peuple quand ils le verront en action dans l'arène !
    - Cela doit être une vision impressionnante, en effet. Ce genre de créature a de quoi fasciner et effrayer à la fois. J'espère que Cobra sera traité avec le respect dû à un être de sa stature.
    - Vous devriez vraiment venir le voir un de ces jours. C'est un reptile que ni vous ni le peuple n'oublierez de sitôt !
    - J'y songerai. Je vous remercie de votre invitation.

    Ayshara hocha la tête, absorbant ces informations. Bien qu'elle comprenne l'attrait du spectacle, elle se sentait mitigée à l'idée d'utiliser une créature aussi majestueuse pour de banals divertissements.

    Peu de temps après, le Seigneur de la cité se leva et annonça la présentation d'une distraction théâtrale. La thématique de cette dernière ? Honorer la prise de pouvoir de l'Empereur, Tensai Ryssen. Assise dignement à sa place, la jeune femme observait d'un œil teinté d'inquiétude. Voilà que son humiliation débutait, elle qui se demandait quand cela allait se produire. Eh bah, c'est là que ça se passe.

    Les acteurs, vêtus en roi et reine du Reike, arborant des perruques blanches extravagantes, pénétrèrent sur scène, incarnant les parents d'Ayshara et de Vaenys Draknys. D'une voix forte, l'homme parla à son peuple invisible :
    - Citoyens du Reike, nous sommes vos souverains dévoués, guidés par la sagesse et la justice de nos fondateurs ancestraux !
    La reine ajouta : - Mais les temps sont troublés, de sombres nuages planent sur notre royaume bien-aimé.
    Puis, un autre comédien, cette fois-ci déguisé en Tensai, un grand drakyn, fit alors son entrée, son allure imposante captant l'attention de tous.
    - Votre règne touche à sa fin, Un nouvel avenir s'annonce pour le Reike.
    - Nous ne céderons pas face à la tyrannie et à la barbarie, nous défendrons notre trône jusqu'à notre dernier souffle !

    Effectuant un mouvement brusque, l'interprète du colosse sortit une épée et, à la stupéfaction générale, décapita pour de vrai les deux acteurs. Le public, ignorant qu'il s'agissait de criminels condamnés, resta pétrifié un instant avant d'éclater en applaudissements. Horrifiée, la vosdraak demeura figée sur sa chaise, son visage pâle trahissant un profond malaise. Elle ne pouvait croire ce qu'elle venait de voir... Une mise en scène si brutale et si choquante de l'histoire de son propre empire, interprétée avec une violence réelle. Et pendant ce temps, les nobles acclamaient la performance ?  Jusqu'à quel point étaient-ils insensibles à la véritable nature tragique de cette représentation ? Son estomac se noua, une vague de nausée l'envahissant. Rapidement, elle chercha du réconfort auprès de Deydreus, espérant y trouver une force rassurante dans ce moment d'effroi. Tensai lui manquait plus que jamais... Il aurait su comment réagir, comment garder sa dignité face à un tel outrage. Personne ici ne lui aurait infligé cela. Le contraste entre ces nobles rieurs et la réalité sanglante de la scène lui paraissait tellement surréaliste. Elle lutta afin de maintenir son calme, de ne pas exploser de colère, refusant de céder à la panique ou à l'indignation. Même si tout en elle criait à l'injustice.



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  • Mer 6 Déc - 12:13
    La soirée suivait son cours. Parmi les nobles, Deydreus écoutait doucement les différents fils de discussions, sans réellement y prêter un grand intérêt. Outre le jeu politique, le chef des armées préférait analyser chacun des individus présent. Comme un lion tournant dans sa cage et identifiant ceux qu'il aimerait dévorer. Ainsi, le bretteur aux yeux vairons se rappelait les différentes maisons. Et leurs différents rôles. De temps à autres, naturellement, il répondait aux phrases banales qui étaient jetées sur lui. Avec étiquette, le chevalier participait ainsi un peu aux échanges entre les différents protagonistes, tout en veillant à la sécurité et le bien être de l'impératrice. Car malgré toutes les dorures ornant les chandeliers et malgré toute la qualité des tissus portés, la pièce était aussi dangereuse qu'un nid de frelons. Et ce sentiment. Cette ambiance malsaine. Tout se confirma lorsque le seigneur de la ville ordonna le début d'une représentation. Et même si le bretteur n'était pas adepte de théâtre, il savait déjà que cela ne se terminerait pas bien.

    Quand les deux têtes s'écrasèrent au sol dans une gerbe de sang, l'air sembla se figer. Si les aristocrates éclatèrent de rire et se gaussèrent de l'événement, le vampire pouvait parfaitement sentir le malaise de l'impératrice, encore plus lorsque le regard de celle-ci croisa le sien. Pareil spectacle n'était que pure provocation. Une tentative d'humilier la dirigeante tandis que son mari n'était pas là. Un jeu qui déplaisait au reikois, non pas car il était sexiste, mais plutôt car il remettait en cause une autorité établie et qui avait elle même mis en place le seigneur actuel. Et, bien qu'Ayshara n'eu rien dit, le vampire se leva doucement, attirant sur lui tous les regards de la tablée. Dans un sourire révélant ses crocs anormalement grandes, l'être aux yeux vairons contourna le siège de l'impératrice et se dirigea silencieusement vers les corps effondrés. Derrière lui, le bretteur pouvait sentir la multitude de regards interrogateurs.

    - Quel spectacle sanglant, pour une soirée aussi douce messire. Il s'arrêta au niveau des flaques de sang, déplaçant sa cape pour révéler son bras cristallin. Vous savez, je n'avais pas besoin d'autant de sang pour passer une bonne soirée en votre compagnie.

    Des rires, amusés et un peu moqueurs. Le bretteur déviait la discussion sur son vampirisme, ce qui sembla détendre un peu l'assemblée de pauvres imbéciles qui leur servaient de nobles. Pourtant, Deydreus n'en avait pas fini. Toujours face à eux, le dirigeant des Serres pourpres laissa son regard hétérochrome glisser sur chaque visage. Puis, il commença à pointer du doigt l'un des nobliau, ce qui fit sursauter ce dernier.

    - Maison Invara. A refusé d'envoyer le moindre de ses fils dans les groupements armés pendant la guerre des Titans. Il fit glisser son doigt sur un autre noble. Maison Falsyn. S'est directement soumis à Tensai alors qu'il n'avait pas encore franchi les montagnes. A obtenu la gestion des terres de leur famille rivale, écrasée par la force conquérante. Nouveau pointage. Maison Olrak. N'a pas participé à la guerre des Titans et a dût payer une taxe en raison de liens étranges avec la pègre Républicaine.

    Le malaise s'installait de nouveau, cette fois chez les nobles à proprement parler. Continuant ses énumérations, Deydreus mettait en lumière chaque défaut des différentes maisons présentes. Puis, il s'arrêta sur le seigneur de la ville lui même.

    - Et vous, messire. Installé au pouvoir à la suite du siège de Taisen. Mis en place par le conquérant et son épouse, que vous venez de moquer ce soir. Le désert est-il si difficile, qu'il vous force à mordre la main qui vous a pourtant nourri? Une courte pause, tandis que le bretteur montrait à présent Ayshara. Famille Draknys. Dirigeante de notre nation depuis des éons dans l'honneur et la force. A présent famille Ryssen, dirigeant l'Empire contre toutes ses menaces et étant parvenu à défier jusqu'à la volonté de créatures divines. Sauvant à la fois vos âmes, et le Sekai tout entier.

    Activant doucement son pouvoir, le vampire manipula le sang derrière lui pour le cristalliser en une figure draconique, symbole de l'Empire.

    - Vous êtes tous des enfants du Reike. Cessez de vous comporter comme les aristocrates républicains et agissez avec honneur. Respectez la règle de l'hôte et n'insultez pas ceux que vous invitez à votre table. Il se rapprocha d'Ayshara, tendant sa main pour l'inviter à sortir avec lui. Venez, impératrice, un peu d'air ne vous fera pas de mal. Et quant à moi, il vaut mieux que je m'éloigne un peu de tous ces cœurs battant. Le sang versé m'a donné soif.

    Il jeta son regard vairon sur tous les nobles, déclenchant chez eux une mine passablement apeurée. Peu importait. Ils avaient agit comme des pleutres, préférant user de spectacles humiliants plutôt que de moyens plus directs. Des imbéciles se pensant puissant, tous autant qu'ils étaient. Menant donc Ayshara jusqu'à la terrasse extérieure, le vampire soupira longuement avant de ricaner légèrement tandis qu'il posait ses yeux sur les traits de l'impératrice.

    - Je n'aurais pas dut tous les insulter. Ils vont en parler encore pendant des jours. Il étira un large sourire. Mais ce fut agréable de tous les rappeler à leurs fautes.

    Il se posa ensuite contre le bord de la terrasse, observant la multitude d'étoiles qui baignaient dans la voute céleste ainsi que les lueurs provenant de la ville du lion. Tout paraissait si paisible, ainsi observé. Pourtant, dans ces ruelles se produisaient sans doute des actes sanglants. Peut être que des membres d'organisations criminelles tentaient d'accroître leur influence. Ou, pire, d'aider des sbires des titans. Mais de là où ils étaient, nichés depuis cette terrasse de la demeure seigneuriale, ils ne voyaient rien. Et c'était principalement ce qui dérangeait le reikois.

    - La plupart de ces bouffons ne sont à leur place que grâce à leur sang. Leur seul mérite, c'est d'être né dans la bonne famille. Les effusions de sang comme tout à l'heure ne sont pour eux qu'un jeu lointain. Ils ne connaissent ni la valeur d'une vie ni l'importance d'en prendre une. Des enfants trop gâtés... Enfin... Tel est le jeu de la noblesse.

    Il reporta alors son attention sur l'impératrice, analysant ses traits et ses prunelles améthystes. La femme devait gérer beaucoup de choses et, chemin faisant, elle devait en plus jongler avec les remarques désobligeantes et les esprits étriqués de certains nobles qui ne voyaient en elle qu'une génératrice d'héritier. Une marchandise vendue par un prince déchu égocentrique et pleutre. Peut-être que les choses auraient été différentes, si Vaenys avait combattu jusqu'au bout? Qui sait. Le vampire n'avait pas toutes les connaissances de cet événement et, fondamentalement, s'en moquait un peu. Il fallait aller de l'avant, l'Empire en avait besoin. Peu importe les menaces qui l'attendaient. Souriant subitement alors qu'il quittait ses pensées, le vampire ancra son regard dans celui de la mère dragon.

    - Que faisons-nous à présent? Est-ce que je déploie mes ailes pour nous emmener ailleurs et fuir directement cette assemblée d'imbéciles, ou bien est-ce que nous y retournons? Je sais que d'autres festivités sont prévues et je pense qu'elles seront moins humiliantes, surtout avec ce qui vient d'être dit. Et puis... Au pire des cas... L'alcool nous fera oublier cette mauvaise soirée, pas vrai?

    Un nouveau sourire, alors qu'il attendait la réponse de la concernée.


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    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


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  • Dim 10 Déc - 6:48

    Cette soirée basculait vers une réalité sombre et troublante. Une angoisse intense refroidissait la mère-dragon, ses pensées assaillies par le choc du spectacle qu'elle venait de voir, éveillant brusquement les souvenirs douloureux de son histoire, malheureusement marquée de la dégringolade épouvantable de ses géniteurs. La face pâle, elle fixa distraitement son verre de cristal, tandis que les échos des applaudissements enthousiastes des nobles résonnaient toujours dans la salle, comme un affront indéniable à sa souveraineté impériale. Elle luttait pour maintenir une façade de calme, mais ses prunelles, d'habitude si expressives et maîtrisées,  exhibaient une peine insondable. La violence de la scène, trop tangible, trop brute, avait ébranlé quelque chose de profond en son for intérieur. La jeune femme se sentait insultée, en tant qu'impératrice... et aussi en tant que fille ayant perdu ses parents lors de circonstances tragiques. Se plaignait-elle le ventre plein ? Elle et sa vie de luxe ? Des gens au sein de ce Sekai avaient expérimenté des choses bien pires qu'elle. Cependant, son statut et ses responsabilités ne l'immunisaient pas contre ses propres émotions et réactions vis-à-vis des événements qui touchaient à ses sentiments. Étant souveraine du Reike, d'innombrables paires d'yeux l'espionnaient jour et nuit, scrutant à la loupe le moindre de ses agissements; plusieurs attendant même qu'elle faute afin de lui bondir dessus et de la dévorer toute crue. Sa position était convoitée et désirée, ce qui rendait ses expériences personnelles encore plus complexes à gérer, ne pouvant se permettre l'erreur. Et évidemment, tout cela s'avérait amplifié par les habitudes machistes qui gangrénaient cette nation.

    Sur sa chaise, la dragonne se tenait stoïquement. Un masque de calme couvrant son visage. Son cœur, en revanche, battait d'une colère retenue. Les rires des aristocrates, leurs applaudissements à la vue du sang versé, ne faisaient qu'attiser le feu qui l'habitait. Elle sentait le poids de leurs regards, certains moqueurs, d'autres curieux de sa réaction. Toutefois, c'était la présence de Deydreus, plein de compréhension et de solidarité, qui la graciait d'un réconfort silencieux. Enfin, le chef des armées se leva, détournant l'attention des nobles vers lui. Il s'approcha de ces corps gisant au sol... Probablement de pauvres esclaves ou des condamnés à mort que l'on avait possiblement forcés à jouer cette pièce de théâtre ridicule en échange de quelques piècettes d'or versées à leurs familles. Les paroles moqueuses du sombre bretteur allégeaient l'atmosphère, mais Ayshara percevait la tension sous-jacente qui continuait de subsister. Puis, le malaise s'intensifia lorsque la Griffe commença à pointer du doigt les différents personnages de la soirée, révélant leurs faiblesses et secrets. Muette comme une tombe, la belle analysait tous ces faciès désormais bien moins souriants.

    Quand il désigna directement au Seigneur de la ville, sa critique fut cinglante, un rappel poignant du pouvoir et de l'autorité que le couple impérial exerçait sur ces terres. Le silence qui suivit ses mots était lourd, chargé de la réalité de leur situation : ces gens, ils étaient tous redevables à la famille Ryssen pour leur posture actuelle. Un léger sourire illumina les lèvres de l'impératrice. Sa lignée, avait régné avec honneur et force, et elle se positionnait maintenant à la tête de cet héritage ancestral. Le spectacle de sang cristallisé en forme de dragon derrière le vampire illustrait à la perfection ce qui devait tous les unir.

    Essayant de digérer ce drame, la vosdraak accepta cependant la proposition du dirigeant des Serres Pourpres; cette suggestion de prendre l'air était clairement une bénédiction. Elle glissa sa main dans la sienne, ses doigts effleurant délicatement la peau froide du guerrier. Il y avait au sein de son geste une telle assurance, une telle force, qu'elle se sentit presque petite à côté de lui. Elle se leva, suivant le brun vers la terrasse extérieure, son cœur encore lourd. Le vent frais lui caressait le visage, apaisant légèrement son esprit troublé. Ayshara écouta Deydreus se confier sur son ressenti à propos des nobles, un sourire timide se dessinant. Sa remarque concernant la satisfaction qu'il avait éprouvée à les rappeler à leurs fautes la fit rire doucement. Une attitude qui contrastait agréablement avec la suffisance des aristocrates, pour sûr. Sa tête s'inclina légèrement, laissant les améthystes de la reine briller d'une lueur malicieuse.

    - Vous avez très probablement bousculé leurs certitudes, Général. Et je dois admettre que cela m'a procuré un certain plaisir coupable. Appuyée contre la balustrade, la demoiselle contempla la voute céleste, songeuse. La beauté des étoiles paraissait si lointaine, si détachée des jeux de pouvoir terrestres. La noblesse, c'est un monde à part, un théâtre où chacun incarne son rôle. Mais ce soir, grâce à vous, j'ai ressenti une sorte de libération, aussi éphémère soit-elle. Dès que son interlocuteur reporta son attention vers elle, la souveraine rencontra son regard qui manifestait une douceur évidente. L'idée de m'envoler loin d'ici, avec vous, a quelque chose de... libérateur. Elle baissa les yeux un moment, un voile de timidité adoucissant son expression. Hélas, je crains que nos devoirs ne nous rappellent à l'ordre. Peut-être devrions-nous affronter le reste de la soirée, armés de notre détermination et de... cet alcool que vous mentionnez.


    [...]


    Pendant ce temps, du côté de Draknys et de la chauve-souris.


    Le petit dragon et sa nouvelle amie improbable s'échappèrent discrètement des regards afin de fomenter leur propre rébellion contre ces aristocratiques prétentieux. Les deux créatures se garrochèrent dans un vol audacieux, frôlant les coiffures soignées et les épaules richement vêtues des nobliaux. Leurs mouvements conjoints étaient erratiques et imprévisibles, semant une confusion grandissante parmi les invités. Puis, dans un élan de bravade, le dragonnet souffla de faibles flammèches, provoquant des exclamations et des bonds précipités. Pris de panique, les "spectateurs" s'agitèrent frénétiquement pour la plupart, tentant d'échapper à l'assaut du duo impétueux. Les rugissements juvéniles de Draknys se mêlaient aux cris de ces impuissants en créant ainsi une cacophonie assourdissante. Il prenait un malin plaisir à balayer les nappes et à envoyer vaisselle et couverts voler à travers la pièce comme de petits projectiles. Quant à lui, le mammifère nocturne plongea vers les tables, renversant coupes et assiettes, ajoutant au chaos un tintamarre de verre brisé et de porcelaine fracassée. Il se faufila habilement entre les mains tendues qui tentaient vainement de l'attraper.

    - Par la bonté des Astres, c'est une invasion ! Qui a ouvert les portes de la ménagerie ? Cria un vieil homme.
    - J'ai toujours dit qu'il nous fallait plus de dragons dans la politique, mais ce n'est pas exactement ce que j'avais en tête ! S'exclama l'un des convives.
    Une dame se retrouva soudain coiffée d'une nappe de table, emportée par le souffle du premier né des empereurs. - Eh bien, voilà une nouvelle tendance pour la saison prochaine. Ironisa-t-elle, essayant vainement d'arracher le tissu de son crâne, sous les rires étouffés de ses voisins.



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  • Lun 11 Déc - 20:10
    Souriant, Deydreus accepta silencieusement d'un signe de tête le fait de retourner dans la salle. Une fois à l'intérieur, l'ambiance était... Particulière. Le vampire, amusé, observa le dragon héritier et la chauve souris qui l'accompagnait semer le trouble parmi les membres de la noblesse. Si certains esprits s'échauffaient, la scène globalement sembla amuser le gros de ces nobliaux. En fait, seuls les membres du personnel affichaient une mine blasée, conscients qu'ils devraient par la suite tout réorganiser. Marchant aux côtés de l'impératrice, le bretteur étira un léger sourire tandis qu'il tournait la tête vers la vosdraak.

    - Visiblement, ils n'avaient pas envie de rester tranquille.

    Piaillant, Draknys virevolta de nouveau, fusant dans l'air maladroitement pour finalement se jeter dans les bras de Deydreus. Si ce dernier ne sut pas s'il l'avait fait exprès ou bien s'il avait mal négocié son vol initialement prévu pour atteindre sa génitrice, le vampire ricana doucement tandis que la chauve souris venait à son tour se poser, cette fois sur son épaule. Arquant un sourcil, le chevalier se tourna vers l'impératrice, grattant doucement le menton du petit dragon.

    - Je crois que ceci est à vous, impératrice.

    Un nouveau grognement du dragonnet, visiblement amusé lui aussi par la remarque du bretteur. Tendant le petit à sa mère, Deydreus reporta ensuite son attention vers le reste de la salle. Débarrassés des deux énergumènes, les servants avaient commencé à réarranger l'ensemble de la tablée, tandis que le seigneur de la ville se levait et invitait les autres nobles à se diriger vers l'espace de bal. L'ambiance changea alors de nouveau. Si la plupart des invités avaient encore en tête les événements précédents, beaucoup choisirent de faire mine de feindre l'ignorance et de passer à la suite. Pourtant, le vampire gardait en mémoire chacun des noms présents. S'il les avait humilié en public en retour de leur propre humiliation, le dirigeant des Serres Pourpres comptait bien leur donner une leçon, plus tard, potentiellement avec des hommes sans bannière. On ne manquait pas de respect à l'une des deux figures dirigeantes de l'Empire. Pas sans en subir les conséquences. Bien sûr, il ne leur ferait rien, à eux. Mais ils avaient tous des proches. Les nobles en avaient toujours.

    Reportant finalement son attention sur la soirée, le vampire attrapa deux coupes d'hydromel. Se dirigeant vers Ayshara, il tendit l'une d'elle à cette dernière, souriant de nouveau alors qu'il levait la coupe pour trinquer avec elle.

    - A votre santé. Ca ne vaut sûrement pas celui de Melorn, mais je pense que vous apprécierez la saveur sucrée de ce breuvage.

    Un nouveau sourire, puis le vampire dégusta le liquide alcoolisé. Premier d'une longue série.

    *
    *  *


    Bien avancée, la soirée continuait doucement. S'il n'y eut pas de nouveaux événements particulièrement humiliants, le dragonnet avait fini par s'assoupir doucement et se reposait sur un des coussins de velours de la salle. A présent, plusieurs nobles dansaient doucement et certains d'entre eux, moins prudes, étaient partis se "cacher" derrière de petits paravents, ne laissant aucun doute sur leurs actions entreprenantes. Ricanant doucement face à ces scènes, le chevalier à l'armure noire et l'impératrice avaient continué de boire à mesure que le temps avançait. Pour cause, le vampire avait tenu à faire gouter à la vosdraak différents breuvages, motivé par la connaissance que beaucoup d'entre eux venaient du nord, sa terre natale. Dansant avec elle, l'être aux yeux vairons observait l'impératrice et ses traits fins, prenant soin de ne pas poser ses mains au mauvaise endroit. Puis, quand la danse s'acheva, il invita cette dernière à le suivre de nouveau vers la terrasse. Prenant sa main, le militaire l'entraîna dans une nouvelle danse, jusqu'à finalement s'arrêter lorsqu'ils atteignirent le bord de la dite terrasse.

    - Et bien. Voila qui fut plaisant. Malgré tout le jeu politique, et les vautours qui venaient vous quémander tout et n'importe quoi entre deux verres. J'espère que cet événement vous est appréciable Ayshara. Même si ces imbéciles diront tout et son contraire demain matin.

    Un sourire, sincère, tandis qu'il découvrait doucement son tatouage pour le révéler aux étoiles. C'était assez symbolique et soudain comme geste, pourtant, le bretteur le faisait dans un but précis. Laissant le reflet lunaire faire briller doucement la marque sur son poignet, la Griffe jouait doucement avec cette dernière pour donner l'impression que la gueule du dragon s'illuminait d'un éclat argenté.

    - Quand je faisais mes classes, on appelait cela le hurlement du dragon nocturne. C'était une sorte de rituel entre les soldats, lorsque nous devions attendre dans la fange que la nuit passe ou que quelque chose se produise. Et c'était dans ces moments là, que ceux ayant un tatouage placé au mauvais endroit le regrettaient. Un ricanement. Pour beaucoup cette marque représente une appartenance à la nation. Pour moi, elle me permet de me rappeler pour quoi je me bats tous les jours.

    Il reporta son regard vers l'impératrice, plongeant ses prunelles bicolores dans l'améthyste du regard de la vosdraak. Bercée dans la lumière lunaire, cette dernière adoptait des traits encore plus sublimes qu'à l'accoutumée, comme si la Lune elle même la reconnaissait comme sa propre enfant. De plus, sa longue chevelure d'argent semblait luire doucement, sentiment accentué par sa robe de haute facture. Dans un léger soupire, le bretteur passa sa main cristalline sur celle de l'impératrice, restant silencieux quelques instants avant de se tourner vers la salle tandis qu'il sentait sa soif poindre dans son esprit, désirant le sang particulier de la vosdraak.

    - Nous devrions rentrer. Votre fils mérite de dormir dans un vrai lit plutôt que dans des coussins prévus pour des nobles alcoolisés.

    Ainsi, le duo retourna dans la salle. Attendant silencieusement que l'impératrice ne récupère doucement son petit, le vampire prit le soin de remercier doucement le seigneur de la ville, malgré toute l'antipathie qu'il lui inspirait. Par la suite, Deydreus guida doucement Ayshara jusqu'à sa chambre afin qu'elle laisse Draknys dormir dans l'endroit prévu. Il l'observa, doucement, alors qu'elle laissait son petit sur place. Autour du petit dragon, la chauve souris ne semblait plus quitter le petit héritier. Quand elle revint vers le vampire, ce dernier fit une révérence volontairement exagérée, tandis qu'il tendait sa main vers la mère dragon.

    - Si son altesse le désire, nous pouvons marcher encore un peu.

    Les couloirs étaient bien silencieux, aussi tard dans la nuit. Malgré la fin de soirée, la plupart des nobles étaient rapidement partis, soit pour conclure leurs actes cachés soit pour décuver en dehors de la demeure seigneuriale. Si la garde avait été renforcée, cette dernière n'était pas véritablement une gêne pour le duo atypique qui évoluait doucement sur le sol en pierre du bâtiment. Finalement, Ayshara et Deydreus parvinrent jusqu'à un petit bosquet dont les plantes orientale ne faisaient que mettre en relief les multiples arabesques présents sur les murs décorés. Dans la nuit, la lueur argentée de la lune venait baigner le centre de cette petite cours tandis que les torches illuminaient de leur lumière argentée la pierre.

    - Tout est si calme, à présent. On dirait qu'aucune soirée n'a eu lieu. Et comparativement à la route nous ayant mené jusqu'ici, j'ai presque de la peine d'imaginer que dans les ruelles plus loin dans la ville, l'ambiance n'est pas aussi belle que ce que nous observons ici. Dites moi Ayshara, pensez-vous que l'avenir nous sera paisible, ou bien au contraire particulièrement perturbé?

    Le vampire écouta la mère dragon, avant de finalement la laisser marcher avec lui dans le dit bosquet. Finalement, ils arrivèrent jusqu'à une petite alcôve florale où diverses  fleurs de la passion grimpaient doucement autour de tuteurs de bois, formant un véritable arc protecteur où quelques lys s'illuminaient sous la lueur nocturne. Souriant doucement, le bretteur observait cette sublime installation, qui tranchait drastiquement du spectacle sanglant et austère auquel il était normalement habitué. S'il appréciait plutôt le style militariste des forteresse et les couleurs plus... Sombres de Cœur-Ebène, le bretteur savait apprécier tout de même certaines scènes comme celles-ci. C'étaient elles, après tout, qui motivaient certaines personnes à se battre et donner le meilleur d'elles mêmes.

    - Savez-vous quelle est la rumeur concernant ces plantes? J'ai entendu mille histoires à leur sujet, mais je ne saurais dire laquelle serait la plus véridique.

    Il se tourna ensuite doucement vers l'impératrice. Au cœur de la nuit, avec elle, il savourait silencieusement ce moment calme qui résonnait dans la tempête de son existence. Peut-être était-ce là, au final, la véritable force de l'impératrice.


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    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

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  • Ven 29 Déc - 9:38

    Oh, les p'tits malcommodes !

    Grâce à l'aide de sa complice, l'écailleux héritier du Reike venait de transformer la salle à manger en un véritable terrain de jeu chaotique, plongeant tous ces nobles pompeux au sein d'un état de désarroi total. En plus de ça, le statut royal de Draknys empêchait inévitablement les convives de faire preuve de violence envers ce dernier, étant donné que n'importe quelle blessure ou geste à son encontre pourrait potentiellement leur couter bien plus cher que le remboursement de bibelots cassés.

    À la hâte, Deydreus et Ayshara regagnèrent l'intérieur. Ainsi, ils eurent la "chance" d'observer pendant un court moment le spectacle qui se défilait devant eux. Le constat ? Il fallait admettre que c'était beaucoup trop drôle de voir ces personnages aux pouvoirs immenses se montrer si impuissants face à deux créatures aussi mignonnes. Et pour sûr, l'impératrice ne put s'empêcher de ressentir une pointe de satisfaction coupable. Les cris de surprise, les bonds désordonnés des invités et les expressions ahuries sur ces visages autrefois imperturbables lui arrachèrent un sourire amusé, tandis que les remarques désemparées qui fusaient ça et là ne faisaient qu'ajouter à l'absurdité du tableau.

    - Regardez-les, ces nobles. Eux qui se croyaient au-dessus de tout... Ils sont maintenant dépassés par un dragonnet et une chauve-souris. Souffla la dragonne au vampire, une étincelle sournoise s'éveillant dans ses prunelles indigo. S'agissait-il de l'œuvre du karma ? J'ai l'impression que notre petit prince a décelé une manière bien à lui de rendre justice, et je dois avouer que c'est particulièrement rafraîchissant. Termina-t-elle, un éclat de fierté illuminant ses séduisantes lèvres teintées d'un doux rosé. Ensemble, ils se frayèrent un chemin, esquivant les individus paniqués et les serviteurs débordés. Puis, le bébé dragon atterrit dans les bras de la Griffe, ce qui étonna la Reine. Simple maladresse ou jugement éclairé ? Décidant de le prendre avec humour, elle déclara : Je vois que ma progéniture a choisi son favori pour ce soir. Elle saisit soigneusement Draknys des mains du sombre guerrier. De sa délicatesse maternelle, la vosdraak caressa l'échine de son fils et le berça ensuite comme s'il était l'entité la plus précieuse de l'univers.  Merci, Deydreus, pour votre gentillesse. De son bord, la chauve-souris se percha sur l'épaule du chef des armées. Déjà là, ils formaient un excellent duo ! Du moins, selon Ayshara. C'était un bon début de connexion entre les deux, en tout cas.

    Alors que le calme revenait peu à peu et qu'ils regardaient les gens se disperser vers l'espace de bal, la jeune femme à la chevelure d'argent sentit une vague de soulagement. Le souper avait pris un tournant inattendu, mais grâce à l'intervention du dirigeant de Serres Pourpres et à l'espièglerie des compères ailés, l'atmosphère s'était considérablement allégée. Elle accepta la coupe d'hydromel tendue par le bretteur, ses doigts effleurant brièvement les siens.

    - À notre santé et à celle de l'Empire ! En buvant une gorgée de ce divin alcool, la souveraine se permit un moment de détente. Le liquide doux et sucré caressa son palais, offrant un agréable contraste avec les tensions de la soirée. La nuit était encore jeune. D'autres événements pourraient survenir, mais pour l'heure, elle préféra savourer cet instant de paix en compagnie d'un ami qui avait prouvé sa loyauté à maintes reprises. Durant quelques secondes, son esprit se dirigea vers Tensai, son époux. La belle se demanda ce qu'il aurait pensé de tout cela, de la pièce de théâtre, de la révolte de leur Draknys. Un soupçon de mélancolie colora ses améthystes. Toutefois, elle chassa rapidement ce genre de réflexions. Elle était ici et maintenant, et elle devait se concentrer sur le présent.


    [...]

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    Était-ce digne d'une femme de son rang de consommer autant d'alcool en si peu de temps ?


    Tandis que la nuit déroulait son tapis d'étoiles, les deux figures d'autorité impériale s'adonnaient à divers agréments, telles la danse et la boisson. Orientée par les mains expertes du vampire, l'Impératrice se laissa emporter dans un tourbillon de gestes qui s'apparentaient à un véritable art. Et entre leurs pas, ils testèrent et sirotèrent moult breuvages alcoolisés. Du côté de Draknys et de la chauve-souris, ils se lovèrent paisiblement contre un coussin luxueux, roupillant profondément, insouciants du tumulte ambiant.

    Tout en s'agitant sur la piste, Ayshara échappa des rires cristallins, signe évident de sa joie de vivre qui s'avérait si souvent camouflée derrière le masque de la monarque d'une nation austère et guerrière. L'espace de cet instant, elle oublia les lourdes responsabilités qui pesaient sur ses épaules depuis des années, guidée par le plaisir simple de la danse et de la compagnie agréable. À mesure que la soirée avança, la coupe de l'épouse du Conquérant se vidait et se remplissait à nouveau, l'alcool ajoutant une touche de légèreté à leurs échanges. Le monde autour d'elle semblait serpenter lentement, comme vu à travers une eau claire et ondoyante. Ses pas auparavant mesurés et dignes gagnèrent en fluidité ainsi qu'en imprévisibilité.

    Au bout d'un moment, ils sortirent à l'extérieur. À vrai dire, la demoiselle ne réfléchissait plus trop, submergée par l'abondance du liquide festif ingéré. Très clairement, elle résistait assez mal à l'alcool à cause de sa petite taille et son manque cruel d'expérience en la matière. On enseignait pratiquement jamais aux princesses à faire la fête, après tout. Se tenant à Deydreus afin de garder l'équilibre, elle se laissait aller à cette insouciance rare. Elle ricana mollement, une main frôlant son front, tentant d'ancrer ses pensées qui voguaient au gré de l'atmosphère chaleureuse qui régnait.

    - Oui, hihihi. On dirait que le vin de ce soir est un peu plus fort que je ne l'aurais imaginé ! Et ces vautours... Ils pourraient bien dire que la lune possède la forme d'un carré, et j'en rirais encore ! La douceur de l'air nocturne et l'éclat des astres semblaient exacerber son état d'ivresse. Son regard se posa sur le tatouage du militaire, limite hypnotisé par le mouvement de ses doigts sur sa peau. C'est comme un guide dans la nuit, n'est-ce pas ? Un rappel de vos batailles et de vos idéaux. Je crois que les dragons - même ceux qui ne sont que des tatouages - ont une âme. Ils nous remémorent de quoi nous sommes vraiment faits, de feu et de rêves. Sa main effleura celle du vampire avec une tendresse enfantine, sa tête penchée légèrement de côté dans une expression de curiosité charmée. Puis, quand il fut question de récupérer l'héritier, la mère-dragon acquiesça. Oh, vous avez tellement raison. Mon petit a besoin de son nid douillet ! Elle se laissa conduire par son escorte, sa démarche hésitant entre l'assurance et la désinvolture.


    [...]


    Lorsque les bébés furent mis en sécurité et couchés, la sœur de Vaenys suivit la Griffe jusqu'aux jardins du palais seigneurial, n'ayant vraisemblablement pas trop envie de dormir, malgré son état quelque peu altéré. À moitié consciente de son environnement, elle se contenta tout simplement de profiter de ce qui se présentait à elle. Et quand le grand brun l'interrogea à propos de sa vision du futur, elle manqua d'exploser de rire. Ouais... Son jugement n'était plus du tout le même. Cependant, la jeune femme réussit, de peine et de misère, à formuler une réponse acceptable.

    - L'avenir, vous savez, ressemble à un jardin secret. Il peut être paisible ou perturbé... C'est surtout ce que nous en faisons qui importe. Peut-être qu'il y aura des tempêtes, peut-être des jours de soleil... Mais je crois qu'ensemble, nous saurons y faire pousser de jolies fleurs, à l'image celles-ci. Formula-t-elle en s'émerveillant des lys illuminés qui s'exposaient sous ses yeux. Un sourire narquois ourla ses lèvres. Les rumeurs sur ces plantes ? Oh, j'en ai entendu tellement... Certaines disent qu'elles gardent les secrets des amants, d'autres qu'elles chuchotent des prophéties aux oreilles des poètes en panne d'inspiration. Personnellement, j'aime mieux croire qu'elles sont juste là pour nous rappeler que même dans le silence de la nuit, la vie continue de s'épanouir, pleine de mystères et de beauté. Elle se rapprocha d'une fleur, la touchant délicatement du bout des doigts, mesurant chacun de ses gestes afin de ne pas l'abimer, et ce malgré son ivresse. Et vous, Deydreus, quelle est votre histoire favorite concernant ces merveilleuses fleurs ?

    Après sa question, Ayshara plongea intensément son regard dans celui de l'épéiste. Sa respiration se ralentit, devenant plus lourde et irrégulière. Sa tête commença à tournoyer, un voile d'étourdissement enveloppant soudainement ses sens qu'elle s'efforça vainement à maintenir. La fatigue du long voyage, la boisson et le stress de ce banquet... Il s'agissait d'un mélange que son frêle petit corps n'appréciait guère, visiblement. Ou était-ce autre chose de plus grave ?

    - Deydreus... Je... Je ne me sens pas très bien... Murmura-t-elle, sa voix s'amenuisant en un souffle. Ses jambes fléchirent simultanément à la perte de son équilibre. La légèreté de l'euphorie avait laissé place à un poids écrasant, tirant chaque fibre de son être vers le sol. Ses paupières, lourdes comme du plomb, se fermèrent lentement, obscurcissant drastiquement son champ de vision. Lors d'un dernier effort, elle essaya de dire quelque chose, mais les mots s'évanouirent avant même d'atteindre ses lèvres...



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    Deydreus Fictilem
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  • Sam 30 Déc - 17:26
    Ecoutant Ayshara, Deydreus la fixait de ses yeux vairons. Laissant sa voix douce lui parvenir, le vampire buvait les paroles de la vosdraak comme s'il s'agissait d'un énième verre de liquide exquis. Dans ses mots, le bretteur y sentait une poésie certaine, même si l'impératrice semblait avoir un peu de mal à communiquer. La faute à l'alcool qu'elle ne semblait pas tenir aussi bien que lui, visiblement. Quand elle acheva ses mots, le chevalier prit de nouveau la parole pour lui répondre.

    - L'avenir est incertain, mais je pense qu'effectivement ensemble nous pourrons affronter les dangers qui se présenteront. Nous avons une nation résiliente. Et je ne me fais pas de souci sur le fait que cette dernière saura surmonter les épreuves qui l'attendent. Pour le reste... Le vampire se mit à sourire doucement, observant les merveilleuses fleurs se trouvant au dessus d'eux. J'aime bien votre version. De manière honnête, j'ai souvent entendu les légendes concernant le secret des amants mais, pour moi, cela n'a toujours été qu'une excuse pour ajouter un peu plus de romantisme aux rencontres nocturnes et interdites.

    Il étira un doux sourire tandis que leurs regards se croisaient. L'espace d'un instant, il n'y eut dans l'air que la brise nocturne et la mélodie de leurs respirations respectives. Puis l'état de santé de la vosdraak se dégrada subitement. Probablement emportée par les vices de l'alcool et la fatigue, la belle aux cheveux lunaires commença à sombrer devant le vampire qui s'élança rapidement sur elle pour la récupérer. L'enlaçant afin qu'elle ne touche pas le sol, le bretteur posa instinctivement sa main sur le front de l'impératrice pour s'assurer qu'aucune fièvre malvenue ou autres états étranges ne s'étaient invités dans le corps de la mère dragon. Puis, dans un nouveau sourire, l'être aux yeux vairons souleva doucement Ayshara pour la prendre dans ses bras et la porter doucement.

    - Je crois que l'hydromel était un peu trop bon, votre majesté.

    Un trait d'humour, qu'il ne pensait pas qu'elle pouvait spécifiquement entendre mais qui l'amusait tout de même. Se déplaçant ainsi en transportant cette royale alcoolisée, le vampire navigua dans les couloirs en prenant soin d'éviter les quelques gardes nocturnes pour éviter toute propagation de rumeurs stupides. Puis, enfin, il arriva jusqu'à la chambre de l'impératrice. A l'intérieur, le prince héritier continuait de dormir doucement, n'entendant même pas le chevalier qui venait d'entrer. Deydreus installa ensuite Ayshara dans son lit, déposant sur son corps la couverture de ce dernier pour ne pas qu'elle ait froid. Puis, de nouveau, le vampire toucha le front de la belle pour veiller sur son état de santé. Ce n'était pas la première fois que le bretteur voyait quelqu'un tomber à cause de l'alcool. Parmi ses hommes, bon nombres d'entre eux avaient déjà fini en total coma éthylique suite à des beuveries post-batailles. Seulement, la pression du voyage passé et du diner avait surement pesé sur les épaules de l'impératrice et, mélangé aux liquides alcoolisés, avait fini par demander son dû à la femme aux yeux améthystes. La nuit allait être longue, mais Deydreus n'était pas pressé. Aussi, il se décida à veiller sur l'impératrice et son enfant dragon. Et peu importait ce qu'on pourrait en dire.

    Au lendemain matin, le vampire était toujours là, assis près de la vosdraak à l'observer. Si la nuit semblait avoir été tumultueuse, elle avait sûrement apporté l'énergie nécessaire à l'impératrice pour se remettre à la fois des maux provoqués par l'alcool tout comme de la fatigue. Se levant doucement, le vampire alla ensuite soulever délicatement le corps de Draknys pour le déposer au creux des bras de sa mère. Le geste avait été instinctif, d'une étrange délicatesse compte tenu du caractère froid du chef des armées. Il quitta ensuite la zone pour se diriger vers les épais rideaux qui bloquaient les premiers rayons du soleil. Ouvrant ces derniers, le vampire grimaça un peu en sentant ces derniers s'échouant sur sa peau pale. S'il avait appris à survivre au soleil et ses effets, la lumière diurne n'était toujours pas agréable pour lui. Se retournant ensuite pour retourner auprès de l'impératrice, le vampire vint se poser dans le fauteuil situé près du lit, posant ses yeux vairons sur les traits s'éveillant de la jeune femme.

    - Bonjour, majesté. J'espère que la nuit a été bonne. Un sourire, puis une reprise. Vous m'avez fait peur hier. Visiblement j'aurais dut un peu plus surveiller vos coupes. Quel mauvais protecteur je fais.

    Il ricana doucement avant de se relever, se dirigeant vers une table où attendait quelques mets et un peu d'eau qu'il servit doucement, avant de rapporter le plateau à l'impératrice.

    - Buvez, cela vous fera un bien fou. La gueule de bois disparaîtra plus vite si vous vous réhydratez. Il ancra ensuite ses yeux hétérochromes dans ceux de la jeune femme. Prenez votre temps, le convoi repartira lorsque vous serez prête. Nous ne sommes pas à une heure ou deux de délai. Et puis, de vous à moi, il est assez amusant d'imaginer le seigneur souhaiter notre départ mais nous subir un peu plus longtemps.

    Un nouveau ricanement tandis que le vampire vint à son tour saisir un peu d'eau pour en boire. Si le liquide ne lui était pas nécessaire, le bretteur appréciait tout de même ce dernier pour ce qu'il était. Et c'était là aussi un moyen pour lui de rester ancrer au reste des mortels, pour ne pas trop se détacher de leurs habitudes. Quand il eut achevé ce petit plaisir, le chevalier à l'armure noire se rendit compte qu'il portait encore ses vêtements du diner de la veille.

    - Je devrais peut être aller changer mes vêtements et me laver. Et éviter de croiser trop de monde en retournant jusqu'à cette dernière. Déjà que les nobles ne m'ont pas nécessairement à la bonne, je n'imagine même pas à quel point ils se feraient un plaisir de dire tout et son contraire s'ils me croisent ainsi habillé. D'ici à ce que des rumeurs se répandent sur le fait que j'ai passé la nuit à dormir accroché à une poutre du palais, il n'y a qu'un pas.

    Il se releva alors, marchant doucement dans la chambre jusqu'à s'arrêter devant l'un des miroirs. C'est là que la petite chauve souris décida de venir se placer sur son épaule, voletant doucement avant de s'y accrocher. Passant sa dextre sur le torse de cette dernière, le bretteur étira un sourire amusé avant de finalement la détacher pour lui permettre de retourner sur un perchoir, pour qu'elle puisse ensuite rester près du prince héritier. Sûrement, cette petite créature permettrait au dragonnet de ne pas trop s'ennuyer pour la suite.

    - Au fait, pour la suite du voyage, faut-il prendre de nouvelles mesures pour la protection du prince?


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    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


    Impératrice-dragon du Reike
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    Ayshara Ryssen
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  • Sam 6 Jan - 11:37

    Profondément, elle dormait. Une nuit sans rêve ni entité étrange venant la visiter. Du repos, seulement que du gros repos bien mérité. L'aube filtrait à travers les voilages de la chambre, éparpillant des faisceaux de lumière dorée sur le lit où reposait sereinement Ayshara. Et blotti contre elle, Draknys respirait de façon paisible, un petit dragon en parfaite inertie suite aux turbulences inhabituelles de la veille. Puis, les paupières de la dormeuse s'ouvrirent lentement. Un gémissement plaintif ne tarda pas à surgir de sa bouche lorsque les rayons vifs de l'astre solaire heurtèrent de plein fouet ses rétines encore ensommeillées. En cette matinée, la découverte de ce monde inondé de clarté lui causait plus d'étourdissements qu'autre chose. Rapidement, une gueule de bois tenace l'envahit, sentant son crâne martelé par des foutus tambours invisibles. C'était une douleur sourde qu'elle ne pouvait malheureusement pas ignorer. Péniblement, elle tourna la tête, cherchant à échapper à l'éblouissement, et remarqua Deydreus assis tout près de sa couche sur un fauteuil de velours, lui servant un verre d'eau bienvenu. Avec reconnaissance, elle accepta le réconfort liquide, la fraîcheur de ce dernier atténuant légèrement le feu qui brûlait dans sa gorge. Les mots de la Griffe impériale firent naître un faible sourire chez son interlocutrice.

    - Un jus de pomme d'Ikusa... Voilà ce qui m'aurait vraiment remis d'aplomb. Je me demande si le Seigneur en entrepose dans sa cave. Plaisanta-t-elle en tentant de déguiser son malaise derrière un masque d'humour. Sa main tremblante déposa le verre. Doucement, la vosdraak se massa les tempes, tout en essayant de focaliser sa magie de guérison sur ce point précis. Toutefois, il ne s'agissait pas d'une tâche aisée et la concentration pour être pleinement efficace en sortilège de soins lui manquait cruellement à l'heure actuelle. Soupirant, elle cessa sa tentative. À quoi bon se forcer si ça empirait son état ? Elle réessayerait peut-être plus tard. Ses prunelles se posèrent sur l'être aux orbes vaironnes, une pointe de perplexité tourmentant ses yeux violets. Comment suis-je arrivée ici ? Je me souviens de ce spectacle odieux, des danses... Et ensuite, tout devient flou. Il semble que j'ai encore beaucoup à apprendre sur les limites de ma propre résistance. Elle passa une main sur son front, comme pour chasser les voiles de confusion qui l'entouraient.

    Ses améthystes embuées, elle écouta les paroles du chef des armées, sans néanmoins les comprendre totalement. Honnêtement, elle passerait bien toute la journée à roupiller ici.

    - Changer de vêtements... Oui, ce serait judicieux.  Répondit-elle d'une lenteur inhabituelle. L'impératrice renifla une mèche de cheveux ainsi que sa robe blanche de la veille. Elle grimaça. Pouah, ça empestait l'alcool ! Quant aux rumeurs, laissez donc les nobles parler. Peut-être que dormir accroché à une poutre vous donnerait un air encore plus sombre et mystique, non ?  Son attention suivit de près la chauve-souris qui atterrit sur l'épaule du vampire, un sourire amusé se dessinant sur ses lèvres malgré son mal de tête. Oh, regardez, elle vous a choisi ! Je suis certaine que vous feriez un bon duo !  La jeune femme s'assit au bord du matelas. Au même moment, le dragonnet se réveilla doucement et commença à s'étirer de toute sa longueur. Bientôt, il réclamerait de la nourriture. Ouf, ma tête... C'est comme si un régiment entier avait décidé de faire des exercices militaires là-dedans... Un bain, oui... Un bain serait parfait. Elle se rassit un instant, fermant les yeux.

    Maladroitement, la belle se leva finalement du lit, le genre d'action nécessitant un effort particulièrement draconien. Elle s'approcha de la fenêtre, fixant l'horizon, un air pensif imprégnant son visage fatigué.

    - Concernant Draknys... En effet, il me parait évident que nous devons renforcer la sécurité autour de lui. Je vais y réfléchir plus en détail et vous convoquerai plus tard afin de discuter de nos options. Pour l'instant, je dois me préparer pour la journée. Un peu d'eau fraîche et quelques instants de tranquillité devraient me suffire.  Se tournant en direction de Deydreus, elle esquissa un sourire. Pourriez-vous, en attendant, envoyer un message à l'Empereur ? Informez-le de ce qui s'est passé hier soir. Je préfère qu'il apprenne les événements de notre part plutôt que par les rumeurs qui, sans aucun doute, vont se répandre comme une traînée de poudre.  Et avec la fugue récente de l'héritier, elle voulait absolument éviter d'en rajouter une couche et d'inquiéter son bien-aimé inutilement. Déjà que ça ne devait pas être facile à vivre au palais, en ce moment. Deydreus, merci d'avoir veillé sur moi cette nuit, pour votre présence rassurante. Je vous en suis très reconnaissante.


    [...]


    D'un pas lent mais décidé, la mère-dragon se dirigeait vers la salle de bain lorsque le Seigneur de Taisen, l'air contrit et visiblement mal à l'aise, s'approcha d'elle en la surprenant presque.

    - Majesté, permettez-moi de vous exprimer mes plus sincères regrets concernant la pièce d'hier soir. Je réalise à présent que ce fut une erreur de jugement. Je n'avais pas anticipé que...
    L'impératrice l'interrompit d'un geste de la main, ses améthystes brillant d'une rare colère froide.
    - Épargnez-moi vos excuses, Seigneur. Votre soi-disant "erreur de jugement"' était une insulte délibérée, non seulement à mon égard mais aussi envers la mémoire de mes parents et la dignité de l'Empire.
    - Je... Je n'avais pas l'intention de..
    - De quoi exactement ? De me blesser ? De vous moquer de ma défunte famille ? Votre pièce n'était pas qu'une farce de mauvais goût; il s'agissait d'un affront. Vous avez déshonoré votre propre demeure en accueillant la souveraine du Reike avec un pareil spectacle.
    - Je vous assure, Impératrice, que ce n'était point mon intention. Je souhaitais simplement... Célébrer le pouvoir de l'Empereur.
    - Célébrer le pouvoir ? En représentant l'assassinat des anciens monarques ? C'est une manière de célébrer qui laisse cruellement à désirer, Seigneur.
    - Je... je comprends, Majesté. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir afin de me racheter. Vous avez ma parole.
    - Votre parole  ne vaut que par les actions qui la suivent. J'attends de voir ces actions. Sachez que je ne tolérerai plus aucun manquement envers ma famille ou l'Empire. Nous sommes clairs ? Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai d'autres préoccupations plus urgentes.

    Et la reine le laissa poireauter là, tremblant et honteux, tandis qu'elle poursuivait son chemin, la tête haute.


    [...]


    Profitant de la chaleur apaisante des thermes privés du palais de Taisen, la jeune femme s'adonna enfin à un moment de pure détente. La lumière tamisée des bougies diffusait une aura de sérénité, alors que des pétales de fleurs exotiques flottaient à la surface, dégageant un parfum subtil de lavande. Elle croqua un fruit juteux et savoura la douceur de sa chair aromatisée. Quand soudain, Ayshara sentit deux mains fortes s'abattre sur ses frêles épaules. Elle leva ses prunelles vers l'homme qui se tenait derrière. Un drakyn de deux mètres environ, dont le toucher expérimenté pétrissait ses muscles endoloris de façon plus qu'experte. La demoiselle se laissa aller à la sensation apaisante de ses doigts agiles qui glissaient sur sa peau délicate, dissolvant chaque parcelle de tension.

    Tout à coup, un gazouillis joyeux la tira de sa torpeur. Elle sursauta quasiment lorsqu'elle vit Draknys accompagné de sa fidèle amie sautiller gaiement au bord du bain. Effectuant un plongeon maladroit, l'écailleux prince atterrit dans l'eau, giclant partout autour. La chauve-souris, plus prudente, se contenta de voler en cercles au-dessus en esquivant habilement les éclaboussures.

    - Rho, Draknys ! Tu es vraiment impayable !

    Un éclair de génie traversa soudainement son esprit. Visiblement, le simple fait de voir son fils ici lui travaillait les idées. Ainsi, l'impératrice demanda à un serviteur d'aller chercher Deydreus, comme ça elle pourrait lui parler de son petit plan dès maintenant. Et lorsque le chef des armées reikoises pointa le bout de son nez au sein de la salle, un sourire ourla les lèvres de la dragonne tandis que son corps demeurait masqué par l'eau et la vapeur ambiante.

    - Ah, Deydreus, vous voilà ! J'ai réfléchi à un moyen de renforcer la sécurité de Draknys. Et je pense que cette chère chauve-souris pourrait jouer un rôle clé dans ce plan. La belle s'arrêta durant quelques secondes, analysant la réaction du dirigeant des Serres Pourpres. Avec un peu de formation et de dressage, nous pourrions utiliser notre amie ailée comme éclaireuse. Elle est petite, discrète et semble apte de se faufiler partout. Je crois qu'elle est capable de veiller sur mon fils et de l'accompagner en douce, sans éveiller le moindre soupçon. Qu'en pensez-vous ?



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    Deydreus Fictilem
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  • Mar 9 Jan - 20:05


    Fixant la Vosdraak doucement, Deydreus laissa un léger sourire glisser sur ses lèvres tandis qu'il observait une dernière fois la belle aux cheveux d'argent. Cela faisait la seconde fois depuis le début de leur voyage qu'il passait la nuit à veiller sur l'impératrice. Pourtant, les circonstances étaient bien différentes cette fois, et cela ne manqua pas d'amuser le vampire qui se contenta de simplement répondre à la mère dragon.

    - Tout le plaisir fut pour moi. Mais promettez-moi que la prochaine fois, nous surveillerons un peu plus le débit de boisson. A plus tard majesté.

    Il laissa ensuite l'impératrice dans ses quartiers, refermant la porte doucement avant d'ensuite commencer à arpenter les couloirs du palais. Si l'activité au sein des murs de la maison seigneuriale ne battait pas encore son plein, les domestiques commençaient à s'activer, sans doute dans le but de préparer divers repas et autres mets pour l'épouse du Conquérant. N'y prêtant pas attention, le bretteur aux lames jumelles entra finalement dans ses propres quartiers, jetant presque instantanément ses affaires nobles sur le lit qu'il n'avait, bien évidemment, pas défait. Enfilant par la suite des vêtements d'entrainement, comprenant un pantalon en lin simple ainsi qu'un gambison de bonne facture noir, le vétéran ressortit de ses quartiers avec ses deux épées afin de se rendre rapidement dans les bureaux du mage télépathe affilié à la résidence du seigneur de Taisen. Passant la porte, le vampire laissa ses yeux vairons courir sur l'intérieur de la pièce, étonné par le chaos apparent dans cette dernière. Ici et là, des rouleaux et des parchemins siégeaient par terre tandis que sur le bureau à proprement parler se trouvaient une grande carte du sekai ainsi que différents cristaux situés au niveau des grandes villes de l'Empire. Toussotant pour indiquer sa présence, l'être aux yeux vairons haussa un sourcil circonspect lorsqu'il vit débouler d'un des coins de la pièce une elfe aux cheveux complètement ébouriffés. Sa chevelure châtain, complètement décoiffée et tombant maladroitement sur ses épaules, masquait en partie un visage aux pommettes creusées et dont deux billes grises venaient servir de yeux. D'abord grognon, l'oreille pointue lâcha un hoquet de surprise en remarquant la Griffe et se précipita presque pour se placer au niveau de son bureau tout en tentant de maintenir sa longue robe bleue qui semblait particulièrement rebelle. Amusé, le bretteur croisa les bras tandis qu'il venait fixer du regard la télépathe qui fuyait son regard.

    - Mal dormi?
    - Je... Oui... Pas beaucoup.. Enfin! Non! Pas du tout! Enfin!! Elle laissa un long soupir s'échapper de sa gorge tandis qu'elle rougissait. Que puis-je pour vous messire?
    - Je souhaiterai envoyer un message au palais impérial. Cela est urgent et il faut que l'information soit transmise le plus rapidement possible.
    - T-très bien. Je vais contacter le palais.  

    Attendant donc que l'elfe ne le mette en "relation" avec l'équivalence impériale, le dirigeant des serres pourpres raconta par la suite l'entièreté de la nuit passée. S'il n'omit aucun détail, le reikois insista particulièrement sur la mise en scène du seigneur et le nom de chaque maison noble s'étant démarquée avant le recadrage. S'il ne savait pas si Ayshara avait prévu de pardonner ou non ces imbéciles, le guerrier lui n'en était pas encore là. Une fois la tâche achevé, le bretteur remercia l'elfe et lui promit de ne rien dire sur l'état dans lequel il l'avait trouvée. Après tout, elle n'était pas la seule a avoir subit la nuit dernière.

    Se rendant ensuite au niveau de la cour du palais, le dirigeant des serres pourpres ferma quelques instants les yeux lorsque les rayons du soleil vinrent s'écraser contre sa peau pale. Grimaçant légèrement, le vampire baissa la tête pour reporter son attention sur différents mannequins d'entrainement qui avaient été placés là sans doute par des gardes utilisant leur temps de pause pour s'entrainer. Dégainant Silence et Hurlement, le chef des armées laissa une long inspiration remplir ses poumons puis, d'un geste, s'élança contre les deux statues de paille. Via différentes estocades et frappes latérales, l'être aux yeux bicolores déchaina toute sa violence. Puis, reculant vivement, le manieur de lames jumelles vint invoquer différentes armes sanguines qui se jetèrent sur lui. S'entama alors une longue danse rythmée où chaque pas se conjuguait avec un mouvement des bras servant à venir parer les lames vermillons puis à frapper les mannequins. Et chaque minutes se voyaient témoins d'une accélération du rythme et des attaques, forçant le bretteur à adapter son allure et ses réactions. Bientôt, la vitesse fut elle qu'il aurait été difficile pour un spectateur non habitué de suivre les mouvements.

    Dans l'esprit du combattant, les scènes d'anciennes batailles menées défilaient devant ses yeux hétérochromes. De la guerre civile à la guerre des titans, en passant par le duel avec Tensai et d'autres épreuves réalisées au cœur du désert, le vampire sentit en lui une mélancolie qui se transforma peu à peu en une rage profonde. Non pas car il se sentait faible. Ou parce qu'il regrettait quelques actes passées. Mais à cause de sa propre impuissance vis à vis d'actes manquées. Ou bien de situations où il n'avait fait qu'observer sans réagir. Ce n'était pas des regrets à proprement parler, juste une prise de conscience. Puis bientôt, cette rage disparut aussi rapidement qu'elle était arrivée. Le vide se fit dans l'esprit du chef des armées. On disait bien souvent que la véritable paix provenait d'un parfait équilibre entre le mental et le physique qui travaillent ensemble. Les champs de bataille, alors, devaient sans doute être les endroits les plus paisibles où l'on pouvait être. Peut-être était-ce pour ça que le vampire revoyait sans cesse toutes ces guerres auxquelles il avait participé. Ou bien était-ce à cause de ses visions, et cette impression d'être le héraut de quelque chose de plus grand? Il n'aurait sut le dire. Une énième passe d'arme sorti finalement le chevalier à l'armure noire de ses pensées alors qu'il venait de trancher en deux les deux mannequins d'entrainement. Haletant, le bretteur fit disparaitre les invocations sanguines avant de se redresser doucement. Détournant le regard, le vampire remarqua alors les nombreuses servantes, domestiques et gardes qui l'avaient observé en silence. Sur leur visage, une étrange admiration était visible. Puis, ils se remirent presque instantanément en marche et à leurs tâches lorsqu'ils remarquèrent que l'attention du chef des armées était dirigé vers eux. Rengainant ses lames, Deydreus étira un léger sourire avant de finalement quitter la cour lorsqu'un servants vint le quérir pour qu'il se rende auprès d'Ayshara.

    S'il savait dans quelle salle il avait été mandé, le bretteur arqua un sourcil en remarquant que l'impératrice se trouvait toujours dans l'eau à son arrivée. Pour peu, il se serait attendu à ce qu'elle soit dans un linge ou en tenue. Mais ce n'était visiblement pas le cas et même si l'eau et la vapeur masquait le corps plantureux de l'impératrice, le bretteur n'avait pas vraiment de mal à deviner les formes de cette dernière. Entre la nuit passée et le fait de rendre visite à la mère dragon dans les thermes privées, les rumeurs au sein des domestiques allaient fuser à vive allure. Peu importait. Venant s'asseoir contre l'un des bancs d'appoint après avoir retiré ses armes, Deydreus se positionna pour être de semi-profil vis à vis de la vosdraak. De ce fait, il pouvait alors échanger avec elle et tourner la tête, sans pour autant devoir rester debout ou créer le malaise d'une personne en fixant une autre. Ici et là, les gazouillis et bruits humides du prince héritier jouant dans l'eau pouvaient se faire entendre. Puis Ayshara prit la parole, faisant hausser un nouveau sourcil au dirigeant des serres pourpres.

    - La...chauve-souris? Très bien, éclairez-moi.

    Il écouta ensuite la suite du propos de l'impératrice, dessinant un sourire en coin sur ses lèvres. S'il était vrai que le petit chiroptère semblait ne plus vouloir quitter le prince héritier, sa petite taille et sa discrétion permettrait en cas de pépin d'avertir les autorités bien plus facilement que d'autres moyens. Et dans le cas d'une fugue tournant mal, comme ce fut le cas dans le désert quelques temps plus tôt, la chauve-souris pourrait au moins s'enfuir sans éveiller les soupçons de gnolls ou autres créatures du genre. Naturellement, il ne valait mieux pas compter que sur cela, mais ce n'était pas un mal non plus pour le petit dragon d'avoir une présence lui étant amicale et qui serait autre qu'un énième garde royal ou servant venir le distraire. Outre sa nature particulière, il était important que le petit se sociabiliser un minimum. Même si cela voulait dire jouer doucement avec une chauve souris ayant été un familier. Etirant un nouveau sourire, le bretteur tourna légèrement la tête en direction de l'impératrice.

    - Un être de la nuit veillant sur un dragon et le protégeant? C'est amusant, ça me rappelle presque quelque chose. Blague à part, il s'agit là effectivement d'un moyen assez simple pour effectuer quelques repérages et accompagner votre enfant. Elle se fera de toutes façons bien plus discrète que les gardes royaux.

    La chaleur vint alors frapper doucement les joues du chevalier sombre. La vapeur des thermes semblaient l'affecter suffisamment pour qu'il se sente mal à l'aise dans l'épais gambison qu'il portait. Se débarrassant de ce dernier, le vampire soupira longuement avant de tourner une nouvelle fois vers la position d'Ayshara tandis que les odeurs de l'eau parvenaient jusqu'à ses narines.  

    - Je prendrai la relève dans l'eau après vous, je crois que j'ai également besoin d'un bon bain. Il ricana doucement. Pour ce qui est de la suite de notre expédition, tout est normalement prêt pour un prochain départ. Nous pourrons suivre la route jusque Kyouji, et bifurquer là bas vers le temple, ou changer de route avant. C'est comme vous le souhaitez, surtout si vous voulez éviter une nouvelle soirée pompeuse. Enfin, nous verrons bien le moment venu. Profitons encore un peu du moment.

    Un nouveau rire, puis le bretteur se remit à fixer les vapeurs dansant devant ses yeux bicolores.  


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    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


    Impératrice-dragon du Reike
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    Ayshara Ryssen
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  • Ven 19 Jan - 21:40

    - Deydreus, merci d'être venu.

    L'impératrice au charme éthéré était là, immergée sous les eaux cristallines des thermes du palais. Les rayons du soleil matinal se faufilant à travers les fenêtres hautes embrassaient sa douce peau d'albâtre, la faisant scintiller telle la surface d'un lac sous la lune. Ses cheveux argentés, quant à eux, s'éparpillaient autour d'elle comme un voile de soie, flottant gracieusement sur l’étendue et ajoutant à son allure divine une certaine touche de mystère. La belle ne lâcha pas la Griffe du regard. Ses améthystes brillaient d'une profondeur presque envoutante, voire ardente. Parce que oui, malgré son état de calme manifeste, le feu du dragon brûlait à l'intérieur de sa chair. Et les péripéties des derniers jours lui avaient ouvert les yeux sur quelques détails... intéressants.
    Ici, point de vulgarité. Elle possédait cette aura innée, ce charme irrésistible qui transcendait la splendeur physique. Une incarnation parfaite entre la force et la douceur, l'autorité et la tendresse, une femme qui régnait autant par sa sagesse que par son apparence. Sa présence imposait une élégance royale, une majesté qui n'avait d'égale que sa beauté. Une beauté dangereuse, mais surtout inaccessible pour le commun des mortels. Une beauté interdite où la palper ne serait-ce que du bout des doigts signifiait la déchéance de quiconque en ce Sekai... Enfin, en temps normal. Car Deydreus se positionnait là, devant son auguste personne, et toujours en un seul morceau. Qu'est-ce qu'il avait de plus que les autres, celui-là ? Depuis ce matin, cette question taraudait l'esprit de la vosdraak qui repensait à leurs échanges ainsi qu'à leur... proximité physique ? Pour sûr, lors des dernières années, aucun autre mâle ne s'était tenu aussi proche d'elle, probablement par peur de représailles violentes de l'Empereur. Et bien évidemment, elle s'interrogeait concernant tout cela. Était-ce coutumier ou vivait-elle au sein d'une bulle de surprotection ? Ça commençait à la hanter, remettant en question les normes et les distances qu'elle avait toujours maintenues avec les autres, principalement les hommes. Le genre d'introspection qui la conduisait vers un chemin de découverte personnelle, où elle se questionnait sur ses propres barrières, sur ses libertés et les limitations qu'elle s'imposait ou que cette société reikoise lui imposait.

    Néanmoins, son moment de réflexion intense fut interrompu par les paroles du dirigeant de Serres Pourpres. Le bretteur aux orbes vaironne lui exposait son opinion à propos de l'idée incluant les deux copains volants. En revanche, son discours, bien qu'extrêmement pertinent, semblait s'évaporer dans l'air... Parce que bientôt un spectacle encore plus captivant attira l'attention de l'impératrice : le vampire commença à se dévêtir en retirant son gambison. L'homme qui, quelques secondes auparavant, discutait de stratégies et de protections se muait maintenant en une incarnation beaucoup plus virile. Les améthystes de la mère-dragon ne purent s'empêcher de suivre méticuleusement les contours du corps du guerrier, intriguées. En l'observant, malgré la vapeur ambiante, elle remarqua que le chef des armées avait le même style de cicatrices que son époux, sans doute le résultat de nombreuses batailles acharnées. Un léger soupir sortit de sa bouche suite à cette pensée. Décidément, les hommes ne cessaient de courir après la guerre; ils souffriraient moins s'ils mettaient un peu plus leur égo de côté.

    Elle se redressa légèrement, l'eau frémissant autour de sa plantureuse silhouette.

    - Un être de la nuit veillant sur un dragon... Je trouve que c'est une très jolie métaphore illustrant parfaitement notre alliance actuelle, Général. Un sourire espiègle se colla à son visage. Vu la proximité qui semble unir Draknys et cette curieuse chauve-souris, j'imagine que ce petit plan ne sera pas très difficile à mettre en place. Quant à votre bain, je ne doute pas de votre appréciation pour la solitude aquatique, mais gardez à l'esprit que l'eau peut révéler bien plus que ce que l'on souhaite cacher... Un rire mélodieux s'évada de ses lèvres, tandis qu'elle se laissait délicatement enlacer par les vaguelettes, choyée dans l'étreinte apaisante de tous ces mini courants. Profitons de ce moment, en effet. D'un geste lent, sa main remonta une mèche de cheveux rebelle restée collée à son front. Un bain chaud, une conversation sincère, un ciel paisible... Que demander de plus ?

    Cependant, avant de partir, la jeune femme désirait aborder un tout autre sujet avec la Griffe impériale... Un sujet adulte qui nécessitait une discussion en tête à tête, loin des enfants et des oreilles indiscrètes.

    - Draknys, mon trésor, pourquoi ne vas-tu pas explorer les magnifiques jardins de ce palais en compagnie de ta nouvelle amie ? Nous ne reviendrons pas ici avant des mois. Tu devrais en profiter ! Ensuite, elle congédia les domestiques des lieux. Merci pour vos bons services, mais je souhaiterais maintenant m'entretenir en privé avec la Griffe. Sa voix claire et posée ne laissait place à aucune réplique ni protestation. Les serviteurs, habitués à obéir sans questionner, s'éclipsèrent en silence, suivis de près par les amis turbulents qui accueillirent de façon enthousiaste la possibilité de visiter davantage les merveilles de cet endroit riche en curiosités diverses. Bien sûr, ils ne seraient pas laissés seuls; des gardes les surveilleraient afin qu'il ne leur arrive pas malheur. Au sein de cette ville peuplée de malades mentaux d'esclavagistes, il valait mieux assurer ses arrières. Ayshara savait pertinemment que ces gens, tous sans exception, appréciaient l'esclavage par pure déviance sexuelle et souhait de domination malsaine, et non par pragmatisme. À de nombreuses reprises, il avait été prouvé que ces pratiques n'étaient en rien rentables financièrement. Bref, les esclavagistes n'étaient que des gros tas d'merde. Surtout ceux œuvrant contre les lois.

    L'atmosphère dans la salle humide changea lorsque Ayshara et Deydreus se retrouvèrent seuls. La souveraine adopta une attitude davantage détendue. Sa présence se teinta d'une nuance plus personnelle, quasiment intime.

    - Ne trouvez-vous pas que cela est inconvenant de visiter l'Impératrice du Reike alors qu'elle baigne toute nue dans son bain ? Dit-elle de manière narquoise et sarcastique. Lors des innombrables occasions où je me retrouve loin de mon époux, parfois, la chaleur d'un bras masculin me manque. Elle fit une pause, son regard se perdant brièvement au milieu des reflets aqueux. Mais vous comprenez, je dois demeurer fidèle à mes vœux de mariage, pour le bien de notre peuple et par dévotion envers celui que j'aime. Elle joua distraitement avec une mèche de ses cheveux argentés, laissant ses orbes indigos se poser de nouveau sur le sombre guerrier. Je n'ai jamais connu la proximité d'un autre homme que mon mari, qui m'a été imposé dès mes dix-huit ans... Il m'arrive d'imaginer ce que ce serait de vivre l'interdit, de connaître la sensation d'être près de quelqu'un de différent, de ressentir l'excitation de l'inconnu. Son ton baissa, comme si elle confiait un secret. Néanmoins, mon devoir prime sur ces pensées fugaces.

    Malgré son statut et ses responsabilités, la belle semblait chercher une compréhension plus profonde de ces moments où les barrières se brisent, où le contrôle s'échappe et où l'on touche à ce qui est normalement hors de portée. Dans son regard, on pouvait y lire un mélange d'appréhension et de fascination, comme si elle tentait de naviguer au sein d'un territoire inexploré.

    - Je me souviens de... hum... cet incident sur le chemin de Taisen. Vous m'avez mordue, puis embrassée dans un élan que je n'aurais jamais cru possible de votre part. Qu'est-ce que cela fait, de goûter à l'interdit ? De transgresser les règles ? N'avez-vous pas craint pour votre vie ? Et mon sang... le sang d'une vosdraak... Quel effet pourrait-il encore avoir sur vous ? Doucement, la dragonne nagea jusqu'à se rapprocher d'un côté des thermes, celui le plus à proximité de Deydreus. Fixant ce dernier de ses améthystes, elle posa ses mains sur le bord, levant la tête innocemment pour mieux cerner son interlocuteur qui se situait plus haut qu'elle. Je me demande... ce que cela a signifié pour vous, et quelles seront les conséquences de cet élan... imprévu... Pour nous deux.



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    Noble du Reike
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    Deydreus Fictilem
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  • Sam 20 Jan - 1:30
    Assis contre le banc, Deydreus étira un sourire sincère à la mention de ce qu'on pouvait désirer de plus. Fixant les vapeurs, le bretteur rétorqua naturellement.

    - Ne pas avoir envie de rendre exsangue la moindre personne que l'on croise lorsqu'on a soif, ça compte?

    Un léger ricanement glissa en dehors des lèvres du chef des armées. S'il avait répondu avec humour, le chevalier ne put s'empêcher d'éprouver une légère mélancolie. Sa nature était supposément maîtrisée. Oui. Mais il n'avait pas encore tout à fait le contrôle. Il l'avait bien vu durant ce voyage. Et cela n'était pas normal. Pas après ce qu'il avait vécu dans la montagne avec Alasker. Pas après ce qu'il avait sacrifié.

    Le bretteur fut alors sortit de ses pensées par l'intervention de l'impératrice qui congédia soudainement les servants et domestiques présents. Laissant ainsi seuls le vampire et la vosdraak. Baissant soudainement la tête, Deydreus arqua un sourcil tandis qu'il commençait à réarranger les pièces de l'étrange puzzle qui se tenait devant lui. Puis, de nouveau, la voix presque éthérée d'Ayshara résonna dans les bains, saisissant le vampire. Replaçant son attention sur les vapeurs dansantes, le guerrier tâcha de répondre à la femme aux cheveux d'argent le plus sincèrement possible.

    - Il est effectivement peu malin de ma part d'être resté. J'aurais dû partir en même temps que les domestiques. Il s'apprêta à se relever, lorsqu'il entendit la suite des mots de la vosdraak, le forçant à rester assis pour répondre à cette dernière. La chaleur de l'autre est quelque chose qu'il est naturel de rechercher. Votre situation est particulière. Vous n'êtes pas qu'une simple femme vivant dans les fermes impériales, vous êtes la figure régente de cet Empire. Et vous avez été mariée sans même avoir eu le luxe de choisir vous même votre époux. Par chance, les étoiles ont décidé que l'amour dominerait votre union. Néanmoins, la chair peut appeler la chair. Vu votre situation, je ne suis pas étonné que vous puissiez avoir ces pensées. Même si ces dernières s'avèrent contradictoires avec l'amour que vous portez à votre mari.

    S'arrêtant quelques instants, le chevalier laissa son esprit voguer parmi les arabesques qui couraient sur les différentes colonnes des bains. Il n'avait pas imaginé ce qui pouvait traverser l'esprit de la mère dragon. Tout comme il peinait à comprendre pleinement ce qu'elle ressentait. Contrairement à elle, Deydreus avait eu le luxe de vivre sa vie comme il l'entendait, puis de rencontrer une âme précieuse. Qu'il avait ensuite forcé à s'éteindre. Dans un long soupire, le vampire reprit la parole.

    - En avez-vous déjà parlé à votre époux? Ou à une amie. Ou un ami. Enfin, avant moi. De ces pensées. De vos doutes? De ce qu'il peut vous manquer lorsqu'il part en campagne ou que vos pas vous mènent loin de lui? Vos âmes sont liées par le mariage et par votre progéniture, mais vous n'êtes pas hermétique aux émotions et fantasmes. Ce qui importe, par rapport à votre statut, c'est votre devoir. Votre position et votre lien avec Tensai. Et, en vérité, les liens fugaces ne sont jamais bons tant qu'ils ne sont que ça. Un peu de satisfaction charnel ne comblera pas ce qui vous manque véritablement lorsque vous êtes loin de l'Empereur. Ce n'est pas la chaleur d'un homme qui vous manque, c'est la preuve de son amour.

    Peut-être en vérité Deydreus parlait-il pour lui. La séduction lui était généralement plaisante. Il aimait savoir plaire et vis à vis de sa position, le bretteur savait qu'il attirait de nombreuses courtisanes. Pourtant, ce n'était pas la chair qu'il recherchait. Ce n'était pas les plaisirs délicats d'une nuit volée ou d'un baiser. C'était autre chose. Quelque chose de plus profond. Qu'il avait perdu il y quelques lunes, avant même de perdre ce qui faisait de lui un humain. Un mortel. Tout à présent lui paraissait plus... Distant. Qu'il s'agisse du temps ou de sa perception. Les années n'allaient bientôt être que des heures. Et les âmes évoluant autour de lui que des passagers temporaires de son infini existence. Sauf si, bien sûr, la Mort l'appellerait.  

    Quand Ayshara reprit la parole, le bretteur tourna légèrement la tête, plongeant ses yeux vairons dans les prunelles améthystes de l'impératrice. L'incident.. Un moment qui l'irritait plus que tout. Non pas pour le sang qu'il avait bu. Mais pour sa perte de contrôle stupide. Sa faiblesse. Sa faiblesse anormale qu'il se devait de combler. Non pas pour Ayshara, ou pour l'Empire. Mais pour les morts. Pour les mortels. Et pour lui même.

    - Au départ, cela est grisant. Encore plus dans mon cas où c'est la Soif qui a dominé mes gestes. On se sent libre, on ne pense à rien si ce n'est assouvir son besoin. En l'occurrence, ce besoin naviguait dans vos veines à chaque battements de votre cœur. Puis après l'ivresse de cet effet, on reprend peu à peu le contrôle. On rationalise ce qu'on a fait. Les conséquences éventuelles. Est-ce que j'ai craint pour ma vie? Non. Car vous le savez j'accueille la mort avec la sérénité qui lui est due. Cependant, je me suis dégouté. Non pas car j'avais brisé un interdit. Mais car j'avais laissé quelque chose qui n'est pas moi prendre le dessus. J'avais laissé la Bête prendre le contrôle. Et ce n'est pas normal. Il fixa la dragonne. Veuillez me pardonner, je dresse là un tableau bien sombre. Surtout quand on sait le nombre de mortels qui auraient tout fait pour être à ma place. Seulement... Ce n'était pas ce que j'ai voulu. Ce n'était pas... Moi. Ce n'était plus le protecteur, mais un monstre qui ne pensait qu'à satisfaire une envie primaire.

    Il s'arrêta quelques instants fermant les yeux comme pour retenir sa propre colère. Sa propre rage le concernant. Son acte était grave. Il aurait pu signer la fin de sa fonction. La fin des Serres. Encore aujourd'hui cela pouvait entraîner pareille problématique, pour peu que l'impératrice le déciderait. Tant d'efforts. Tant de sacrifices. Qui auraient été balayés par la simple faiblesse du vampire vis à vis de sa Soif.

    - Le sang de votre race m'apparait comme un élixir unique. C'est... Difficile à décrire. Les sangs des différentes espèces vibrent en moi à des fréquences différentes. Plus la race est rare ou possède une concentration de mana particulière, plus le Sang Béni me donne envie de le consommer. De boire chaque goutte, jusqu'à ce que mon esprit soit enivré du sang de ma proie. Ensuite, je ressens une sorte de... puissance. Imaginez la sensation d'extase d'un bon bain chaud après une rude journée d'hiver. Une plénitude. Qui peut être addictive. C'est pour ça aussi que certains vampires perdent le contrôle. Et pour répondre à ce qu'il pourrait avoir comme effet. Cela dépend. En temps normal, l'impression d'être drogué. En période de Soif intense... Comme l'équivalent d'un élixir de vie. Il est difficile de déterminer la chose, car j'essaie de ne pas être esclave de ma nature. Et je refuse de l'être de nouveau. Je n'ai pas sacrifié ma mortalité pour rester la bête que je serais devenu sans me transformer.

    Soupirant de nouveau, le bretteur garda les yeux fermés, tandis que les derniers mots d'Ayshara résonnaient de nouveau jusqu'à lui, plus proches.

    - Rien de charnel, en tout cas. Il ricana doucement. Comprenez bien que votre beauté est indéniable mais, je ne veux pas être celui qui brisera la frontière de votre interdit. Je ne veux pas faire cela car, au delà de mon devoir envers le reike et votre couple, je ne peux pas. Il soupira. Il y a six mois, j'ai ôté la vie à celle que j'aimais autrefois. Celle que je pensais être mon âme sœur. Pourtant, ma lame s'est enfoncée dans sa poitrine sans la moindre hésitation lorsqu'elle perdit le contrôle sur elle même. A cause de la même malédiction que j'ai neutralisé en rejetant ma mortalité. Son visage prit une teinte plus sombre. Et je me demande encore si je n'aurais pas juste dû la laisser m'arracher la gorge. Vous savez, je me suis posé la question, lorsque j'ai évoqué les rumeurs. Le fait qu'on pourrait considérer que j'ai franchi le pas avec vous. Et je me suis posé la question, étant donné que ces rumeurs partiront avec ou sans consommation. Et pourtant.. Pourtant je n'aurais su m'y résoudre. Non seulement car je n'aurais pas pensé à vous, mais aussi car je n'aurais pas apporté ce que vous recherchez dans cet interdit. peut-être que je reste trop fermé à quoique ce soit, et que je m'en rends compte à mesure que tout s'offre à moi. Peut-être suis-je simplement trop mélancolique vis à vis de mes actes passés. Je peux vous conseiller, vous épauler. En parler avec vous sans le moindre jugement. Mais je ne briserai pas mes vœux à l'égard de l'empereur, ni sa confiance. Et si vous ne pouvez parler de ce genre de chose avec votre époux, j'accepterai de les écouter. Il ricana doucement. Enfin s'il ne m'arrache pas la tête lorsque je lui dirai que j'ai perdu momentanément le contrôle et mordu votre chair. Vous savez, je vais dire ce qu'il s'est passé. Car si j'enrage d'avoir laissé cette perte de contrôle prendre le dessus. J'aurai honte de faire comme si cet incident n'avait pas eu lieu.

    Il prit une profonde inspiration.

    - Je serai à vos côtés Ayshara. En tant qu'ami protecteur et confident. Mais pas en amant. Pour le reste, je serai là, chaque fois que vous désirerez parler. Chaque fois que vous aurez besoin d'autres avis que votre confident habituel. Il étira un sourire léger alors qu'il se relevait. Je vais sortir des bains le temps que vous terminiez ce dernier. Vous l'avez dit, c'est inconvenant pour le général de se trouver en présence de l'impératrice seul à seul. Même si, en soit, le mal est déjà fait.

    Il attrapa son gambison, sans pour autant le remettre alors que la chaleur des vapeurs continuait de le faire suer.

    - Quand je serai lavé, je commencerai à préparer notre départ. Sinon je sens que le seigneur de la ville va lui aussi venir implorer mon pardon et nous n'avons tous les deux pas envie de voir cela arriver.

    Et dans un nouveau sourire, Deydreus sortit des bains. Il remarqua les quelques servants qui attendaient, et leur demanda un linge tandis qu'il venait s'appuyer contre le mur, fixant les plantes alentours. Beaucoup de choses avaient été dites dans ses bains. Beaucoup de souvenirs étaient remontés dans l'esprit du vampire. Et s'il espérait avoir été suffisamment doux et clair avec l'impératrice, le vampire avait pensé chacun de ses mots et les avaient exprimé avec aucune once de tromperie. Il serait là pour elle.

    Il serait la griffe du dragon.


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    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

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  • Dim 28 Jan - 23:39

    Est-ce qu'ils seraient amants ? Pas vraiment. D'un côté, Ayshara aimait profondément son époux et ne désirait pas rompre ses vœux de loyauté envers lui, malgré les curiosités et les envies passagères qui subvenaient. Et de l'autre, Deydreus ne pouvait point bafouer son serment au risque de se voir décapité dès le lendemain. Bien qu'il s'avère impossible de nier l'existence d'une étincelle. Le genre d'étincelle qui, écrasée par le poids des circonstances, ne saurait s'épanouir. Pas en ces temps.

    Est-ce qu'une relation plus forte, sincère, profonde et durable était en train de naître entre la reine et son serviteur ? Très certainement.
    Et l'avenir leur réserverait sans aucun doute des surprises. Après tout, pour les siècles à venir - voire plus -, ils se côtoieraient de manière rapprochée, vivraient d'innombrables aventures ensemble. Et c'était justement ce développement à long terme qui ferait en sorte que leur lien serait plus valable et qualitatif que beaucoup d'autres. Cela, la belle vosdraak le savait d’ores et déjà. Ils ne se contenteraient pas de l'éphémérité d'un feu passionnel. Ils bâtiraient quelque chose de plus résistant, tissé de bienveillance, de compréhension et d'un soutien mutuel. Au sein de ce contexte complexe et délicat, leur relation était similaire à un jardin où fleurissait une affection vraie qui dépassait le cadre conventionnel de la cour. Une suite qui promettait d'être riche en événements et en émotions, leur histoire s'écrivant encore, page après page, dans le livre inachevé de leurs vies respectives.

    Soupirant doucement, elle s'appuya sur le bord du bassin. Elle écoutait attentivement les paroles du commandant des armées impériales, ses prunelles reflétant une complexité d'âme qui transcendait sa beauté extérieure. Elle prit un moment pour rassembler ses pensées, parfaitement consciente de la délicatesse du sujet abordé.

    - Vous avez une compréhension de mes sentiments qui est étonnamment juste, Deydreus. Elle s'arrêta un instant. En vérité, je n'ai jamais eu cette conversation avec Tensai, ni avec quiconque d'autre avant vous. Vous avez raison; les liens fugaces offrent peu de réconfort véritable. Ce que je ressens, ce désir latent d'être aimée, de sentir la preuve tangible de cet amour... c'est un vide que la présence physique seule ne comblerait pas. Les yeux fuyants, elle contempla la surface aquatique onduleuse, ses pensées dérivant vers un passé pas si lointain que ça. L'abandon de mon frère a été un tournant décisif dans ma vie. Vendue à Tensai, j'ai été arrachée à tout ce que je connaissais et affectionnais.  Ce fut un moment de solitude et de tromperie si intense. Une vibration de chagrin se propagea à l'intérieur de sa voix cristalline. J'ai alors compris que les liens de sang ne garantissent pas systématiquement loyauté et amour. Cette sensation d'abandon m'a poursuivie, instillant en moi la crainte de m'ouvrir pleinement à quelqu'un. Après tout, si mon propre frère était capable de me trahir, qui mériterait véritablement ma confiance ? Sa main se posa sur son cœur, comme si elle tentait d'apaiser la douleur qui y subsistait toujours. D'ailleurs, en observant bien, il était possible d'y discerner une cicatrice proéminente qui semblait être habitée d'une aura surnaturelle. Il s'agissait de la marque laissée par cette fameuse flèche, celle qui failli la tuer, des années auparavant. Néanmoins, j'ai découvert en mon Roi un havre insoupçonné. Cet homme s'est transformé en bien plus qu'un époux imposé ou un partenaire de règne. Il est devenu le mari que j'ai appris à aimer, à estimer pour sa robustesse, son courage, et la douceur qu'il dissimule sous son armure impériale. Je n'ignore pas mes appréhensions, ni l'écho lointain de l'abandon qui vibre parfois en moi. Cependant, je demeure convaincue de l'authenticité de mon amour pour Tensai. Ma foi en lui, en Nous, est inébranlable, dans tout ce que nous avons bâti ensemble, en dépit des défis. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire sincère. Je l'aime. C'est tout ! Et elle croyait qu'il la chérissait autant en retour. Pour la femme qu'elle est, et non pour le trône qui l'accompagnait ou son pedigree exceptionnel.

    Au fur et mesure de la conversation, les améthystes de la mère-dragon scrutèrent le portrait de l'âme torturée que lui dressait son vampirique interlocuteur.  Il y avait cette douceur dans son regard, une compréhension et une compassion maternelle.

    - L'erreur humaine, ou devrais-je dire, l'erreur d'un être de la nuit, ne définit pas la totalité de votre essence. La lutte que vous menez contre votre nature bestiale témoigne d'une robustesse de caractère admirable. Elle soupira. C'est une tragédie que d'avoir à ôter la vie de quelqu'un qu'on aime, surtout quand cette personne était censée partager une existence entière à vos côtés. Je suis désolée que vous ayez dû traverser cela. Je regrette de ne pas avoir eu l'opportunité de la connaître, votre Femme. L'impératrice à la chevelure de lune marqua une pause, se perdant quelques secondes, cherchant les mots justes. La mort, vous le savez aussi bien que moi, n'est pas nécessairement une fin en soi. À l'occasion, elle est une délivrance, un passage vers autre chose. Peut-être votre Femme a-t-elle trouvé la paix loin de cette malédiction qui l'a consumée. Vous avez agi avec courage et amour, même si cela peut paraitre paradoxal. Un sourire triste et mélancolique ourla ses divines lèvres. Quant à votre nature de vampire, cette soif que vous décrivez, elle fait de vous ce que vous êtes. Un être complexe, tourmenté, mais également noble et plein de loyauté. Vous avez décidé de ne pas vous laisser définir par votre condition. Et c'est là un choix d'une force exceptionnelle. Ne changez rien. Son visage devint plus tendre, allégeant la gravité de l'atmosphère d'une pointe de malice et d'humour. Concernant l'interdit... Il y a une beauté tragique dans le désir non consommé, ne croyez-vous pas ? Un subtile jeu de séduction où la frontière n'est jamais franchie. Peut-être est-ce là notre danse, Deydreus. Une valse entre ce qui peut être et ce qui ne sera jamais. Elle ricana doucement, nul en ce Sekai ne sachant, si oui ou non, il y avait un fond de vérité dissimulé derrière ces derniers mots. Si mon époux décide de vous arracher la tête, alors vous l'aurez bien mérité, j'en suis absolument certaine. Un nouveau rire, avant de reprendre un ton un peu plus sérieux.  Votre protection envers ma personne est un cadeau que je chéris. Je respecte profondément votre engagement vis-à-vis des devoirs qui vous incombent, tout comme vous respectez les miens. Et ce fichu seigneur de Taisen... Je suis d'accord que nous avons tous deux mieux à faire que de nous attarder sur ses excuses. Notre chemin est encore long.

    Sans rien ajouter de plus, la belle regarda le vampire quitter la pièce. Restant seule durant une quinzaine de minutes supplémentaires, ses pensées dérivaient entre la reconnaissance envers son protecteur et l’admiration indéniable qu'elle lui portait, signe d'une relation pérenne et inébranlable qui se forgeait. Ayshara se leva lentement, l'eau s'écoulant le long de ses courbes délicieuses et élégantes, léchant son corps d'une aura quasi mystique. Elle s'enveloppa d'une robe de chambre en soie dont les couleurs maculées et le tissu épousaient gracieusement sa silhouette. Sa longue crinière humide tombait derrière ses épaules.

    En franchissant le seuil de la pièce, elle aperçut son protecteur qui attendait patiemment.

    - Deydreus, je tenais à vous dire... Que je serai aussi toujours là pour vous. En tant que complice et confidente dans cette aventure complexe qu'est la vie impériale. Un sourire espiègle suivi d'un clin d'œil. Et en parlant de complicité... Continua-t-elle. Je n'ai pas oublié que je vous dois une nouvelle chemise après notre... incident récent. Vous la trouverez dans votre chambre, prête à être portée. J'espère que vous l'apprécierez autant que j'ai apprécié choisir le tissu. Puis, d'une grâce qui la caractérisait si bien, elle se dirigea vers sa loge, abandonnant derrière elle un sillage d'élégance.

    Plus tardivement, Ayshara quitta le confort pompeux du palais seigneurial de Taisen et se rendit auprès de l'immense convoi qui l'attendait à l'extérieur. Vêtue d'une majestueuse armure argentée rappelant vaguement l'apparence d'un dragon, la lumière du soleil se collait à ses formes, alors que Draknys et sa copine la chauve-souris virevoltaient à proximité.

    Lorsque le dirigeant des Serres Pourpres s'approcha, la dragonne lui offrit un sourire radieux. Leur précédent échange avait clarifié nombre de choses importantes. Ses pensées, désormais plus lucides, lui révélaient une vérité certaine : si les Astres et les péripéties de la vie devaient un jour les unir, Deydreus et elle, ce ne serait pas en tant que simples amis ou amants.

    Évidemment, elle souhaitait que cela n'arrive jamais. Que Tensai reste éternellement près d'elle et qu'ils s'aiment à perpétuité. Néanmoins, la vosdraak ne pouvait nier qu'elle aurait besoin du sombre guerrier à ses côtés, si le destin se montrait encore sans pitié envers elle et que la force des événements la séparait de son âme sœur. Elle aurait besoin de cette personne fiable et sincère qui l'aiderait à protéger son trône et sa progéniture, qui se dévouerait corps et âme aux intérêts du Reike. Car, la dernière chose que la jeune femme désirait, c'était que son grand frère sorte des ombres et tente de reprendre ses "droits", risquant ainsi de plonger l'Empire au cœur d'une nouvelle guerre civile. Une guerre qui serait fatale à la nation avec les Titans et la République qui profiteraient sûrement de l'occasion pour leur asséner le coup de grâce.

    - Cette petite chauve-souris est devenue un membre à part entière de notre entourage. Sa voix portait une assurance tranquille. Avez-vous une suggestion de nom pour elle ? Elle mérite une appellation digne de son rôle d'accompagnatrice de Draknys !

    En attendant sa réponse, l'impératrice contempla avec affection la créature ailée, pleinement consciente de l'émergence d'un lien unique les unissant. Elle percevait que ce petit groupe, hétérogène et surprenant, constituait déjà un chapitre fondamental de son récit personnel et de l'histoire du Reike.



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