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  • Jeu 22 Juin - 18:53
    Il l'entendait d'ici ; avec sa voix qui finissait réguliérement par monter dans les aiguës. « Monsieur l'Ambassadeur, vous avez une bonne dizaine de personnes a rencontrer, et vous avez un standing a respecter, vous n’êtes pas en voyage de loisir. Un peu de tenue ». Elle l'aurait regardé avec son air sévère alors qu'elle n'avait même pas la trentaine et qu'elle avait cette attitude meme dans le privée. Elle n’était pas prêt de se trouver un mariage, ou bien il plaignait l'homme sur qui elle allait mettre le grappin.

    C’était à cause de sa secrétaire désignée par Magic qu'il avait fini par faire ce qu'il était en train de réaliser. Fuir, s'éloigner le plus loin possible d'elle pour prendre une petite après-midi de sérénité. Elle n'etait pas méchante, mais assez severe, a la limite d'etre castratrice, toujours les yeux dans son carnet de rendez-vous. Elle avait voulu quelqu'un de serieux, ne pensant qu'au travail, et elle etait mal tombée. Surtout qu'aux yeux du Républicain, il n'y avait pas meilleur moyen de discuter que de connaître vraiment ceux avec qui il avait rendez-vous.

    Il était donc en fuite, lançant des regards par dessus son épaule comme si elle allait arriver en hurlant de revenir pour aller rencontrer il ne savait pas quel garde alors que ca n'avait aucune incidence sur son travail. Nouer des liens et défendre la souveraineté de la Republique ne se déroulait pas uniquement dans les rendez-vous protocolaires et les réceptions mondaines, c’était ce qu'il avait voulu démontrer en acceptant le poste. Il était persuadé que la vérité était, globalement, ailleurs.

    Sans sa tunique bleue turquoise, il n'aurait pas été très différent du vagabond qu'il avait été pendant cinq ans, mais dorénavant avec son aspect plus richement vêtue, il ne dépareillait pas des elfes de familles riches qui déambulaient dans les rues en le croisant, parfois en le regardant d'un mauvais œil, d'autre en l'ignorant superbement. Dans tous les cas, il faisait des grands sourires, a peine visible sous sa barbe.

    Il tomba soudainement a l’arrêt devant une boutique floralement développés. Il y en avait un peu partout, a commencé par l’extérieur, et l'odeur l'attira comme une abeille en quête de butinage. Il croisa les bras dans ses manches, en se penchant en avant pour humer le petit par-terre de tulipe qui était en présentation sur le coté dans un panier ovale prévu pour la démonstration.

    - Magnifique.

    Il avait toujours aimé les fleurs. Souvent, le soir, après avoir passé la journée a aider son pere dans les champs, il faisait le tour de la propriété avec sa mère en lui racontant sa journée, mais également les dernieres choses qu'il avait pu découvrir dans les livres. C’était à l'age de sept ou huit ans, de mémoire. Ensemble, ils s'occupaient de différentes fleurs et plantations, afin d'embellir leur jardin et les alentours. De bons souvenirs.

    Il detailla des yeux les roses, les hortensia ou encore les pivoines, ayant très envie d'en ramener chez lui a Liberty, lui qui trouvait son appartement un peu terne. Il n'avait pas encore eu l'occasion de trouver un domaine a son goût. Il avait besoin de nature pour etre bien.

    - Il y a quelqu'un ?

    Il pénétra ensuite a l'intérieur, sans détourner les yeux des fleurs en présentation. Il tendit une main et caressa doucement de ses doigts un peu bourru par le labeur les pétales d'une orchidée. Sous le dôme de la ville, on pouvait vraiment gérer les conditions climatiques et faire pousser quasiment n'importe quoi, c’était l'avantage. Dans le froid extérieur, ca n'aurait pas été possible, et c’était ça aussi qui rendait Melorn si unique.

    Il se redressa, et se retourna, pour chercher des yeux celui ou celle qui s'occupait de l'endroit. Il n'y avait jamais beaucoup de lieu ou l'argent était envisageable pour acheter, les Melornois vivant toujours avec le troc comme monnaie principale. Il n'avait pas grand chose a échanger sur lui, de toute maniere, mais il pourrait bien revenir, plus tard, si il n'y avait personne...

    - Magnifique boutique.

    Il ajouta ça a voix haute, surtout pour lui meme, n'ayant pas encore vu qui que ce soit, et continua d'en faire le tour d'une façon assez solennel.
    Invité
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    Anonymous
  • Dim 25 Juin - 16:40
    Les bras chargés d'orchidées qui ne demandaient qu'à être empotées, la Fae vagabondait d'un bout à l'autre de la boutique qui lui semblait bien plus grande que nécessaire. Elle se souvenait être venue visiter les locaux en compagnie de son futur mari et les avoir trouvés absolument splendides, à l'image de la cité elfique, ce qui la confortait dans sa décision. Après tout, cela ne faisait que quelques mois depuis l'arrivée de la jeune femme à Melorn et si la population paraissait doucement, mais sûrement, s'accoutumer à sa présence, elle ne voulait pas crier victoire trop vite. Pour autant, maintenant que son commerce fleurissait, elle commençait à avoir ses petits habitués. Autant des jeunes éperdument amoureux que des personnes âgées désirant ajouter un peu de vie à leur quotidien, parfois des voyageurs en quête d'un peu de douceur dans leur quotidien de brutalité… Le cas échéant, il arrivait souvent que la Fae s'arrête pour discuter avec eux, appréciant les récits de voyages plus qu'elle ne voulait l'admettre, craignant probablement que l'élu de son cœur ne prenne cet aveu comme un passe-droit pour s'éclipser plus qu'il ne le faisait déjà. Les murs avaient des oreilles et prudence était mère de sûreté pour une paranoïaque comme elle.


    Ce matin-là, les lieux étaient particulièrement calmes et Dahlia avait renvoyé le peu d'employés présents chez eux pour profiter de leurs familles et du beau temps qui planait sur le dôme au-dessus de Melorn. Elle s'installa à l'étage dans lequel un appartement avait été créé, juste le nécessaire pour se sustenter, dormir et s'occuper lors des périodes basses. Si Dahlia n'était pas loin de chez elle et était techniquement à la retraite depuis son départ de l'orphelinat, elle demeurait la perfectionniste qu'elle avait toujours été, incapable de quitter le travail plus tôt que prévu ou pire, de fermer boutique. Confortablement assise dans un fauteuil qui jouxtait une fenêtre donnant sur le paysage splendide des beaux quartiers, un manuel d'apprentissage de l'elfique entre les doigts, la Fae balançait ses jambes nonchalamment en attendant que la journée passe ou qu'un élément perturbateur ne vienne secouer sa journée. Une de ses mains flattait avec tendresse son ventre rebondi qui pointait enfin le bout de son nez sous sa robe ample, trop présent pour être un simple ballonnement, trop léger pour qu'il soit aisé de deviner à quel stade de la grossesse elle en était. Le fait est qu'elle se sentait bien moins malade et fragile que les premiers mois et elle se réjouissait de pouvoir profiter d'un peu de tranquillité avant que les touristes ne se jettent sur son nouveau foyer. Le calme avant la tempête.


    Elle fut perturbée dans sa lecture par la cloche à l'entrée de la boutique qui se mit à tinter lorsque la porte fut franchie. Son regard dériva vers l'horloge qui tiquait lentement et Dahlia referma son ouvrage, le posant encore ouvert sur la table qui lui faisait face, prenant soin de le placer bien loin de son thé infusé à froid. La Fae se redressa en époussetant sa longue robe aux teintes rose poudré avant de commencer à descendre les longs escaliers qui la séparaient du rez-de-chaussée, s'accrochant à la rampe par précaution. Une fois arrivée en bas, elle plaça ses mains devant son bassin et se mit à chercher du regard, mais surtout de l'oreille la personne qui venait d'entrer dans son établissement. Dahlia passa sa tête entre deux Daturas du Désert, saisissant enfin de ses yeux ambrés une silhouette masculine qui se promenait entre les étalages. Elle prit une grande inspiration, sa timidité maladive l'empêchant souvent d'être une bonne commerçante, à défaut, elle savait faire bonne impression. Elle arriva lentement dans le dos de l'inconnu et se racla la gorge pour attirer son attention sans le surprendre plus que nécessaire. « Bonjour, bienvenue aux Fleurs de Mariette. Je suis navrée de ne pas vous avoir accueilli plus tôt, j'étais dans la réserve. ». Un mensonge blanc qui ne ferait de mal à personne, et beaucoup de bien à son égo.


    L'individu qui lui faisait face, plutôt beau garçon, elle ne pouvait le nier, semblait pris dans sa découverte des lieux, arrêté net devant des Belles de Jour. La Fae agita ses ailes multicolores dans son dos et prise d'un élan de curiosité et de courage, elle lui tendit la main. « Je m'appelle Dahlia, je suis la propriétaire de la boutique. Vous cherchez quelque chose en particulier ? ». Un doux sourire sur le visage, une pointe d'espièglerie dans les yeux, la jeune femme analysait son client silencieusement. Pas d'oreilles pointues, une splendide tunique turquoise, une belle largeur d'épaules… Et un regard désarçonnant qu'elle ne pouvait nier, une présence réconfortante qui la mit instantanément à l'aise. « Pour l'élu de votre coeur, de la famille, un rendez-vous professionnel ? Ou pour vous, car nous ne sommes jamais mieux servis que par soi-même après tout, vous auriez tort de vous en priver. Je ne crois pas vous avoir déjà croisé à Melorn, êtes-vous de passage ? ». Elle plaça sa main droite devant ses lèvres, reculant d'un pas sous la gêne qui s'emparait d'elle, faisant légèrement rougir ses joues. « Je… Je ne veux pas être indiscrète, bien entendu. Un… Un café, le temps de faire votre choix ? ». Rattrapée par sa timidité, plongée dans l'embarras, Dahlia se rapprocha de son comptoir pour y attraper une tasse dans laquelle elle versa une décoction de grains de cafés des Terres du Nord, trop corsé pour qu'elle n'y trempe les lèvres, et la tendit à l'homme qu'elle importunait depuis quelques minutes. Le commerce, il fallait l'avoir dans le sang et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'était pas vraiment son cas…
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  • Mer 28 Juin - 17:58
    Ca faisait une bonne poignée de minutes déjà qu'Archibald avait pénétré la boutique, et pourtant il avait l'impression qu'une seule breve poignée de secondes s’étaient écoulés. Il etait agréable de déambuler ainsi dans la quiétude d'une boutique aussi bien tenue. Peu importe la personne qui avait montée ce commerce, elle s'y connaissait assez pour avoir du goût, notamment dans la disposition des diverses présentations.

    Les odeurs attiraient, les unes après les autres, parfaitement adapté pour donner toujours envie d'aller voir un peu plus loin. Et a partir de la, vous etiez accueillit par des couleurs se mélant parfaitement les unes a la suite des autres. Un vrai plaisir pour les yeux du Republicain, amateur de ce genre de prestations florales.

    Il ne sursauta pas en entendant la voix féminine dans son dos, et se retourna tranquillement, le visage souriant et avenant. Il avait toujours les bras croisés dans les manches de sa tunique, mais quelque chose venant de lui donnait envie de lui faire confiance. Il ne fit pas attention a l'excuse qu'elle lui offrait, vu que de toute façon, ce n'etait pas importait, et il fit un petit signe négatif du menton.

    - Il n'y a pas de mal, madame, je ne vais pas vous reprocher de travailler.

    Il remarqua de son œil aiguisé son état, mais également légèrement son aura. C’était peut être la plus belle fleur de toute la boutique jusque la. Il inclina la tête, en découvrant qu'il avait a faire a la propriétaire des lieux. Dahlia. Ce nom lui disait vaguement quelque chose, vestige d'un rapport qu'on lui avait lu peut être ? En tout cas, une belle découverte que cette boutique.

    - Quelque chose en particulier... ? Oh non, je passais dans la rue, et la devanture de votre boutique m'a tout bonnement fasciné. C'est rare, pour ainsi dire, que l'on trouve une gestion florale aussi aiguisée. Les fleurs, ce n'est pas simplement les mettre les unes à coté des autres. C'est histoire de compositions et de romantisme. Oh, mais je ne vais pas vous l'apprendre, alors que vous êtes la réalisatrice d'un si bel endroit.

    Il remarqua aisément sa gêne. C’était sans doute une femme timide, et il trouvait ça d'autant plus charmant qu'elle semblait exprimer bien mieux ce qu'elle était a travers la boutique. Si elle avait fait ça depuis longtemps, il n'en aurait pas été surpris.

    - Je ne bois pas de café, j'ai déjà trop d'énergie a revendre. Mais...bien que le thé ne soit pas beaucoup mieux, si vous en avez, ce serait avec plaisir ? Ou bien ailleurs qu'ici, si vous voulez ? Il doit bien y avoir un salon quelque part en proposant...

    Melorn changeait vite, et après ces quelques années qu'il était venu, il y avait déjà beaucoup de boutiques différentes, et notamment ce fleuriste qui, si elle avait déjà été en place la première fois qu'il était venu, aurait forcément accaparé son attention. Constatant tout en pensant a cela qu'il n'avait pas répondu à la première question, il passa la main sur sa barbe d'un air géné.

    - Oh, pardon, et pour votre demande précédente...c'est pour moi. Je ne sais pas si je vais pouvoir prendre quoi que ce soit aujourd'hui, mais lors de mon départ de la ville, j'aimerais beaucoup remmener un souvenir, une belle plante pour chez moi. Quelque chose qui me rappel chaque jour cette belle ville du nord, jusqu'à mon prochain passage.

    Il se retourna vers une fleur proche, des iris, sur laquelle il passa gentiment la main, comme pour les flatter. Il émanait de lui une sorte de douceur assez agréable. Il resta concentré ainsi sur la plante pendant quinze secondes, avant de finalement retourner son attention sur elle.

    - Mais je ne me suis même pas présenté. Pardonnez moi, alors même que vous l'avez fait vous même. Je suis Archibald. En effet, je ne suis pas d'ici, comme vous avez déjà pu le comprendre au travers de mes derniers mots. Je suis en voyage. Plutôt professionnel cette fois.

    Il soupira. C’était à la fois un plaisir, mais aussi un fardeau d'avoir des impératifs au lieu de pouvoir profiter pleinement de son séjour. A chaque nouvelle rue, il avait la sensation de découvrir une nouvelle ville, et de vouloir en connaître toujours plus de secrets. C’était agréable.

    - Je suis déjà venu ici, en revanche. Il y a de ça....trois ans. Quatre peut être ? Et j'avoue qu'une si belle boutique aurait attiré mon regard. Vous êtes vous même une récente arrivée a Melorn, peut être ?
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  • Ven 30 Juin - 15:31
    Les mains croisées devant son bassin, l'une légèrement relevée sur le bas de son ventre un peu rebondi, la Fae observait son vis-à-vis avec une curiosité certaine. Les yeux plissés, elle l'analysait de haut en bas, de la racine de ses cheveux jusqu'aux coutures de ses chaussures qui témoignaient d'une richesse qu'elle n'avait jusqu'ici jamais connue. Pourtant l'inconnu dégageait une sincérité et une amabilité surprenante à laquelle Dahlia se serait bien habituée. Elle devait reconnaître que la cité elfique n'avait pas été des plus accueillantes à son égard et si cela ne l'avait guère surprise, elle se réjouissait de pouvoir croiser des voyageurs avec des idées moins étriquées que ses nouveaux voisins. Un sourire gêné étirant ses traits que l'on devinait fatigués autant par le labeur que par la vie qu'elle créait, elle recula lentement en se rendant compte qu'elle avait fait preuve de précipitation en lui apportant une boisson qu'il n'appréciait pas. Elle pinça les lèvres, une moue déçue sur le visage. Et fidèle à elle-même, la Fae entreprit de s'excuser de ne pas être tombée juste, comme si elle possédait la faculté de deviner ce que son client pouvait apprécier. « Oh je… Je suis désolée. Je n'ai pas réfléchi, j'aurais dû vous poser la question avant de… enfin… ». Elle reposa la tasse encore fumante sur le comptoir, prenant une grande inspiration pour récupérer ses moyens. « Je vais la laisser pour un des livreurs, elle sera bue, n'ayez crainte. ».


    Au même moment, un de ces derniers s'arrêta en roulotte pour venir quérir quelques Roses du Désert savamment placées à l'entrée de la boutique, marquées d'un écriteau du nom de l'entreprise qu'elle engageait pour faire des allers-retours à Melorn et ses alentours. La vérité étant qu'au début, Dahlia s'occupait elle-même de délivrer ses fleurs, avant de se faire gronder par ses domestiques au domicile familial. Elle se sentait retombée en enfance face à l'ancienne directrice de l'orphelinat qui la réprimandait à chaque petite erreur, sous prétexte de la faire progresser. Son état de stress ne faisant que s'empirer, elle se concentra sur la demande de son interlocuteur et se mit à fouiller dans ses cabinets pour retrouver une sélection de thés venus tout droits de la République, ses préférés qu'elle avait tenu à emmener après son escapade à Liberty pour récupérer ses affaires. En se redressant un peu trop vite, la Fae se cogna la tête et laissa échapper un petit « aïe » avant de réapparaître derrière le comptoir, une main frottant le haut de son crâne pour faire passer la douleur. L'air penaude, Dahlia s'approcha à nouveau du jeune homme, son regard s'arrêtant encore une fois sur ses larges épaules, une de ses petites préférences physiques qui n'appartenaient qu'à elle. « J'ai un peu de tout, du floral, du chocolaté… Pour ma part, je vous recommanderais celui aux fruits rouges. Cependant, j'ai su vous montrer avec le café que mon instinct n'est pas des plus fiables. ». Un rire nerveux s'échappa de l'entre ouverture de ses lèvres rosées, la demoiselle essayant pour une fois un trait d'humour pour apaiser ses angoisses. Une tentative bien vaine.


    « Je vous remercie infiniment pour vos compliments… Archibald. ». Un nom ancien qui lui allait à merveille. Une fois son choix fait, elle s'empressa de faire chauffer la bouilloire sur le feu magique mis à sa disposition avant de verser le tout dans une théière et de sortir deux tasses. « Nous pouvons discuter ici si vous le désirez. Comme vous pouvez le constater, les clients ne se bousculent pas, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je suis seule aujourd'hui. Je n'aime pas garder mes employés au travail pour le principe, j'estime qu'ils ont mieux à faire. ». Étrangement, elle n'avait pas mieux à faire. Eliëndir travaillait de son côté en tant qu'ambassadeur et bien qu'elle l'aimait du plus profond de son cœur, elle ne désirait pas lui traîner dans les pattes. Elle profitait également des derniers instants de liberté que la vie lui offrait avant de devenir entièrement responsable d'un autre individu. « Vous avez l'embarras du choix. Comme nous servons énormément de voyageurs, j'ai mis à disposition des élixirs qui permettront à vos plantes de rester belles comme au premier jour et de ne pas subir les aléas du trajet. Évidemment, cela ne les protège pas contre les bandits et les catastrophes naturelles, mais vous ne vous retrouverez pas avec une fleur fanée à votre arrivée en… D'où êtes-vous, déjà ? ». La tête légèrement penchée sur le côté, laissant sa chevelure dorée et bouclée tomber en cascade sur des belles de jours, Dahlia n'arrivait plus à se souvenir de si la question avait déjà été posée. La faute au stress, à l'intimidation probablement involontaire d'Archibald qui la dépassait bien d'une dizaine de centimètres.


    Elle cligna des yeux, faisant tourner sa cuillère contre les rebords de sa tasse en porcelaine alors que son sourire s'amenuisait doucement. Sa manie de ne retenir que le négatif d'une interaction reprenait le dessus, le naturel revenant au galop. « Ça… Ça se voit donc tant que ça, que je ne suis pas d'ici. Je ne suis pas réellement surprise. ». Sa voix se fit plus basse et les couleurs chatoyantes de ses ailes commencèrent à se ternir progressivement. « Vous avez raison, je suis arrivée il y a quelques mois. J'ai passé une bonne partie de mon adolescence à Melorn, mais je ne m'y étais pas installée jusqu'à maintenant. La boutique n'a ouvert que très récemment, à peine un mois pour être honnête avec vous. Je suis ravie de savoir qu'elle a attiré votre attention depuis la rue, je me suis attelée personnellement à la décoration. ». Dahlia secoua la tête, se forçant à retrouver un sourire de façade en se rappelant que le personnel ne devait pas venir entacher le professionnel. « J'ai vécu à Liberty pendant plus de deux cents ans avant de venir m'installer à Melorn. J'étais directrice d'orphelinat là-bas, si vous êtes du coin, vous en avez déjà peut-être entendu parler. Les Jardins du Destin. ». Elle doutait très franchement que son établissement ait attiré l'attention au point qu'un voyageur lambda puisse le situer dans les vastes ruelles de la capitale républicaine. Le regard fuyant, se dandinant en plaçant son poids sur une jambe puis sur l'autre, Dahlia peinait à évacuer sa nervosité. « Et… Et vous, professionnel donc ? Si ce n'est pas indiscret, vu que vous connaissez déjà mon corps de métier, pourrais-je avoir des indications sur le vôtre ? ».
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  • Ven 30 Juin - 16:54
    Il avait lui meme répondu plutot rapidement. Trop rapidement, sans doute. Il n'avait pas vu qu'elle s'etait précipitée pour lui faire une tasse de café, et en la regardant se décomposé, il soupira intérieurement en songeant qu'il devait apprendre a faire attention et a ne pas parler trop vite. C’était bien son genre, d’être un petit peu trop hâtif dans sa façon de gérer une situation. Elle s'écroula sous les excuses et il leva une main apaisante.

    - Non, voyons, c'est ma faute. Je fais mon difficile. J'aurais pu le boire.

    Il la regarda aussitôt repartir a la recherche de thé, pendant qu'une prise était en cours pour une livraison. Il la laissa faire comme elle voulait, sentant qu'il était inutile de lui dire qu'elle n'avait pas besoin de se prendre autant la tete. Elle était chez elle après tout. Il entra plutot en conversation avec le livreur qui fit, lui, honneur a la décoction caféine. Visiblement il devait partir vers un petit village de montagne, au nord, pour livrer les plantations. Des fleurs d'hiver, et du liere grimpant à laisser gagner a partir de cette période, et surtout, durant l'été, la ou les steppes nordiques étaient un peu moins froides.

    Il se retourna vers Dahlia, quand celle ci fut de retour avec un petit nécessaire à thé. Le livreur s'échappa pour partir, et ils furent deux a nouveau. Il lui fit un sourire doux en l'écoutant, et ne sembla meme pas réfléchir une seule seconde avant de prendre le petit porte feuille contenant les fruits rouges qu'elle avait conseillés.

    - Les fruits rouges font parti de mes petits plaisirs. Je suis sur que ca va être un plaisir. Je ne dis pas ça pour vous faire plaisir ! Vous avez bien devinée cette fois !

    Elle le remercia sincèrement et il inclina la tête doucement. C’était toujours agréable de savoir que ses paroles avaient fait mouche. Tout en la laissant s'occuper de chauffer l'eau, il hocha la tete en acceptant un siege ou il se mit confortablement, écoutant les consignes et les conseils. Des élixirs pour garder les fleurs en bonnes santés pour le trajet. Tout était prévue visiblement. C'etait un sacré service qu'elle proposait la.

    - Republique. Je viens de la campagne Republicaine a vraie dire. Mes parents y ont des terres depuis plusieurs générations. Mais je n'ai pas pris la suite, le pauvre en dort encore mal la nuit.

    Il eu un petit rire en acceptant la tasse et en prenant doucement une petite cuillerée pour faire activer le goût dans l'eau brûlante. Il avait prit la tasse a même la main, laissant une toute petite couche d'air séparer la peau de la tasse pour éviter de se brûler. Elle semblait de plus en plus recluse sur elle même, et il n'aimait pas trop l'idée qu'elle ne soit pas à son aise, alors qu'elle était dans ses murs. La pauvre semblait maladivement timide.

    - Un seul mois, et vous voilà a la tete d'une si belle affaire ? Vous avez du talent, madame. Si je puis me permettre, je n'ai jamais vu la moindre boutique avoir autant de cachet en si peu de temps d'existence. N'importe qui pourrait penser qu'elle provient d'une longue génération d'experts qui, petit à petit, ont posés leur marques pour donner le résultat qui est celui d'aujourd'hui.

    Son regard avait coulé sur les ailes, délicatement, avec une pointe de curiosité qu'il garda bien a l'intérieur histoire de ne pas la brusquer d'avantage. Le tout dans une discussion, c’était de trouver le juste milieu. Ne pas avoir l'air trop indifférent. Mais pas non plus trop curieux. Et sur ça, il savait particulièrement bien jaugé. Avec elle, il était bon de laisser une ouverture agréable, mais de ne pas être trop brusque. Elle semblait assez mal a l'aise comme ça.

    - Elle est la personnification de vos goûts et de votre talent en tout cas. Je n'ai aucun doute qu'elle va vite devenir extrêmement populaire et célèbre.

    Il se pencha sur sa tasse et prit une gorgée, avant d'avoir une petite moue de douleur, alors que le liquide lui brûla légèrement la langue. Mais ce fut bien vite remplacé par un sourire enthousiaste. C’était encore meilleur qu'il ne l'avait imaginé.

    - Oh, oui. Je connais cet orphelinat. Le monde est petit, dites moi. Il n'est pas très loin de la ou je travaillais, avant. J'y suis toujours, mais un peu moins fréquemment. On peut dire que c'est une reconversion professionnelle plus qu'étonnante. Qu'est ce qui vous a donné envie de changement, l'air de la campagne ?

    Ou bien le petit bonhomme en train de grandir dans son ventre ? Sans doute que la raison était plus proche de ça que de l'envie de changer d'air. L'amour pouvait faire faire des choses biens étonnantes, il en était le premier au courant. Si celle qui faisait un peu plus battre son cœur avait donné l'impression de le voir, alors il aurait peut être commis les pires folies.

    - Oh, non, nous sommes ici pour parler, n'est ce pas ? Rien d'indiscret. J’étais professeur a temps plein, a Magic. Venant de Liberty, vous devez bien connaître. Je donne toujours des conférences dans ma spécialité, entre autre, mais j'ai préféré prendre un peu l'air de la nature, voyager quelques temps. Je l'ai fais durant plusieurs années. C'est comme ça que j'ai visité la ville pour la première fois, il y a quelques années. Je n'avais pas eu le temps de faire tout ce dont j'avais envie, mais c’était une bonne expérience. J’espère pouvoir l'enrichir durant ce voyage ci.

    Une nouvelle gorgée, et n'y tenant plus, il se pencha en avant vers elle. Comme pour lui demander un secret bien gardé. Avec un regard un peu plus joueur et mutin, il murmura de sa voix de tenor.

    - Ce thé, madame, d’où vient il ? C'est a tomber par terre, je ne peux repartir sans en avoir dans mes réserves....

    Et parce qu'il se sentait bien mieux la, avec elle, que sous le joug de son horrible secrétaire. Dahlia avait raison. Quand il n'y avait pas de travail, ce n’était pas nécessaire de forcer à rester sans raison...
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  • Lun 3 Juil - 23:07
    Rouge comme une pivoine, la Fae peinait à trouver sur quel pied danser face à cet individu qui la désarçonnait bien plus que de raison. Si la jeune femme avait toujours été mal à l'aise avec les inconnus, elle était toujours moyennement parvenue à le cacher, à se faire passer pour une demoiselle pleine de confiance en elle, indétrônable, une véritable directrice d'orphelinat que nul n'aurait su défier. Pour autant, dès lors que ses pieds avaient frôlé les pavés de la cité elfique, ce rôle qu'elle jouait lui semblait inatteignable. Une bénédiction pour Eliëndir qui profitait de son doux sourire et de son enthousiasme naturel, une malédiction pour Dahlia qui se retrouvait à être elle-même en toutes circonstances. Les lèvres pincées et sa timidité l'empêchant de s'exprimer correctement, la fleuriste vagabondait d'un étalage à l'autre tandis que son invité s'installait confortablement, les jambes tremblantes sous l'avalanche de compliments qu'il lui faisait. Elle ne dupait personne, pas même elle-même, et lorsque son regard croisa à nouveau le sien, sa respiration se coupa momentanément. Elle était une professionnelle, il était un client. Se faire des amis ne devait pas être si compliqué, si tout le monde y arrivait… N'est-ce pas ?


    « La campagne républicaine, vous dites ? J'ai longtemps vécu dans les forêts non loin de Liberty avec mes parents. Peut⁻être nous sommes-nous croisés plus jeunes. ». Une chance que leur évocation ne la mette plus dans tous ses états, tout du moins tant qu'elle ne s'y attardait pas. « C'est cocasse. Je ne me suis jamais vue fleuriste, pour être honnête avec vous, je pensais finir mes jours dans l'orphelinat qui m'a accueillie. Pourtant, je me retrouve ici, avec une boutique qui honore ma mère. ». D'un geste de tête, elle montra l'enseigne qui siégeait au-dessus de son comptoir. « Elle s'appelait Mariette, et elle a été fleuriste bien avant moi. Je ne pense pas être capable de lui arriver à la cheville mais… ». Son regard se fit plus doux, un sourire sincère venant orner ses traits. « J'apprécie vos compliments. J'essaie de ne pas trop penser au succès, à la célébrité. Ce sont des notions éphémères qui, à vrai dire, ne m'intéressent pas vraiment. Au risque de vous décevoir, ma vocation est ailleurs. ». Elle s'assit enfin en face de lui, relevant les pans de sa robe blanche qui la gênaient pour les placer sur les côtés, libérant une jambe qui profitait du faible courant d'air qui circulait dans son commerce. « J'imagine que vos parents étaient agriculteurs ? ». Posséder des terres en campagne était fort peu commun pour la bourgeoisie, à ce titre, elle ne pensait pas prendre énormément de risques en supposant ainsi.


    Quant à ce qui avait motivé ce changement… Ses yeux s'illuminèrent, son sourire se fit plus large et elle battit lentement des ailes qui reprenaient petit à petit leurs couleurs chatoyantes dans un dégradé arc-en-ciel. « L'amour. Aussi naïf que cela puisse paraître, je suis partie de la République pour rejoindre l'homme que j'aime. Avant de tomber enceinte, si vous vous posez la question. Ce n'est qu'un fruit de mon arrivée à Melorn. ». Elle remua doucement sa cuillère dans le thé alors que l'horloge tiquait pour lui signifier qu'il était temps de commencer à le boire avant qu'il ne refroidisse. « Je dois reconnaître que le quotidien de directrice d'orphelinat n'est pas des plus doux. Les temps sont rudes, les républicains parfois odieux avec des enfants qui n'ont pourtant rien demandé… Je me dois de m'excuser si je vous offense, je ne vous mets évidemment pas dans le même panier. Je ne vous connais guère, mais vous ne me semblez pas être un sans-cœur qui bouscule des orphelins dans les ruelles, car leur vision vous horripile. ». Des souvenirs qui resteraient gravés dans son esprit à tout jamais, une rage qui la consumait chaque jour dans cette capitale atroce. Dahlia détestait Liberty, encore plus depuis son départ. Pour autant, cela ne lui octroyait pas le droit de dénigrer tout ce que la République avait fait pour elle, encore moins envers un de ses occupants.


    Elle acquiesça, un petit rire s'échappant de l'entre ouverture de ses lèvres. « Oh oui, je connais Magic. Je n'y ai jamais étudié, je n'avais ni les moyens ni le temps. Par contre, il m'est arrivé de m'y infiltrer quand j'étais plus jeune, pour voir à quoi l'université pouvait bien ressembler. ». La Fae croisa ses bras sous sa poitrine, plus détendue qu'auparavant, presque espiègle. « Je ne me suis jamais faite attrapée, la sécurité est à revoir, si vous revoyez vos collègues, vous ne manquerez pas de leur mentionner. Il ne faudrait pas qu'une autre adolescente se perde dans leurs jardins jusque tard dans la nuit pour observer les différentes plantes qui y sont cultivées. ». Ou pour passer du temps à l'abri des regards avec son bien-aimé. Si Dahlia se targuait d'avoir eu une enfance sage, autant par les traumatismes qui l'avaient marquée que par la nécessité d'être un modèle pour les autres orphelins, elle n'en disait pas autant de son adolescence. « Vu que vous connaissez Liberty, vous n'aurez aucun mal à retrouver ce thé. C'est une confiserie non loin de l'Université justement, sans doute n'y avez-vous jamais mis les pieds. Elle est tenue par une gobeline aux vêtements… comment dire… disons que vous la reconnaîtrez facilement. Beaucoup de gens l'ignorent, mais ils ne vendent pas que des sucreries, des bonbons et des gâteaux. On y trouve des tisanes et des thés, comme celui-là. Quant à son élaboration, vous devrez demander à une professionnelle, je ne m'y suis pas vraiment penchée. »


    Et quelques instants plus tard, les paroles d'Archibald lui revinrent en tête et elle tiqua sur un détail, aussi insignifiant puisse-t-il paraître. Les deux mains autour de sa tasse, sirotant calmement son thé dont le niveau baissait à vue d'œil, elle se tâta à poser la question qui lui brûlait les lèvres. Sans doute avait-il évité le sujet pour une raison, aussi, il serait impoli de le remettre sur la table. Mais sa curiosité était plus forte que son étiquette, et la Fae ne put s'empêcher d'ouvrir à nouveau la bouche, la tête légèrement penchée sur le côté et une moue interrogative sur le visage. « Vous étiez professeur à temps plein, je comprends donc que vous ne l'êtes plus. Pourquoi avez-vous quitté les bancs de l'université ? Le goût du risque, du voyage ? ». Une fois sa tasse sur la table, elle vint poser sa tête entre ses mains et ses coudes sur ses genoux dans une position d'écoute. « Et je dois admettre que je suis curieuse de savoir quelle est votre spécialité. Je connais plus d'un professeur à Magic, et si ces derniers ne me parlent pas souvent de leur travail, je n'ai jamais entendu votre nom être prononcé, j'en déduis que vous n'êtes ni dans la pratique des magies interdites, ni dans les théories fondamentales de la Magie, encore moins dans l'Art et la Musique. Ou peut-être que mes amis sont de vilains cachottiers. Alors, dites-moi, Archibald, qu'est-ce que vous cachez ? ».
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  • Mar 4 Juil - 18:11
    - Oh, mes aieuls. Dahlia, vous me fendez le cœur.

    Il avait écouté avec un sourire toute la dernière question que la Fae avait posé, mais surtout, le passage sur le fait qu'elle ne le connaissait pas. Comment c’était possible, lui, le grand, le beau, le magnifique Archibald Arthurius Eledani ? Inconnu au bataillon ? Son cœur, son pauvre cœur. Voila qu'il était humilié.

    - Moi qui avait toujours eu l'impression d’être une espèce de célébrité, la star du campus, celui qui est dans tous les ragots, voilà que je me retrouve mystifié par le silence.

    Il leva une main exagérément haute, posant son dos contre son front en fermant les yeux, dans un acte théâtrale aussi ridicule que raté. Son petit sourire ne trompait pas. Et puis comme ça, il pouvait aussi voir si, au dela de sa timidité, Dahlia avait un minimum de sens de l'humour, ou si au contraire, elle était totalement perdu au cœur du premier degré.

    Soudainement, une petite chaleur fut facile a sentir pour la fleuriste juste derrière sa tête. Puis une seconde, puis une troisième. Une chaleur douce, agréable proche de ses cheveux. Puis petit a petit, trois petites boules de de la taille d'un pouce firent le tour de sa tête pour se retrouver devant ses yeux.

    - Oh, vous avez vu ? Des lucioles !

    Toujours souriant, les boules s’envolèrent, tournant autour de la tête de Dahlia, puis d'elle tout court, se séparant en six petites progénitures, avant de ralentir et se s'assembler en une seule bien plus grosse que les premières. Il la laissa gentiment flotter dans l'air, avant que dans un petit souffle, provenant littéralement de nulle part, et faisant s'envoler gentiment les mèches de cheveux de la jeune femme, elle disparut dans l'air, dans un souffle, comme elle était apparut.

    - Je suis elementaliste. Je manipule tous les éléments, a vrai dire, bien que j'ai une ou deux spécialités. C’était ça, mon cours. Étude générale des éléments, puis spécialisation air et feu plus loin dans le cursus. Je fais toujours des petites presentations sur le sujet, parfois pour des débutants et parfois pour des professionnels aguerrit souhaitant une vision plus précise d'un sujet en particulier. C'est passionnant, mais...

    Il soupira, revenant a la question initiale.

    - Vous qui avez voyagé, vous devez le savoir. Le monde ce n'est pas les livres. A un moment, les champs Republicain et Magic commençait a m'ennuyer, alors je suis parti. J'ai tourné un peu partout avant de rentrer. Et je profite a nouveau de Melorn, aujourd'hui.

    Il semblait cependant songeur, aprés ce qu'elle avait dit. Le cout etait effectivement assez élevé, au regard d'une école moyenne, mais il y avait beaucoup de frais d'entretien pour un tel endroit avec autant de gens y vivant une grande partie de chaque journée. Quand bien meme, il n'avait jamais apprécié le systeme actuel. Son coté romantique, sans doute.

    - Vous savez, je suis plutot pour l'ouverture pour le plus grand nombre. Si vous revenez un de ces jours, n'hesitez pas a retourner voir les plantes en question. La magie, ce n'est pas une question d'argent. C'est une question de force de conviction.

    Lui meme ne venait vraiment pas d'un endroit riche, a la base. Il ne pouvait pas se comparer a des orphelins, et aujourd'hui, il était a la tête d'un empire agricole. Mais ça avait été quand même compliqué et demandé des sacrifices a sa famille pour lui permettre de faire ses études. Il avait potentiellement plusieurs idées pour ça, mais pas sur qu'il arrive a faire bouger les choses. On ne changeait pas les mœurs de Magic aussi aisément.

    - Cette confiserie me parle, mais j'avoue ne jamais avoir pris le temps de la visiter. N'ayant pas vraiment beaucoup d'années devant moi, il va falloir que je redouble d'effort pour pouvoir visiter et rencontrer toute les personnes dont je voudrais avoir connaissance...

    Il soupira, la courte vie qui s'offrait a lui était l'un de ses grands défauts. Il continuait d'y réfléchir. Surtout que la seule personne pour qui il s’était intéressé dans sa vie, de loin, a son grand regret, avait déjà plusieurs fois la durée de sa vie toute entière. Une grande détresse.

    - Et qui est donc le nom de l'heureux élu ? Il vient d'ici, lui, donc, si je comprend bien ?

    Elle avait été directrice de l'orphelinat, un poste qui devait en plus lui tenir a cœur, au vu du fait qu'elle venait du même endroit. La république n’était pas parfaite, mais au final, le Reike ou Melorn n’était pas particulièrement plus plaisant. Les riches avec les riches, les pauvres avec les pauvres. Généralement, c’était comme cela que ça fonctionnait. Elle n'avait pas tord, et le fait d'en avoir fait parti devait lui donner ce ton un petit peu plus aigre quand elle l'évoquait. Malheureusement, il n'avait pas les capacités de sauver tous les malheureux du sekai.

    - Je sens la magie sur vous, d'ailleurs. Meme sans l'école, vous etes pratiquante ? Une vraie tristesse de ne pas avoir pu former quelqu'un comme vous.

    Il reprit une gorgée de thé, pour la laisser un peu parler a son tour. Il etait du genre assez bavard, malgré son air initial qui pouvait se définir comme austère.
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  • Ven 14 Juil - 20:56
    Les yeux rivés sur Archibald, légèrement rêveuse, Dahlia se surprenait à se poser autant de questions sur cet homme qui n'avait fait que franchir les portes ouvertes de son commerce quelques minutes plus tôt. Il était peu ordinaire pour elle de créer des liens, encore plus depuis son arrivée à Melorn. Si la cité elfique l'acceptait par son statut et sa persévérance, elle resterait toujours une étrangère aux yeux de certains, mais devant Archibald, elle se sentait étrangement… Chez elle. Devant son air offensé, la Fae reposa sa tasse dans la précipitation et commença à s'agiter, prise de panique d'avoir pu mettre à mal sa nouvelle rencontre. « Je suis désolée je… ». Et en le voyant poursuivre dans une comédie bien mal orchestrée, que n'importe qui aurait pu déceler en ayant ne serait-ce que du bon sens, un doux sourire naquit sur ses traits fatigués. Dahlia ne maîtrisait guère le sarcasme où l'ironie, pour autant les comportements d'autrui restaient transparents à ses yeux, des années de manipulation afin de s'intégrer dans son dos lui permettant de s'adapter remarquablement bien aux situations inattendues. Plaçant une main devant sa bouche qui s'arquait de plus en plus dans un rire franc, la Fae battit doucement des ailes, envoyant une brise dans la chevelure ébène d'Archibald. « Peut-être que vous étiez si populaire que mes proches n'ont pas tenu à m'informer de votre prestance, par peur que je les délaisse pour tenter de vous rencontrer. ». Eloïse et Neera n'avaient jamais été très bavardes, tout du moins lorsque cela concernait leur lieu de travail ou leurs collègues. Une discrétion que la jeune femme appréciait et admirait au demeurant.


    Une douce chaleur se mit à émaner dans son dos, quelques lumières dansant dans sa chevelure jusqu'à venir se poser devant ses yeux, illuminés par la surprise et l'enthousiasme d'une femme au coeur d'enfant. Elle en approcha ses doigts, les lucioles les fuyant malicieusement pour soulever quelques mèches de sa crinière dorée, perdue dans la contemplation de cette magie qui absorbait toute son attention, jusqu'à ce que les petites boules de lumière ne furent plus qu'une avant de s'évanouir dans l'air. L'angoisse semblait avoir suivi le même chemin et une Dahlia au large sourire et au coeur plus léger faisait maintenant face à l'ancien professeur. « Tous les éléments ?! ». Elle posa sa tête dans ses mains, emplie de curiosité. « C'est impressionnant. J'ai toujours trouvé l'étude des éléments particulièrement fascinante, bien que je n'ai jamais eu l'occasion de prendre des cours. Je suis proche de la Tornade, vous ne pouvez ignorer ce nom si vous avez enseigné à Magic, et sa maîtrise du vent a toujours su me surprendre. Si le fait de pouvoir faire plier la nature à sa volonté ne me plaît guère, je ne peux qu'admirer la performance. Pour tout vous dire, ma mère manipulait la nature, à ce titre sa boutique de fleurs était bien plus belle que la mienne. ». Le souvenir de sa génitrice lui revint doucement, elle la revoyait chargée de Belles de jour, vagabondant d'un bout à l'autre de leur chalet en pleine forêt, cultivant de quoi les sustenter pour les jours à venir.


    « Pour être honnête avec vous, je ne suis pas une voyageuse. Je suis quelqu'un de très casanier, j'aime avoir mon cocon, mes habitudes. J'ai vécu plus de quatre cents ans à Liberty, je ne connais ni les terres du Reike ni celles aux alentours. Alors venir ici, à la cité elfique… ce fut aussi difficile qu'agréable. ». Une contradiction qui résumait bien son état d'esprit actuel, les fesses vissées entre deux chaises, une qui la harcelait de nostalgie, l'autre qui la poussait vers l'avenir. Et quand la remarque sur son âge arriva, elle ne put s'empêcher de tendre la main, la posant affectueusement sur son épaule. « Vous avez toujours le temps. La confiserie ne va pas s'envoler, à moins qu'elle ne vous plaise pas et que vous décidiez de la rayer de la carte. ». Une moue dépitée sur le visage, elle poursuivit, faisant mine de le supplier. « La plupart de mes orphelins continuent d'y aller, alors si vous pouviez éviter, je vous en serais reconnaissante. ». Elle espérait que Davina, son ancienne assistante, poursuivait les visites en ville. Cette fois, sans voler les passants et les marchands, rachetant une image immaculée à cet établissement qu'elle avait involontairement emmené dans son pétrin avec la pègre du coin.


    Lorsque la conversation s'orienta vers celui pour lequel elle avait tout abandonné, Dahlia sentit son cœur se soulever et fondre de bonheur, son visage lui revenant instantanément à l'esprit. Transie d'amour, la Fae gigotait sur son canapé telle une adolescente frappée par un coup de foudre. « Il vient d'ici, oui. Il s'appelle Eliëndir, c'est l'ambassadeur de la cité, vous avez dû en entendre parler. Et si ce n'est pas le cas, alors vous loupez quelque chose. ». Si l'Elfe dénotait dans le décor de Melorn, son père qui siégeait au conseil des érudits était encore une autre paire de manches. Le regard embrumé par l'amour qui la galvanisait, Dahlia rêvait à voix haute. « Nous nous sommes rencontrés à Liberty il y a plus de trois cents ans. J'étais perdue, il venait passer du temps en République et lorsque nous nous sommes percutés, mon livre est tombé dans une flaque d'eau. Ni lui ni moi ne savions comment récupérer mon ouvrage, et autant vous dire que l'ancienne directrice de l'orphelinat m'aurait passé un savon dont je me serais souvenue toute ma vie si j'étais rentrée ainsi. Nous nous sommes faufilés dans Magic pour trouver un de ses camarades qui maniait la magie de l'eau et… nous sommes tombés amoureux. C'est pour lui que je suis partie de Liberty et que je suis ici devant vous, dans cette boutique. ». Un petit rire la secoua. « Désolée. J'ai tendance à me laisser emporter. Vous avez un être cher, Archibald ? ».


    Plaçant sa main gauche sur sa taille, la Fae se redressa et de sa main libre, fit tomber des petits flocons qui vinrent se balader sur les cheveux d'Archibald. Après quelques instants de concentration, elle dessina une couronne de fleurs glacée sur sa tête, s'acharnant sur les détails comme l'éternelle perfectionniste qu'elle avait toujours été. « Je suis loin d'être à votre niveau, je dois le reconnaître, mais j'espère ne pas m'être trop ridiculisée. ». Quant au reste de sa magie, Dahlia préférait ne pas l'aborder, craignant qu'une manifestation soudaine de sa pestilence ne vienne entacher leur échange. « Je suis ce qu'on appelle… Une magicienne impulsive ? Je crois que c'est le nom adéquat. Je n'ai pas appris à manipuler cet élément, c'est arrivé par hasard. J'étais en danger et avant que j'ai le temps de réagir, une gerbe de glace épaisse s'était mis en travers de la route du danger qui s'approchait de moi. ». Elle haussa les épaules. « Cela a des avantages, mais surtout énormément d'inconvénients. Je vous laisse imaginer ce qu'il se passe quand j'ai la tête ailleurs, ou quand mes émotions sont trop fortes. J'ai déjà essayé de reprendre le contrôle, toutefois c'est plus compliqué que cela n'en a l'air. Peut-être que vous pourriez aider, qui sait ? ». Puis elle se mit à rire. « Mon pauvre Archibald. A peine sorti des bancs de l'école que je vous remets à votre place de professeur. »
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  • Sam 15 Juil - 22:53
    Il avait sentit que le second degré n'etait pas la spécialité de la fae, et pourtant, petit a petit, il avait reussit a la faire sourire, a se détendre, et c'etait tout ce qu'il avait cherché a faire. Avec un sourire, il hocha la tete a sa remarque sur sa popularité. Il etait assez populaire, lors de ses grandes années a Magic en tant qu'étudiants puis professeur, mais jamais il n'avait atteint la popularité de certain. Ou plutot, de certaine. Son esprit se posa aussitôt sur une personne précise et il eu un autre sourire, un peu différent sans rien dire. Il ne savait pas qui pouvaient bien etre ses relations, mais dans le fond, il n'avait que peu de doute dans l'identité des gens qu'elle pouvait bien connaître. Les mêmes que tous le monde, sans aucun doute.

    La démonstration magique sembla lui plaire tout autant. Ce n'etait pas quelque chose de fréquents que de rencontrer quelqu'un manipulant tous les elements magiques. Mais c'etait bien son cas. Cela ne s'etait pas fait en un jour, pour atteindre une bonne maitrise dans chaque, et a vrai dire, il etait bien meilleur dans deux d'entres eux que dans les autres. Mais a la base, quand il avait commencé, chaque élément lui etait venu naturellement, basé sur la lecture et la reproduction de ce qu'il voyait.

    - La tornade ?

    Il se figea légèrement, son fil de pensée un peu coupé par la remarque de la belle fleuriste. Ainsi donc c'etait une amie proche de Neera ? Le monde n'aurait pas pu etre plus petit. Son sourire s'élargit un peu, et il laissa son regard vagabondé dans les fleurs un instant. Ca faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu. Qu'il s’était éloigné, même. Si il etait si confiant en regle general, dans la vie, il y avait bien une personne qui l'avait toujours maintenu en échec, le rendant un peu chose. Et c’était bien Neera.

    - Oui...bien sur que je la connais. Tous le monde la connaît a Liberty, non ? Si c'est un exemple pour vous et une source d'inspiration, je ne peux qu'etre d'accord. Elle l'est pour moi aussi.

    Difficile de se rapprocher d'une personne qui avait déjà vécue plusieurs vies humaines alors que vous n’étiez même pas né. Et ironiquement, c’était également le cas de Dahlia juste devant lui. Elles n'avaient pas le même rythme de développement physique et mental que les humains, et une certaine proportionnalité pouvait s'installer. Ainsi, de ce point de vu, il n’était peut être pas moins vieux que ces deux dernières. Mais pour lui, le temps était si précieux et un gage de tellement de connaissances, que cela en devenait frustrant.

    - Oh, excusez moi, j'extrapole en me perdant dans mes pensées. Sachez cependant que les gens ne pensent pas a ce qu'il y avait avant. Ils sont emerveillés par ce qu'ils ont devant les yeux actuellement. Ayez confiance en vous, madame. Votre œuvre est digne de grands artistes.

    Il reprit une petite gorgée de thé, comme pour laisser planer ses quelques mots, et la laissa rébondir sur sa question suivante. Et si il avait eu peur qu'elle ai du mal a faire la conversation, il suffisait de parler de son amour pour que les mots s'emballent. Eliendir. C'etait donc pour ça qu'il avait eu cette sensation d'avoir une vague idée de qui il avait a faire. La femme de l'ambassadeur, si ca, ce n'etait pas quelque chose de fabuleux. Dans le pire des cas, si sa secretaire surgissait comme une furie, il pourrait feindre qu'il était en pleine rencontre pour le travail. Parfait. Comme d'habitude, le destin lui était favorable !

    - J'avais connue récemment votre sourire, voilà que j’aperçois votre air amoureux maintenant. Il doit être particulièrement incroyable. Me voilà curieux de le rencontrer.

    Et en fait, c’était bien pour le rencontrer, lui, entre autre, qu'il etait venu. Il se demandait si un rendez vous tait déjà établis ou non ? Mais c’était bien le travail de celle qui s'occupait de tout l'aspect administratif. C’était bien trop barbant pour que cela l'intéresse lui. On le considérait plutot comme un homme qui aimait donner, et prendre. L'annexe ce n'etait pas trop son fort. Meme si parfois il n'avait pas trop le choix. Par chance, Lyla, sa secretaire, etait parfaite dans ce rôle.

    - C'est quand même une histoire passionnante. Faire ainsi un tel voyage pour retrouver l’être aimé, c'est un peu le summum de l'acte romantique. Votre histoire me rend un peu jaloux.

    Et c’était vrai. Qui n'aurait pas voulu vivre pareil conte éveillé ? Mais ce n’était visiblement pas ce que le destin avait décidé pour un vieux baroudeur comme lui. L'age commençait déjà a le rattraper. Si pour l'instant il le portait bien, arriverait sans doute un moment ou ses stigmates seraient biens trop puissants.

    Il leva soudainement les yeux, observant les petits flocons venir se déposer pour former une forme sur sa tête. Il resta bien immobile, aussi bien pour ne pas faire rater la forme que pour ne pas la déconcentrer. Puis finalement, elle sembla presque s'excuser, un peu plus timidement, et il ne répondit trop rien, tournant un peu la tete de droite a gauche, de façon légèrement enfantine, comme pour voir sur le dessus de sa tète quelque chose qui était impossible.

    - Fascinant....

    Il reprit une gorgée de thé en la regardant d'un air songeur et curieux. Puis hocha légèrement la tete avant de reprendre.

    - Vous savez, les émotions, c'est le conducteur principal de la magie. Nombreux sont ceux qui l'utilisent de façon inconsciente un jour ou l'autre, a tout age, dans une situation précise. La magie existe en chacun de nous. L'apprentissage ne sert pas a la créer mais a la maîtriser. Généralement, les mages qui l'utilisent de façon inconsciente sont les plus puissants. L'amour, la colère, la peur, la tristesse, toute ces choses sont des composants qui peuvent déclencher son activation.

    Le plus troublant, de son point de vu, c'etait que selon ce qu'il savait de la réputation d'Eliendir, il etait lui meme un mage émérite, dans un domaine différent du sien. Peut etre qu'il n'avait pas le temps pour l'aider sur ce point de vu la. Il sourit franchement cette fois.

    - Pas du tout, au contraire. L'enseignement et l'une des choses que j'aime le plus. Si vous avez la patience de supporter les leçons d'un vieux grincheux comme moi, je serais ravi de vous donner quelques astuces simples, au moins pour vous éviter de ravager une rue a cause d'un rhume. Ne rigolez pas, j'ai déjà vu quelqu'un a qui c'est arrivé.

    Il reposa finalement sa tasse sur la petite table, et se pencha vers elle, chuchotant presque, comme pour lui dire un secret.

    - Je vous jure que ces idiots de Magic, si ils tombent sur vous un jour, regretterons de ne pas avoir offert la chance a une fleur comme vous d'épanouir ses talents.

    Il se redressa et s'étira un peu. Vraiment, fuir sa secretaire etait la meilleure chose qui avait pu lui arriver en cette journée d'été...
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  • Lun 7 Aoû - 20:29
    Les yeux rivés dans ceux d'Archibald, tentant de lire ses émotions qu'il était bien plus apte à lui cacher que l'inverse, Dahlia se trouvait dans l'interrogation face à cet individu qui avait surgi dans sa boutique un beau jour d'été. Elle sembla tiquer sur ses réactions concernant la Tornade, un petit sourire timide étirant ses traits. La Fae était beaucoup de choses : impulsive, manipulatrice, aussi douce qu'une fleur et aussi meurtrière qu'un poison, néanmoins elle n'était pas dupe. Le républicain essayait manifestement de noyer le poisson concernant leur connaissance commune, et si par politesse elle décida de ne pas insister sur le sujet, l'idée fit son petit chemin dans son esprit. Elle croisa ses mains devant son ventre rebondi, le caressant distraitement alors que son regard se perdait dans sa propre boutique. Il était encore difficile pour elle de réaliser que tout ceci lui appartenait, que l'orphelinat et les cris des enfants ne rythmaient plus ses journées. Tout semblait si proche et paradoxalement si loin. Sa réflexion fut interrompue par la douce voix d'Archibald qui, pour la première fois depuis leur rencontre, lui proposait une expérience inattendue et ayant de très petites chances de réussite : avoir confiance en elle. La Fae pencha la tête sur le côté, les boucles de sa chevelure dorée caressant ses épaules tout juste éclairées par le soleil et un minuscule soupir s'échappa de l'entre ouverture de ses lèvres.


    « Oh, j'aimerais, Archibald. Il y a tant de choses que j'aimerais faire, que je voudrais réaliser, il m'est impossible d'en faire une liste complète quand bien même je suis vouée à vivre encore quelques centaines d'années. ». Ses yeux ambrés se posaient à nouveau sur la silhouette de l'ambassadeur après quelques secondes d'évitement. « J'apprécie vos compliments, réellement. Il est rare de nos jours de trouver des personnes qui se trouvent les mots pour toucher le coeur d'autrui, je suis ravie de voir que vous en faites partie. ». Une simple constatation qui aurait pourtant du lui sauter au visage. Peut-être que cet Archibald était un beau parleur, après tout, elle ne le connaissait que trop peu pour se permettre d'émettre un jugement. Pour autant, Dahlia suivait son instinct et celui-ci lui chuchotait à l'oreille d'ouvrir une porte, au moins une fenêtre, à cet individu sur le monde qui l'entourait. Que pouvait-il se passer qui l'effrayait tant ? La Fae secoua la tête, tentant d'en extirper la paranoïa qui revenait inlassablement à la charge, et un large sourire s'empara de son visage. « Vous n'imaginez pas. Enfin, je peux concevoir que je ne suis pas très objective concernant mon conjoint mais personne ne l'est. J'ignore si vous aurez le temps de vous rencontrer, à mon grand désarroi, mon Eliëndir est un homme particulièrement occupé et à ce titre, chaque seconde ensemble est savourée. Néanmoins vous pouvez être sûr que je lui parlerais de notre rencontre. Ce n'est pas tous les jours que je prends autant le temps de discuter avec un client, surtout d'autres choses que de fleurs. ». Un changement ô combien bienvenu dans son quotidien.


    « Vous n'êtes pas vieux, enfin. S'il y a quelqu'un de vieux entre nous deux, croyez-moi, ce n'est pas vous. Et parfois, une longévité pareille n'est pas un cadeau. ». Elle dut retenir ses pensées qui se dirigeaient vers la centaine d'orphelins qu'elle avait perdu, tant de deuils qui aujourd'hui encore lui serraient la gorge. Dans l'incompréhension face à ses paroles concernant la magie, Dahlia cligna des yeux et ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte, avant de poursuivre. « Vous… Vous êtes sûr ? Pour être honnête avec vous, j'ai déjà rencontré plusieurs professeurs, une alchimiste, une médecin, pour trouver une solution à ce… ». Elle fit une pause, pesant ses mots. « Problème. Qui n'en est pas un d'après vous. Je serais curieuse de connaître votre approche concernant la manifestation involontaire de la magie, spécifiquement liée aux émotions. Heureusement pour moi, je ne dispose de rien de bien dangereux, mais je dois reconnaître que j'aimerais éviter de glacer mon enfant par mégarde. ». S'était-elle battue toute sa vie contre une puissance insoupçonnée, cherchant à l'enfouir plutôt qu'à l'entendre ? Quand bien même, elle n'allait pas confier à Archibald qu'elle inoculait des maladies à tour de bras.


    « Vous me flattez, mon cher. J'en oublierais presque que je suis bientôt une femme mariée. Mais je ne suis pas rancunière envers Magic, je pense que j'aurais été une très mauvaise élève. Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, de par mon passé en tant que directrice d'orphelinat, j'ai une patience très limitée et une forte tendance à m'éparpiller. Un cocktail qui est bon pour tout, sauf les études. ». Son esprit divagua à nouveau vers l'élu de son coeur et les traits de son visage s'apaisèrent, son regard embrumé alors qu'elle rêvait les yeux grands ouverts. Puis elle réalisa, dans ce temps de pause impromptu, qu'Archibald avait savamment esquivé sa question. Elle le regarda s'étirer, suivant son mouvement et vint poser sa tête dans ses mains. Une fois bien installée, elle le gratifia d'un doux sourire un poil malicieux. « Vous aimez faire dans le mystère, Archibald. Je ne peux pas vous obliger à vous confier à moi si vous désirez garder le nom de votre dulcinée pour vous, mais quelque chose a l'air de vous chiffonner à ce sujet. Depuis quand êtes-vous amoureux ? ». Peut-être qu'en tournant autour du pot, le jeune homme allait finir par se trahir. La vérité étant que Dahlia ne voulait pas réellement savoir de qui il parlait. Elle était simplement curieuse d'à quoi pouvait ressembler celle qui dansait dans les rêves d'Archibald, les yeux brillants d'une soif de curiosité à assouvir, l'âme d'une des plus grandes romantiques que portait le Sekai…
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  • Lun 7 Aoû - 22:46
    - Voyez vous ça ?

    Il avait totalement remarqué sa façon de détourné les yeux a plusieurs reprises. Et avait commencé a établir un paterne qu'il trouvait amusant de constater a chaque fois. Quand elle etait gênée. Quand elle pensait a son époux. C’était les deux principaux facteurs a meme de déclencher ça. Cette technique défensive qu'elle semblait avoir apprit a manier depuis longtemps. Malgré son apparente décontraction, il avait pas grimpé les échelons aussi aisément sans talent. Analyser les gens en faisait parti.

    - Figurez vous que quand j’étais jeune, ma mère ne savait vraiment pas quoi faire de moi. Je suis né a la campagne et j'avais l'habitude de courir partout toute la journée. Alors elle m'a mit le nez dans les livres. Ca m'a calmé un temps. Je suis passé d'hyperactif dehors, a hyperactif dedans.

    Il se souvenait de l'époque ou il passait le plus clair de son temps a dévorer tous ce qui lui passait sous la main, aussi bien en terme de nourriture que de lecture. Une époque ou sa mere avait commencé a le pousser dehors pour eviter qu'il ne s’empatte. Avant de vraiment reprendre le travail dans les champs. Mais ils n'avaient finalement eu d'autres choix que de l'envoyer a Magic, avec le peu de moyen qu'ils avaient, pour qu'il puisse vraiment s'épanouir.

    - Un bon élève n'est pas forcément un qui écoute. Je ne parle pas de faire du bazar, de gêner le groupe. Je parle de façon d'apprendre. Enfin, peu importe. Nous sommes ici a présent.

    Il n'allait pas lui faire miroiter ce qu'elle avait peut être comme regret. Les choses étaient ce qu'elles sont, et elle n'avait pas eu cette opportunité. Pourtant, il ne voyait pas vraiment quelqu'un avec une vie gâchée. Un homme dont elle était éperdument amoureuse, un bébé bientôt la, une belle boutique, après de longues années a s'occuper d'enfants. Elle avait de quoi être fière d'elle dans tous les cas, déjà.

    Son attention se reporta un peu plus sur Eliendir. Elle en parlait encore, et il était dorénavant curieux de vraiment le rencontrer. Un homme indubitablement occupé, a tel point que lui, qui avait cette réputation de mage d'exception, n'avait pas le temps de fournir des cours de contrôle a sa femme ? Enfin, il y avait peut etre autre chose la dessous. Il était difficile d'enseigner aux personnes les plus proches de soi, parfois. C’était peut être le cas pour eux.

    - H..Hum ?

    Il revint a lui quand le regard de Dahlia changea. Dang. Elle venait de passer en mode attaque, en changeant de stratégie. Plus d'éparpillement dans son regard, elle l'avait agrippé avec ses pupilles, comme pour le clouer sur place. Terrifiant. Mais c’était bien l’apanage féminin d’être capable ainsi de mettre en échec un homme au simple ton de sa voix.

    - Amoureux... ?

    Oh, il venait de faire le lien. Elle parlait de ça. Elle n'avait pas abandonné, bien au contraire. Elle s'etait faufilé doucement dans l'ombre, pour entouré sa proie, et soudainement, mordre dans son point faible, pour le prendre de court. L’empêchant de reprendre totalement ses sens et son calme.

    - Ah...ahah...Ahaha !

    Il éclata de rire de bon cœur, amusé de s’être ainsi fait avoir. Il ne l'avait clairement pas vu venir, ce coup la. Il ne savait même pas comment danser, ni ce qu'elle pouvait bien avoir en tete. Ce qu'elle pensait avoir comprit. Enfin, difficile de lui fausser compagnie pile a ce moment la. Il pouvait bien jouer un peu sur ce terrain. Elle meme avait ouvert son cœur, alors c’était un bon prêté pour un rendu.

    - Je dirais qu'amoureux est un bien grand mot. L'amour est une émotion qui se cultive avec le temps, avec la personne aimé. Enfin, tout du moins, c'est ainsi que je conçoit la chose. Pour tout vous avouer, je suis loin d’être un professionnel de la chose. Loin de quelqu'un ayant véritablement vécue la chose comme vous.

    C’était un solitaire, comme bon nombre de professeur a Magic, dédié a son travail, a sa magie, a ses études. Puis quand il avait commencé a se poser, a chaque fois, il avait bougé, toujours seul, toujours pour s'éloigner de tout ce qu'il pouvait considérer comme une sécurité. Il avait peut etre peur de ça.

    - Si quelqu'un me plaît, comme vous semblez le penser, c'est un peu comme...un mirage. Un bateau lointain. Celui que l'on regarde en s'appuyant sur la rambarde de bois, sur le port. Il semble puissant et magnifique, mais hors d'atteinte. On a beau tendre le bras, il n'est qu'un petit trompe l’œil au creux de la main. Une douce utopie.

    Il s’arrêta, laissant le silence s'installer un instant, avant de constater lui même qu'il venait potentiellement de créer un blanc.

    - Pardon, je ne suis qu'un vieux romantique qui parle plus qu'il n'agit. Et je n'ai pas envie de vous bloquer toute votre aprés-midi.

    Cette manœuvre d'évasion aurait pu etre habile...Si il y avait eu au moins un seul autre client dans la boutique. Il etait doué. Mais comme tous, il avait toujours beaucoup a apprendre dans certain domaine ou certaines situations...
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  • Mar 15 Aoû - 21:00
    Amoureuse de l'amour, Dahlia toisait Archibald avec une attente palpable. Ses deux yeux ambrés rayonnaient d'une intensité captivante, toute son attention tournée vers un seul être qui détenait la clef de toutes ses interrogations, une histoire qu'il tentait malgré lui d'enfouir sous le tapis. Manque de chance pour le professeur, la Fae faisait partie de cette catégorie de gens parfois aimés, souvent détestés : les têtus. Ses jambes flottant dans le vide, gigotant en dessous du canapé comme l'aurait fait une enfant, la jeune femme travaillait autant sa patience que le jeune homme, satisfaite de le voir s'esclaffer en répétant ses mots. Elle acquiesça sagement. « Amoureux, oui. Croyez-moi, Archibald, je sais de quoi je parle, et je sais reconnaître un amoureux transi quand j'en vois un. ». Le visage d'Eliëndir revenait inlassablement hanter son esprit, la plongeant dans une béatitude si grande que son sourire ne faisait que s'élargir, ses yeux rêveurs restant figés sur la silhouette d'Archibald. Dahlia ne pensait qu'à lui, qu'à ces minuscules rides qui ornaient ses joues alors qu'il se tordait de rire sous ses chatouilles, qu'au ton de sa voix qui lui murmurait des mots doux à l'oreille à la tombée de la nuit, que de leurs échanges toujours aussi tendres même dans les moments les plus difficiles, de sa manie de vouloir cuisiner pour elle alors qu'ils étaient tous deux de piètres cuisiniers. Confortablement installée dans son cocon de bonheur, la Fae dansait entre joie et sérénité, la félicité ayant enfin décidé de frapper à sa porte.


    Elle écouta attentivement le professeur tenter de la convaincre qu'il ne s'agissait pas du sentiment auquel elle pensait. La Fae ferma les yeux un instant tout en continuant d'acquiescer, faisant preuve d'une attention toute particulière au choix des mots employés par Archibald, à cette façon qu'il avait de fuir le sujet quand bien même on lui mettait le nez dedans. Un évitement somme toute classique, une tentative vaine de se défaire d'une jeune femme qui s'était occupée de centaines d'enfants durant plusieurs décennies. Dahlia n'était pas de celles dont on pouvait se débarrasser aisément, et elle comptait bien le prouver. « Vous savez, quitte à paraître un peu clichée, l'amour n'est pas un long fleuve tranquille et aucune définition n'est la bonne. ». Elle rouvrit les yeux, plantant son regard ambré dans celui d'Archibald telle un prédateur face à une proie incapable de se défaire de son emprise. « L'amour commence souvent par une admiration, par un geste, par une voix. On ne s'en rend pas compte tout de suite, on cherche des excuses… Vous, cherchez des excuses. ». Un petit sourire narquois apparut sur son visage. « Je ne vous ferais pas l'affront de faire des suppositions sur ce que vous ressentez, alors permettez moi simplement de vous conter ma propre histoire, mon approche de l'amour. Peut-être vous éclairera t-elle sur une nouvelle façon de voir les choses, voire même faire naître une pointe de courage. ». Car si la Fae ne disait rien, elle ne considérait pas Archibald comme un pleutre, loin de là. Elle connaissait ce sentiment étrange, cette sensation de n'être qu'une goutte d'eau dans l'océan aux yeux de l'autre.


    « Voyez-vous Archibald, j'ai rencontré mon bien-aimé il y a plus de trois cents ans. Durant ces longues années, notre relation n'a fait qu'osciller. Des hauts, des bas, comme il est censé en avoir dans un couple classique. Néanmoins, si cela peut vous paraître loin, si ma façon d'évoquer la chose vous donne l'impression que tout ceci date d'un autre temps, vous seriez bien fourvoyé. ». Son sourire se teinta d'une légère tristesse, d'une mélancolie qui venait d'une nostalgie n'ayant pas lieu d'être. « Notre relation ne s'est officialisée qu'il y a quelques mois. Je vais peut-être sonner comme une idiote, mais durant ces trois cents ans, j'ai attendu, patiemment, que ce soit le bon moment. Et je le regrette, amèrement. Eliëndir a su prendre son courage à deux mains et me demander de vivre avec lui, après tant d'années perdues. A l'échelle de la vie d'une Fae ou d'un Elfe, cela peut vous sembler risible, la vérité étant que l'on a jamais assez de temps avec les personnes qu'on aime. Le bon moment n'arrivera jamais. Celle qui vous plaît ne sera pas toujours dans votre sillage et si vous laissez passer votre chance, elle ne reviendra peut-être jamais. ». Ses mains allèrent chercher naturellement celles d'Archibald pour les serrer, une larme singulière bordant son oeil droit. « Les utopies ne sont que des rêves, et si les rêves peuvent se réaliser en y mettant un effort conséquent, votre situation n'est guère différente. ». Puis son sourire fit son retour, son épiderme froid goûtant à la chaleur des doigts du professeur. « Je ne vous dis pas de vous précipiter, seulement d'y penser. D'imaginer ce que pourrait être la vie en compagnie de cette personne chère à votre coeur. D'investir votre énergie, votre envie, à ce que votre souhait se réalise. Lorsque vous serez au bout de votre vie, vous ne vous souviendrez pas de l'attente, de la peur, de l'appréhension. Vous ne penserez qu'aux meilleurs moments de votre existence, et je ne peux pas décemment vous laisser quitter ma boutique en imaginant que vous allez finir pleins de regrets. Vous méritez mieux que cela, Archibald. »
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  • Mer 16 Aoû - 0:39
    Il resta de plus en plus silencieux, ingurgitant les informations et l'histoire que Dahlia etait en train de lui raconter. Elle parlait avec le cœur, en essayant de saupoudrer le tout de la raison, pour mettre en avant son point de vu et, visiblement, le convaincre de se lancer dans une entreprise qui, soyons honnête, était considéré par lui comme, sinon audacieuse, totalement suicidaire.

    Elle avait beau le regarder avec ses grands yeux, et tenté de mettre en place une sorte d’atmosphère voué a lui mettre la pression et a le faire parler, il n'avait pas l'air de vraiment se dérider. Elle parlait avec une vigueur propre a celle des gens convaincu par ce qu'ils disaient, et pour être tout a fait clair avec lui même, il n’était pas totalement imperméable a son discours.

    - C'est une belle histoire. Je comprend parfaitement que vous chérissiez ce chemin que vous avez tracé au fil de votre existence. D'autant plus si c'est tout frais. Mais je pense quand même qu'il est difficile pour nous d'avoir la même vision des choses quand a une vie ou le nombre d'années est a ce point différent.

    Pas sur l'amour, mais en règle général. Si jamais il rencontrait une femme aujourd'hui, combien de temps, en étant en parfaite santé, pourrait il lui accorder ? Trente ? Peut être vingt ? Il avait toujours trouvé le temps trop court, n'ayant jamais l'impression de le maîtriser tout a fait, courant éperdument après chacune de ses secondes, dans l'espoir d'une seule supplémentaire qui pourrait faire la différence entre la passivité et l'activité.

    Il avait beau s'évertuer a faire le plus de choses possibles, il n'avait jamais eu une seule fois dans sa vie l'impression d’être maître de son destin. Il la fixait gentiment en retour, son air jovial un peu refroidis alors que la discussion était, de son point de vu en tout cas, beaucoup plus sérieuse. Beaucoup plus encore que ce que la Fae pouvait avoir peut etre en tete. Elle l'avait piqué a son plus vif, sans le vouloir.

    - La vie n'est il pas un regret, en soi ? Est ce qu'une personne n'ayant pas de regret peut il vraiment dire qu'il a vécu ? J'y pense beaucoup, vous savez ? Nous avons tous des objectifs, et, nous tout particulièrement, les humains, ne pouvons que rarement les mettre tous en pratique. La relation amoureuse est, globalement, celle la plus centrale qui soit pour nous autres être de chair, de sang, mammifères que nous sommes. Mais ce n'est pas pour autant que c'est quelque chose qui va vraiment arriver et....

    Il s'arreta, l'air un peu perdu, comme si il essayait en vérité de se convaincre lui meme. Il avait perdu Dahlia des yeux, pour les laisse se perdre dans le vague. Il parlait de façon un peu trop scientifique. La vérité était bien plus simple. Il avait simplement l'horreur de ne jamais avoir la sensation d'avoir vraiment vécu. Et il y avait tellement de races a la longévité bien plus élevé que la sienne, que l'idée de n’être qu'une goutte d'eau dans la vie de ces personnes le terrifiait un peu.

    - Enfin, pardonnez moi. Je n'ai pas vraiment parler d'une façon teinté de véritable logique. Ca me touche que vous pensiez que je mérite quoi que ce soit. Mais de ce que vous en savez, je pourrais etre la pire des ordures. Cela montre que vous êtes une belle ame, Dahlia.

    Le thé était froid a présent, et a dire vrai, il aurait bien voulu remplacer le breuvage par un alcool de son cru. Mais il n'allait décidément pas proposer d'aller boire de l'alcool a une femme enceinte, encore plus quand elle venait de vanter les qualités de la relation qu'elle vivait avec son époux absent ce jour.

    - De mon coté, je pense que je vais continuer ce que j'ai fais jusque la. Et peut être qu'un jour, une opportunité se présentera a moi. Ou pas, et j'aurais peut être des regrets. Mais avoir des regrets, c'est avoir eu des envies et des objectifs. Et quand on a eu l'un ou l'autre, ou meme les deux, alors je pense qu'on peut affirmer que l'on a vécu, non ?

    Il pensa a elle un instant, qu'il n'avait pas revu depuis...cinq ans, non, plutôt six ans maintenant, depuis son départ en voyage. Une goutte d'eau pour elle, un énorme chapitre de sa vie pour lui. C’était avec cette prise de conscience qu'il avait décidé de ne pas lui rendre visite lors de son retour. C’était mieux comme ça. Il sourit finalement, lachant un petit rire un peu forcé.

    - Avec cette atmosphère, je vais fuir vos clients, je suis navré, ahah. Je devrais peut etre y aller.
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  • Dim 24 Sep - 18:00
    Le coeur serré, l’appréhension la gagnant doucement, Dahlia écoutait les paroles d’Archibald sans oser l’interrompre. En se perdant dans son propre monologue, dans cette vision rose de la vie dans laquelle elle nageait aujourd’hui, la Fae avait perdu de vue l’objectif principal de cette conversation. Elle s’était imposée, débarquant dans le sillage d’Archibald tel un éléphant dans un magasin de porcelaine et sous cet élan de confiance en elle, elle en avait oublié les règles d’usage mais également le respect qu’elle devait, d’abord à un client, ensuite à une figure si éminente de Magic et pour finir à une personne qui la considérait assez pour passer du temps avec elle. Coupée dans son élan par sa propre culpabilisation, la fleuriste se fit toute petite, ses yeux glissant lentement du visage de l’élémentaliste pour s'aventurer sur ses épaules avant de se diriger tout droit vers le sol carrelé. Ne savait-elle pas tenir sa langue, garder ses états d’âmes pour elle-même ? Ce débordement d’émotions la qualifiait bien plus qu’elle ne désirait l’admettre et plus nerveuse que jamais, la Fae se contenta d’acquiescer. Elle comparait l’incomparable, donnait des espoirs alors que son cas était rare, unique. Alors qu’une légère brise envoyait sa chevelure blonde valser en arrière, elle emporta une minuscule brume verte qui partait des doigts de la Fae, finissant sa route sur une des fleurs dans son dos qui se fana instantanément. En voulant s’avancer au plus proche d’Archibald, Dahlia avait fait le pas de trop, celui qui lui serait fatal, et son esprit névrosé ne lui ferait point de cadeaux.


    « Vous avez raison, Archibald. Je suis désolée de m’être aventurée ainsi dans votre vie privée et d’avoir pu vous donner l’impression que... ». Elle poussa un long soupir. « Que je savais de quoi je parlais. Il y a encore quelques mois, je n'aurais pu imaginer la situation dans laquelle je me trouve aujourd'hui. Je ne sais pas ce qui m’a pris. ». Si Dahlia tentait d’oublier la dépression qui guettait chacun de ses gestes, celle-ci finissait toujours par la rattraper pour la poignarder dans le dos. « Je n’aurais pas du insister, et pour cela je vous prie sincèrement de bien vouloir m’excuser. J’espère réellement que vous trouverez ce que vous cherchez dans cette vie, que ce soit l’amour, le succès ou simplement la satisfaction d’avoir vécu comme vous l'entendez. ». Car des regrets, la Fae en possédait bien plus que n’importe qui sur le Sekai. Le visage de ses parents lui revint en tête, comme un rappel qu’elle ne serait jamais véritablement absoute de ses méfaits, qu’un danger pèserait toujours sur ses épaules. Le bonheur dans lequel elle vivait aujourd’hui ne pouvait effacer toute la souffrance de plusieurs centaines d’années. « Je ne peux pas affirmer que je comprends votre dilemme, car ce n’est simplement pas le cas. Nous autres races à la longévité bien plus grande que la vôtre avons le luxe de prendre notre temps, c’est un privilège que j’oublie souvent malgré moi. ». Un minuscule sourire s’empara de ses traits. « Néanmoins je reste persuadée que vous vivez bien plus intensément que nous autres. Pour cela, je vous jalouse, je vais le reconnaître. Et quand bien même vous n’avez pas une espérance de vie aussi grande que la mienne, vous avez été capable d’accomplir bien plus. Il n’est pas donné à tout le monde d’enseigner à Magic, un exemple parmi tant d'autres de ce que vous avez pu accomplir, de ce que vous pouvez encore accomplir et vous n’avez rien à envier à une ancienne directrice d’orphelinat, je vous l’assure. ».


    Elle releva la tête, ses yeux s’aventurant sur l’encadrure de la porte de sa boutique qui restait vierge de tous clients si ce n’est l’élémentaliste qui la toisait. « Si vous désirez partir, je ne saurais vous en empêcher. Cependant... ». La Fae se leva, époussetant sa robe blanche avant de se diriger vers le comptoir pour en sortir un manuscrit épais sur lequel figurait le nom de chaque plante et fleur connue dans le Sekai, des plus communes aux plus rares. Elle se rapprocha de la table et le déposa juste à côté du thé d’Archibald. « Vous êtes venu pour un souvenir, à ce titre il est hors de question pour moi de vous laisser repartir les mains vides. Vous n’avez pas besoin de vous décider aujourd’hui si l’inspiration n’est guère présente, je vous assure que je trouverais le temps de vous faire livrer ce que vous désirez. ». Son regard erra sur sa propre écriture pendant un bref instant. « En tant que professionnelle, je vous conseillerais de vous pencher sur les iris. Evidemment, tout ceci reste une histoire de goût mais j’ai le pressentiment que cette fleur pourrait plus vous correspondre que vous l’imaginez. ». La fleur de l’espoir, de la sagesse et de la foi. Imparfaite, éphémère, comme ils l’étaient tous. Son sourire s’élargit doucement et elle plaça ses mains jointes devant son ventre, attendant la décision de son compagnon du jour avec une hâte non dissimulée.
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  • Dim 24 Sep - 18:54
    Il fut un peu surpris de la réaction de son interlocutrice. Si elle se leva, lui ne bougea pas d'un pouce, l'observant un peu gesticuler sur elle même en cherchant quelque chose a revenir poser sur la table a coté de la tasse vide du professeur. Elle s’était ratatiné, comme la fleur derrière elle qui avait perdu la vie aussi vite que lors d'une tempête. Il l'avait bien assurément remarqué. La magie, c'etait tout ce qui vivait autour de lui, et il en avait généralement un ressentit palpable. Il hocha doucement la tête et la regarda avec douceur.

    - Vous n’êtes pas fleuriste, vous êtes une fleur, perdue au milieu des arômes de votre boutique.

    Perdue c’était ce qu'elle lui sembla être soudainement. Perdue vis a vis d'elle même. Entre ce qu'elle voulait montrer, et ce qu'elle était réellement. Il avait visiblement eu la joie de voir son vraie visage pendant un instant, et elle s'en était aussitôt effrayée. Une pièce a deux facettes, dont il avait sentit le malaise comme une part active de l'aura magique de la pièce. Il avait totalement comprit la raison de l’état de la petite fleur, dans son dos.

    - Ne me parlez plus comme vous venez de faire s'il vous plaît. C'est...contre productif.

    Il avait laissé sa phrase en suspend, comme pour instauré le doute. Sur le sens véritable de ce qu'il voulait dire. De ce dont il parlait, en évoquant ce qu'elle venait de dire. Sans préciser la partie exacte. Il la fixa intensément, de ses deux grands yeux remplit de sagesses et d'une certaine bonté. Il avait l'art de comprendre les gens, bien plus que de se comprendre lui même. Il avait perfectionné ce talent au fil de ses voyages, et désormais, c’était un atout non négligeable pour sa nouvelle discipline professionnelle.

    - Vous étiez si belle quand vous parliez avec votre cœur et votre sourire. Et voilà que vous l'avez soudainement troqué contre un masque floral fort désagréable. Je ne vous ai plus reconnu, chère Dahlia. Vous pouvait faire mieux, beaucoup mieux.

    Il hocha légèrement la tête, en se penchant vers le petit présent qu'elle avait déposé sur la table entre eux. Elle n'aurait pas pu lui faire un plus beau présent, dans la mesure ou il était un férue de lecture et d'apprentissage. Il prit le volume relié entre ses mains et l'ouvrit délicatement. Il observa les premières pages avec attention, l'air soudainement plongé dans ses pensées, et dans cette lecture qu'il jugeait déjà passionnante. Il prenait toujours plus de plaisir a étudier avec quelqu'un, de toute manière. Il n’était pas un solitaire dans l’âme. Il aimait les gens, la compagnie. Et c’était pour ça qu'elle pouvait lui peser encore plus que pour d'autre.

    - Ah, voilà la page qui m’intéresse.

    Mais ce n'etait pas les Iris. Plutôt une fleur bleutée, qui pouvait a la fois se teindre de rose clair, de blanc, ainsi que des pétales différentes en fonction de sa variété. Les Anémones étaient exactement ce que la Fae pouvait lui faire penser. Il se pencha pour lire d'un peu plus prêt. Une fleur pouvant représenter l'amour dans certaine circonstance et pour certaine variété. Mais également la résistance, et la maladie. Dont elle semblait etre ravagée. Elle résistait a la vie plus qu'elle ne vivait.

    - Mais par chance, elle a trouvé quelqu'un qui l'aide a affronter la tempête.

    Il avait murmuré ça plus pour lui que pour elle. Il était de plus en plus curieux de rencontrer ce fameux ambassadeur de Melorn. Mais plus forcément d'un point de vu professionnel. Il leva les yeux vers Dahlia, et fixa son air curieux, alors qu'elle avait visiblement commencé a se demander ce qu'il pouvait en penser. Il tourna finalement les pages, pour rejoindre les Iris, et sourit.

    - C'est une belle vision de moi que vous avez, je vous en remercie énormément. J'espere etre digne de cette pensée que vous avez vis a vis de moi.

    Il inclina respectueusement la tete. Il observa la porte pour la premiere fois, comme elle l'avait fait plus tot. Elle l'avait invité a revenir, implicitement, et il l'avait comprit comme ça. Mais il ne pu s’empêcher de rajouter quelque chose de plus, vis a vis de sa pensée précédente.

    - Je reviendrais dans les prochains jours. Je vous ai promis un cours, n'est ce pas ? Et vous, de m'aider a découvrir la ville dans une certaine mesure, ou la santé de votre petit n'est pas mis a trop rude épreuve par la découverte d'une marche. Cependant.

    Il se recula dans le siege, sans avoir fermé la page du livre.

    - Si vous avez tant de mal a maintenir la barriere respectueuse de la vendeuse avec son client, alors j’espère sincérement que la prochaine fois que je passerais le seuil de votre charmante boutique, ce n'est pas un client que vous accueillerez. Mais un ami.

    Il lui fit un sourire sincére, pensant sincérement ses mots. Car il n'y avait pas plus grand bonheur pour lui que de se faire une nouvelle amie.
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