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  • Mer 29 Nov - 7:11
    Attention:


    Sur un long sentier serpentant les abords des forêts millénaires de la République, un carrosse noir orné de quelques lanternes évoluait avec lenteur, jurant avec une nature sauvage dans laquelle la présence humaine n'était trahie que par le peu de terre retournée que constituait ce chemin. Le temps n'avait d'aujourd'hui rien d'hospitalier et l'épais rideau de pluie qui s'abattait sans relâche, altérant la visibilité de ceux qui avaient vu le courage de braver les éléments. Un tel orage n'était d'ailleurs propice à rien de productif, on devinait donc que les rares âmes ayant eu l'audace de quitter leurs chaumes le faisaient toutes pour une excellente raison.

    Celui qu'abritait l'élégant mais sinistre véhicule, en l'occurrence, avait justement un rendez-vous qu'il était impensable de manquer.

    Mortifière, dont nulle projet n'était jamais laissé au hasard du fait d'un emploi du temps pour le moins surchargé, avait reçu de la part du Docteur une missive l'invitant à faire la rencontre d'une étrangère. Il n'était pas rare pour l'obscur praticien de faire parvenir au cerbère des courriers plutôt que d'effectuer ses propositions de vive voix. Etant un être particulièrement affairé, il n'avait que rarement l'occasion d'organiser avec sa création des entrevues par simple courtoisie et lorsqu'il offrait à quelqu'un le privilège de sa présence physique, ce n'était pas toujours avec un esprit empli de bonnes intentions.

    Affalé au fond de sa banquette de cuir violacé, le géant mécanique dont la tête reposait contre le bois de la porte se plaisait à observer sans vraiment prêter attention à ce qu'il voyait le décor de l'impétueuse tempête qui hurlait dehors, sans se soucier d'ailleurs de l'état de son pauvre cocher qui, quant à lui, ne jouissait pas du confort d'un habitacle isolé des eaux. Son épaisse cape d'ébène s'écarta légèrement lorsque l'un de ses bras mécaniques s'éleva dans une série de claquements et de vrombissements magiques puis, du dos de trois de ses griffes de métal, il vint toquer contre le plafond pour interpeler le conducteur :

    "Nous approchons, n'est-ce pas ?"

    Sa voix, bien qu'éraillée et rendue métallique par les multiples expériences dont il avait été victime, était aujourd'hui plus forte et maitrisée qu'auparavant. Les quintes de toux dues aux brûlures de sa gorge malmenée s'étaient, ces temps-ci, faites un peu plus rares. Peu à peu, sa condition était devenue moins difficile à endurer. De l'extérieur, son cocher lui répondit en criant au dessus du souffle du vent :

    "Oui, messire. La cabane est droit devant nous et j'y aperçois quelques lueurs. Votre rendez-vous se tiendra à l'heure."

    "Bien."

    Leur invitée, pour une raison qu'ignorait Mortifère, n'avait pas souhaité que leur rencontre ne fut organisée à Liberty. Il avait été acté, probablement par souci de discrétion, que l'entretien du jour aurait lieu non pas dans le confort d'une belle et grande ville républicaine, ce que le militaire pourtant habitué désormais à la tranquillité citadine ne déplorait guère. Du fait de son naturel peu curieux et de sa foi aveugle en le Docteur, le soldat n'avait nullement réfléchi à l'étrangeté de cette planification jusqu'à présent mais son instinct de guerrier le poussait néanmoins à s'interroger sur les raisons ayant poussé son bienfaiteur à préparer les choses de cette façon.

    Habitué à subir en de diverses occasions des tests à l'éthique douteuse, Mortifère ne pouvait d'ailleurs pas s'empêcher de se demander s'il avait été ainsi isolé de la civilisation dans le cadre d'une expérience de son maître qui, comme chacun le savait, était un grand adepte des surprises sadiques. Là où une simple entrevue lui avait été annoncée, l'homme de fer s'attendait par exemple à subir dés son entrée une embuscade barbare visant à vérifier qu'il ne s'était pas empâté à force de jouir des plaisirs du luxe républicain. Cette idée, loin d'inquiéter Mortifère, éveillait d'ailleurs en lui une pointe d'amusement.

    Les roues du carrosse s'immobilisèrent enfin et les chevaux soupirèrent lorsque leur longue marche vint s'interrompre.

    Le cocher toqua deux fois sur le toit du véhicule, un signal auquel Mortifère ne répondit pas. La portière s'ouvrit ensuite par magie, suite à quoi le colosse s'extirpa de l'habitacle en silence. Ajustant prestement sa cape et les sangles dorées qui l'ornaient, il saisit la poignée de la porte de la cabane par télékinésie et ouvrit cette dernière avant de s'engouffrer à l'intérieur de cette demeure dont il ne savait rien. Ses sens se mirent aussitôt en alerte et la lentille brillante masquant l'un de ses yeux se mit à s'agiter, cherchant dans le décor la moindre trace d'un piège laissé affectueusement par ce bon vieux Docteur.

    A sa surprise, Mortifère ne vit dans le hall de la maisonnette ni agresseur, ni outil de mort. Il fut à la place accueilli par une employée masquée du scientifique qui le gratifia d'une humble révérence avant de lui proposer par courtoisie de se défaire de sa cape. Ce fut une invitation que le géant de fer refusa d'un simple geste de sa main griffue; avant de s'enfoncer plus profondément dans le petit couloir menant à ce qui devait être le salon. Il tourna une autre poignée, et il lui parvint alors l'odeur d'un chaleureux feu de cheminée.

    Entrant avec méfiance, il fut un peu stupéfait lorsqu'il découvrit combien la décoration des lieux était coquette. S'il vivait pourtant dans un lieu au moins aussi agréable, il s'était attendu de la part du Docteur à quelque chose de plus... froid. Baignée dans la douce lueur des flammes, l'apparence de cette salle contrastait curieusement avec l'extérieur bien plus sordide de la petite bâtisse. N'abaissant pas immédiatement sa garde, le soldat observa les lieux avec une attention maintenue mais ne releva, une fois encore, pas le moindre élément hostile. Ce fut à ce moment qu'il accorda au cœur de la pièce son attention et vit deux fauteuils rouges ainsi qu'une table sur laquelle avait été entreposés vin et biscuits.

    Sur l'une des assises dont il ne voyait que le dossier, il capta alors un léger mouvement et sut qu'il n'était pas seul.

    "Bonsoir."
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  • Sam 2 Déc - 1:11
    Aussi froid que l'acier
    Feat Mortifère

    Isolde avait profité d’une pause dans son emploi du temps chargé à L’Université, afin de rendre visite à sa famille. En effet, cela faisait quelques temps que cela n’était pas arrivé. Cela dit, les retrouvailles furent brèves, comme souvent. Elle profitait de son retour à Kyouji, pour faire tout ce dont elle était privée, lorsqu’elle demeurait sur le campus d’Ikusa.
    D’ailleurs, sachant qu’elle revenait dans sa ville natale, située tout près de la frontière avec la République, une fabuleuse idée avait titillé son esprit. Ainsi, la brune avait pris la liberté de contacter le Docteur, par lettre. Dans celle-ci, elle lui faisait part de sa volonté de rencontrer une de ses œuvres de sa vie, le dénommé Mortifère. Le médecin sadique, lui avait montré les croquis, les plans de ce surhomme, qu’il avait créé, amélioré, afin d’en faire une machine de guerre. Même si cela avait soulevé bien des interrogations chez la jeune femme, voir le Docteur en parler avec autant de passion, donnait l’envie à l’étudiante d’en savoir davantage. De contempler la création, de voir de quoi il était fait et de l’observer en action.
    Pour ce faire, un rendez-vous avait été arrangé, le Docteur ne pouvait hélas pas lui faire l’honneur de sa présence, trop occupé par ses affaires. Elle le comprenait parfaitement, ne s’en offusquait donc pas, bien trop enjouée à l’idée de pouvoir rencontrer Mortifère en personne.

    Une calèche, tirée par deux chevaux, avait été dépêchée pour l’occasion. Il fallait amener la jeune femme dans la forêt, à la frontière entre le Reike et la République. Elle n’avait jamais mis les pieds en République et la frontière était le maximum acceptable pour l’instant. La reikoise ne semblait pas  décidée à s’aventurer dans l’une des villes de la nation bleue. Puis, elle préférait les endroits reculés, profitant d’un certain isolement. La tranquillité de la forêt pour quelques temps, loin des agitations et tumultes des grandes villes.
    Il n’y avait pas tant de trajet, mais celui-ci restait plus sûr et moins contraignant. De plus, la pluie envahissait la région, l’abri de la calèche offrait un confort non négligeable.

    Arrivée à destination, Isolde fut accueillie par une domestique engagée par le Docteur, cette dernière se présenta.

    « Mathilda Vance, enchantée madame. J’espère que vous avez fait bon voyage. Entrez, je vous prie. »

    Un masque recouvrait son visage, elle en reconnaissait là, la signature.

    - « Merci. » Répondit-elle, sobrement, en entrant dans la cabane.

    La petite demeure ne payait pas de mine de l’extérieur, mais l’intérieur profitait d’une aisance matérielle et d’un décor simple, mais soigné. Divers tableaux et trophées de chasse décoraient les murs. Les tons apparaissaient chaleureux et les assises, confortables.

    « Puis-je vous débarrasser, madame ? »

    La nécromancienne ôta sa cape sombre et la confia à la petite dame, qui partit aussitôt. Le cocher sortit les quelques bagages de la calèche.

    - « Veuillez monter cela à l’étage, merci. »

    Le cocher repartit alors, Mathilda s’affaira à préparer le salon. Isolde en profita pour monter voir la chambre. Petite mais agréable et fonctionnelle. Elle déballa quelques affaires, en s’asseyant sur le lit. Elle finit par s’allonger, puis fermer les yeux quelques instants.

    À son réveil, elle avait encore tout le loisir de se préparer, avant l’arrivée de son hôte. Après un brin de toilette, l’étudiante enfila une robe noire, rehaussée de dentelles et de ses fidèles bijoux émeraudes. Elle accentua son regard de noir et peigna sa chevelure de jais. Ainsi prête, sans tarder, elle descendit au rez-de chaussée. Mathilda avait déposé du vin, ainsi que quelques douceurs. Elle en prit une, qu’elle grignota en s’installant près du feu, sur l’un des fauteuils au velours carmin.

    « Puis-je vous servir un rafraîchissement, madame ? »

    - « Un verre de vin, je vous prie. Rouge. » Répondit-elle, sans émotion particulière.

    La brune en but une première gorgée, alors que l’objet de sa curiosité venait de pénétrer dans le salon. Elle posa le verre sur la table, puis entendit la salutation de son invité.

    « Puis-je vous débarrasser, monsieur ? » Demanda la domestique.

    La mage noire laissa l’employée faire son devoir et disparaître, avant de se lever. Elle se retourna et approcha alors vers celui qu’elle désirait observer. Il n’avait pas l’air d’être au courant des termes de leur entrevue, au vu de son attitude méfiante. Ce qui fit sourire la brune.

    - « Bonsoir, Mortifère. Isolde. » Dit-elle, en lui tendant sa main. « Je suis une connaissance du Docteur, vous n’avez rien à craindre de moi. »

    Elle lui tourna alors le dos, avançant de nouveau vers le fauteuil.

    - « Installez-vous, je vous en prie. » proposa-t-elle, en montrant d’un geste de la main, l’assise en face de la sienne. « Désirez-vous du vin ? »

    Croisant sa jambe droite sur l’autre, elle observait silencieusement la création du Docteur. Elle prit le temps de le détailler, son teint apparaissait extrêmement pâle, sa peau constellée de cicatrices, partiellement masquées par une chevelure dense et brune. Un œil était recouvert d’une lunette et la couleur de ses iris reflétait un bleu, tout sauf naturel. Son apparence restait étrange, mais pas pour autant désagréable.

    - « Je suis ravie que vous soyez venu, j’avais hâte de faire votre connaissance. » Dit-elle, avant de reprendre son verre et d’en boire une gorgée.

    CENDRES


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  • Sam 2 Déc - 6:18
    Lorsque la jeune femme s'approcha de Mortifère, ce dernier n'esquissa pas le moindre mouvement de recul visible mais pourtant, parmi les si nombreux rouages parsemant son enveloppe mécanisée, certains s'étaient actionnés dans une série de furtifs cliquetis. Elle le supposait méfiant et avait bien raison. Si elle semblait s'en amuser, le soldat quant à lui voyait l'exercice d'un tout autre œil mais tâchait toutefois de ne pas démontrer une quelconque discourtoisie à l'égard de l'inconnue. Se présentant sous le nom d'Isolde, elle vint tenter de le rassurer en évoquant son lien avec le Docteur. Un léger sourire se dessina sous le masque de cuir du militaire et il lui répondit avec une pointe d'ironie.

    "Réalisez-vous à quel point ces deux affirmations sont contradictoires, dame Isolde ?"

    Le praticien de l'ombre s'entourait presque exclusivement des personnalités les plus dangereuses qu'il rencontrait, à la Nation Bleue comme ailleurs. Se présenter en tant qu'alliée de ce dernier constituait selon Mortifère une menace déguisée et non un moyen de rassurer ses interlocuteurs. La belle, pourtant, lui tourna le dos pour retourner à son assise et lui proposa même un peu de vin. Se trouvant dans une bien épineuse situation, Mortifère ne savait pas s'il devait faire preuve vis-à-vis d'elle d'une absolue politesse ou si, au contraire, il devait refuser chacune de ses propositions. Pour celui qui n'avait fait l'objet des mois durant que d'expériences et de tests plus machiavéliques les uns que les autres, différencier le vrai du faux n'était pas chose aisée. Il dut prendre une décision, peut-être hâtivement :

    "Rien qu'un verre, alors."

    Il n'avait pas les connaissances de son concepteur mais savait identifier quelques uns des poisons les plus basiques. S'il s'agissait d'un test, Mortifère savait toutefois que le Docteur chérissait trop sa création pour lui administrer une quelconque toxine léthale sur un coup de tête, alors il consentit malgré ses soupçons à boire en compagnie de cette splendide étrangère. L'objet de la rencontre, néanmoins, lui échappait encore. Ses cheveux d'ébène se mirent à s'agiter, comme animés par un courant mystique, puis il fit une nouvelle démonstration de ses aptitudes télékinétiques. La bouteille ainsi que le verre à pied vide s'agitèrent ensemble et en quelques secondes, un demi-verre de vin fut servi avant de voleter par magie jusqu'au militaire qui révéla une griffe d'acier avant de s'en saisir.

    Il vint suite à quoi installer sa carcasse métallique sur le fauteuil que lui désignait son hôte mais tâcha, lorsqu'elle croisa les jambes, de regarder ailleurs en faisant mine de s'intéresser au feu de cheminée non sans une certaine nervosité. Si le Docteur avait souhaité lui faire rencontrer cette jeune femme, cela signifiait sans doute qu'il la tenait en haute estime, il était donc impensable de faire preuve en sa présence ne serait-ce que d'une once de grossièreté. Quelques instants plus tard, la lentille articulée pivota et le regard du soldat se reposa sur les prunelles d'émeraude de son interlocutrice qui lui part alors de son intérêt pour sa personne.

    S'il n'était pas étranger aux démonstrations de son pouvoir et de ses prothèses extraordinaires, Mortifère avait toutefois l'habitude d'effectuer ces dernières dans des climats plus propices à la pleine exploitation de ses facultés. C'était bien la première fois qu'il était analysé une coupe à la main, affalé au creux d'un coussin de velours.

    "Votre curiosité m'honore, mais je ne crois pas avoir entendu parler de vous, très chère. Puis-je vous demander quel lien vous entretenez avec notre ami commun ? Quel est l'objet de cette entrevue ?"

    Sans qu'il ne vienne y porter ses mains, son masque de cuir se décrocha doucement dans un froissement infime et voleta pour se poser sur la table basse se trouvant entre lui et son interlocutrice. Il huma un instant le contenu de son verre pour faire mine de s'imprégner de son parfum puis, malgré ses inquiétudes, il s'autorisa à en boire une gorgée.

    Excellent.
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  • Lun 4 Déc - 15:12
    Aussi froid que l'acier
    Feat Mortifère

    Isolde sourit à la remarque sensée du nouvel arrivant. Elle saisissait toute l’ironie de cette phrase et ô combien il avait raison.

    - « Naturellement. » Dit-elle.

    Affirmer être une connaissance du Docteur n’avait rien de rassurant. Pourtant, il allait comprendre que la démarche d’Isolde n’avait rien d’hostile à son égard. Enfin, pas de prime abord, en tout cas. Elle restait très curieuse et ne se gênait pas pour le dévisager, d’observer son corps, sa démarche, ses expressions. Comme si rien ne le différenciait d’une bête étrange mais fascinante.

    Mortifère semblait hésiter, il répondit à l’invitation de la reikoise, après un certain temps, analysant la situation. L’étudiante se demandait à quel genre de contexte stressant avait-il pu être soumis. Des expériences, des mises en situations périlleuses. Elle ignorait tout de cela. Mais, elle comptait bien obtenir prochainement des réponses. Elle le contempla, user de sa magie, afin de se servir. Et remarqua une légère fébrilité due certainement au malaise qu’il devait ressentir, ne sachant pas réellement comment agir avec la jeune femme. Cette dernière, très silencieuse et observatrice, ne faisait rien dans l’immédiat, pour arranger la chose. Au contraire, elle semblait s’en délecter, en même temps que l’excellent vin qu’elle sirotait avec lenteur.

    La nécromancienne écouta les questions de son interlocuteur, auxquelles elle ne répondit pas immédiatement. Elle continuait d’observer ses gestes. Lorsqu’il hésita à boire la première gorgée du nectar pourpre, elle sourit de nouveau, légèrement.

    - « Oh Mortifère, épargnez-moi le cliché de la relation morbide entre une femme et le poison. » Déclara-t-elle.

    En effet, lorsqu’il s’agissait d’éliminer une personne, les femmes semblaient connues pour leur utilisation du poison. Celui-ci restait souvent indétectable, insidieux et sournois. En vérité, Isolde appréciait les effets de ces liquides au présage funeste. Pour autant, il n’en était absolument pas question en cet instant.
    Elle prit une nouvelle gorgée de vin, avant de se lever, le gardant dans sa main. Elle avança doucement vers le fauteuil de son invité, le contournant afin de se retrouver quelques instants dos à lui. Elle réfléchissait à sa première question. Comment définir le lien qu’unissait le Docteur et Isolde ? Leur rencontre restait indubitablement exceptionnelle. Et ce, en plusieurs points marquants. Elle ne comptait pas s’étendre sur les explications sordides de leur entrevue. Elle étira simplement ses traits en un léger rictus, en se remémorant certains détails.

    - « Sachez, que le Docteur et moi, sommes en affaires ensemble. Nous sommes en bons termes. Rien qui ne vous concerne directement. Néanmoins, cela lui fait plaisir que j’observe la fluidité de vos gestes et votre manière de vous confondre avec les autres créatures foulant ce sol. Au demeurant, dans la dernière lettre qu’il m’a envoyée, il vous demande de me protéger, s’il se passait quoique ce soit. » Affirma-t-elle.

    Cela étant dit, Mortifère devait comprendre que si la belle semblait en danger, il devait user de ses talents pour la mettre en sécurité et neutraliser les cibles. Ainsi, il demeurait contraint de protéger une personne non républicaine.

    - « Aussi, même s’il continue ses déplacements au Reike, il souhaite que vous n’oubliez pas le laboratoire en République. Vous y serez toujours chez vous. »

    En terminant cette phrase, Isolde vint de nouveau passer devant Mortifère, se dirigeant vers la cheminée. Elle approcha sa main des flammes, pour la réchauffer un peu. Alors qu’elle se tournait vers lui, elle lui posa une question.

    - « Pourquoi portez-vous ce masque de cuir ? Ainsi que cette étrange lunette sur votre œil ? »

    La curiosité malsaine de la brune aux yeux émeraudes commençait à se montrer.

    - « L’objet de notre rencontre est de satisfaire pleinement ma curiosité. Vous m’intriguez, votre existence même reste un mystère, ainsi qu’une prouesse scientifique. Les plans et les croquis ne sont rien, comparés à votre présence ici, où je peux poser mon regard sur vous. »

    Et cela, elle ne se gênait pas pour le faire. Elle l’étudiait.

    - « Dites-moi, ce projet existe grâce à votre volonté, ou avez-vous été contraint d’y participer ? Racontez-moi. » Dit-elle, en buvant une nouvelle gorgée.

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  • Mar 5 Déc - 0:34
    Face au reproche pour le moins frontal de son interlocutrice, Mortifère se mit par réflexe à ricaner dans sa barbe tout en faisant tournoyer le contenu de son verre d'un léger mouvement de poignet. Décidément, le Docteur avait un talent inné pour s'entourer de femmes qui n'avaient pas leur langue dans leur poche. Celle-ci avait au moins le mérite d'être moins grossière que la seconde qui, fort heureusement, ne lui faisait pas aujourd'hui l'affront de sa présence. Cette fichue sorcière avait tout pour déplaire et lorsque le soldat l'avait envoyée se perdre dans les griffes du tortionnaire qu'était l'obscur génie scientifique, il ne s'était jamais attendu à apprendre qu'elle avait fini assistante et non étripée.

    Les intentions de la prétendue étudiante demeuraient troubles, mais Mortifère se sentait étrangement plus à l'aise depuis cette petite invective lancée par son vis-à-vis. Un sourire aux lèvres, il rétorqua donc :

    "J'admets me répéter, mais ce n'est nullement votre féminité qui attise mes inquiétudes. Vous qui connaissez mon bienfaiteur n'êtes pas sans savoir qu'il revêt parfois les atours d'un véritable bourreau. Lorsqu'il est impliqué dans l'un de mes rendez-vous, je crains toujours de faire face à une... interrogation surprise, dirons-nous ?"

    Il y eut un instant de flottement durant lequel il fit mine de s'intéresser à la couleur de son vin, puis il reprit plus posément après avoir pris soin de mettre un peu d'ordre dans ses pensées :

    "Je vous prie de m'excuser, dame Isolde. Il est inconvenant de ma part de vous traiter en émissaire du Docteur. C'est pour faire votre rencontre et non pour alimenter sa légende que je me suis rendu ici, après tout."

    Le doute concernant ce point n'était pas le moins du monde écarté, mais conserver cette hypothèse en tête n'exigeait nullement de se montrer grossier en présence de cette demoiselle dont il ne savait rien de plus que ce qu'elle avait consenti à lui offrir. Le Docteur avait après tout effectivement statué que Mortifère devait s'assurer que "l'entrevue se déroule sans encombres." Cela corroborait plutôt bien avec la version des faits que venait de lui offrir la jeune femme, chose qui l'apaisait encore davantage.

    Isolde consentit à répondre à ses plus grandes interrogations en lui proposant de faire précisément ce pourquoi il avait été formé, à savoir vanter les mérites des esprits extraordinaires qui avaient fait de lui l'une des plus sublimes armes républicaines en démontrant ses aptitudes nouvellement acquises. Elle ajouta également quelques mots bienveillants de la part du Docteur, détail assez rare pour être noté. Le sourire d'Abraham s'élargit, puis il but une nouvelle gorgée avec un peu d'entrain, avant de répondre :

    "Cette lentille accroit la qualité de ma vue, ainsi que sa portée. Ce n'est pas l'outil le plus complexe de mon arsenal, mais il a prouvé à maintes reprises son efficacité sur le terrain. Le masque détient en revanche un rôle tout autre... et diablement plus difficile à expliquer."

    Marquant une pause relativement brève, il tenta de rassembler ses pensées un court instant en faisant mine d'ignorer les passages d'Isolde, puis il reprit en tâchant de se montrer le moins nébuleux possible :

    "Disons simplement que j'ai été ainsi métamorphosé pour être présenté aux puissants ainsi qu'à la population en tant que symbole de l'avènement technologique et militaire de la République. Ne nous méprenons pas, j'arbore les cicatrices laissées par les nombreuses interventions que j'ai subi avec une absolue fierté, il a toutefois été admis par les plus sages de mes façonneurs que ces... marques risquaient davantage d'inquiéter nos investisseurs que nos adversaires. Le masque est un artifice simpliste, mais il a le mérite de me permettre d'entretenir l'image qu'ils ont bâti pour moi, voyez-vous ? Je dois être craint et respecté, mais je ne peux inspirer le dégoût."

    Il lui accorda alors un regard appuyé, comme pour lui permettre de constater par elle-même l'horreur suscitée naturellement par le traitement qu'il avait subi. Le trouvait-elle hideux, lui qu'on avait détruit et recousu comme une vulgaire poupée de chiffon ? Il n'en savait rien. Il y avait de toute façon d'autres questions nécessitant son entière attention, alors il s'empressa de chasser les détails inutiles et retourna au cœur de la conversation :

    "Est-ce donc simplement pour nourrir la curiosité de l'une de ses amies que le Docteur m'a envoyé jusqu'ici ? Surprenant... Il doit vraiment tenir à vous."

    Avec une lenteur presque théâtrale, il reposa son verre par télékinésie et posa ses griffes sur les accoudoirs de son assise pour ensuite se redresser. Une fois debout, il tendit ses bras immenses et usa une énième fois de ses aptitudes magiques afin de décrocher mentalement les sangles retenant son manteau. Dans une série de cliquetis métalliques, le vêtement de cuir et de tissu à la structure fort complexe vint se déconstruire sous les yeux de l'étudiante avant de choir tout doucement sur le fauteuil.

    "Quel genre de création indigne irait à l'encontre des idées de celui qui l'a mise sur pied ?"

    Pas celle-ci, en tout cas. Montrant sans pudeur son torse dénudé, il dévoila ainsi la pleine atrocité de sa condition. Défigurée à l'extrême, l'enveloppe blanchâtre de Mortifère avait été parsemée d'implants métalliques divers faisant office de renforts pour sa structure osseuse. Le plus intrigant dispositif, en dehors bien sûr des socles lui permettant d'accrocher ses prothèses, était sans conteste l'énorme installation dévorant la majeure partie de sa colonne vertébrale. De par la forme de cette dernière, on pouvait sans mal deviner que les orifices se trouvant sur toute la longueur de ce dos artificiel étaient destinés à l'insertion d'objets cylindriques.

    Comme pour chasser toute question relative à ce système curieux, Mortifère porta une griffe à son pantalon et préleva de l'une de ses nombreuses poches une fiole dont la forme semblait parfaitement correspondre aux dimensions des trous présents le long de son dos. Cet objet, il le tendit doucement à l'étudiante pour l'inviter à s'en munir. Plutôt que d'insérer lui-même cette fiole débordante de mixture alchimique, il avait décidé qu'il était plus judicieux d'en fournir la responsabilité à Isolde. Si elle voulait inspecter le mécanisme d'injection des potions, il valait mieux qu'elle ait l'occasion de tenter l'expérience par elle-même. C'était toujours ainsi qu'avait procédé le Docteur : par l'expérience.

    "Le projet n'a pas été mené selon ma propre initiative, mais je me tiens aujourd'hui face à vous car j'ai accepté d'être intégré à un... programme. Je recherchais un pouvoir dont je ne pouvais que rêver de disposer, ce afin de faire valoir la gloire de ma Nation avec plus de ferveur. Cette force, il n'y avait que le Docteur et les siens qui savaient me l'accorder. Je me suis jeté dans cette aventure sans la moindre inquiétude et je n'ai pas une once de regret concernant ma décision. Je suis enfin ce que j'ai toujours souhaité être."

    Levant la tête tout en adoptant la fière posture d'une armure d'exposition, il conclut :

    "Observez, questionnez. Ma métamorphose n'aura pour vous aucun secret. J'ai moi-même des questions à vous poser et j'ose espérer que vous y répondrez avec cette même honnêteté."
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  • Ven 8 Déc - 18:57
    Aussi froid que l'acier
    Feat Mortifère

    Elle comprenait évidemment à quoi il pouvait faire allusion. Du peu qu’Isolde connaissait le Docteur, elle savait qu’il était capable du pire. Et que la création de l’être sadique, qu’elle avait maintenant devant les yeux, avait dû passer par bien des étapes sordides pour en arriver là. Toutefois, cela ne l’émouvait pas. Elle désirait simplement en apprendre davantage sur ses actions. Et sur les raisons qu’avaient poussé cet homme à devenir une machine à tuer.

    La brune sourit doucement aux paroles suivantes de son interlocuteur. Malgré sa condition, il restait poli, courtois et presque avenant. Ce qui n’était pas désagréable. À vrai dire, elle aurait trouvé cela regrettable d’être confrontée à un rustre. Le travail sur cet homme semblait avoir été remarquablement effectué. Aussi bien concernant ses prouesses physiques, qui restaient cela dit à vérifier. Mais aussi, sur ses facultés mentales. Sa conversation restait fluide, agréable. Au demeurant, il semblait apprécier les aimables commentaires de la part de son créateur, vu qu’il répondit avec un certain enthousiasme, aux suivantes interrogations de l’étudiante. Cette dernière acquiesça quant à l’explication concernant la lentille étrange que Mortifère possédait à l’œil. Pour ce qui était de son masque, il ne servait qu’à dissimuler ses diverses cicatrices. Elle en comprenait les raisons, bien qu’en le regardant plus attentivement, elle ne trouvait rien de laid ou repoussant sur ce visage. Mais encore une fois, les critères de la nécromancienne, ne reflétaient évidemment pas l’avis de la population républicaine.

    Tenir à elle ? Elle ricana à cette idée. Elle ne pensait pas que le Docteur fût capable de réellement tenir à quelqu’un. Encore moins à l’étudiante, alors qu’ils ne se connaissaient que très peu. Ils possédaient simplement certains goûts particuliers, en commun. Ce qui était loin d’être désagréable. Cependant, en acceptant d’organiser cette entrevue, dans le but de faire plaisir à la reikoise, cela restait un geste un tant soit peu attentionné. De plus, cela lui permettait de la faire juger de l’ampleur de ses talents scientifiques. Voilà qui restait profitable à eux deux.

    Alors que Mortifère se redressait et commençait à ôter les sangles de son vêtement, Isolde scrutait chacun de ses gestes. Elle s’approcha de lui, afin de contempler son torse nu, constellé de cicatrices diverses. Mais, le plus impressionnant restait tout cet attirail métallique, greffé dans sa chair. Un travail aussi terrible qu’époustouflant. La mage noire se mit tout près de lui et avança doucement sa main, cherchant à déceler un possible mouvement de recul. Elle tenta tout de même l’expérience, en posant ses doigts sur la peau de la drôle de créature métallique. Elle touchait les prothèses, se demandait en appuyant quelque part, s’il allait se passer une chose ou une autre. Elle restait comme un enfant qui découvrait un nouveau cadeau extraordinaire pour Noël. Elle fit le tour, en laissant courir ses doigts sur ses épaules. Et quelle surprise en découvrant son dos ! En effet, le long de sa colonne vertébrale, se révélait un étrange et fascinant dispositif. La belle eut envie de questionner évidemment Mortifère, mais celui-ci prit les devants. Il répondit lui-même aux éventuelles interrogations de l’étudiante. Il s’agissait alors d’un dispositif permettant l’insertion de potions, afin qu’elles s’intègrent directement en lui.

    - « Absolument fascinant. » Dit-elle.

    Elle inséra alors la fiole dans le mécanisme, toute contente de pouvoir activer le jouet vivant devant elle. Ses prunelles émeraudes pétillaient, elle avait encore envie d’assister à des démonstrations !
    Mortifère affirma être tout à fait ravi de son résultat. Il était conscient et volontaire pour ce programme et le projet, qui pouvait paraître fou, de certaines élites républicaines. Il exprimait sa joie d’être devenu ce qu’il avait toujours désiré être. Quelle drôle de chose, tout de même.

    - « Et qu’êtes-vous donc ? Un super patriote républicain ? Le cap’taine de la Nation Bleue ? » Ricana-t-elle. « Enfin, sachez que je ne moque pas, au contraire. Je vous trouve très réussi. » dit-elle, en reprenant son sérieux.

    Elle scrutait son dos, puis revint de face, observant de près son visage.

    - « Je comprends l’inquiétude de vos façonneurs. Toutefois, pour ma part, je ne perçois rien qui suscite le dégoût. Il est regrettable de devoir vous cacher, sans offusquer les esprits les plus étriqués. »

    Elle s’écarta doucement, dos à Mortifère, elle avança vers la table basse. La brune se resservit un verre de vin, puis convia son invité à en faire de même, s’il le désirait. Elle prit une gorgée du liquide pourpre, avant de poursuivre.

    - « Dites-moi, quelles sont les actions les plus terribles qu’avez-vous eu à accomplir ? Au cours de votre création, pendant vos exercices, ou sur le terrain. Qu’importe. Je veux connaître vos plus grands succès, si je puis dire. » Elle marqua une petite pause, une autre question lui brûlait les lèvres. « Mh. Quel est votre seuil de tolérance à la douleur ? J’imagine qu’il doit être assez élevé, vu le nombre d’expériences intenses que vous avez dû subir. » questionna-t-elle. « Aussi, sentez-vous libre de me poser vos questions. » Affirma-t-elle, en scrutant le regard cyan de Mortifère.

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  • Sam 9 Déc - 14:43
    Lorsque la fiole de mixture fut solidement ancrée dans son socle, Mortifère vint en activer le fonctionnement par télékinésie. Trois crochets se refermèrent sur le dispositif enclenché dans une série de cliquetis et un piston vint propulser le produit à l'intérieur du système sanguin du soldat mécanisé qui, aussitôt, fut secoué par un puissant soubresaut. Sa tête fut projetée en arrière par un spasme musculaire et Isolde put quant à elle témoigner de la violence avec laquelle la solution s'insinuait dans le corps du monstre d'acier. Sous l'épiderme pale comme la lune du militaire, les muscles s'activaient, comme si des milliers de parasites se frayaient un chemin dans des sillons creusés à même le corps du cerbère.

    Des veines se firent apparentes et prirent peu à peu une teinte azurée lorsque le sang se mêla entièrement à l'écrasant pouvoir de la solution magique. La mâchoire serrée, en proie à des palpitations, Mortifère peinait à reprendre son souffle ainsi qu'à chasser de son faciès ce sourire mauvais qui venait compulsivement s'installer à chaque fois qu'il subissait ce traitement si particulier. Fier d'une certaine expérience dans le domaine, il parvint tout de même à se maîtriser après quelques secondes de lutte intérieure et prit une grande inspiration, avant de répondre non sans mal aux quelques questions qui avaient suivi le processus.

    "Je... je trouve l'appellation particulièrement indiquée, malgré votre ton humoristique. Un patriote, c'est précisément ce que j'ai toujours été. C'est justement pour mon attachement aux valeurs républicaines que j'ai été sélectionné, voyez-vous ? Pour faire d'un homme une arme, il vaut mieux choisir celui qui présente déjà quelques prédispositions."

    Il y avait dans ses mots une distanciation avec sa propre réalité tout à fait hors-norme. Lorsqu'il faisait mention de son histoire, il paraissait simplement faire part d'un dossier ne le concernant qu'à peine. Y avait-il seulement encore un homme, sous cet amas de métal ?

    Les iris cyan de la créature se tournèrent vers les prunelles d'émeraude d'Isolde et elle put découvrir alors à quel point la lueur émanant de sa lentille s'était amplifiée. S'il parvenait encore à conserver une diction convenable, il était actuellement survolté et ressentait une certaine difficulté à maintenir un discours cohérent. Il allait vite s'avérer nécessaire d'effectuer une démonstration afin de chasser cet excès d'énergie qui l'empêchait d'entretenir un discours pleinement éclairé. Malgré cette fougue née de l'alchimie corruptrice, il parvint à répondre au compliment adressé furtivement par son interlocutrice :

    "Vos mots me vont droit au cœur. Regrettable en effet, mais nécessaire au demeurant. En tant que proche du Docteur, vous savez sans doute à quel point la beauté de notre œuvre échappe au plus grand nombre. Les bien-pensants n'ont pas l'esprit nécessaire pour entrevoir la grandeur d'une telle évolution. Nous allons leur montrer à quel point ils ont tort."

    Pour se décharger un peu de son énergie d'une façon spectaculaire, Mortifère vint tranquillement se réinstaller sur le siège qu'il avait quitté, puis leva l'une de ses griffes et fit alors apparaître au creux de sa paume métallique quelques étincelles. Ces dernières vrombissaient en luisant d'un immense éclat, devenant plus grandes et bruyantes à chaque impulsion. Les lueurs se firent plus nombreuses, plus explosives et leur fréquence augmenta. En quelques secondes, elles se mirent alors à former une sphère de pure magie foudroyante, extrêmement concentrée et ô combien dangereuse. La pièce entière fut baignée dans une lumière bleutée qu'émettait cette orbe impensable. Mortifère la contenait avec maîtrise, s'assurant de contenir le pouvoir qu'elle renfermait tout en maintenant son impeccable forme en place. Le bourdonnement instable devint alors un grésillement persistant, léger, mais qui trahissait sans mal toute l'étendue des risques qu'elle constituait.

    Un académicien aurait su, au premier coup d'œil, que crever cette sphère aurait relâché sur la zone une tempête électrique capable d'annihiler l'entièreté d'une petite bourgade en un éclair.

    Les yeux rivés sur sa création, il répondit alors à Isolde :

    "Mes plus grands succès..."

    Pouvait-il seulement s'en attirer les mérites ? Il ne les devait qu'au génie de ses concepteurs, après tout.

    "... Un matin, nous sommes partis en montagne. J'y ai tué un Béhémoth plus imposant qu'un arbre centenaire. Le même jour, j'ai abattu une troupe d'imbéciles ayant eu la bêtise d'insulter le Docteur. Plus tard, j'ai détruit un culte qui menaçait de s'emparer d'un digne village républicain. Ensuite, le Docteur et moi-même sommes rentrés pour le dîner."

    L'orbe se resserra sur elle-même dans un craquement électrique, puis Mortifère se redressa avec une lenteur mesurée pour se poster devant le feu de cheminée. Il vint alors s'agenouiller, et ouvrit sa paume pour libérer sa magie. La sphère vint doucement s'élever dans la cheminée comme un ballon porté par le vent. Il y eut quelques instants de flottement que seule la pluie et le son des braises venaient perturber puis, mois d'une trentaine de secondes plus tard, un gigantesque coup de tonnerre vint retenir, très haut dans le ciel. S'en amusant un peu, Mortifère pivota pour sourire à Isolde, puis se releva avant d'ajouter :

    "J'ai d'autres histoires moins... glorieuses, que je pourrais vous conter. Le Docteur m'a plusieurs fois demandé de le débarrasser de quelques patients récalcitrants, ou de supprimer certaines expériences ratées. D'anciens collègues et amis, pour la plupart..."

    Aucun remord ne semblait avoir été éveillé par l'évocation de telles histoires. On relevait même une légère pointe de fierté tout à fait déplacée dans les dires du cerbère qui, avec nonchalance, accepta l'invitation d'Isolde à se resservir. Faisant léviter son verre vide ainsi que la bouteille, il s'offrit une généreuse quantité de vin et se saisit du contenant, tout en reprenant son discours :

    "La douleur... Vous n'êtes pas sans savoir que la douleur n'a rien d'une ennemie. Elle n'est qu'un signal, parfois une épreuve. Elle est un outil n'ayant pour but que de nous fournir de précieuses informations, sur nous comme sur autrui. Pour qui sait se dissocier efficacement de ses instincts bestiaux, la souffrance est une précieuse alliée, tant lorsqu'on la subit que quand on l'administre. Pour survivre aux manipulations de mon mentor, j'ai dû me distancer de ma douleur afin de la maîtriser. Plutôt que de m'en remettre aux sensations, j'ai placé ma foi en lui et en son génie."

    Quelque chose pourtant vint nuire à l'intégrité de son discours de tortionnaire. Il jeta à son verre un léger coup d'oeil, puis la vision d'un crochet ensanglanté lui parvint. Un frisson d'effroi parcourut alors son échine, sans qu'il n'en comprenne entièrement l'origine, mais il tâcha de ne pas grimacer et but prestement une gorgée pour maquiller au mieux ce moment de faiblesse à peine perceptible. Quoi qu'il en dise, l'homme en lui hurlait encore de temps à autre derrière les barreaux de cette prison mécanique construite par ses maîtres.

    Rien de plus que des mots dénués de valeur.
    La douleur, il la craignait encore.


    Chassant de son esprit cette déplaisante pensée, il retourna s'assoir et saisit l'opportunité de dériver la conversation pour éviter de ressasser ses tourments. Adressant à Isolde un regard confiant, il se mit à la questionner :

    "Qu'avez-vous fait pour vous attirer les faveurs du Docteur ? En a-t-il après votre pouvoir, vos connaissances ou vos ressources ?"

    Il y eut un silence bref mais, avec une insistance cavalière, il ajouta alors :

    "Voyez-vous, votre réponse évasive ne me satisfait qu'à moitié. Il ne m'a encore jamais demandé de protéger qui que ce soit, ce qui suscite évidemment chez moi quelques interrogations vous concernant. Qui êtes-vous, réellement, et de quoi devrais-je vous défendre ?"

    Puis, avec un peu moins de dureté, il conclut d'un air presque confus :

    "Je vous avais promis de ne pas vous traiter en émissaire du Docteur, vous me voyez donc navré d'avoir à vous poser une fois encore des questions à travers ce même prisme. N'en prenez pas offense, je vous en prie. Comprenez bien que si le laboratoire n'est pour vous qu'une destination parmi tant d'autres, il est pour moi un monde entier. C'est... mon monde."
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  • Jeu 14 Déc - 15:16
    Aussi froid que l'acier
    Feat Mortifère

    La potion qu’elle avait elle-même injecté dans le dispositif greffé au dos de Mortifère, produisait ses effets. Son corps se cambrait légèrement, sa tête basculait en arrière, face à la violence du produit qui s’infiltrait dans ses veines. Le spectacle était intéressant pour Isolde, qui n’en perdait pas une miette.

    L’homme au regard cyan prit le temps d’encaisser le choc, avant de répondre aux interrogations de la mage. Lorsqu’il confirma le statut de super républicain, qu’elle lui avait attribué, l’étudiante sourit doucement.
    Isolde observait, tandis que le surhomme démontrait ses capacités magiques. En plus de la télékinésie, qu’il semblait maîtriser, il usait d’une magie élémentaire remarquable. Il contenait dans sa main mécanique, une sphère électrisante bleutée. Les nuisances sonores retentirent à travers la grand salon, éclairé par les lueurs bleues électriques.

    Alors qu’il contait à présent ses faits d’armes, Isolde fut surprise des mots employés. Il décrivait des scènes de combat, puis il parla du repas avec le Docteur, dans un même temps. Comme si l’un et l’autre étaient deux faits de valeur égale. Il pouvait anéantir un village, prendre son souper, et en parler avec le même ton. Ses émotions elles-mêmes semblaient avoir été drastiquement modifiées. Il ne s’agissait pas seulement d’améliorations corporelles, mais également d’une refonte de sa psyché. Très intéressant.

    Le tonnerre gronda, grâce à l’orbe que Mortifère avait placé dans la cheminée. Elle lui rendit son sourire, il y avait presque quelque chose d’enfantin dans cette démonstration, qui restait agréable à constater. Le géant métallique apparaissait comme un enfant, parlant de son créateur comme son père. La brune comprenait cela, elle qui ressentait aussi de l’affection pour ses propres créations. Elle chérissait ses pantins de chair et de sang, qu’elle arrachait aux bras de la Mort.

    - « Vos missions sont donc… diverses et variées. » lança-t-elle.

    Il suivait les ordres de ses façonneurs, sans sentiments, sans remords et sans la moindre empathie. Il faisait ce qu’ils attendaient de lui, c’était bien pour cela qu’il avait été créé. Une machine.

    Cela dit, la dernière question qu’elle lui posa, intéressait grandement la nécromancienne. Elle désirait savoir s’il existait encore des ressentis humains, sous cette carcasse d’acier. Son rapport à la douleur lié aux expériences menées par le Docteur. Sirotant une gorgée de vin, elle écoutait attentivement la réponse. Elle resta néanmoins plutôt déçue de celle-ci, elle aurait aimé des détails croustillants, lui démontrant d’une manière ou d’une autre, que cela l’affectait encore.
    Toutefois, alors qu’elle le scrutait, la reikoise crut percevoir une lueur inquiétante dans le regard cyan de l’homme. Cette dernière disparut presque aussitôt. Lui mentait-il sur la nature de son ressenti, sur ses souvenirs ? Difficile à dire. Pourtant, elle appréciait ce qui lui avait semblé percevoir. Ses questions portaient alors leur fruit. Elle se délectait, de manière malsaine, de toucher quelque peu aux faiblesses de la créature métallique. Elle aurait apprécié scruter davantage son esprit et sonder ses obscures pensées, ses traumatismes profonds.

    - « Je vous remercie pour votre franchise et vos réponses, Mortifère. » dit-elle, calmement.

    Elle retourna également sur son assise, méditant sur cette franchise toute relative, face à son interlocuteur. Ce dernier enchaînait avec ses propres questions.
    La brune croisa les jambes, sourit doucement aux remarques du géant d’acier.

    - « Nulle offense, ne vous en faites pas. Je comprends que vous soyez curieux, sur les sujets qui traitent de votre créateur. J’étudie la magie noire, plus précisément la nécromancie. Il est possible que je me sois fait quelques ennemis… Et concernant les faveurs du Docteur... »

    Hélas, un bruit assourdissant se fit entendre, provenant de l’entrée de la cabane. L’étudiante ne put terminer sa phrase et ainsi, satisfaire pleinement la curiosité de son partenaire. Elle tourna la tête, alors que la porte en bois de la cabane vola en éclats. Un groupe d’individus fit irruption à l’intérieur de la petite maison de bois. La servante arriva soudainement de la cuisine, se demandant ce qu’il se passait. Elle fut projetée vers l’arrière par un des assaillants, tandis qu’un autre se ruait sur elle pour lui trancher la gorge. Les actions semblaient se dérouler à une vitesse folle. Le verre de vin qu’Isolde tenait à la main se brisa, éclatant dans sa main. Le verre la coupa de manière superficielle, elle s’écarta rapidement dans un coin de la pièce.

    Les individus portaient tous un masque sombre ordinaire, en tissu. Ils étaient en revanche solidement armés, de poignards, de haches, de petites lames en tout genre. Certains possédaient des facultés exceptionnelles, telles qu’une vitesse surhumaine, un renforcement de la constitution ou d’autres choses encore, qu’ils n’allaient pas tarder à découvrir. Le groupe était composé d’une dizaine de bandits et assassins, prêts à en découdre. Ils encerclèrent rapidement Mortifère, Isolde lui jeta un regard inquiet. Ils ne se focalisaient pour l’instant pas sur elle, regroupant leur force de frappe vers la machine de guerre.

    Un regard faussement inquiet, en vérité. Puisque la mage noire avait, au préalable, engagé ces mercenaires. Elle n’avait évidemment pas pris le soin de le révéler à Mortifère. Elle souhaitait qu’il lui fît une démonstration complète de ses prouesses techniques et martiales, en situation réelle. Elle jouait donc à la demoiselle en détresse, recroquevillée dans un coin de la salle, derrière un meuble. Au demeurant, elle ne comptait pas perdre une miette de la scène. La créature avait reçu des ordres de la part du Docteur après tout, il devait faire son travail et la protéger. Tout en lui offrant un spectacle, qu’elle espérait, dantesque.

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  • Ven 15 Déc - 13:05
    Observant la jeune femme avec attention, Mortifère se fit silencieusement une réflexion. Tout ici, de la chaleur du feu de cheminée jusqu'à la douce lueur berçant la pièce, portait à créer une soirée confortable. L'intérêt d'Isolde pour ses anecdotes, facultés et principes avait de quoi flatter son égo également. Pourquoi alors avait-il cette désagréable sensation que l'on se jouait de lui et qu'il n'y avait dans l'enjôleur sourire de cette prétendue étudiante une once de perfidie mêlée à une curiosité pourtant bien réelle ? Ses entraînements l'avaient-ils rendu paranoïaques, ou était-ce son effroyable expérience de la sombre magie de Mélantha la sorcière qui l'avait poussé à se montrer plus prudent en compagnie des amateurs d'arcanes obscurs ?

    "Tout le plaisir est pour moi."

    Enfin, Isolde parut consentir à élucider une part du mystère qui l'enrobait. Son attention éveillée par la perspective d'en apprendre davantage sur l'étrange académicienne, Mortifère se redressa très légèrement sur son assise et par réflexe, sa lentille ajustable vint tourner un instant sur elle-même pour modifier son point de focalisation. Alors que les prémices d'une vraie réponse commençaient à poindre, un fracas brutal vint couper court à toute forme de conversation, comme pour confirmer les dires de la demoiselle.

    Exactement, comme pour confirmer les dires de la demoiselle.

    Haussant tout d'abord un sourcil interloqué suite à l'intrusion surprenante de ces malfrats visiblement décidés à en découdre, Mortifère vit d'abord la servante du Docteur être massacrée sans une once d'humanité, mais cela ne lui arracha même pas un pincement au cœur. Isolde laissa choir son verre de vin, puis fonça s'abriter à l'écart des intervenants belliqueux. Etrangement, Mortifère ressentit pour ce gâchis un agacement plus prononcé qu'à la mort de la domestique.

    Ce fut alors avec un calme étrange en vue de l'urgence de la situation que le géant d'acier se redressa tout en douceur dans une série de cliquetis mécaniques. Il n'était pas tout à fait convaincu d'être tombé dans un piège orchestré par la belle, ni même par son mentor lui-même, et traitait donc la menace avec le sérieux et le professionnalisme que l'on lui connaissait. Il avait de toute manière été formé à considérer chaque affrontement comme étant celui qui causerait potentiellement sa démise. Après un soupir las, il maugréa :

    "Voilà qui est impromptu."

    "La ferme, l'affreux. On vient pour la p'tite, alors te met pas en travers de..."


    N'accordant aucun crédit ou presque aux dires du maudit fripon qui avait eu la bêtise de l'injurier, Mortifère se dressa de toute sa hauteur et fit jouer ses cervicales mécanisées en un orchestre de claquements métalliques, puis coupa la parole de celui qui devait sans doute s'être imposé comme chef de sa petite meute. Les mots du soldat n'étaient nullement adressés aux mercenaires, mais bel et bien à la demoiselle qui s'était jetée à couvert.

    "Par chance, nous obtenons toutefois une formidable occasion de vous démontrer d'une manière... académique, de quelle façon j'ai été dressé pour éliminer la vermine."

    Un premier assaillant fondit sur lui en traître, croyant profiter d'une faille dans la défense du colosse d'acier pour lui planter une hache rouillée en pleine nuque. Il y eut un vrombissement électrique, puis toute la structure du corps de Mortifère vint pivoter avec une adresse étonnante en vue de sa masse. Cinq griffes acérées se refermèrent sur le poignet de l'homme armé, verrouillant son mouvement et l'empêchant de frapper. De son autre main, Mortifère plaqua alors sa paume contre l'entrejambe du brigand, avant d'user de sa magie d'une manière bien peu orthodoxe, mais ô combien efficace. Une lueur mauvaise dans les yeux, il ajouta :

    "Maîtriser et appréhender, mes principales fonctions..."

    Une vive impulsion foudroyante frappa les parties intimes du malfrat, qui poussa alors contre son gré un couinement désapprobateur. Mortifère laissa le courant faire son office, ce qui arracha à sa victime un râle de douleur saccadé, puis il relâcha son étreinte avant d'administrer à sa proie un direct bien senti qui l'envoyer valser, le mettant ainsi au tapis d'un seul coup. Débarrassé de ce premier contretemps, le militaire fit au reste de ses ennemis l'insulte de s'adresser à nouveau à Isolde en faisant fi de la présence de cette menace toute relative qu'incarnaient ses poursuivants.

    "Relevez-vous, je vous en prie. Il n'y a rien à craindre de ces parasites. Ils n'auront même pas l'occasion de vous faire l'affront de croiser votre regard."

    L'un des filous s'étant approché de lui eut le mauvais réflexe de le prendre au mot, et accorda à la dernière position connue de l'étudiante un coup d'œil. Il fut à cet instant pris de vitesse par Mortifère qui, jouissant d'une allonge exceptionnelle en vue de la longueur de ses prothèses, eut l'occasion de le saisir à la gorge pour le ramener au sol de force. Lorsqu'il fut déséquilibré, il reçut alors le pointu du soldat en plein entre la bouche et le nez, ce qui le projeta en arrière tout en l'assommant net. Décontenancé par le vol plané de l'un de ses compères, un troisième fut quant à lui frappé au mollet mais eut tout de même l'occasion de tenter une frappe latérale, que le géant d'acier bloqua d'un vif mouvement de son bras. La lame claqua contre le métal, puis la main libre du colosse balança un uppercut dans le menton du malheureux pour l'emmener rejoindre ses compères à la sieste. Sans colère ni excitation, Mortifère lança sobrement :

    "Faibles, inconséquents. Pas à ma hauteur."

    Une dague fut jetée en sa direction pour couvrir l'avancée d'un autre assaillant, mais la lentille ayant perçu l'amorce du mouvement permit au militaire de traiter la menace sans avoir à s'en inquiéter. Le poing de métal cogna le projectile au vol, le stoppant net dans son parcours, puis il vint réorienter sa course pour cogner la gorge de l'épéiste le plus proche, coupant son souffle et l'empêchant d'atteindre son objectif. Un revers de la main fut suffisant pour le mettre hors d'état de nuire et la machine, d'une démarche lente et élégante, fondit sur les derniers combattants encore en état de tenter de lui nuire. Accordant par dessus son épaule un regard à Isolde, Mortifère ajouta :

    "Voyez ? Ils ont tous survécu. Je suis à même de jauger une menace et d'y trouver une réponse adaptée. Admettons par exemple que celui-ci soit plus dangereux..."

    Le concerné, qui n'était autre que le lanceur de couteaux, sentit alors un frisson d'effroi pur remonter le long de son échine. Lorsque le colosse arriva à son niveau, il eut alors l'idée salvatrice d'abandonner les armes et de laisser tomber les dagues qu'il portait encore. L'imperturbable Mortifère, malheureusement, avait déjà pris une décision le concernant. Ne traitant l'opposant que comme un simple sujet d'étude, il fit mine de vouloir frapper d'un direct du gauche, mais vint à la dernière seconde agencer les cinq doigts de sa main droite en une lame effilée. Les serres du monstre de métal, tel le dard d'un scorpion, perforèrent le cou du malheureux qui se mit à chanceler en portant à sa plaie une main tremblante.

    Le sachant déjà condamné, Mortifère se tourna sans plus de cérémonie vers le dernier intrus, et conclut avec son éternelle froideur :

    "Profitons de la présence de celui-ci. Je ne souhaite pas monopoliser notre conversation."

    Le fripon, dont on devinait les yeux larmoyants sous son masque de tissu, n'eut pas le privilège de l'inconscience ou de la douce étreinte de la mort. Alors qu'il entreprenait de reculer pour fuir le monstre métallique, il fut saisit au cou puis électrocuté sans sommation, avant d'être jeté à terre. S'il était déjà évident que le malheureux bandit était hors de combat, Mortifère fit preuve d'un certain sadisme en envoyant son pied dans le ventre de sa proie à plusieurs reprises, frappant successivement l'estomac puis le foie en agrémentant ses assauts d'impulsions électriques mineures. Après ces quelques coups, le soldat constata non sans un certain dégoût que l'homme réduit à l'état d'animal apeuré avait cédé à ses plus bas instincts et qu'une flaque d'urine maculait désormais le plancher. D'un air mauvais, Abraham siffla :

    "Quelle indignité..."

    Cela ne l'empêcha pas de se montrer impitoyable. Empoignant le col de sa victime à peine éveillée, Mortifère traîna le pauvret sans la moindre considération et l'abandonna non loin d'Isolde, auprès du feu de cheminée. Très légèrement essoufflé, il accorda à la demoiselle un regard pour le moins insistant, et lui glissa alors :

    "La situation nous invite à illustrer plutôt qu'à évoquer, n'est-ce pas ? De quoi êtes-vous capable, dame Isolde ? Je brûle d'envie de le savoir."
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  • Dim 31 Déc - 16:03
    Aussi froid que l'acier
    Feat Mortifère

    La manière dont réagissait Mortifère faisait rire intérieurement la mage, celle-ci se régalait en tout point, du spectacle qu’il lui offrait. En effet, le surhomme faisait cliqueter sa structure métallique, en allant défier les assaillants. Tout en faisait la démonstration de son sang-froid à toute épreuve. La situation paraissait même légèrement comique pour la jeune femme, qui écoutait les remarques de Mortifère, pendant son combat.

    Isolde se releva, tel que l’homme de métal le lui avait demandé. Elle approcha seulement d’un pas, s’adossant contre le meuble bas, une main posée sur celui-ci. Ses lèvres formèrent une douce expression de surprise, lorsqu’elle contempla la créature, qui infligeait une impulsion électrique à l’entrejambe d’un des bandits. Elle dissimula maladroitement son sourire, lorsqu’il envoya violemment valser, un autre individu. Le tableau apparaissait très distrayant et démontrait les multiples éléments qui composaient les attaques et défenses du colosse d’acier.

    La scène devint encore plus intéressante, lorsqu’une lame remplaça la main articulée et vint se loger dans la gorge d’un autre opposant. La plaie était importante, le sang giclait, la victime tentait d’apposer sa main pour contrer sa fin inévitable. Ce fut enfin au tour du dernier mercenaire, le traitement infligé prouvait la détermination de Mortifère et son absence flagrante d’empathie pour ses cibles. Voilà qui était intéressant.

    À l’interrogation de Mortifère, la brune ne réagit pas tout de suite, elle se contenta, dans un premier temps, d’avancer vers lui. Elle s’approcha afin d’écouter son souffle, ce dernier restait presque normal, à peine saccadé. Venir à bout de cette petite dizaine d’assassins ne lui avait pas causé trop de peine. Aussi, elle le félicita.

    - « Et vous avez parfaitement illustré, Mortifère. » Dit-elle, un sourire au coin des lèvres. « Je suis impressionnée par votre savoir-faire et votre calme, en toute situation. » Affirma-t-elle, en secouant doucement la tête, en signe d’approbation.

    L’homme amélioré avait démontré ses prouesses martiales avec élégance. Même s’il était difficile d’en dire autant de ses adversaires, rien qu’à observer la flaque nauséabonde qui ornait à présent le bois du plancher. Peu importait, Isolde s’approcha alors du corps de l’individu, que Mortifère avait déposé près de la cheminée. La belle sortit sa fine lame, avant d’arracher le tissu recouvrant le torse de l’homme. Elle lança un sort psychique, visant à anéantir ses éventuelles protestations et ne pas gêner ses mouvements. Elle positionna ensuite la pointe de la lame près du cœur de sa proie et l’enfonça dans une extrême lenteur, pénétrant l’organe jusqu’au dernier tressaillement.
    Elle dessina ensuite, toujours à l’aide de sa lame, d’étranges symboles sur le torse du défunt, une nouvelle manière de pratiquer son art obscur, qu’elle avait apprise dans un grimoire ancien. Elle récita quelques mots dans la langue des ténèbres, afin de ramener l’homme. Fière de sa création, à l’aide de ce nouveau procédé, elle lui prit la main et lui ordonna de se lever à ses côtés. Ils avancèrent tous les deux vers Mortifère.

    - « Dis bonjour ! » Dit-elle à l’attention de sa créature funèbre.

    Bien sûr, cette dernière ne pouvait pas communiquer, Isolde la força simplement à s’incliner maladroitement, dans une posture grotesque pour un mort-vivant, offrant ses yeux blancs et sans signe de vie. Pourtant, satisfaite du résultat, la nécromancienne arborait un sourire radieux. Elle déposa alors un doux baiser sur la joue de sa créature, avant de lui lâcher la main et se diriger près de Mortifère. Elle posa délicatement la main sur l’épaule de celui-ci, avant de s’adresser à lui.

    - « Maintenant, tue les autres. » Ordonna-t-elle, à l’homme métallique, d’un ton neutre, sans émotion particulière. « Ce n’est que de la vermine, tu les as entendu, ils en voulaient à ma personne. Il faut les réduire à néant, tout de suite ! »

    Elle entendit vaguement grommeler dans le fond, un des assaillants tentait certainement de protester. Évidemment, ils avaient été payés pour neutraliser un individu. Il ne leur avait pas été précisé la nature surhumaine ni la force dudit sujet. Eux, qui pensaient simplement faire un petit travail d’assassinat bien payé, se retrouvaient à payer du prix de leur sang, la curiosité malsaine et les distractions morbides d’une vicieuse mage noire.  

    Alors que Mortifère en finissait avec l’exécution des criminels, Isolde répéta la processus de nécromancie, afin de tous les relever. Ils formèrent alors une ronde autour de la brune, sous son commandement.

    - « Prêt pour un deuxième tour, mon cher Mortifère ? » Lui lança-t-elle, un sourire malicieux au coin des lèvres.

    Sur ces mots, elle envoya un premier assaut composé de deux de ses créatures, afin de profiter du spectacle et de voir comment le colosse d’acier s’en sortait avec les morts. Elle ne forçait pas trop les attaques au début, elle articulait une danse macabre autour de lui. Au fur et à mesure, elle amplifiait l’agressivité des zombies et leur nombre, selon l’efficacité de la démonstration.
    Un tel spectacle méritait bien un nouveau verre de vin.

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  • Lun 1 Jan - 22:24
    Lorsqu'Isolde vanta les mérites du fauve dompté, ce dernier s'autorisa un sourire sous son masque et le plissement des yeux vint traduire son émotion difficilement lisible. Il abaissa brièvement la tête en un simulacre de cordiale révérence pompeuse et surtout parfaitement inadaptée à l'horreur du carnage dont il venait de se rendre responsable. Ce calme surnaturel pour lequel le congratulait la belle étudiante n'était pas de son fait et symbolisait bien l'étrangeté de son effroyable condition. L'esprit manipulé de l'homme mécanique n'était qu'un vaisseau pour la volonté de ses pères et malgré sa nature de poupée se tordant au gré des désirs d'autrui, il ressentait une profonde satisfaction lorsqu'il était ainsi encensé.





    La demoiselle consentit à faire part de ses propres facultés au cerbère de la Nation Bleue. Heureux d'obtenir enfin quelques réponses plus concrètes que celles qu'elle avait daigné offrir lors de leur précédente conversation, Mortifère profita de cet instant de tranquillité somme toute relative pour aller se resservir en contournant la silhouette du survivant geignard que la tortionnaire s'apprêtait tout juste à découper comme un vulgaire morceau de viande. Jouant de sa télékinésie, Abraham fit venir à lui la bouteille et le verre puis s'offrit une généreuse portion de vin. Sadique par essence, il fut légèrement happé par le spectacle que lui offrait la demoiselle au moins aussi aliénée que lui et manqua de peu d'en laisser déborder son verre mais se rattrapa in extremis, juste avant de tâcher un sol qui était de toute manière déjà maculé de sang.

    Son masque s'abaissa par télékinésie lorsqu'il porta ses lèvres aux bordures de son verre mais malgré sa fascination pour les tourments de la victime d'Isolde, un frisson parcourut tout de même l'échine du soldat lorsque ce dernier vit la lame pénétrer le cœur du malandrin. Une image, un mirage issue des tortures qu'il avait lui-même subi dans le laboratoire. Cela faisait deux fois qu'il se voyait fouetté par la dureté d'une telle montée d'angoisse et il profita de la concentration de l'étudiante ainsi que du verre de vin qui recouvrait son visage pour dissimuler le malaise qui s'insinuait en lui. Quelques gorgées suffirent à rendre un rythme tranquille à son souffle et quand la victime fut relevé par les manipulations sépulcrale de la sorcière aux yeux d'émeraude, Mortifère fut entièrement disponible pour se consacrer au nouvel exercice.

    Le verre à pied toujours soutenu entre deux de ses serres sanguinolentes, Mortifère agita sa boisson par de légers mouvements circulaires et reprit avec enjouement :

    "Je comprends enfin. Mon mentor se rit de la mort et se drape des horreurs qui jaillissent dans le monde des vivants. Vous êtes, tout comme lui, l'une de ceux et celles qui sourient narquoisement face aux Titans créateurs. Parodier la vie, défier le sort. C'est... extraordinaire."

    Grisé par l'idée d'être ainsi témoin des blasphématoires manipulations d'une vraie nécromancienne, Mortifère inspecta avec plaisir et curiosité la silhouette ravagée du défunt qui se mouvait telle une grotesque marionnette selon le bon désir de l'ensorceleuse. Un baiser fut posé sur la joue de la carcasse réanimé et Mortifère, sans sourciller le moins du monde, laissa ensuite l'étudiante s'approcher de lui pour poser amicalement une main sur son épaule taillée dans l'acier. La jaugeant de ses yeux luminescents, il l'écouta en silence lorsqu'elle lui ordonna sèchement d'exterminer les quelques blessés dont les corps étaient encore secoués de spasmes.

    Il y eut suite à cette implacable et cruelle directive un court flottement durant lequel le soldat soutint avec insistance le regard de la jeune femme. Si l'engouement et la violence que suscitaient l'instant présent permettaient sans mal de s'autoriser quelques abus de langage, il était évident pourtant que l'urgence était passée. Ce n'était probablement pas sous le coup de l'adrénaline que la nécromancienne avait subitement décidé de tutoyer son vis-à-vis. Mortifère, pour avoir analysé son interlocutrice depuis de longues minutes d'échange, estimait déjà en avoir établi un portrait plus ou moins fiable. Il s'était après tout spécialisé dans l'évaluation de tels profils psychologiques et avait appris à jouer des failles de l'être humain pour devenir l'épouvantail que ses créateurs avaient voulu voir naître.

    Sa récolte d'informations l'avait mené à la tenace certitude selon laquelle Isolde, en dépit de ce que laissait présager son apparente jeunesse, était une fine manipulatrice choisissant savamment ses mots, ainsi que le ton avec lequel elle les prononçait. Le tutoiement n'était, selon ce principe et les suppositions associées, pas un accident mais bel et bien une savante manœuvre visant à instaurer dans la conversation les prémices d'un nouveau schéma : celui de l'autorité. Encore un jeu, une tactique, ou était-ce simplement l'esprit de grandeur d'une mégalomanie ? Ceux qui jouaient à ramener les morts ayant pour la plupart des désirs secrets d'accéder à la divinité par la voie des ténèbres, cela ne surprenait guère Mortifère.

    Un sourire apparut sur les lèvres fissurées du militaire puis, sans faire part de ses réflexions, il glissa :

    "Bien, très chère."

    Le verre à moitié vide voleta furtivement pour retourner à la table sur laquelle il avait été prélevé puis les dagues faisant office pour Mortifère de doigts s'associèrent à nouveau pour former la pointe d'une lance. Dans un élan de cruauté ordonné par la jeune femme, le cerbère s'éxécuta et ôta la vie de chacun des survivants qui n'eurent l'occasion que d'émettre de fébriles gargouillements avant de s'éteindre un par un sous les coups de la bête de métal. A mesure que les vivants tombaient, les morts prenaient leur place. Sous le regard amusé du soldat républicain, les formes distordues des zombies dont les râles graves se perdaient en échos fantomatiques noyaient la pièce dans une atmosphère malsaine. Isolde s'exprima à nouveau et Mortifère y répondit d'abord par un furtif ricanement, avant de ponctuer ce dernier de quelques mots :

    "Toujours prêt, madame."

    Le bras électrisé du géant mécanique fut propulsé en avant et vint aussitôt perforer dans un immonde craquement la cage thoracique de l'une des goules malheureuses dont la dépouille était profanée par les sorts de la belle. Une rotation impossible de son poignet aux articulations innombrables força la créature à modifier ses appuis, la déséquilibrant inévitablement. De son autre main griffue, Mortifère sectionna d'un coup sec une part de la gorge de sa proie, avant d'étendre brusquement ses griffes pour démolir les chairs dans une effusion pourpre. Le premier mort retourna au sol dans un fracas bruyant et tout en passant les ses lames les unes contre les autres, le soldat parla d'un air curieusement enjoué :

    "Avez-vous orchestré la venue de ces brigands ?"

    Avec vivacité et barbarie, cinq griffes s'élancèrent encore pour venir déchiqueter le faciès d'un mort-vivant, le forçant à dévier son axe d'attaque initiale et offrant ainsi à Mortifère l'opportunité d'envoyer son talon dans le côté du genou de son ennemi, broyant celui-ci sur le coup en propulsant le zombie à terre. Le sourire du cerbère s'étira et il ajouta avec malice :

    "Ne trouvez-vous pas cela cruel ?"

    Portait-il un jugement sur son interlocutrice ?

    Non, il s'amusait bien trop pour ça.
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  • Ven 5 Jan - 13:42
    Aussi froid que l'acier
    Feat Mortifère

    Occupée par ses manipulations de nécromancie, la mage ne prêta pas attention au malaise de Mortifère, qui dissimulait ses tortures mentales. Cependant, elle réagit lorsqu’il vanta les actions ténébreuses de l’étudiante et jugea sa pratique. Tout comme lui avait apprécié les compliments, la mage étira un sourire sincère. Elle appréciait que son égo fût flatté, surtout en ce qui concernait sa sombre magie et sa façon de la manier.

    Le colosse d’acier ne discuta pas les ordres, simplement il mit un certain temps avant de les exécuter. Il n’était pas son jouet personnel, à part les conseils de protection formulés par le Docteur, rien n’obligeait Mortifère à écouter et suivre les commandements de la reikoise. Il semblait l’analyser, défier son regard pour y déceler une éventuelle faille, ou hésitation. Mais il n’en était rien. Elle ne laissait rien transparaître, à part une distance froide dans son regard, qui restait ancré dans celui de son vis-à-vis. Quoiqu’il en était, il répondit aux ordres et tua sans émotion l’ensemble des bandits.

    Il s’en sortait sans difficulté avec les deux premiers morts-vivants. Aussi, la nécromancienne décida de corser l’exercice, afin de le mettre plus en difficulté. Elle lança le reste de la petite horde sur le géant de métal, de manière plus agressive. Ils restaient lents, mais féroces, ils se ruaient sur lui, l’encerclaient, tendaient leurs bras décharnés et montraient leurs crocs avides de sang.

    - « Oui. » Répondit-elle, de façon détachée, à la première interrogation de Mortifère. « À présent, je n’ai pas de raison de vous dissimuler la vérité. J’ai engagé ces bandits, d’après ce que m’a dit le Docteur, vous êtes habitué à ce genre de petite… distraction. »

    En effet, il n’était plus utile de lui mentir. Aussi, vu la tournure que prenaient les évènements, il devait bien comprendre qu’elle aussi possédait l’envie de se distraire. Elle l’utilisait, se moquant éperdument de son consentement. Pourtant, il avait l’air d’être partant pour continuer sa démonstration. Mais, jusqu’à quel point… Et, allait-il enfin réagir devant elle et lui montrer aussi ses failles et ses faiblesses ? C’était ce que désirait maintenant la brune. Elle avait observé son calme, sa politesse, sa retenue, ainsi que ses prouesses techniques et martiales. Mais là, elle voulait le voir en difficulté. Sa curiosité malsaine et morbide désirait être autrement satisfaite. Non pas parce qu’elle possédait une rage quelconque envers Mortifère spécifiquement, il n’en était rien. Elle ne voulait pas le faire souffrir, lui, particulièrement. Toutefois, elle souhaitait que les expériences passées du sujet reviennent à la surface, elle voulait comprendre sa psyché en constatant directement les preuves tangibles de ses traumatismes. Les déchirures commises sur le corps et dans l’esprit de l’homme qu’il était, avaient forcément laissé des traces. Elle voulait les contempler, les déchiffrer et les analyser.

    Il lui demandait ensuite son avis sur la caractère cruel de la situation. Elle ne se posait pas la question. La mage n’agissait pas par pure sadisme, du moins, elle en était convaincue. Par curiosité scientifique plutôt, même si l’atrocité de la situation reflétait des désirs beaucoup plus obscurs. Après une lutte plus acharnée et les assauts incessants de toutes ses créatures funèbres, le ballet sanglant fut stoppé. La nécromancie s’acheva, mais il lui restait une carte magique dans sa manche. Après que le corps du géant d’acier fut mis à rude épreuve, il était temps de percer sa psyché. Elle lança alors une attaque psychique de haute intensité directement à la suite, sans le laisser reprendre ses esprits ni son souffle. Elle voulait le voir en conditions de souffrance mentale extrême. La brune désirait observer ses réactions, n’importe lesquelles. Peut-être se mettait elle-même en danger, en poussant le vice jusqu’au bout. Il pouvait tout aussi bien s’effondrer, que réagir de manière violente. Peu importait à vrai dire qu’il la fît ou non souffrir à son tour. Lorsque la reikoise avait une sombre idée en tête, il était inenvisageable de l’arrêter.

    - « Toute scène doit comporter une once de cruauté, pour que la représentation soit possible... »

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  • Ven 5 Jan - 19:47
    " ..."habitué"... est un doux euphémisme."

    C'était dans une véritable fosse à purin où se mêlaient scorpions, sangsues et vipères que le Premier-Né avait vu le jour. Sorti vainqueurs d'innombrables batailles menées parfois contre de vaillants adversaires et en d'autres temps contre ses propres pairs, l'ancien militaire devenu instrument de la justice républicaine était aujourd'hui le symbole du renouveau du fait de ses accomplissements. Vendu comme un glorieux guerrier drapé d'or, il n'était en vérité qu'une âme parmi tant d'autres, un numéro parvenu par miracle à se hisser plus haut que ses contestants dans l'ignoble arène conçue par le Docteur.

    Lancé dans sa valse morbide contres les aberrations que faisait naître et renaître la demoiselle, Mortifère s'était sans mal joué des premières monstruosités mais maintenant qu'elles se montraient toutes plus pressantes et hostiles, le jeu en apparence amical devenait autrement plus corsé. Les mouvements élégants du cerbère se faisaient plus sauvages, moins gracieux. Il n'était plus question de sectionner avec adresse ou de briser un os pour se soustraire à une menace frappant au flanc. Les gestes du fauve gagnaient encore en rythme puis devenaient tous plus bestiaux, plus vifs et étaient accompagnés désormais de soupirs et de brefs rugissements. Endurant mais pas inépuisable, le colosse de fer ressentait les effets de la fatigue qui s'accentuaient mais s'autorisait tout de même quelques menues provocations :

    "L'horreur est, comme tout autre sentiment, apprivoisable. Je ne suis pas de ceux que l'on impressionne aussi aisément, navré."

    Les mots se voulaient emplis de fierté et d'arrogance mais les sons que poussaient Mortifère en se dégageant des vagues successives de brigands ressuscités par magie ne laissaient que peu de questionnements quant à son véritable degré d'épuisement. Il aurait pu à tout instant faire usage de l'énergie stockée lors de la première injection pour propulser une vague de force capable de démolir la cabane ainsi que l'entièreté de ce qu'elle abritait. Le cerbère n'usait pourtant que de ses facultés les plus élémentaires, sans doute autant pour se prouver à lui-même qu'à la nécromancienne qu'il était trop puissant pour avoir à recourir à un tel déferlement de sa puissance empruntée. Crocs et ongles morcelés par les assauts s'abattaient sur lui, frappant généralement le métal mais passant parfois au travers de la garde du monstre pour venir érafler son vêtement, entailler sa peau puis même en quelques occasions percer sa chair pour dévoiler en minces filets ce sang impie mêlant azur et pourpre qui circulait dans ses veines.

    La bataille entre la prouesse de la Nation Bleue et les pantins de chair dura longtemps, suffisamment d'ailleurs pour que les cris de rage ne viennent se muer en un son cyclique et bruyant trahissant le conséquent effort du soldat. Quand il les repoussait, ils revenaient de plus belle en armant mâchoires et griffes en vue d'une attaque en traître. Lorsqu'il les découpait à l'aide ses lames, leurs corps démembrés trouvaient appui sur la dépouille adjacente afin de porter une ultime charge avant la chute. Débordé par les créatures infernales, Mortifère parvint tout de même au prix d'un certain effort à renverser l'issue de l'altercation  Dans un affreux bruit de chair découpée et d'os fragmentés, Abraham porta à ses ennemis une taillade puissante pour finalement pourfendre les quelques abominations encore en état de combattre et ce fut à cet instant que s'acheva l'exercice. Haletant et légèrement amoché, Mortifère ouvrit la bouche pour reprendre la parole, mais fut coupé dans son élan à mi-parcours :

    "Eh bien, dame Isolde. Vous n'y allez pas de main m..."

    Les paroles glaciales de son interlocutrice devenue opposante vinrent s'abattre sur lui tel le couperet tranchant la tête d'un condamné. La lentille de la créature mécanisé s'ajusta encore et encore, cherchant à déceler dans les furtifs mouvements de la belle un quelconque signe d'une nouvelle agression. Son cheminement de pensée, rapide comme l'éclair, évalua les risques d'une tentative d'attaque léthale de la part de la demoiselle.

    Même pour le Docteur dont les machinations échappaient autant au commun des mortels, cela n'avait pas de sens. Il n'aurait jamais fait intervenir cette étrangère pour venir exécuter aussi sommairement sa plus parfaite création en prétextant une rencontre de pure courtoisie. Les résultats étaient concluants, les retours excellents et le projet s'annonçait à lui seul comme un passe-partout idéal pour permettre au praticien de l'ombre d'exercer comme bon lui semblait. Tout cela n'était et ne resterait qu'un jeu, toute cette manœuvre menée par la nécromancienne n'était qu'un exercice en milieu contrôlé, rien n'était réel. Était-il prêt pour ce qui allait suivre ? Pouvait-il encore faire face ?




    Ce fut la dernière pensée cohérente qui lui traversa l'esprit avant qu'il ne sombre dans un océan de douleur si tempétueux qu'il y perdit, l'espace d'un instant, toute notion de sa propre individualité. Le corps du colosse affaibli vint choir avec lourdeur, frappant le sol dans un fracas massif tandis que son corps cessait de lui obéir. Allongé sur le dos, se tortillant de douleur comme un guerrier frappé au foie, il poussa sans même s'en rendre compte un hurlement né de sa plus pure souffrance. Le son était rauque, guttural et aussi inhumain que possible. Des crépitements foudroyants naquirent, parsemant son corps d'arcs électriques incontrôlables qui mordaient sa silhouette en prenant l'apparence d'une multitude de serpents spectraux. Sa télékinésie pourtant constamment active cessa brusquement d'opérer et les attaches de son bras gauche se déverrouillèrent une par une, décrochant son membre prosthétique qui roula à ses côtés alors que l'autre battait furieusement dans le vide à la recherche d'une prise qu'il ne trouvait jamais. Les crocs serrés au point d'en faire saigner ses gencives grisâtres, le monstre vaincu beugla des mots que nul n'aurait jamais cru entendre de sa bouche :

    "Isolde ! Arrêtez-ça, je vous en conjure !"

    Douleur apprivoisée, esprit tenu en laisse, plus rien de tout cela ne sonnait juste. Les palabres et les grandiloquents discours de l'épouvantail masqué s'étaient tous évanouis lorsque le mal s'était insinué en lui sous sa forme véritable. Gisant dans les larmes et la sueur, le visage distordu par une souffrance si inadmissible que le cerveau lui-même ne parvenait pas à la conceptualiser entièrement, le digne Premier-Né n'était plus à présent que l'homme fébrile, fait de cette chair molle et de ces os fragiles qu'il abhorrait plus que tout. Le premier masque se fissura et la courtoisie illusoire maintenue tant bien que mal par des mois de formation s'écroula avec les autres artifices. Jurant tout en peinant à conserver sa salive à l'intérieur de sa gueule béante, l'être chimérique hurla à pleins poumons alors que sa lentille se désaxait par magie pour dévoiler l'orbite creusé qu'habitaient filaments, rouages et mécanismes :

    "Tu n'as pas idée de ce que tu viens de faire, imbécile ! Mes serres s'enfonceront bientôt dans tes tripes pourrissantes et je t'enverrai rejoindre les macchabés qui peuplent ce charnier que tu crois maîtriser ! Je te tuerai, effrontée, je te tuerai de mes mains ! Toi qui te prélasses parmi les cadavres, tu auras bientôt le loisir d'embrasser froidement les dépouilles de ceux que tu m'as fait pourfendre !"

    Dans un élan désespéré, animé par une rage incomparable, Abraham parvint à se jeter sur le côté dans un ultime espoir de s'extirper de la torture qu'il subissait. Son bras encore actif fut projeté hors de son support, filant à travers la pièce griffes en avant lorsqu'il quitta son porteur mais seulement pour venir s'abattre contre un mur adjacent plutôt que sur le corps de la femme qu'il visait. L'appendice de métal vint détruire le bois de la structure en le transperçant, laissant sans mal imaginer toute la violence de cette riposte dénuée de toute considération pour la survie de celle qu'il avait promis de protéger.

    Désormais privé de ses armes de prédilection, le soldat roulé sur le côté se mit à déglutir à plusieurs reprises tandis qu'affluaient dans ses veines les mélanges de substance répondant furieusement à un tel ouragan d'émotions. La peau blafarde se teinta ça et là de sombres fractures. Il sembla un instant se décharger d'une remontée venue de son estomac mais ce fut un liquide noirâtre et pâteux qui vint s'extraire de sa gueule en une épaisse bouillie. Il en émanait un parfum ferreux et curieusement chimique, comme si du sang frais avait été mêlé dans une curieuse mixture à des relents d'ammoniaque. Les éclairs n'avaient cessé de croître, tant en dimensions qu'en fréquence, mais ils disparurent tous à l'instant précis où la psyché déjà altérée de Mortifère vint atteindre le point de rupture.

    Le soldat se cambra en arrière, toujours sous l'influence d'un sort qu'Isolde ne semblait pas vouloir relâcher dans son horrible et insatiable curiosité. Les lèvres et le menton maculé de noir, Mortifère s'immobilisa subitement et ouvrit grand son seul œil valide. Les bras pourtant bien éloignés de leur porteur s'agitèrent dans un soubresaut synchronisé et de cette carcasse tordue qui n'avait d'humains que quelques rares attributs, une voix étranglée se fit entendre :

    "Serai-je un jour... assez ? Suis-je supérieur à l'Homme, Docteur ? Suis-je bel et bien l'avenir ? Était-ce la dernière intervention ? Était-ce la dernière intervention ?"

    Il était angoissant de constater que ses bras s'agitaient à nouveau et qu'ils semblaient désormais se mouvoir selon leur propre volonté. Celui qui était encore enfoncé dans le bois tomba de son support dans un vibrant fracas alors que l'autre, en s'aidant de ses doigts, commençait lentement mais sûrement à progresser pour retourner au socle dont il avait été arraché. Le corps parfaitement stable du militaire ne paraissait plus réagir aux vagues de pure douleur que lui envoyaient la mage noire et le discours dément de l'être abattu s'acheva par un ricanement imprégné d'une totale aliénation. Seulement secoué par quelques hoquets, Mortifère ne se mouvait qu'à peine.

    Il y eut un claquement au niveau de son épaule, suivi du son emblématique d'une injection provoquée par l'action d'un piston.
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    Isolde Malkyn
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  • Mar 9 Jan - 23:45
    Aussi froid que l'acier
    Feat Mortifère



    L’intensité du sort mental lancé sur Mortifère ne pardonnait pas. Ce dernier se retrouva instantanément au sol, frappé par la douleur. Le cri de déchirement venu de sa gorge résonna dans la salle. Il régnait une ambiance morbide, avec tous ces cadavres de zombies putréfiés autour d’eux. Les souffrances du colosse d’acier ajoutaient un caractère sinistre au tableau. La jeune femme ne ressentait pas de sentiments particuliers à cette vision. Pas de plaisir sadique, ni d’empathie à l’égard de celui avec lequel elle avait partagé un moment non désagréable précédemment. Pas de colère, ni de tristesse perceptible. Aucune rage, aucune satisfaction. Cette apathie la suivait au fur et à mesure que les effets s’amplifiaient. Elle était allée au bout de son idée, elle avait poussé le vice de sa curiosité. Pour obtenir un résultat qui ne la satisfaisait pas. Pourtant, la réaction de Mortifère restait en tout point parfaite. Il se comportait exactement comme elle l’avait espéré et recherché. Lorsqu’il la menaça ouvertement, sans retenue, cela ne provoqua presque rien en elle. Pourquoi tombait-elle dans cet état… Parce qu’elle avait assouvi un caprice et qu’elle attentait déjà la suite, lassée des choses avant même qu’elles n’aient pu véritablement commencer. Bercée dans un océan de lassitude et d’ennui, comment les individus autour d’elle avaient une once de chance de la combler. Le vide creusait un peu plus son cœur à chaque lune, pris en étau par un sablier cruel. Elle allait mourir.

    Tandis qu’elle fut distraite un court instant par les bras métalliques qui bougeaient d’eux-mêmes, à l’autre bout de la pièce, Isolde ne relâcha pas la pression psychique sur sa cible. Elle s’approcha de lui, alors qu’il semblait être dans un état semi-conscient. Elle ôta une longue mèche noire qui dissimulait une partie de son visage, dont les traits tirés reflétaient la douleur. Le liquide noirâtre sorti de son estomac, souillait le sol, se répandant parmi les autres substances cramoisies.

    - « Tu as raison Mortifère, j’embrasserai bientôt les dépouilles. Mais pas aujourd’hui. Et pas de ta main. »

    Alors que les dents de la machine républicaine se desserraient pour laisser passer quelques mots, Isolde sentit qu’il avait atteint ses limites. L’homme avait été détruit, reconstruit, lacéré, recousu, amélioré… altéré. Le Docteur avait fait de réelles prouesses techniques et scientifiques. Pourtant, le jouet pouvait être cassé. Sans doute lui ferait-elle part d’une défaillance du système. Il avait besoin de défenses psychiques pour devenir plus puissant. Le corps demeurait plus ou moins en bon l’état, après les épreuves subies. Mais l’esprit accomplissait un voyage dans les méandres de ses souvenirs glauques et traumatisants. Il restait soumis aux actions de la mage noire. Elle pouvait le tuer, le posséder, le maudire, jouer avec son corps de bien des manières, faire tout ce qu’elle désirait de lui. Pourtant, elle avait perdu l’envie de jouer avec le pantin désarticulé.  

    - « Tu as cru aux belles paroles des mécènes, tu t’es laissé bercer dans l’illusion. Le patriotisme républicain n’est qu’un leurre, tu n’es que le jouet des puissants. Un jouet sublime, mais cassé. Tu es brisé Mortifère. Là » dit-elle, en appuyant à la place de son cœur. « Et là » en appuyant sur sa tête. « est-ce que tu ressens à quel point tu es brisé ? Que reste-t-il des pensées de l’homme derrière la machine et de sa volonté pure ? »

    Il n’en restait plus grand-chose, tant les altérations étaient nombreuses. Même s’il s’agissait de son choix, qu’il n’avait pas été forcé dans ce projet, sa nature en restait floue et déconcertante. Les puissants s’étaient servis d’un homme perdu, pour lui faire croire à des desseins grandioses. Il n’était pas l’avenir de la Nation Bleue. Les forces cosmologiques restaient en tout point supérieures. Et la magie également. Entièrement recouvert d’acier, un mage élémentaire pouvait lui ordonner d’agir sous sa volonté. La magie surpassait les prouesses physiques, il ne restait qu’un pantin de métal.

    La reikoise baissa l’intensité du sort pendant ses paroles, puis le fit cesser. Il allait rester quelques temps dans cet état, perdu dans l’irraison, dans les bras de la folie et des souvenirs violés. Elle patientait près de lui, attendant quelques réponses, des confidences arrachées. Les bras du colosse avaient retrouvé leur socle. Aussi, elle reconnut le bruit caractéristique de l’injection de stimulants. Elle restait consciente qu’il saurait se relever bientôt et qu’elle ne devrait plus être dans les parages à ce moment. La mage guettait les réactions de son vis-à-vis, prête à prendre la fuite.

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    I am a mortal, but nothing human inside. What will be left of me when I'm dead ?


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  • Ven 12 Jan - 2:26
    S'étouffant presque à chaque inspiration qu'il prenait, Abraham observait le plafond d'un air absent, ses yeux perdus dans le vide paraissaient vaguement apercevoir la silhouette de l'étudiante postée au dessus de lui et ses pupilles se contractaient au gré des changements dans les jeux de lumière, mais tous les signes pointaient vers un état de semi-conscience proche de l'hypnose. Les bras de l'homme de fer étaient retournés à leurs points d'accroche et dans une multitude de cliquetis, les attaches s'étaient refermés pour redonner un semblant de substance à ce corps désarticulé que quelques infimes soubresauts animaient encore. La voix d'Isolde parut attirer son attention et il tourna la tête pour s'orienter vers elle, mais son regard vide semblait chercher un point situé derrière elle, comme s'il était incapable de clairement voir celle qui était située devant lui. Comprenant à peine le discours, il répéta fébrilement lorsqu'elle apposa un index tiède sur son front :

    "Là... et là. Brisé."

    Les doigts de la créature de chair et d'acier s'agitèrent mollement, se retournant sur leur axe principal et tournoyant à la recherche d'une cible. Lentement mais sûrement, Mortifère leva son bras au dessus de sa tête et vint positionner les griffes mécanisées au dessus de son propre visage; avant d'entamer une longue et inexorable descente. Ses griffes caressèrent un peu son visage maculé de cicatrices, épousant les contours comme pour en inspecter la surface. Le pauvre homme blessé marmonna quelques mots incompréhensibles, comme s'il essayait de répliquer les sons d'une conversation trop lointaine pour être entendue. Brusquement, il s'éclaircit la voix et annonça :

    "Qu'on m'apporte la solution. Je vais procéder à une incision au niveau du..."

    Les serres cessèrent de se mouvoir avec douceur pour se réorienter brutalement, pour ensuite forer la peau de sa joue, perçant son pâle épiderme en creusant par impulsions précises mais brutales. Etrangement, Mortifère perforait son faciès précisément là où se trouvait l'une de ses premières cicatrices et venait donc de rouvrir cette dernière dans un élan de folie. Le sang vicié, noirâtre et bleuté par endroits, se déversa en fins filets sur sur sa figure amorphe, la salissant pour la rendre plus inhumaine et pathétique qu'elle ne l'était déjà et dans un raclement infect, Mortifère se mit à gratter sa chair, perçant si profondément et avec tant d'entrain qu'il commençait peu à peu à dévoiler ses tendons. Indifférent à cette douleur, il plongea son œil vide de toute émotion dans les prunelles de la nécromancienne et il lui parla avec une profonde confusion :

    "L'homme s'efface, Docteur. Tout ce qu'il oublie est pris par le métal. L'acier est pur, il est solide et lisse. La chair est sale, laide, pleine d'aspérité et de failles. Même les forts sont tôt ou tard rongés par la maladie et la ruine."

    Sans cesser de se fouiner dans son propre cuir à l'aide de sa serre mécanisée, il leva violemment son autre main et saisit Isolde au poignet. Son emprise, bien que particulièrement ferme, était pour l'heure indolore. Les rouages tremblotaient et s'agitaient et le corps bien organique vint s'activer lui aussi. Le poitrail du monstre se mit à se lever puis à s'abaisser frénétiquement au rythme d'un souffle devenu court et le soldat rendu fou se mit, contre toute attente, à pleurer de son seul œil valide. Des larmes cyan et étincelantes roulèrent sur ses joues recouvertes de sang et, après un silencieux reniflement, le cerbère parla à la sorcière d'une voix emplie d'effroi et de tristesse :

    "J'en ai assez de souffrir, Docteur. Je veux que l'homme meurt, je veux que le métal prenne sa place. Cette ensorceleuse m'a détruit. Ôtez-moi ces nerfs brûlants, détruisez cet esprit qui hurle constamment. Par pitié, je veux devenir quelqu'un d'autre. Par pitié, achevez-moi. Je ne veux plus être..."

    Il s'immobilisa et ses muscles se contractèrent, le poison alchimique ayant partiellement fait son œuvre. Sa prise sur le bras d'Isolde se resserra un peu, au moins de blesser la peau de celle-ci par endroits. L'autre assortiment de griffes quitta la joue transpercée dans un chuintement visqueux et s'éleva pour venir se plaquer contre le torse du monstre. Malgré l'afflux de magie que son corps s'évertuait à provoquer pour faire face à cette situation de crise, ni sa raison ni sa magie ne lui revenaient. Il frappa sa propre cage thoracique d'un coup de poing et quelques côtes se brisèrent à l'impact. Cela lui coupa le souffle, mais il se frappa une seconde fois comme s'il cherchait à évacuer de son œsophage un corps étranger qui s'y était logé. Son cou se tordait et son souffle se faisait de plus en plus rauque. Se rejetant lui-même, il avait entrepris une autodestruction sans même en être conscient. Entre deux coups, il articula sans lâcher Isolde du regard :

    "Je ne peux plus être si faible. J'ai failli, Père. Finissez le travail, je vous en prie. Tuez l'homme et donnez sa place au monstre de métal. Tuez l'homme, s'il-vous-plait. Tuez-le. Tuez-le. Tuez-le."

    Les frappes continuèrent, encore et encore; et chacun des assauts se ponctuait de cette même phrase répétée avec sauvagerie. Sa tête partait en arrière, faisant vibrer le plancher à chaque fois qu'elle entrait en contact avec. Il était perdu, enfoncé si profondément dans les limbes de la psyché qu'il était devenu impossible de dire s'il en ressortirait un jour.
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