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  • Dim 21 Jan - 17:54
    Zéphyr avait été surpris quand il avait entendu à nouveau parler de Kassandra Whype. Cette femme, c’était lui-même qui l’avait libérée avec l’aide des Sentinelles et d'autres cellules d'espionnage. Son réseau avait eu vent des activités illégales de ces médecins radiés au Reike, au point de retrouver l’institution qu’ils avaient créés au fin fond du désert. Il s’agissait d’une école, mais le mot plus juste aurait été de dire qu’il s’agissait d’un laboratoire. Sous leur gouverne, des jeunes pupilles de l’Empire devaient lutter entre eux afin de devenir toujours plus forts, et bien sûr, leurs protégés subissaient également toute sorte d’expériences. Il était évident que la méthode des « enseignants » étaient plus que répréhensible, et que les expériences sur leurs sujets allait à l’encontre de l’éthique impériale. Après s’être renseigné au sein des Forces Médicales Reikoises, l’Oreille avait eu toute latitude pour agir : on ne voulait pas de ces dégénérés qui se prenaient pour des scientifiques. Dès lors, un projet d’extermination avait été mis en place. Les élèves devaient être récupérés vivants pour qu’ils puissent être rendus à leurs familles. Leurs « professeurs » devaient idéalement être arrêtés pour être jugés à l’avenir. Il n’était pas interdit, néanmoins, de les tuer s’ils avaient une attitude hostile. Quant à leur institution, leur école dont ils étaient si fiers, l’établissement serait tout simplement réduit en cendres. Il n’en resterait strictement rien.

    Afin de maximiser leur chances de réussite, les espions spécialisés dans les missions de sauvetage et de démantèlement avaient été sélectionnés par le Feu et le maître-espion. Quoique le temps pressait, ils avaient néanmoins pris le temps de connaître les entrées et les sorties de cette soi-disant académie, de comprendre les va-et-vient de leurs gardiens ainsi que leur mode de fonctionnement. Les renégats, trop imbus d’eux-mêmes, n’avaient jamais compris que des métamorphes les avaient infiltrés pour connaître les plans de l’établissement, les zones inaccessibles et les endroits où vivaient les élèves. Le piège se refermait doucement sur eux, et les prétendus médecins n’y avaient vus que du feu.

    Les agents de l’Oreille n’avaient cependant pas prévu qu’une élève fasse exploser son potentiel en manipulant le métal autour d’elle. Cet événement aussi soudain qu’inattendu avaient précipité l’opération de quelques heures, et l’extermination du groupuscule avait ainsi commencé alors que le soleil était à son zénith. Etonnamment, la responsable de tout ce chaos était encore en vie, et même, elle avait causé un petit massacre autour d’elle. Manifestement, elle n’avait aucune pitié, et surtout, elle savait bien se défendre toute seule. Le lionceau était devenu une lionne qui avait compris que ses géôliers étaient ses véritables ennemis.

    Les espions auraient pu l’arrêter. Il n’en avait été rien. D’abord parce que la priorité passait au sauvetage de tous les élèves et pas d’une seule. Ensuite, parce que l’objectif était d’arrêter un maximum du personnel avant qu’ils ne prennent la poudre d’escampette. Le temps que tout se calme, que l’opération se soit soldée par un succès, Kassandra Whype était partie. Elle avait pris ses affaires et s’était évanouie dans le désert. Etant une inconnue comme une autre, l’Oreille avait simplement commandé qu’on suive sa trace pour voir si elle n’était pas blessée et pour vérifier qu’elle saurait s’en sortir par elle-même. On lui avait finalement répondu par l’affirmative, et on lui avait même appris que la belle était arrivée jusqu’à Ikusa. Un endroit parfait pour rebondir, pour commencer une nouvelle vie, puisque ses parents avaient eux-mêmes vendus leur fille.

    Cela dit, oui, Zéphyr avait été surpris.
    Car pour oser aborder l’Impératrice, il fallait avoir une bonne dose d’audace et de témérité.
    Ayshara avait néanmoins été fidèle à elle-même – un point qui avait quand même fait sourire l’Oreille. La Vosdraak avait en effet inviter la demoiselle à manger, et comble pour le domestique qui avait dirigé le repas, elle s’était empiffrée en ne respectant en aucun cas les bonnes manières. Devant la reine du Royaume, non, mais vous imaginez ? Zéphyr avait supporté patiemment les doléances du serviteur royal, en restant essentiellement silencieux, car toute défense envers la jeune Reikoise aurait été mal reçue. Puis, quand l’homme aux yeux dorés avait pris congé, il était simplement sorti du palais alors que l’après-midi était déjà bien avancé.

    Le sort de la guerrière n’était pas pour lui une priorité en soi, mais il n’était pas question que la combattante tout feu tout flamme ne cause plus de problèmes en voulant par exemple faire entendre sa cause à n’importe qui. Elle pourrait également être tentée de trouver des représentants du FMR. Si certaines personnes, comme Usha pourraient lui tenir tête, la plupart n’étaient cependant pas des combattants aguerris et ne comprendraient rien aux blessures intérieures de la jeune femme. De plus, voir les médecins ne pouvaient que raviver sa rage, sa frustration, et même si la sœur de Varenys avait réellement su la calmer, elle était encore trop instable pour pouvoir pleinement la laisser se promener en toute impunité. D’autant que Kassandra n’avait rien. Elle n’était rien. Tout au plus était-elle une citoyenne qui avait tout perdu à cause de l’avidité et la perfidie de quelques-uns.

    Un électron libre pouvait se redresser tout seul s’il avait les ressources adéquates pour commencer une nouvelle existence. Il n’était toutefois pas dit que l’ancienne cobaye militaire saurait le faire avec ses maigres moyens et c’était donc dans cet état d’esprit que Zéphyr avait retracé le chemin de la demoiselle.

    On ne s’approchait jamais de l’Impératrice sans que cela n’attire l’attention du réseau de l’Oreille. Les espions du palais n’avaient pas eu besoin de l’aval de leur chef pour filer l’élémentaliste une fois partie de la demeure impériale. La localiser fut donc facile, et il la trouva de facto dans une place reikoise, où s’était tenu un marché organisé par des petits commerçants. A présent que l’après-midi baissait, les marchands commençaient à remballer au fur et à mesure leurs affaires, si bien que l’endroit serait rapidement désert.

    Indifférent aux Reikois alentours, Zéphyr s’approcha par derrière, et il aborda la demoiselle d’un ton relativement serein :

    - Je ne m’attendais pas à rencontrer une manieuse du métal si loin dans le désert du Reike.

    Kassandra comprendrait bien sûr directement qu’il parlait d’elle. Imperturbable face à ses yeux méfiants, le maître-espion lui adressa un sourire bienveillant, tout en soutenant son regard légitimement en proie à la colère et à la révolte.

    - Je suis un des hommes qui ait participé à l’éradication du… groupuscule dont vous faisiez partie. Vous êtes une des rares qui est partie sans que nous puissions vous soigner et vous assister après que nous ayons arrêtés tous les médecins renégats. Un silence. Je m’appelle Zéphyr. Mais mon nom importe peu. Avez-vous quelque part où aller, Kassandra ?
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  • Jeu 25 Jan - 17:03
    Les lourdes et imposantes portes du palais se refermaient lentement derrière moi dans un grincement grave et interminable. Je récupérais mes équipements laissés aux gardes et je me retrouvais à nouveau, accablée par la chaleur, la poussière et les odeurs si caractéristiques de la capitale comme si j’avais été dans une bulle durant tout ce temps, isolée du reste du monde. En comparaison de la demeure impériale, les rues et les gens me parurent soudainement très sales et pauvres. Mes propres effluves de sueur me firent toutefois relativiser ma situation et je redescendis immédiatement sur terre.

    J’avais de toute façon autre chose à penser. En vérité, j’étais complètement bouleversée par ma toute récente “altercation” avec l’impératrice du Reilke, Ayshara. J’avais en partie obtenu ce que je désirais et pourtant je n’en étais pas particulièrement satisfaite pour autant. Ce qui avait été dit et conclu au cours du repas changeait drastiquement la façon que j’avais de percevoir et d'interagir avec le reste du monde, comme si les dernières années de mon existence n’avaient servi à rien. Pourtant les choses progressaient, mais peut-être pas tout à fait de la façon dont mon “ancienne moi” l’aurait voulu.

    Pour le moment, dans tous les cas, j’avais besoin de me changer les idées sans quoi je me sentais aussi bien prête d’imploser que de fondre en larmes en plein milieu de la rue. De l’alcool. Il me fallait de l’alcool. Je me ruais dans la première taverne se présentant à ma portée avant de me poser au comptoir. J’ignorais encore que des yeux attentifs avaient toute leur attention rivée sur moi.

    “ Donne-moi à boire. Quelque chose de fort. ”

    Je jetais sur le bar mes maigres économies tandis que le tavernier se retournait pour attraper une bouteille en hauteur.

    “ Z’avez le visage et l’attitude de quelqu’un de troublé… ou qui veut oublier. ”

    Déjà suffisamment sur les nerfs et impatiente, je lui arrachais la bouteille des mains, ne lui laissant pas le temps de se saisir d’un verre.

    “ Ta gueule. ”

    Non. Je n’étais pas d’humeur à faire de la psychologie de comptoir. Je portais le goulot à mes lèvres et le liquide translucide qui s’en écoulait vint rapidement me brûler le fond de la gorge.

    “ ‘Veux pas en parler… ”

    Sentant qu’une peine profonde montait en moi et qu’une larme timide pointait à la commissure de mes lèvres, je tournais les talons en direction de la sortie, biberonnant ma réconfortante amie.

    “ Garde la monnaie. ”

    Le temps que le tenancier n’ait eu le temps de faire le compte des piécettes étalées devant lui pour se rendre compte qu’il n’y avait clairement pas assez pour la bouteille entière, j’étais déjà retournée à la poussière de la rue. De nouveau dehors, et sans doute sous l’effet de la boisson, le soleil me parut encore plus mordant et moqueur qu’il y a quelques instants et je cherchais alors refuge dans une ruelle ombragée, me laissant guider par le flot de la foule.

    J’eus tôt fait de venir à bout du contenu de la flasque en verre et, constatant que je ne me sentais pas vraiment mieux, loin de là, je m’en débarrassais sur le côté de la chaussée, manquant d’éborgner un mendiant qui se trouvait là et dont les insultes ne parvinrent pas à atteindre l’orée de ma pensée. Malgré mon esprit embrumé, je ne cessais de tourner et retourner dans ma tête les paroles échangées avec la reine. Avais-je fait le bon choix ? Était-ce vraiment ce que je voulais ? Cela en valait-il finalement la peine ?

    En proie à mes songes comme un revenant ne pouvant trouver le repos, j'errais sans but dans les boyaux de la ville, laissant mes pas me guider là où ils le désiraient, prenant tantôt à droite, tantôt à gauche, mais en m’assurant toutefois de toujours m’éloigner du palais. Les heures se succédèrent ainsi sans que mes humeurs ne parviennent toutefois à s'apaiser et je franchissais finalement l’enceinte de la ville et m’enfonçais dans le désert, suivant à demi-consciemment une piste laissée dans le désert. J’avais toutefois eu le temps de digérer tout l’alcool ingéré et une migraine commença doucement à s’installer. Le comble.

    “ Manquait plus que ça. ”

    Les traces en question me menèrent finalement jusqu’à un marché improvisé, petite oasis de sérénité non loin de la fourmilière grouillante de vie. Qu’on ne s’y méprenne pas, l’endroit n’était pas dépourvu de vie mais il n’était pas secoué par la même agitation frénétique qu'à l'intérieur des murs de la capitale. Ici, l’espace était judicieusement partagé entre échoppes et passants et l’on pouvait prendre le temps de flâner parmi les épices, soieries et viennoiseries mielleuses qui embaumaient l’air de fragrances sucrées. Pour la première fois depuis le début de cette journée, j’eus l’impression de pouvoir respirer enfin, comme si l’on m'exorcisait de l’hystérie qui habitait les habitants des grandes villes.

    Je me glissais au milieu des passants, jouant le jeu des maraîchers et vendeurs à la sauvette, me laissant entraîner d’un coin à l’autre du marché selon que l’on m'interpelait pour sentir tel parfum ou goûter tel produit. L’après-midi s’écoula ainsi et bientôt, le soleil entreprit son ultime course avant de se jeter dans la mer pour y disparaître jusqu’au lendemain.

    La place se vidait déjà de son monde et les étals étaient réorganisés et rangés de sorte qu’il ne reste plus rien du marché florissant d’il y a encore une poignée de minutes. Encore quelques instants et l’endroit serait rendu au désert. J’allais prendre une ultime inspiration chargée de senteurs quand on m’interpella. Une voix masculine, provenant de derrière moi dont le propriétaire semblait en savoir plus sur moi que l’inverse. Une ombre s'immisça sur mon visage. Je ne serais donc jamais tranquille.

    De quoi s’agissait-il encore ? Un mercenaire envoyé pour me menacer ? Un pochtron que j’aurais offensé au détour d’un bar ou d’une ruelle ? Quoi qu’il s’agisse, ce n’était pas le bon jour pour me chercher des noises. Ma mauvaise humeur était instantanément revenue et lorsque je me retournais les traits de mon visage étaient déjà déformés par la contrariété, la méfiance et la colère. Mes pupilles ambrées se posèrent sur le gêneur, le détaillant de haut en bas. Il n’avait ni l’air ni la stature d’un garde ou d’un mercenaire et encore moins celle d’un ivrogne. En fait, ses manières, ses habits et cheveux soyeux me hurlaient le contraire.

    “ Et toi, t’es qui pour commencer ? ”

    Lui avais-je lancé d’un ton froid qui tranchait sévèrement avec le ton calme et mielleux de mon interlocuteur. Sur le moment, je n’avais aucune idée de l’identité de la personne qui venait de se présenter à moi. L'on aurait pu croire à un noble mais pourtant, aucun aristocrate viendrait se perdre si loin de sa capitale sans escorte… ou sans une très bonne raison, ce qui renforça encore davantage ma méfiance envers le bellâtre dont je ne pouvais nier la finesse de se traits.

    “ Qu’est-ce que tu me veux d’abord ? ”

    Les explications ne tardèrent pas à venir et mes yeux s’écarquillèrent, le souffle coupé comme si je venais d’encaisser un coup de poing dans l’estomac. Son nom ne me disait rien, évidemment, pas plus que son visage. Mon esprit avait pris grand soin d’occulter la plupart des détails de cette époque si bien que seules quelques bribes me revinrent en mémoire.
    Je me souvint en effet qu’à mon réveil, après son accès de rage, un groupe était intervenu soi-disant pour nous libérer et arrêter les responsables. On fit toutefois le choix de me laisser en pleine détresse pour sauver ceux qui pouvaient encore l’être. Craignant une autre ruse et effrayée par l'enchaînement des événements, j'avais rassemblé le peu de biens qui me restait et j’avais pris la poudre d’escampette à travers le désert, laissant derrière moi les ruines de ce lieu maudit s’embraser, jurant de faire payer au centuple les responsables.

    Un court moment me fut nécessaire pour reprendre mon aplomb. J’ignorais encore comment ce dénommé ”Zéphyr”, si tant est qu’il s’agisse de son véritable nom, avait retrouvé ma trace et s’il s’agissait d’une menace potentielle. Je restais toujours sur la défensive, le méandre de mes souvenirs s’agitant derrière mes pupilles flamboyantes. Comme à l’époque, l’air se mit à vrombir autour de moi et l’acier de ma lance se tordait au rythme des battements de mon cœur comme si elle semblait vouloir prendre vite. La paranoïa et les émotions accumulées au cours de la journée altéraient mon jugement et, à l’image d’un rat acculé, j’étais prête à lui sauter à la gorge si je venais à me sentir un tant soit peu en danger. J’ignorais d'abord sa question, préférant d’abord m’assurer des intentions du personnage qui se tenait calmement devant moi.

    “ Et… comment tu m’as trouvée ? ”

    La question pouvait sembler un peu naïve. Je ne doutais pas, en mon for intérieur, qu’une guerrière à la crinière platine se promenant avec dans son dos une imposante lance en métal soit particulièrement difficile à repérer et suivre en pleine ville. Ce que je cherchais surtout, sans parvenir à le formuler correctement, c’était de savoir depuis combien de temps j’avais été ainsi observée à mon insu. Une heure ? Une journée ? Un mois ? Plus encore ? La soudaine éventualité d’avoir été surveillée comme une enfant un peu turbulente que l’on voudrait garder à l'œil depuis ma “libération” me fit frissonner de dégoût. Ma vie ne valait-elle donc pas mieux que celle d’un animal de laboratoire ?

    “ Réponds. ”

    Il était évident que je camperai sur mes positions tant que le flou autour de cette rencontre n’aurait pas été levé.
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  • Dim 11 Fév - 21:05
    Indifférent aux marchands qui débarrassent petit à petit leurs étals, Zéphyr regarde la jeune femme qui l’intéresse et il comprend rapidement que celle-ci n’est pas de très bonne humeur. Son regard fermé, ses yeux hostiles, son attitude brusquement sur le qui-vive : tout indique qu’il n’est pas le bienvenue, et pourtant, ce n’est pas ça qui va effrayer le conseiller royal. Bien sûr, la demoiselle le dévisage de haut en bas, et avec un léger sourire sur les lèvres, le maître-espion la laisse faire. Il ne peut lui en vouloir puisqu’il l’a abordée à l’improviste ; et puis, tout indique également qu’ils viennent de mondes différents, puisque le guerrier n’a pas troqué ses vêtements du palais pour des tenues plus passe-partout. Enfin, sa houppelande noire a l’avantage de lui donner quand même un peu de discrétion, en recouvrant entièrement, mais Kassandra est suffisamment proche pour voir ses habits propre à la noblesse reikoise.

    La maîtresse de métal, a contrario, n’a rien d’une femme de la cour. Ses cheveux étincelants sont davantage rebelles que soyeux, sa peau mâte et brunie par le soleil montre qu’elle n’a pas eu une vie de confort, et sa silhouette fine ainsi que ses muscles  noueux indiquent qu’elle sait se battre depuis toujours. Outre son aspect physique, c’est surtout son ton direct et provoquant qui confirme qu’elle n’a rien de bourgeois dans les veines, mais les Astres savent à quel point cela peut être une grande qualité. Zéphyr apprécie d’ailleurs beaucoup plus la franchise que les mots enjoliveurs de quelques aristocrates mielleux et sournois et il n’est donc pas offusqué par l’attitude peu agréable de la Reikoise. C’est néanmoins à lui de se présenter, et voilà que l’intéressée écarquille les yeux quand elle arrive quelque peu à situer le bretteur dans le grand parcours de sa vie. Enfin, grand parcours… C’est peut-être vite dit, en un sens. Car hormis survivre dans son école, Kassandra n’a jamais pu vivre pour elle-même. Et à présent, elle est comme un feu follet capable de tout embraser sur son passage, à cause de son cœur trahi et de son âme blessée par la cupidité de quelques docteurs fous, radiés par les forces médicales du pays. M’enfin, il est toujours temps de rebondir… Le maître-espion veut juste s’assurer qu’elle rebondisse dans la bonne direction.

    Evidemment, cela ne veut pas dire que ce sera facile. La preuve : l’air ne semble-t-il pas vombrir et la pointe de sa lance ne semble-elle pas être prête à se mouvoir au moindre désir de sa maîtresse ? L’homme rompt un instant le lien visuel pour jeter un œil à son arme, mais s’il en prend conscience, il ne bronche pas et ne montre pas de signes de frayeur. Au contraire, il ramène son regard sur le visage de la belle et lève légèrement les mains en signe de paix :

    - Je ne viens pas en ennemi. Ni en examinateur. Ou quoi que ce soit d’autres que tu t’imagines. Une légère pause. Je conçois que ton pouvoir est relativement fascinant et même très rare, mais je pense que ce serait une mauvaise idée d’attirer l’attention des marchands, voire même des gardes en patrouille.

    Encore que, elle ne peut mal en sa présence, mais autant ne pas jouer là-dessus dès le début de leur rencontre. Ce qui est certain, par contre, c’est que Kassandra a l’attitude d’un chat sur la défensive, tel un félin qui a le poil hérissé et qui a toute griffe dehors. Peut-être est-ce parce qu’elle n’a pas encore de véritables repères ou d’autres connaissances sur qui compter. Peut-être parce qu’elle a aussi tendance à voir tout le monde avec méfiance depuis ce qu’il lui est arrivé.

    - Je t’ai trouvée grâce aux rumeurs qui se sont répandues ce matin, lâche-t-il de but en blanc. Il paraît que tu as abordé l’Impératrice en personne alors qu’elle était au seuil de sa demeure. C’est d’une audace remarquable, fait-il avec un sourire appréciateur, mais forcément, cela a vocation à attirer les regards et à susciter les mumures. Il faudrait juste veiller à ce que le peuple ne pense pas qu’on puisse avoir une audience gratuite avec sa Majesté en utilisant les mêmes subterfuges. Pour le reste, il n’a pas été difficile de te retrouver quand on sait à qui demander.

    Les marchands alentours qui sont proches du palais par exemple, mais dans leur cas immédiat, ses hommes avaient fait le reste. Puis, il y a un autre point qui justifie qu’elle ait été surveillée, et Zéphyr le précise assez rapidement.

    - Du reste, puisque nous sommes intervenus pour détruire cette école qui vous servait en fait de prison, nous cherchons aussi à voir comment ceux que nous avons tiré de là se réintègre dans l’Empire. D’où ma présence.

    Kassandra ne décèlera pas une pointe de dissimulation dans les propos de Zéphyr et celui-ci lui lancera un regard qui se veut calme et apaisant.

    - Je répète donc ma question. Est-ce que tu as un lieu où aller ? Une bourse pour t’en sortir dans les jours qui viennent ? Un projet – autre ton… amertume pour tes bourreaux – que tu aurais envie de réaliser ?

    Le conseiller a une légère moue méprisante face à ce qu’il va dire et il ajoute :

    - Tous les élèves que nous avons retrouvés ont été vendus par leurs parents. Des ordures, cela va sans dire. Evidemment, certains ont toujours pu être naïfs et de bonne foi, mais cela reste peu probable… Dans le cas de la jeune femme, il doute particulièrement que ce soit le cas. Je présume que tu ne comptes absolument pas renouer avec eux. A moins que tu ne veuilles leur faire une visite ce soir.

    Et dans ce cas-là, il vaut peut-être mieux qu’il l’accompagne, histoire de voir comment la demoiselle règle ça.
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  • Mar 27 Fév - 16:36
    Malgré mon attitude immédiatement hostile, celle de mon nouvel interlocuteur ne changea pas. Il laissa tout au plus son regard glisser vers son arme en un battement de cil subtil lorsque je commençais à m’agiter et à me faire plus menaçante. Il restait droit dans ses bottes, impassible et sûr de lui. Même si elle n’avait sans doute pas cette vocation, son attitude avait presque tendance à m’agacer encore davantage car je ne parvenais pas à dire s’il me méprisait au point de ne pas me prêter plus d’égard ou bien si il était tellement sûr de lui qu’il ne craignait pas que je lui rentre dedans.

    Je m’efforçais malgré tout à garder la tête froide, en tout cas autant que faire se peut, car je ne désirais pas me mettre dans une nouvelle situation embarrassante à cause de mon tempérament sanguin. J’attendrais encore un peu avant de juger si je devais faire de cet homme un ennemi ou non. Et puis… N'avais-je pas prêté serment auprès de la reine quelques heures plus tôt ? Briser si rapidement un tel serment serait sans doute bien mal venu et pèserait lourdement sur mon honneur et ma réputation… si j’avais une quelconque estime pour ce genre de valeur superflue.

    Le singulier personnage tint toutefois à me rassurer en m'affirmant qu’il ne venait pas en ennemi. Je restais toutefois libre d’en juger en fonction du déroulé de la conversation. Bien qu’il parlât de rumeurs, la subtile lueur de malice qui brillait dans ses yeux et son attitude assurée me laissaient penser à croire qu’il en savait bien plus qu’il ne voulait, ou ne pouvait, me révéler. Je me méfiais particulièrement de ce genre de personne. Je devrais dorénavant faire très attention à ce que je pouvais à mon tour révéler, car tout ce que je dirais désormais pourrait plus tard servir d’arme pour me manipuler, ou me détruire. Du moins, c’est encore une fois ce que ma paranoïa me sifflait à l’oreille.

    Je lui adressais toutefois une oreille plus attentive lorsqu’il mentionna une nouvelle fois l’Académie. Il semblait droit dans ses propos et je n’y décelais aucune trace de malice ou de fourberie. Cela étant, je ne voyais guère d’intérêt à me faire biberonner de la sorte. J’avais déjà de la peine à avaler ma récente “alliance” avec l’impératrice, je ne me sentais pas capable de saisir une nouvelle main tendue, aussi bienveillante soit-elle. Du moins, mon sale caractère de cochon m’en empêchait.

    “ C’est un peu tard pour vous inquiéter de mon sort, tu ne crois pas ? ”

    J’abaissais peu à peu ma garde, sans pour autant me détendre complètement. Je n’aurais finalement pas à me battre mais je n’avais toujours pas l’esprit tranquille.

    “ Je n’ai pas attendu que mes “anges gardiens” ne me tombent dessus pour refaire ma vie. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je suis une grande fille. Je n’ai besoin de rien. “

    À la manière d’une enfant rebelle cherchant à s’émanciper de l’influence de ses parents, je rebroussais le nez, l’air hautain, avant de balayer une mèche de cheveux d’un revers de la main de la même façon que je venais de refuser son offre.

    “ Quant à mes projets, ils n’ont -à quelques nouveaux détails près- pas changé. Je vais botter le cul de tous les salopards de ce pays qui jouent avec la vie d’autrui et je vais les traîner jusque devant le tribunal royal pour qu’ils y soient jugés. ”

    Je marquais la fin de ma phrase par un hochement de tête sec et déterminé. Je n’avouais pas que j’aurais préféré abattre ces criminels sur le chant sans avoir à m’emmerder à les ramener jusqu’à la capitale, mais le cœur y était. Cependant, ce que déclara l’inconnu par la suite me fit soudainement blêmir.

    “ Que… Qu’est-ce que tu as dit ? “

    Je peinais encore à le croire. S’il s’agissait d’une tentative de manipulation visant à me déstabiliser, c’était réussi.

    “ Il… Il y a d’autres survivants ? “

    Cette évidente vérité me frappa en plein visage. Depuis ma fuite, j’avais vécu en étant persuadée que j’étais la seule survivante parmi les dizaines d’étudiants logeant avec moi dans cette prison. Je m’étais toujours rassurée en me disant qu’ils avaient sans doute péri dans les flammes ou bien qu'ils avaient été exécutés afin de ne laisser aucune trace des terribles expérimentations faites là-bas.

    Je restais un moment abasourdie, assommée par cette révélation et, s’il n’y avait pas eu ma lance pour me soutenir, je serais sans doute tombée à la renverse. En fait, je ne savais même pas comment réagir. J’étais partagée par un torrent d’émotions qui parasitaient mon cerveau, ma réflexion, mes gestes. D’un côté, j’étais profondément heureuse de ne plus être “la seule”, de savoir que je partageais mon fardeau avec d’autres survivants qui avaient subi les mêmes sévices. De l’autre, je n’avais personne à retrouver parmi ces gens là. Je ne m’étais fait que des ennemis et la plupart d’entre eux voulaient ma mort. Et puis… le fait de ne plus être “la seule” voulait aussi dire que je n’étais plus “l’unique”. C’était comme si une part de ce que j’étais s’effondrait à nouveau. Deux fois dans la même journée, cela commençait à faire beaucoup, même pour moi.

    Je fus tirée de mes tourments lorsque le chameau d’un des marchands me bouscula très légèrement. Cela eut au moins le bénéfice de me faire sortir de ma torpeur. Le visage que j’affichais n’était plus du tout le même. J’avais l’air immensément plus fragile, vulnérable et surtout, prête à fondre en larmes à la moindre occasion. Une chaise, il me fallait une chaise. Faute de mieux, je trouvais un rocher à proximité qui remplirait très bien cette fonction. Je me laissais lourdement tomber dessus, alors que mes épaules, et le reste de mes membres, s’affaissaient sous leur propre poids.

    “ Deux… deux minutes je te prie… ”

    Quelques minutes supplémentaires me furent en effet nécessaires pour me reprendre en main. Mille pensées se bousculaient dans ma tête, mille interrogations, mais l’une d'entre elles revenait en permanence. Oui, j’en étais certaine. Si je jouais bien mon jeu, j’obtiendrai sans doute des informations la concernant.

    Je me relevais finalement, essuyant d’un revers de l’avant bras les quelques larmes amoncelées à la commissure de mes paupières, prête à en découdre avec mon énigmatique interlocuteur. Façon de parler, bien entendu.

    “ OK ! Ok. C’est bon, ça va mieux. ”

    Je me raclais la gorge pour la désenrouer.

    “ Je… hem… Je ne suis pas certaine d’être prête à rencontrer de suite “les autres”... ”

    Je peinais toutefois à contenir ma curiosité.

    “ Mais heu… juste pour savoir… où sont-ils maintenant ? ”

    Je ne savais pas encore ce que je ferais de cette information mais cela me laissait au moins de réfléchir et d’anticiper la suite de la soirée. Après tout, je doutais que nous resterions debout en plein milieu du désert durant toute la nuit.

    “ Sinon... en parlant de savoir où je vais aller ce soir… “

    Je posais sur lui un regard lourd de sens. Autant lier l’utile à l’agréable après tout !
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  • Dim 24 Mar - 22:38
    Tel un chat sauvage qui s’agite, Kassandre le regarde, le défie presque par son insolence, mais cela ne fait qu’attiser au mieux la curiosité du maître-espion. Pas étonnant qu’avec une telle audace, elle ait su aborder Ayshara. La jeune femme n’a plus rien à perdre, et cela se sent. Elle doit tout reconstruire après avoir tout perdu, et suite à l’abandon de ses parents, à la trahison de son ancien établissement, il est tout à fait normal qu’elle n’ait confiance en personne, encore moins en un illustre inconnu qui vient la voir après l’entrevue royale. D’ailleurs, la demoiselle refuse son aide avec dédain, son attitude hautaine transpirant par tous les pores de la peau. Zéphyr s’empêche alors de sourire, conscient que son attitude pourrait être mal prise. Mais effectivement, avec un tel caractère, la manieuse du métal ne peut mal. Elle n’est pas timide, au contraire, elle est forte et déterminée. Sans nul doute qu’elle serait aussi capable de prendre des initiatives pour retrouver du travail auprès de ses pairs. Oui, de ce qu’il en a vu, le conseiller royal pourrait tourner les talons sans plus se soucier de la Reikoise. Son caractère débrouillard ferait le reste. Pourtant, un reste de prudence lui souffle que tout cela peut être de l’esbrouffe et que l’élémentaliste peut être plus fragile qu’elle n’en a l’air. Et puis, quitte à être là, autant aller au fond des choses… non ?

    - Je ne vais pas jouer au grand-frère et dire que tu t’es bien débrouillée, en te tapant dans le dos, ricane l’Oreille. Ils ne sont pas proches, ils ne l’ont jamais été. Néanmoins, il y a des élans de vérité dans sa voix quand il reprend la parole. J’admets cependant être agréablement surpris par votre caractère. Vous en avez dans le ventre, et à choisir, je préférais que davantage soit comme vous.

    Oui, elle vient de lui parler comme une rebelle et lui la complimente pour son caractère. C’est assez surprenant, mais le maître-espion apprécie généralement ce qui sort de l’ordinaire. Un marchand qui vend des agrumes passent à côté d’eux, et Zéphyr laisse un instant son regard dériver sur ses réserves de fruit, pendant que Kassandra lui parle de ses projets. Botter le cul à tous les responsables, hein… Et bien, elle va en avoir, du boulot, parce que des salopards, il en existe toujours, en ce monde. Mais au moins, la Reikoise est déterminée à respecter son deal avec l’Impératrice. Ce qui est assurément une bonne chose. Elle serait toujours tentée de les éliminer, évidemment… Mais elle seule saura vaincre la tentation de la vengeance et de la facilité. Et si elle y succombe… Elle devra dès lors le dire à Ayshara. C’est peut-être ce qui l’empêchera d’utiliser sa magie contre ces médecins barbares.

    Toujours est-il que le reste de ses déclarations fait un drôle d’effet sur la jeune rousse. Celle-ci blêmit, devient brusquement pâle, et semble sur le point de tituber. Le regard de Zéphyr change et devient subitement plus préoccupé en la voyant ainsi, mais il n’est pas suffisamment indélicat pour lui porter secours alors qu’elle ne le connaît pas. Alors il plonge ses pupilles inquiètes dans celles noisettes de Kassandra.

    - Ca va aller ? Tu veux t’asseoir ?

    C’est qu’elle est manifestement en état de choc, la foule d’expressions qui passent sur son visage en est une manifestation éloquente. Le soulagement, l’angoisse peut-être, l’incertitude, et beaucoup d’autres questions doivent passer dans son esprit. D’un coup, l’Oreille n’a plus affaire à une femme hautaine et dédaigneuse, mais bien à une guerrière qui reste fragile et humaine, en somme. Loin d’être de marbre face à tout ce qu’il lui est arrivé, sa carapace peut encore être percée, et l’ami de Deydreus se félicite un instant de ne pas l’avoir quittée trop rapidement. Comme tout le monde, elle a ses fragilités, et apparemment, elle ne n’a jamais été au courant qu’il y avait des survivants.

    Ainsi, lorsqu’elle s’assied sur un rocher et qu’elle lui demande un instant, Zéphyr accède à sa demande sans maugréer. Conscient du passage des marchands, le maître-espion se met simplement à quelques mètres d’elle, debout contre la façade d’une maison, et il attend. L’homme a croisé les bras et lui laisse suffisamment d’espace pour se reprendre. Bien sûr, il pourrait finir par relancer la conversation, mais parfois, toute paroles est de trop face à certaines bourrasques de la vie. Alors il attend. Kassandra finira bien par parler à un moment.

    Et son instinct ne le trompe pas car son homologue finit par se frotter les yeux et à se relever. D’un regard un peu scrutateur, Zéphyr se demande si elle va vraiment aussi bien qu’elle ne le prétend, mais il ne pose pas la question à voix haute et préfère la laisser continuer. La manieuse du métal lui déclare ainsi qu’elle n’est pas prête à aller voir les autres, mais lui demande où ils se trouvent. Un sourire un peu compréhensif apparaît sur les lèvres du conseiller royal, et plutôt que de lui répondre directement, il préfère lui faire une autre proposition.

    - Le plus simple serait de m’accompagner, pour que tu voies où c’est. Quand tu te sentiras prête à les voir, tu pourras y aller quand bon te semble. Ce n’est pas loin, lui dit-il pour la rassurer, et l’homme attend l’accord de la demoiselle avant de se mettre en marche. Traversant la place, il s’arrête juste à côté d’un commerçant qui termine seulement ses transactions pour acheter deux pommes, et il lance l’une d’elle à la guerrière.

    Bien sûr, Zéphyr n’a pas oublié son dernier regard lourd de sens – il semble que la miss n’ait pas encore d’endroit où dormir, s’il l’a bien comprise – mais il remet cela à plus tard, le temps qu’il affronte la tempête qu’il va avoir derrière lui.

    Car par les Astres et les étoiles, oui, ça va gueuler. Mais, en attendant d’arriver sur place, il lance une question un peu curieuse à Kassandra :

    - Tu ne t’attendais pas à avoir d’autres camarades survivants, observe-t-il. Pour quelle raison ? demande l’Oreille. L’explosion que tu as créée était fameuse mais pas suffisante pour éradiquer tout l’établissement. Heureusement pour les espions sur place, d’ailleurs. Et les autres victimes de cette secte dérangée. A moins que tu pensais que nous les éliminerions tous ? demande le chef des forces spéciales, sans aménité dans la voix. Il ne peut lui en vouloir d’avoir des a prioris sur l’Empire, après tout ce qu’elle a subi.

    Et ses a prioris, elle va devoir y faire face immédiatement.
    Car quand Zéphyr s’arrête, dans l’une des artères principales de la capitale, ils sont devant un hospice, dont Kassandra reconnaîtra forcément l’appartenance.

    - Ceux qui sont les plus indemnes sont déjà libres et sont assistés par des fonctionnaires de l’Etat pour se réintégrer et trouver un emploi qui leur correspond. Ses espions en étaient particulièrement en charge, mais il n’allait pas le dire tout haut. Ceux qui ont besoin de plus de soins…

    Le bretteur lève les yeux vers un édifice plus imposant que la moyenne.

    - Ceux-là sont pris en charge par un vrai établissement des FMR.

    Et là, il attend la tempête.

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  • Dim 31 Mar - 17:46
    Je n’étais pas encore totalement certaine des intentions de mon étrange interlocuteur. Ce dernier ne semblait pas dangereux ni agressif et pourtant, son air aussi assuré que mystérieux laissait à penser que j’avais mes raisons de me méfier de lui. Le fait qu’il en sache autant sur ma vie et mes déplacements n’aidait pas non plus à lui faire entièrement confiance. Mais bon, en fin de compte, cela n’était même pas si étonnant si mes moindres déplacements et gestes étaient surveillés. Du reste, il venait de m’apporter une importante nouvelle : Je n’étais pas la seule rescapée de l’établissement funeste qui avait fait de ma vie un enfer. Révélation qui changeait potentiellement beaucoup de choses, sur mes objectifs, ma vie, la mission que je m’étais donnée et la façon dont je me percevais moi-même..

    En y repensant, ce n’était même pas si surprenant, dans le fond. Beaucoup d’entre eux étaient en bonne santé et, avec l’intervention du groupuscule dont le dénommé Zéphyr, ils auraient tout à fait pu s’en sortir. Pourtant, le traumatisme de ces années et le fait de n’avoir jamais entendu parler de cette affaire dans le royaume m’avait fait oublier une partie des faits tout en me laissant croire que j’avais été la seule à m’en sortir. En saupoudrant par dessus tout cela une pointe de schizophrénie et de complotisme, je me retrouvais avec un fulgurant cocktail de méprise et d’amnésie, rendant le retour à la réalité d’autant plus brutal.

    Comme il me voyait défaillir, l’homme sembla soudainement plus inquiet et son assurance disparût l’espace d’un instant pour adopter un air plus soucieux. J’apaisais ses inquiétudes d’un mouvement de la main las et hésitant.

    “ Ça va, ça va… J’ai… J’ai juste besoin d’un moment pour me faire à l’idée que… que toute une partie de ma vie est fondée sur un mirage… ”

    Comme il me proposait de venir voir une partie de ces personnes, entretenues ici, à la capitale, je refusais pour des raisons d’ordre émotionnel. Je n’étais pas certaine de pouvoir garder mon sang-froid face à des personnes que je pensais mortes depuis des années, sans parler que nombre d’entre eux, à l’époque, voulaient ma mort. Je doutais bien que ce sentiment avait aujourd’hui disparu et qu’il était causé à l’époque par l’ambiance de compétition permanente au sein de l'Académie mais tout de même…

    Lorsque je me sentais prête, j'adressais un hochement de tête à l’intention du jeune homme avant de marcher dans ses pas. Son idée n’est pas si mauvaise, dans le fond, et elle avait le bénéfice de me laisser le doute quant à la véracité de ses paroles. S’il me prenait l’envie de me murer dans un négationnisme complet, il me suffisait de ne jamais mettre les pieds dans l’établissement en question.

    “ Bon d’accord, faisons comme cela dans ce cas… ”

    Nous traversions la petite place désormais presque vide, la plupart des marchands ayant dores et déjà déserté les lieux. Zéphyr s’adressa à l’un de ceux encore présents et lui acheta deux pommes. Il m’en lança une que j’attrapais de justesse, avant de reprendre notre chemin quelques instants, puis il finit par me poser une question qui devait lui brûler les lèvres depuis un moment. Question légitime s’il en est.

    J’allais ouvrir la bouche pour donner un élément de réponse mais finalement, mon interlocuteur le fit pour moi. Je faillis laisser s’échapper un hoquet d’amusement, mais je me contenais de justesse. Dans mon esprit, je n’avais en effet aucun doute que l’Etat reikois eut été capable de faire disparaître TOUTES les preuves afin d’étouffer l’affaire et conserver l’image de la couronne. Après tout, que pouvait bien représenter une poignée de cadavres supplémentaires en comparaison de l’immense pile de crâne sur laquelle trônait le roi barbare ?

    “ Je mentirais en disant que je n’avais pas envisagé cette possibilité. À mes yeux, la violence de ce gouvernement est telle que ce genre de mesure drastique lui sied à merveille. “

    Sur ces mots, j’observais un instant la pomme dans ma paume avant d’en mordre la chair dans un craquement sec. Heureusement, mon hôte ne semblait pas plus heurté que cela par mes avis et nous poursuivîmes notre petite marche à travers une grand-rue de la cité impériale. Nos pas nous menèrent jusque devant un hospice d'État dont j’identifiais immédiatement le blason et l’insigne.

    Malgré mes récentes rencontres, mes a priori persistaient et mon visage se ferma, les sourcils courroucés et la moue mécontente.

    “ Que faisons-nous ici ? ”

    Ma voix est fébrile, je crains et appréhende la réponse. Je ne crois plus au traquenard, mais à quelque chose de bien pire encore. Quand celle-ci m’est donnée, je crois entendre mes oreilles siffler. Oui, ce n’était sûrement que le fruit de mon imagination. Je ris au début. Un rire forcé et nerveux, cherchant encore à me persuader qu’il ne s’agissait que d’une plaisanterie. Hélas, je ne lisais sur le visage impassible de mon guide que des reflets de vérité et d’honnêteté.

    “ Non. Non non non non. Ça DOIT être une plaisanterie. ”

    J'alternais le regard entre mon interlocuteur et le bâtiment austère qui, je le devinais, servait d’entrepôt à “ ceux qui ont le plus besoin de soins ”.

    “ Donc, que je résume. Vous extirpez des griffes du FMR un groupe de jeunes gens qui ont servi de cobayes durant des années pour… pour… les remettre dans un établissement du FMR ? ”

    Prise d'un accès de rage, je haussais la voix.

    “ MAIS VOUS ÊTES COMPLÈTEMENT CONS !! ”

    Je venais de hurler à gorge déployée et nombre de regards s’étaient tournés vers nous, intrigués par le soudain éclat de voix. Ma colère, qui était plutôt de l’exaspération exacerbée, n’était pas spécifiquement dirigée vers Zéphyr, dont j’ignorais l’implication précise dans toute cette affaire, mais plutôt sur l’ensemble du gouvernement, ses institutions, ses rouages pourris, rouillés et défaillants. Les gens travaillant dans cet hospice étaient sans doute très compétents et bienveillants, mais je refusais de l’admettre, pas avec ce que j’avais vu, ce que j’avais vécu.

    Pour le moment, ça faisait trop à avaler et à procéder pour ma petite cervelle en surchauffe qui avait décidé de se refroidir par des moyens… explosifs.

    “ Je n’arrive pas à y croire, c’est carrément jeter la bergerie entière dans la gueule du PUTAIN de loup ! ”

    J’étais agitée, intenable. je devais bouger, il FALLAIT que je bouge avant qu’une idée inconsidérée ne prenne le dessus sur tout le reste. Je faisais les cents pas sur place, ruminant dans ma barbe des insanités au sujet de la stupidité des administrés du royaume et de leur incompétence à gérer une poignée d’handicapés. Mes mains pulsaient au rythme des battements de mon cœur, menaçant de broyer entre des doigts tout aussi nerveux la première chose que l’on mettrait à leur portée.

    “ Comment peut-on être aussi aveugle ? Comment être certain que l’histoire ne va pas se répéter encore ? Combien de gens devront encore être sacrifiés pour que vous ouvriez les yeux, HEIN ?! ”


    Ma dernière interrogation était directement adressée aux innocents passants qui, pour ceux qui ne s’amusaient pas de la situation, cherchaient peureusement à m’éviter. Pour le moment, je ne voulais rien entendre. Aucune excuse, aucune explication ne pourrait m’atteindre avant que je ne me sois calmée. Inexorablement, ma transe me fit m’approcher des grilles de l’enceinte, contre lesquelles je me cognais maladroitement la tête, rendue inattentive par le torrent de pensées parasites.

    “ Aïe ! Foutue grille ! ”


    La douleur, et la bosse qui en résultait, eut au moins le bénéfice de me ramener un peu sur terre. Face à moi, de l’autre côté des barreaux d’acier, se dressait le bâtiment dans lequel étaient retenus “prisonniers” de pauvres hères, victimes de la folie des hommes de pouvoir. Il ne tenait… il ne tenait qu’à moi de les défaire de leurs chaînes et de les libérer. Qu’est-ce qui pouvait bien m’en empêcher après tout ? Le portail ? Son métal se pliait déjà à ma volonté, s’effondrant sur lui-même afin de me laisser passer. Une cour pratiquement déserte s'étendait devant moi et je repérais rapidement une lourde porte à double battants derrière laquelle était sans doute scellé le destin de nombreuses âmes.

    “ Bougez pas, j’arrive vous libérer. ”
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  • Mar 23 Avr - 21:44
    Elle va exploser ? Oui. Il le sait, il le sent, ou du moins, il s’y attend. D’une certaine manière, ce que fait Zéphyr, en amenant Kassandra ici, c’est de la provocation. Encore plus quand on sait que la jeune femme ne s’attend pas à être amenée devant un établissement des FMR. A tous les coups, elle va hurler, vociférer, réclamer vengeance. Quelque chose que le maître-espion peut comprendre, dans l’absolu. Quand on a été manipulé comme l’a été la guerrière, on ne peut que se méfier des institutions qui semblent nous avoir trahis. Mais l’informer de l’existence de survivants, et de la manière dont ils seront pris en charge l’obligera à faire face à ses démons et à comprendre – peut-être – que tout n’est pas noir ou blanc.

    Hochant donc silencieusement la tête face aux propos de la belle, qui avait envisagé que ses camarades aient tous été éliminés, le chef des forces spéciales continue sa route et en profite pour terminer sa pomme en chemin. Quand ils arrivent, il s’arrête évidemment devant un hospice bien connu de la capitale. Naturellement, Kassandra n’est pas idiote. Elle a déjà l’ombre d’une hésitation dans la voix, son regard s’est assombri, sa voix est devenue plus fébrile, alors que la réponse du guerrier aussi claire et qu’incisive, tant il est franc dans sa réponse.

    D’abord, elle rit. Un rire nerveux, qui est déjà le signe annonciateur de sa nervosité et de sa fureur.
    Ensuite, elle nie. Mais un regard à l’Oreille lui suffit pour voir ses espoirs être démentis.
    Enfin, elle récapitule les faits. Et quand elle affirme qu’il les retire des FMR pour les redonner aux forces médicales reikoise, c’est presqu’en vain que son homologue lui répond.

    - Ce n’est pas tout à fait ex…

    Le cri de rage de la jeune femme l’interrompt.
    Bon, ce n’était pas comme s’il était surpris.
    Et quand la rousse reprend, Zéphyr refait une tentative.

    - Le loup n’est pas tout à fait celui que tu crois…

    Mais voilà, Kassandra est intenable. Elle bouge pour évacuer sa nervosité, si ce n’est plus, et c’est à se demander si elle l’a véritablement entendu. Le maître-espion part du principe que ce n’est pas le cas, ou que c’est aussitôt entré dans une oreille pour ressortir par l’autre, et un soupir s’échappe discrètement de ses lèvres.

    Ca va être laborieux, mais il le sait depuis qu’il s’est mis en tête de mettre la main sur la demoiselle.

    D’ailleurs, cette dernière fait littéralement peur aux passants, qu’elle accoste dans le vent comme pour trouver un coupable et découvrir qui est le débile qui a remis ses camarades aux forces médicales reikoises. Zéphyr, lui, le bouge pas, insensible à la foule qui l’évite. Seuls son regard montre qu’il est attentif aux mouvements de Kassandra, peut-être à cause de sa redoutable magie du métal. Mais quand elle se cogne la tête contre la grille, et plus encore, quand elle le plie pour pouvoir se faire un chemin jusqu’à l’hospice, il ne l’arrête pas encore. Au contraire, il va la rejoindre d’un pas lent, alors que le regard de la jeune femme semble se figer sur une porte aux lourds battants.

    - Oui, la porte est droit devant. Il suffit de l’ouvrir pour entrer dans le bâtiment. Et pas d’inquiétude, elle n’est pas fermée à clé, il n’y aura donc pas besoin de la forcer.

    On ne sait jamais, qu’elle veuille faire un bélier en métal, hein. Mieux valait prévenir que guérir, à l’occasion.

    Se mettant à la même hauteur que l’élémentaliste, Zéphyr ne semble pas esquisser le moindre geste pour retenir la demoiselle. Il semble même assez détendu ce qui contraste avec la pile électrique qu’est Kassandra en ce moment. L’assassin jette juste un œil au portail qui est défoncé et se dit un instant que c’est bien dommage de ne plus avoir Tagar pour réparer ça en un clin d’œil. Mais bon, il avait une guerrière aux talents beaucoup plus raffinés à côté de lui. La réparation viendrait juste… Plus tard. Quand elle se serait calmée.

    - La porte est droit devant toi, mais je me demande si tu es vraiment prête à découvrir ce que tu vas y trouver, déclare-t-il avec un flegme étudié. Mais tu peux avancer si tu le souhaites. Juste…

    L’homme fait quelques pas.

    - Souviens-toi que c’est un hospice.

    Dépassant Kassandra, Zéphyr continue.

    - Qu’il y a donc des malades de tout âges, des soldats blessés et des citoyens plus fragiles.

    Cette fois, le maître-espion a atteint la porte et se retourne pour regarder son homologue reikoise.

    - Si tu veux voir le sort de tes pairs, je ne t’en empêcherai pas. Mais si tu cherches à troubler cet endroit et à blesser ceux qui s’y trouvent, je ne te laisserai pas entrer dans cet hospice. Alors soit tu te calmes et tu es prête à affronter une vérité que tu ne veux pas voir. Soit tu essaies de passer, et c’est moi qui te calmerai.

    Analysant la réaction de Kassandra, Zéphyr la jauge, et précise :

    - Du reste, tous les centres de soin de ce pays sont sous la direction de la Lune et de l’Esprit. Et la Lune, comme tu sais, c’est l’Impératrice. Zéphyr penche légèrement la tête sur le côté, alors qu’il cherche à savoir ce qui se passe sous la tête de Kassandra. Si tu as un tant soit peu d’estime pour l’accord que tu as passé avec elle, tu conviendras qu’il ne serait pas très respectueux de créer la zizanie dans des lieux qui sont sous sa protection et sous son autorité.

    Accessoirement, Cyradil n’apprécierait pas l’intrusion non plus, ce qu’il comprendrait aisément. Mais puisque la manieuse de métal avait rencontré Ayshara, la mention de la reine aurait plus d’impact sur elle. Peut-être que ça, au moins, empêcherait Kassandra de se laisser à ses sombres impulsions.

    - Bien, maintenant, on renter à l’intérieur, ou tu préfères aller voir ailleurs ?

    Sachant que si elle entrait, la triste réalité de la maladie et de la guerre se présenterait assurément devant elle.
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  • Sam 27 Avr - 17:38
    J’étais prête, et décidée, à réduire le bâtiment à l’état de ruine, dussé-je le démolir étage par étage. En un sens, c’était comme finir ce que j’avais commencé, il y a des années. Seulement, cette fois, j’avais la force et la détermination pour y parvenir. Ensuite… Ensuite j’aviserai. Bien que aveuglée par ma propre colère, je percevais la présence de mon guide, à mes côtés. Il marchait calmement à mes côtés, tandis que je me dirigeais d’un pas décidé vers l’entrée de l’hospice. Malgré sa posture posée, je devine qu’il s’essaie à me résonner. Toutefois ses mots m’atteignent à peine, la tête prise dans un étaux, un filtre bourdonnant dans les oreilles.

    Nous arrivions inéluctablement devant la porte d’entrée. L’homme m’y avait précédé et me faisait face, sans toutefois se mettre dans mon chemin. Il fait bien, je ne tenais pas particulièrement à m’en prendre à lui. Il ne cesse de me parler, m’assommant sans cesse de ses divagations au sujet de la fragilité de l’endroit, sans doute persuadé qu’il pourrait me convaincre. Pour le moment, je me murais dans un déni impénétrable et inamovible, similaire à celui qui avait pu motiver mes actions il y a encore quelques mois à peine. C’est comme si en un instant, tous les progrès réalisés jusqu’à présent étaient balayés d’un revers de la main.

    “ Foutaises… ”

    J’ignorais sa mise en garde, mes mains enveloppant déjà les poignées de la lourde entrée, ultime obstacle à mon courroux. En proie à un pouvoir à peine contrôlé, les différentes composantes métalliques grincent et s’agitent. Qu’est-ce qu’il comptait faire, ce gringalet, hein ? Que pourrait-il bien me prendre de plus qui n’avait pas déjà été emporté par le fanatisme de cet ordre de soi-disant médecins ? Ma vie ? Ce n’est pas comme si j’y tenais particulièrement. Cela aurait même l’avantage de me libérer d’un fardeau que je ne voulais plus porter. Mes poings se resserrèrent encore davantage et les gonds gémirent.

    Puis soudain, le calme revint. Je restais immobile, les yeux et les muscles figés, comme si j’avais soudainement été frappée par la malédiction de la méduse.

    La simple mention de l’Impératrice avait suffit à me stopper net dans ma folie et à ramener une seconde fois à la raison. Comme une piqûre de rappel. Me revient alors à l’esprit la poignée de main symbolique, scellant l’accord tacite entre les idéaux de la monarque et les miens. Je restais un moment sans bouger, pesant le pour et le contre dans mon esprit. Avais-je vraiment besoin de ce contrat ? Avais-je vraiment quelque chose à faire de l’honneur et ce genre de préoccupation embarrassante ? Probablement pas. Étais-je prête à franchir le pas et à devenir le monstre que j’avais juré de combattre ? Certainement pas !

    “ MEEEEEEEERDE !! ”

    D’un geste impulsif et sans doute exagéré puisque la porte était ouverte, j’arrachais les deux loquets de leur emplacement, les projetant avec force derrière moi. Ces derniers finirent leur course une dizaine de mètres plus loin, au milieu de la cour. Les portes, quant à elles, grincèrent douloureusement mais tinrent bon. Au même moment, ce que je devinais être un employé de l’établissement accourait, attiré par le vacarme.

    “ Hé, qu’est-ce qui se passe ici ?! C’est un hôpital ici, pas un champ de bataille ! ”

    Haletante, soufflant comme un bœuf, je posais un regard pesant sur l’homme chétif dont la tunique arborait fièrement l’emblème des FMR. Comme je dégainais ma lance, ce dernier eut un mouvement de recul, se décomposant instantanément. Il y a quelques instants encore, je l’aurais sans doute réduit à l’état de pulpe informe. Cependant, et heureusement pour lui, j’avais désormais les idées claires et plutôt que de commettre l’irréparable, je laissais tomber au sol l’imposant épieu d’acier, juste devant l’entrée, dans un tintement métallique assourdissant.

    “ Qu’est-ce que vous attendez, allons-y. ”

    Je m’engouffrais dans le couloir d’accueil, jetant un regard courroucé vers le médecin qui n’osait plus bouger d’un pouce.

    “ Garde ça pour moi. ”

    Je pointais mon arme du doigts. Le pauvre bougre se contenta de hocher la tête en tremblotant. Comme je retournais vers Zéphyr, je lui adressais un mouvement de tête lui intimant d’accélérer le pas. Je ne désirais pas m’attarder plus longtemps que nécessaire, car je craignais de perdre de nouveau le contrôle. Plus vite nous serions partis, mieux ce serait pour tout le monde.

    “ Allez, finissons-en, avant que je ne change d’avis. ”


    Je suivais instinctivement mon hôte jusqu’au poste d’accueil, d’où l’on nous redirigea vers une aile annexe du bâtiment. Les locaux étaient bien plus étendus qu’ils ne le laissaient paraître et il nous fallut marcher de longues minutes dans un silence de plomb, entrecoupé de gémissements et de toux provenant de certaines chambres soigneusement fermées. Sur des bancs gisaient parfois ce que furent sans doute d’anciens soldats, aujourd’hui épaves humaines, atrocement réduits ou mutilés par les affres de la guerre. La mâchoire serrée à m’en faire grincer les dents, j’évitais tant bien que mal d’attraper des yeux l’un de ces regards vides, voués à jamais à revivre une gloire lointaine.

    Enfin, nos pas nous menèrent à notre destination. Un énième porte scellée me séparait d’une fraction de mon passé que j’aurais sans doute préféré laisser derrière moi. On m’indiqua que je pouvais entrer. Je tendis la main vers la poignée, mais une ombre d’hésitation suffit à arrêter mon geste. Qu’allait-il se passer une fois le battant ouvert ? Serais-je capable de me contenir ? Je crus sentir mon bras trembler, mais je refusais de me l’admettre, par fierté, par vanité. Mais malgré tout, en fin de compte, je restais incapable d’ouvrir.

    “ Ou… ouvrez. Je… j’ai peur de… casser la porte. ”

    Une excuse, évidemment.
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  • Dim 5 Mai - 17:34
    Kassandra semble ne pas l’écouter.
    Est-ce que ça l’étonne ? Après ce qu’elle a subi, Zéphyr ne peut lui reprocher d’avoir toujours une haine sourde contre ces misérables qui l’ont manipulée, elle et ses anciens camarades. Par ailleurs, en tant qu’espion, il a déjà eu l’occasion de voir la rage chez des compatriotes qui ont été volés, blessés, trahis par des frères du même sang, ou du moins d’un même pays. L’Oreille sait donc à quel point la trahison peut faire mal, et il sait aussi qu’en l’amenant ici, il a exposé la plaie de la guerrière à vif. Il n’y a plus de pansement sur son passé : il le lui a arraché pour que l’infection de sa blessure puisse s’échapper, et qu’elle puisse, peut-être, commencer à doucement à se résorber. Le mieux, songe-t-il, serait qu’elle apprenne à connaître un véritable agent des FMR, quelqu’un passionné par sa mission et convaincu du bien-fondé de son rôle. Le guerrier ne se doute pas que ce sera plus tard le cas – rencontrer Alaric, par exemple, ne fera que du bien à sa compagne d’infortune. En attendant que cela se produise, l’homme la regarde s’avancer vers l’hospice des Forces Médicales Reikoises, puis il la dépasse et intervient. Cherchant à la dissuader d’utiliser la force brutes.

    D’abord, la belle l’envoie balader, en marmonnant que tout ceci n’est que foutaises. Les poignées de la porte d’entrée gémissent, les gonds tressaillent, tout indique que la manieuse de métal va continuer sa route en étant semblable à un dragon. Heureusement, elle s’immobilise soudain à une parole de Zéphyr, semble en proie à un conflit intérieur, puis pousse un hurlement de rage. Immobile, lui aussi, mais le regard préoccupé tant son attention est concentrée sur la magicienne, l’Oreille la voit arracher les loquets des portes pour les jeter dans la cour. La diplomatie à la reikoise, c’est quand même terrible. Le ministre ouvre la bouche pour dire quelque chose quand un employé des lieux arrive et l’en empêche. Il va de soi qu’il n’est pas content de tout ce bruit, comme de l’état de la porte. Mais la réaction de l’élémentaliste rend le médecin complètement livide. Lance dans la main, on dirait réellement qu’elle va l’embrocher, et Zéphyr songe réellement à s’interposer en voyant la férocité de son regard. Pourtant, une part d’elle a repris ses esprits, puisqu’elle finit par abandonner son arme et à le laisser tomber à terre. Les jambes flageolantes, le docteur ne sait que penser alors que la demoiselle le dépasse : le regard du rhikos restant braqué sur elle alors que la guerrière entre dans l’hospice. Il respire peut-être quand elle n’est plus dans son champ de vision, mais c’est alors Zéphyr qui croise son regard et qui devine ce qu’il compte faire.

    - Inutile d’appeler la garde. Je suis avec elle et cela suffit.
    - Mais messire, à l’intérieur, elle pourrait…
    - Elle ne fera rien du tout. Je m’en porte garant.

    Bien sûr, ce n’est qu’un petit fonctionnaire qui ne connaît pas son identité, mais l’accoutrement soigné de Zéphyr indique au moins que c’est un noble de la cour, et son interlocuteur n’ose pas formuler d’objection. Peut-être parce qu’il est nerveux avec la lance que Kassandra lui a confiée ? L’homme aux yeux dorés ne lui accorde en tout cas pas plus d’attention, d’autant que sa « protégée » l’enjoint à accélérer le pas et à la rejoindre. Mieux vaudrait ne pas la brusquer davantage.

    Zéphyr s’exécute donc sans un mot et va avec la jeune femme jusqu’à un poste d’accueil, d’où on leur donne des indications pour aller dans la bonne section du bâtiment. Sur leurs routes, des hommes et des femmes malades, des soldats avec des moignons et des jambes amputées, des enfants au regard livide, qui montre aussi qu’ils ont grandi trop vite. Il peut s’agir d’orphelins, de gamins qui ont appris la vie à la dure, comme bien d’autres de leur époque. Le bretteur ne s’attarde pas sur ce triste spectacle et conduit leur duo dans cet établissement qu’il a déjà fréquenté quand ses propres agents ou lui-même étaient blessés. Le bellâtre ne fait rien pour rompre le silence lourd qui s’est établi entre eux : ce n’est pas le moment, et le conseiller royal sait bien par ailleurs que Kassandra fait un effort surhumain pour se vaincre elle-même. Il ne souhaite pas détruire sa bonne volonté par des paroles vides et inutiles ; aussi continue-t-il simplement sa progression, jusqu’à ce que tous deux s’arrêtent devant une porte scellée. L’élémentaliste s’arrête, effectue un geste en direction de la nouvelle salle, hésite, bégaie. Elle lui demande finalement d’ouvrir. Après avoir croisé son regard, pour être sûre que c’est ce qu’elle veut, Zéphyr s’approche du loquet, pose sa main dessus, mais avant d’appuyer sur la clinche, il se retourne et tend son autre bras libre vers la guerrière.

    - N’ayez pas peur. Vous n’êtes pas seule.

    Un sourire étonnamment doux apparaît sur son visage, laissant entrevoir un homme qui sait avoir de l’empathie pour ses pairs, tout en ayant les épaules solides pour porter le fardeau des siens et de l’Empire. L’Oreille la laisse en tout cas saisir sa main si cela l’aide à franchir le seuil de cette pièce, puis, ils s’avancent et voilà que le couloir est derrière eux. Un instant plus tard, Zéphyr referme la porte, plus pour respecter l’hygiène et les règles du lieu qu’autre chose. Les voilà maintenant dans une large pièce de consultation, où divers lits sont entreposés pour que les médecins puissent plus facilement se déplacer d’un patient à l’autre. Les chambres, collectives ou individuelles, sont manifestement plus loin, dans un couloir à l’opposé de l’endroit où ils sont entrés. La salle, tout en ayant ce léger brouhaha propre aux espaces ouverts, est agréablement lumineuse à cause de grandes fenêtres à leur droite et à leur gauche. Quelques rayons de soleil viennent donner une touche de chaleur à cet endroit où on lutte contre la maladie et la déchéance. Chaque rangée de lit est suffisamment espacée pour qu’on puisse y véhiculer des chariots et du matériel médical ; d’autre part, si les patients ont envie de se donner un peu d’intimité en attendant qu’on les ausculte, ils ont l’opportunité de dérouler un rideau, en attendant qu’il puisse rejoindre leurs chambres ou le monde extérieur. Kassandra a le temps de poser les yeux sur tout ce qui l’entoure, sachant qu’on ne fait pas encore attention à elle : les rhikos et les shekhikh ont manifestement mieux à faire que de s’occuper d’une bien-portante. Silencieux, Zéphyr la laisse regarder de tout son soul, prêt à intervenir s’il sent qu’elle dérive. Mais contre toute attente, une voix s’élève à quelques mètres de leur position.

    - Kassandra… ?

    Non loin d’eux, une jeune femme de son âge, aux magnifiques yeux émeraudes. La belle a de longs cheveux noirs ébènes, et sa stature fine et musclée laisse deviner qu’elle a suivi un entrainement intensif. Seule la maigreur de ses traits et sa pâleur indiquent qu’elle semble avoir eu une mauvaise passe de santé, mais, cela ne l’empêche pas de s’asseoir sur son lit et d’effectuer un geste en direction de l’élémentaliste.

    - Kass, c’est vraiment toi… ?

    La belle semble autant ne pas y croire que la guerrière : pour le même prix, on dirait que la malade a vu un fantôme. Elle ouvre la bouche, la referme, la rouvre encore : ce n’est qu’après de longues secondes qu’elle arrive enfin à articuler quelque chose.

    - Je croyais… On croyait… Que tu étais morte… Disparue… Comment ?… Tu as survécu… ?

    La belle l’inspecte de haut en bas et finit par dire une évidence qui saute aux yeux :

    - En plus tu es en bonne santé…

    C’est la partie qui semble le plus incroyable pour la jeune femme. Zéphyr, de son côté, finit par s’avancer après être resté un peu en retrait, et les traits de l’inconnue finit par se poser sur le sabreur, qu’elle semble reconnaître, car un éclair de satisfaction traverse ses yeux.

    - Messire ! Vous êtes revenu ?
    - Cela semble t’étonner, sourit le maître-espion, alors que son interlocutrice secoue vivement la tête.
    - Non, vous avez juste été absent plus longtemps que la dernière fois, c’est tout.
    - J'avait beaucoup à faire, fait-il d’un air un peu contrit. Tu sembles cependant déjà avoir repris un peu de poids, Elisa.
    - Les rhikos disent que mon état se stabilise, confirme l’intéressée avec des yeux pétillants. Il est évident qu’elle n’en est pas peu fière, mais voyant le regard peut-être perdu de Kassandra, elle ajoute : Quand on a arrêté de nous alimenter… Tu sais comment on nous alimentait en magie… Eh bien mon corps a très mal réagi. Je crois que j’étais… j’étais devenue dépendante de cet afflux de mana dans mes veines… M’en séparer a créé une forme de rejet dans mon corps et… je n’ai plus rien su avaler, pendant des mois, des semaines. J'ai eu des améliorations et des récidives. Il a fallu me faire des bouillons de toute sorte pour que ça passe et je crois que j’aurais été rapidement incapable de me soigner si j’avais été toute seule… Un éclat de curiosité traverse ses yeux. Mais viens ici, approche-toi un peu ! Comment… Raconte-moi… Je croyais que messire Zoldyck n’amenait ici que ceux qui étaient au plus mal… La demoiselle interroge le maître-espion du regard mais celui-ci ne dit rien alors elle continue. Tous ceux qui ont été au plus mal ont été pris en charge par l’Etat. Il y en a beaucoup qui sont morts quand les soldats nous ont trouvé là-bas et d’autres encore n’ont pas survécu au voyage puisqu’on était à l’extrême opposé de la capitale et très loin aussi des autres villes reikoises. Mais il y en a qui ont survécu… Au départ, on était réparti dans différents services, vu l’urgence. Maintenant, ça va mieux, on a pu nous regrouper dans notre annexe. Tout n’est pas parfait, et son sourire fatigué en témoigne, mais on fait aller jour après jour, comme tu le vois…
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  • Ven 17 Mai - 16:17
    Ce fut finalement Zéphyr qui ouvrit la porte, voyant que je n’avais pas la force de franchir ce seuil par moi-même.  un bras, si je venais à défaillir, mais je me contentais de pincer le coin de sa manche avant d'acquiescer d’un hochement de tête positif, mais timide. Mes jambes et mes pieds me paraissaient soudainement bien lourds, comme englués dans du goudron. Faire ce premier pas vers l’avant fut infiniment plus difficile que je ne l’aurais cru en venant jusqu’ici et j’aurais sans doute préféré faire demi-tour et refermer à jamais la porte sur cette portion de mon passé, et de mon existence. Pourtant, je trouvais dans le visage adouci et avenant de mon guide la force suffisante de poursuivre ce voyage.

    “ C’est… C’est bon, allons-y. ”


    En un souffle, nous étions entrés. J’entendis la porte qui se refermait derrière nous et j’osais rouvrir les yeux que j’avais clos inconsciemment, comme lorsqu’on s'apprête à plonger sous l’eau. Je fus un moment éblouie par la chaude lumière s’infiltrant dans la pièce par de larges baies vitrées. Au-delà d’éblouie, j’étais même étourdie. Quelques instants me furent nécessaires pour recouvrer la vue et pour que mes oreilles ne cessent de bourdonner. J’observais distraitement les alentours, errant entre les rangées de lits, tantôt vides, tantôt occupés. Autour de moi défilaient médecins et infirmières qui s'affairaient autour de leurs patients, agissant comme si je n’existais pas. Plantée en plein milieu du passage dans ma grosse armure, je semblais presque invisible.

    Soudain, d’un coin de la pièce, s’élève une voix d’outre-monde, un monde que je pensais lointain, perdu. Je crois un instant avoir à faire à un fantôme, et je ne suis pas la seule, de toute évidence. J’observe la jeune femme étendue sur le lit. Elle me parle, mais je n’entends pas, ni ne réponds, pour le moment. Son visage m’est familier mais aussi étranger, comme si je regardais la patiente au travers d’un filtre occultant. Je ne parviens même pas à me souvenir de son prénom tandis qu’elle emploie le mien comme si nous avions toujours été amies. Cette familiarité forcée me hérisse le poil. Je ne sais plus où me mettre, ni quoi penser.

    Car en effet, si les détails sont flous, je me souviens très bien que je n’avais aucun allié, “là bas”. Pas la moindre main tendue, le moindre souvenir amical. Seulement des regards hostiles et des dos tournés. Je savais, du moins j’en étais persuadée, qu'elle aussi avait contribué aux sévices dont je devais me protéger tous les jours. Lames de rasoir dans le savon et les chaussures, repas drogués, embuscades et autres joyeusetés qui faisaient de mon quotidien un enfer en plus du “programme” habituel de l’Académie, faisant inexorablement de moi une boule de colère, de haine et d’anxiété.

    Pourtant, en la voyant allongée sur son lit d'hôpital, infirme, débile,  je ne parvins pas à la haïr. Les dieux savent et m’en sont témoins, je ne désirais rien de mieux en ce bas monde. Je cherchais inlassablement un biais qui me permettrait d’éprouver ne serait-ce qu’une infime portion de ma rancoeur à son égard, sans y parvenir. Je n’éprouvais pour la silhouette amoindrie que de la pitié, et de la frustration. Car oui, j’étais frustrée et agacée par ma propre faiblesse d’âme et de caractère.

    Je n’avais toujours pas desserré les dents, lorsque que mon gardien s’avança pour prendre des nouvelles. Les deux semblaient se connaître, plutôt bien d’ailleurs. J’écoutais en silence leur conversation et tout cela me paraissait tellement surréaliste que je m’attendais presque à me réveiller à chaque instant. Pourtant, la douleur dans mes poings contractés me suffit à me confirmer que tout ceci était bien réel.

    Je sursautais presque lorsque la malade me demande de m’avancer, mais je m’exécute, me mouvant presque par automatisme. Je me positionnais à son chevet, immobile, tandis qu’elle me narrait dans les grandes lignes sa morne existence après l’incident. Elle n’avait pas eu une vie facile, elle non plus, et à regarder l’état des autres jeunes gens présents ici, je ne doutais pas que chacun avait connu des heures sombres. Pourtant, aucune émotion ne semblait vouloir animer mon visage.

    Puis, sous la pression que j’exerçais inconsciemment, le plateau métallique posé sur le lit contenant les restes d’un repas se mit à se tordre et à se plier. Comme en proie à une poigne invisible et irrépressible, il se contractait dans un crissement aigu pour ne devenir qu’une masse informe. Cette interruption soudaine créa un moment de blanc dans la conversation et attira l’attention sur moi. Comme une enfant surprise en train de faire une bêtise, je sursautais lorsque je remarquais les deux regards posés sur moi.

    “ Zaraya. ”

    Ce nom avait ressurgi des tréfonds de ma mémoire dans un bref sursaut de lucidité, provoqué par la surprenante montée d’adrénaline due à la gêne. Un difficile sourire se dessina sur mon visage.

    “ Ravie de voir que tu vas bien . ”

    Et maintenant quoi ? Que dire, que faire ? Échanger des potins potins et des ragots comme si nous étions de vieilles connaissances ? Tourner les talons pour ne jamais revenir ? L’option de réduire le bâtiment m’effleura une fois de plus l’esprit mais je l’écartais rapidement, en fin de compte. À nouveau, mon regard se perdit à travers la pièce. J’observais un instant les jeunes gens installés ici, dont la condition différait d’un individu à l’autre, chacun entretenu et assisté par un ou plusieurs aides soignants.

    Dans un nouvel élan de compassion et de courage, ma langue se délia enfin.

    “ Je… ”

    J’hésitais encore sur les mots à employer. Ne voulant paraître ni trop insensible, ni trop concernée.

    “ ... vais bien. Je crois. ”

    Je lorgnais sur la jeune femme. Bien que sa musculature fut bien plus développée que la plupart des gens, du fait du rigoureux entraînement militaire et martial dispensé à l’Académie, son corps laissait apparaître les stigmates dues au sevrage forcé des traitements et drogues diluées dans nos organismes. J’avais moi-même connu quelques moments fort peu agréables de ce fait.

    “ Mieux que toi en tout cas. J’ai eu plus de chance je suppose. Même si ça n’a pas été facile, au début. ”

    Tenir la conversation n’était pas si difficile en fin de compte et je m’étonnais moi-même du calme avec lequel je dévoilais des sections de ma vie à… une étrangère. Pourtant, un détail me fit sourciller.

    “ Tu dis que… l’Etat a aidé. Le Reike ? Comment, pourquoi ? Je ne comprends pas… ”

    J’étais pensive, perplexe. N’était-ce pas lui, le responsable de nos souffrances, à elle, aux autres, à moi ? J’avais saisi, lors de mon entrevue avec l’Impératrice, que toutes les nuances d’un gouvernement n’étaient pas faites que de noir ou de blanc mais cela ne m’empêchait pas de croire à une implication ne serait-ce que partielle de ce même gouvernement dans cette sombre fumisterie.

    Une fois encore, je cherchais des réponses qui me conviendraient, iraient dans le sens de ma conception du monde et me donneraient enfin une raison de me mettre en colère, de tout rejeter en bloc et… tout détruire. Mais rien. Rien dans cet hôpital ne justifiait de tels actes. Absolument rien.

    L’espace d’un instant, je crus sentir une larme couler de ma joue, mais je l’ignorais pour me tourner vers Zéphyr, mes yeux implorant désespérément une solution, un exutoire. Lui qui m’avait déjà mise hors de moi, saurait sans doute trouver les mots justes qui pourraient combler le vide qui se creusait inexorablement en moi. Une raison de me dresser à nouveau.

    “ Est-ce que… Est-ce que c’est vrai ? ”  


    Ma voix était vacillante, étouffée, comme la flamme d’une bougie menacée par le souffle du zéphyr.
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  • Lun 27 Mai - 18:10

    Zéphyr sait être loquace, mais il sait aussi se taire. En l’occurrence, une fois la porte traversée, il laisse Kassandra observer son environnement. Ce n’est pas la peine de la brusquer, et puis, peut-être voudra-t-elle faire demi-tour sur le champ. Mais non, la manieuse de métal reste plantée là, comme sourde et aveugle à tout ce qui se passe autour d’elle. Au moins au début. Puis, quand on l’aborde, quand on prononce son nom, il faut bien qu’elle affronte une de ses pairs. Tout ce que l’assassin remarque, c’est que la demoiselle est tendue, fermée, crispée : elle ne semble pas prête à vouloir ouvrir la bouche, et c’est donc l’Oreille qui commence un minimum à répondre à l’infirme. Kassandra est bien contrainte de suivre puisque son compagnon du jour bouge jusqu’au lit de la malade, mais on dirait que c’est à contrecoeur tant ses mouvements sont saccadés. D’ailleurs, un plateau en métal semble étrangement à se plier et se tordre par une volonté invisible, signe évident que la belle est tourmentée au plus profond d’elle-même.

    Bon, il faut dire que Zéphyr n’a pas agi de la plus douce des manières envers elle. La mener directement à un hôpital des FMR, c’était… Brusque. L’Esprit aurait peut-être été beaucoup plus délicate que le maître-espion. Mais on ne refaisait pas les hommes n’est-ce pas ? Fussent-ils galants et bien élevés, la plupart n’y allait pas par quatre chemins de temps en temps.

    Muet, le bretteur écoute les échanges des deux filles. Il croit bien, l’espace d’une seconde, que Kassandra va se taire après les premières salutation d’usage mais, heureusement pour le trio, la jeune femme s’efforce de poursuivre. A grand peine, elle prend sur elle. C’est déjà un exploit, vu le trauma que l’élémentaliste a traversé. Kassandra avoue alors aller « bien » (Zéphyr s’abstient de faire remarquer qu’elle est livide, il est presque certain qu’il se taperait – au mieux – le plateau de métal plié dans la tronche). Enfin, la protégée de l’Oreille finit par interroger son vis-à-vis. Le Reike a aidé ? C’est une évidence que oui, mais mieux vaut laisser la patiente répondre à sa place.

    - Disons qu’en voyant notre état, les soldats de l’Empire – comprenez les espions - n’ont pas voulu nous exfiltrer de manière trop précipitée. Ils ont vite compris qu’on était lié à nos drogues, que l’établissement n’était pas légal et… et tout ça. Zaraya marque une pause, sans doute ne veut-elle pas revenir sur les horreurs qu’ils ont vécues là-bas. Des Shekhikh et des soldats sont venus sur place, pour voir comment nous prendre en charge et pour… Une grimace apparaît sur les traits de la Reikoise. Pour calmer les plus enragés d’entre nous.

    Zéphyr, à la tête de l’opération de sauvetage, avait naturellement entendu parler de ces étudiants qui n’avaient pas voulu, en aucune circonstance, l’aide de la nation. Non pas qu’ils se méfiaient, non. Ils ne voulaient pas sortir de ce milieu de violence, où régnait uniquement les forts et les plus faibles. Parce qu’ils y prenaient plaisir et qu’ils étaient plus des futurs Dévoreurs qu’autre chose.

    - Il y a eu un hôpital de fortune pour nous prendre en charge, jusqu’à ce qu’on puisse supporter un voyage dans le désert sans mettre réellement notre santé en péril. Ca a demandé du temps mais… oui, on nous a aidé. Pas sans un peu de réticence, je te l’avoue. Car on perdait nos repères, on perdait tout ce qu’on avait toujours connu et… c’est difficile de refaire confiance. Une pause alors que son regard est manifestement plus hagard. Non ? Tu ne trouves pas que c’est plus difficile de refaire confiance ? Ce n’est pas tant me faire soigner qui me pose problème, c’est le fait que plus tard, je ne sais pas si obéir de manière aveugle à nos supérieurs est la meilleure chose à faire, renifle-t-elle. Mais pour ce qui est d’ici, on nous a traité correctement. Sans plus de drogues, sans rien… Le plus dur, ça va être de décider quoi faire quand on va sortir…

    Le problème des jeunes femmes est à la fois semblable et assez différent, puisque l’une porte le blâme sur les FMR, l’autre sur la confiance en ses prochains supérieurs militaires.

    En tous les cas, Zéphyr n’est pas sûr qu’un tel discours va l’aider, mais quand la belle se tourne vers lui, il ne se dérobe pas à sa question.

    - Il n’était pas question de vous envoyer chez les lions une nouvelle fois alors que vous avez été victimes d’une école odieuse. Donc oui, tout ce qu’elle dit est vrai. Le Reike a aidé les siens, en reconnaissant que les hautes instances ont mis bien trop de temps pour agir. On a essayé de sauver tous ceux qui pouvaient l’être… On essaie aussi de guider ceux qui sont capables de se remettre sur pied, mais qui n’ont par conséquent plus rien. Sans dire qu’on a un système d’écoute le plus parfait au monde, on avise les qualités et les traits de caractères de chaque homme et femme qui ont été dans cet établissement pour leur faire les meilleures propositions possibles. Sachant que si certains veulent retrouver dans leurs clans d’origine, on ne les en empêche pas non plus. Une légère pause. Le pays a donc essayé de « nettoyer » tout cela de la manière la plus propre possible, non pas en éliminant, mais en tâchant d’aider ceux qui avaient été victimes de cette fraude qui a trop longtemps été mise en place. Zéphyr pose ses yeux sur Zaraya, puis il se tourne vers Kassandra. Viens, allons faire un tour. Tu t’en rendras compte par toi-même. Puis nous partirons de là.

    Car il est inutile de faire durer le supplice de la demoiselle en face de lui. D'ailleurs, l’Oreille commence à se déplacer entre les rangées de lits, sans déranger le travail des médecins et des aides-soignants qui se déplacent dans toute la pièce. Ils ont différents cas sous les yeux : des personnes sur le point d’être guéries, et de retrouver leurs liberté ; des personnes qui ont besoin de soins plus conséquents ; d’autres encore qui sont passés par loin de la mort. En passant, Zéphyr s’informe sur le groupe le plus virulent de l’institution, qui a à juste titre été mis en quarantaine un peu plus loin, le temps qu’on sache quoi en faire en particulier. Soit on les renverra chez eux, soit on les affectera à des bataillons sévères, pour leur faire passer l’envie de mettre tout à feu à sang, au mépris des ordres et de leurs compagnons. Kassandra, naturellement, peut entendre tout cela et se rendre compte des différents patients qui parcourent la longue pièce.

    A mi-chemin, le sabreur regarde l’élémentaliste et l’interroge du regard.

    - Il y a une personne à qui tu veux parler ? Un de tes anciens camarades ? Un médecin ? Une infirmière ? C’est le moment, si tu veux trouver des réponses particulières.

    Naturellement, le ministre ne la force en rien, il lui offre juste cette possibilité et s’alignera à ce qu’elle désire. Quand c’est chose faite, il esquisse un geste vers la porte par laquelle ils sont entrés.

    - Si tu ne vois rien d’autres à faire, partons d’ici. Pour ce soir, je t’offre à manger dans une auberge du coin. On dirait que tu vas défaillir. Un mince sourire, ni joyeux, ni fier, s’immisce sur ses lèvres. Je t’en ai fait beaucoup subir pour aujourd’hui.

    Et est-ce que cela achèverait ce qu’Ayshara avait essayé de lui faire comprendre ?
    Ce n’était pas garanti.
    Il lui faudrait du temps. Beaucoup d’abnégation. Il lui faudrait aussi faire de belles rencontres…
    Mais tout cela permettrait qu’un jour, Kassandra puisse tourner la page. Le feu de sa rage diminuerait  peut-être un peu et lui permettrait de davantage s’ouvrir à ses compatriotes. Du moins, c’était ce que l’homme espérait, et c’était aussi pourquoi il l’avait conduite ici.

    - Je suppose que tu as aussi des questions pour moi. Ils s’étaient beaucoup concentrés sur elle, mais finalement, l’élémentaliste en savait peu sur son homologue. Stratège, Zéphyr lui offrait volontiers cette diversion pour lui faire respirer de l’air frais, pour davantage la remettre d’aplomb. Il savait que, même si elle l’accablait de tous les maux, cela pourrait l’aider à retrouver un peu pied avec elle-même. Ca ne me dérange pas d’y répondre tant que tu es prête à ne plus tirer cette tête. Car vraiment, on dirait qu’elle au fond du trou. Le conseiller attend naturellement sa réaction, et qu’ils soient dehors ou encore dans l’hôpital, il finit par demander, après un temps de silence : Comment est-ce que tu te sens ?
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    Kassandra
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  • Ven 31 Mai - 11:04
    Il aurait sans doute mieux fallu que je sois sourde, ou du moins, je l’aurais souhaité. Qu’une terrible expérimentation ait eu raison de mon ouïe afin de ne jamais avoir à entendre la cruelle vérité. Cruelle pour moi, en tout cas, car c’est par la bouche d’un fantôme sorti tout droit de mon passé que sonne le glas de toute une portion de ma vie, bâtie sur et par un aveuglement profond et un refus de voir au-delà des paroies opaques que j’avais érigées devant mon regard.

    À présent que l’on faisait tomber ce mur à grands coups de marteau et de burin, ma vérité m’apparaissait claire, éclatante… et terriblement effrayante. Comment admettre qu’on s’est trompé tortue sa vie, par choix en plus, et que le chemin que l’on croyait être le seul à ce moment-là n'était désormais plus le bon. Impossible. Aussi, pendant un instant, je me voyais, les mains autour de son cou émacié et marqué par les épreuves, étreignant d’une poigne de fer son souffle révélateur. Cette scène s’imprima sur ma rétine une fraction de seconde, avant qu’un battement de paupière ne le fasse disparaître de ma vision.

    Non… Ce que je venais de voir, ce n’était pas moi non plus... Rien de plus qu’un reliquat d’une rage autrefois exacerbée à dessein et réveillé par ce soudain plongeon dans les abysses de ma mémoire. Ébranlée, aussi bien par ce futur qui aurait pu être le mien que par le passé qui n’était plus, j’écoutais distraitement le monologue de Zéphyr. Comme à son habitude depuis notre rencontre, s’exprimait posément, calmement et aucune émotion ne semblait pouvoir transparaître à travers les traits de son visage. Son attitude contrastait nettement avec le chaos intérieur qui occupait ma cervelle.

    “ Je vois… Je comprends… ”

    En vérité j’étais perplexe, et pas qu’un peu. Toutefois, sa longue tirade m’avait épuisée, autant que ces “retrouvailles” et je ne trouvais plus la force de jouer la réticente rebelle, je m’étais résignée. Les preuves étaient devant mes yeux désormais grands ouverts, il me fallait désormais un peu de temps et d’espace pour digérer et assimiler tout ça. Comme s’il lisait dans mes esprits, ce dernier décida qu’il était temps de nous éclipser. Soulagée, apaisée, j'acquiesçais sans faire d’histoire. J’adresse un dernier regard la jeune femme allongée sur son lit, lui adresse un hochement de tête puis me détourne. Je ne désirais pas m'appesantir en vaines civilités et semblât qu’elle l’avait bien senti puis qu’elle n'essaya pas de me retenir. Nous n’étions pas amies, et nous ne le serons jamais.

    En traversant la pièce dans sa longueur, nous croisions encore plus de patients, à différents stades de rémission. Je ne leur accordais que des regards fugaces, même aux visages les plus familiers car, comme pour Zaraya, je ne portais que des ressentiments à leur égard. J’entends Zéphyr qui s'enquiert de l’état des patients les plus… “virulents”. A priori, certains d’entre nous semblaient apprécier le traitement qui leur était infligé et conservaient, encore maintenant, des comportements agressifs.

    “ ... les fils de … ”

    Je m’apprêtais à délivrer un énorme glairon de haine sur le sol brillant et propre mais le regard en coin assassin d’une infirmière fit bien vite abandonner le projet et je ravalais mes humeurs au fond de ma gorge. Une fois de plus, mon hôte intervient juste à temps pour me sortir d’une position inconfortable, malgré lui. Comme il me demandait si je voulais voir quelqu’un en particulier avant de partir, je hochais la tête négativement.

    “ Non, je n’ai personne. ”

    Une réponse claire et nette qui mettait l’accent sur ma situation. Jusqu’à présent, je n’avais aucun intime, aucun ami, personne sur qui m’appuyer ou me reposer. La reine étant hors catégorie, je la mettais à part. Il me faudrait sans doute un jour m’essayer aux relations humaines. Pour le reste, je me contentais d’un autre hochement de tête pour lui signifier que j’étais prête à le suivre.

    Le trajet inverse à travers les couloirs de l’hospice fut particulièrement long et pesant et pour le moment, je ne répondais aux stimulis extérieurs (c’est à dire les tentatives de communication de Zéphyr) que par des grognements ou des mouvements des épaules au de la tête. En arrivant dans le hall d’entrée, nous recroisions le médecin qui était intervenu à notre arrivée, et je constatais que ma lance n’avait en effet pas bougé. Il me semblât même, étrangement, qu’elle avait été nettoyée. Lorsque je m’en saisis, j’eus l’impression de retrouver un vieille connaissance, une partie de moi que j’avais laissé derrière à contrecœur. Immédiatement, les traits de mon visage se déridèrent et je me sentis étrangement rassurée, apaisée.

    Toutes ces années, et je m’en rendais compte aujourd’hui, à craindre en permanence pour ma vie, prisonnière d’une paranoïa irraisonnée, m’avaient rendue dépendante du contact froid et immuable de cette arme qui représentait en fin de compte, tout ce que j’avais jamais eu. Aussi, au moment de franchir les portes, je me retournais vers le pauvre hère qui n’osait toujours pas bouger avant de m’incliner poliment.

    “ Merci. ”

    Le timbre de ma voix était inhabituellement sage et doux. On aurait pu croire entendre une autre personne, et je m’en étonnais moi-même, habituée à forcer le ton afin de paraître plus intimidante. Je me tournais ensuite vers Zéphyr qui s’enquérait de mon état.

    “ Je crois que… Je crois que ça ne va pas si mal, oui. ”

    Un large sourire illumina mon visage. Un sourire crispé, certes, mais un sourire quand-même.

    “ J’ai même un petit peu faim ! ”

    Comme pour confirmer mes paroles, le rugissement mécontent de mon estomac se fit entendre et je soufflais du nez d’amusement. Il n’y avait décidément bien que lui pour me comprendre ainsi ! (mon estomac)

    “ Tu as bien dit que tu m’invitais, hein ? ”

    Comme je retrouvais peu à peu mes couleurs et mon caractère, je l’entraînais à travers la cour de l’établissement. En arrivant au niveau des grilles, démolies, je me stoppais toutefois, fixant le vague, comme si je cherchais à attraper du regard une réponse qui se trouverait au-delà de ma simple perception humaine.

    “ Dis Zéphyr… ”

    Une boule au fond de la gorge me nouait à nouveau les cordes vocales et c’est au prix de gros efforts que je parvins enfin à articuler quelques mots sans bégayer ou fondre en larmes.

    “ Qu’est-ce que je vais faire maintenant… Quel était le but de tout ça, de ma vie ? J’ai l’impression d’avoir passé toute ma vie à me battre, pour une raison ou une autre, et aujourd’hui tout ça me paraît tellement… vain… ”

    Je repensais au temps où je n’étais qu’une jeune adulte, perdue dans le désert et dirigée uniquement par ses ressentiments les plus bas. En comparaison, j'avais l’impression de n’avoir jamais aussi bien vu que lorsque j’étais contrôlée par une soif de vengeance aveugle. Peut-être aurait-il mieux valu que je ne sois pas secourue, après tout…

    “ C’était si simple… Cette voie me paraissait tellement claire, lumineuse. À présent tout est flou à nouveau, mon avenir, le chemin à suivre, je ne vois plus rien ! ”

    Un intense frisson me parcourut le corps, jusque dans ma lance qui vibra elle aussi.

    “ J'ai… J’ai peur… Je me chie dessus bordel ! “

    De toute évidence, mon esprit avait du mal à accueillir ce nouveau venu et hésitait sur la manière de faire et de réagir. Je restais quelques instants parfaitement immobile à me battre dans mon for intérieur. La scène devait être cocasse, vue de l’extérieur. Finalement, dans un moment de surchauffe intellectuelle, je saisissais mon arme à deux mains et, effectuant un large mouvement de balayage qui frôla de très près Zéphyr, j’envoyais valdinguer la lance dans ce qui restait de l’arche d’entrée de l'hôpital, achevant de faire s’écrouler la herse.

    “ Allez ! Allons manger putain de merde !!! ”

    Je m’engageais d’un pas décidé dans la rue, sachant que personne n’oserait venir me prendre mon bien.

    Il me faudrait également réparer mes bêtises, mais tout était question de priorité.
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  • Sam 15 Juin - 22:46
    Mot après mot, Zaraya détruit Kassandra. Elle détruit ses aspirations. Elle détruit les piliers de sa haine. Elle détruit les vestiges de son passé, vestiges qu’elle avait gardé en son cœur pour alimenter le flambeau de sa rage. Et plus la patiente hospitalisée continue, plus Zéphyr voit la guerrière être torturée. L’élémentaliste pâlit, s’enferme dans un mutisme éloquent, et doit choisir. Il lui faut tout renier ou tout accepter. D'ailleurs, si elle opte pour ce dernier choix… Il lui faudra alors accepter n’avoir plus rien – plus rien de décent qui continue à donner un sens à son existence. Oh, il y a bien l’arrestation des responsables, mais Ayshara lui a déjà fait promettre de les amener devant la justice. C’est déjà un grand pas pour la Reikoise. Mais voilà que Zéphyr la force encore à aller plus loin, en mettant devant son nez la vérité toute entière. Que cela lui plaise ou non. Il y a de quoi ne plus savoir sur quel pied danser, c’est pourquoi le maître-espion ne veut pas non plus s’éterniser sur les lieux. Pour que la belle se ressaisisse, il faut sortir de là, afin qu’elle puisse respirer et faire le tri dans ses pensées. Les monosyllabes qui lui servent de réponses font d’ailleurs comprendre à l’Oreille que Kassandra est loin, il a presque l’impression d’avoir affaire à un somnambule qui ne sait plus où il en est. Pour le principe, il demande donc si elle veut voir quelqu’un, puis, quand il a la confirmation que ce n’est pas le cas, il se dirige vers la sortie. Le chemin du retour est vite fait, aux yeux de l’assassin et il regarde sa compagne récupérer sa lance en métal avec un mélange de soulagement. Il est curieux de voir à quel point son visage se déride en la récupérant, mais il est encore plus surprenant de la voir remercier le médecin qui a veillé sur l’arme depuis leur entrée dans le bâtiment. Son ton est inhabituellement doux, comme si elle lui était vraiment reconnaissante, et Zéphyr possède suffisamment de doigté pour ne faire aucune remarque déplacée. Mais il observe. Il remarque. Et il se réjouit peut-être d’un tel comportement de la part de Kassandra.

    D’ailleurs, la vaillante Reikoise lui répond qu’elle ne va pas si mal quand il s’enquiert de son état. Elle réussit même à sourire : un sourire un peu forcé, c’est vrai, mais un sourire quand même, et le maître-espion le lui rend quand elle affirme qu’elle a un petit peu faim.

    - Allons manger, alors, répond-il sur le même ton guilleret, avec une inflexion plus légère et détendue. Il ne l’avouera pas à haute voix, mais si la jeune femme semble déjà un peu plus libérée et moins sur la défensive à la fin de cette journée, alors son pari sera réussi et son déplacement aura réellement valu la peine. D’ailleurs, il ne cache pas son amusement quand la jolie guerrière lui demande si c’est bien lui qui l’invite. C’est ce que j’ai dit. Mais si tu insistes pour payer, on peut s’arranger, lui lance-t-il sur un ton espiègle. Cet échange est particulièrement cocasse, compte-tenu de la tension qu’ils ont connue quelques instants plus tôt : pour peu, on les dirait presqu’amis de longue date. Mais Kassandra devient subitement plus pensive lorsqu’ils arrivent à la grille démolie de l’hôpital. Silencieux, Zéphyr l’observe, cherchant à ne pas parler au mauvais moment, au mauvais endroit. Il doit pouvoir la laisser s’exprimer, et si c’est elle-même qui prend l’initiative, alors c’est encore mieux. Pour autant, la réponse n’est pas évidente, encore plus alors qu’il la sent instable, perdue, presque sur le point de fondre en larmes. Et comment lui en vouloir ? Il vient de détruire tout ce que en quoi elle croit.

    Un silence flotte donc dans les airs avant que sa réponse ne surgisse et que l'Oreille ne prenne la parole.

    - D’abord, nous allons manger.

    Le maître-espion attend de croiser les yeux de Kassandra avant de continuer, un sourire en coin.

    - Nous allons nous mettre dans une salle au frais, l’aubergiste va nous donner le menu du jour, je vais te grogner dessus quand tu me prendras ce que tu préfères et qui sera bien sûr le repas le plus cher de la taverne, continue-t-il sur un ton légèrement moqueur. Puis, tu me montreras la voracité de ton appétit en ne laissant plus rien dans ton assiette et tu me demanderas pourquoi je te regarde avec un air d’ahuri tellement  tu auras été rapide à vider ton plat. Je lèverai les yeux en l’air quand tu me commanderas un deuxième plat, puis un troisième, et tu me diras ensuite que ce n’est pas galant de te dire que tu vas prendre du poids, car on ne dit pas ça aux femmes.

    Bien sûr, tout cela est imaginaire, mais tout cela est aussi totalement possible, ce qui rend la scène d’autant plus amusante pour les deux protagonistes.

    - Ensuite, continue Zéphyr sur le même ton, tu me diras que tu as trop manger et que tu as envie de dormir, tu t’assoupiras comme un ange, et je viendrai te retrouver le lendemain. Je te préviens, il n’est pas question que je te chante une berceuse ou que je te tienne la main pour t’endormir.

    Cette fois, un sourire plus large apparaît sur le visage du ministre. Il est clair qu’il a du mal à reprendre son sérieux : pour autant, ça a quelque chose de plaisant de le voir si détendu et si espiègle, lui qui a un naturel sérieux et imperturbable. Ca le rend plus humain, plus accessible, plus proche, aussi.  D’ailleurs, après avoir signifié au médecin de contacter les contrôleurs royaux en son nom pour réparer la grille, il se tourne vers l’élémentaliste et l’invite à aller dans la rue principale d’Ikusa.

    - Ce que tu vas donc faire, très chère, c’est profiter de l’instant présent. On ne refuse pas un repas quand il est offert par un homme tel que moi.

    Son ton est cette fois exagéré, malicieux, et il espère avoir le revers de la médaille. Parce que cela signifierait alors que Kassandra se prêterait au jeu, et arriverait à avancer, petit pas par petit pas, en se préoccupant d’abord du temps présent plutôt que du lendemain.

    Evidemment, il n’est pas question non plus de la planter là, à l’auberge, et de la laisser sans moyens pour faire sa vie. Il n’est pas question non plus de retourner chez elle, chez ses parents, où elle n’est pas la bienvenue. Donc la demoiselle va devoir se prendre en main. Mais elle a l’Impératrice et l’Oreille en alliés, cela pourra donc bien l’aider, n’est-ce pas ?

    Une chose à la fois, cependant. Connaissant bien les quartiers populaires grâce à son réseau d’espions, Zéphyr s’aventure dans l’un de ceux-ci. Il estime que la manieuse de métal sera plus à l’aise dans un restaurant roturier que dans un milieu chic et guindé. Il espère juste ne pas croiser Eris, car il aurait du mal à justifier qu’il se ballade avec une fille qu’il ne connait que depuis quelques heures et à qui il offre un repas entier en prime. Nul doute par ailleurs que Kassandra saurait bien l’enfoncer, avec son bagou légendaire.  

    … Non, par les Astres, faites qu’ils ne rencontrent pas Eris.

    Et heureusement, ce n’est pas le cas. Le duo finit par s’arrêter dans une auberge appréciée par le bas-peuple d’Ikusa, pas trop cher, mais pas trop pauvre non plus, et le gérant leur offre une table à l’intérieur de la boutique. Il ne reste plus qu’à s’installer, et bientôt, celui-ci vient leur présenter ce qu’il a de disponible. Croisant le regard de la demoiselle, il lui précise :

    - Prends ce que tu souhaites. Je ne regarderai pas à la dépense.

    Malgré tout ce qu’il a dit plus tôt, il est sérieux : quand bien même elle se resservirait, il grognerait pour la forme, mais il serait sans doute satisfait de la voir si prompte à se rassassier. Quand enfin, le tavernier l’interroge à son tour, il déclare :

    - Je prendrai la même chose que mon amie.

    Il ne reste plus qu’à attendre leurs plats, évidemment, et Zéphyr repose son regard sur la jeune femme. Elle aura beau lui faire bonne figure, il sait qu’elle restera agitée au fond d’elle-même tant qu’elle ne saura pas quoi faire, ni où aller. Et comme ils sont les rares clients dans la salle, il peut se permettre quelques libertés.

    - Je ne suis pas là pour te dire quoi faire, ni où aller. Je ne peux pas décider de ta vie, toi seule a cette opportunité.

    Cela, au moins, a le mérite d’être franc, mais de toute façon, Zéphyr est quasiment certain que la miss aurait renaclé s’il lui avait imposé une mission particulière.

    - Je peux par contre te soutenir en t’accordant une bourse qui t’assurera un départ confortable, et te permettra au moins de voler de tes propres ailes. Cela te permettrait d’aller où tu le souhaites, de la manière dont tu le souhaites. Et en contrepartie…

    Parce que Kassandra n’était pas idiote.

    - En contrepartie… Dis-moi, as-tu entendu parler des informateurs de l’Oreille ?
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