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  • Dim 17 Mar - 22:03
    ⋯ Melorn, en -352 ⋯


    — Elle a parlé !

    — Qu’est-ce que tu jactes encore Arnaud, râla le marchand ambulant en attrapant les chevilles de la statue sans plus de ménagement. Si son Altesse veut bien se sortir les pouces du cul, qu’on y passe pas la journée. Tiens-la bien, c’est qu’elle pèse son poids celle-là.

    Soyez prudent Arnaud, s’il vous plaît.

    Malgré la chaleur étouffante de la capitale elfique en plein été, Arnaud blêmit. Il tourna la tête à droite, puis à gauche, le regard accusateur à la recherche de celle qui venait de murmurer insidieusement dans le creux de son oreille. Cette maudite statue. Il aurait juré l’avoir vu prendre vie durant le voyage. L’homme avait raconté à ses compagnons comment il s’était réveillé, une nuit, et qu’il l’avait vu assise aux pieds de sa couchette, un sourire patibulaire sur les lèvres. Quand, contrarié d'être ainsi épié, il avait voulu se saisir d’elle, ~ pouf ~ elle avait disparu comme un rêve. "Je vous le jure, elle était là, juste devant moi !" On s’était payé sa tête. "Depuis combien de temps t’as pas troussé une femme toi ? C’est ta pine qui te parle dans la nuit, Arnaud."

    Maintenez bien ma nuque – s’il vous plaît – elle est particulièrement fragile.

    — Par l’Impératrice, la ferme, Ange de malheur, ronchonna Arnaud, indigné qu’aucun de ses camarades ne daigne le croire et que l’apparition continue à se jouer de lui.

    Un rire distant, délicieusement moqueur, vibra dans son esprit, accueillant sa mauvaise humeur. Il avait beau maugréer, lorsqu’il se saisit de la statue pour aider son confrère, il fit preuve d’une prudence étonnante. L’homme, dans son inéluctable bigoterie, convenait que sur cette terre, il avait des choses sacrées, des choses à ne pas profaner. Et cette statue – aussi maudite soit-elle – devait certainement être l’une d’elle. Arnaud était un rustre, mais il n’était pas crapuleux pour autant. Ou tout du moins, pas entièrement, puisqu'il possédait encore la candeur de ses jeunes années. Les jours passés à l’observer avaient convaincu Siame, cet individu-là n’aurait pas été capable d’écraser une mouche. Il avait beau se gargariser de prétentions masculines devant ses compagnons de route, elle l’avait vu éviter de ses gros sabots le scarabée qui traversait paresseusement le chemin et faire don de la fin de son sandwich à l'elfe maigrelet à l’entrée de la cité.

    Merci Arnaud, je vous suis reconnaissante.

    — Ça m’en fait une belle…

    À chaque fois qu'elle parlait, il avait le sentiment étrange qu'un soleil lui explosait dans le crâne.

    — Qu’est-ce que tu marmonnes ? Tu parles encore à ta statue ? T’es vraiment dérangé toi.  

    — J’t’emmerde ! Bon, t’es prêt ? Je soulève.

    Dans un effort commun, les deux itinérants portèrent l’Ange jusqu’à l’étalage, devant lequel défilerait bientôt la crème de la noblesse elfique à la recherche de la prochaine pièce d'exception pour décorer leurs riches appartements. Voici à quoi l'Ange en était réduite : à ornementer de somptueux salons, avec la grâce naturelle d'une plante verte. Il suffisait d'omettre son irrépressible propension à hanter l'esprit de ses (mal)heureux propriétaires. Un jour, on avait même eu la merveilleuse idée de la décorer de guirlandes de fruits. Siame était forcée de reconnaître que l'on se sentait beaucoup moins "divin", une fois déguisée de pêches et de raisins, ou après avoir passé des années à décrépir dans la boue. C'était une manière comme une autre de mettre en perspective sa propre vanité et de gagner en humilité. L'Ange était arrivée bien vite à la conclusion qu'elle préférait encore se faire enguirlander que de nager dans la fange des générations durant. La terre s'insinuait indubitablement dans les plis et fêlures de sa statue et, bien qu'elle n'éprouvait plus la moindre sensation, la frustration qu'elle ressentait était bel et bien palpable.

    Disposée entre bibelots venus de toutes parts, le soleil melornois venait caresser le marbre de sa peau en guise de salutations, tandis que Siame contemplait ce nouveau paysage. Ce n'était pas la première fois qu'elle mettait les pieds dans la capitale elfique. Du temps où l'Ange était encore maîtresse de ses mouvements, elle avait participé à la guerre opposant ses créateurs et le peuple de ces lieux. C'était un autre temps, un autre monde, et depuis, les choses avaient bien changées. Mis à part l'arrogance caractéristique des créatures à longues oreilles, ça, c'était leur marque de fabrique. Assise sereinement sur une pile de coffres attendant leur déchargement, Siame jaugea de loin l'antiquaire natif qui venait d'acheter le lot avec lequel elle avait voyagé. Des négociations animées faisaient rage entre vendeur et acquéreur quand une présence toute proche attira son attention. Elle haussa un sourcil curieux à l'approche d'Arnaud. L'Ange dépose une main sur le bois du coffre et s'installe plus tranquillement, adoptant la posture contemplative d'un chat alangui, son intérêt se disputant avec l'amusement. C'était la première fois depuis qu'elle lui était apparue que le jeune homme venait quérir son attention de son plein gré. Elle lui laissa l'honneur de prendre la parole, comme un brave garçon.

    — Voilà, on va bientôt repartir... Alors bon... Au revoir, j'imagine... Ses doigts tricotaient sur sa casquette, qu'il avait retirée avec l'obligeance d'un véritable gentilhomme et sa voix s'était délestée de cette maussaderie qui lui était coutumière, au grand plaisir de l'Ange.

    Siame crut y percevoir une forme de sincérité touchante et apprécia qu'il prenne la peine de lui faire ses adieux. C'était une délicate attention, au regard des moqueries qu'elle lui avait fait subir. Elle lui adressa en retour un sourire subtil, dans lequel l'ironie côtoyait la tendresse.

    C'était un plaisir de faire votre connaissance, Arnaud. Je vous souhaite un bon retour.

    Les affaires conclues, la caravane marchande dans laquelle elle était arrivée était repartie aussitôt et très vite, une vague d'elfes avait déboulé devant les étalages du marché. On se bousculait à la recherche des objets les plus précieux, de la meilleure affaire. Siame n'eut pas à attendre très longtemps pour que sa statue attire les premiers regards. Un humain, contre toute attente, archétype de l'artiste accompli, l’œil finement affûté, s'était approché pour la contempler d'un peu plus près, lissant avec un dévouement acharné sa très longue barbe. Il l'examina dans tous ses détails et l'Ange s'amusa du personnage et de son impertinence, lorsqu'il chassa de potentiels acheteurs d'un geste impudent. Son exubérance dissimulait une discipline presque militaire. Il n'y avait nul doute à son accent qu'il n'était pas d'ici, mais il semblait s'être ménagé, sûrement par la finesse de son esprit, une place de choix dans la société cadenassée de Melorn. Son regard étudia le marbre blanc, soyeux de la statue – à qui il ne manquait que les ailes pour être entière. Il leva une main experte à hauteur de son torse, sans pour autant toucher, soupesa ses courbes, caressa les plis de soie chiffonnée sculptés avec une précision surnaturelle, les recouvrant.

    Ma foi, je n'ai jamais vu un travail aussi fin. Combien pour la statue ? Il se mit à parler pour lui-même, tout haut. C'est là enfin un cadeau digne de ma chère Acalypha.

    Acalypha.
    Le nom retentit à nouveau dans l'esprit de l'Ange, comme la promesse d'une toute nouvelle rencontre à venir.


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    Acalypha Enid An Gleanna
    Acalypha Enid An Gleanna
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  • Lun 18 Mar - 15:40
    Bonté Divine | Acalypha & Siame Azralith_by_sunkeytail_dd3aru0-fullview  
    Bonté Divine
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    Ma bien-aimée Acalypha,

    Je n’étais encore qu’un adolescent lors de notre première rencontre, quand vos yeux se posèrent du haut de votre balcon sur l’humilité de vos serviteurs. Cette nuit-là, votre éclat surpassa celui de la lune, vous imprégniez mon âme d’une lumière indélébile. Dès lors, vous avez élu domicile dans mes rêves, où vous dansez avec mes espoirs, mes sentiments et mes craintes — et je m’y abandonne volontiers, car la splendeur de votre être justifie votre emprise sur nous tous. Si je prends la plume à présent, c’est pour révéler qu’aux derniers rayons de mon existence, vos charmes ont capturé mes plus belles années. L’affection de mon propre foyer, je l’ai sacrifiée afin de nourrir la promesse qu’un jour, vous m’accorderiez un fragment, aussi minime soit-il, de votre attention.

    Devenu adulte, fort de ma détermination et surtout porté par mon amour pour vous, j’ai sillonné les routes de Sekaï, tel un paladin solitaire en quête de grâce divine. Il me fallait dénicher un présent inégalé, digne de vous, que vous jugeriez estimable d’intégrer à votre précieux héritage. Chaque pas m’éloignait davantage de mon passé et me rapprochait désespérément de mon but. Des forêts ancestrales aux vastes cités, chaque lieu traversé se muait en écrin d’une quête sacrée. Mes confrontations furent nombreuses : face à des créatures mythiques, des gardiens des âges anciens, j’ai puisé dans mon courage et ma dévotion pour vous. Votre étoile fut mon phare, m’orientant à travers le redoutable désert du Reïke, où le temps semblait figé dans une éternité de sable et de silence. Elle brilla encore sous des cieux assombris par des pluies diluviennes, dans des jungles où chaque pas pouvait être le dernier, la mort dissimulée sous un feuillage luxuriant, guettant le moindre faux mouvement.

    Puis, je me suis heurté à l’obstacle qui scelle aujourd’hui mon destin, alors que les ombres de Shoumeï s’étiraient devant moi, sinistres et impénétrables. Mes yeux ont contemplé la désolation de la cité maudite de Benedictus, ses défunts errant dans les ruelles, animées par une faim bestiale pour la chair fraîche. Cette vision macabre a gravé en moi la réalité de notre monde : un lieu où même les âmes perdues luttent pour une existence éphémère.

    Hélas, sur ces terres damnées, un mal insidieux s’est emparé de moi. La peste obscure n’a épargné aucune parcelle de ma carcasse. Chaque recoin de mon être est taché d’une encre sombre. Le temps m’est désormais compté avant que mon corps ne se couvre de protubérances grotesques et que je ne sois réduit à hurler ma douleur dans la noirceur de la nuit.

    Au fil des décennies que j’ai consacrées à mon odyssée, j’ai amassé de l’or, des pierres précieuses, et pourtant, rien ne penserait rivaliser avec votre splendeur, si ce n’est ce simple miroir magique. Sa particularité : il ne capture aucun reflet, hormis le vôtre. Car, malgré toutes les merveilles et les horreurs que mes yeux ont pu embrasser, aucun spectacle, aucun visage n’a su éclipser votre beauté, Acalypha… Dans le regard de cet adolescent naïf que j’étais, aucun éclat n’a surpassé le vôtre.

    Puissiez-vous, à chaque instant, jour et nuit, contempler ce qui se fait de plus sublime…

    Votre....


    D’un geste empreint de délicatesse, Acalypha fit glisser la lettre de cet inconnu, dont elle n’avait même pas cherché à connaître le nom, vers les flammes dansantes d’une cheminée. Le miroir, initialement posé à côté d’une pile de courriers encore scellée, s’anima au contact de sa main. Il s’éleva, défiant les lois de la gravité, pour orbiter autour d’elle. Ni les servantes occupées à peigner sa chevelure ni celles qui continuaient d’apporter des missives par brassées n’attiraient son attention. Seule face à la glace, Acalypha se captivait elle-même, ajustant l’angle de sa tête à chaque mouvement, ses yeux plongeant dans son propre reflet avec une intensité magnétique.

    « Assez, » déclara-t-elle d’une voix calme, imprégnée d’une autorité veloutée, tout en poursuivant son autocontemplation. « Faites disparaître tout cela… plus de tableaux, plus de colliers, de pierres précieuses, rien de tout cela. Ils sont si imparfaits »

    Par son existence même, Acalypha savourait la cruelle douleur qu’elle infligeait à ses admirateurs lorsqu’ils découvraient Melorn. Innombrables étaient les hommes et les femmes qui, armés de courage, se lançaient dans des quêtes périlleuses dans l’espoir de la satisfaire. Naturellement, une telle entreprise était aussi vouée à l’échec que de tenter de toucher le soleil sans se brûler. Le cœur d’Acalypha était déjà conquis par elle-même, et dans cet amour exclusif, elle ne laissait place à aucun autre, bien qu’elle puisse en donner l’illusion par sa douceur.    Ainsi, jour après jour, ils venaient se heurter contre les murs du palais des An-Gleanna, les bras chargés d’offrandes. Certaines étaient refusées, d’autres acceptées, mais toutes finissaient par être reléguées dans les caves, à s’évanouir lentement dans l’oubli…  

    « Enid... »   Une elfe, membre de la cour qui la servait, fit son entrée dans les appartements. Avec une révérence exécutée à la perfection, elle s’inclina profondément, soulevant légèrement sa robe dans un geste d’élégance, son visage baissé en signe de respect. Elle demeura ainsi, immobile, jusqu’à ce qu’Acalypha, d’une mudra nonchalante, lui donne la permission de parler.

    — Un certain Davos Du Haute-Bellegarde sollicite une audience. Il désire vous offrir sa toute dernière trouvaille.

    Malgré la clarté de mes précédentes paroles à son égard, cet homme ne semble pas saisir qu’il puisse être un raté, quel que soit l’éloge d’autrui, répliqua-t-elle, restant indifférente à son environnement. Informez-le que je ne recevrai plus aucun présent ce soir. Qu’il tente sa chance demain.

    — Je vous en prie, excusez mon audace, Enid, mais j’ai vu ce qu’il souhaite vous offrir, et cela ne ressemble en rien à ce dont vous avez été gratifiée aujourd’hui.  

    Ces paroles arrachèrent Acalypha à la contemplation de son propre reflet, dirigeant un regard qui perçait l’intrépide. Le contact visuel avec sa maîtresse fit frissonner l’elfe, un frémissement lui parcourant l’échine, et aussitôt, elle baissa les yeux, submergée par l’intensité de son attention. Elle se redresse du divan, en emportant avec elle sa magnifique chevelure, jusqu’alors entre les mains de ses coiffeuses. Celles-ci voyaient les mèches glisser de leurs doigts délicats, s’empressèrent de les recueillir avec soin, veillant à ce qu’aucune ne frôle le sol. « J’espère que tu mesures le risque que tu prends en me levant ainsi ? »   Réduite à un murmure bégayant, elle l’a laissa derrière elle pour se diriger vers le hall de réception. Là, l’homme l’attendait, à ses côtés, une masse voilée méticuleusement disposée à la verticale sur un chariot de bois…  

    Davos s’agenouilla dès qu’il aperçut l’étoile sous les cieux entamer sa descente vers lui, escortée par celles qui avaient la charge de soutenir sa chevelure.

    — Ô cœur chéri de Melorn, Lumière de perfection, vous avez daigné accepter ma rencontre, vous inondez ma poitrine d’une joie telle que jamais je n’ai ressenti auparavant.  

    Pourtant, les mains qui sont les vôtres n’ont pas hésité à me décevoir à maintes reprises… Comment, dès lors, pourrais-je vous accorder ma confiance une nouvelle fois ?  

    — Je ne suis plus le même homme qui vous a jadis abordée avec des présents maladroits. Oui, j’ai erré, mes œuvres étaient trop simples, trop étrangers aux codes de Melorn. Mais voilà, après des années passées parmi vous, j’ai appris, je me suis imprégné de la richesse de votre culture. Je pense avoir enfin compris, j’ai une idée plus profonde de ce qui pourrait résonner avec vous. Ce que je tiens là, dit-il en gardant fermement la corde dépassant du voile qui recouvre son offrande. est le témoignage de cette évolution.  

    Dans ce cas, ne perdons pas de temps… Montrez-moi. Sa voix portait une nuance de scepticisme, aux premiers abords, mais lorsque le voile se souleva en suivant les courbes de la statue, elle écarquilla les yeux. Face à elle se dressait l’apogée de la sculpture, une réalisation parfaite qui avait su dompter le marbre jusqu’à maîtriser les plus infimes détails de l’élégance d’une silhouette féminine. Guidée par son instinct, sa main droite avança avec une lenteur presque sacrée, comme si elle craignait de briser la magie qui l’enveloppait. Elle effleura délicatement les joues du visage sculpté et parcourait chaque courbe avec une tendresse infinie. Ses doigts communiquaient avec le nacre afin de révéler une connexion invisible entre l’artiste et son œuvre. La figure, figée dans une émotion sereine, semblait détachée du tumulte du monde, préservé dans une quiétude éternelle.

    Davos s’écarta discrètement afin que son amour imprévu s’immerge pleinement dans une bulle intime avec « sa création ». Il observait avec satisfaction la réaction d’Acalypha en effleurant sa longue barbe d’un geste délicat. Il pouvait, pour l’instant, il pouvait ignorer les conséquences de sa supercherie pour l'instant.

    — Elle vous appartient, Acalypha…

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    Siame
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  • Mar 19 Mar - 11:33
    ⋯ Melorn, en -352 ⋯

    La tête penchée sur le côté, à la manière d'un chiot, Siame observait curieusement la scène qui se déroulait sous son nez. Elle venait de découvrir celle qui serait alors sa nouvelle propriétaire et se devait d'observer qu'il s'agissait d'une créature tout à fait singulière, aux charmes divins, si bien qu'elle aurait pu être la création même de sa maîtresse titanide. D'ailleurs, autour d'elle, personne ne s'y trompait. Les raisons pour lesquelles les hommes lui tournaient étaient assez évidentes et la jeune elfe dirigeait sa petite cours avec élégance. Il lui suffisait de claquer des doigts, d'un regard un peu appuyé, pour qu'autour d'elle, la fourmilière s'active pour répondre aux moindres de ses désirs. C'était un spectacle captivant à observer, une mélodie rythmée sur les exigences de la maîtresse de maison. Elle-même n'était pas restée complètement indifférente quand les doigts fins et délicats de l'elfe avaient caressé tendrement le marbre de sa joue – à plus forte raison, elle s'imaginait volontiers cette même main cingler les joues de ceux provoquant sa déplaisance. Acalypha donnait le la, agissait en cheffe d'orchestre et sur cette scène, tous s'accordaient à ses humeurs, se heurtant douloureusement aux murs de son autoritarisme. La satisfaire relevait de l'exploit, et y parvenir provoquait les jalousies de ceux qui avaient jusque-là lamentablement échoué. Et les plus intelligents, échappaient à ces difficultés tracassières en attendant les autorisations silencieuses de leur maîtresse pour vivre dans ce monde qui était – à ne point s'y tromper – le sien.

    On conte qu'à l'ère des Titans, les anges parcouraient nos terres, bénissant les nouveaux-nés d'une beauté immaculée, mentionna-t-il, la voix mielleuse.

    Jusque-là, l'Ange, sereinement posée en hauteur comme à son habitude – elle aimait se positionner de la sorte – approuvait discrètement les dires de l'homme. On racontait également que les anges noyaient les bébés trop vilains à leur goût, mais dans toutes les histoires, il y avait des détails accessoires. Observer les simagrées hypocrites des mortels l'avait toujours passionnée, c'était un peu son telenovela à elle : telenovela dont elle suivait religieusement tous les rebondissements. À travers les minauderies de l'artiste barbu, Siame devinait le sentiment suffisant gonflant dans sa poitrine.

    Il s'agit là de ma création la plus réussie.

    Cette fois-ci, Siame s'étrangla, manquant de s'étouffer. Quel toupet. L'homme, inconscient de la présence de la silencieuse observatrice, bomba un peu plus le torse en reprenant ses explications. Il répondait au souffle court de celle qu'il essayait d'impressionner par une mauvaise comédie, à défaut d'être capable d'éveiller son intérêt de sa seule vérité.

    Voyez, il me fallait élaborer une création digne de votre parfaite, pure, que dis-je, sublime beauté. Il s'approcha à son tour de la statue pour accompagner Acalypha dans sa contemplation. Remarquez que ses ailes lui manquent. Cette statue, voyez-vous, n'est pas seulement une représentation d'un idéal de beauté, c'est également le symbole du combat intérieur, de douleur et de résilience. Les ailes arrachées incarnent la souffrance, la perte, mais aussi la liberté retrouvée – l'affranchissement de ses maîtres.

    Quel ramassis de conneries. L'Ange resta bouche bée devant les mensonges qu'il proférait avec un naturel déconcertant. Ses ailes volées n'étaient aucunement symbole de quelconque endurance face aux épreuves. Cet abject personnage pouvait bien palabrer autant qu'il désirait, glorifier la tragédie de l'ange déchu, l'histoire de ses ailes n'en restait pas moins le pathétique résultat de son abâtardissement, l'euphémisme universel de sa soumission.

    J'ai passé des mois à sculpter – l'Ange leva les yeux au ciel, tant il lui était insupportable d'écouter cet homme se targuer d'un travail qui ne lui appartenait pas – chaque détail avec une grande attention. Chaque pli, chaque courbe, exprime une émotion. Ses ailes absentes sont toujours présentes dans l'esprit du lecteur, représentant la capacité à se relever malgré les épreuves.

    Il proférait ses mensonges avec une émotion feinte dans la voix, posa une main sur son cœur, dans un simulacre de drame absolu(ment écœurant à regarder).

    C'est ce qu'est l'art pour moi. Susciter les émotions, provoquer la réflexion... Cette statue incarne l'espoir, la force de l'esprit et la volonté suprême. Elle est le fruit des sentiments que vous m'inspirez, l'émoi que vous provoquez chez moi, Acalypha – son orgueil, gonflé à l'excès, le mena même à user de familiarités – et je suis fier de l'avoir créée.

    Si Siame avait d'abord apprécié ses extravagances, elle bouillait intérieurement face à tant de suffisance. Ces mortels en étaient réduit à amollir leur dignité, à assassiner leur âme dans le seul et unique espoir de faire zizi-panpan (comme on dit). Acalypha l'avait justement compris, et les menaient à la baguette avec une facilité déconcertante. L'homme, gorgé d'espérances, redoubla alors de hâbleries, vint se placer face à l'elfe. Posant un genou au sol, il se saisit de sa main dans une délicatesse exagérée, emprunte d'une intimité irrévérente.

    Vous êtes ma muse, ma lumière favorite, mon...  

    C'en était trop.

    Ce sale chien ment comme il respire.

    Sans plus tarder, la voix profonde de l'Ange s'éveilla dans l'esprit de l'elfe, faisant irruption dans leur conversation – ou plutôt coupant court à ces flagorneries et ces mensonges qui méritaient d'être punis. Siame ne chercha pas à masquer la pointe d'agacement qui hachait ses mots, mais n'ajouta rien de plus, laissant la maîtresse des lieux s'accommoder à cette mystérieuse voix venue lui glisser toutes les vérités du monde, à commencer par les grossières calomnies du barbu. Ce n'était tout de même pas elle qui allait suggérer de couper la langue à cet homme de mensonge. Habituellement elle prenait son temps pour se dévoiler à ses nouveaux hôtes, mais parfois, une entorse à la règle était nécessaire.


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    Acalypha Enid An Gleanna
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  • Jeu 21 Mar - 15:51
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    Acalypha était enserrée dans un écrin d’intimité qui créait une liaison invisible et intangible uniquement avec l’effigie de la femme. Le temps, de même que le monde alentour, se volatilisaient, laissant place à un instant d’éternité, singulier et impérieux, dans un jour qui, sous tout autre aspect, aurait dû demeurer ordinaire et sans éclat. En ce moment, l’idée même d’être bouleversée à une telle profondeur semblait inconcevable pour l’Héritière des An-Gleanna.

    Ce qu’elle contemplait ne se réduisait pas à un ange pétri dans le marbre ni à une silhouette à la beauté froide qu’on expose fièrement, pareil à un trophée. Non, ce qu’elle percevait était l’incarnation sublime de sa personne, au delà de la simple esthétique qu’elle s’était appliquée à maintenir. C’était l’expression pure de ses émotions les plus intimes, comme si son cœur, dépouillé de tout voile, était exhibé au regard de tous, invitant qui voulait à sonder ses profondeurs en ces instants de vulnérabilité infinie… Elle éprouvait cette souffrance intense, celle qui depuis la nuit des temps torturait hommes et femmes sans distinction. Une douleur fantôme, nichée au creux de sa poitrine qui dévorait son âme sans le moindre avertissement, sans l’infime once de clémence. En cet instant, l’idée de s’arracher le cœur lui semblait un soulagement face à l’insoutenable étendue de sa peine. Ainsi, sous le regard de tous, elle plaça sa main contre sa poitrine et l’a pressa avec une force telle qu’elle menaçait de transpercer sa propre chair.

    L’homme affichait une satisfaction éclatante, ravi de percevoir la réaction d’Acalypha à l’œuvre. Il ne cessait de lui dévoiler sa juste interprétation, son sourire empreint d’un complet triomphalisme et d’orgueil. Il accentuait la douleur qui l’habitait en lui révélant que son inspiration pour cette création lui était venue d’elle. En lui dérobant ses ailes de cette manière, Davos franchissait un seuil critique, la comprenant plus profondément que personne. Il saisissait que, au-delà de la notoriété, de la richesse et du pouvoir affichés par Acalypha, elle demeurait une femme peinée qui, malgré sa capacité à jouir de tout, restait impuissante pour s’élever dessus l’univers lui-même.

    L’ironie de la situation émanait de la persistance de Davos à la railler alors qu’il évoquait avec dérision des notions de liberté retrouvée et d’émancipation vis-à-vis de maîtres dont elle ne dépendait même pas !

    À cet instant précis, elle reconnaissait, avec une résolution douloureuse, l’impossibilité de pardonner sa cruelle malveillance. Frémissante, son cœur, jadis impénétrable comme la pierre, se fissurait et libérait des larmes qui coulaient, fines et lumineuses telles des perles de rosée qui effleuraient avec une grâce infinie la tendre douceur de ses joues.

    Elle voilait sa mélancolie d’une paume délicate, tout en laissant échapper des gémissements d’un chagrin taciturne, incompréhensible aux regards des siennes. Ce moment, qu’elle exécrait d’une aversion profonde, s’imprégnait d’une souffrance sans équivoque qui résonnait dans le silence de son être. Dépourvu de pitié, l’homme infligeait un tourment indicible à cette âme meurtrie, tournant le couteau dans la plaie tout en lui saisissant la main. Ses doigts, souillés par le mépris aigu qu’il lui portait, scellaient un pacte cruel d’injustice. Tandis qu’elle frôlait cette cruauté incarnée, elle se perdait dans les méandres de sa douleur et s’interrogeait sur la raison d’une telle iniquité dans ce monde. Son cœur, empreint de douceur, se heurtait à l’implacable réalité de l’indifférence qui laissait un écho de tristesse dans l’abîme de sa sensibilité.

    Alors, elle s’effondra à genoux devant ce monstre dépourvu de toute empathie, sa robe se déployait en ondes fluides autour d’elle, se plissait paisiblement à ses côtés, comme une mare de tissu en pleine expansion. Les servantes, muettes durant cette scène sans précédent, échangeaient des regards marqués d’incompréhension et d’effroi, tandis qu’on s’empressait de suivre les mouvements d’Acalypha, dans un ballet désespéré pour protéger sa chevelure d’argent, dernier rempart de sa dignité face au gouffre.

    Davos, se faufila dans son espace personnel avec une aisance calculée, enlaça ses épaules de ses bras, non pas en un geste de réconfort, mais comme celui qui revendique un territoire. Son étreinte, loin d’être rassurante, ressemblait davantage à la fermeté d’une prison qui témoigne de sa domination sur elle.

    « Acalypha, mon aimée, je ne vous avais pas imaginée aussi sensible. Mais maintenant, je suis là, pour toujours… », articula-t-il, sa voix dégoulinait d’une fausse tendresse qui masquait à peine la froideur de ses intentions.

    Mais elle fut alors rappelée par son propre subconscient qui refusait de se soumettre à la malveillance du monde. Ce dernier lui hurla, d’un cri qu’on pourrait presque percevoir comme une révélation céleste, que cet homme mentait avec une honte indéniable. Ce qu’il avait vu en elle n’était pas sa destinée. Elle portait le sang des conquérants tel qu'elle s’imaginait elle-même de la lignée d’Azshary, celle destinée à régner au-dessus des faibles de la République et des Chiens de l’hégémonie du Reike.

    - Daethwen Aden In Carn Aep Morvud An Gleanna... Dans ses bras, elle murmura des mots dans l’elfique originel de l’Empire, une langue ancienne que même ceux qui la parlaient avec aisance aujourd’hui peineraient à en déchiffrer toute la substance. À la suite de ses paroles, un silence oppressant s’abattit sur l’assemblée, comme si une force invisible avait soudainement extrait toute essence de vie alentour. Les servantes, figées à proximité, demeuraient incertaines de leur conduite, tandis que la peur faisait battre leurs cœurs à un rythme effréné.

    « Qu… Qu’avez-vous dit, mon… ? » Les mots se perdirent sur les lèvres de Davos, un frisson le coupant net avant qu’il ne puisse les achever.  Un grondement sinistre, à la fois métallique et douloureusement guttural, comme si une gorge était sauvagement étranglée, emplit l’espace et se propageait depuis le long corridor qui serpentait vers les catacombes obscures du palais d’Acalypha. À cet instant précis, la chaleur s’évanouit et abandonnait la pièce à un froid spectral… Elle n’était plus qu’un lointain souvenir du monde extérieur, désormais étranger et inatteignable.

    À ce moment précis, l’individu audacieux qui avait profané Acalypha fut catapulté des sommets d’un espoir béat aux abysses d’un désespoir ténébreux, une réalisation si aiguë qu’elle semblait lacérer son âme. Le cauchemar s’empara de lui avec une voracité inhumaine lorsqu’il fut témoin d’une apparition si terrifiante que même les contes les plus sombres n’osaient en murmurer l’existence. Surgissant du néant, une silhouette d’une stature colossale, drapée d’une armure sinistre comme la nuit sans étoiles, traversa le seuil avec une autorité qui défiait la nature. Son entrée ne fut pas précédée de signes avant-coureurs, mais ce qu’elle insuffla fut d’une intensité si profonde, si alien, qu’elle sembla tordre la réalité elle-même, arrachant des hurlements d’effroi à ceux qui n’avaient jamais connu la peur sous cette forme pure et absolue.

    En un instant, le lieu fut abandonné à la panique, les servantes s’évanouirent dans un chaos indescriptible, leurs cris déchirait le voile du silence avec une acuité qui glacera le sang de Davos pour les éons à venir. Certains, perdus dans un délire d’angoisse, s’effondrèrent, emportés loin du carnage par des mains secouées de tremblements. D’autres, aveuglés par une frayeur primale, se frappaient aux murs, aux meubles, disparaissant dans le labyrinthe de portes de la salle comme si la même folie vorace qui avait consumé les citoyens de Shoumeï les avait saisis.

    Davos, pétrifié dans l’éclat trompeur de la splendeur du palais, se tenait seul, un îlot d’incrédulité dans un océan de désespoir. L’écho isolé des pas des servantes terrifiées martelait ses oreilles, un présage sinistre de la monstruosité impie qui avançait vers lui avec une lourdeur qui semblait défier les lois de notre réalité, ça résonnait comme le glas qui annonçait non pas une fin, mais le début d’une horreur sans nom.


    Lorsque Davos tenta de mobiliser le peu de force qui lui restait pour s’échapper vers ce qui lui paraissait être un sanctuaire de lumière et d’air libre, l’entité, dans un mouvement aussi soudain qu’incompréhensible, se lança dans une charge d’une vélocité cauchemardesque. Le sol lui-même ne résistait pas à sa puissance, les dalles éclataient sous le poids de sa présence. Avant même que Davos ne puisse atteindre l'extérieur, sa poigne métallique le saisit par les cheveux avec une fermeté qui évoquait les tourments éternels des damnés. Il luttait pour se libérer de l’emprise, étaient non moins vains qu’un murmure dans un ouragan.

    - Que faites-vous, Acalypha sale garce ?! Arrêtez, je vous en supplie, laissez-moi ! implora-t-il, sa voix brisée par la terreur et l’impuissance.



    L’Entité, dont les raclements gutturaux gagnaient en intensité sous l’effet de son excitation morbide, força Davos à s’agenouiller devant Acalypha, qui, malgré la tourmente, cédait des larmes silencieuses… Le bourreau, armé d’un fendoir levé vers les cieux comme pour en invoquer la sanction, demeura figé, guettant le signe de sa maîtresse avec patience. Acalypha, la tête baissée sous le fardeau d’une tristesse abyssale, ses cheveux épars abandonnaient de ses servantes, semblait n’être plus que l’ombre d’elle-même. Faible, fragilisée, elle posa sur Davos un regard voilé par les larmes qui distordait la réalité alentour, avant de donner, d’un geste presque imperceptible, son assentiment fatal à la cuirasse suspendue dans le temps et l’espace.

    Alors, elle s’effondra, submergée par un déluge de pleurs, au même rythme que le fendoir s’abattit sur la nuque exposée pour marquer la fin d’une existence dans un crescendo de désespoir et d’horreur.

    Spoiler:



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  • Ven 22 Mar - 20:50
    Les Titans avaient créé sur ces terres, comme en tout lieu, des choses sacrées que seuls les fous se risquaient à avilir : des créatures divines, des temples inviolables ou encore des hymen coûtant davantage que n'importe quelle dot pourrait payer. D'autres choses, aussi, plus brutes mais plus pures encore : la nature, le corps, un sentiment, un idéal. C'était l'erreur immense qu'avait commise Davos Du Haute-Bellegarde. Au lieu de s'attirer tendresse et reconnaissance, comme il l'avait espéré, son cadeau avait été accueilli avec douleur et désespoir. De ses mots, il avait provoqué un dégoût immensifié par la vanité et les délusions de sa belle. Siame s'était tenue immobile, tandis que sous ses yeux se déroulait la tragique scène. Les événements avaient pris une tournure bien sombre, dès lors que les mots anciens, sacrés, furent prononcés.

    La créature de métal traversa la projection de l'Ange sans avoir même conscience de sa présence. Les contours de l'apparition vacillèrent pour réapparaître suite à son passage. C'était à glacer le sang, si peu qu'on possédait un sang chaud, liquide et vivant. C'était une punition cruelle, mais pour Acalypha, probablement pas aussi cruelle que l'humiliation provoquée par les mots de Davos. Son honneur et sa beauté avaient été bafoués, et il fallait que quelqu'un en paye le prix. Qui d'autre que lui ?

    Une mélodie horrifique résonnait dans le grand salon du palais. C'était le chant sinistre de la créature d'acier, sous les directives de sa cheffe d'orchestre. Il châtiera ce criminel, celui qui avait cru que ses péchés resteraient impunis. Celui qui n'avait, pas à une seule seconde, réalisé son erreur, sa bêtise immense. La lame d'acier brilla d'un éclat maléfique avant de trancher la nuque du malheureux d'un mouvement d'une précision glaçante, sectionnant la chair, à plusieurs reprises.

    Il n'avait que fallu se croire arrivé au paroxysme de l'horreur, pour que la créature ne fasse gonfler davantage son désir d'aller plus loin. Pauvre Davos, ou du moins ce qu'il en restait : des os en bouillie, des membres ensanglantés reliés uniquement par des ligaments fragiles. L'ego pourtant irréductible d'un homme, déchiré en lambeaux. Puisque dans cette affaire, il n'avait jamais été question de cœur, l'elfe avait brisé tout le reste, tout ce qui était possible de briser : l'honneur, la volonté, l'enveloppe charnelle d'un être affreusement mortel. Il avait dû s'abaisser à supplier celle dont il avait eu la prétention de se voir déjà posséder, corps et âme.

    Si Acalypha avait fait le deuil de son indigne admirateur en l'espace d'un battement de cils, celui de son égotisme méritait qu'on lui consacre le temps et l'attention nécessaire. Ses pleurs avaient côtoyé les hurlements de douleur du profanateur, sans jamais pourtant s'y accorder. La tristesse de son âme ne lui avait jamais été destinée ; n'avait peut-être jamais été adressée à aucun homme.

    Le silence revint, seulement brisé par le cliquetis métallique de la créature s'éloignant, laissant derrière elle une scène macabre, une flaque de rouge et de chair, l'écho sanglant de sa chanson funeste. Les articulations de la créature grincèrent avec la pesanteur du temps, figées par les événements. Plus personne n'osait ni bouger, ni parler. Ses yeux lisses reflétaient une lueur éteinte et ses membres d'acier déchiraient le silence épouvantable dans lequel le palais s'était enveloppé. Seules les larmes et la douleur de la maîtresse des lieux continuaient de rythmer les secondes. Ses bras métalliques, ses mains encore poisseuses de sang, pourtant habitués à la brutalité, s'étaient transformés pour elle en un cocon de tendresse. Il se saisit d'elle avec toute la délicatesse du monde, comme un enfant se saisissait d'une poupée de porcelaine et la guida jusqu'à sa chambre.

    × × ×

    Siame avait attendu plusieurs minutes, peut-être plusieurs heures. Le concept de temps avait fini par lui échapper. Elle avait abandonné sa statue – ou presque, elle ne l'aurait jamais réellement abandonnée – pour contempler la peine de l'elfe, que même le calme et la sérénité de la nuit ne semblaient apaiser. Son corps sanglotait tout entier, ses cheveux, fanés jusqu'aux pointes. Quel curieux personnage. L'Ange avait peiné à comprendre la source de sa douleur. Comprendre les mortels n'avait jamais réellement été son forte, mais avec le temps, elle s'était améliorée. Elle se laissait même parfois partager leur sentiment.

    La mystique veilleuse finit par se manifester, quand la lune brillait ronde dans le ciel de la capitale elfique. Ses rayons blancs filtraient la chambre par les interstices des rideaux de soie. Les bougies blêmirent sous son passage, tandis que son ardente apparition posa un genou sur le lit de l'exquise elfe : dans son apparence, mais aussi dans sa complexité. L’Ange vint tout auprès d'elle. Approcha son visage juste au-dessus du sien. L’atmosphère était maintenant celle du divin et le temps appartenait au fil magnétique qui les reliait. Devant elle : Acalypha, les yeux grands ouverts sur ce qu'elle croyait être son propre reflet, les joues encore humides de ses pleurs. Siame s'avança encore, sans la quitter des yeux.
    Leurs lèvres jumelles s'unirent dans une torpeur divine, sibylline et protectrice. Immatérielle. C'était Acalypha qui s'embrassait elle-même, apercevant qu'elles n'étaient réellement qu'un seul être. Son visage s'illuminait, miroir des couleurs de l'Ange.

    Elle avait besoin de voir, de comprendre, jusqu'où s'étendait la complexité de cet être-ci. Siame voulait nourrir son âme de toutes ces émotions qui la composaient, tandis qu’elle n’était que fantôme, que statue de pierre.


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  • Dim 24 Mar - 3:50
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    Dans l’immensité de ce monde, aucun compagnon ne se révèle aussi fidèle que le reflet propre de votre être. C’est dans le secret de votre âme que réside le plus sincère des alliés qui tisse avec vous une étoffe d’intimité inébranlable. Dans les heures irradiées de joie, tout comme dans les abysses de douleur, cette présence demeure, indéfectible. Elle s’entrelace à vos tourments pour se fondre dans l’ombre de votre peine, et, dans l’éclat de vos rires, elle danse pour répandre son allégresse au diapason du vôtre. Voilà le véritable compagnon de route, celui qui, inaltérable, vous accompagne, pour faire écho de vos pleurs et de vos chants d’amour, en une symphonie du cœur où le bonheur et la souffrance se mêlent en un ballet éternel.   Ainsi, la lumière qui inondait Acalypha lui tendit les bras pour envelopper son être d’un réconfort si doux, manifesté par un baiser auquel elle ne put résister. Son cœur, lacéré par les affres du destin, aspirait avec ferveur à cet échange de murmures floraux. Sans chercher à comprendre l’origine céleste de cette tendresse, elle s’abandonna entièrement à l’étreinte spectrale pour se délecter d’une saveur qui semblait défier le cours du temps. Dans cet instant suspendu, L’elfe et la lueur fusionnaient pour tisser entre elles un lien indéfectible, un pacte scellé par l’alchimie du mystère.

    Acalypha, dans un élan d’amour, audacieux et intime, se trouvait dans l’embrassade la plus pure et singulière : celle de s’épouser elle-même. Dans le miroir de son âme, elle découvrait le reflet d’un désir impossible, désormais ardent et indéniable. C’était un partage qui défiait toute convention, une caresse de ses propres lèvres contre sa peau qui éveillait une multitude de sensations voluptueuses. Les larmes, incessantes, perlaient le long de ses joues, non point empreintes de tristesse, mais plutôt imprégnées d’une chaleur retrouvée qui avait submergé son être lors de cet effleurement. C’était comme si un torrent de douceur avait inondé son cœur pour fusionner délicatement ses émotions avec l’essence même de son existence. Dans cette étreinte invisible, elle ressentait une union profonde, où chaque pleur devenait le témoignage d’un sentiment pur qui transcende la simple rencontre des corps pour atteindre la sublime convergence des âmes. 



    Elles se séparèrent pour offrir ainsi à leurs yeux l’occasion de se délecter l’une de l’autre, dans une communion visuelle d’une tendresse infinie. C’était un échange silencieux qui portait en lui le poids d’un amour inexprimé, une caresse dérobée qui dorlotait l’âme avec une douceur presque palpable. Dans l’éclat de sa propre luminescence, elle battait des paupières, papillon fugace dans l’immensité de son astre. Une clarté si intense qu’elle-même semblait en être éblouie, subjuguée par l’ampleur de sa splendeur. Puis, dans un élan de grâce, elle lui offrit un sourire, un don aussi précieux que rare, semblable à une étoile qui dévoilait son charme dans le crépuscule naissant.

    Elle s’était souvent questionnée, cherchant à déchiffrer le mystère de ceux qui, capturés par son aura, s’étaient plongés avec ferveur dans la quête de son bonheur jusqu’à abandonner leurs anciennes vies comme on se déleste d’un fardeau. Mais la compréhension lui vint, lumineuse et apaisante, au moment où elle se fondit en harmonie avec Acalypha. C’était alors qu’elle perçut, avec une clarté bouleversante, l’impératif de se soumettre à sa vision propre, d’obéir à l’Ordre dicté.

    Mais alors, consumée par un désir ardent, une flamme qui ne connaissait de cesse, elle se trouva incapable de se résigner à une quelconque finitude. Elle se savait animée, tourmentée par une faim inextinguible, un appétit féroce de plonger encore plus profondément en elle même. C’était avec cette soif inassouvie, ce désir brûlant qui la dévorait de l’intérieur, qu’elle se lança de nouveau à l’assaut, armée de ses lèvres comme d’un bouclier contre l’ordinaire. Elle cherchait à travers l’échange le plus intime, à s’abreuver encore au temple de ses mots, à se perdre pour mieux se retrouver dans l’immensité d’un narcissisme vertigineux. Ses paumes délicates enserrèrent les contours lumineux du visage qu’elle adorait, tandis qu’elles persévéraient dans leur étreinte passionnée. Empreinte de grâce quasi divine, leur ascension débuta au moment où Acalypha permit à son spectre de s’affranchir de l’entrave de sa chair. Alors qu’elles s’élevaient ensemble, lèvres contre lèvres, son corps se laissa choir sur son lit, immortalisé dans un sourire de quiétude profonde, comme cette statue de marbre imprégnée de paix.

    Elles traversèrent la baie vitrée au-dessus d’elles et offrirent leur union à la Dame Blanche et ses filles, liées par les constellations de la voûte céleste. Devant elles, Melorn s’étalait comme un présent soumis à Acalypha, un tapis de velours déployé qui suppliaient le règne de la souveraine légitime. Prisonnière d’une étreinte d’où elle ne pouvait s’évader, les mains scellées sur ses hanches, elle lui susurra à l’oreille. « Je t’aime, Enid. »

    Ils aspirent à nous dérober nos ailes, mais je te le jure, Enid, jamais je ne le tolérerai.   Contemple le panorama qui déferle sous tes yeux, mon amour. Ce monde, je te l’offre en cadeau : tous t'aimeront à en perdre la raison et trembleront à l’idée de t’offenser.  Et s’il fallait anéantir chaque vie qui s’épanouit à travers Sekaï pour notre bonheur exclusif, alors nous le ferions sans hésiter, car seul nous appartient le droit de jouir de ce bonheur, sans concession dans l’inimitié et la haine. Elle s’accorda un moment, captivée par son propre reflet, avant de reprendre d’une voix où la tendresse flirtait avec la menace. Si le destin les pousse à se dresser contre nous, mon amour, ensemble, nous souillerons la terre de pourpre du sang des elfes, des Hommes, et de ces usurpateurs qui siègent sur notre empire. Cela, je te le jure.

    Bonté Divine | Acalypha & Siame Dalle_11

    Ainsi se révélait Acalypha, éternellement confinée à ne dévoiler sa vérité qu’en son for intérieur. Elle se targuait de chérir les traditions de son peuple, de vénérer son histoire… Mais en vérité, cela lui importait peu, car elle accueillerait avec délectation la vision de Melorn englouti par les flammes, pourvu qu’elle puisse imposer sa domination sur tous.



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    Bonté Divine | Acalypha & Siame 6a54b410
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  • Mer 27 Mar - 14:52
    Je t'aime.

    Des mots tendres, des souvenirs lointains qui sommeillent profondément en elle. Les avaient-elles seulement prononcées un jour ? Pour sa sœur, peut-être. Certainement. En comprenait-elle seulement le sens ? Comprenait-elle seulement toute la vulnérabilité, la fragilité qu'un tel sentiment impliquait ? Avait-elle seulement conscience de la force de volonté que cela demandait ? La seule certitude qu'éprouvait Siame à cet instant, ce que ces mots-ci ne lui étaient pas adressés. Pas réellement, pas entièrement. Ils étaient le reflet d'un amour bien précis, un amour aussi singulier que narcissique : celui de sa propre personne.

    Je t'aime, Enid.

    Tout son corps lui signifiait : de son étreinte à la tendresse de ses mains sur ses hanches. La sensation était vaporeuse, irréelle, mais l'idée du contact s'insinuait curieusement dans l'esprit de l'Ange. Le tableau dépeint : les deux âmes au-dessus des toits melornois, c'était la représentation parfaite de l'ambition de l'elfe, que Siame découvrait un peu plus, au fil des mots de sa nouvelle propriétaire. Elle pivota lentement sur elle-même pour faire face à sa vis-à-vis, contempla ses yeux engourdis d'amour pour son propre reflet. Et l'Ange se fit la remarque qu'elle avait raison. De son existence, elle avait vu les hommes se battre pour la main d'une femme, des femmes se jalouser pour les attentions d'un homme, des guerres se déclencher pour la conquête d'un cœur. Elle avait été témoin de la détresse provoquée par un amour non-réciproque, avait subi la fièvre furieuse d'un ego froissé. Depuis aussi longtemps qu'elle parcourait ces terres – une éternité –, elle n'avait jamais pu faire confiance qu'à une seule personne : elle-même. Même ses maîtres l'avaient abandonné, bien que dans son intégrité maladive pour accomplir son dessein, Siame leur restait éternellement loyale. Elle redoutait davantage sa propre déchéance qu'elle ne les admirait.

    Il n'avait pas été difficile de lire en Acalypha l'admirable volonté, de constater l'étendue de son ambition. Comme toutes les créatures de ces terres, l'elfe composait avec les expériences cruelles de la vie, encouragées par la perversité du monde, se les appropriant plutôt qu'en devenir un jour victime. Elle avait constitué sa propre cour à son image : d'une noblesse immuable. Elle alimentait ce monde de faux sourires, le domptait de mots aussi impitoyables que mielleux. Ce n'était que lorsqu'elle se trouvait "seule", avec la lune pour témoin, que l'elfe admettait l'étendue réelle de sa soif de pouvoir. Elle la revendiquait avec transparence, n'avait pas peur d'user des mots : encore moins de promettre feu et sang à ceux qui auraient le malheur de se mettre en travers de son chemin. Même sa propre race ne serait épargnée. Et l'Ange connaissait les affres de ce genre d'obsession mieux que quiconque, elle-même née des aspirations de sa maîtresse. Elle connaissait assez le monde pour savoir que l'elfe n'était que le maillon d'une chaîne de cruauté sans fin. Comme un miroir, imitant la tendresse infinie de sa vis-à-vis, Siame passa une main dans son interminable chevelure.

    Je t'aime davantage encore...

    L'Ange embrassait habilement le narcissisme de la nouvelle hôte, trop avisée pour risquer de la contrarier. En cette tare, elle voyait la porte ouverte aux manipulations, le moment idéal pour commencer à faire germer des idées dans cet esprit avide de gloire. Cet esprit qui se flattait de sa propre compagnie, de ses propres mots et de la vague de contentement qu'ils provoquaient. Siame ne faisait que découvrir le gouffre de besoins qui ne demandait qu'à être rempli.

    Alors, elle planta subtilement une première graine.

    Enid, je sens au fond de mon âme un creux, un vide immense. Elle porta sa main sur sa poitrine, juste au-dessus de son cœur. Un cœur qu'elle partageait désormais avec sa nouvelle maîtresse, tout comme le reste.

    Un vide à combler, une flamme qui ne demande qu'à être attisée pour venir embraser le monde entier de sa lumière. Aide-moi. Sa main fervente quitta sa poitrine pour venir se placer sur celle de l'elfe. Aide-moi à trouver les réponses que mon âme exige. Dans la nuit, la lune me souffle l'existence d'un pouvoir divin, un pouvoir qui dépasse toute imagination...

    Alors, ses mains se saisir pieusement des siennes, les enveloppant de sa chaleur. L'Ange l'attira à nouveau vers la chambre, abandonnant la nuit étoilée derrière elles, retrouvant l'intimité des appartements de l'elfe. Elle guida son esprit jusqu'à son corps resté inerte sur le lit et l'invita à retrouver son enveloppe charnelle.

    Repose-toi, Enid. Ses doigts effleurèrent les paupières blanches de la maîtresse des lieux, faisant de ses paroles la manifestation de cet épuisement auquel elle était invitée.

    Dans toute entreprise, il fallait s'armer de patience. Pour les Hommes, le doute était davantage affolant que les certitudes, mais ils étaient aussi le terreau idéal des nouvelles croyances à venir. Siame n'avait encore aucune idée de ce qui fleurirait de cette première graine. Poussée par ses propres convictions, par une curiosité pernicieuse qu'elle se devait de reconnaître, elle accueillit en la personne d'Acalypha une toute nouvelle expérimentation...

    Siame se coucha tout près de l'elfe, sur le lit à baldaquin qui trônait au centre de la chambre. Dans son regard, il y a quelque chose de chaud, de puissamment apaisant. Elle bat lentement des cils, observe la silhouette qui lui fait face, contemple ses traits avec le même dévouement qu'Acalypha démontre lorsqu'elle se regarde dans le miroir, mystérieusement insatisfaite du reflet qui lui est renvoyé.

    Je veillerai sur toi. Pour toujours, déclare-t-elle avec douceur, effaçant les sillons laissés par les larmes sur les joues doucereuses de l'elfe.

    Toujours, ou presque.
    Il s’agissait là de mots choisis avec soin, aussi vrai que l’était ce moment aux yeux d’Acalypha.

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