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    Cendres ᚠ ᛊ ᚢ ᛟ ᚪ ᛊ ᛥ ᛉ
    Relevez-vous, peuple des cendres ! Les Titans existent, la guerre d'il y a 5000 ans résonne davantage dans vos cœurs depuis que ces immortels sont revenus revendiquer leurs droits. La victoire vous est une nouvelle fois acquise, mais à quel prix ? Suite à cette nouvelle guerre plus violente et mortelle que toutes les précédentes, il en va de votre responsabilité de vous accrocher à la vie et de rebâtir sur les ruines. Vers un nouveau futur encore incertain.

    Shoumei, autrefois membre des trois grandes nations régnant sur les terres des cendres et capitale de la religion diviniste, a payé le tribut ultime pour offrir la victoire aux vivants. Désormais, son peuple se retrouve égaré, dispersé. Privés de leur nation, de leurs foyers, les shoumeiens tentent tant bien que mal de retrouver un semblant de paix, mais la tâche est ardue. Le Reike, nation guerrière en proie à une lutte intestine contre le dirigeant s’étant imposé dans un sillage de sang, ainsi que la République, nation de l’ordre et des lois, ont tous les deux beaucoup à gagner avec ces nouveaux territoires à revendiquer. Choisiront-ils la voie de l’alliance et tendront-ils la main aux shoumeiens ? Où feront-ils passer leur peuple avant le reste des cendres ? Seul le futur écrira l'histoire de ces deux nations que tout oppose depuis des temps immémoriaux. Enterrer ou reluire la hache de guerre pour les combats à venir.

    Quoi qu’il en sera, peuple des cendres. C’est à vous de faire pencher la balance. Battez-vous pour le futur que vous chérissez. Entamez votre ultime chant du cygne, et brisez une bonne fois pour toutes ce cycle incessant de guerres contre les titans, ou tentez de poursuivre ce dernier selon vos convictions. Il ne tient qu’à vous d’offrir au monde des cendres la paix qui lui est due ou de le plonger à jamais dans les flammes…
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    24.07.22
    Ouverture du forum et début du jeu. Bienvenue sur Cendres !
    28.06.22
    Le forum est accessible au public.
    17.06.22
    Début des travaux de construction.
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    Maraad le Solitaire
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  • Lun 31 Oct - 23:45
    Le Drakyn se tenait agenouillé devant le petit autel de fortune qu’il avait confectionné de ses mains. Sur celui-ci étaient soigneusement disposés deux cierges allumés, accompagnés de deux petites statuettes. Les deux effigies n’étaient pas finement ouvragées, l’on pouvait distinguer deux silhouettes humanoïdes dotées de cornes. Elles avaient été taillées grossièrement dans une essence de bois tendre. Une fine entaille réalisée avec un certain soin permettait aux deux petites sculptures se s'emboiter, l'assemblage n'était pas parfait, mais il permettait de comprendre que la plus grande pouvait porter la plus petite. Une petite ouverture dans le toit permettait à un petit rayon de soleil d’illuminer faiblement l’autel. Ses yeux clos, le Drakyn se redressa finalement au bout de longues minutes, son regard mélancolique se posa sur les deux statuettes.

    - Vous me manquez terriblement…

    Furent les seuls mots qui quittèrent sa bouche. Le passé se révélait parfois être aussi une force qu’une faiblesse et ça le Drakyn le savait sans doute mieux que personne. Malgré lui son regard se posa ensuite sur un vieux coffre poussiéreux qu’il avait laissé dans un coin dans la pièce principale. Le passé avait beau être enfermé à double tour, il était tout compte fait toujours présent dans un coin de son esprit. Le coffre ne contenait pas que son passé, mais aussi une partie de lui-même, celle du soldat qui avait toujours combattu pour défendre son foyer, celui qui avait vu et tué plus que quiconque.

    Le charpentier quitta son humble demeure en baissant la tête pour ne pas se cogner contre l’embrasure de la porte, ce problème était assez récurrent dès qu’il s’agissait de pénétrer dans une habitation. Rares étaient les endroits où il pouvait progresser sans craindre de nettoyer les toiles d’araignées avec le sommet de sa tête. Le Drakyn remonta la grande rue, aujourd’hui il avait un rendez-vous à honorer concernant de possible réparation sur la toiture d’une forge située à quelques rues de son habitation. De ce qu’il savait, il était le ce travail, il lui arrivait parfois de devoir faire front commun avec différents corps de métier, mais il n’avait jamais été un grand sociable et cela ne c’était pas vraiment arrangé avec le temps. Il préférait travailler seul et à son rythme plutôt que de devoir rendre des comptes à un contremaître plus préoccupé par l’argent que par le travail bien fait.

    Une dizaine de minutes de marche lui suffire pour atteindre la forge. De l’extérieur, le bâtiment semblait relativement en bon état, à première vue il ne distingua pas de défaut dans la toiture, pas d’affaissement ni de gondolement. Il allait bien sûr falloir vérifier tout cela depuis les combles, mais c’était au moins une bonne nouvelle. Le Drakyn se posta devant de la porte principale et toqua trois fois de suite, peut-être un peu plus fort qu’il ne l’aurait souhaité, mais au moins si quelqu'un se trouvait à l'intérieur il l'aurait forcément entendu.


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    Cyradil Ariesvyra
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  • Jeu 3 Nov - 11:45
    Les affaires allaient de bon train au sein de la forge familiale. Cyradil avait réussi à trouver une routine agréable entre son travail ici et celui dans les forces médicales reikoises. Les gens étaient compétents et pouvaient même gérer l’établissement pendant ses expéditions. Certains d’entre eux avaient bien connu son père, le fondateur de ses lieux dont la jeune femme faisait passer pour son grand-père en raison de l’écart générationnel. En effet, sa transformation en liche l’avait dépourvue de la faculté de pouvoir vieillir et elle se devait, pour son propre bien, cacher sa véritable nature. Elle craignait qu’une exposition publique ne déclenche de fâcheux évènements et elle ne possédait plus ses connaissances d’antan pour pouvoir se défendre efficacement.

    Quoi qu’il en fut, aujourd’hui, la jeune blonde avait fait appel à un artisan afin de réaliser une révision de sa forge. En effet, cette dernière devait avoir autour des cent cinquante ans et bien que son père y ait mis tout son cœur à l’ouvrage, il n’était pas exclus que l’établissement ait souffert des affres du temps. De prime abord, il n’y avait pas de signe d’affaissement ou de fissures mais elle n’était pas spécialiste du domaine et la prudence lui recommandait de faire appel à un expert. Lorsque celui-ci se présenta, il fut conduit à l’intérieur de la forge où régnait une forte chaleur. Son guide, un vieux nain d’une bonne soixantaine d’années le conduisit jusqu’à l’étage avant de s’arrêter à une porte où il lui demanda d’attendre. Quelques minutes plus tard, le nain revint puis s’écarter pour laisser le charpentier pénétrer dans la pièce.

    « Dame Ariesvyra vous attend. »

    Le bureau de la jeune femme dégageait une tout autre ambiance. La chaleur ardente avait disparu et était remplacée par des températures bien plus clémentes, presque surnaturelles. L’on pouvait distinguer l’emblème de sa famille qui consistait en un blason sur lequel était cousu un bouclier derrière lequel était disposé une enclume. Une façon de représenter les deux seules véritables fonctions que son père n’ait jamais exercé dans sa vie : celui d’un soldat puis d’un forgeron émérite. La jeune femme qui était assise était penchée sur des complexes parchemins et releva la tête une fois que son invité pénétra dans la pièce.

    « Je vous souhaite le bonjour, noble artisan. Tout d’abord, je vous remercie d’avoir accédé à ma demande. Je vous en prie, prenez place. » Dit-elle en indiquant une chaise devant elle.

    Même si elle ne pouvait le voir directement, la jeune blonde semblait savoir où se situait le charpentier puisqu’elle le suivait du regard sans vraiment hésiter sur la direction.

    « Je m’appelle Cyradil Ariesvyra, la propriétaire de cet établissement. Si j’ai fait appel à vos services, c’est parce que j’ai besoin d’une révision concernant ma forge. Si j’en crois les entrées que mon grand-père et mon père m’ont laissées, les dernières remontraient à une vingtaine d’années environ. J’aurais besoin de votre expertise pour savoir si ma bâtisse aurait besoin de quelques travaux voire même d’en renforcer la toiture afin que le feu de la forge ne l’abime pas trop à l’usure. »

    L’explication du travail semblait relativement simple mais cela démontrait une certaine méticulosité dans l’esprit de la jeune liche. Elle voulait bien faire et pour cela elle faisait appel à des gens compétents, d’autant plus que la générosité des Ariesvyra n’était plus à prouver.

    « Je m’engage à vous payer le double de votre solde habituelle si vous mettez le cœur à l’ouvrage. »

    La jeune femme pesait ses mots. L’argent n’avait jamais été un problème pour elle grâce aux investissements de son père et elle était prête à récompenser généreusement ceux qui accomplissaient leur travail. Malgré son statut de noblesse, Cyradil n’avait jamais regardé les gens de haut et elle comprenait à quel point les artisans pouvaient parfois avoir la vie dure et n’étaient pas payés à hauteur de leur talent.

    « Cette proposition vous convient-elle ? Souhaitez-vous commencer tout de suite ou préférez-vous vous restaurer d’abord ? »
    Appuya-t-elle d’un sourire encourageant.
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    Maraad le Solitaire
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  • Ven 4 Nov - 13:52
    Alors qu’il patientait sereinement devant l’entrée de la forge, Maraad réalisa que c’était peut-être une des rares fois où il pourrait pénétrer dans un bâtiment sans avoir à se baisser, c’était un détail assez rare qui méritait d’être souligné. Au bout de quelques secondes, le Drakyn put entendre le verrou de la porte être retiré et celle-ci s’ouvrit, laissant apparaître la silhouette d’un nain. Le charpentier se présenta sous le regard méfiant de celui-ci, le nain hocha finalement la tête et l’invita à le suivre à l’intérieur.

    La chaleur à l’intérieur était étouffante, le Drakyn avait beaucoup de respect pour les personnes travaillant dans ce genre de condition. Il imaginait que tout n’était qu’une question d’habitude. Son guide qui travaillait sans doute là depuis plusieurs années devait avoir plus de facilité à supporter son environnement que le Drakyn qui venait tout juste d’y pénétrer. Maraad suivit son guide jusqu’à l’étage où il eut l’impression que la chaleur se faisait encore plus intense. Heureusement pour lui, le plafond était suffisamment haut pour qu’il puisse passer sans problème, en revanche, la porte devant laquelle il attendait… pour celle-ci il allait devoir courber l’échine. Il profita de cette courte attente pour examiner son environnement. De là où il se tenait, la charpente n’était pas tout à fait visible, mais cela permettrait au moins d’évaluer l’état du toit depuis l’intérieur. A premier vu, ici aussi tout semblait en ordre.
    Maraad ne connaissait pas l’âge exact du bâtiment, il en avait une vague idée puisque la forge existait déjà lorsqu’il avait rejoint l’armée, l’endroit était donc au moins aussi vieux que lui. Son métier lui avait appris qu’une bonne charpente pouvait durer une centaine d’années, mais que des contrôles et des rénovations étaient à prévoir tous les trente ans environ. Bien entendu il ne s’agissait là que de moyenne, car de nombreuses choses pouvaient influer sur ces chiffres, qualité des matériaux d’origine, entretiens, climat ou encore insecte.

    Le nain fit son retour et l’invita à entrer dans le bureau, Maraad baissa la tête et pénétra dans cette nouvelle pièce, son guide referma la porte juste derrière lui pour le laisser seul avec la maîtresse des lieux. La température de la pièce était bien plus clémente, peut-être même un peu trop, c’était à se demander comment une simple porte permettait de protéger l’endroit de la chaleur.

    - Bonjour, merci.

    Le Drakyn fut légèrement surpris de voir que le regard de son interlocutrice était caché par un diadème. Cela ne semblait cependant pas l’empêcher d’être capable de lui suivre du regard, même lorsqu’il faisait un pas sur le côté pour « tester ». Cette sensation d’être suivi par un regard invisible était pour le moins étrange, mais il ne s’en formalisa pas, après tout il avait vécu maintes guerres, il lui en faudrait plus pour être déstabilisé.

    Maraad écouta attentivement la jeune femme qui lui faisait face, l’endroit était donc entretenu régulièrement, ce qui était encore une fois une bonne nouvelle. La proposition d’être payé plus que nécessaire lui fit hausser un sourcil, c’était bien la première fois qu’on lui faisait une telle proposition.

    - Votre proposition m’honore, mais je ne voudrais que vous pensiez que la qualité de mon travail va de pair avec le prix. Je mets toujours du cœur à l’ouvrage, que la solde soit simple ou double.

    Bien sûr, personne ne serait assez pour refuser d’être payé plus et lui non plus. La proposition était des plus intéressantes, mais il ne voulait pas passer pour artisan de pacotille ne travaillant que se faire de l’argent sur le dos des honnêtes citoyens. Le travail lui permettait de se vider l’esprit, si bien qu’il aurait été capable de travailler gratuitement simplement pour avoir quelque chose à faire de ses journées pour s’occuper. C’était aussi la première fois qu’on lui proposer de manger avec de travailler, la question fut si inattendue qu’elle le déstabilisa dans un premier temps.

    - Loin de moi l’envie de refuser votre hospitalité, mais je préférais d’abord faire quelques vérifications. De ce que j’ai déjà pu observer, le tout semble être en bon état, mais j’aimerais tout de même jeter un coup d’œil aux combles pour éviter toute mauvaise surprise.

    Le Drakyn se redressa de toute sa hauteur, pendant quelques instants il se demande si son interlocutrice était véritablement capable de le voir, ou si elle usait d'une quelconque forme de magie pour le localiser. Cette sensation d’être suivi du regard ne l’avait pas quitté.

    - Existe-t-il un accès spécifique pour les combles ? Je ne crois pas en avoir vu en traversant votre forge.


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  • Lun 7 Nov - 16:58
    L’homme devant elle semblait très compétent et très professionnel. Il refusa poliment sa demande mais Cyradil ne s’en trouva pas offusquée. La jeune femme voulait simplement lui faire part de sa sympathie. Il lui fit d’ailleurs bien comprendre que ce dernier ne travaillait pas que pour l’argent, ce qui était plutôt un bon signe. Au moins, la jeune liche pouvait avoir une certaine garantie d’un travail bien fait.

    « Loin de moi l’idée de douter de votre expertise dans ce domaine, c’est juste ma manière de récompenser les gens qui travaillent dans cette noble tâche. Mais soit, nous réglerons les détails de votre paie plus tard et comme vous le dites, il vaudrait mieux que je vous montre les combles. Si vous voulez bien me suivre. »

    Ils retournèrent dans le couloir dont ils traversèrent l’étendue jusqu’à une porte sombre plus lourde que celles qui refermèrent les différentes salles qui se situaient à l’étage de la forge. Il fallait dire que la configuration de l’établissement avait été bien pensé par son père que certains aimaient surnommer « Le vieux bâtisseur ». Derrière la porte, se situait un escalier qui donnait sur l’extérieur et qui permettait de monter ou de descendre afin d’accéder ou de sortir (depuis l’extérieur justement) à tous les étages. Lorsque la forge était en fonction, toutes ces sorties étaient déverrouillées pour permettre un accès rapide à l’extérieur en cas d’incident.

    « Mon grand-père a bâti cet escalier afin de faire évacuer tout l’établissement. Même si les différents compartiments de la forge sont assez bien séparés, on n’est jamais à l’abri d’un incendie ou d’un quelconque autre incident. C’est pourquoi il a eu l’idée de ces travaux. »

    La jeune blonde ne semblait pas perturbée par la chaleur malgré les nombreuses couches de vêtements qu’elle portait. C’est comme si les éléments ne l’affectaient pas, ce qui pouvait paraitre plutôt étrange lorsqu’on vivait au Reike. Quoi qu’il en fut, le couple finirent pas graver les dernières marches qui menaient au toit. Là-encore, une porte permettait d’avoir accès aux combles et donc de voir l’ensemble de la toiture intérieure. A partir de là, elle laissa son employé faire part de son rapport d’expertise. Pour l’aider dans sa tâche, la jeune blonde lui livra quelques informations supplémentaires.

    « Actuellement, la forge se rapproche doucement du siècle et demi d’existence. Les rénovations se faisaient de manière plutôt régulières et mes aïeuls ont toujours respecté la périodicité de rénovation. J’assume donc qu’il n’y a jamais eu de dégâts majeurs qui a eu pour répercussion la nécessité de devoir recourir à de grands moyens de remplacement. Ils avaient également l’habitude de recourir à certains traitements afin de prévenir une infestation de termites. Avec la chaleur que dégage la forge, il n’était pas étonnant de penser que ces insectes puissent y trouver un terreau fertile pour y pondre leurs œufs. C’est assez onéreux comme traitement mais je crois qu’ils n’étaient pas très regardants sur l’argent à dépenser si cela pouvait entretenir la forge. »

    En effet, une fois la forge établie, sa famille avait fait fortune et s’était creusée une formidable réputation dans le Reike, devenant même un fournisseur plus que récurrent des armées impériales. Même après la fin de la guerre, Cyradil fut plutôt surprise du nombre de client qui étaient restés fidèles aux forges Ariesvyra longtemps après la disparition de son paternel. Une chose était sûre, il avait laissé une sacrée emprunte avant de s’en aller.

    « Je vous laisse gérer votre temps de travail comme il vous convient. Les forges ouvrent généralement à l’aube et ferment au coucher du soleil. Je ne serais malheureusement pas toujours présente ici car d’autres obligations me tiendront éloignées mais n’hésitez pas à demander au contremaitre nain si vous avez besoin de quelque chose, il viendra me quérir. »
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  • Lun 7 Nov - 22:00
    Le Drakyn et la jeune femme se comprenaient sur la notion de travail bien fait, et c’était tant mieux. Maraad appréciait le fait de rencontrer des gens capables d’avoir la même vision des choses que lui. En vérité il n’avait pas besoin de travailler pour vivre, sa pension d’ancien combattant aurait suffi à vivre modestement, mais il voulait rendre service autrement qu'en brandissant une arme au milieu de champ de bataille. Aider les gens lui permettait d’oublier tout ce qu’il avait pu voir ou faire durant les années passées. Combien de femmes étaient devenues veuves par sa faute ? Combien d'enfants n’avaient jamais revu leur père ? Bien sûr, il avait toujours agi dans le seul et unique but de protéger les siens et d’accomplir Sa volonté, mais… malgré tout, il espérait aider plus et mieux en jouant le rôle d’un artisan.

    Il suivit la jeune femme à travers le couloir tout en se demandant comment celle-ci faisait pour supporter la chaleur de l’endroit. Sans vouloir paraître effrontée, elle semblait pour le moins plutôt bien habillée, dans le sens où il avait l’impression qu’elle avait revêtu plusieurs couches de vêtements. Lui portait simplement une chemise en lin fendue au niveau du col, et la sensation de chaleur qu’il ressentait était étouffante. Doté d’un esprit plutôt rationnel, il imagina naturellement que si l’endroit était une affaire de famille, la jeune femme avait sans doute été habituée à cet environnement très jeune. À l’instar du guide nain, cela pouvait expliquer une certaine tolérance que le Drakyn aurait aimé avoir aussi.

    - Votre grand-père était aussi bon bâtisseur que forgeron.

    La forge était bien mieux construite que certains bâtiments soi-disant gérer par des architectes et des contremaîtres de talents, ici rien ne semblait être dû au hasard, chaque porte, chaque escalier, tout semblait avoir été placé d’une manière très précise.

    - Les bonnes charpentes peuvent durer un siècle, bien sûr cela dépend de la qualité des matériaux et de l'entretien. Si l’ensemble tient encore debout après plus d’un siècle, c’est que votre famille a fait confiance aux bonnes personnes lorsqu’il a fallu concevoir et entretenir tout ça.

    Le Drakyn passa l’encadrement de la porte sans trop de difficulté. L’endroit était principalement éclairé de manière naturelle par plusieurs petites ouvertures qui permettaient l’aération de la charpente, mais aussi par deux jacobines laissant passer les rayons du soleil. Maraad progressa lentement, car il savait que son poids était un désavantage dans ce genre de situation, il fallait marcher sur les entraits ou sur les liaisons assurant la stabilité de tout l’assemblage. Il progressa un peu plus dans les combles et commença son examen.

    - Les poinçons sont en bon état, les contrefiches aussi. Un arbalétrier a déjà été renforcé par le passé visiblement, tout comme certains points clés de l’assemblage, cela rend la structure bien plus solide, mais ça compliquera le démontage si des pièces doivent être remplacées. L’ensemble n’a pas l’air d’avoir été la cible des insectes, qu’importe son prix, le traitement a été efficace. Il faut bien avouer que le tout a bien été réalisé, c’est du chêne de qualité que nous avons là, et il a su prouver sa résistance face au temps.

    Le Drakyn continua son examen sans savoir si la jeune femme se trouvait toujours à l’entrée des combles ou si celle-ci était déjà repartie, après tout elle avait un commerce à faire tourner et écouter les élucubrations d’un charpentier n’était sans doute pas une chose des plus passionnantes. L’endroit était assez poussiéreux, chose plutôt normale si personne n’était venu depuis les vingt dernières années. Le Drakyn continua lentement sa progression en direction des jacobines qui au fil du temps pouvaient être des sources de fuites par temps de pluie, il valait mieux éviter que l’eau ne s’infiltre sous peine de causer quelques dégâts. C’est en s’approchant que le Drakyn aperçut des traces de pas sur le sol, mais aussi une trace de main sur la traverse droite maintenant les empannons. Naturellement il s’arrêta, se questionnant sur l’origine de ses traces.

    - Quelqu’un est-il venu dans les combles récemment ? Un autre artisan peut-être ?

    Chose qui n’était pas possible, car il n’y avait eu aucune trace à l’entrée des combles, il était le premier depuis longtemps à franchir la porte que la jeune femme lui avait ouverte. D'ailleurs, était-elle encore présente pour répondre à sa question ?


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  • Sam 12 Nov - 13:19
    Le charpentier ne venta pas son talent. Il s’agissait là d’un véritable expert. Un rapide tour des combles semblait confirmer que son paternel avait fait les choses correctement en sauvegardant le patrimoine familial. Habituellement, la confiance de la jeune blonde était particulièrement difficile à gagner mais une fois acquise, Cyradil demeurait très fidèle à ceux qui l’avaient méritée. En l’occurrence, si le Drakyn se montrait particulièrement compétent, elle pourrait sans doute lui obtenir un contrat durable avec sa famille. Il ne s’agissait pas du seul établissement que son père possédait bien que celui-ci soit particulièrement florissant comparé à d’autres en raison de son emplacement. Une fois que la jeune liche sera bien installée, elle comptait bien relancer les autres filiales avec l’aide du charpentier. Cyradil le laissa donc explorer à sa guise jusqu’à ce qu’il attire son attention sur des traces inhabituelles.

    « Non, je ne pense pas. Ils n’ont pas grand-chose à y faire de toute façon et la majeure partie du travail se réalise surtout au rez-de-chaussée ou dans les caves où se situent les bains servant à faire fondre les métaux. Donc à priori, personne n’est censé passer par ici à part moi. »

    La jeune femme commençait doucement à redouter que quelqu’un eut l’idée de s’introduire dans les combles à son insu. En effet, il y avait, ça et là quelques caisses entreposées. Des marchandises brutes qu’elle récoltait parfois en expédition ou qu’elle faisait acheminer par des marchands. Certaines de ces caisses contenaient des matériaux rares et onéreux nécessaires à certaines commandes visant à fabriquer des armes aux propriétés spéciales. Sa popularité commençait sans doute à lui attirer quelques ennuis. Elle hésita quelques instants avant d’en faire part au charpentier.

    « j’aimerais penser qu’il s’agisse là que d’un hasard mais j’oserai peut-être envisager le pire. Depuis que j’ai repris la forge et perpétuer sa popularité, je me suis rendu compte que je me suis probablement fait des ennemis. A la mort de mon défunt grand-père, n’ayant pas d’héritier apparent puisque je vécus avec ma mère pendant longtemps, beaucoup pensaient voir approcher le déclin de la famille Ariesvyra ainsi que de tous leurs partenariats commerciaux. Il fallait dire que nous avions envoyé pas mal de commerces par le fond, les clients trouvant meilleure qualité chez nous souvent à des tarifs plus avantageux. Quand je suis venue clamer mon héritage, cela a sans doute éveiller des désirs vengeurs dans certains esprits et j’ai été victime d’un vol de marchandises d’un convoi plutôt conséquent il y a quelques semaines. Rien qui puisse nuire à ma fortune, je vous rassure mais c’est surtout ma réputation qui est en jeu. Depuis toujours, nous nous efforçons de respecter les délais que nous fixons avec nos clients mais un retard de matériaux entraine forcément un retard de livraison du produit au client et donc son insatisfaction. »

    La jeune blonde avait parfois recours à des mercenaires pour poursuivre les voleurs mais cela lui demandait parfois du temps et de l’investissement qu’elle aurait aimé consacré à d’autres activités. Elle n’avait malheureusement plus sa puissance arcanique d’antan sans quoi elle aurait déjà inspiré la peur à quiconque voudrait nuire à son activité marchande.

    « Bien que cela ne soit pas ce pourquoi je vous ai embauché, je vous prierai de bien vouloir surveiller si un tel évènement se produit. Si quelqu’un essaie d’escalader la façade et de vouloir s’introduire par je ne sais quel moyen. Peut-être pourriez-vous…passer quelques nuits ici afin de surprendre de potentiels voleurs ? A priori, personne ne sait que vous travaillez chez moi ni même pour combien de temps puisque j’avais fixé un rendez-vous en envoyant un de mes employés vous quérir après que j’ai trouvé votre nom dans le registre des artisans. Naturellement, cette tâche s’accompagnera d’une rémunération supplémentaire en plus de votre travail habituel. Rien ne vous oblige à accepter mais si vous le faites, je vous prierai de bien vouloir me notifier le moindre fait suspect que vous auriez remarqué. Auquel cas, je prendrais de mon temps pour me libérer et faire en sorte de vous épauler dans cette affaire. Qu’en dites-vous ? »
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  • Lun 14 Nov - 9:58
    Le Drakyn continua d’examiner l’endroit tout en écoutant attentivement les propos de la jeune femme qui devait toujours se tenir à l’extérieur des combles. Son instinct refit naturellement surface alors qu’il s’attendait presque à croiser le regard de l’intrus. Il fallait bien se rendre à l’évidence que l’origine de ses traces n’avait rien d’un hasard, quelqu’un était bel et bien passé par là. Les traces continuaient leur progression le long de la structure jusqu’à s’arrêter au niveau de quelques caisses entreposées çà et là.

    - Et j’imagine que vous n’êtes pas du genre balade nocturne sur les toits ?

    La question était plus une forme d’humour qu’une véritable interrogation concernant les passe-temps de la jeune femme, Maraad se doutait qu’au vu de sa position au sein de cette entreprise, elle ne devait certainement pas avoir beaucoup de temps pour elle. Lui-même ne gérer pas un établissement d’une telle importance, lui n’était qu’un petit artisan solitaire comme il en existait tant à travers toute la cité. Malgré ce simple petit rôle d’artisan sans grand prestige, il n’avait pas l’occasion d’avoir beaucoup de temps pour lui, alors il devinait facilement qu’être gérante d’un établissement aussi prestigieux que celui-ci ne devait pas être de tout repos.

    - La concurrence n’est pas toujours bien vue.

    Finit-il par déclarer en suivant les traces jusqu’à se tenir face aux caisses empilées. Grâce à sa pension d’ancien combattant, le charpentier pouvait pratiquer des tarifs moins importants que d’autres artisans, plus le fait de toujours mettre du cœur à l’ouvrage afin d’être toujours satisfait du travail effectué… disons qu’il avait plus ou moins une idée de ce que la concurrence pouvait penser de lui. Il pouvait comprendre que chacun avait besoin de travailler pour gagner sa vie, mais il avait du mal à tolérer que l’on puisse se livrer à ce genre de coup fourré à l’encontre de quelqu’un. Jusqu’à présent il était toujours parvenu à régler ses différends de manière pacifique, il préférait laisser ses vieux démons enfermés dans un coffre et se comporter comme le plus lambda des citoyens.
    Il ne regrettait pas sa vie passée, du moins pas directement… certaines choses lui manquaient terriblement, sa famille lui manquait terriblement. Mais que pouvait-il faire ? Rien, le passé ne pouvait pas être modifié et jamais personne n’était parvenu à remonter le temps pour changer les choses. Il vivrait toute sa vie avec cette cicatrice invisible enfouie au plus profond de son être, la seule chose qu’il pouvait faire était de ne pas oublier.

    Le Drakyn examina les caisses de matières premières, visiblement quelqu’un avait tenté de forcer celle du dessus sans pour autant y parvenir.

    - Il y a des marques sur l’une de vos caisses, mais le voleur n’a pas réussi à forcer l’ouverture, il reviendra sûrement tenter sa chance.
    La proposition de la jeune femme lui fit tourner la tête vers l’entrée des combles. Devait-il accepter ? Il avait largement les compétences pour jouer le rôle du gardien de nuit, mais n’était-il pas qu’un simple charpentier venu vérifier l’état du toit ? Même s’il aurait dû refuser, il se contenta d’hocher la tête, voilant quelque la vérité au passage.

    - Je pourrais garder un œil ouvert, mais… rien qui irait au-delà de mes humbles compétences…

    En vérité le Drakyn avait peur, peut de ce qu’il pourrait se passer s’il tombait nez à nez avec un voleur en pleine nuit. Comment aurait-il dû agir ? Il n’avait pas la légitimité du botter le derrière du hors-la-loi, tout comme il n’était pas sensé savoir se battre, ni même faire appelle à la lumière. Maraad prenez toujours soin de s’habiller avec des vêtements suffisamment épais et long pour dissimuler les marques runiques qui parcourait son torse, son dos et ses bras. Cela aussi faisait partie du passé, mais il ne pouvait malheureusement pas y effacer…

    - Je pourrais peut-être installer une paillasse directement ici ? Ma présence le surprendra peut-être suffisamment pour ne plus jamais revenir.

    Croiser une silhouette de deux mètres trente en pleine nuit dans les combles d’une forge censée être inoccupée devait en effet être une chose assez surprenante. Avec un peu de chance, ce seul fait suffirait à Maraad à se débarrasser du potentiel coureur des toits.

    - Il doit être agile en tout cas, les toits environnants ne semblent pas facile d’accès, et encore moins conçu pour être praticable.


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  • Mar 15 Nov - 15:31
    Les doutes de Cyradil se confirmèrent lorsque Maraad ajouta quelques précisions sur la marchandise entreposée. Le voleur avait essayé de les forcer mais ces dernières étant solidement attachées, il n’avait sans doute pas eu le temps de faire son œuvre au risque de se faire prendre si son sabotage s’était fait entendre. Après tout, la forge était grande et possédait diverses pièces qui pouvaient être occupées à toute heure de la journée. Il n’était pas rare que la jeune blonde laisse un de ses employés au-delà de l’heure d’ouverture en lui faisant confiance pour refermer l’établissement après son départ. Ces derniers n’avaient aucune raison apparente de la trahir. Elle les payait mieux que n’importe quel autre forgeron qui les auraient embauchés et était plutôt généreuse sur leurs droits à prendre congé. La jeune blonde avait même sorti certains d’entre eux de la rue.

    « Ca m’est déjà arrivé d’observer les étoiles depuis les toits mais vous avez raison. Jamais depuis mon propre toit. »

    Cela dit, le drakyn semblait accepter sa proposition. Son idée lui plaisait bien que Cyradil était soucieuse du fait qu’il pouvait se mettre en danger inutilement. Par altruisme, elle demanda au contremaitre nain de surveiller la forge en laissant le charpentier exécuter son travail et en l’intimant de n’intervenir que si la situation l’exigeait. La dernière chose que Cyradil voulait était de trouver un macchabée dans sa forge. Quoi qu’il en fut, la jeune forgeronne veilla à faire installer un matelas confortable et un nécessaire de literie pour le charpentier ainsi que divers accessoires tels qu’une lampe à huile ou tout ce que le drakyn aurait besoin dans sa veille de nuit.

    « Oui, je le conçois qu’il doit être bien doué pour grimper jusqu’ici. Ne vous inquiétez pas, j’ai simplement besoin de savoir qui c’est. N’allez pas vous mettre en danger inutilement et franchement, même s’il arrive à dérober quelques marchandises, cela ne plomberait en rien mon commerce. » Assura-t-elle d’un sourire avant de disposer.

    Les nuits suivantes se passèrent relativement bien. Le présupposé voleur ne montra pas le bout de son nez et s’assurait probablement de laisser s’écouler suffisamment de temps avant de retenter son effet. Cependant, ce dernier attendit une nuit sans lune pour reprendre de l’activité, Cyradil s’étant toujours assurée depuis de verser ce qui revenait de droit à Maraad pour ces nuits passées dans les combles. Comme soutenu par le drakyn, le voleur était plutôt agile et semblait escalader la façade à même le mur, utilisant l’escalier de secours comme d’un échafaudage. Ses talents de sabotage n’eurent aucun mal à faire sauter les verrous de la fenêtre qui lui permirent de s’introduire dans la bâtisse.

    La trace laissée auparavant s’expliquait par le fait que, lors de sa première tentative, le voleur s’était montré un peu trop téméraire dans sa tentative d’ouverture et s’était légèrement tailladé la main. Pas suffisamment pour laisser des traces évidentes mais suffisamment pour que le sang qui s’écoulait de sa blessure ne puisse laisser une légère empreinte de sa main sur les murs immaculés et bien entretenus des combles. La bâtisse était suffisamment remplie de caisses pour que le Drakyn puisse se cacher derrière elles sans que le malfaiteur puisse le voir directement. De toute manière, ce dernier semblait bien trop préoccupé par sa besogne pour faire attention à son environnement.

    Après tout, il était passé déjà ici quelques fois et n’avait jamais trouvé personne alors pourquoi aujourd’hui ? Côté physique, il s’agissait d’un homme aux cheveux châtains d’une trentaine d’années. Ses muscles et ses mains calleuses renseignaient sur un métier plutôt physique. Tout de même, Maraad devait bien le dépasser de trois ou quatre têtes. D’un pas assuré, il s’avança jusqu’à une caisse déjà entamé par de précédents passages et commença un travail minutieux d’ouverture. Les verrous avaient déjà cédés et il ne lui restait plus qu’à ouvrir le couvercle par-dessus afin de récolter le contenu. Cyradil avait d’ailleurs délibérément laissé cette dernière dans son état afin de ne pas éveillé les soupçons du voleur. C’est que ce dernier avait bien visité les lieux et savait que le toit était très rarement visité par la propriétaire et encore moins par ses employés. Il ne restait plus qu’au drakyn d’agir désormais.
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  • Mer 16 Nov - 22:31
    Se mettre en danger inutilement… Même s’il n’avait aucunement l’idée d’en parler, Maraad ne s’inquiétait pas le moins du monde à ce propos. D’un point de vue extérieur, il paraissait peu sûr de lui, un peu comme s’il avait accepté cette tâche sans trop y réfléchir, un simple « oui » sans en mesurer les conséquences. La vérité était tout autre, le Drakyn ne craignait aucune mauvaise rencontre, il préférait simplement les éviter afin de ne pas avoir à intervenir. Maraad n’avait aucune envie de commettre un drame dans les combles, il comptait simplement filer une bonne frousse au voleur, jouer peut-être un peu des coudes si nécessaire, mais rien de plus. Il n’aurait même pas besoin d’user de ses compétences martiales ou de magie pour l’effrayer, il espérait que son gabarit cumulé à la surprise nocturne soit suffisant pour que le bougre ne tente plus jamais de voler qui que ce soit. Le charpentier se contenta de hocher la tête en réponse à la dernière déclaration de son employeuse, puis celle-ci retourna à ses occupations, terminant l’examen minutieux des lieux.

    ***

    Les jours suivants, Maraad travailla sur la charpente du bâtiment, restaurant les défauts les plus accessibles avant de passer aux tâches plus importantes. À certains moments il allait devoir retirer quelques tuiles, peut-être même démonter deux ou trois choses. Cependant, au vu de son rôle de gardien, il préféra ne pas s’attaquer à des choses trop importantes, car sinon sa présence serait vite remarquée. Le Drakyn avançait à un bon rythme. Durant la journée l’on pouvait le trouver dans les combles et la nuit il restait sur place, guettant la moindre venue ou comportement étrange aux abords de la forge. Comme il ne passait que peu de temps chez lui, Maraad avait pris soin d’emporter avec lui les deux petites statuettes, chaque soir, lorsque le Drakyn était sûr que plus personne ne pouvait l’entendre, il priait pour ceux qu’il avait perdus.

    Les premières nuits s’écoulèrent sans soucis, le charpentier imaginait même que le voleur avait peut-être trouvé une nouvelle cible. Finalement, un soir, alors que celui-ci s'était confortablement installé dans un coin, un léger bruit attira son attention. Malgré son imposante stature, le charpentier était capable de se mouvoir bien plus rapidement et avec une agilité dont personne ne l’aurait cru capable. C’est sans difficulté qu’il se glissa derrière les caisses de marchandises, seul endroit où il pouvait véritablement se cacher.

    La petite fenêtre s’ouvrit dans un léger grincement, une silhouette tout aussi sombre que la nuit se faufila dans les combles, la faible lueur de la lune lui permettait tout juste d'évoluer à tâtons jusqu’aux caisses. Maraad avait pris son rôle très à cœur, si bien qu’il prenait toujours le temps de ranger son matériel, sa présence n’était donc pas facilement détectable, à moins de tomber sur lui directement. La silhouette se dressa finalement près d’une des caisses, le Drakyn pouvait entendre le bois craquer et le couvercle se lever doucement.

    - Je ne ferais pas ça si j’étais toi.

    En un temps record le Drakyn sortit de sa cachette, sa main saisit l’épaule du voleur et il le leva au-dessus du sol sans difficulté, le malheureux eut tout juste le temps de laisser échapper un hoquet de surprise et lâcha aussitôt son outil qui retomba lourdement sur le sol. Arash n’aurait jamais cru croiser quelqu’un dans le toit de la forge, encore moins quelqu’un capable de le porter comme un homme adulte le ferait avec un bambin.

    - Non ! Ne me faites pas de mal… Pitié…

    - Je ne compte pas te faire de mal. Tu n’as rien à faire, voler c’est plutôt mal vu dans cette ville non ?

    Maraad connaissait très bien le fonctionnement de la justice d’Ikusa, le plus souvent expéditive afin de montrer l’exemple. Mieux valait pour le voleur d’être tomber sur Maraad plutôt que sur une patrouille de garde en ronde nocturne, même si le pauvre homme n’en avait certainement pas conscience.

    - Donne-moi une bonne raison de ne pas appeler une patrouille ?

    - Je… S’il vous plaît… Non, je ne peux pas… Je ne voulais pas venir, je ne vole plus…

    - Et pourtant te voilà, explique-toi.

    - Ils ne m’ont pas laissé le choix… j’avais pas le choix je vous jure…

    - Ils ? Qui ?

    - Je… Je ne connais pas leur nom… Ils ont dit que si je n’obéissais pas, ils feraient du mal à ma fille… Je n’avais pas le choix, il fallait que je le fasse…  

    Ces mots résonnèrent dans l’esprit de Maraad, il lâcha sa prise et l’homme retomba sur ses deux jambes en se rattrapant à une des caisses. Il transpirait la peur et ne semblait clairement pas en état de mentir.

    - Ton nom ?

    - A.. Arash… Qu’est-ce que vous allez me faire ?

    - Moi ? Rien. C’est la maîtresse des lieux que tu devras convaincre, pas moi.

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  • Sam 19 Nov - 16:52
    Le lendemain suivant l’incident était un jour où la jeune blonde n’était pas censée se trouver à la forge. L’un de ses employés vint donc la chercher aux urgences dans l’un des établissements des FMR où la jeune femme avait certainement dû passer la nuit pour y soigner des patients. Elle finit donc sa tâche en cours avant de prendre précipitamment congé de ses obligations médicales afin de régler cet incident. Sur les lieux du méfait, la jeune patronne y trouva Maraad qui avait certainement dû garder le pauvre malheureux durant toute la nuit. Après tout, il était difficile de défier un colosse aussi imposant que le drakyn.

    « Et bien. Je ne pensais pas vous revoir de sitôt Arash. Je croyais que vous aviez mis vos sombres affaires de côté et que vous vouliez vous consacrer à votre honnête boulangerie pour vous occuper de votre fille. Je vous ai même aidé à régler l’inscription et à lancer votre commerce. C’est donc comme cela que vous me remerciez ? »

    La jeune blonde n’était pas spécialement énervée. Elle était surtout agacée de voir sa confiance trahie après avoir espéré qu’en faisant un geste, Arash s’en serait montré reconnaissant. Néanmoins, Arash lui présenta quasiment les mêmes arguments qu’il avait formulés auprès de Maraad, atténuant son délit d’un certain degré. Il avait donc été forcé par quelqu’un. Quelqu’un que Cyradil connaissait malheureusement et qui aurait bien fait de disparaitre en même temps que son commerce. Se tournant un instant vers le drakyn, la jeune forgeronne lui témoigna sa reconnaissance.

    « Je vous remercie d’avoir pu identifier le voleur. Cependant, comme vous le voyez, il n’a pas agi en toute conscience. Si nous le remettons aux autorités, je ne crains que la justice punitive du Reike n’ait raison de votre vie. Ils ne laisseront sans doute jamais passer le fait que vous ayez voulu voler un noble sans compter que les forges Ariesvyra subviennent aux armées impériales depuis plusieurs décennies. En essayant de voler ces caisses, c’est l’Empire tout entier que vous avez essayé de voler. »

    Les mots étaient durs mais justes. Le boulanger se décomposa. Si Cyradil mettait sa menace à exécution, nul doute qu’elle aurait les capacités de mettre sa tête au bout d’une pique. Pourtant, la jeune blonde n’en fit rien. Au contraire, elle s’avança vers l’homme, lui tendant la main pour le relever. Certes, il avait volé mais ce qu’elle détestait encore plus que les voleurs c’était ceux qui se cachaient derrière ces derniers pour atteindre leurs objectifs.

    « L’homme que vous avez décrit, reprit-elle. C’est sir Murlton. Enfin, il n’a de sir que le nom, sa famille a sombré dans le chaos il y a quelques années après que leur maison se soit effondrée. Lorsque mon grand-père s’est reconverti en forgeron après ses années de services, les forges Ariesvyra connurent un essor qui fit mettre la clé sous la porte à de nombreux concurrents. Si certains d’entre eux acceptèrent de se rallier à mon père dans une sorte d’alliance, d’autres ne l’entendirent pas de cette oreille et gardèrent une rancœur qui s’est sans doute transmise à travers les générations. Dans le cas des Murlton, ce n’est même pas mon grand-père, ni même mon père qui initia leur déclin final. On raconte que, voyant que leur commerce allait s’écrouler, certains des fils de la famille commencèrent à se disputer la richesse et une grande dissension éclata de laquelle résulta de nombreux morts, chacun des fils ralliant à lui ses bannerets pour couper l’herbe sous le pied  de ses frères. L’un d’entre eux finit sans doute par remporter la victoire mais à un prix relativement élevé. L’or ayant majoritairement servi à la levée de troupes, il ne put reprendre le commerce de son père, trouvant ruines et désolations dans les camps vaincus. Depuis lors, l’on avait plus jamais entendu parler du fils survivant des Murlton jusqu’à…aujourd’hui. »

    « Si seulement j’avais su. Je suis désolé, je n’avais pas le choix. Pitié madame, ne le laissez pas faire du mal à ma fille ! »

    Si Cyradil avait su que les vieux démons de son père et de son grand-père reviendraient la hanter un jour…Naturellement, elle ne pouvait pas laisser le fils des Murlton agir à sa guise et martyriser de pauvres gens par simple vengeance. Posant une main rassurante sur l’épaule du boulanger, la jeune blonde lui sourit chaleureusement.

    « Ne vous inquiétez pas, personne ne fera du mal à votre fille. Je pense qu’il est grand temps de mettre fin à toutes ces années de rancœur. En tant que l’héritière des Ariesvyra, il est de mon devoir de finir ce que mes ancêtres ont commencé. Je livrerai cette crapule de Murlton à la justice pour que jamais plus cette famille ne puisse se relever. Pour l’instant, faites comme si vous étiez toujours en train de me voler. S’il vous contacte, dites que vous êtes proche du but et que personne ne vous a remarqué. Je veux qu’il se sente rassuré au maximum. Nous frapperons au moment venu. »

    Se tournant vers le drakyn qui avait dû suivre la conversation depuis le début, la jeune blonde était désireuse d’entendre son avis sur cette histoire. Il n’était en rien obligé de l’aider mais puisqu’il était un peu mêlé à cette histoire, Cyradil lui laissa le choix d’y participer ou non.
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  • Lun 21 Nov - 10:24
    Maraad avait garder un œil sur le voleur toute la nuit, le Drakyn avait tenté de le questionner à propos des personnes menaçant de s’en prendre à sa fille, mais le bougre n’avait voulu en parlant, préférant voir tout cela avec la propriétaire des lieux. Le charpentier respecta ce choix. Ce ne fut qu’au bout de plusieurs minutes de silence que le voleur s’exprima.

    - J’ai… j’ai déjà fréquenté des Drakyns par le passé, c’est bien la première fois que j’en vois un aussi fort et rapide cela dit…

    - Comme pour les humains, nous n’avons pas tous la même force ni la même agilité.

    - Ouais, mais… Toi… vous c’était différent, je vous ai tout juste vu bouger, et vous m’avez lever avec une facilité…

    Maraad soupira, il n’aimait pas trop discuter et voilà qu’il se retrouvait à passer la nuit avec un voleur pour le moins causant, et il savait très bien comment les choses se déroulaient avec les pipelettes.

    - J’imagine qu’on peut se rendre service mutuellement. Si tu ne parles pas de tes déductions, je t’aiderai avec ta fille.

    - Alors… tu confirmes qu’il y a bien quelque chose ?

    L’insistance du voleur laissa apparaître une part plus sombre du Drakyn, une part de lui qu’il avait enfoui sous le poids des années. D’une voix légèrement plus grave, il déclara finalement.

    - Continue avec tes questions, et je dirais à la propriétaire que tu as glissé du toit en ayant peur, compris ?

    - Eh… Je… Compris…

    - Bien.

    Maraad regretta presque aussitôt d’avoir dû user de menace pour obtenir le silence du voleur. Malheureusement, certaines personnes ne comprenaient pas d’autre chose que la violence et les menaces, pourtant il avait bien tenté d’être clément en proposant son aide. Bien sûr, même s’il apporter son aide, il lui faudrait agir avec une certaine prudence.

    ***

    Le Drakyn ne connaissait pas ce sir Murlton, et la description du personnage ne lui donnait pas vraiment envie d’en apprendre plus. Visiblement, la famille fut victime de conflits, ce qui était souvent le cas pour les familles un peu fortunées. L’ancien capitaine aurait bien aimé pouvoir pénétrer chez ledit Multron en défonçant la porte d’entrée, saisir le bougre et le secouer jusqu’à ce que celui-ci souille ses braies, malheureusement il ne pouvait plus agir comme cela aujourd’hui. Maraad sentit le regard de la blonde se poser sur lui, enfin, il n’en était pas certain, mais du moins elle avait tourné la tête dans sa direction. Le Drakyn se racla la gorge.

    - On ne peut pas simplement le dénoncer à la garde ? Ils devraient être en mesure de régler la situation, enfin je pense… Se pointer chez lui pour lui mettre la tête au carré serait sûrement mal vu.

    Mal vu certes, mais sans aucun doute la méthode la plus efficace, faire pression sur un homme en menaçant son enfant c’était… presque comme le menacer de le laisser glisser sur les toits pour s’assurer son silence. Maraad se dit que finalement il n’était pas meilleur qu’un autre, quand bien même il n’aurait jamais fait de mal à un innocent, mais ça le voleur ne pouvait pas le savoir.

    - Comment voulez-vous agir ?

    Finit-il par demander à son interlocutrice.


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