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  • Dim 7 Mai - 21:29
    Pandemonium
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    Douce soirée de février où la quiétude règne toujours en maître dans le nord du continent loin des guerres et des terres ravagées du sud. La nuit est tombée depuis un moment sur la majestueuse cité elfique. Et comme pour lui rappeler ses jeunes années du temps de l'Académie, Eliëndir n'a pas vu le temps passer. Le nez dans ses recherches, quelques livres empilés sur l'un des pupitres de la bibliothèque de l'école qu'il utilise toujours selon son bon plaisir comme s'il était toujours professeur. Enfin, un professeur le reste toute sa vie n'est-ce pas ? Quand bien même il n'a plus le titre officiel pour exercer dans une salle de classe. Le mage noir connaît assez bien ses anciens collègues et le directeur de l'établissement pour continuer d'arpenter ses couloirs et surtout pour garder le privilège d'avoir accès à la réserve. Là où les élèves n'ont pas le droit de mettre les pieds, là où le personnel entrepose un savoir qui doit absolument rester en dehors de leur portée. Pour leur bien. Comprenez qu'il n'y a pas vraiment de magie interdite à Melorn, les Elfes sont bien plus ouverts d'esprits que leurs homologues Républicains ou Reikois. Alors si un objet ou un ouvrage est stocké dans la réserve de l'Académie de Magie de Melorn, c'est forcément pour une excellente raison.

    Il a eu accès à cette réserve beaucoup trop tôt d'ailleurs, du temps où il était lui-même encore élève. Son père et mentor était professeur à cette époque-là et possédait un double. Alors que peuvent bien faire deux mages noirs d'un savoir aussi secret et mystérieux à l'abri des regards ? Rien de bien enviable ou de très glorieux, malheureusement. De quoi faire éclore quelques mœurs douteuses. Mais là n'est pas vraiment le sujet, je m'égare. Eliëndir a donc passé des heures à se documenter dans la réserve sans avoir été dérangé une seule fois. Le coude sur la table, la paume enfoncée contre sa joue déposée nonchalamment sur sa main, le bellâtre est tout simplement tombé de fatigue. Il ne dort pas très bien ces derniers temps, comme si son retour à la cité elfique avait plus été une source d'angoisse que de réconfort. Peut-être avait-il redouté de revoir son père qui ne s'arrange pas avec l'âge. Ou peut-être simplement de retomber dans un quotidien morne après sa définitive installation sur ses terres. Enfin, il n'a jamais vraiment quitté Melorn mais cette fois-ci, il compte bien y rester un moment. Il a des plans pour la cité elfique, une soif de connaissance à étancher et des ambitions à assouvir.

    Le mage noir se réveille brusquement alors que son visage qui glissait progressivement de sa main endolorie manque de peu de frapper le bureau en bois sur lequel il étudiait avant de s'endormir. C'est pas passé loin. Jetant un rapide coup d'œil autour de lui comme pour s'assurer que personne ne l'a vu. Il lève le menton pour tourner le regard vers l'une des rares fenêtres qui laisse passer un peu de lumière en journée. Constatant avec dépit qu'il fait déjà nuit, il est temps de rentrer. Il pousse la chaise en se redressant, fermant l'ouvrage qu'il était en train de lire en récupérant les quelques livres qu'il a empruntés sur des étagères un peu plus loin. Alors en allant déposer ses livres à leurs places, il entend soudainement un sifflement très lointain, à peine perceptible. Il s'arrête comme figé, tournant légèrement le regard en direction des allées très sombres de cette partie de la bibliothèque où personne ne se rend jamais. Très surprenant. Un voleur ? Non, rien d'aussi idiot. Qui viendrait voler des livres ? Des élèves, évidemment. Bravant le couvre-feu pour s'introduire exactement là où ils ont interdiction de se rendre. Il en sait quelque chose, il était à leurs places quelques siècles auparavant.

    Déposant le dernier de ses livres sur une étagère, le mage noir traverse les rayonnages dans la pénombre comme s'il était parfaitement dans son élément. C'est le cas, littéralement. Et il n'a aucun mal à naviguer dans l'obscurité la plus totale. Il s'approche rapidement et le sifflement se fait de plus en plus précis. Jusqu'à un détour d'une allée où il tombe nez à nez avec Elyon, le vieux concierge de cette partie du bâtiment. Tellement vieux qu'il était déjà en poste quand Eliëndir était élève, il y a plus de trois siècles. Le vieil Elfe écarquille les yeux et ouvre la bouche comme pour pousser un cri de stupeur étouffé, la petite lampe magique de son chariot éclairant légèrement le visage terrifié de son propriétaire qui visiblement ne s'attendait pas à croiser quelqu'un d'autre au vu de la façon qu'il fait gigoter son balai à brosse devant lui comme s'il avait une lance.

    « AAah ! Mais que...- Pro... professeur Eliëndir ?! Ah, c'est vous ! Vous m'avez fait une peur bleue ! Faut pas me faire ça, à mon âge ! »

    Eliëndir n'est pas aussi surpris que son vis-à-vis, il s'attendait bel et bien à tomber sur quelqu'un mais plutôt sur un élève un peu trop aventureux, en l'occurrence cet Elfe là est un peu trop vieux pour ça.

    « Navré de vous avoir surpris mon ami, j'ai entendu du bruit alors j'étais simplement venu vérifier qu'il ne s'agissait pas d'un élève. »

    Le vieil Elfe pose sa main au niveau de son petit cœur fragile le temps de redescendre en pression.

    « Ah, je comprends. Il est tard, professeur. Que faîtes-vous à cette heure-ci ? »

    « Je faisais quelques recherches et puis... je crois que je me suis endormi. Je n'ai pas vu le temps passé. Pardon Elyon, je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Et je ne suis plus vraiment professeur, vous savez ? »

    « Baaah ! Foutaise ! Quelqu'un d'aussi talentueux, c'est une perte importante pour notre école. Vous manquez déjà aux élèves j'en suis sûr ! »

    « Oh ça, j'en doute. Ils ne regrettent certainement pas mes devoirs interminables et les heures de colle. »

    Ricanant sur le coup avant de saluer le concierge d'un geste de la tête, disparaissant à nouveau dans les ombres pour le laisser récurer le sol. Bon, finalement ce n'était pas grand-chose. Quelques étagères plongées dans le noir, au coeur d'une école vide de monde, un véritable décor de roman horrifique. Pas de quoi s'inquiéter pour rien, n'est-ce pas ? Alors très calmement, le mage noir emprunte le chemin inverse pour se diriger vers la sortie. Puis bien plus loin, entre deux étagères pleines à craquer, le mage noir s'arrête subitement. Un parfait silence envahit la pièce, il n'y a pas un bruit. Pas même le sifflement d'Elyon ou le bruit de son balai qui frotte le sol. Eliëndir reste parfaitement immobile pendant quelques longues secondes. Il le sait, au fond de lui. Ses sens sont éveillés. Quelque chose ne va pas.

    « Qui est là ? »

    CENDRES
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  • Lun 8 Mai - 15:09


    Eliëndir se tient debout au milieu des ombres. Le couloir est désertique. Le silence est une chappe de plomb assourdissante, presque étouffante. Nul bruit ne parvient aux oreilles de l’elfe. Pourtant ce n’est pas ce qui devrait manquer dans cette école, entre les rongeurs nuisibles qui parcourent sans cesse les charpentes grinçantes, entre les planches du parquet qui couinent dès lors qu’on appuie à un endroit un peu plus fatigué que les autres, entre les courants d’airs nombreux qui soufflent leurs murmures à travers les étagères de livres, il y a normalement constamment un peu de bruit de fond qui rappelle à quel point l’endroit est vivant. Mais pas maintenant. La bâtisse toute entière a décidé de se taire en cet instant. L’un des plus grands mage noir de Melorn sait que quelque chose ne va pas, il s’est arrêté et son regard osculte les recoins sombres de la longue pièce à la recherche des yeux qui l’observent. Ils sont là quelque part, il le sent. À force de côtoyer les ombres on finit par les connaître, mais ce qui fixe l’elfe depuis les ténèbres n’a rien à voir avec l’obscurité qui règne en dehors, c’est celle qui règne dedans. Au bout du couloir la porte que le professeur avait refermé derrière lui en entrant s’ouvre lentement, les gonds poussent une plainte lugubre en pivotant.

    Les yeux violets de l’elfe se braquent sur la silhouette qui se découpe dans le cadre de la porte au fur et à mesure que celle ci s’écarte. La lumière déjà faible des lustres de la pièce précédente peine à éclairer précisément la forme du concierge et elle n’éclaire pas du tout ni ses vêtements. Pendant un instant, on pourrait croire que le vieil elfe change simplement de salle, en ayant terminé avec celle d’avant, mais lorsque sa voix résonne à nouveau dans les couloirs vides de l’Académie, il est clair que quelque chose ne va pas.

    Quelque chose ne va. Pas. Du. Tout.

    La voix du concierge possède bien le même timbre, elle est reconnaissable, mais il y a quelque chose d’étrange dans la façon dont elle se répercute sur les plafonds voûtés du bâtiment, elle est trop forte pour un vieillard fatigué, elle résonne trop bien, comme dans un lieu de culte. Et surtout…


    “AAah ! Mais que…- Pro… professeur Eliëndir ?!”

    La silhouette ne bouge pas. Elle est parfaitement immobile, trop parfaitement. La forme noire des épaules ne semblent même pas osciller au rythme d’une respiration, la tête parle mais ne paraît pas bouger non plus. Le silence envahissant est à couper au couteau maintenant, perturbé uniquement par la voix caverneuse du concierge qui reprend.

    “AAah ! professeur Eliëndir ?! Faut pas me faire ça, à mon âge ! AAah ! Vous m’avez fait une peur bleue ! Vous m’avez fait une AAah ! Vous Mais que…- Pro… Pro… Pro… AAah ! Faut pas me faire ça, professeur. Quelqu’un d’aussi talentueux.”

    La silhouette de la tête du concierge se scinde soudainement en deux, les parties du crâne se découpent dans le contrejour et s’écartent pour laisser voir à l’intérieur de la tête factice une Sphère d’une couleur noire si saturée que les ténèbres pâlissent en comparaison, le pourtour de la forme surnaturelle se distinguent à la lumière par une aberration chromatique bleutée et orangée qui tressaillent à chaque mouvement de la chose qui n’est pas le concierge.

    ”Vous… avez… talent-… Pro… Professeur Eliëndir.”

    La voix se brise et change complètement, elle devient celle bien plus rauque de ce qui se faisait passer pour le concierge. Une voix évoquant les râles des âmes damnés dans le Royaume des Gardiens. D’un seul coup la silhouette s’agrandit, la masse de chaire informe s’orne de métal de manière complètement archaïque, éclipsant l’organique pour le remplacer par l’acier d’une armure lourde, prenant un peu plus de quelques mètres de plus. De grands bras humains se mettent à pousser en haut des épaulières et le long des failles dans la pièce de cuirasse sur le torse, formant une collerette funeste autour de la Sphère qui trône au milieu à la place de la tête. Le balai que le concierge tenait dans la main s’illumine, non, il devient blanc d’une teinte si pure qu’il semble émettre de la lumière, mais ce n’est pas le cas. Sa forme s’altère pour prendre celle d’une épée à la lame hypnotisante de par son éclat surréaliste.

    Praelia se tient en face de celui qu’elle cherchait depuis quelques jours. Sa voix infernale s'immisce dans son esprit.

    ”Professeur Elïendir... Le Maître des Ombres de Melorn...”


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  • Mer 10 Mai - 1:23
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    Fréquenter la pègre ou plus généralement le monde de la nuit a grandement participé à lui forger un sixième sens, absolument indispensable pour survivre parmi les requins. Eliëndir s'est retrouvé tant de fois dans cette même situation qu'à présent il en connaît la sensation par cœur comme profondément ancré sous sa peau. Ce silence bien trop parfait pour qu'il soit naturel, trahissant l'absence de bruit de fond pourtant habituel et omniprésent en temps normal. Rien. Absolument rien n'arrive jusqu'aux oreilles pointues de cet Elfe dont la vigilance exacerbée lui a sauvé la vie plus d'une fois par le passé. Il ne peut pas les voir malgré son aisance pour se repérer dans le noir complet, mais il peut les sentir. Ces yeux tapis dans la pénombre et qui l'observent silencieusement. Il n'est pas naïf, ils sont là, quelque part autour de lui. Soudain, l'écho d'une poignée qui s'actionne et d'une porte qui s'ouvre attire son attention.

    Dans l'entrebâillement de la porte, il reconnaît facilement la silhouette du concierge qu'il a laissé il y a à peine une ou deux minutes. Eliëndir s'apprêtait à interpeller le vieil Elfe pour savoir s'il avait besoin de quelque chose, mais il n'en fit rien. Notant un comportement très anormal pour ce concierge qu'il connaît assez bien maintenant. Il observe Elyon, ou la chose qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, l'air très perplexe. Les yeux légèrement plissés, les sourcils froncés. Le mage noir pivote calmement sur ses talons pour lui faire face, plusieurs longues secondes s'écoulent avant que sa voix ne résonne à nouveau dans la pièce.

    Quelque chose ne va pas. Ce n'est pas Elyon.

    Sa voix est la même à quelques détails près, la forme sinistre s'exprime étonnement fort ce qui ne lui ressemble pas non plus. Bien sûr, le plus troublant est qu'il vient de réciter exactement la même phrase que précédemment, mot pour mot. Le vieux concierge est parfaitement immobile, autant que peut l'être un cadavre. Pourtant, la silhouette est bien là. Un peu plus loin, debout face à lui. Un frisson parcourt son épiderme quand la voix surgit à nouveau, répétant encore et toujours les mêmes mots par bribes et dans le désordre cette fois. Il y a quelque chose d'angoissant dans la scène qui se déroule sous ses yeux ébahis, quelque chose d'incompréhensible, de contre-nature. Le mage noir penche légèrement la tête sur le côté quand l'engeance démoniaque daigne enfin se montrer sous sa véritable forme ou en tout cas une partie de celle-ci. Si l'ambiance est particulièrement oppressante, elle devient même terrifiante quand le visage du concierge se fend en deux pour faire apparaître une étrange sphère sombre comme la nuit. Ses doutes se sont déjà évaporés depuis un moment mais cela fait enfin office de confirmation. Quelque chose semble s'être emparée du corps du concierge, ou au moins de son apparence. Malheureusement pour lui, il était simplement au mauvais endroit, au mauvais moment.

    Tout ceci n'est qu'une vulgaire absurdité pour l'Elfe qui, à défaut de prendre ses jambes à son coup comme le ferait n'importe quelle personne saine d'esprit, se contente de rester planter là à observer avec une fascination dérangeante la créature se mouvoir, se muer plutôt. Outre cette voix caverneuse à en faire frissonner les plus fragiles rien qu'à l'entendre, la créature lui apparaît enfin sous sa véritable apparence pleine d'insanité. Du métal s'échappe de sa peau qu'elle recouvre entièrement, d'immondes bras jaillissent des interstices de son corps métallique d'une manière bien macabre. Et comme si ça ne suffisait pas, le balai disparaît pour laisser sa place à une épée totalement lavée de toute imperfection. Aucun mot dans aucune des nombreuses langues qu'il connaît ne saurait décrire avec précision ce qu'il a maintenant en face de lui tant c'est une aberration à ses yeux. Une engeance malsaine tirant son existence des abysses insondables du monde. Cette chose, quelle qu'elle soit, n'aurait jamais dû voir le monde et c'est une évidence pour lui. Sa présence est tout simplement une anomalie, une irrégularité perverse et immorale.

    Un monstre né dans les ténèbres.

    Malgré l'intérêt non dissimulé sur le visage d'Eliëndir, car vous l'aurez compris que cet Elfe là n'a rien d'une personne saine et raisonnable, il n'en est pas moins sur ses gardes. La peur qui serait un sentiment tout à fait logique dans cette situation, est totalement absente du comportement d'Eliëndir car le mage noir a une confiance absolue en ses propres capacités. Les yeux rivés sur l'engeance sinistre dont les intentions sont encore bien mystérieuses pour lui. Le Démon ne s'est pas encore montré belliqueux à son encontre et si ça venait à arriver, le mage noir saurait réagir à la seconde près. Il finit par redresser la tête en haussant un sourcil cette fois-ci car cette voix précédemment rauque et retentissante, vient directement s'infiltrer dans son esprit par un procédé qu'il reconnaît bien. Eliëndir se savait relativement célèbre mais il ne savait pas encore qu'il avait des fans parmi les Démons. Peut-être une connaissance d'Halewyn ? Il se demande bien ce qu'iel est devenu depuis le temps, d'ailleurs. Qui sait, on se rend compte à quel point le Sekai est petit quand on l'a parcouru comme lui plusieurs fois en long, en large et en travers.

    Alors le mage noir s'offre quelques instants de réflexion. Le Démon n'a pas répondu à sa question initiale, donc pourquoi devrait-il répondre à la sienne ? Néanmoins, la curiosité de l'ancien professeur est piqué au vif.

    « Ma réputation me précède, je suis flatté. Je désire bien des choses en ce bas-monde mais rien que tu ne puisses m'offrir, je le crains. »

    Le bellâtre s'attarde un moment sur l'épée d'un blanc éclatant que le Démon tient dans sa main. Enfin, dans l'une de ses nombreuses mains plus précisément. En fait, c'est tout cet amas de chair que l'Elfe passe au scan grâce à ses talents de Senseur. Le constat est sans appel. Le mana est omniprésent autour de la créature mais tout particulièrement au niveau de sa lame d'ivoire. C'est d'autant plus troublant qu'il a comme l'impression que c'est bien la présence de cet artefact qui permet au reste du corps de pouvoir bouger à sa guise, comme un pantin finalement. Ce n'est qu'une théorie, difficile de l'affirmer en seulement quelques courtes secondes d'analyses.

    « De toute évidence, tu connais déjà mon identité. Malheureusement, ce n'est pas encore réciproque. Qui es-tu exactement ? Et qu'est-ce que tu me veux ? »

    Pas besoin d'être sorti d'une grande école pour comprendre que l'engeance en a clairement après lui. Néanmoins, le Démon n'a pas encore tenté de l'attaquer. Ce qui laisse sous-entendre que le dialogue est donc possible comme entre deux personnes tout à fait civilisées, n'est-ce pas ? Dans l'éventualité où ce ne serait pas le cas, alors Violence vient de faire une grave erreur. Les yeux violets du mage noir se mettent soudainement à virer à un orange éclatant. Son regard est perçant, menaçant. Ses iris ambrés luisent légèrement dans le noir. Bientôt, ce sont les ténèbres elles-mêmes qui se plient à sa silencieuse volonté car s'il ne dit pas un mot, l'attitude d'Eliëndir est impérieuse et autoritaire. Elles répondent à son appel. Les dernières sources de lumière de la pièce disparaissent sans laisser de trace, un fait qui ne dérange aucunement Eliëndir maintenant pleinement plongé dans son élément de prédilection. L'environnement se met à se distordre autour des deux protagonistes et particulièrement autour du mage noir. Les ombres s'animent, des formes rampantes surgissent du sol et du plafond entre les planches de bois qui grincent. Elles glissent sur le sol, sur les murs, sur les étagères remplies. Elles sont partout autour d'eux et nulle part à la fois.

    « Laisse-moi te clarifier la situation. Nous sommes dans l'une des deux écoles de magie les plus réputées du continent et celle-ci ne plaisante pas sur la sécurité. D'autant plus que tu as pris la vie d'un membre du personnel de cette même école. Alors crois-moi, si tu cherches l'affrontement, tu ne sortiras pas d'ici vivant. En ce qui me concerne, j'avoue que tu m'intrigues, Démon. Alors dans ma grande bonté, j'accepte de te laisser le bénéfice du doute. Parle. »

    C'est un avertissement car si le mage noir n'a aucune envie particulière d'engager un affrontement stérile, il fait bien comprendre au Démon qu'ici dans les ténèbres les plus profondes de l'Académie, il s'agit bien de son terrain de jeu favori. Il serait donc vraiment très déraisonnable de pousser le mage noir à user de ... Violence.

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  • Mer 10 Mai - 20:04

    Les ombres s’élèvent, elles dominent l’espace et d’un seul coup, le noir total. Pas même l’éclat lunaire n’est capable de franchir les fenêtres pour éclairer un peu la scène, la lumière est bannie de cet espace figé dans le temps où les deux êtres se dévisagent silencieusement, l’un, une créature née de la pure malignité, l’autre, une personne ayant délibérément choisie de s’engager dans cette voie. Dans ce face à face tendu Violence se régale de la confiance qu’à l’elfe devant sa carrure pourtant plus que déroutante, elle savoure chaque instant de cette rencontre comme un délicieux nectar, le prélude de ce qui va suivre.

    Lorsque le Maître des Ombres admets convoiter bien des choses mais dénigre la capacité du Démon à les lui apporter, celui ci ne réagit pas, la Sphère en haut de Praelia par contre, est parcourue d’un tressaillement dans le noir, déformant ses contours mêlés aux ténèbres comme une flaque d’eau dont on effleure la surface. C’est impossible, le pouvoir, quel que soit sa forme, vient à ceux qui sont prêts à tout les sacrifices pour l’obtenir. Quelqu’un comme lui ne devrait pas mentir. L’engeance lugubre s’excite légèrement, et peut-être que cette hausse d’activité est perçue par son interlocuteur car celui ci enchaîne ensuite par une question, et termine par une mise en garde.

    Il est temps de faire connaissance.
    Le jeu est engagé.

    C’est une danse envoûtante qui débute alors, mais elle ne comporte pas de mouvement, ses pas sont des mots suavement placés, ses pirouettes sont les appâts de l’avidité inéluctable des mortels et son tempo est la curiosité qui aura raison du Professeur. Le Démon lit dans la posture de sa cible, dans les informations qu’il tient de lui des souvenirs de Lorindol, dans ceux qu’elle a récupéré du vieux concierge sans importance. Il dresse un portrait. Il tente de mieux comprendre sa proie. Enfin non, son partenaire. Parce qu’Eliëndir n’allait pas exactement être une victime mais plutôt une aide précieusement facilitante dans la quête de la créature malfaisante, et pour le convaincre, il fallait naviguer prudemment sur les eaux noires de sa psychée. Il faut tirer les bonnes ficelles. Violence commence.

    ”Qui suis-je? Tu as déjà la réponse au fond de toi. Je suis ta plus vieille amie Eliëndir. Je suis celle qui t’as donné tout ces pouvoirs, celle qui t’as enseigné toutes ces leçons, je suis celle qui est dans chacune des actions qui ont façonné ce monde.”

    Prenant une pause, Praelia se met à concentrer lentement sa mana dans son corps, toujours sans bouger. La voix lugubre de l’entité se réverbe de plus en plus dans la pièce, avant de se taire brutalement, complétant sa phrase dans l’esprit même de l’elfe.

    ”Les mortels m’ont donné un nom, ils m’appellent…”

    VIOLENCE


    Comme si la réalité avait retenu sa respiration jusqu’à présent, une fenêtre claque quelque part, et le vent se met à souffler dans les couloirs, un léger courant d’air. Quelque chose qui paraîtrait normalement anodin s’il ne relevait pas l’absence totale de bruits ambiants ou l’immobilisme pesant qui règne autour d’eux depuis maintenant quelques minutes. La vie commence lentement à reprendre son cours, le bois de la charpente se fait entendre dans la nuit, les loirs qui grouillent le long des poutres porteuses laissent à nouveau leurs petites pattes émettre les grattements caractéristique de leur trotte pressée.

    ”J’ai un autre nom, mais il ne fait pas de sens de le prononcer avec des sons. Voilà pour répondre à ta première question.”

    Violence admire tout de même l’étendue des pouvoirs qu’Eliëndir déploie dans un simple étalage de puissance, rien qu’un ultimatum, mais c’est déjà enivrant. Elle a besoin de ses connaissances, mais il se pourrait bien que son corps se révèle également fortement intéressant. Décidément Melorn est remplie d’individus fortement uniques, et utiles.

    ”Et tu te trompes Professeur, je n’ai encore tué personne ici, ce serait… indélicat. Je suis venue te trouver car j'ai besoin de toi, je serai mal avisée de t'affronter ou de faire du mal à tes proches.”

    L’armure grince alors qu’elle se met enfin en mouvement les bras ne bougent pas, toujours figés dans cet espèce d’arrêt parfait, comme rivé d’un seul tenant au torse de l’armure géante, mais la jambe droite de la cuirasse se soulève du sol et fait un pas d’une lenteur atroce vers le mage noir. Lorsque le pieds de métal se repose enfin sur le bois, le Démon reprends:

    ”Il y a un savoir perdu que j’ai besoin de retrouver. C’est là, quelque part sous Melorn, mais je ne sais pas où le trouver, donc je viens quérir ton aide Maître des Ombres. Un savoir qui concerne les forces obscures et les plus primordiales de Sekaï…

    La Sphère se distort soudainement et perds l’espace d’un instant sa forme régulière de cercle parfait, se déformant en une myriade de stries horizontales noirâtres. Lorsqu’elle récupère sa forme initiale, l’armure recommence à faire un pas en avant, mais son pieds n’atteint jamais le sol, Praelia disparaît totalement. Plus d’épée, plus d’armure, plus rien. Derrière Eliëndir, à quelques centimètres de son oreille, une voix dépourvue de souffle murmure:

    ...les Démons du Compendium.”
    Invité
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  • Ven 12 Mai - 20:24
    Pandemonium
    Feat Violence
    Au milieu de cet échange de formalités, la tension est étouffante entre les protagonistes. Et si elle n'est pas encore à son paroxysme, alors elle n'en est plus très loin maintenant. Au sein des ténèbres insondables qu'aucune lumière, pas même la sainte lueur de la lune, n'est autorisée à traverser. Le Maître des Ombres cherche encore à définir les intentions du Démon. Il a l'habitude de lire dans les gestes et dans les émotions de ses interlocuteurs, c'est un de ses nombreux talents qui en l'occurrence s'avère totalement inefficace avec Violence. Eliëndir s'attarde sur les tressaillements que semble émettre la sphère sombre qui lui sert de tête, la seule réaction qu'aura le Démon pour le moment et c'est difficile d'en faire une quelconque conclusion. Presque immobile l'un comme l'autre, ils se jaugent mutuellement pendant quelques longues secondes. Eliëndir prend en compte la distance qui le sépare de son vis-à-vis, sa taille et sa masse corporelle sont autant de données qui lui permettent de se faire une idée sur la vitesse et la force de la créature. Il sait donc plus ou moins le temps qu'il a devant lui pour réagir si la situation s'envenime. Eliëndir est un homme précautionneux, qui s'adapte en toute circonstance.

    L'Elfe écoute la créature de manière presque impassible, toujours à l'affût de la moindre de ses réactions et celle-ci ne se fera pas attendre. Elle n'est pas physique mais ses talents de Senseur lui permettent de sentir le mana qui se canalise autour du Démon. Sa voix se fait de nouveau plus lourde et réapparait directement dans sa tête. Eliëndir ne ressent pas la peur car son égo le lui interdit mais le corps du mage noir réagit sans son accord alors qu'un frisson, une secousse vient contracter ses muscles. Trahissant sa confiance absolue, juste le temps d'une seconde. Le goût des mises en scènes théâtrales, voilà quelque chose qu'Eliëndir apprécie tout particulièrement. C'est un point commun que les deux protagonistes partagent assez aisément et la présentation du Démon n'est pas sans faire son petit effet.

    Une porte claque en arrière-plan, plutôt une fenêtre à cause d'un soudain courant d'air qui passe au milieu de la très grande bibliothèque vide de monde à cette heure-ci. Un bruit sourd qui vient rappeler aux protagonistes toujours enfermés dans ce voile obscur et opaque, que le temps ne s'est pas arrêté pour autant. La pression imposée par les deux serviteurs du Mal, ne faiblit pas un seul instant. Tout comme il est toujours attentif aux vils paroles de son interlocuteur qui lui font comprendre qu'il a besoin de lui pour... quelque chose. Eliëndir s'en doutait déjà mais Violence lui confirme assez simplement que c'est bien lui que le Démon cherchait. Reste à savoir pourquoi ? Pour qu'un monstre dénommé Violence ne s'en soit pas encore pris à lui, c'est qu'il doit avoir une très bonne raison. La participation d'Eliëndir est sûrement essentielle pour ses plans et c'est une information très importante dans les mains du mage noir qui compte bien s'en servir dans son intérêt personnel.

    Les yeux rivés sur cette jambe qui se met enfin à bouger presque machinalement en retombant lourdement sur le sol pour faire un simple pas. La suite attire encore un peu plus son attention sur cette troublante rencontre. Un savoir perdu, des forces obscures. Des mots doux pour un Elfe aussi ambitieux, déposés aux creux de son oreille. Ce Démon sait comment lui parler, c'est une certitude. Mais ici, au sein de la cité elfique ou plus précisément sous sa surface ? Eliëndir est perplexe. Un savoir millénaire et occulte enfoui juste devant ses yeux depuis tout ce temps ? Il en aurait sûrement entendu parler et si ce n'est pas lui, alors son père doit être au courant de quelque chose. Peut-être est-ce le cas d'ailleurs, en y réfléchissant bien ça lui ressemble complètement. Alors c'est un secret que Aradhel a gardé très jalousement au point de ne pas en parler à Eliëndir. Bien sûr, ça ne reste qu'une supposition mais ça vaut la peine de mener l'enquête.

    Dire qu'Eliëndir a déjà de l'expérience avec les congénères de Violence serait assez présomptueux de sa part bien que pas totalement faux, les Démons sont d'une rareté sans nom et le commun des mortels pense certainement qu'ils ne sont présents que dans les histoires pour enfants. Il se souvient très bien d'Halewyn mais encore une fois, iel n'avait rien à voir en comparaison de cette "chose" qu'il a devant lui. Alors c'est assez nouveau pour Eliëndir, en un sens. Violence est singulier, il est ... spécial. Si ce n'était pas le cas, la conversation se serait arrêtée il y a longtemps. Les yeux plissés, il reporte à nouveau son attention sur la Sphère qui réagit d'une bien étrange façon. Il n'a encore jamais vu une telle entité et c'est pour lui une chance que de pouvoir l'étudier. Au moins l'observer pendant qu'il en est capable parce que bientôt, le Démon fait un second pas en avant mais cette fois son pied n'atterrit pas sur le sol. Il disparaît, aussi simplement que ça et réapparait quelque part dans son dos pour le prendre par surprise.

    C'est en tout cas ce qu'il pense.

    Quand Violence se rapproche brusquement de l'Elfe, il se rend compte qu'il a été floué. Ce qu'il pensait être l'extravagant Eliëndir n'était finalement qu'une image rémanente qui lui donnait l'impression que le mage noir n'avait pas bougé dans le noir. Depuis quand ? Le début, évidemment. Depuis que l'Elfe a déployé toutes les capacités de son pouvoir autour d'eux. Il ne s'est pas attaqué physiquement à Violence, ça ne veut pas dire qu'il est resté là les bras ballants. C'est bien mal le connaître. En fait, c'est à ce moment-là que Violence put faire le constat sidérant que ses sens sont complètement brouillés à l'intérieur du voile. La vue, l'ouïe et même son odorat ne fonctionnent plus comme ils le devraient car dans cet amas sombre complètement submergé par les ténèbres, ce que le Démon pense être la réalité n'est qu'une création fabriquée de toute pièce par le Maître des Ombres lui-même. Violence croit ce qu'Eliëndir veut qu'il croit. Et maintenant qu'il en a pleinement conscience, c'est déjà trop tard.

    « Ah, vraiment ? Tu m'as l'air bien sûr de toi, Démon. Et qu'est-ce qui te fait croire que je vais t'aider dans ta quête ? »

    La voix est forte et résonnante comme dans une large pièce complètement vide. Elle n'est pas directement présente dans l'esprit du Démon, la voix de l'Elfe est là quelque part. Où exactement ? Difficile à dire, son timbre de voix semble provenir de toutes les directions. Quelques mètres devant lui, quelques mètres derrière lui. Sur sa gauche, perché sur une étagère remplie de livres. Non, plutôt sur sa droite près d'une table qu'utilisent les élèves pour leurs recherches. Eliëndir est partout et si Violence s'avère être un Senseur, il pourra se rendre compte que le mana du mage noir est omniprésent autour de lui, dans les ténèbres. Il pourra sentir plusieurs signatures magiques, semblables à celle d'Eliëndir. Certaines plus fortes que d'autres mais encore une fois, difficile de dénicher sa position avec exactitude.

    « Admettons que je puisse t'aider comme tu le penses. Qu'est-ce que j'y gagne de mon côté ? Parle-moi de ces "Démons du Compendium", je jugerai moi-même de l'importance de tes recherches. »

    Le silence retombe et les seuls bruits qu'il peut à nouveau entendre en dehors du courant d'air et de la charpente qui grince, ce sont les ombres invisibles tout autour de lui qui se rapprochent lentement de leur proie. Encore et encore. Elles sont invisibles, elles se fondent parfaitement dans cette ambiance malsaine et pourtant, elles sont bien là. Violence pourrait presque les entendre grouiller à ses pieds, les sentir grimper le long de ses jambes en essayant de s'infiltrer dans sa carcasse difforme. Est-ce vraiment le cas ou n'est-ce qu'un tour de passe-passe d'Eliëndir pour tromper à nouveau le Démon ?

    Qui sait. En attendant, Eliëndir est toujours dans l'attente d'une réponse satisfaisante.

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  • Dim 14 Mai - 0:38
    L’Eliëndir qui se tient devant Violence et lui tourne le dos a quelque chose d’étrange, maintenant qu’elle en est toute proche le Démon s’en rends compte, la manière dont la mana circule à l’intérieur du corps ne fait pas de sens. La Sphère s’agite, les contours du corps deviennent flous, comme enveloppés dans un linceul brumeux et obscure. Soudain elle se rend compte de ce qui se passe, ou plutôt, le mage noir lui permet de s’en rendre compte, ce corps est factice, ce n’est pas Eliëndir mais juste une vulgaire copie fabriquée à partir des ombres de la pièce, impossible de distinguer réellement la différence dans un noir aussi palpable. Praelia brandit soudainement son bras pour transpercer l’illusion de sa main gantée, envoyant des volutes de ténèbres virevolter dans les airs en suivant ses mouvements comme de la fumée. La main géante écrase l’air, échouant à rencontrer quoi que ce soit de solide tandis que la voix du Professeur lui parvient, son origine est cryptique, semblant venir de partout et nul part à la fois, mais elle est bien physique, c’est une sensation étrange, un peu similaire à la voix caverneuse et résonnante de l’entité démoniaque mais encore différent. La créature n’est pas en position de force face à un maître de cette puissance et elle le sait, mais qu’importe ses pouvoirs, son existence même n’est pas en danger, cette force indomptable qui s’oppose à elle est un obstacle à ses desseins. Pour le moment.

    Serrant le poing de frustration, Violence redresse le corps de Praelia, la Multitude se déploit en une auréole funeste et les bras avides se tendent pour espérer attraper quelque chose à déchirer, cherchant à extérioriser la rage qui bouillonne au fond de leur porteuse. Un cri télépathique retentit à ceux qui veulent l’entendre, c’est un hurlement bestial de colère, mais pas de haine, simplement, de colère. Écrasant son poing pour balayer ce qui reste de l’image rémanente de ténèbre, Violence reste un moment le genou posé à terre, le poing à moitié enfoncé dans le plancher. Elle sait qu’elle ne pourra pas désormais pas convaincre son interlocuteur par elle-même, elle va devoir planter une graine et attendre qu’elle germe, mais malheureusement elle ne peut ni se payer le luxe de gaspiller son temps à Melorn, ni souffrir les moments éternisant d’attente insupportable. C’est infernal pour elle. Et pourtant vu comment tourne la conversation elle va devoir s’y résigner.

    ”Tu te trompes Maître des Ombres. Je ne crois pas que tu vas m’aider, je crois que tu t’aideras toi-même. Tout cela attise ton intérêt, c'est pour ça que tu m'accordes encore audience.”

    Elle le sait, il a fait l’erreur de lui avouer plus tôt qu’elle l’intriguait, et quelqu’un comme lui, qui s’amuse à collectionner les savoirs ésotériques et pratiquer des magies à l’alignement obscure, quelqu'un comme lui possède la fascination morbide pour l’interdit. Maintenant qu’elle a agité la sucette sous son nez, il lui sera bientôt impossible de résister à la curiosité, et une fois qu’il sera devenu son propre ennemi, elle pourra avoir un bras de levier sur lui, une fois seulement qu’il aura cédé. Pour l’instant…

    ”C’est justement parce que je n’en sais pas plus moi-même que je viens voir celui le plus à même d’avoir ces connaissances, je sais que c’est là, quelque part, je ne sais pas où chercher mais je sais ce que je cherche, lorsque je le trouverai.”

    Inutile d’en dire plus, elle avait vu avec Nineveh la présence d’une influence néfaste sur la faune du qanat de Melorn. Elle savait qu’elle avait raison, que ce qu’elle cherchait existait réellement, si Eliëndir souhaitait partir seul à la recherche du Compendium alors soit, mais il se heurterait à un petit problème. Quand Violence avait vu dans les souvenirs de l’Attrape-rêve qui lui avaient montré l’existence du Compendium, elle avait vu un endroit vieux comme le monde, plusieurs dizaine de millénaires, voir plus. Comment les mortels en tout ce temps n’ont-ils pas déjà percé les mystères de cet endroit? Nineveh n’avait pas l’air d’être au courant, et pourtant elle connaissait Melorn comme sa poche, Lorindol connaissait bien la ville aussi, surtout pour ce qui était des quartiers sombres, aucun des deux n’avait eu vent de l’existence d’une salle ou d’un dédale souterrain s’approchant de ce que Violence avait pu voir dans l’artéfact. Les suppositions du Démon étaient simples, ou bien l’endroit n’existait plus et alors il n’était plus accessible normalement, auquel cas elle saurait repérer le lieux avec sa magie, ou alors l’endroit existait, mais quelque chose le rendait introuvable pour de simples mortels. Si Eliëndir lui-même n’avait visiblement pas non plus entendu parlé de ce lieu, c’est que la réalité se situait quelque part entre ces deux théories.

    ”Cherches en une trace. Et si jamais tu viens à changer d’avis, un acte de cruauté pur, et je saurai te trouver.”

    D’un geste ferme, Praelia plante le corps même de Violence dans le plancher déjà défoncé du couloir ténébreux, et la forme titanesque disparaît lentement, se dissolvant dans une myriade de cendres qui suivent le courant d’air ambiant. L’armure se désintègre ainsi lentement en commençant par les jambes, la Multitude, la Sphère se dissipe simplement en regagnant les ombres, puis le torse, pour finir par le bras gauche qui tenait la Lame Famélique radieuse. Seul reliquat demeurant de la présence démoniaque dont la voix résonne une ultime fois, avant de s’effacer comme un mirage.

    ”J’ouvrirai le Compendium Daemonum, Eliëndir. Avec, ou sans toi.”

    Puis plus rien.
    Le silence.
    La solitude.
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  • Mar 16 Mai - 22:43
    Pandemonium
    Feat Violence
    Son petit subterfuge semble avoir fait son effet. Pour quelqu'un qui disait ne pas vouloir s'en prendre à lui, Violence se montre un peu trop agacé de ne pas avoir réussi à approcher Eliëndir comme il le voulait. L'Elfe n'est pas le seul menteur de cette scène, visiblement. Pourquoi cherche-t-il à combler l'écart qui les séparait alors qu'il est simplement venu quémander son aide ? Pourquoi chercher absolument le contact physique ? Drôle de façon de faire, de toute évidence il a bien fait de se méfier de son vis-à-vis qui est aussi perfide qu'il en a l'air. Finalement, ils pourraient bien s'entendre tous les deux. Alors pendant que Violence se défoule dans le vide, l'Elfe en profite pour observer la moindre de ses réactions comme un scientifique devant son sujet d'étude ou un prédateur face à sa proie. La sphère qui lui sert de tête est de loin la partie de son "corps" la plus expressive bien qu'il ait encore du mal à tout décrypter. Ce qui est beaucoup plus simple à comprendre est bien sûr son agacement grandissant et son cri de colère qu'il lui transmet par télépathie.

    « Voyons, un peu de tenue. Il ne faut pas se mettre dans cet état. »

    Violence n'est visiblement pas très patient. Néanmoins, il a raison sur un point. Eliëndir est intrigué mais il ne s'en cache pas le moins du monde. Toutefois, c'est un peu présomptueux de la part du Démon de croire qu'Eliëndir a fondamentalement besoin d'accéder à ses demandes, c'est franchement le sous-estimé. Il vivait très bien sans l'intervention de cette engeance démoniaque, il serait bon que Violence n'oublie pas qui a le plus besoin de l'autre dans cette histoire. Surtout après cette large démonstration de sa frustration, le constat étant que Violence n'a rien du partenaire de recherche idéal. Bien sûr qu'il compte faire quelques recherches sur ce "Compendium" maintenant qu'il en a entendu parler. A-t-il besoin de Violence pour ça ? Rien n'est moins sûr pour le moment. En réalité, Violence n'est pas plus avancé que lui. Il ne sait pas où chercher et il ne sait pas non plus ce qu'il cherche avec exactitude. La différence étant qu'Eliëndir sait où et comment poursuivre les recherches de l'épée famélique, il n'est pas sûr d'avoir des résultats mais au moins il a une piste.

    Le mage noir est brusquement coupé dans sa réflexion alors que l'épée se plante dans le sol de l'académie. Il ne lui faut pas plus de quelques secondes pour se mettre à disparaître progressivement de la vue d'Eliëndir. Voilà qui est dommage, l'Elfe avait encore quelques questions. Le Compendium est un sujet tout à fait intriguant mais encore une fois, Violence ne s'appelle pas Patience. Ni Courage, d'ailleurs. Le Démon a préféré disparaître aux premières difficultés en laissant l'ambassadeur de Melorn seul avec ses idées et ses interrogations.

    Le silence.
    La solitude.
    Un sourire.

    Voilà une bien merveilleuse rencontre. Terrifiante mais fascinante. Décidément, Eliëndir attire inévitablement les reclus de la société et les êtres d'exceptions même quand il ne les cherche pas lui-même. Il est possible que Violence appartienne aux deux catégories ce qui le rend encore un peu plus spécial à ses yeux. Néanmoins, cette créature est dangereuse. Il suffit d'un simple coup d'œil pour s'en rendre compte, c'est une évidence. Eliëndir ne fait pas de généralité entre les membres d'une même race, d'ailleurs il apprécie sincèrement Halewyn et en comparaison, Violence est véritablement maléfique aucun doute là-dessus. Il suinte la colère dans son état le plus primitif. Dans le meilleur des cas, il préférerait faire sans Violence. Il n'a aucune envie de gérer un être potentiellement incontrôlable mais il redoute d'avance de devoir traiter à nouveau avec l'engeance pour trouver le Compendium, si cet endroit ou cet artefact existe vraiment. Malgré ce qu'il vient de lui dire, il est peu probable que Violence trouve ce qu'il cherche sans Eliëndir et l'inverse est tout aussi vrai.

    Le mage noir met quelques secondes à analyser la pièce de fond en comble. La présence de Violence a complètement disparu. Quelques instants d'une simple conversation lui ont permis de se faire une petite idée des quelques capacités du Démon, le début d'un bilan qu'il finira plus tard. Une capacité de métamorphose, de télépathie et évidemment de téléportation. Sans parler de son apparence disgracieuse, ses nombreux bras dotés d'une force suffisante pour faire un trou dans le sol. Littéralement une armure vivante qui en plus, semble être capable de se servir de l'épée qu'il tenait dans une de ses mains bien qu'il n'en ait pas encore fait l'usage. Voilà bien longtemps qu'il ne s'est plus penché sur un être aussi singulier. Alors c'est dans un moment de calme, que les ombres se dispersent soudainement comme une fumée qu'on balaierait d'un geste du poignet sous l'appel silencieux de leur maître. Les ombres rampantes disparaissent sous le parquet, dans l'interstice d'une porte ou entre deux livres soigneusement rangés sur une étagère. La lumière de la lune et des étoiles est de nouveau autorisée à venir illuminer la pièce tout comme les lustres à pierres magiques. Eliëndir est là, assis en hauteur sur le rebord d'une bibliothèque, les jambes croisées et le menton déposé contre sa paume de main. Un fin sourire sur les lèvres qui lui sied à merveille car il a beaucoup apprécié cette courte interaction.

    Elle était très... instructive. C'est le moins que l'on puisse dire. Au moment de se laisser retomber sur le sol, ce sont des marches luisantes d'une couleur pourpre qui apparaissent par magie sous les pieds du mage noir pour lui permettre d'emprunter un petit escalier jusqu'à tranquillement atteindre le parquet grinçant. Il prend une grande inspiration en joignant ses mains dans son dos, songeur l'espace d'un instant. En réalité, il a déjà pris sa décision et il n'a pour le moment, plus rien à faire ici. Il apprendra bien plus tard qu'Elyon le concierge est toujours en vie et qu'il était simplement "convalescent". Honnêtement, ça lui fait ni chaud ni froid mais ça l'aurait personnellement embêté d'être impliqué dans une affaire de meurtre. Pas que ce soit la première fois non plus, mais il n'a jamais été inculpé pour ses précédents méfaits. Un travail soigné, bien évidemment.

    Revenons-en à nos recherches. Eliëndir sait où chercher, en tout cas il le pense. Peu de monde dans la ville ont autant voir plus de connaissance que lui dans l'art de la magie noire, bien sûr son père est dans le haut de la liste. La science et les connaissances au sujet des Démons sont très rares et si le Compendium Daemonum existe bel et bien, alors Aradhel doit savoir quelque chose. Ne serait-ce qu'un infime détail. Une mention quelque part dans ses écrits, dans ses affaires. Un indice qui le mènera sur la bonne voie, autant dire que ses recherches ne vont pas se faire en un clin d'œil. Il ne va pas ouvrir un livre à une page aléatoire et trouver la solution par pure chance, ce serait trop simple. Non, Eliëndir entreprend plusieurs jours de recherches intensives entre la bibliothèque de l'académie et les affaires de son père qu'il fouille en s'introduisant parfaitement illégalement dans son bureau et ses laboratoires secrets. Oui, il en a plusieurs et dans la plupart on peut encore sentir l'odeur morbide de la mort ancrée entre les murs. Conséquence de ses nombreuses expériences parfois contre-nature. C'est dans des notes qu'Aradhal gardait jalousement dans un compartiment secret d'un de ses laboratoires qu'Eliëndir trouve le Saint Graal. Ou plutôt les informations nécessaires pour le trouver.

    Le Compendium n'est pas un objet. C'est une salle millénaire gardée secrète pendant tout ce temps où ses ancêtres Mélornois étudiaient la magie noire et plus précisément les Démons sous toutes leurs formes. Le Compendium a été créé il y a plus de trois cent mille ans, à une époque où les Titans étaient encore maîtres de ce monde. Ce n'est un secret pour personne que les Elfes ont toujours été les ennemis des Dieux, autant que les Démons d'ailleurs. Alors, ils ont cherché le moyen de combattre le feu par le feu pour mettre fin au règne de terreur des Titans. C'est assez brouillon, mais Eliëndir comprend qu'il est question d'expériences et de sacrifices dans l'unique but d'invoquer et de fabriquer des armes assez puissantes pour tuer un Dieu. Invoquer des Démons, potentiellement faire un pacte avec ceux-là. Même pour Eliëndir très friand de savoir ésotérique, c'est vraiment une idée à chier et il fallait être vraiment désespéré pour en arriver là. Ses ancêtres l'étaient sûrement, les Titans étaient invincibles ou presque et personne ne pouvait contester leurs autorités. C'est une époque qu'Eliëndir n'a pas connue et par conséquent, qu'il ne peut pas comprendre.

    Au final, le pourquoi du comment ne l'intéresse pas vraiment. Et savoir que les expériences de ses ancêtres n'ont pas été très concluantes ne va pas l'arrêter pour autant. Cet endroit existe, c'est un fait et il compte bien mettre la main dessus dans son intérêt personnel. Il est question de catacombes enfouies profondément sous la ville, d'un chemin secret qui était connu que des fondateurs du Compendium et bien sûr, un puissant enchantement empêchant n'importe quel petit curieux de trouver le lieu et d'entrer dans la salle. Parfait, alors il n'y a plus qu'à se mettre en route. Mais avant, que fait-il ? Il prend grand soin de brûler les notes qui mentionnent le Compendium et comment s'y rendre. Ces précieuses informations sont maintenant gravées au fer rouge dans sa mémoire et personne d'autres ne doit entendre parler de cet endroit. Eliëndir est maintenant le seul à pouvoir s'y rendre, petit malin aux grandes oreilles.

    Non, Eliëndir n'est pas très partageur et c'est d'ailleurs pour ça qu'il va d'abord tenter de s'y rendre tout seul. Pourquoi devrait-il prévenir Violence alors qu'il n'a pas besoin de lui ? C'est en tout cas ce qu'il pense, pour le moment. Ça aussi, ce serait trop simple et il va bientôt s'en rendre compte. Les informations sont précises car son père avant lui avait fait des recherches sur le Compendium. En fait, Aradhel l'avait littéralement trouvé. Du moins, l'entrée de cette salle maudite. Ce qu'il n'avait pas mentionné, c'est qu'il n'a pas trouvé la clé. Au bout d'un long périple dans les catacombes de la ville, Eliëndir a lui aussi trouvé la porte du Compendium Daemonum. Une gigantesque porte en pierre blanche lui barre la route et il n'a pour seule indication, que des écritures presque illisibles à cause du temps, gravées à même la porte. Il y reconnaît du Divina. De toutes les langues connues dans le monde, il fallait qu'il s'agisse de la seule langue avec laquelle il n'est pas familier, comme de par hasard. Non, c'était trop compliqué pour ses ancêtres ELFES d'écrire en ELFIQUE n'est-ce pas ?

    La désillusion est assez forte mais honnêtement, il savait déjà que si Aradhel n'avait pas réussi à entrer alors il ne pourrait sûrement pas non plus. Il n'est pas vraiment là pour ça mais bien pour comprendre et chercher la solution. En fait, il n'est plus simplement question de curiosité malsaine mais bien d'égo. Il doit entrer ne serait-ce que pour faire mieux que son père, pour se prouver à lui-même qu'il lui est supérieur. Eliëndir va réussir où Aradhel a échoué. C'est une promesse mais pour le moment, retour au boulot parce qu'il va devoir étudier le Divina et il va se rendre compte qu'à quel point c'est une langue merdique, ce n'est pas pour rien que c'est une langue morte à présent. Passons les détails et le temps des recherches mais concrètement, il s'agit d'énigmes ou d'indications plus ou moins claires qui cherchent évidemment à dissuader les candidats mal intentionnés d'acquérir un savoir trop dangereux s’il tombe entre de mauvaises mains. Voyons, Eliëndir est plein de bonnes idées c'est bien connu. Il se met donc à déchiffrer la plupart des écrits et certaines font mention d'un don du sang. Un grand classique, qu'on se le dise. Mais celui-ci est un peu particulier car il sous-entend que pour ouvrir la porte, il faut obligatoire le sang d'un Démon.

    La voilà. La raison du pourquoi Aradhel n'a jamais pu entrer à l'intérieur, il n'a jamais pu s'attacher les services d'un Démon. Tout le monde n'a pas la chance d'en côtoyer régulièrement mais Eliëndir a toujours été très chanceux dans la vie. Bon, il aurait certainement préféré faire appel à Halewyn mais il n'a aucune idée de comment retrouver la succube, d'ailleurs il ne sait même pas si iel est encore en vie. Le mage noir n'a aucune envie d'attendre des années avant de pouvoir satisfaire sa soif insatiable de savoir. Violence fera très bien l'affaire, si les deux protagonistes arrivent enfin à s'entendre ce qui n'est pas encore fait. Il va falloir mettre au clair la situation et poser quelques conditions importantes. Cela commence par attirer Violence jusqu'à lui. Un acte de cruauté pur donc, aussi simplement que ça ? Ainsi soit-il.

    C'est au sein même des catacombes, dans une vaste succursale vide à peine éclairée par quelques torches qu'Eliëndir attend patiemment que son (peut-être) futur partenaire mord à l'hameçon. L'Elfe est seul mais ce serait bien le sous-estimé à nouveau que de croire qu'il n'a pas de plan de secours au cas où Violence se montrerait à nouveau un peu trop entreprenant. Enfin seul, pas vraiment. Il y a une autre personne avec lui, un homme pendu par les mains et par les pieds au milieu de la salle et solidement attaché par de vieilles cordes. En réalité, c'est à peine s'il est encore vivant. Son corps est lacéré de toute part et il lui manque certainement quelques doigts et orteils. Plus glauque encore, sa langue a été tranchée et ses globes oculaires ont été arrachés. Une oeuvre d'art dont Eliëndir n'est pas peu fier. Comment est-il encore en vie ? Eliëndir y veille en entrant dans son esprit pour le tourmenter de l'intérieur car sa douleur n'est pas que physique, croyez-le bien. S'il pouvait encore le faire, il supplierait sûrement qu'on abrège ses souffrances. Qu'est-ce que cette pauvre âme damnée à fait pour mériter ça ? C'est un châtiment juste pour quiconque s'oppose à Eliëndir et plus précisément pour les traîtres. Son identité importe peu en réalité, il s'agit là simplement d'un sacrifice nécessaire pour appâter Violence.

    « J'ai failli croire que tu ne viendrais jamais. J'espère que ton séjour à Melorn te plaît. Il faut qu'on parle. »

    De sombres échos arrivent à fines oreilles, comme des murmures fantomatiques et inaudibles. Les mains jointes dans son dos, l'Elfe pivote sur ses talons en sentant soudainement la présence du Démon entrer dans le périmètre surveillé par ses ombres.

    Le jeu peut reprendre.

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  • Dim 21 Mai - 21:40


    Pendant plusieurs jours à la suite de cette rencontre plus qu’intéressante, Violence campe non loin de l’elfe, elle sait se montrer discrète, épiant les mouvements de loin. Tantôt perchée sur le toit de l’Académie, tantôt postée dans un interstice de deux maisons qui donnent sur l’allée vers la demeure du Maître des Ombres. Elle se fiche de savoir ce qu’il fait, elle n’a pas besoin d’un visuel. Elle attend simplement que la curiosité le dévore de l’intérieur et qu’il cède à l’appât, qu’il lui montre où se cache le Compendium, ou du moins qu’il lui donne une preuve qu’il existe réellement et que les souvenirs de l’Attrape-Rêve ne sont pas purement fabriqués. Il va lui falloir être patiente. Elle le suit de très loin dans ses déplacements, se contentant simplement de rester à une distance suffisante pour pouvoir ressentir l’appel de la cruauté s’il venait à se manifester, et inévitablement, ça ne rate pas, au bout de quelques jours alors qu’elle repose sur les tuiles qui ornent la toiture d’une crypte, le Démon de la Guerre ressent des complaintes, c’est une saveur particulièrement forte et distincte, venant d’en bas. L’épée se laisse tomber de la toiture en faisant pousser une paire de bras de la Multitude pour se faire glisser, elle tombe par terre avec fracas après une petite chute, et les mains humaines qui s’extrudent de la Lame Famélique trottent comme un animal étrange, une aberration de la nature, à l’intérieur du bâtiment. Les suppliques silencieuses s’amplifient, c’est comme un fumet porté par l’air, l’équivalent d’un odorat pour l’abomination, elle ne peut pas la tracer avec précision mais seulement repérer la direction générale et un sens global de proximité. Les mains parcourent le sol, ouvrent les portes, l’épée rampe par terre comme un insecte maléfique et se faufile dans les couloirs des catacombes de Melorn, se frayant un chemin pour suivre ce qui la happe. La souffrance est insoutenable et le signal est de plus en plus goûtu, au fur et à mesure que Violence progresse, ses sens sont excités par la qualité de cette exécution et elle décide de ressortir Praelia, équipant la lame d’un porteur colossal d’acier et de chair, matérialisant la Sphère de pure essence et s’approchant toujours plus de la source de “l’odeur”, jusqu’à ce qu’elle parvienne au détour d’un couloir légèrement moins sombre que le reste du dédale souterrain. Là, l’armure géante se fige un instant, comme un chasseur qui marque un arrêt pour humer l’air. La Sphère revêt sa senseur magique et observe les environs, elle est arrivée. Les ombres sont chargées d’effluves anormales de mana, ce n’est pas la magie ambiante naturelle de Sekaï mais la même manipulation illusoire qu’elle avait subit à l’Académie. Du moins ça y ressemble, elle ne pourrait pas l’identifier si elle le voulait mais l’avoir déjà subit une première fois aidait grandement à le reconnaître, mais qu’importe. Elle ne se souciait pas d’Eliëndir, non pas qu’il ne représentait pas un danger pour elle, au contraire s’il y avait bien une personne dans tout Melorn capable de la sceller ou de l’endiguer ce serait très probablement lui, mais parce qu’en dépit de son statut de mortel, elle ne le considère dans l’instant pas comme une cible, et il devrait donc tout naturellement en être de même pour lui d’après le raisonnement juvénile du Démon. Après cette seconde de pause, elle se remet en route.

    Approchant donc du détour, les pas hâtifs de Praelia se font entendre contre la pierre creusée des couloirs sinueux, la Sphère se penche et remarque une porte ouvragée dans la paroi et de laquelle se répand une lumière tremblotante de quelques flammes timides. C’est une invitation, littéralement. Alors que l’armure géante parvient enfin à hauteur de l’ouverture, les mains avides de la Multitude attrapent le cadre de la porte, dévoilant à Eliëndir la foule de doigts qui tentent de se frayer un chemin à travers la porte bien trop petite pour celle qui veut entrer dans la salle. Praelia commence à se contorsionner de façon grotesque, griffant le sol de manière affamée pour faire passer la figure imposante dans l’entrée avant d’y parvenir avec difficulté. Au milieu de la pièce, un cadavre est suspendu par ses extrémités, et derrière lui, sa silhouette faiblement éclairée par les éclats dansants des torches disposées dans la salle, Eliëndir est là, manifestant sa satisfaction de la voir arriver, mais aussi son désir de “converser”. Enfin cadavre, pas vraiment. La victime de l’elfe, simple outil de contact pour pouvoir retrouver le Démon, respire encore. D’un seul coup l’attitude de Violence change drastiquement en remarquant ce détail et l’entité fantastique s’approche tout doucement de cette proie, comme un chat qui rase le sol les yeux fixés sur sa prochaine victime, elle s’approche tout doucement du corps exposé… un pas après l’autre… et elle vient se positionner à ses côtés, en attente. La grande armure titanesque de trois mètres et quelques s’agenouille devant le corps, les coudes sur les genoux, les pieds à plat sur le sol et la Sphère s’abaissant à quelques centimètres de la figure mutilée de l’homme. Les bras de la Multitude sont tendus, oscillant légèrement comme s’ils étaient des algues sur le fond d’un lac calme. Eliëndir tente de reprendre la parole mais Violence l’arrête.

    Sssshhhhhhhhhhh.

    Pendant quelques longues minutes, le Démon reste prostré là, semblant attendre quelque chose, rivé dans son immobilisme trop parfait que ça en devient anormal pour une créature d’une aussi grande taille. Même la Sphère, habituellement prompts à de petits sursauts en fonction de l’environnement et de l’humeur du Démon, ne bouge pas, comme si quelqu’un avait découpé un trou aux ciseaux dans la vision de l’elfe.

    Soudain, le moment tant attendu arrive. Les lèvres ensanglantées de l’individu laissent s’échapper un dernier souffle de la simple réaction des poumons qui s’effondrent. Un pet se fait aussi entendre de l’autre côté du corps. Les muscles se relâchent, le fil étiolé de vie restant dans cet homme se brise tandis que son âme s’enfuit en direction du Royaume des Gardiens, et alors qu’il rends son ultime soupir, la main gantelée de Praelia vient se placer au dessus de la tête, fermant le poing, et tendant un index vers le front du cadavre. De fines volutes sombres émanent de l’intérieur du crâne, venant s’amalgamer en un seul point au bout du doigt de métal et en même temps qu’elles s’élèvent, des murmures audibles se font entendre, la voix du défunt résonne une fois de plus contre les murs de la pièce tandis que ses diverses plaintes poussées tantôt pendant sa séance de torture font écho contre la pierre. Une fois que toute cette fine fumée s’est agglutinée, le Démon relève sa main avec une grande précaution. Ce minuscule point noir est l’amoncellement des fragments d’âmes résiduels de la victime, des morceaux brisés par l’intensité des émotions et particulièrement, par celle de la violence, il contient les souvenirs de brutalité des derniers instants de ce malheureux, et tandis que Violence relève sa main en ouvrant sa paume pour accueillir la micro perle d’essence démoniaque, la Sphère se distort abruptement, des sortes de tentacules préhensiles noirâtre percent la surface régulière de l’orbe et s’avancent vers le point pour finalement l’absorber. C’est l’Océan qui vient chercher la Goutte. Un délice. Ces instants de pure cruauté iront se noyer dans l’étendue incommensurable des souvenirs du Démon, une mort de plus dans la liste interminable des damnés, mais celle ci se démarquera des autres par sa brutalité.

    Maintenant que ce qui se trouve devant elle n’est plus qu’un vulgaire tas de viande sans plus d’intérêt, Praelia se redresse du mieux qu’elle le peut dans la salle voûtée et s’adresse enfin à Eliëndir.

    ”Je suppose que tu as fait des progrès de ton côté, mais que tu t’es heurté aux mêmes obstacles que tes prédécesseurs.”

    Se penchant très légèrement en avant pour se rapprocher subrepticement du mage noir, Violence établit:

    ”Je t’écoute.”
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  • Ven 26 Mai - 1:00
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    Flammes crépitantes et ombres dansantes oeuvrent dans une symbiose parfaite au sein de cet environnement anxiogène. Enfermé entre les parois rocheuses des catacombes, ce labyrinthe sinueux et énigmatique habilement dissimulé sous les pieds des Mélornois car si la cité elfique est une ode à la beauté, ici-bas il n'y a que le vide et les ténèbres. Ses coursives s'engouffrent profondément dans le sol tant il est difficile de se faire une idée de la dimension des souterrains, littéralement une ville sous la ville. Melorn, la cité multimillénaire, joyau éternel des terres du nord et dernier souvenir d'Azshary. Certains de ses couloirs datent d'une époque bien trop lointaine pour être contée et à ceux-là s'ajoute un ingénieux système d'égout bien plus récent. Les plans des souterrains ne sont pas complets et lors de ses expéditions pour trouver le Compendium même s'il avait des indications assez précises du chemin à emprunter, Eliëndir s'est vite rendu compte de la difficulté de la tâche quand il a dû naviguer à l'aveugle dans des galeries sombres et humides qui n'apparaissaient absolument sur aucune carte. Un vaste espace neutre et inoccupé, c'est un véritable gâchis que de simplement l'ignorer alors que quelqu'un pourrait réhabiliter le sous-sol de la ville.

    De toute façon, ce n'est pas le Conseil qui risque de bouger le petit doigt. Ces vieillards cupides et bons à rien. Fut un temps où les Érudits étaient considérés comme les plus grands mages du continent, craints mais aussi respectés pour cela. Qu'est devenu la fierté de Melorn au cours des siècles ? La déchéance de tout un peuple, ni plus, ni moins. Il est temps que cela change et le Compendium pourrait se révéler être un outil non négligeable dans son ascension vers le pouvoir. Faut-il encore trouver un terrain d'entente entre serviteurs du Mal véritable car cette seconde entrevue n'est en rien anecdotique. Le Démon de la Guerre et le Prince des Ténèbres. N'était-ce pas écrit à l'avance ? Bien malin celui qui serait capable de deviner comment cette histoire va se terminer parce que les deux protagonistes eux-mêmes n'en ont pas la moindre idée. Un partenariat prolifique ou un duel meurtrier ? C'est dans ce contexte très incertain que le bien nommé Violence mord à l'hameçon que le mage noir a laissé dans son sillage. Peut-être était-ce volontaire de sa part, ou peut-être que la tentation était tout simplement trop grande pour le Démon, tout comme la soif de pouvoir d'Eliëndir l'a poussé à prolonger ses recherches sur le tant désiré Compendium.

    À présent, tous les éléments nécessaires sont réunis et aucun de ses prédécesseurs n'a été aussi proche que lui d'atteindre le sanctuaire caché. Il ne lui manque plus qu'une partie de la clé et celle-ci vient tout juste d'arriver sous sa forme la plus disgracieuse mais aussi la plus intrigante. Une abomination de par sa simple existence, modelant la chair selon son bon vouloir afin de pouvoir passer à travers une entrée bien trop étroite pour Praelia. Une véritable bête sauvage griffant le sol et les murs pour se frayer un passage. L'Elfe impassible, observe de son côté de l'austère cavité. Les yeux rivés sur l'engeance, il ne quitte pas Violence du regard. Le Démon lui, semble bien plus intéressé par l'appât suspendu et Eliëndir ne rate pas une seconde de cet échange silencieux comme s'il tentait de décrypter le comportement d'un prédateur qui s'apprête à fendre sur sa proie. Pourtant, il n'en est rien et l'engeance se contente de rester là. Et d'attendre. Qu'est-ce qu'il attend exactement ? L'Elfe entrouvre la bouche mais est simplement interrompu par son vis-à-vis en pleine contemplation de cette pauvre âme damnée qui n'en a sûrement plus longtemps avant de rejoindre l'au-delà. Alors, il se met à déambuler lentement dans la pièce, faisant simplement le tour. Toujours à bonne distance de la scène. Assez loin comme pour maintenir une distance de sécurité mais assez près pour ne rien rater.

    La mort ne met pas longtemps à venir faucher son dernier souffle et si cette inévitable fatalité n'intéresse pas particulièrement Eliëndir, la suite par contre éveille tout de suite son intérêt. Outre cette étrange énergie qui semble s'extirper du cadavre en s'amassant au bout du doigt de l'armure vivante, ce sont les complaintes du défunt qui se mettent à nouveau à résonner dans la pièce. Les échos de sa souffrance et de l'immense violence dont à fait preuve l'Elfe pour parfaire son œuvre sanguinaire. Eliëndir observe attentivement ce qu'il se passe un peu plus loin, devant ses yeux. Et si le mage noir n'est pas totalement sûr de savoir de quoi il s'agit, il peut clairement voir le Démon absorber les résidus noirâtres dans le creux de sa main. Tout le processus est absolument fascinant à ses yeux, comme un chercheur devant son nouveau sujet d'étude. Et même si en réalité ils sont bien là pour parler du Compendium, l'Elfe s'en voudrait presque de ne pas pouvoir observer plus longtemps un être aussi singulier que Violence.

    C'est au moment où la voix du Démon s'élève dans les airs que l'Elfe vient planter ses deux pieds dans le sol. Bien. Sa contemplation malsaine trahissant un goût très prononcé pour le cycle de la mort vient de prendre fin et ils peuvent maintenant passer aux choses sérieuses.

    « Et puisque tu es là, je suppose que tu n'as pas fait de progrès de ton côté. Personne n'a encore été capable de te mener à l'objet de ta convoitise. Comme c'est fâcheux. »

    Ça l'est pour Violence, certainement. Pour Eliëndir, c'est une opportunité. Pivotant les talons, il plante ses améthystes dans le reflet sombre de la sphère noire qui trône au-dessus de l'amas de chair et de métal qui lui sert de corps physique.

    « J'ai été très déçu de te voir partir si vite, lors de notre dernière rencontre. Alors qu'on commençait tout juste à faire connaissance, c'est dommage. Je croyais qu'on s'entendait bien. Commençons par rattraper le temps perdu, si tu es d'accord. Je suis un être curieux de nature et je m'interroge beaucoup sur ce qui m'entoure. Dis-moi, Violence. D'où est-ce que tu viens exactement ? Qu'est-ce que tu es ? »

    Violence a pris tout son temps pour venir, pour profiter et pour savourer la mort du captif qui est toujours suspendu même si la vie a quitté son corps mutilé. Il n'y a donc rien de mal à lui rendre la pareille. Eliëndir est sincèrement curieux. Au sujet du Compendium, bien sûr, mais aussi au sujet de Violence personnellement. Il aimerait en apprendre un peu plus sur cet être singulier. Dans un premier temps pour s'assurer de ses intentions mais aussi pour décider si Violence est bien le partenaire idéal pour cette quête. Peut-être serait-il plus simple de supprimer la menace potentielle. Il garde l'idée quelque part dans sa tête. Juste au cas où.

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  • Lun 29 Mai - 13:37
    Elle savoure toujours le fragment de brutalité qu’elle vient d’extraire pendant que l’elfe lui parle, et même si elle l’entends, sa concentration n’est pas tout à fait là, mais plutôt sur le fait que le Maître des Ombres a dépassé ses attentes lorsqu’elle avait parlé d’actes de cruauté. Violence ne connait d’Eliëndir que ce qu’elle a vu dans l’esprit de Lorindol, et c’est justement parce qu’elle n’en sait pas plus qu’elle admire désormais cette abnégation la plus totale d’empathie envers son prochain que le Professeur semble démontrer. Redirigeant enfin l’attention de la Sphère du corps décédé à celui bien vivant juste à côté, Praelia toujours accroupie s’approche doucement du mage noir, ses mouvements disgrâcieux lui donnent l’air d’un bambin maladroit dans cet espace exigüe. Elle s’immobilise quand même à une distance confortable de l’homme pour éviter d’éveiller ses suspicions, elle peut sentir sa magie remplir l’espace même si elle ne peut en identifier les sortilèges. Là, à moitié recourbée en face de l’elfe, la Sphère d’un noir plus dense que les ombres du mage dévisage Eliëndir.

    ”Une bonne entente, c’est ce que nous avons n’est-ce pas? Désolé de m’être éclipsé, mais je suis là maintenant.”

    L’armure titanesque porte sa main gauche vers le haut de son torse, caressant la surface irrégulière de métal et de chair amalgamée.

    ”D’où je viens?”

    La Multitude fleurit sur ses épaules, écartant les bras avec entrain pour devenir une corolle de bras horrifique. Pendant ce temps, la surface noirâtre de l’orbe se dote de reflets et des formes commencent à apparaître dessus, comme à chaque fois qu’on lui demande qui elle est, Violence préfère répondre de manière visuelle car les mots ne permettent pas vraiment de traduire son existence physique. La Sphère se distort, sa surface prends du relief et forme des visages, des faciès appartenant à des défunts d’un autre temps dont elle n’est elle même pas certaine de la temporalité. Ces nombreux visages ne montrent rien d’autre que pure douleur, terreur ou colère, les trois expressions centrales de la cruauté, et pendant qu’ils défilent à l’infini, changeant de traits pour adopter ceux des suivants, leurs plaintes éternelles, morceaux du Démon à jamais, emplissent la salle dans des échos chaotiques. Les faciès grotesques déforment la surface de l’orbe comme s’ils tentaient d’en sortir en poussant au travers depuis l’intérieur, se bousculant les uns les autres avec succession. La main du colosse qui s’aventurait sur son torse métallique remonte ensuite vers la Sphère et les doigts de Praelia plongent férocement à l’intérieur de l’encre noire, provoquant plus de spasmes irréguliers et de sautes soudaines dans sa composition. Le gantelet semble se refermer sur quelque chose à l’intérieur et le bras tire un peu de la masse intangible d’essence démoniaque pour “déchirer” l’orbe, la forme s’étire alors pour former un tore à la géométrie möbienne, au centre duquel un objet d’ombres se matérialise. Les volutes de fumées s’amalgament pour dessiner les contours d’un coeur humain en coupe, un modèle fidèle avec ses caves, ses ventricules et ses oreillettes battantes dans le vide pour abreuver des veines et des artères inexistantes.

    ”Je viens de chacun d’entre vous. Un savoir nécessite un coût, Eliëndir. Pour celui du Compendium c’est notre coopération. Pour celui de mon nom, les autres mortels m’appellent Violence, tu peux accepter ça…”

    La main de Praelia se referme brutalement sur le coeur obscure et l’armure animée tends son bras, poing fermé vers l’elfe stoïque. Une fois près de lui, elle rouvre lentement sa main, dévoilant une goutte noire d’essence démoniaque, un pur concentré de son être, résultant de l'agglomération d’une partie des souvenirs qui la composent. Ce n’est qu’une goutte parmi son océan, rien qui ne la change si elle s’en prive, un simple aperçu de trois cents mille ans de souffrance, de chaos, de brutalité, de torture, de haine, de cruauté, de meurtre, de vengeance, de ressenti, de douleur, de combat, de guerre, de massacres, de fureur. Trois cents mille ans de Violence. Ce qu’elle est, son vrai nom, ce n’est pas un mot. Un mot ce n’est qu’un son, elle n’est pas un son. Elle est une émotion, un concept, quelque chose qu’on ressent, quelque chose qui obnubile les pensées et qui détruit les vies, une sensation qui enserre les coeurs et qui paralyse toute logique, qui déchaîne les âmes.

    ”...Ou tu peux payer le prix.”

    La minuscule bille de Violence s’élève dans sa main, invitant le mage à l’absorber, le Démon se soucie peu du résultat, après tout, Nineveh étais parvenue à encaisser le fragment qu’elle lui avait donné sans mourir, s’en tirant avec un malaise vagal et une hémorragie interne. Elle ne doutait pas que le Maître des Ombres serait plus résistant que ça.

    ”Comment je m’appelle, d’où je viens, ce que je veux, tout ça n’est pas important. Je suis. C’est tout. J’existe dans Sekaï parce que vous existez dans Sekaï. Si mes réponses sont le coût de ton aide, alors soit, demande, mortel.”
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  • Ven 2 Juin - 22:58
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    Plus intrigué que véritablement effrayé par Violence. Son apparence singulière, ses gestes troublants et l'écho sinistre qui lui sert de voix pour s'exprimer sont d'autant d'éléments qui suscitent l'intérêt malsain du mage noir pour les créatures hors du commun. L'Elfe toise son vis-à-vis qui, pour le moment, reste à bonne distance afin de reprendre les négociations qui ont été avortées il y a quelques jours à l'académie. Une bonne entente, c'est ce qu'ils ont. Pour l'instant. Sans l'interrompre ni perdre le contact visuel que permettent les quelques torches aux flammes dansantes, Eliëndir observe cette couronne de chair qui s'active tout autour de lui. Ses bras viennent orner son corps de métal comme on disposerait des fleurs tout autour d'un défunt. Plus perturbant encore, c'est maintenant Eliëndir qui se met à "dévisager" Violence si on peut le dire comme ça. Les yeux rivés sur la sphère qui trône au-dessus de cet amas de chair, ce sont les visages des défunts qui ont façonné son être aux fils des millénaires, qui apparaissent dans le reflet du globe. Il y en a bien trop pour tous les compter, le résultat d'un monde de violence continuellement entretenu par les conflits et les guerres qui s'enchaînent.

    Bien sûr, Eliëndir n'est pas tout à fait capable d'expliquer ce qu'il voit avec des mots. L'existence même de Violence est un mystère pour lui, ce Démon ne ressemble à rien de ce qu'il a déjà vu ou étudié à l'académie. Ensuite, ce sont les plaintes des victimes qui emplissent la pièce. Des souvenirs d'un passé révolu qui résonnent dans les souterrains de la cité elfique et Eliëndir complètement imperturbable devant cette scène, contemple les différents visages qui se tordent de douleur. Violence doit beaucoup savourer chacun de ces moments qu'il a réussi à capter dans la vie d'autrui, l'essence même de son existence. Eliëndir de son côté semble presque désintéressé par le sort de ces malheureux, aucun gémissement ou cri de souffrance ne lui fait hausser un sourcil plus haut que l'autre. Ni la détresse de l'innocent, ni l'affliction du nourrisson. Les doigts du Démon plongent à l'intérieur de la sphère pensante qui jusqu'à maintenant, paraissait être solide aux yeux de l'Elfe. Difficile de vraiment déterminer de quoi est faite cette sphère sans l'analyser en profondeur et cela attise tout particulièrement la curiosité du mage noir. Violence vient extirper une ombre qui s'agite pour prendre l'apparence d'un cœur étrangement fidèle à la réalité.

    Il tend l'oreille et pose ses yeux sur ce que veut lui montrer Violence. Il écoute et observe avec beaucoup d'attention mais ne dit rien. La paume se referme et quand elle s'ouvre à nouveau, le cœur a laissé place à une larme d'énergie obscure. Cela semble très similaire à ce que Violence a récupéré à la mort du cadavre attaché au centre de la pièce. Serait-ce de ça que le Démon se nourrit ? Possible. Ses congénères n'ont pas besoin de sustenter comme les mortels et Halewyn le faisait par plaisir plus que par véritable besoin. Eliëndir est tenté de saisir de la main les réponses à ses questions. Il n'a qu'un simple geste à faire et pourtant, alors que la vérité est à bout de bras, le mage noir s'en détourne simplement. Se remettant à déambuler pour remettre de la distance entre eux, l'air songeur.

    « Ce ne sera pas nécessaire. Alors si j'ai bien compris, tu te nourris de la souffrance des mortels ? C'est ce que tu as fait avec celui qui est attaché juste là ? Décidément, je me plais beaucoup à observer tes congénères. Vous êtes fascinants mais tu as raison, il y a bien plus important que ça. »

    Les mains jointes dans son dos, il s'arrête un peu plus loin pour pivoter sur ses talons, posant le regard sur le cadavre en plein milieu de la pièce dont le sang s'écoule sur le sol par quelques gouttelettes silencieuses. Ce dont il a été témoin l'intéresse au plus haut point, il pourrait en discuter avec Violence toute la soirée mais les deux protagonistes ne sont pas là pour ça en réalité. Alors autant aller droit au but afin de s'assurer qu'il ne perd pas son temps avec cette histoire.

    « Qu'est-ce que tu sais exactement du Compendium ? Pourquoi est-ce que tu recherches cet endroit ? Qu'est-ce que tu espères y trouver là-bas ? »

    Le Compendium est encore un mystère pour Eliëndir. Qu'est-ce que ce sanctuaire peut bien renfermer pour que ça intéresse autant Violence ? Pourquoi avoir gardé un tel endroit secret pendant des millénaires ? Cela a évidemment un rapport et si Eliëndir pourrait à son tour convoiter le savoir du Compendium, il n'est ni stupide ni naïf. Il préfère savoir dans quel pétrin il va mettre les pieds surtout qu'il ne sait toujours pas grand-chose de celui qui doit l'accompagner. Alors il marque une courte pause dans sa réflexion puis pivote entièrement en direction du Démon.

    « Dis-moi ce que tu veux vraiment, Violence ? »

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  • Jeu 8 Juin - 14:52

    La minuscule goutte d'essence démoniaque flotte dans les airs tandis que la Multitude se calme, patiente et immobile sur les épaules du géant de chair et d'acier. En face d'elle, l'elfe ne semble même pas avoir besoin de réfléchir plus que ça pour prendre sa décision, il a l'air d'être de nature prudente ce qui explique sûrement comment il est encore en vie après avoir autant fricoté avec les arts obscures. La main du colosse se referme donc d'un seul coup sur la bille d'essence suite au refus du mage noir, écrasant dans sa poigne l'amalgame qui s'échappe en virevoltant entre les interstices de ses doigts pour rejoindre la Sphère. Le Démon de redresse du mieux que la salle le lui permet et domine Eliëndir de sa taille, mais Violence est bien consciente que c'est là la seule façon dont elle a l'avantage ici. Face à ce mortel, elle n'a ni le dessus en puissance, ni en connaissance, ni même en ruse, le spécialiste des ars est redoutable, et c'est justement ça qui la fait jubiler à l'idée d'interagir avec lui. Elle a hâte, mais elle ne peut le montrer, elle se rend déjà suffisamment à sa mercie pour se passer en plus d'appuyer le fait qu'elle a besoin de lui et pas l'inverse.

    Fort heureusement pour le Démon, c'est le Professeur qui plonge lui-même dans le cœur du sujet, à défaut de plonger dans celui de l'engeance. Il reprend une distance confortable et la questionne sur le Compendium, il est temps d'être franche, Violence souhaite écarter toute méfiance pour attirer à elle le Maître des Ombres, elle a besoin de sa coopération, il faut présenter un gage.

    Je ne sais pas ce qu'est le Compendium, ni même où il se trouve, je ne sais pas ce qu'il renferme, mais j'espère avoir des réponses. Un peu trop vague, elle pouvait faire mieux que ça. J'ai vu des souvenirs, dans un objet, c'était un attrape-rêve, il se souvenait de moi, il m'a vu dans le Compendium, et il a vu également ma sœur le Rêve. Pourtant je ne me remémore pas ces passages, je crois n'avoir jamais été à Melorn avant et l'objet m'a montré une salle, mes sœurs à l'intérieur, sous une cité où il ne fait jamais vraiment nuit. Je veux savoir ce que nous sommes. Ces fragments de mémoire étaient vieux, je veux en savoir plus.

    En même temps qu'elle s'explique, la Sphère se distort une nouvelle fois, et ce coup ci les reliefs à l'intérieur dessinent les contours grisonnants des scènes qu'elle avait vu dans l'artefact qui appartenait maintenant à sa sœur.

    Je n'ai plus l'objet, Miroir l'a pris avec elle.

    Vient ensuite une question à laquelle Violence ne s'était pas attendue, ce qu'elle voulait vraiment?

    Bonne question, je n'en suis pas sûr, tout ce que je sais c'est que j'ai faim, mais je ne suis pas obligée de manger. J'existe, mais je n'ai pas besoin de vivre pour gagner. Elle se rappelle du discours de Nineveh. Je désire… la Mort, mais c'est la mort même qui achève mes exactions et crée la paix, je souhaite quelque chose que je ne dois pas obtenir, j'avance vers un but irréaliste que je ne pourrai jamais atteindre, alors... Je veux la Guerre Éternelle. Un cycle sans fin de souffrance, sans délivrance.

    Sa réflexion est encore très brouillonne, elle est confuse et n'a pas eu un seul moment de répit depuis son arrivée à Melorn pour réfléchir sur ses dernières semaines, non pas qu'elle s'en plaigne. Nineveh lui avait conseillé de ne pas trop y penser, de se contenter d'exister, c'était ce qu'elle faisait, et maintenant son instinct lui disait d'explorer cette histoire étrange et anormale de souvenirs manquants.

    Maintenant qu'elle a exposé un peu de ses objectifs, il est temps également de se montrer pour de vrai. Sur la cuirasse de Praelia, diverses failles plus ou moins béantes sont présentes dans l'alliage morbide de tissus organiques et de métal, il est parfois possible d'apercevoir l'intérieur creux de l'armure et d'attraper du regard le passage des volutes d'essence noirâtre qui circulent dedans. La créature démoniaque enfonce la main du colosse dans une de ces brèches et lorsqu'elle la retire, le gantelet porte dans sa main le pommeau de la tizona blanche, la même que celle que l'elfe avait pu voir dans leur rencontre à l'Académie.

    Voilà ce que je suis, tu veux en savoir plus? Bien. Je suis l'Incarnation de la haine de Sekaï, je suis la main qui exécute et le cœur qui sombre, je suis la soif de vengeance et le désir fratricide. Je ne fonctionne pas par pacte quelconque, je corromps la chair et je ne demande qu'un seul prix. Du sang pour du sang.

    Faisant tourner ensuite lentement l'arme sur sa main autour de la garde, elle présente précautionneusement le manche de l'arme au mage noir afin de ne pas sembler agressive, mais cette prudence excessive peut justement être ce qui paraîtrait le plus pernicieux pour l'elfe.

    Ceci est important pour moi, pas de Corruption, pas d'intrusion, demande et tu recevras. Porte moi à ce que tu as trouvé.
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    Anonymous
  • Dim 11 Juin - 22:17
    Pandemonium
    Feat Violence
    Au moins, le Démon est assez honnête sur les réponses qu'elle donne à Eliëndir. Violence n'en sait pas beaucoup plus et elle ne prétend pas le contraire. Néanmoins, ça n'avance pas beaucoup le mage noir sur la question du Compendium. Il déteste naviguer à l'aveugle mais dans le cas présent, il n'a pas vraiment le choix. Un discret soupir d'exaspération s'échappe de ses lèvres. Un artefact magique et des souvenirs très peu explicites indiquant très grossièrement la présence du Compendium ici, à Melorn. Voilà tout ce qu'avait Violence comme indices. Autant dire que c'est très maigre et très téméraire de sa part de s'être lancé dans cette quête obscure sur ces seules informations. S'être rendu à la cité elfique seulement sur des suppositions, c'était un risque important. D'ailleurs, il en vient à se demander comment Violence a réussi à passer inaperçu pendant plusieurs jours, peut-être même plusieurs semaines. Il suffit de regarder Violence plus d'une seconde pour comprendre qu'elle n'est pas très discrète quand elle se déplace. Certes, ce Démon est capable de se téléporter comme il a pu le constater il y a quelques jours à l'académie, ce qui explique en partie comment elle a pu déjouer la sécurité de l'académie et de la ville jusqu'à maintenant. Ceci dit, ce n'est sûrement pas suffisant pour se cacher aussi longtemps dans une ville où les mages et les senseurs magiques sont communs. Peu importe à quel point Violence est douée, quelqu'un aurait dû retrouver sa trace depuis un moment déjà.

    Eliëndir est à peu près sûr que le Conseil des Érudits ne verrait pas d'un bon œil la présence d'un Démon aussi dangereux et imprévisible dans la cité. Même pour Eliëndir, ses véritables intentions sont encore un mystère. Violence a sûrement un complice en ville. Quelqu'un qui s'occuperait de cacher le Démon pendant son séjour dans le nord. C'est la théorie la plus plausible selon le mage noir mais peut-être qu'il se trompe. Reste à savoir qui est le petit malin qui met tous les habitants de la ville en danger en apportant son aide à un démon sociopathe ? Il s'occupera de ça plus tard, en fonction de la tournure des événements. Il y autre chose dans son discours qui attire son attention. La mention de "Rêve" et de "Miroir" qui semblent désigner deux autres de ses congénères avec qui, s'il comprend bien, elle a été en contact. C'est une donnée plus importante à prendre en compte qu'il n'y paraît. Les Démons sont rares, certains sont particulièrement puissants et d'autres sont malfaisants. Que des êtres aussi singuliers se regroupent pourrait devenir très problématique à l'avenir s'ils se décident d'œuvrer de concert. Lorsqu'il en aura terminé avec Violence, il se penchera sûrement sur le sujet de ses deux "soeurs".

    Il en apprend un peu plus sur les véritables motivations de Violence. L'Elfe apprécie que le Démon ne tourne pas autour du pot, elle aurait pu éviter le sujet ou simplement mentir mais elle a pris le risque de dire la vérité quitte à se mettre le mage noir à dos. Bon, il aurait certainement pu deviner tout seul à son nom qu'elle n'a pas pour ambition la paix dans le monde. Encore une fois, c'est honnête de sa part et Eliëndir sait exactement à quoi s'en tenir même s'il est dubitatif à ce sujet. Un cycle sans fin, une guerre éternelle. Une dystopie inatteignable aux antipodes de l'utopie tout aussi inaccessible que le mage noir convoite. C'est original mais pourquoi pas tant que Violence fait ça ailleurs et qu'elle laisse Melorn en dehors de ses histoires. Eliëndir n'a pas l'intention de régner sur des Cendres. Le reste du Sekai peut bien brûler dans d'atroces souffrances, c'est franchement le cadet de ses soucis.

    « Je vois. J'apprécie ton honnêteté alors laisse-moi en faire autant en retour. Quoi qu'il se trouve à l'intérieur du Compendium, je n'ai pas l'intention de te laisser semer la mort dans ma ville et je suis prêt à faire ce qui est nécessaire pour t'empêcher de nuire si l'envie t'en prenait. Ceci dit, le Sekai est bien assez grand pour contenter ta soif de destruction. Tiens-toi loin de Melorn et nous n'aurons pas de raison d'être ennemis. »

    Pour le moment, il est plutôt question d'une coopération dans un but commun. Il pose ses yeux sur l'une des mains du Démon qui vient s'enfoncer dans son armure par l'une de ses failles. De la même façon qu'un peu plus tôt elle est allée chercher quelque chose à l'intérieur de l'étrange sphère noire, cette fois c'est cette mystérieuse épée blanche qui refait son apparition. Il se demandait où Violence avait planqué son arme, justement. Il a sa réponse et il y a plus de place à l'intérieur qu'il ne l'aurait cru. Drôle de façon de ranger ses affaires mais qui est-il pour juger ? Eliëndir avait raison. Ni l'armure, ni la sphère n'est le corps principal, aussi surprenant que cela puisse paraître. Il a réussi à percevoir l'activité magique de l'épée quand ils étaient encore à l'académie, il avait compris qu'il y avait quelque chose de particulier autour de cette lame et c'est Violence qui vient plus ou moins confirmer sa théorie.

    Et ce qui devait arriver, arriva. La proposition tant attendue.

    Le pommeau pivote et se tourne dans sa direction, comme une invitation implicite à s'en saisir. Impassible, le mage noir profite d'être juste devant l'artefact pour l'analyser en détail. Outre les émanations de mana qui s'en dégagent naturellement, il en perçoit les formes et les reflets éclatants qui la rendent si unique. L'Elfe se surprend à avoir beaucoup de mal à décrocher son regard, comme hypnotisé par la beauté de cette lame. La tentation est un fléau indélébile des mortels et elle peut se lire dans ses deux iris améthystes. Les paroles de Violence attisent un peu plus son intérêt pour l'arme, des échos qui trouvent satisfaction dans un esprit aussi dépravé que le sien. Violence sait exactement ce qu'elle fait. Elle sait ce qu'elle offre et elle sait ce qu'elle veut en échange. Il est tenté de lui donner, il doit bien l'admettre. Comme avec la larme de Violence un peu plus tôt, Eliëndir n'aurait qu'à tendre la main et à se saisir du manche de l'artefact. Les possibilités sont infinies avec Violence à ses côtés et c'est une proposition difficile à refuser.

    « Tu es fascinant. J'aime beaucoup discuter avec toi, Violence. Néanmoins, tu te méprends sur une chose primordiale. Je ne suis pas de ceux qui demandent, je suis de ceux qui exigent sans contrepartie. Quand je veux, je prends et c'est aussi simple que ça. La haine ? La vengeance ? Ai-je l'air d'être aussi simplet ? Rien de tout ça ne m'intéresse. Tu as besoin de moi, c'est un fait et de toute évidence, tu n'as rien à m'offrir que je ne peux déjà avoir. »

    Il n'y a qu'un idiot ou quelqu'un de profondément désespéré pour poser sa main sur le manche de cette tizona. Eliëndir n'est ni l'un, ni l'autre. Il reporte immédiatement son attention sur la sphère noire qui trône au-dessus de l'armure métallique, comme s'il cherchait à regarder le Démon dans des yeux qu'il n'a pas. Si Violence pensait qu'Eliëndir serait aussi facile à convaincre que le reste du Sekai, alors il se trompait lourdement. Eliëndir n'est pas aussi naïf que ses précédents porteurs, il n'est pas un outil encore moins une marionnette que Violence peut utiliser en embrumant son esprit et en corrompant sa chair. Certainement que ce Démon ne voit pas souvent sa proposition être déclinée de la sorte tant elle est alléchante pour le commun des mortels et l'Elfe se délecte particulièrement de la perspective qui ferait de lui l'une des rares exceptions.

    « Si c'est un vaisseau dont tu as besoin, il y a un corps sans vie au milieu de la pièce et celui-ci tu ne risques plus de le déranger. Et si tu préfères garder cette apparence, ma foi, je préfère te prévenir. Les couloirs sont très étroits ici-bas. On a du chemin à faire alors ne traîne pas trop. »

    Le Compendium n'est pas tout près et dans le cas où Violence aurait encore un doute au sujet de la coopération du mage noir, celui-ci compte toujours mettre la main sur le Compendium. Il faut encore descendre plus profondément dans les entrailles de la terre, là où les insondables ténèbres ont élu domicile ainsi que les créatures qui se complaisent dans cet environnement sinistre. Sur ces mots, Eliëndir tourne les talons et se dirige vers la seule sortie de la pièce creusée à même la pierre. Sous son commandement silencieux, Violence peut se rendre compte que ce ne sont plus les flammes des quelques torches allumées qui font bouger les ombres autour d'eux. Ce sont les ombres elles-mêmes qui grouillent sur le sol, sur les murs et sur le plafond. Évidemment qu'il a pris ses précautions et qu'il avait tout prévu avant d'attirer Violence jusqu'à lui, juste au cas où cette entrevue aurait pris une tournure plus dramatique pour les deux protagonistes.

    Lorsqu'Eliëndir quitte la pièce, toutes les torches s'éteignent simultanément en laissant le Démon dans le noir complet. Le choix lui appartient et Violence sait ce qu'elle doit faire pour trouver le Compendium. Eliëndir ne va pas l'attendre toute la nuit.

    CENDRES
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    Info personnage
    Race: Démon
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    qui suis-je ?:
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  • Mar 13 Juin - 17:05
    En dévisageant Eliëndir dans une attente qui lui paraît interminable, Violence trépigne sur place d’anticipation, la consommation des fragments d’âmes du cadavre torturé lui ont grandement ouvert l’appétit tant le Maître des Ombres ne s’est pas retenu et la Sphère qui est parfaitement régulière est stable, cache en réalité l’impatience du Démon qui la porte. Il ouvre la bouche, elle est suspendue à ses lèvres, prête à se délecter de ses paroles, regardant son épée dont le pommeau n’est plus qu’à quelques centimètres du corps de l’elfe. Lorsque la mélodie de sa voix passe enfin ses lèvres pour former des mots, c’est une mise en garde qui est ainsi formulée. Il désire qu’elle tienne ses intentions néfastes loin de Melorn, le Démon sourit intérieurement, ça, ce n’est pas à elle d’en décider, elle n’est que l’outil, elle n’est ni la juge ni la bourreau. Le problème pour celui qui se veut le gardien de la cité état, c’est que tout les mortels sont inéluctablement coupables, pourtant elle ne dit rien, elle ne se prononce pas immédiatement, attendant de voir ce que l’elfe a à dire sur la suite de ses propositions.

    Elle le regarde observer fixement l’épée, elle peut sentir la tentation transpirer par tout les pores de sa peau, mais elle voit également sa maîtrise de lui même, elle lorsqu’enfin il la recale en clarifiant la hiérarchie qui les régit, elle le regarde observer fixement la Sphère.

    Il refuse.

    Un léger ronronnement monte depuis l’orbe noire, la frustration du Démon est palpable et son langage corporelle change très légèrement, son immobilisme d’ordinaire surnaturel laisse place à de petits mouvements nerveux de ses doigts, son bras qui tient Violence se met à trembler avant que son gantelet de métal et de chair ne se resserre pleinement autour de la Lame Famélique. Le ronronnement se transforme en grondement, et même si sa colère est ostensible, elle ne passe pas à l’acte. Elle respecte la force de son interlocuteur, elle sait qu’elle a besoin de lui, elle sait aussi que si elle se retourne contre lui une fois qui l’aura mené au Compendium, il est probable qu’elle ne s’en sorte pas. Tandis que le Professeur commence tout juste à s’éloigner d’elle pour reprendre une distance convenable, le Démon remarque les danses anormales des ombres sur les murs, chaque flaque d’obscurité est bien trop mouvantes par rapport à la fébrilité des torches, elles se contorsionnent de façon surnaturelles sur les parois du cadre de porte, des dalles du sol, des voûtes de plafond. C’est un avertissement de plus pour l’entité qui accompagne le mage noir. Elle ravale son caprice et se met à suivre l’elfe dans les couloirs.

    J’ai besoin de tissus organiques vivants, je ne peux rien faire avec un cadavre Maître des Ombres.

    L’épée se tait et fait disparaître Praelia, la Lame retombe au sol dans un tintement métallique contre les pierres des dalles et après quelques instants, sur le plat de l’arme au niveau des gouttières, des bras de la Multitude poussent à même le métal de part et d’autre de la lame. La trentaine de bras qui s’articulent autour de l’épée blanchâtre forme une sorte de scolopendre irréel qui se tortille sur le sol pour avancer à la suite d’Eliëndir en trottant. Si le Démon pourrait être pour certains une vision d’horreur, une apparition pitoyable et pathétique pour d’autre, pour elle-même elle n’est que ce qu’elle est, Violence n’a pas le sens du ridicule, il ne tue pas, donc elle n’en a que faire. Progressant dans les couloirs étriqués des catacombes, le duo s’enfonce plus loin dans les sous-sols, la température tombe et les bras de la Multitude s’engourdissent doucement, réduisant sa vitesse. Dans le silence qui pèse sur les lieux, le Démon ne peut s’empêcher de manifester sa curiosité, le mortel l’intrigue quelques peu, car rare sont ceux qui résistent à l’appel de son pouvoir, si celui là possède des désirs plus évolués, de quels ordres sont ses ambitions? Accélérant un peu la cadence pour rattrapper le mage noir dans le couloir, elle se met à son niveau, à côté de ses chevilles.

    Je viens chercher des réponses, mais toi, qu’espères-tu obtenir du Compendium?
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  • Sam 17 Juin - 1:22
    Pandemonium
    Feat Violence
    Le mage noir récupère de précieuses informations sur Violence sans même avoir besoin de se montrer ouvertement curieux en posant toutes ses questions sur la table. C'est ainsi qu'il a toujours fonctionné et il a ce besoin de constamment savoir avec qui il traite car Eliëndir ne s'associe pas avec n'importe qui. Que ce soit dans le milieu de la pègre ou le domaine des magies ésotériques, on ne survit pas aussi longtemps sans assurer correctement ses arrières. Violence a donc besoin de quelqu'un de vivant, selon ses propres dires. Ce qui en dit long sur les intentions qu'il avait peut-être à son sujet il y a quelques instants à peine. En fait, c'est assez logique mais cela fait office de confirmation pour le mage noir. Sans l'avoir vu faire de ses propres yeux, c'est encore assez difficile de bien comprendre comment fonctionne Violence mais il en déduit qu'elle n'est pas capable de "posséder" sa cible, magiquement parlant. Si c'était le cas, elle aurait simplement récupéré le cadavre au milieu de la pièce. Non, il s'agit sûrement plus d'un lien que le Démon va créer entre lui et son porteur mais pas sous la forme d'un pacte mais plutôt d'une connexion psychique entre deux consciences bien distinctes. Voilà la conclusion que se fait Eliëndir avec toutes les informations engrangées depuis sa première rencontre avec Violence mais dans les faits, cela reste encore assez flou pour lui. Violence est-elle capable de s'introduire dans l'esprit de son porteur ? Peut-être même prendre le contrôle de l'hôte ? Ce n'est pas impossible, Violence à elle-même parler de "corruption" et "d'intrusion", deux mots qui ont joué un rôle important dans son refus catégorique de poser la main sur le manche de la tizona.

    L'Elfe pensait avoir vu le pire de l'apparence du Démon et pourtant, Violence arrive encore à le surprendre. L'armure gigantesque et difforme a disparu car incapable de se déplacer correctement dans ces couloirs humides et étroits. Il ne reste que l'artefact famélique, corps originel de la violence personnifiée qui doit maintenant se débrouiller sans le consentement du mage noir pour réussir à le suivre jusqu'au Compendium. Sa nouvelle apparence qui arrive à être plus terrifiante et disgracieuse que la précédente, ne laisse pas l'Elfe indifférent. Pas qu'il soit apeuré ni même méprisant mais comment ne pas ressentir un certain malaise face à cette abomination de la nature qui se tortille à ses pieds. C'est tout bonnement captivant et Violence serait un sujet d'étude digne de ce nom pour ses recherches, les Démons ont toujours eu une place particulière dans l'intérêt que porte le mage noire aux créatures hors du commun.

    Les catacombes de Melorn sont immenses et semblent être interminables pour les deux protagonistes qui continuent d'avancer dans l'obscurité ambiante. Naturellement, le manque de visibilité ne semble pas être un problème pour le Maître des Ombres, désigné ainsi par le Démon qui l'accompagne dans les égouts labyrinthiques de la cité elfique. Ici bas dans les entrailles de la terre, le dôme de magie n'a aucun effet sur la température qui se rafraîchit de plus en plus vite au fur et à mesure de leur avancée. Pourtant, Eliëndir ne semble pas ralentir étant sûrement moins sujet au froid que Violence puisque cet Elfe a au moins la décence de porter des vêtements chauds. Eliëndir semble savoir exactement où il va. De toute évidence, il connaît le chemin vers le Compendium même s'il ne l'a pas clairement révélé à son vis-à-vis. Il lui arrive de s'arrêter de temps à autre, à une intersection ou devant un couloir sombre quelconque, l'air de réfléchir pour être sûr de ne pas se tromper de chemin.

    « Ce que je cherche à obtenir ? La même chose que toi, j'imagine. »

    Des réponses seraient un bon début même s'il serait assez déçu de ne rien trouver de plus intéressant à l'intérieur du Compendium. Sa rencontre avec Violence et ses recherches sur le sujet ont particulièrement piqué sa curiosité. Il serait bien incapable de continuer à jouer l'indifférence avec tout le talent qui est le sien. L'esquisse d'un sourire sur les lèvres, le mage noir reporte son attention sur l'épée famélique à ses pieds.

    « Le savoir mais pas n'importe lequel. Pas celui que l'on trouve dans les étagères ordonnées des bibliothèques ni celui qu'on obtient par une pratique régulière et assidue. Intangible et invisible de nature, un secret bien gardé et volontairement tenu hors de la portée de ceux qui le convoite ardemment. Pourquoi ? Car trop important et dangereux pour atterrir dans les mains du premier venu. Inaccessible par le commun des mortels, trop sophistiqué pour qu'un esprit étriqué en saisisse toute l'amplitude. »

    Un embranchement apparaît devant eux et l'Elfe s'arrête pour examiner ses options parce que même en prenant le temps de converser avec Violence, il n'oublie pas que l'objectif est au bout du chemin.

    « Sais-tu ce qu'est le plus grand péril de notre monde, Violence ? »

    Il marque une nouvelle pause, comme s'il attendait une réponse à sa question rhétorique. En réalité, il prend juste une seconde avant de repartir en avant. Il emprunte le couloir de gauche, celui qui semble un peu plus étroit que le reste avant de reprendre sa réflexion.

    « C'est l'ignorance car elle est mère de tous les maux. L’idéologie et l’inculture engendrent l’intolérance et le fanatisme. Ce n’est pas le savoir, mais l’obscurantisme et l’ignorance qui forgent les identités meurtrières. La connaissance est ce qui nous sépare des incultes et des déficients de la plèbe et il ne tient qu'à nous de nous élever au-dessus de la masse pullulante pour atteindre des objectifs clairement définis. Le savoir, c'est ça le véritable pouvoir. »

    Les deux protagonistes avancent encore un moment car le Compendium n'est pas tout près et il est surtout très bien caché. Peut-être qu'Eliëndir s'est perdu une ou deux fois mais ça, Violence n'a pas besoin de le savoir. Ils empruntent des escaliers, puis une échelle un peu plus loin. Ils trouvent un point d'accès à des sources géothermiques. D'ici, ils peuvent descendre encore un peu plus profondément jusqu'au tréfond même de l'existence. Et enfin, une quinzaine de minutes plus tard, ils se retrouvent face à un cul-de-sac. C'est tout. Il n'y a littéralement rien si ce n'est de la moisissure sur les murs autour d'eux. Eliëndir semble hésiter un moment puis s'approche d'un mur pour passer le bout de ses doigts dessus.

    « Au fait, je voulais te demander. Tu n'aurais pas quelques connaissances en Divina, par hasard ? »

    Suite à cela, les lèvres d'Eliëndir se mettent à bouger légèrement comme si le mage noir murmurait quelque chose d'inaudible ou d'incompréhensible, peut-être les deux. Ici point de tremblement de terre ou de porte dérobée comme dans les romans d'aventures. Nous sommes à Melorn et s'il y a bien une chose qui fait l'unanimité dans cette ville, c'est bien la magie. Le mur face à Eliëndir se met soudainement à briller de mille feux dans un flash aveuglant. La lumière est si forte qu'elle éblouit les protagonistes pendant quelques longues secondes et illumine les couloirs adjacents avant de grandement diminuer en intensité. Le mur en pierre face à Eliëndir a disparu, puissante illusion qui perdure à travers les millénaires et qui est vouée à dissimuler l'entrée du Compendium jusqu'à la fin des temps. En place et lieu du mur, se trouve maintenant une gigantesque porte close en pierre blanche qui fait tout de suite écho à l'architecture typique de Melorn. Celle-ci s'illumine comme si elle était gravée et ornée de centaines de pierres précieuses. Les Elfes ont toujours eu un goût très prononcé pour les belles choses, même lorsqu'il est question d'invoquer et d'enfermer des Démons.

    Sur la porte sont gravées des inscriptions en Divina. Certaines ont déjà été déchiffrées par Eliëndir grâce aux manuscrits et aux parchemins de traduction de l'académie de magie. Les plus simples du moins car le mage noir n'a jamais daigné s'intéresser plus que ça à une langue morte et donc inutile par définition. Il sait plus ou moins comment entrer mais autant vérifier si Violence arrive au même constat que lui. Sans dire un mot, Eliëndir recule d'un pas pour laisser Violence s'approcher et y regarder de plus près.

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