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    Alvida Delahaye
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  • Sam 19 Aoû - 12:34
    Et ensuite ?
    Feat. La bande à Morituri


    « Tu vas rester comme ça pendant longtemps p'tiote ? »

    Le regard perdu dans le vague, la dégaine encore plus sauvage qu'à l'ordinaire, Alvida était prostrée sur une chaise. Son tricorne tenait à grand peine la tignasse rousse décoiffée et ses vêtements masquaient à peine les stigmates de blessures lézardant sa peau. La corsaire était tout bonnement éteinte, ses yeux cernés par le voyage chaotique sur un navire bien trop grand pour les quelques matelots embarqués. Elle avait dû mettre ses états d'âme de côté pour les faire parvenir jusqu'au continent mais à présent qu'ils avaient mis le pied à terre et trouvé le réconfort d'une taverne connue, Alvida n'avait aucune direction à prendre.

    « S’qui s’est passé, c’est pas d’ta faute. tu l’sais j’espère ? »
    « A qui alors ? » finit par répondre, maussade, la rouquine. « Il me faut un responsable. C’est moi votre capitaine, j’ai décidé de vous accompagner, d’vous guider. Et après j’vous ai embarqués dans l’camp adverse. On aurait juste dû s’casser dès le départ. Cette histoire puait à des kilomètres. »

    Frustrée de son échec, l’esprit rongé par la culpabilité et une colère qu’elle ne parvenait pas à gérer, Alvida repoussa la main de Garric qu’il tendait vers elle. Le colosse avait pourtant toujours été son ancre. L'un des rares à lui avoir laissé sa chance lorsqu'à l'époque elle avait embarqué clandestinement sur le Léviathan, il avait cru en elle, l'avait prise sous son aile.  La jeune femme s'était souvent appuyé sur lui en période de doutes, il avait toujours été un soutien sans failles. Mais cette fois, elle voulait juste noyer son chagrin, qu'importe si le rhum ne serait son réconfort qu'une poignée d'heures avant qu'elle ne se reprenne en pleine face la réalité.

    « Laisse. Faut que j’m’y fasse mais j’peux pas, là. »
    « Très bien, j’insiste pas. » soupire-t-il en s’éloignant.

    La corsaire en était pleinement consciente : il allait bien falloir qu’ils réagissent. Le galion voguait avec un demi-équipage, le trajet avait déjà été exténuant pour arriver là et pourtant il s’agissait du point d’accostage le plus proche de Kaizoku. Pour en repartir ce serait obligatoire de recruter de nouveaux marins mais Alvida n’en avait pas le courage. Le spectre de ses amis perdus flottait dans son esprit tel une marque indélébile. Qu’elle ferme ou non les yeux, la mort de certains restait figée dans ses pupilles. Autant brouiller cette image, se dit-elle en débouchant la bouteille, avalant d'une longue gorgée son contenu avant de le reposer sans douceur sur la table.

    ***

    A l’extérieur de la taverne, perchée sur les hauteurs d’une grande pile de caisses posées sur les quais, Kayleen sondait l’infinité de l’océan. L’adolescente n’avait pas participé à l’assaut et de sa position elle n’avait vu que des bribes de ce qu’il s’y était passé. Du groupe, la jeune fille était la seule à rester confiante et emplie d’espérances. Pour elle, il était impossible que ses camarades ne s’en soient pas sortis, pas tant qu’elle ne le verrait pas de ses propres yeux. L’enfant restait pleine d’espérance et son cœur s’emplit de joie lorsqu’elle repéra un navire en approche. Sautant à pieds joints de son estrade, elle accourait déjà sur les quais, impatiente de découvrir de qui il s’agissait.

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    Altarus Aearon
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  • Dim 20 Aoû - 13:23
    Le navire aperçu par la gamine était effectivement en approche. Quelques individus s'affairaient dans les voiles pour les ramasser contre les vergues, pour permettre l'accostage en douceur, pour ne pas s'abîmer contre les quais. La coque de la petite corvette était déjà griffée sur sa partie avant-bâbord, lors d'une précédente manœuvre fait dans la plus totale des urgences. Donc, autant éviter de se faire remarquer en butant trop fortement la coque contre le ponton et d'apporter inutilement de la frayeur aux personnes qu'on voyait entassées sur le pont. L'épuisement marquait la majorité de leurs visages, d'autres craquaient et fondaient en larmes en redécouvrant la civilisation, et la fin probable de leurs calvaires après avoir réchappé au désastre de Kaizoku. 

    Altarus était encore à la barre, guidant précautionneusement la corvette. Des cernes de fatigue marquaient le dessous de son seul oeil valide. En voyant que tout se déroulait convenablement, il se permit un profond soupir. Les quelques jours de navigation n'avaient pas été de tout repos... Il avait dû prendre en compte beaucoup de facteurs à bord, étant donné que la moitié des marins nécessaires pour naviguer cette coquille de noix. Entre les blessés à soigner et surveiller pour que leurs blessures ne s'enveniment pas, les quelques cas de peur panique suite aux chocs traumatisants, le rationnement d'eau et de nourriture pour pas que les marins et les survivants ne tombent malades... La promiscuité dans les cales et les recoins du pont pour accorder un minimum d'espace vital...Il peinait à tout se remémorer et ne préféra pas insister, se concentrer sur l'arrivée au port. D'autres navires chargés de rescapés arrivaient, l'heure était donc à la vigilance

    Les cordes d'amarrage furent jetées par-dessus le bastingage. Deux hommes très acrobatiques débarquèrent de la corvette, alors qu'il restait moins d'un mètre entre sa coque et le ponton. Avec habilité, ils attrapèrent les épais liens tressés de chanvre, pour immobiliser le navire en entourant des bornes d'amarrage en bois dense. 

    *Fin du voyage....*songea Altarus non sans une profonde lassitude. 

    Il demeurait sur le gaillard arrière, une main tenant la barre qui n'avait plus de rôle à jouer, regardant les rescapés se presser à descendre à terre, pour quitter ce qui avait été leur bouée salvatrice comme d'un instrument d'assaut en vue de prendre à tout pris Kaizoku. La corvette était venue avec des hommes avides de conquête et elle était repartie pour ramener des rescapés... quelle ironie...

    Se sentant vidé, il décida à son tour de mettre pied à terre. Avant de débarquer à son tour, il croisa Friedrich et ses providentiels marins, qui guettaient son approche. L'épuisement marquait leurs yeux et leurs visages. Le demi-elfe savait déjà ce qu'ils attendaient. 

    ''Je ne saurai comment vous remercier pour votre aide, Maître Friedrich. Vous et vos hommes ont contribué à ce que ce navire arrive à bon port. Le voyage se terminant, vous voilà arrivés sain et sauf.... J'espère que vous retrouverez votre capitaine et le reste de votre équipage...."

    Ils avaient espoir de revoir leurs compagnons vie. Soit, ils étaient ici présents dans ce port, soit ils arriveront avec les prochains vagues de navires emplis de réfugiés. Soit..... il chassa la pensée lugubre qui tentait de l'assaillir. Son esprit commençait à vriller dans bien des pensées Un instant, il chercha du regard où se trouvait le reste de ses amis...Que feront-ils maintenant ? Lil' voudra sans doute suivre le vieux borgne... à moins qu'elle ne termine de s'occuper et d'accompagner les personnes qu'elles avaient aidé ? Ciguë et Crocus ? Les hybrides étaient devenus moroses, il avait préféré les laisser un peu seuls, entre frère, pendant que lui, s'occupait de naviguer. Il y avait la jeune femme, Azura, avec son poste de sénatrice qui le rendait encore mal à l'aise...Il y avait l'officier républicain, qui s'était présenté à lui aussi, dès que la corvette s'était retrouvée loin de Kaizoku. C'était comment déjà.. Gounar Brecher... Non Gunnar... il se rappelait de lui, quand ce n'était encore qu'un jeune homme. Celui-là alors, y en aurait à dire. Cela aurait pu lui arracher un étrange sourire, si la situation actuelle avait été différente...

    Donc, de ses amis et alliés, peut-être qu'eux aussi avait besoin d'un moment de solitude, pour se remettre autant des restes traumatisants de Kaizoku et de la traversée harassante.... Lui, arrivera-t-il à s'en remettre ? La réponse n'était pas au rendez vous pour l'instant.

    Pour les prochesqu'il croisera, il leur précisera d'une voix fatiguée qu'il se rendrait à la taverne du port. On la voyait d'ailleurs, depuis le ponton. POur la rejoindre, il dut un peu louvoyer entre les marins, les ouvriers portuaires locaux un peu dépassés par ce nouvel afflux de gens, les réfugiés eux-mêmes et quelques membres de l'armée républicaine, qui essayaient de mettre un peu d'ordre et de discipline dans ce début de cohue. En frôlant un, il ne put s'empêcher de se crisper un peu. Puis, en face de la porte de la taverne, il eut une hésitation… cela ne lui ressemblait pas. Il évitait de se rendre dans ce genre d'endroit. Mais après tous ces évènements...Il poussa la porte pour y entrer. Aux abysses ses habitudes !
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    Gunnar Bremer
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  • Lun 21 Aoû - 19:21
    Je pousse un soupir de soulagement au son de la coque tapant le quai, synonyme de la fin d’un très long calvaire. J’ai beau avoir une vingtaine de générations de marins dans les ancêtres, je ne suis pas le plus à l’aise sur un bateau. J’ai tout gardé du paternel. Un vrai terre à terre. J’ai pas non plus le mal de mer, mais on va dire que je me sens plus à l’aise sur un sol qui ne bouge pas. Surtout quand a traversé l’enfer à plusieurs reprises, l’autre jour, sur Kaizoku. J’essaie d’y penser le moins possible. Je sais que ça va être le chaos pendant plusieurs semaines et que j’aurais pas d’informations des cousins avant ce laps de temps. Je ne dois pas penser au pire.

    Pour cela, pendant la traversée, je me suis dévoué corps et âme à ne jamais avoir l’esprit libre de diverger vers des pensées noires. Si mes connaissances maritimes sont un peu moisis, je sais quand même faire des nœuds marins et m'occuper d’une voilure. Et l’un des hommes qui me l’a appris, c’était justement le capitaine de ce navire. Le destin est bien fait. En souvenir d’un temps lointain, j’ai essayé de lui montrer que je n’ai rien oublié de ce qu’il m’a appris. Le souvenir de ces punitions m’ont d’autant plus motivé que je ne les souhaite à personne : les marins savent se montrer ingénieux avec peu de moyens. J’ai déboulé d’efforts pour me rappeler des bons trucs et excepté un nœud mal fait au deuxième jour; qu’on pourrait mettre sur le dos de la fatigue, je crois avoir évité la colère du vieil homme.

    C’est qu’en dehors de mes activités de marins de fortune, j’ai pas non plus chômé. Mes insignes d’officiers républicains, je m’en suis servi pour réhausser de tout mon poids l’autorité du capitaine et éviter que les survivants, brisés par ce qu’il s’est passé et à cran à cause des privations, ne cèdent à la panique, voire à la révolte. C’est tout de même un peu mon boulot, de gérer les foules. A par quelques crises de colère passagère, on n’a relevé aucun débordement. Faut dire que deux ou trois récalcitrants se sont rapidement calmés avoir croisé le regard de l’un des ratons-laveurs. Crocus, je crois. Du genre à vous conseiller de la fermer si vous ne voulez pas vous retrouver bouffer de l’intérieur. Moi-même, je préfère les esquiver.

    Puis, il y avait la sénatrice. En tant que seul représentant des forces de l’ordre du navire, il m’était obligatoire de veiller à sa sécurité. Vous vous imaginez mon sort si on apprend que la sénatrice sous ma protection s’est fait suriner en pleine nuit par un autochtone avide de vengeance ? J’ai pas hâte de visiter le Razkaal, vous savez. Si l’autre politicard a fait savoir qu’elle n’avait pas besoin qu’on veille sur elle, il a bien fallu que je l’écoute pas et que je garde un oeil sur sa petite personne. Je tiens à ma peau. A cause de tout ça, j’ai accumulé un niveau de fatigue rarement atteint et les rationnements n’ont pas aidé. J’ai même fait partager mes portions avec certains survivants. On me disait qu’on arriverait bientôt et c’était pour les aider à se calmer. Il aurait suffi d’une étincelle un peu trop forte pour que tous nos efforts de stabilité soient jetés à bas. Et je ne voulais pas que ça arrive. ça suffisait des horreurs pour une vie entière.

    Alors quand on arrive, j’ai un long soupir en fermant les yeux. Je reste totalement inutile pendant toute la phase d'amarrage, mais je n’en ai cure. J’ai donné comme les autres. On ne viendra pas m’emmerder. Pendant quelques secondes, je commence à cogiter alors que je devrais pas, puis j’arrive à mettre une pensée dans mon esprit. Quelque chose dont mon envie est fulgurante à tel point que ça m’humidifie la bouffe de façon insoupçonnée. Oui. Le nectar tant attendu.

    Une bière fraîche.

    Le capitaine a parlé d’un rade ? Bonne idée. J’ai quand même un truc à faire avant et j'interprète la sénatrice au plus tôt.

    -Je vais essayer de vous trouver les gars du coin pour qu’ils s’occupent de vous, sénatrice.

    Histoire de me débarrasser du devoir de la surveiller. Un poids toujours sur les épaules. En observant les quais, je me doute que les locaux doivent déjà avoir une quantité phénoménal de boulot et ils ne vont pas accueillir joyeusement l’idée de devoir gérer une sénatrice par-dessus le marché. Je m’en cogne. J’ai qu’une seule quête en tête : profiter des joies de la vie en me remplissant le bide. J’ai une fringale terrible. On se met d’accord avec la sénatrice sur la marche à suivre puisqu’elle fait preuve aussi d’une volonté d’aller vite, ce qui n'est pas pour me déplaire.

    Je finis par débarquer, avec mes yeux fatigués, je sens quand même qu’on me regarde de travers. Un grand gaillard qui se rapproche davantage du zombie sans la chair putréfiée. J’ai le pas maladroit. Je bouscule un matelot. Je m’excuse. Il mouchte pas. Je fais attention d’esquiver les autres. Ça gueule. Ça beugle des ordres. ça s’insulte aussi. je suis content de revenir en terre civilisée ou personne n’a envie de vous balancer des rayons de magie dans la gueule. Puis une petite voix me parvient aux oreilles. Je la repère au bout d’un moment, juchée sur une caisse. Je plisse les yeux, reconnaissant vaguement quelqu'un. Quelqu’un que j’ai côtoyé sur Kaizoku. Si le premier réflexe est d’avoir un sentiment de dégoût, je repositionne la gamine dans un événement antérieur. C’était pas la gamine qui accompagnait la corsaire ?

    Puis soudain ça tilte dans ma cervelle épuisé et j’écarquille les yeux.
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  • Lun 21 Aoû - 20:15
    Le voyage avait été long… Trop long. Si quelques jours en mer n’effrayaient guère les matelots qui se trouvaient sur le pont, Crocus n’était pas tout à fait de l’avis de passer plus de temps que nécessaire sur les flots. En dehors de sa patience inexistante, l’hybride ne s’était toujours pas fait aux vertiges que lui infligeait la traversée, aux envies de vomir qui l’empêchaient de se mouvoir comme il le désirait. Les paupières mi-closes, l’air passablement blasé, le raton-laveur s’occupait l’esprit comme il le pouvait, aka pas toujours très intelligemment. A la première nuit, il était tombé sur un jeu de cartes enfoui au fond de sa sacoche et l’avait sorti sans connaître la moindre règle qui pourrait lui permettre d’en profiter. Alors il avait fait ce que tout être normalement constitué aurait fait… Inventer un jeu. La patte avant remplie de cartes, il hochait la tête nonchalamment, relevant à peine les yeux vers Ciguë pour tenter de voir ce qu’il avait en main et le rouler dans la farine. Et quand bien même Crocus était un bon escroc, on ne pouvait duper la famille. Les babines retroussées dans un grognement d’énervement, le raton envoya valser les cartes en arrière, donnant un coup de coude dans la boisson de son frangin qui se déversa sur le plancher moisi du pont. « Oh ça me les brise ! Putain !  Fais pas cette tête Ciguë, t’as qu’à inventer ton propre jeu plutôt que me narguer. Faites des gosses… ». Un regard vers Capucine confirma ce qu’il pensait : il était en train de vriller, petit à petit, devenant encore plus déraisonnable qu’il ne l’était déjà en temps normal. Ce qui constituait déjà un petit exploit dans les faits…


    S’absentant régulièrement auprès d’Altarus, Crocus toisait le capitaine comme s’il sondait son âme à plusieurs reprises dans le voyage. Il ne parlait point, sachant très bien que les mots ne pouvaient guérir les maux. Contrairement à ce que beaucoup pensaient, l’hybride savait à quel moment il devait se taire et un deuil faisait clairement partie de la liste. De plus, qu’aurait-il pu lui dire ? Sa haine envers Kaizoku ne faisant que grandir, il se trouvait dans la panade. Jusqu’à dire qu’il se réjouissait de la disparition de l’île c’était pousser le bouchon un peu loin, pour autant n’importe quelle jérémiade faisait mieux d’être tue. Altarus méritait de pouvoir réfléchir en paix sans entendre ses états d’âmes à longueur de journées. Cela ne l’empêchait pas de lui donner occasionnellement un petit coup dans l’épaule ou de chiper une partie de son repas devant ses yeux. Le fait est que l’hybride aurait parfaitement pu voler dans les réserves sans se faire attraper, mais là n’était pas le but de la manœuvre. A sa manière, aussi ridicule soit-elle, Crocus tentait de provoquer une étincelle de rire chez l’ancien pirate. Une nouvelle page de leur vie se tournait et il comptait bien participer à son écriture.


    Lorsque la terre fut enfin en vue, le raton-laveur s’étira de tout son long dans une grimace de plaisir. Enfin de quoi se dégourdir les pattes ! Trépignant d’impatience, l’hybride se tenait en première ligne pour quitter le bateau et sauta sur les quais. C'était autre chose que de vaciller d'un bout à l'autre sans savoir ou se tenir, voguer au gré des vents quand bien même ces derniers étaient manipulés par le capitaine. Le capitaine d'ailleurs... Crocus tourna la tête, cherchant Altarus du regard d'un air perplexe. Le vieux bougre n'était pas resté indifférent à la chute de Kaizoku et si ça ne plaisait pas à l'hybride de faire la babysitter, encore moins de parler de ses sentiments, il ne pouvait pas l'abandonner à son sort. Il aurait pu considérer que la petite Fae suffisait à faire son bonheur mais le bonheur était une notion bien plus complexe qu'on ne pouvait l'imaginer, à ce titre la présence de la boule de couleur ne réussirait pas à combler le trou béant dans sa poitrine. Par ailleurs, elle pouvait ne pas vouloir assumer ce rôle, c'était lui le père, pas elle. Après un énième soupir d'exaspération, Crocus tapa dans le dos de Ciguë pour le faire avancer vers la taverne à ses côtés. Là-bas, il retrouverait d'autres compatriotes de voyage mais surtout, son capitaine capable de lui apprendre où trouver un putain de cache-oeil.
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  • Lun 28 Aoû - 3:21
    C'est au petit matin qu'on a pris la mer, direction le continent. Je suis pas un grand marin moi, je m'en cache pas, mais je pensais qu'en quelque chose comme une journée, on serait arrivés et on n'entendrait plus parler de cette merde. Après tout, avec les blessés, les pirates sur la mer et l'ile en train d'exploser, on n'avait aucune raison de lambiner et nul part d'autre où aller que vers la côte la plus proche.


    Et ben j'ai vite déchanté. Déjà, le capitaine m'a dit que ça prendrait trois jours, peut-être quatre. Au début, j'ai cru que c'était une blague. Pas le sens de l'humour le plus poilant que j'ai vu, mais bon, il passe tout son temps sur trois planches clouées ensemble qui flottent au milieu de la mer. De base faut pas être net, et en plus ça doit vite t'en rajouter une couche ou deux par dessus. J'ai bien essayé de demander à d'autres gars qui avaient l'air de savoir ce qu'ils faisaient. "Quand est-ce-qu'on arrive ?" "Hein, dis, on arrive quand ?" "On y est bientôt ça y est ?"


    Non seulement la plupart étaient pas foutus de me répondre, mais y'en a même un ou deux qui ont voulu me foutre par dessus bord. Et pendant ce temps là, moi, je tournais en rond. Vient enfin la première soirée. Crocus a trouvé des cartes. Je crois qu'il connaissait pas de jeu alors il a inventé des règles. Bon, en temps normal, c'est déjà pas une lumière, mais là il s'est vraiment surpassé. Ca tenait pas debout, au point que même lui a balancé ses cartes avant de se tailler, non sans renverser ma pauvre bouteille de rhum.

    - "Eh, c'est pas parce que t'es pas foutu de jouer aux cartes qu'il faut ruiner mon trajet aussi merde !" C'est vrai ça, qu'est-ce-que je vais faire maintenant que la seule bouteille de rhum sur laquelle j'ai pu foutre la patte est vidée sur le pont ? Ah si, je sais.

    Me faire chier. Mais alors, me faire chier comme un rat mort. La deuxième journée, j'ai tourné en rond. La troisième, j'ai tourné en rond, mais dans l'autre sens. L'idée avait l'air pas mal sur le papier, mais c'était pas aussi enrichissant que ce que j'aurais cru.


    J'ai complètement perdu la notion du temps. A un moment, ca devait être vers le quatorzième jour, j'ai cru que j'allais me jeter à l'eau et en finir. J'étais sur le gaillard, assis sur la rambarde, en train de m'emmerder pour changer un peu de tout cet ennui. Je me suis laissé tomber en arrière, accroché par les jambes en cochon pendu, à regarder les gens faire leurs trucs à l'envers, sur le pont. Pendant quelques secondes, c'était un peu divertissant de les voir faire, puis j'ai réalisé que c'était toujours pareil qu'avant mais dans l'autre sens. Un marin avec un foulard noué sur la tête est passé juste en dessous de moi. Je l'ai chopé par le nœud pour attirer son attention.

    - "Eh... Tu sais pour combien de temps on en a ? Je crois que l'capitaine il perd la tête."

    - "Qu'est-ce-que tu me chantes toi ?" qu'il me répond en dégageant ma main de son foulard d'un geste énervé de la main.

    - "Ben il m'a dit que ça prendrait trois jours pour traverser. Ca va bientôt faire au moins trois semaines, et on n'y est toujours pas..."

    - "Mais t'es taré ma parole ! On est partis hier matin, abruti. Et si t'arrêtes de faire chier le monde, on sera p'têtre arrivés d'ici après-demain soir."

    C'est à ce moment là que j'ai compris que le temps s'écoulait différemment sur un bateau. Ca doit être à cause de la lune, des marées, un truc comme ça. Ou alors ils sont cinglés ces marins. Ou les deux. En tout cas, ils sont pas bien courtois, ni serviables d'ailleurs, ça c'est certain. Et certainement pas ponctuels.


    Et alors que je me croyais perdu à tout jamais, voilà enfin la terre ferme. J'ai cru mourir avant de revoir le sol un jour, soit de vieillesse, soit d'ennui, soit de soif depuis la perte de ma bouteille de rhum, le premier jour. Mais contre toutes attentes, nous voilà sains et saufs dans un nouveau port. Je sais pas si c'est une bonne chose, au final. Du moins, je me suis posé la question jusqu'à voir la délivrance ultime, j'irais presque jusqu'à dire le paradis après cette longue torture.

    - "Je ... Crocus, ça là-bas, le bâtiment... Je crois que je me souviens de ce que c'est." Je le pointe du doigt. "Ca fait si longtemps... J'en ai un vague souvenir, comme si j'en avais déjà vu dans une aut' vie... C'est une taverne bordel !"


    M'en faut pas plus pour reprendre du poil de la bête et m'élancer gaiement dans cette direction. Pas besoin de vérifier, évidemment que Crocus est à côté de moi. De toute façon j'ai l'impression que tout le port converge vers le même endroit. On va revoir exactement les mêmes gueules que pendant le trajet, dans encore plus petit, mais au moins, y'aura à manger et à boire, et dans des quantités obscènes. Enfin, j'espère, sinon il restera rien pour les autres après mon passage.


    En arrivant devant la porte de l'établissement, je l'ouvre d'un grand coup de pied qui l'envoie claquer contre le mur, avant de m'écrier, en me dirigeant vers une table vide dans le coin de la pièce, directement à la gauche de la porte.

    - "Aaaaaaah, la civilisation ! Aubergiste ! Trois choppes de bière, pour le temps de me décider sur ce que je vais boire. Crocus, tu veux quelque chose ? C'est moi qui régale !"


    Et ensuite ? RACCOONS
    Un chef-d'œuvre qui nous vient tout droit du talent sans limites de Rêve (vive Klak-Klak)
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    Azura Aiwenor
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  • Mer 30 Aoû - 21:50
    Et ensuite ? Captur10




    Azura n'avait pas mangée depuis quatre jours mais n'en montrait pas le moindre signe. À plusieurs reprises, on lui avait proposé du gruau et une miche de pain, à chaque fois elle avait poliment refusée, sachant pertinemment que les vivres étaient limités à bord du navire réquisitionné et malgré les rares poissons péchés en route par quelques passagers persévérants, les maigres stocks trouvés en calle s'étaient vite amoindris. La Lumina savait cela et préféra s'abstenir pour laisser ses rations à ceux qui en avaient le plus besoin, à savoir les blessés en premier lieu. De son côté, elle n'avait qu'une plaie superficielle à l'occiput tandis que d'autres étaient brulés au second et troisième degrés ou avaient carrément perdu un membre.

    Lorsqu'ils accotèrent enfin, la Lumina s'était peut-être émaciée quelque peu, mais le fait qu'elle s'abreuve des rayons du soleil lui permettait de ne pas montrer le moindre signe de fatigue malgré une traversée des plus désagréables. Toutefois, les plus observateurs remarqueront que les coutures de son pantalon avaient lâchées au niveau de la cheville, que ses cheveux étaient emmêlés et toujours poisseux (surement du fait de la perfide engeance de Kaizoku) et que ses gestes étaient moins vigoureux qu'à l'habitude. Mais elle affichait toujours un sourire optimiste, elle avait pu se changer les idées au fil de ses discussions avec Altarus, cet allié de circonstance qui s'était révélé quelqu'un de très intéressant, les deux personnages que pourtant rien ne rapprochait avaient échangés une bonne partie de la traversée.

    Quoiqu'il en fut, l'équipage et les nombreux passagers semblaient tous avoir devinés ou entendu, au détour de ses discussions avec le capitaine, qu'elle était sénatrice. Mais son don de ses rations de nourriture et ses coups de mains donnés aux carabins avaient prouvés aux quelques uns des plus hardis que ça ne valait pas la peine de s'en prendre à elle. De plus, il s'avéra bien vite que l'officier plutôt taiseux s'était afféré à veiller sur elle. Bien qu'elle apprécia l'attention et le code de l'honneur du prénommé Gunnar, elle s'en voulait de le voir fatigué à cause de l'attention que cela lui demandait. Elle ne dit cependant rien, sachant qu'il ne changerai pas d'avis dans tous les cas.

    A peine accosté au port de Nanves, sur la côte sud de la République, l'officier proposa à la sénatrice de lui ménager un retour à la capitale assez rapidement. Mais elle ne voulait pas retourner dans les arcanes de la politique d'emblée, sans parler des soigneurs qui se presseraient autour d'elle juste pour constater après milles examens qu'elle va bien. De surcroit, elle se refusait de partir sans demander son reste, plantant ceux avec qui elle avait voyagé quatre jour d'affilée, c'était son côté empathique. Et puis son ventre ne supporterai pas la disette plus longtemps !

    - Non, non, non, à tous les coups ils vont faire appel à un téléporteur qui me renverra immédiatement à Liberty... Je ne veux pas, pas tout de suite. Pas avant un bon repas et une boisson partagée avec vous. Signifia-t-elle à Gunnar. Qui-est-ce ? Demanda-t-elle en suivant le regard de son escorte.

    Azura ne se souvenait pas avoir déjà croisé le chemin de cette petite fille, mais l'officier semblait l'avoir reconnu, indéniablement.





    Les inspirations d'Azura
    • Giselle (Enchanted)
    • Amelie Poulain (Le Fabuleux Destin)
    • Margaery Tyrell (Game of Thrones)
    • Mantis (Guardians of the Galaxy)
    • Sam Gamgee (Lord of the Rings)
    • Jaskier (The Witcher)
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  • Ven 1 Sep - 13:18


    Et ensuite


    Ft. la bande à Morituri
    An 4, le x juillet


    La coque du navire rencontre doucement le bois du ponton tandis que les cordes sont jetées par-dessus le bastingage afin de l'amarrer rigoureusement. Les premiers passagers descendent et des éclats de voix ne tardent pas à s'élever de toutes parts. Les voilà finalement arrivés à bon port après toutes ces épreuves. Pourtant, bien que souriante et soulagée de retrouver la terre ferme, la jeune femme est incapable de se réjouir. Elle ne peut s'empêcher de jeter un énième coup d'œil par-dessus son épaule ; au large, les silhouettes incertaines d'autres vaisseaux se dessinent, mais Kaizoku reste dissimilée à sa vue par la distance. La certitude qu'ils ne sont pas les seuls rescapés est vite chassée par celle, plus insidieuse, que tout le monde n'a pas été en mesure d'évacuer la cité portuaire ravagée. Combien ont péris, piégés dans la lave ? Mieux vaut ne pas y penser.

    Fidèlement postée auprès d'Altarus, Lil' pousse, à son tour, un profond soupire ; fin du voyage, tout le monde descend. Alors qu'il semble encore hésiter, la Fae se pend à son bras et lui adresse un sourire éclatant qui se veut rassurant, encourageant, quoi qu'un brin timide, avant de débarquer à son tour, sans un mot. Qu'ajouter de plus, de toute façon ? Elle lui a déjà tout dit lors de leur interminable trajet ; « Rien de ce qu'on aurait pu faire, ou ne pas faire, n'aurait changé quoi que ce soit. C'est terrible mais, avec ou sans nous, tout était en place. Au moins, on a fait de notre mieux pour retarder l'inévitable. Et nous voilà, ici, tous ensemble, avec des survivants à bord ! » ou « On ne peut pas oublier. En revanche, on peut vivre avec en mémoire de ceux qui y sont encore, et vivre pour tous ceux qui ne le peuvent plus. » n'y avait rien changé. A présent, qu'importe où il compte mettre les pieds, tout est mieux que le pont d'un navire volé en plein milieu d'un massacre doublé d'une catastrophe…

    Déambulant entre les marins et afflux croissant de gens, la Fae réfléchit de nouveau, comme si le trajet ne lui avait suffi. La jeune femme, pour sa part, n'est pas touchée par cet évènement de la même manière que le borgne ; en deux vies, ce n'est pas son premier drame à grande échelle. Bien qu'amère, c'est une victoire pour Lil' qui n'a pas failli : Altarus est toujours en vie. Rien que pour ça, la châtaine se félicite d'avoir rejoint son ami dans ce périple sur fond de tragédie. Après cette traversée qui ne fut pas de tout repos, ni des plus plaisantes, à la fois longue et courte, reposante et éreintante, propice à la réflexion, il est temps de se relâcher, de fêter les vivants et d'honorer les morts. Le souvenir d'une promesse de gueule de bois si elle s'en sortait vivant lui revient alors, soudainement, et Lil' se lance en quête d'une taverne, une auberge, ou n'importe quel trou à rat pourvu d'alcool à profusion.

    Sur son épaule, Bigarrée tire l'une des mèches de cheveux habilement tressée pour attirer son attention. Un cri rauque fuse de son bec lorsqu'elle remarque de petites silhouettes velues s'engouffrer dans le bâtiment le plus proche dont l'enseigne usée, délavée, indique qui s'agit d'une taverne. Elle ne peut s'empêcher de rire face à leur entrée fracassante, digne de ces étranges créatures que le voyage lui permit d'apprendre à connaître.

    Son regard se ternit subitement, et son sourire se fane. Repenser à cela la replonge immanquablement dans le chaos des journées précédentes, à bord du navire.

    Ses journées, elle les a passé à courir entre le pont et les cales un nombre interminable de fois, tel un courant d'air, intenable et inépuisable, laissant dans son sillage le souvenir de trainées de couleurs et de cris rauques, de rires et d'éclats scintillants. Escortée d'une Bigarrée solidement flanquée sur son épaule, la jeune femme apportait son aide comme elle le put, où on la voulut bien. Dès le premier jour, la cargaison du navire changea de nature. Les caisses, vidée de l'intégralité de leur contenu, furent rapidement transformées en dernière demeure et leurs couvercles cloués sur des corps méconnaissables. Dans celle-ci, une jeune mère abandonnait son nourrisson à la faveur de la mort, dans une autre, c'était un soldat qui se battu jusqu'à la fin pour la survie des habitants de l'ile, allant jusqu'à les pousser dans le navire pour quitter Kaizoku. Parfois, Lil' s'affairait à brosser le sol ensanglanté de la cale, où des soigneurs aux connaissances variables opèraient sur des blessés aux membres irrécupérables tandis que d'autres, pour lesquels il eut été moins cruel que la mort vienne les cueillir, ne pouvaient ni crier leur agonie, ni pleurer de souffrance. De l'autre côté, à bâbord, les réfugiés protestés ressemblaient à peine à des êtres vivants. Cependant, à la fois indifférente à leur souffrance et touchée par leur malheur, la Fae ne put que leur sourire gentiment en leur tendant quelques vivres, ou de l'eau pour se désaltérer. Certains, qu'elle emprisonna contre le mur à grand renfort de magie de terre, l'agressèrent pour en obtenir plus, d'autres protestèrent pour que cela aille aux plus jeunes… Ravagés par la souffrance, leur teint était déjà gris, comme maladif, tandis que leurs visages crasseux étaient marqués par le passage de leurs larmes en de contrastants sillons. Leurs yeux boursoufflés et vitreux fixaient le vide. Même les enfants ne se faisaient plus entendre.

    A la nuit tombée, Lil' prennait place au côté du capitaine pour ne plus en bouger. Qu'il restât à la barre ou bien prit part à quelques activités parmi les matelots aux mines bien meilleures, la jeune femme ne le quittait jamais avant le levé du soleil ; ou bien seulement parce qu'elle s'était endormie, ses ailes formant comme une protection dans le dos d'un Altarus… Altéré par les évènements. Elle lui parlait, inlassablement, essayant de le raccrocher à l'instant présent.

    La première soirée fut salvatrice pour le corps épuisé de la Fae, qui dormit d'un sommeil lourd et d'apparence paisible dans un recoin du gaillard arrière. Son corps immobile était recroquevillé en fœtus, seulement recouvert de sa cape colorée d'une aile partiellement brisée, sa tête reposant sur la dureté rassurante d'un ou deux livres à l'abris dans sa besace. Nichée contre son cou, Bigarrée veillait à demi, ses plumes gonflées venant parfois chatouiller la peau tendre de la gorge dénudée. Elle ne dormit, ainsi, pas moins de douze heures. La seconde nuit, en revanche, fut tout autre. Lorsque ses yeux se fermèrent, la jeune femme revit le volcan vomir sa lave en direction de la cité. Le désastre se rejoua dans ses plus infirmes détails, jusqu'à son sentiment d'impuissance qui la torturait dans les tréfonds de son âme tandis que le Kraken surgissait de l'océan afin de défendre Kaizoku. Ses cris de souffrances, trop fidèles à la réalité, fusionnaient avec ceux de la populace ensevelie vivante afin de lui vriller les tympans et lui retourner l'estomac. Les visages spectraux qui s'élèvaient dans le ciel de cendre, la regardant d'un air accusateur, faisaient trembler son corps comme une feuille… Alors Lil' se réveillait en sursaut, couverte de sueur, rongée par la culpabilité. Lorsqu'elle parvenait à se rendormir, c'étaient au tour des différentes sorcières d'assaillir ses rêves, la menace d'une mort imminente à la crinière tantôt blanchâtre, tantôt brune aux dents aussi acérées que celles d'un requin. Sa peau restait longtemps couverte de frissons et de sueurs froides, jusqu'à l'aurore au moins, mais elle ne s'en plaignit pas, ni n'en parlât à qui que ce soit.

    Un cri à l'entrée de son oreille la tire de ses pensées. La jeune femme adresse un sourire reconnaissant à Bigarrée dont le regard semble parvenir à percer les secrets de son âme, et la remercie d'une caresse contre la gorge emplumée. Encouragée par la présence des Hybrides, Lil' jette son dévolue sur la taverne et s'y engouffre à son tour en poussant un « Bonjour ! » retentissant.

    D'un pas décidé, ses talons frappant avec force le sol, la Fae arc-en-ciel rejoint la table des hybrides ratons. Elle hésite un bref instant à la bonne place à prendre avant de s'attribuer celle à côté du nouveau borgne avec lequel, mine de rien, Lil' a partagé bien des mésaventures. Elle s'y laisse choir sans la moindre grâce en soufflant un vague « Les amis… » presque inaudible. Se retenant, une fois encore, de lui rappeler combien il forme un parfait duo avec Altarus, elle fouille dans son escarcelle pour en sortir une unique pièce en or, la seule qu'elle possède et préserve précieusement depuis longtemps, qu'elle abat sur la table avec force, fermement décidée à ne pas sortir de là sur ses propres jambes.

    « Votre alcool le plus fort ! » commande-t-elle en criant à la cantonade.
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    Alvida Delahaye
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  • Ven 1 Sep - 19:56
    Et ensuite ?
    Feat. La bande à Morituri


    L’adolescente observait avec insistance chaque passager errant sur les quais. Ils avaient tous l’air éreintés, certains étaient même très mal en point. Aucun doute sur leur provenance : eux aussi avaient fui l'île des pirates. la jeune fille, n’arrivant pas à reconnaître un visage connu parmi la foule, avait très vite repris de la hauteur. L’espoir de revoir les siens la tenaillait au corps, partagé avec la déception de faire face à d’innombrables visages méconnus. Pourquoi eux ? se demandait-elle, agacée, avant de finalement poser ses pupilles perçantes sur un homme brun.

    « Toi, je t'ai d'jà vu ! » invective Kayleen de son promontoire en pointant du doigt l'officier avec un insolent manque d'éducation. « J'reconnais ta moustache ! T'étais à Kaizoku. On a tapé des méchants m'sieurs ensemble. »

    Vive et agile, l’enfant bondit sur la terre femme et se faufile entre les marins désœuvrés, allant se planter devant lui, une moue arrondissant ses joues rondes pleines de tâches de rousseur.

    « T'es un ami d'Al, hein ? Tu sais si… » Sa gorge se serre mais elle se reprend. « Tout le monde s'en est sorti, pas vrai ?... Pas vrai ? »

    Ses grands yeux fixaient avec intensité le soldat, une lueur d'espoir désespéré flottant dans ses pupilles claires. Elle jeta malgré tout un regard en coin à la femme brune se trouvant à ses côtés. Le grand costaud était accompagné, mais pas des autres messieurs de l’autre fois.

    « Sasa ! Rich ! Meli ! »  s'écria soudain l'enfant en apercevant des silhouettes se dessiner un peu plus loin derrière le duo.
    « Par Kaiyo, c'est la fillette ! » réagit Friedrich en donnant un coup de coude à sa comparse Melissandre. « Si Alvida est avec elle, aboule la monnaie. »
    « T'es vraiment un rat, sérieux. » soupira la blonde en retour.

    N'ayant cure de leurs chamailleries, Sarah rejoint à grandes foulées feutrées l'adolescente et Gunnar. Par des gestes fluides et animés elle se met alors à signer quelques paroles.

    « Moi aussi j'suis trop contente de te revoir ! Al était persuadée que personne s'en était sorti mais moi j'savais qu'vous alliez tous rev'nir. » fanfaronne-t-elle alors que quelques instants encore ses yeux étaient embués de larmes.

    La brune secoue doucement la tête, jetant un regard en coin à l'officier. C'est là que les deux autres arrivent à leur tour.

    « Pas tous. » contredit Friedrich.
    « On a rassemblé tous ceux qu'on a pu, mais dans les combats et tout ce chaos… Y en a qui sont encore sur l'bateau mais on est plus qu'huit. Les autres… » soupir. « T'as dis que t'étais avec Al ? »
    « Oui ! Et Garric. Ils sont à la taverne. V'nez. » Elle lève le nez vers Gunnar.« Toi aussi m'sieur Moustache. T'as une tête toute triste, ça t'fera du bien de voir du monde. Et vous aussi m’dame, vous avez de grosses cernes. »

    Sur ces paroles, l'adolescente replace son chapeau sur sa tignasse et les entraîne loin du quai, en direction de la taverne, bien pressée de ramener des bonnes nouvelles à ses proches. Kayleen aurait souhaité tous les retrouver mais elle fait bonne figure, pour l'instant. Quelques-uns, c'est mieux que personne, n'est-ce-pas ?

    ***

    La taverne, auparavant plongée dans un silence malaisant, se mit soudain à s’animer. Les portes s'ouvrent à la volée plusieurs fois. On marchait d’un pas lourd, jambes fatiguées se laissaient tomber avec soulagement ça et là. Alvida, lève les yeux brièvement de son lot de consolation, restant apathique à la vue des nouveaux venus. Pourtant, c’est l’arrivée bruyante de deux ratons qui finit par titiller la corsaire. L’un d’eux s’était mit à brailler avant de se diriger d’un bon pas vers une table au fond de la pièce. Il était suivi par la deuxième boule poilue et très vite deux autres figures s’attablèrent avec eux.

    Cette bande…

    La rouquine se leva, faisant racler le tabouret contre la boiserie du sol. D’une main elle se saisit de sa bouteille de rhum et de l’autre elle embarqua un gin encore fermé, coinçant quelques verres à shots entre ses doigts. Sans un bruit, telle une ombre, l’humaine se dirigea vers la tablée animée. Elle posa le tout au centre, jetant un regard entendu à la fae.

    « Ce genre-là ? » dit-elle. Son ton reste sombre mais elle semble soulagée de voir des visages familiers. « J'suis contente que vous ayez pas clamsé vous non plus. J'm'appelle Alvida, au faite, et lui là bas c'est Garric. » dit-elle en désignant du menton le grand baraqué. « Ca vous dérange qu'on s'joigne à vous ? »

    CENDRES


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  • Lun 4 Sep - 19:41
    Le demi-elfe avait fini par rentrer, l'esprit à moitié accaparé dans de sombres pensées. Il trouva une table à part, délaissé tout récemment par ses précédents clients. SAns doute que le remue-ménage du port avec l'arrivée des réfugiés avait piqué la curiosité des derniers occupants, car la bouteille qui demeurait bien seule était encore au trois quarts pleine, accompagnée de deux verres à moitié vidés. Un tel oubli pouvait apparaître comme suspect. Qui laisserait une boisson à peine entamée ainsi, à la portée du premier venu ? À moins que les soiffards reviendraient par après ? Non, ils auraient emporté la bouteille avec. La raison voudrait qu'Altarus commande une autre bouteille... Il attrapa la bouteille pour humer les effluves éthyliques qui s'échappaient du goulot. De ce qu'il arrivait à percevoir était un genre de rhum arrangé, avec une douce fruité et sans doute du fouettard derrière. Et cela lui picotait le nez... le breuvage devait être fort. 

    Il posa la bouteille, attrapa un des verres et essuya les bords avec ses doigts gantés de cuir noir. Aux abysses les précautions d'usage ! Il versa la boisson dans le verre. À la suite de quoi, il la but d'une traite, grimaçant à la forte brûlure que connurent sa gorge et son palais au passage du liquide. Prenant le temps d'encaisser cette première rasade, il redressa un peu sa tête pour étudier un peu les lieux. Il découvrit non sans surprise la présence d'une bonne partie de ses connaissances... Comment n'avait-il pas pu les voir. Il soupira tout en fermant sa paupière. Chacun d'eux subissait les affres de l'éruption de Kaizoku... Chacun d'eux mettra du temps pour panser les blessures psychiques provoquées par ce drame sans nom. Il remplit à nouveau son verre et son contenu suivit la même voie que le premier. 

    Chacun de ses amis et connaissances… En réfléchissant un peu à chaque visage qu'il revoyait, il se rendait compte de l'impact de toute cette histoire... Il revoyait Gunnar, qui était venu à lui une fois qu'il avait donné le cap à la corvette pour rejoindre ce port. Il s'était rappelé quand il était venu à lui. Quelle ironie du sort quand il avait découvert qu'il s'était mis au service de la République... Chose certaine était que Gunnar n'avait pas oublié ce qu'il avait acquis quand il avait été mousse sous ses ordres.  Il n'était pas devenu le marin irrécupérable en apprentissage qu'il avait connu après le voyage en mer. Durant la traversée pour fuir Kaizoku, le borgne n'avait eu aucune remarque vis-à-vis de son aide envers l'équipage réduit. Elle avait été même plus que bienvenu, avant qu'il ne se charge de surveiller la Sénatrice. 

    Le demi-elfe fixa le contenu de son verre. La Sénatrice... Qui aurait cru que cette jeune femme qu'il avait secourue dans les derniers retranchements des combats était une politicienne de la République. Là aussi, il y avait une belle ironie, lui qui de base, était venu avec l'espoir de libérer son île natale du joug de la République, avant de découvrir la triste réalité derrière cet assaut massive des pirates. Durant les quelques conversations qu'ils eurent tous deux, il n'avait pas réellement dissimulé les raisons de sa présence lors de l'offensive pirate... Sa liberté était possiblement en sursis, maintenant... Il but le rhum d'une seule traite, grimaçant encore de la force alcoolisée du liquide ingéré.

    Lentement, la tête commençait à lui tourner.  Altarus se rendit compte à quel point il était épuisé. Il y avait les effets de ce qu'il venait d'avaler... Lui qui buvait des spiritueux moins corsés et plus suaves au palais... Durant ces trois à quatre jours de voyage, combien de temps avait-il dormi, demeurant à la barre pour que la corvette tienne le cap, sous un bon vent ? Peut-être quelques heures par jour... Il revoyait la présence réconfortante de Lil', débordante de vie malgré ce qu'elle avait vécu... un refrain à ce qu'elle avait affronté à Benedictus. S'il n'avait pas pris parti de rejoindre la flotte pirate, jamais, elle n'aurait eu à mettre sa vie en danger... Et pourtant, malgré ce drame, elle était là, tentant de réconcilier le vieil homme à la réalité au lieu de se perdre dans ses songes vis-à-vis de Kaizoku. La corvette, avec des passagers blessés ou encore sous le choc, ne pouvait pas laisser emporter par les courants marins faute de pilotage...

    Pendant qu'il avait tenu la barre, la Fae avait apporté son aide à bord du mieux qu'elle pouvait, comme Azura, Gunnar... Même quand, malheureusement, certains embarqués rendirent leurs derniers soupirs avant d'avoir un dernier hommage en étant offert à la mer pour une noble et dernière demeure. À chaque âme qui s'envolaient vers le Royaume des Âmes, le demi-elfe n'avait pu s'empêcher de ressentir comme un serrage douloureux à sa poitrine... Comment aurait-il réagi si la mort avait frappé ses alliés et amis ? Il n'osait l'imaginer. Il remplit son verre, avant de poser la bouteille et de se frotter l'oeil qui le démangeait. Bon sang... Et pour Crocus et Ciguë ? Le frangin du raton-laveur avait passé son temps à chouiner de la longueur du voyage... Cela tira un bref rictus au coin droit d'Altarus. Il était comme Crocus finalement : braillard, cabochard, mais ayant un bon fond... Le Raton-Laveur qui avait cherché à le dérider un peu, en essayant bien malgré lui d'être taquin en jouant les voleurs ou en

    Altarus leva son verre en vue de l'ingurgiter. Crocus... quelles circonstances l'avaient poussé à se retrouver à Kaizoku ? Il avait manqué d'y passer lui aussi... Si le demi-elfe ne s'était pas joint à l'offensive, peut-être que l'hybride n'aurait pas perdu son œil... Lil' n'aurait pas eu à ressentir l'effroi déchirant d'une nouvelle destruction... Gunnar aurait pu aider ses proches... Et... Il se mordit la lèvre et but son troisième verre. Il grogna devant l'effet encore plus brûlant du rhum. Par les abysses... il n'y avait pas que du fouettard là-dedans... Ce n'était pas plus mal ainsi...

    Un instant, avant de reprendre la bouteille, qui était presque vide, il survola l'environnement intérieur de la taverne de son oeil unique. Il cessa vite son investigation, préférant regarder la surface boisé de la table... C'était plus supportable, moins remuant. L'ivresse l'envahissait de plus en plus. Quel idiot il était.... Il attrapa la bouteille et la vida dans le verre. Recommandait-il une autre bouteille ? Il passa une main gantée sur son visage. Il hésita... Non, il attendra un peu avant de boire ce verre... Il redressa la tête. il crut reconnaître une autre silhouette... La capitaine rouquine ? Elle avait survécu finalement ? Il se rembrunit... Elle était se joindre à l'attaque, avant de le suivre quand ils s'étaient tous attaqués à la Soeur de Côte... Combien de ses hommes avaient-elle perdu ? Et son navire ? Il serra ses doigts sur le verre et le termina d'une traite. Tant pis pour l'attente !

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    Gunnar Bremer
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  • Mar 5 Sep - 23:51
    Je reste un moment bouche-bée, incapable de répondre à l’innocente question de la sénatrice. Qui-est-ce ? Je connais bien son identité, mais les répercussions sont soudainement incroyables. Qu’est ce qu’elle fait là ? Les doutes tourbillonnent dans mon esprit en la voyant aussi vif et énergique. Comme si elle dissimulait bien mieux les maux qui auraient dû assaillir son coeur. Ou bien que sa peine, finalement, n’est pas minée par la disparition de tous ces camarades. Les mots finissent par être laché. Alvida est vivante. Derrière, les autres membres de son équipage exultent à leur manière. Le poids pesant sur les commissures des lèvres, les épaules et dans les cernes des yeux s’évaporent un instant. Et si Friedrich  revendique le fait qu’il n’a jamais douté, je le sens tout aussi rassuré que les autres. Qui sont-ils, hein ?

    -Cette jeune fille fait partie de l’équipage de la corsaire Delahaye. Nous avons travaillé ensemble il y a quelques mois à Kaizoku.

    Peut-être que la sénatrice pourra froncer le sourcil quant à l’utilisation d’une enfant dans un équipage. Elle paraît jeune, moins que celle d'une mousse peut-être, mais elle comprendra probablement que la famille dans un équipage de marins impose parfois de ne laisser personne à terre. La simplicité des mots et du ton dans la bouche de la jeune fille m'arrachant un sourire, j’acquiesce à sa proposition, intimant à la sénatrice de la suivre avant de fermer la marche.

    -L’adresse d’une corsaire sera probablement la meilleure du coin.

    L’adolescente file dans la foule amassée sur les quais et il faut toute la vigilance de ses collègues d’équipage pour ne pas la perdre. La force de l’habitude sans doute. Je reste un maximum vigilant. Il suffirait de pas grand chose pour qu’un gars un peu trop désespéré s’en prenne au hasard à la sénatrice et que ça  tourne mal. Une fois dans un bar, on pourra probablement relâcher un peu la vigilance. La perspective de l’avoir encore dans les pattes pendant un moment ne me réjouit guère. Peut-être que la politicienne a besoin de s’éloigner du tumultes de son retour, mais ça me met plus longtemps dans les ennuis. Avec le reste de l’équipage de la corsaire à mes côtés, on représentera un groupe suffisamment imposant dans n’importe quelle établissement pour que même le plus idiot alcoolique évite de nous chercher des noises.

    Heureusement, on met pas longtemps à rejoindre la destination. Un établissement qui ne paie pas de mine, mais est-ce qu’on vient forcément dans ce genre d’endroits pour la beauté de sa devanture ? Non. Faut juste que le service soit bon. Les marins sont déjà entrés. On s’y engouffre avec la sénatrice. Je puise dans mes réserves d'énergie pour fouiller par magie dans les ténèbres du lieu à la recherche d’une éventuelle menace qu’on ignorait facilement à la faveur de retrouvailles heureuses et d’une recherche hâtive d’une boisson alcoolisée. Visiblement, tout le monde s’est passé le mot. Je repère Altarus, debout dans près d’une table, se sirotant une bouteille au calme. J’ai un bref froncement de sourcil pour lui ; c’est que ça ne lui ressemble pas, mais un capitaine a bien le droit de se vider un peu la tête comme il veut quand on vient de traverser pareil épreuves, non ? Je le laisse à son intimité. A une table, on retrouve les ratons-laveurs, la faë, Alvida et Garric, présentement occupés à vider des alcools, mais pour ces deux derniers, l’irruption de leurs membres d’équipage supposée disparu ont le don de les faire bondir. ça se jette les uns sur les autres, ça se frappe dans le dos, ça s’égosille un plein poumons. Bref, on est content.

    Ainsi, elle a survécu. Je mentirais en disant que ça me rend indifférent. Traverser la rudesse des combats afin de la faire changer d’avis pour constater son décès dans la foulée, ça serait un sacré coup de putes du destin. Là, comme ça, on pourra peut-être dire que je leur ai sauvé la vie. Pas pour me jeter des fleurs, hein, de toute façon, on pourra jamais dire. Ça n'a pas été vain. C’est ce que je garde en mémoire. Même si ça a été fait dans l’objectif de penser à Kaizoku, il est ironique que cet objectif n’est plus qu’un tas de pierres volcaniques fumantes et vides de civilisations. Je les laisse à leur retrouvailles et je privilégie le plus urgent dans l’instant. Je me dirige au comptoir et devant le tenancier qui se satisfait de voir une clientèle toujours plus imposante, mais s’inquiétant de leur capacité à payer, je sors quelques pièces de ma réserve stratégique d’argent. C’est le nerf de la guerre. On ne fait rien sans.

    -Deux bières.

    Les prix sont exorbitants. ça profite clairement des circonstances, mais je ne suis pas d’humeur à discuter. Je note intérieurement de revenir un jour pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Il nous sert. J’en donne une à la sénatrice. J’ai un mouvement dans le vide pour trinquer, puis je bois. Sans m’arrêter. Le tout jusqu’à la fin, reposant la chope sur le comptoir avant de m’essuyer les lèvres d’un revers de main et de pousser un soupir de soulagement.

    Qu’est ce que ça fait du bien.

    -Vous m’excuserez. On peut p’t’être considéré que je suis en service, mais celle-là, elle fait du bien…

    Elle a pas l’air aussi coincé dans ses prérogatives de politiciens que ce que je me fais comme idée de ces gens là. Tant mieux. Je ne compte pas m’arrêter en chemin. Je commande la petite sœur, accoudée au comptoir.

    -Je vous conseille de bien en profiter. Pas sûr qu’on ait un moment de calme avant un moment.

    Même pour moi, ça sera probablement sportif. Le debriefing, retrouver les collègues, vider les casiers des morts. Que du plaisir en perspective. Et je ne cause même pas de mes inquiétudes familiales. J’ai le regard dans le vague. C’est pas bon. Heureusement, je finis par croiser le regard de la corsaire. Je lui adresse un sourire en coin, une grimace, un salut de la tête prolongé d’un geste de la main. Merci ? Salut ? Pardon ? Sans rancune ? Plein de raisons. Je sais pas quel mot mettre sur ce que je lui ai fait subir, finalement, mais en tout cas, elle a l’air d’avoir une bonne descente, comme le reste du groupe. Je me mettrais bien une caisse. J’en ai besoin, je crois. Je sirote la deuxième bière à grande lampée avant de m’approcher autant de la tablée que d’Alvida. Je m’apprête à dire un truc. Un truc intelligent même. Mais finalement, rien ne vient. Toujours indécis, je finis par sortir une connerie avec un sourire en coin.

    -Alors, on t'a manqué ?

    Ça en fait rire certains.
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  • Sam 9 Sep - 15:08
    L'air passablement blasé, Crocus suivait son frère les pattes enfouies dans ses poches. Le trajet avait été long et chiant, à l'image de tout ce bourbier à Kaizoku, à défaut qu'Altarus savait naviguer et qu'il n'avait pas eu la gerbe à force de croiser des vieilles morues. Tout du moins, pas celles qui lançaient des rayons de glace, c'était déjà ça de pris. Le raton-laveur avançait, essayant tant bien que mal de saisir l'enthousiasme de son frangin, mais c'était sans compter son jem'enfoutisme légendaire mêlé à l'inquiétude de ce que leur mère pouvait bien devenir à Liberty. Certes quand il se lançait d'aussi grands voyages il demandait à Camélia ou à Cactus de passer mais avec ces deux-là, rien n'était moins sûr. Il restait le plus attaché à leur génitrice et à ce titre il ne faisait pas vraiment confiance aux autres pour s'assurer autant de son bien être. Il haussa les épaules, fataliste. De là où il était, il ne pouvait rien faire pour arranger la situation. Il pouvait faire ce qu'il faisait de pire : espérer. « Non, j'veux rien. J'ai pas soif, et puis si j'me bourre la gueule, qui va t'empêcher de foutre ton pif là ou il faut pas hein ? ». L'occasion rêvée de faire chier Ciguë sans qu'il s'en souvienne le lendemain, ça ne se loupait pas.


    Lorsque la boule de couleur arriva à leur table, l'hybride leva un sourcil. Sa compagnie n'était pas désagréable, quand bien même il lui faudrait un sacré temps d'adaptation pour se faire à sa spontanéité, pour autant il ne s'attendait pas à ce qu'elle continue à trainer avec eux. L'habitude de s'en prendre plein la tronche, de se faire jeter à coup de pied des tavernes, d'être regardé avec horreur. La rencontre avec Lil avait été aussi surprenante que rafraichissante et si Crocus bougonnait dans son coin, il n'allait pas faire subir son courroux à la pauvre Fae qui n'avait rien demandé. « T'es sûre que tu devrais boire à ton âge? C'pas contre toi l'arc-en-ciel mais j'ai comme qui dirait le pressentiment que ça va mal finir cette histoire. ». Son regard croisa celui d'Altarus, sentant en lui le mélange savant entre la culpabilité, la peur et ce sentiment d'obligation qu'ils partageaient. Lui remonter le moral s'avérait plus qu'ardu, il lui restait alors l'option de lui changer les idées… en le faisant chier. « Alors comme ça t'es un papounet et tu m'as rien dit, Altarus ? T'avais peur de quoi, que tonton Crocus apprenne à la petiote comment on force une serrure ? ». Comme un père pour elle… Une phrase qui sonnait mal, qui provoquait malgré tout en lui une pointe de jalousie. Le sien était mort, de ses pattes. Il ne le regrettait guère, mais le manque subsistait. « T'as du pot qu'on se soit rencontrés avant la bataille, sinon je t'aurais pas fait de cadeaux. Et en parlant de cadeaux, ton cache-oeil, tu m'le files ? Toi tu dois être habitué à te voir dans le miroir mais moi c'est tout nouveau. ». Après tout pour lui Kaizoku n'était qu'un enchaînement de coïncidences foireuses, autant s'y amuser.


    Crocus leva le museau vers la rousse et le moustachu, réalisant que la tablée devenait de plus en plus grande. S'il n'était pas le plus sociable des ratons, il n'était pas contre se détendre un petit peu après le carnage causé par le volcan. « Oui ben oui installez-vous. Ca fait v'la le temps qu'on est plus ennemis. Puis pour être honnête on l'a pas été longtemps. ». Un peu de binouze aidait toujours à faire passer la pilule et au final, aucun des deux camps n'avait gagné. Être ainsi utilisé comme un pion lui filait la gerbe et l'hybride alla jusqu'à se promettre de ne plus jamais se geler les miches pour un coin aussi naze de la république. Ou toute la république d'ailleurs. Ou tout le Sekai. Après tout il allait clamser dans une vingtaine d'années, il n'était plus à ça près. « Vous comptez aller ou, après tout ce foutoir ? Y'a encore du voyage mais si ça s'trouve on pourrait en faire un bout avec du monde. Ca éviterait de trop s'faire alpaguer en route. ». Et ça ferait plus de casse-croute à voler mais ça, il se garderait bien de le dire à ses futurs compagnons. « On s'taille à Liberty nous, au moins là-bas ça pue pas la poiscaille. Sans vouloir vous vexer hein les natifs de Kaizoku ou de Courage mais chez vous ça schlingue, faut le reconnaître. »
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  • Mar 12 Sep - 19:16
    Et ensuite ? Db22b510




    Nanves avait été le village portuaire qui servait de destination pour la plupart des navires amochés ou à équipage réduits revenant de Kaizoku. Les vaisseaux militaires et civils les moins abimés et chargés pouvaient se permettre de rallier des ports plus grands, voir même voguer directement jusqu'à Courage. Mais la plupart des fuyards arrivaient à Nanves, dans le sud-ouest de la République. Quelques contingents avaient été dépêchés pour assurer l'ordre et contrôler les navires et les équipages qui en descendaient, mais ils étaient pas assez nombreux et certaines personnes se feraient le plaisir de passer entre les mailles du filet tandis que d'autres se réjouiront d'être pris en charge pour leur trouver un logis temporaire et des soins adéquats. La petite capitainerie était débordée, ne sachant plus quoi faire des navires trop amochés, déjà une corvette rafistolée avait été coulée par les matelots une fois les réfugiés débarqués, ne sachant pas quoi faire d'une telle coquille de noix. Tant qu'aux autres navires, certains n'avaient pas de capitaine ni même de propriétaires, ayant surement péris sur l'île, or il fallait bien faire quelque chose de ces embarcations. Mais c'était le problème de la capitainerie, pas des réfugiés dont Azura faisait partie.

    Le navire de fortune qu'Altarus avait trouvé, ce n'était pas le sien, alors peu importe ce qu'il en advenait. Et puis il était abîmé, alors s'il était coulé ou réquisitionné pour réparations, cela ne semblait pas déranger le borgne qui s'était empressé d'en descendre, se rendant à l'auberge. Voyant bien qu'il avait besoin de temps pour lui, la Lumina était resté aux côtés de Gunnar. S'il avait peut-être pensé au départ qu'elle serait un poids pour lui, la sénatrice lui avait prouvé qu'elle savait se défendre d'elle-même et qu'elle était pas compliquée du tout, n'ayant rien d'une noble godiche, afin qu'il puisse abaisser sa vigilance et ne plus la voir comme une sénatrice mais comme une camarade de galère. Après tout Azura était une femme du peuple avant tout, tout comme lui.

    - Merci pour la bière, mais je n'en bois pas, prenez-là, vous avez l'air d'en avoir besoin d'une seconde. Elle lui donna sa choppe avec un sourire. Servez-moi un verre de cidre, s'il vous plait. Doux, merci. Elle se paya son verre, ne voulant pas abuser de l'aimabilité de l'officier.

    Elle était heureuse de constater comme Gunnar avait pu retrouver des gens de sa connaissance, c'était une chance bien trop rare après un tel cataclysme, par rapport à tous ces gens qui avaient perdus leurs proches. De son côté, si elle ne savait rien d'Idunn, elle était persuadée que son amie Maria aie pu se tirer de là-bas à temps et n'avait absolument aucun doutes sur le fait que Neera soit indemne. Quant à son assistant, Ansalis Bestallor, elle l'avait vu grimper sur une embarcation d'évacuation, ce qui signifiait qu'il était surement à Nanves lui aussi, cherchant la sénatrice dans tous les port. Mais il finirait bien par la trouver de lui-même, et c'était pas comme si elle était pressée de rentrer à Liberty, étonnement.

    Une fois assise à la table des corsaires, elle se demanda comment faire bonne impression. Soudain, son estomac se manifesta, lui rappelant qu'elle devait s'occuper de lui. Elle devina alors que les autres membres de la tablée devaient aussi avoir envie de manger quelque chose avec leurs boissons. La sénatrice fit donc signe à l'aubergiste de s'approcher, ce dernier rechigna, se doutant qu'ils n'avaient pas beaucoup de sous à dépenser, mais Azura le décida en tirant de sa besace une pièce d'or. L'aubergiste n'avait pas l'habitude d'être payé en pièces d'or, mais il s'en saisit avec plaisir et indiqua qu'il apporterai une gamelle de gruau ou de porridge à toute la tablée, avec quelque maquereaux fumés.

    Captant les paroles du prénommé Crocus, voulant s'en retourner à Liberty, elle indiqua :

    - Je dois moi aussi retourner à la capitale, messire Crocus.

    Il était cependant fort probable qu'on ne la laisse pas retourner à cheval à Liberty, lorsqu'elle tomberai sur son assistant ou des gardes sénatoriaux envoyés à Nanves pour la retrouver, voir des officiers, il était probable qu'on dépêche un mage téléporteur de l'état pour la rapatrier immédiatement à la capitale. Ce serai moins plaisant que de partager la route avec le groupe actuel, mais telles étaient les obligations de sa fonction.





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  • Mar 26 Sep - 21:52
    - "Non, j'veux rien. J'ai pas soif, et puis si j'me bourre la gueule, qui va t'empêcher de foutre ton pif là ou il faut pas hein ?"

    J'éloigne la première chope déjà à demi-engloutie de mes lèvres avant de froncer les sourcils aux mots de Crocus.

    - "De un, même si t'as vraiment le profil parfait pour, j'ai vraiment pas b'soin d'une nourrice." Je prends deux grandes goulées de ce qui ne sera que l'apéritif de cette journée. "De deux, j'mets JAMAIS mon pif là où il faut pas. Et t'sais pourquoi ? Parce que mon pif, il va où il veut. C'est juste les emmerdes qui sont parfois là où il faut pas." Je ricane légèrement. "Mais en général, ça devient vite les emmerdes de l'autre camp." Je finis d'une traite ce qu'il reste de la chope avant de la poser bruyamment sur la table, à côté de ses deux petites soeurs qui ne vont pas tarder à subir le même sort. "Et de trois, je te donne pas dix minutes avant de t'enquiller quelques verres mais vas-y, joue au grand frère sage, ça tapera p't'être dans l'œil de ton capitaine chéri là-bas !"


    Comme pour trinquer de loin, je tends la main qui tient ma chope vers Altarus, avant de me rendre compte que je l'ai reposée il y a deux secondes, et que j'ai l'air con comme ça. J'en prends vite fait une autre et je termine mon mouvement l'air de rien, ma prestance naturelle même pas ébranlée par cette petite erreur d'étiquette. De toute façon, c'est pas le vieux capitaine qui s'en serait formalisé, il a le regard dans le vide et il me voit même pas. Ca n'a pas l'air d'aller fort, ce qui n'est pas vraiment surprenant dans ce contexte, même s'il tire une sacrée gueule pour quelqu'un dont tous les proches se sont tirés à peu près indemnes.


    Je suis tiré de ma réflexion par une autre capitaine, vachement moins vieille et moins désagréable à l'œil, qui a entendu la requête de notre Piñata préférée et semble décidée à exaucer son souhait, tout en demandant poliment à nous rejoindre.

    - "Z'êtes les bienvenus, toi et tes deux amies là..." que j'lui réponds en regardant les bouteilles dans ses bras, avant de lever les yeux vers l'armoire à glace qu'elle nous présente. "Ah, trois amies, s'cuse j'avais pas vu la dernière, cachée derrière toi." Je laisse échapper un petit sourire narquois malgré moi. J'y peux rien, j'aime être un p'tit con parfois. Souvent. "Moi c'est Ciguë. J'ferais bien les présentations mais j'ai oublié la moitié de leurs prénoms, et d'ici la fin de cette heure, je compte bien avoir oublié au moins la moitié de leurs visages aussi." Du pouce de ma main droite, je désigne Crocus, juste à côté de moi, et fait semblant de chuchoter. "Surtout lui, là."


    En tout cas, les présentations avec un de ses verres rempli à ras-bord de rhum se font très vite et sans accroc. Je me concentre sur la sensation du liquide qui descend, en attendant qu'il fasse son travail et qu'il fasse taire un peu ce qui se cache, plutôt bien d'ailleurs, derrière mon entrain un brin surjoué. Les pensées sombres ne se sont pas fait la malle tout simplement avec quelques semaines de bateau et une chope de bière. J'écoute un peu ce qu'il se dit autour de moi sans y prêter plus attention que ça. Mon regard glisse à nouveau vers le vieux capitaine, qui descend les verres pas moins vite que moi. Mais, même si c'est une performance respectable, c'est pas ce qui attire mon attention. C'est que ce que je lis sur son visage, je le connais bien. Et pourtant je suis vraiment pas bon pour ça, c'est dire à quel point ça se voit de loin.


    Je glisse une de mes deux chopes restantes à Crocus. "Tiens, prends en soin, je te la confie celle-là. La laisse pas réchauffer ou c'est moi qui t'refroidis." Je finis mon verre et je me lève, avant de m'éloigner de la table, non sans une petite tape sur l'épaule de Crocus pour lui signifier que je reviens vite. Je marche jusqu'à celui qui est en bonne voie pour finir dans le même état que son bateau : une épave. Je suis pas du genre à m'emmerder avec les déboires et les états d'âmes des gens, mais là c'est différent. Il a fait beaucoup, pour tout le monde, ça se voit qu'il a bon cœur, et ce dans quoi je le vois sombrer, c'est quelque chose que je connais trop bien.

    - "Eh, cap'taine... Faut pas tirer une tronche pareille. Bon, déjà, c'est l'hôpital qui s'fout de la charité, mais repose cette bouteille. Tu bois plus vite que moi, et si la maison tombe à court avant que je roule sous une table, je vais être de mauvais poil."


    Je me penche vers sa table et je m'y appuie sur les coudes, les bras croisés, et je pousse un long soupir.

    - "Plus sérieusement... Je vois dans quelle spirale tu files tout droit. J'sais pas ce que tu penses exactement, mais j'ai un bon flair, et l'odeur de la culpabilité, elle m'est pas inconnue. T'es responsable de rien. Tous autant qu'ils sont, ils ont choisi d'être là. Ils ont eu l'occasion de se tailler plus d'une fois et ils sont restés jusqu'au bout. Pour leurs propres raisons. Et pour ce que j'en sais, tous ceux qui sont importants pour toi s'en sont tirés en vie..." Je baisse les yeux vers la table. "Sans toi pour nous ramener jusqu'ici, on s'rait certainement tous en train de dormir avec les crabes. Me force pas à faire dans le larmoyant, j'ai une réputation à tenir, mais on t'en doit tous une. Viens plutôt profiter de ceux qui sont encore là." Un autre profond soupir. Je suis pas encore assez bourré pour ces conneries. "Culpabiliser pour ceux qui sont plus là, ça les fait pas r'venir. Et toi, ça t'fait partir loin, très loin, de ceux qui restent."


    Comme pour nous secouer les puces à tous les deux, je tape du plat de mes deux mains sur la table, avant de me redresser brusquement.

    - "Allez viens avec moi vieux, y'a du beau monde là bas. 'Fin je crois, j'ai pas trop fait gaffe." Je lui pause une main sur l'épaule que je serre brièvement, dans une espèce de marque de compassion silencieuse, puis je retourne vers ma table d'origine, en espérant qu'il me suive, et en tendant l'oreille au cas où il aurait quelque chose à dire. Je me sens pas assez à l'aise pour le pousser plus que ça, c'est vraiment pas mon domaine, mais fallait que je fasse un truc, et dans le doute, je vais garder un œil sur lui.


    Alors que j'arrive à table, j'entends Crocus qui raconte à qui veut l'entendre qu'on retourne à Liberty dès que possible. Ca c'est clair qu'on va pas s'attarder dans ce trou à rats, alors qu'un autre trou à rats nous attend là bas. Au moins, celui-là, c'est le notre. Une voix féminine lui répond :

    - "Je dois moi aussi retourner à la capitale, messire Crocus."

    J'éclate de rire.

    - "Messire Crocus ? Oh merde, elle est bonne celle-là, c'est une première !" Je me fends d'une révérence aussi maladroite qu'excessive, avant de continuer avec ton ton pédant. "Monseigneur Crocus, votre voiture est prête, nous nous mettrons en route vers votre domaine à votre convenance. A moins que vous ne préfériez votre manoir de vacances sur la côte ?" Je ricane avec dédain envers ce terme d'un monde qui n'est pas le leur, en reprenant ma place. Et mon verre. "Aaaaaah... Je te la ressortirai la prochaine fois que je vois ta gueule sortir d'une poubelle, tiens."


    Et ensuite ? RACCOONS
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  • Lun 9 Oct - 12:12
    Et ensuite ?
    Feat. La bande à Morituri


    L'accueil fut pour le moins chaleureux. Malgré les mines renfrognées, il y eut bien quelques sourires esquissés à la vue du ravitaillement. Qu’ils se connaissent ou pas, la perspective de partager leur peine ensemble avait ce je-ne-sais-quoi de plaisant. Les visages se détendent un peu. Quelques traits d’humour, aussi. L’un des ratons, Ciguë, avait une bonne descente. Malgré la longueur d’avance de la rouquine, il fallait bien admettre qu’il était proche de la rattraper.

    « Oh, t’en fais pas pour ça, j’ai déjà une bonne longueur d’avance. M’en veux pas si je fini par te prendre pour un oreiller d’ici une heure ou deux. » rigole-t-elle en retour à Ciguë.

    Après avoir goûté à cette nouvelle saveur, celui-ci part par la suite en direction du capitaine, qui s’était directement isolé du groupe. Pas de quoi offusquer la rouquine, qui avait largement de quoi s’occuper, buvant une longue gorgée entre deux plaisanteries avant de la recracher en toussant. Alvida se redresse brusquement à l'arrivée bruyante de son équipage perdu. Ses yeux s'étaient écarquillés de surprise et elle dû battre des cils plusieurs fois pour se convaincre qu'elle n'était pas victime d'un mirage. A ses côtés Garric avait carrément ébroué la table et fait valser sa chaise. Très vite, les deux moitiés rescapées de l'équipage se retrouvèrent dans une joyeuse cacophonie.

    Alvida était revenue à son point de départ, après avoir tiré quelques chaises supplémentaires pour ses compagnons. Son regard dérive sur les deux passagers qui ne s'étaient pas mêlés au groupe, croise celui de Gunnar. Ca alors, lui aussi s’en était sorti ? Un sourire se dessine sur les lèvres volontaires de la rouquine alors qu’elle lui fait signe en retour. Armé de sa bière solidement ancrée dans la main, le moustachu se redresse, s’approchant de la tablée. Il se donne bonne allure pourtant c’est avec une certaine gaucherie qu’il aborde l’ancienne pirate.

    « Alors, on t'a manqué ? »
    « Mouais, vous êtes surtout des aimants à problèmes. » marmonna-t-elle en retour, l’air détaché malgré son regard pénétrant. « Ouais. J’suis rassurée que tu sois en vie. »

    Les autres rigolent mais la corsaire pousse un tabouret vers le nouvel arrivant, ignorant volontairement les taquineries. Elle s’était inquiétée pour cette grande tête de pioche. Il avait été aux premières loges du débarquement et vu ce qu’il s’y était produit… D’ailleurs, où était son éternel binôme ?

    « Et Pancrace ? Il est pas avec toi ? »

    C’est là que l’un des ratons intervient. Celui nommé Crocus, avec la balafre à l'œil. Il questionne à la volée la tablée concernant leurs plans d’avenir, faisant au passage un trait d’humour sur l’odeur de poisson des villes portuaires faisant grommeler certains et s'esclaffer Friedrich.

    « Sans rancune l’ami, s’pas faux. » ricane-t-il.
    « Je dois moi aussi retourner à la capitale, messire Crocus. » répond la femme du nom d’Azura.

    Elle était arrivée avec Gunnar et c’est de son fait que les premiers estomacs vides purent se remplir avec l’avidité caractéristique de personnes affamées. Ciguë, revenu à cet instant, se mit à rire bruyamment, se moquant royalement de son propre frère tout autant que de la formulation pompeuse. Il ne fut pas le seul à se gausser de la sorte, quelques autres en firent de même. Aussi vaillant que soit ce petit gars, il n’en restait pas moins une boule de poils. Peu crédible pour être un nobliau.

    « Va falloir qu’on reste à terre un moment de notre côté. » intervient Alvida, avec plus de sérieux. « Le navire n'est pas fait pour un équipage aussi réduit. Faudra recruter et j’ai pas l’coeur à ça pour l’instant, donc… Ça va être quartiers libres le temps de s’remettre. »

    Ça en ramène beaucoup à la réalité. Les mines auparavant réjouies par les retrouvailles se figent sur des grimaces. On se rappelle les morts, les disparus. Les bouteilles se mettent à tourner entre plusieurs mains, ça boit cul sec. Alvida en fait de même. Ca fait un moment qu’elle tourne à l’alcool, ses joues sont rosés et son visage semble plus expressif, avenant. Elle tient pourtant encore relativement bien… Mais ça commence à monter à la tête.

    « Et toi ? » questionne-t-elle Gunnar, se penchant en avant. « Tu veux faire quoi maintenant ? »

    CENDRES


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  • Jeu 19 Oct - 20:41
    À peine avait-il ingurgité son verre qu'il cala son front contre ses bras croisés sur la table, comme pour se plonger dans une forme d'obscurité, pour s'y enfermer, fuir... ce qui était débile dans un sens, car il se trouvait dans cette taverne, où il s'y était rendu de son propre chef. Il se rendait compte, que trop tard, qu'il aurait dû en choisir une plus isolée pour espérer y trouver la paix... C'était trop tard de toute façon et peut-être était-ce mieux ainsi... Et pour de multiples raisons qu'il ne perdrait pas son temps à lister. Il était là, il y resterait, le temps de noyer son esprit malmené dans une bonne marée alcoolisée, quitte à se faire emporter dans un sommeil d'ivrogne. 

    Essayant de faire le vide dans sa tête en plein tumulte de pensées et de souvenirs, il entendit rire. Il redressa la tête, pour comprendre la raison de cette joie exprimée. La Rouquine avait retrouvé des membres de son équipage et le tout avec Bremer.... Voilà au moins un point positif pour eux tous. Il aurait pu se réjouir, ne serait-ce qu'une once... mais le cœur n'y était vraiment pas. Au moins, la Capitaine Rouquine retrouvait-elle ses hommes, ce sera un fardeau de tristesse en moins à porter pour elle... et pour lui ? Plus maintenant, désormais. Alors pourquoi n'avait-il pas l'impression d'avoir un poids en moins sur le cœur ? Il attrapa la bouteille. Par les abysses, il l'avait déjà vidé. Il observa les lieux et là, il se rendit qu'il était loin d'avoir pris la table isolée, dans un coin... Bon sang, il était vachement proche des autres en fait. Comment avait-il pour se tromper de la sorte. Il était tellement harassé, physiquement comme mentalement, qu'il ne discernait plus la réalité correctement. Ainsi commençait les hallucinations avec l'écrasante fatigue. Pestant intérieurement de cette faute que d'ordinaire, il ne commettait jamais, il chercha une nouvelle proie éthylique. Il la repéra, et n'eut pas besoin de faire d'efforts pour l'attraper. 

    Une serveuse passait avec un plateau empli de diverses consommations. Que de monde aujourd'hui ! On sentait l'afflux des gens qui avaient fui Kaizoku. Oh ! la bouteille, elle tombait ! Oh tant pis, trop de boulot, trop de monde ! Elle ne prêta même pas attention à l'absence du bruit classique du verre se brisant sur le plancher. Le demi-elfe en avait profité pour la choper au vol, par un simple appel de la magie de l'air. Maladroite, il la rattrapa à deux mains, manquant de la faire choir réellement. Heureusement, après une jonglerie un peu grotesque, il la posa sur la table, la tenant fermement pour pas qu'elle lui échappe. La chance était avec lui, elle était pleine. Bon allez, il avait un verre à remplir. 

    Ce fut à ce moment-là que Crocus se pointa. Forcément, on ne pouvait pas louper le Capitaine avec toute la clique qui était proche de sa table... Par les Abysses, il aurait dû aller plus loin... Ou alors, il pouvait encore se lever, retourner à la corvette et terminer de boire tout son soûl à bord, dans un recoin du pont... non, cela était une mauvaise idée. Un accident était vite arrivé… Donc, Crocus était venu l'emmerder ; c'était bien le mot. Il leva à peine son regard terne vers l'hybride. De quoi est-ce qu'il causait... ah oui, il avait eu vent de cela...

    ''L'occasion ne se prêtait à déblatérer sur mes affaires privées… T'es certain que tu sauras à la hauteur pour ton petit cours ? Je pense que Lil' aura, elle, des astuces à te donner "Ça, c'était renvoyé. Il aurait pu en rire, dans un autre cadre. Même devant la réplique quand il devait contempler son visage dans un miroir, sans son cache-œil. " Si je te le file, tu vas vomir de ce que tu verras. Attends…"Il se décida avant toute chose de remplir son verre. Après quoi, il fouilla dans le pan intérieur de sa tunique, pour en tirer un autre cache-œil. ''En avoir un de rechange en toute circonstance... tiens, prends-le... et fais un nœud, vu que ta caboche est moins épaisse que la mienne. "

    Vu ce que Lil' avait pu lui narrer, lors de leurs retrouvailles, il était certain qu'elle était capable de lui apprendre quelques petits trucs. D'ailleurs, il l'observa un court moment. Elle paraissait retrouver sa joyeuseté. Autant qu'elle soit comme cela que morfondue après ce qu'elle avait vécu, encore... Ou alors, était-ce une façon à elle de dresser un mur pour se protéger des effets néfastes de toutes les horreurs qu'elle avait pu voir et entendre ? Possible... Son esprit n'était plus apte à raisonner avec profondeur aujourd'hui. 

    Il profita que le raton-laveur se lança dans une autre conversation pour boire son verre. Bon sang… comment tout cela avait-il pu se produire. Aurait-il pu faire quelque chose s'il avait appris ce qui s'était tramé ? Il remplit son verre, une fois encore, manquant d'en foutre à côté cette fois, car sa main s'était mise à trembler. Il perçut la voix de la Sénatrice, mais ne chercha pas à s'intéresser au sujet. Il foutait la paix aux autres... afin d'être tranquille dans son coin... ce qui était relatif, vu comment il ne s'était pas du tout isolé comme espéré ! Il n'en revenait pas de cette maladresse. Oh et puis zut ! Il lorgna le contenu de son verre.... Encore ou pas ? Encore. Il but son verre, aussi vite que le précédent. Il cligna plusieurs fois des yeux pour chasser les effets qui se faisaient sentir avec le plus fort des effets. Cette fois, il tenait le bon bout pour avoir plus qu'une gueule de bois. La tête lui tourna atrocement, avec un malaise de déséquilibre. Pire qu'un mal de terre. Ce fut à ce moment-là que se pointa Crocus… ah non, c'était son frangin. Il passa une main sur son visage. Bon sang et voilà l'autre qui commençait à lui causer en mode philosophique. 

    Il se força à l'écouter. C'était un peu comme remuer le couteau dans une blessure qui suppurait. Il fixa un instant son verre, redressa son regard à l'oeil survivant vers Ciguë, avant de regarder la table... Il ferma la paupière tellement les images tournoyaient. Il grimaça. Puis, l'hybride lui rappela que c'était par son biais si tout le monde qui était présent ici. Il n'avait pas tout à fait tort, mais à quel prix ? D'ailleurs, comment pouvait-il comparer ses actes avec le prix qu'il avait dû consentir. Diantre, il se dégoûtait presque... Un autre verre ? Ou bien était-ce assez ? Ciguë le poussa un peu à se rapprocher des autres. Suivre son conseil serait mieux, afin de décanter un peu tout ce qu'il avait bu. De toute façon, il n'était plus à jouer dans la réflexion.

    ''T'es comme ton frangin.... quand tu t'y mets.......

    Ce ne fut pas vraument par docilité qu'il accepta de se lever. Allez, autant se rapprocher des autres, comme suggéré par Ciguë.... qui sait, il broiera moins du noir... Et quand on boit trop d'un coup, trop vite, et qu'on veut se relever, on découvre que le centre de gravité de son propre corps n'est plus vraiment stable. Se relevant de sa chaise, pris de cours par une dose d'alcool de qualité médiocre qu'il n'avait pas l'habitude d'ingérer comme il l'avait fait là, il tituba, sentit qu'il perdit l'équilibre, bouscula la chaise qui tomba en même temps que lui... Heureusement, il se retrouva le céans sur le plancher. Est-ce qu'on pouvait vraiment parler d'une chute avec un minimum de dignité. Pas vraiment. Altarus attendit un peu que le sol tangue moins pour tenter de se relever.
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