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  • Dim 3 Sep - 12:38
    À chacun sa richesse
    feat. Jean

    À chacun sa richesse [feat. Jean] Separa13


    Dans la vie, il y en a qui s'enrichissent par le vol de diverses manières - à l'étalage, taxe, par tromperie, par négociation, par revente... - puis il y en a d'autres qui s'enrichissent par les connaissances. Mêler les deux, c'est avoir un esprit affûté pour être le roi des voleurs sous le couvert du plus grand savant.

    Peut-être était-ce ainsi que Soren avait mené la majeure partie de sa vie. S'il avait traîné dans les bas-fonds dans sa jeunesse, il n'avait jamais manqué de quoique ce soit puisque son père absent de sa vie payait grassement un tuteur pour s'occuper de lui. Trop lâche pour l'accueillir chez les Goldheart, mais trop miséricordieux pour lui accorder le droit de vivre dignement. Les pères qui n'assumaient pas leurs enfants, l'ange les avait à la mal ; les siens n'étaient pas voulus non plus, issus d'une grossesse non-désirée et trop compliquée pour envisager l'avortement médical. Aussi se retrouvait-il à élever partiellement seul si on omettait les gardiennes assignées à ce travail, deux rejetons hybridés ange-elfe aux tempéraments très différents dans une vie déjà largement surbookée. Les cernes traçaient d'épaisses traces violettes sous les yeux félins du sénateur.

    Convié à une soirée mondaine, certes fort intéressante pour faire du réseau et revoir de vieux amis, alliés ou amantes (et amants), il avouerait en cette belle soirée au ciel étoilé dégagé préférer se prélasser dans son lit en lisant le dernier livre qu'il avait déniché: "Recueil sur l'immunothérapie, ou comment soigner un corps par ses propres cellules". Passionnant. Un domaine qui méritait encore beaucoup de recherches pour être réellement utilisé dans la médecine de cette époque.

    "Goldheart ! Quel plaisir de vous voir ici !"

    L'ange fut abruptement sorti de ses pensées, verre de vin à la main, par une charmante dame vêtue d'une robe simple et blanche, presque aussi livide que son teint. Une patiente qu'il avait miraculeusement réussi à soigner d'une étrange maladie, mais qui avait nécessité des mois d'efforts par les équipes de Good Omens.

    "Mme Lika", répondit-il d'une voix douce et polie. "Votre présence ici me signale que vous vous portez mieux."
    "Oui, heureusement ! Je poursuis les traitements que vous m'avez prescrits avec grand sérieux ! Une gorgée le matin, et la piqure le soir."
    "Parfait ! Continuez encore pendant deux semaines, et essayez de voir comment réagit votre corps."

    Soren n'était pas tant réjoui de voir la quarantenaire aller mieux, non: ce qui l'intéressait, c'était de savoir qu'un traitement innovant qu'il avait testé directement sur elle, élaboré sur-mesure pour son corps, avait effectivement fonctionné. C'était ça, le plus important.

    Tandis qu'il échangea encore quelques mondanités ennuyeuses avec elle, il glissa un regard derrière l'épaule de celle-ci, discret. Il crut avoir vu un homme dérober quelque chose à une des députées de Liberty, située juste derrière sa patiente. Il cligna quelques fois des yeux et le voleur était déjà loin de sa victime, aussi habile qu'une ombre. Il n'avait même pas eu le temps de voir de quel objet il s'agissait.

    "Veuillez m'excusez", dit-il à son interlocutrice tandis que, d'un pas tranquille, il suivit la direction où le malfaiteur s'était évanoui.

    Quelques épaulées plus loin, il le retrouva près de la grande table où l'on servait alcools et vivres. Absolument personne ne l'avait vu, aussi l'individu lui sembla-t-il tranquille, détendu et ne dénotait absolument pas des autres convives. Avait-il vraiment pris quelque chose ? L'ange se mit à douter quelques instants puis s'approcha de lui.

    "Vous êtes pêcheur ? On dirait que ça mord", lança-t-il avec ironie en détaillant l'individu, puis se pencha vers lui pour parler à voix plus basse. "Un larcin accompli en toute beauté. J'ai presque eu le sentiment d'avoir été victime d'une illusion."

    Puis, son ton et son visage devinrent plus amiables.

    "Soren Goldheart. Sénateur et directeur de Good Omens. Je suis toujours curieux d'une conversation avec des individus talentueux."

    Après un petit silence, il ajouta:

    "Quel que soit leur domaine de maîtrise."




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  • Mar 5 Sep - 20:46
    Cette fois, Bressac était vraiment dans de sales draps. Plusieurs mois auparavant, il avait par ambition emprunté de l’argent à des membres de la pègre qu’il n’avait pas pu rembourser dans les délais. Une chose en appelant une autre, il se retrouva bientôt à genoux dans un champ avec un sac sur la tête et un vaste trou rectangulaire face à lui. Comment s’était-il sorti de cette situation ? En disant un mensonge et une vérité.
    Mais ce qui importait ici, c’était plutôt la suite des évènements. Comme convenu lors de cette nuit fatale, l’homme gras et impitoyable dont il était le débiteur lui offrit une ultime chance de sauver sa peau. Et pour cela, il lui fallait accomplir la prouesse la plus ridicule et la plus téméraire qu’il était possible de concevoir : s’introduire dans une réception donnée par l’un des plus grands oligarques de la République et détrousser une députée de l’opposition aux yeux de tous.

    Sur ce travail, Bressac n’était pas seul. La liste des convives ainsi qu’un éventail de renseignements utiles lui furent remis par plis anonymes et des moyens considérables lui furent prêtés. On l’aida également à préparer sa personnalité et son apparence afin de mieux donner corps à son personnage. Des chaussures luxueuses lui furent prêtées, un costume lui fut taillé sur mesure, et une voiture lui fut prêtée. Sa barbe fut taillée avec élégance, et ses cheveux coupés et coiffés suivant les mœurs d’une vieille noblesse qui se refuse par orgueil à épouser les dernières libéralités de la mode masculine. On tira également quelques ficelles pour préparer des témoins prêts à se porter garants de la réalité et de l’importance de son personnage.
    Pour parachever l’illusion, il avait répété durant des jours un léger accent étranger qu’il maîtrisait désormais à la perfection et s’était exercé à reproduire l’air de fausse modestie que se plaisent à arborer les personnalités les plus fortunées et les plus désœuvrées de la République.

    Le début de la soirée s’était déroulé absolument sans encombre. Bressac avait échangé quelques mondanités de circonstances avec les personnes les plus pédantes et les plus vaines qu’il lui ait été donné de rencontrer jusqu’à présent, et avait parfaitement réussi à se faire aimer d’elles. Le plus difficile restait donc à réaliser : trouver parmi les convives une personnalité prestigieuse et peu méfiante qui lui servît d’alibi et, enfin, agir.

    Pour cela, nul plan préétabli ne pouvait lui permettre de mener sa tâche à bien, et c’était précisément pour cette raison qu’on avait fait appel à quelqu’un comme lui. Quelqu’un qui sache observer, se rendre aimable et hors de tout soupçon, et enfin improviser une solution au moment opportun. Toute erreur l’exposait naturellement à un danger beaucoup plus sérieux que celui qui l’avait projeté dans cette situation, aussi avait il pris grand soin de réduire les risques au minimum.

    Son alibi était la marquise de Montgomery, une dame âgée, fort élégante mais passablement vaine et excentrique, qui s’était entichée de sa verve et de ses aventures rocambolesques. En compagnie de cette respectable dame, il entretenait donc un petit groupe de convives du récit d’un de ses exploits de chasse, observant sa cible qui s’écartait en compagnie d’un autre député, de l’autre côté de la salle.
    Le moment était donc venu d’agir. Il offrit à sa protectrice de lui chercher une boisson et s’excusa auprès de son auditoire. Le larcin en lui-même était la partie la plus délicate, mais fut également la plus fugace. Frôlant chemin faisant le dos de la députée qui se trouvait entre lui et les boissons promises, il attrapa d’un geste furtif le pli qu’elle venait de poser sur le tabouret qui la jouxtait et poursuivit sa route comme si de rien n’était.
    Arrivé devant les grandes tables du fond, il prit un verre pour lui et un pour la marquise de Montgomery, verres qu’il manqua de renverser lorsqu’on l’interpella subitement. Il était question de pêche et, pensa-t-il à cet instant, la métaphore était parfaitement choisie vu qu’il venait précisément de se faire ferrer douloureusement, l’hameçon encore planté dans la joue.
    Bressac se retourna, les deux verres toujours à la main, n’ayant pour expression que la surprise la plus candide et la plus authentique qu’on puisse concevoir. Ce faisant, il put toiser l’importun qui, s’il avait vraiment vu ce qu’il pensait avoir vu, devenait pour lui un problème. L’apparence de ce monsieur n’avait d’ailleurs rien de rassurante à ses yeux. Il s’agissait d’un homme aux cheveux trop blancs pour son âge, avec des yeux étonnamment aimables mais d’une couleur farouche, qui arborait quelques vestiges de cicatrices sur un visage par trop anguleux. Et si tout cela n’avait pas suffi à souffler sur les braises de la nervosité de Bressac, l’inconnu se pencha vers lui et se mit à vanter l’adresse de son larcin. Ce plaisantin avait murmuré ces moqueries avec l’air d’impunité si caractéristique de ceux qui appartiennent à une élite au sein de l’élite.

    Profitant de cet instant pour révéler son nom, puisqu’il était apparemment aussi dramatique que piquant, le trouble-fête se présenta sous le nom de Sören Goldheart. Goldheart, sénateur… évidemment, ce nom lui était familier puisqu’il figurait sur la liste des invités qui lui avait servi à préparer son infiltration. Malheureusement, peut-être d’ailleurs parce qu’il était pris de court, il ne parvenait pas à associer d’autres souvenirs à ce nom. Bressac prit donc aussitôt le parti de se présenter lui-même afin de préserver l’apparence d’un échange ordinaire et cordial.

    - Charles, baron de Höffenstaadt, et votre humble serviteur, dit-il en lui tendant la main. Sachez, Monsieur, que j’ai l’audace de me compter parmi vos plus fervents admirateurs.

    Tandis qu’il réfléchissait rapidement à la meilleure façon de se tirer de cette situation, sa mémoire lui revint d’un seul tenant. Goldheart ; sénateur, veuf. Un homme qui avait connu une ascension fulgurante mais dont il ignorait presque tout, si ce n’est qu’elle avait quelque lien avec la médecine ou la chirurgie… ou la pharmaceutique... Un homme en somme de grand pouvoir et hautement respecté ; mais était-il pour autant respectable ?
    Bressac en était là de ses pensées lorsque la marquise de Montgomery, qui ne voyait pas son protégé revenir, se mit en tête de rejoindre les deux hommes et de les entretenir d’une voix perchée :

    - Sören ! s’écria-t-elle avec force familiarité en posant une main sur son bras. Vous voilà ! Je vois que vous avez fait connaissance avec Monsieur de Höffenstaadt. Savez-vous qu’il nous a tout à l’heure raconté l’histoire la plus fabuleuse et la plus divertissante ?

    Bressac, ou manifestement ici Monsieur de Höffenstaadt, lui tendit le verre qu’il était allé chercher pour elle et sourit de l’air gêné que la politesse exige en de semblables circonstances.

    - Vous m’honorez, Madame, mais je ne saurais importuner Monsieur Goldheart avec mes ennuyeuses histoires de chasse.
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  • Mer 6 Sep - 23:24
    À chacun sa richesse
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    À chacun sa richesse [feat. Jean] Separa13


    Il avait l'air digne, cet homme. Propre sur lui, coiffé comme si on se situait deux siècles en arrière, un accent chantant issu probablement d'une vieille lignée. Probablement, oui. Mon cul. Soren n'était pas dupe, encore moins avec les petits margoulins dans son genre. N'en était-il pas lui-même un, fut un temps ? Cependant, il était amusant d'en prendre un la main dans la sac que on a, soi, su évoluer dans une direction un tantinet plus noble et respectable. Pas exempt de reproches à faire cependant.

    La surprise mimée et sûrement très bien jouée gagna le visage de l'individu douteux. Pendant quelques instants, l'ange douta lui-même de s'il avait vraiment vu la chose. Cependant, ses yeux attentifs ne rataient rien de ce qui se passait, surtout qu'en cette soirée et pour une fois, il n'était pas drogué par sa propre pharmacopée, de ce fait en pleine possession de ses moyens.

    "Baron de Höffenstaadt... Jamais entendu parler, je crains dire. Mais je suis ravi de savoir que vous vous intéressez de si près à mes recherches", dit-il d'une voix charmante, au moins autant que celle employée par le certain Charles. "Dans ce cas, peut-être avez-vu mon article sur la bactériologie étendue au sein des organismes similaires ? De la propagation des maladies dans des milieux défavorisés où les systèmes immunitaires sont naturellement faibles ? D'ailleurs, vous avez dû voir la dernière potion que j'ai mise au point ? Son nom fut difficile à trouver, je voulais de l'originalité... Vous en avez compris le sens ?"

    "Évidemment que non, petit menteur. Mais amuse-moi un peu avec un joli mensonge"
    . Par télépathie, l'ange avait glissé ces mots dans la tête du bel homme en prenant un rictus semblable à un sourire de triomphe... interrompu par la marquise de Montgomery qui détourna complètement la conversation. D'un agacement caché, le sénateur se racla la gorge.

    "Oh, eh bien si madame dit que cela est divertissant, je suis certainement prêt à l'entendre. Bien que je sois scientifique, pas chasseur-cueilleur."

    Encore une moquerie ? Oh, non, ce n'était pas son genre. L'ange était un vrai... ange. En clair, une saloperie de créature créée à la base pour assister les titans dans leur tuerie de masse. Peut-être étaient-ce ces gènes-là que Soren portait le plus.




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  • Lun 11 Sep - 21:49
    Bressac déglutit. La soirée prenait une tournure déplaisante pour un homme qui ne cherchait qu’à s’éclipser discrètement, et elle attirait beaucoup trop d’attention sur lui. La conversation traînait en longueur, et quelques invités avaient interrompu leur discussion pour écouter l’échange impromptu entre l’inconnu baron de Höffenstaadt et le célèbre et craint sénateur Goldheart.
    Le sénateur semblait d’ailleurs fermement décidé à montrer qu’il n’était pas dupe et que la flatterie, même dictée par les règles de la courtoisie, n’avait pas d’effet sur lui. La démonstration de force dans laquelle il s’était engagé au sujet de ses nombreuses publications – fussent-elles réelles ou fictives – semblait probablement anodine aux yeux du petit monde qui s’était formé autour d’eux, mais Bressac en saisissait aisément le sens étant donné que son interlocuteur n’y allait pas avec des pincettes.

    Le plus frustrant était probablement qu’il avait toujours la lettre volée dans sa poche. Son objectif était atteint. Malheureusement, le temps jouait contre lui. Il lui fallait maintenant décamper d’ici le plus vite possible avant que la députée ne se rende compte de l’absence du pli. Etant donné la nature sensible de son contenu, se consola-t-il, elle ne pourrait toutefois pas crier ouvertement au vol sans s’incriminer elle-même. Mais elle avait peut-être des agents dans la bâtisse, et il ne pouvait plus prendre de risques supplémentaires. Tout son malheur se résumait en somme à cet homme qui se tenait entre lui et la liberté, ce sénateur aux airs suffisants qui semblait animé d’une infernale obsession à creuser dans des affaires qui ne le regardaient pas.

    En homme qui choisit ses combats, Bressac jugea donc inutile de rentrer dans une joute verbale avec lui, que ce soit au sujet de ses œuvres ou des piques qu’il lui avait lancé, discussions périlleuses dans lesquelles il n’avait rien à gagner et tout à perdre. Il lui fallait plutôt trouver les véritables motivations de son trouble-fête afin de négocier directement avec lui et de lui proposer un marché. Pour ce faire, il décida de changer complètement l’anecdote qu’il s’apprêtait à raconter de sorte à transmettre au sénateur une offre que lui seul pût comprendre. Comptant sur sa capacité d’improvisation, Bressac se lança :

    « Il s’agit d’un modeste épisode de chasse
    Qui ne me rapporta ni trophée ni carcasse,
    Mais qui fut le début d’une longue amitié.
    Je n’en dis donc pas plus ; je vous laisse en juger.

    Chevauchant dans le nord à travers les forêts
    Je chassais le gibier que mon cœur désirait.
    En chemin je trouvai une ferme isolée
    Dont les champs tutoyaient de sauvages contrées.
    J’y trouvai un fermier qui cuvait son malheur
    Et me fit le récit de sa drôle rancœur.
    Le pauvre homme chassait depuis peu un renard
    Qui avait dans ses champs élu son territoire.
    Cette bête était donc à ses yeux un enfer
    Dont il ne savait plus par quel biais se défaire.

    L’animal, paraît-il, avait l’âpre manie
    D’espionner par la porte et faufiler son ouïe,
    Devenant chaque jour toujours plus indiscret
    Pour pouvoir écouter les plus petits secrets.
    Il était si rusé qu’il échappait aux chiens,
    Aux pièges, aux chasseurs, aux arcs et aux gourdins ;
    Quoi qu’on fît pour gêner ses pas et son retour
    Le gredin triomphait et revenait toujours.

    Ce récit m’avait fait une forte impression ;
    Je jugeai ce renard digne de ma passion.
    Désirant relever l’impossible défi
    De chasser cette bête et châtier ses délits,
    J’offris au paysan de l’en débarrasser
    Et de lui restituer paix et sérénité.

    J’avais à cet effet fomenté un complot
    Afin de débusquer son indiscret museau ;
    J’ordonnai au fermier d’aller se promener
    Au cœur de la forêt abritant son terrier.
    Escorté par ses fils, parlant en messes basses
    Ils durent susciter au renard quelque audace
    Puisque l’on vit bientôt dépasser d’un buisson
    Deux courts triangles roux qui faisaient les espions.
    Il fallait se faisant parler toujours plus bas
    Et la bête indiscrète approcha pas à pas.
    Par sa curiosité désormais exposée
    Un grand coup de filet l’eut bientôt capturée.

    C’est ainsi que je pus triompher du renard
    Et j’en célébrai fort vaillamment la victoire.
    Mais voyant sa valeur je voulus l’épargner
    Et m’en fit de ce fait un précieux allié.
    Autrefois indompté et farouche ennemi
    Ce renard désormais m’est fidèle et ami.
    Obéi de ma meute il m’épaule à la chasse
    Et je n’ai de rancœur bien qu’il eut de l’audace ;
    Car la curiosité est un vilain défaut
    Mais l’on peut pardonner tout aux amis loyaux. »

    Des rires et des applaudissements s’élevèrent de l’auditoire qui avait peu à peu grossi autour d’eux, de sorte que Bressac et Goldheart étaient désormais cernés par des convives trop enthousiastes. Quelques mots aimables et poignées de main plus tard, Bressac eut enfin l’opportunité de s’adresser à son geôlier, ce qu’il s’empressa de faire.

    - Accepteriez-vous de poursuivre cet échange au calme ? J’ai l’ambition de soumettre à votre jugement une hypothèse relative à votre dernier ouvrage et je crains que nous n’ayons l’occasion d’en parler plus tard.
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  • Mer 13 Sep - 21:39
    À chacun sa richesse
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    Voilà un merveilleux spécimen, si l'on devait considérer l'individu par le prisme d'un œil plus scientifique. Ce que Soren avait et était. Un sujet d'observation tel était rare, car le malfrat était toujours en possession de qu'il avait dérobé et ne s'était pas encore retiré de la scène de crime, uniquement par sa faute à lui. Le Goldheart d'autrefois aurait certainement été très méprisant à l'égard d'un tel importun, peut-être même lui aurait-il soufflé un peu de poudre blanche aux yeux pour qu'il le lâche et qu'il profite de cette distraction pour s'enfuir, mais le "baron de Höffenstaadt" n'était pas du même acabit. Presque plus gracieux que le sénateur au visage angélique bardé de quelques cicatrices du passé criminel.

    Ainsi ce singulier interlocuteur raconta sa fameuse chasse par... un poème. Tandis que les vers - et les verres ! - s'assemblaient et s'enchainaient, un petit public fut intrigué par ce conteur, barde noble ou gentilhomme artiste, et se délectait de cette prestation inopinée et gratuite. Le spectacle était maîtrisé, la maîtrise de la langue élégante et bien rodée ; on sentait là qu'il n'était pas à sa première œuvre lyrique. Soren trempa ses lèvres dans un vin aussi rouge que le sang frais directement extirpé d'un cadavre tandis qu'il toisait d'un regard distrait et amusé le comparse accaparer les convives.

    Celui-ci sembla sous-estimer la perspicacité de Soren à saisir les doubles-sens et les invitations cachées, car bien que le bio-alchimiste eut pigé les vers comme ils lui étaient destinés, l'homme lui glissa quand même un mot à voix basse tandis que les applaudissements s'éteignaient et que l'artiste se libéra des dernières poignées qu'il échangeait.

    "Mais bien volontiers. Tenez, prenez donc ce verre" et il lui tendit un cognac pris d'un plateau de serveur qui passait là, "vous en aurez bien besoin."

    Un gage de politesse? Bien sûr. Mais également une fine dose de Lacrimosa glissée dans le liquide tandis que l'ange guidait le baron à l'écart.

    "Permettez-moi de vous féliciter de cette splendide métaphore en alexandrins, sieur le Renard. Que de talents vous recelez !" Il but une gorgée de son vin rouge, moqueur. "Mais c'est inutile de jouer le double-jeu avec moi. C'est pas parce que je suis sénateur que je vais vous coller en prison pour une pauvre lettre dérobée à une députée, du parti Goldheart qui plus est, bien que je suis maintenant curieux de connaître sa nature puisqu'il s'agit de ma famille tout de même."

    Il haussa les épaules, laissant son regard aux pupilles de chat glisser sur les invités de la soirée. Ça faisait du bien d'être à l'écart, à l'air frais dehors. Puis ils se plantèrent à nouveau sur Charles et le vouvoiement se perdit.

    "Je me fous un peu de tes intentions et d'où tu viens, mon cher Charles. Mais enfin, puisque t'as été pris en flagrant délit, tu aurais au moins la bienséance de me révéler ton vrai nom, je l'espère." Bien sûr que cet individu devait penser se mettre en danger en se dévoilant ainsi. "Précieux allié, ami loyal... J'imagine que le poème improvisé n'est pas dépourvu de vérité. Tu as tous tes avantages à m'avoir du bon côté, tu ne crois pas?"

    Et il lui adressa un aimable sourire, tirant une nouvelle gorgée de son vin et invitant ainsi le menteur à faire pareil. La drogue, ici doucement dosée, détendra sûrement le poète qu'il était. Peut-être même des nouveaux vers lui viendront pour divertir l'ange facétieux.

    "Et les belles amitiés, ça commence par l'honnêteté."




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  • Sam 16 Sep - 5:56
    Acceptant gracieusement le verre qui lui était tendu, Bressac se tourna vers la marquise de Montgomery qui lui faisait un signe de la main, inquiète de voir son protégé disparaître de nouveau. Il lui sourit poliment pour lui signifier son prompt retour et emboîta le pas au sénateur. Ce dernier avait accepté son invitation à négocier et le guidait vers les jardins, bien plus calmes, qui leur permettraient de discuter à leur aise.

    A l’extérieur, derrière des carrés de buissons parfaitement taillés, un chemin éclairé par des lanternes mena les deux promeneurs à un petit espace paisible où se trouvait une fontaine cernée par des bancs. Le sénateur, qui témoignait au passage d’un bagage culturel à la hauteur de son rang, eut la bonté de le féliciter, non sans ironie, pour ses vers et pour l’invitation qu’il y avait dissimulée. Cette courtoisie de surface, qui ne le rendait pas moins antipathique aux yeux de Bressac, semblait toutefois promettre d’engager la discussion sous de meilleurs auspices. Voyant son hôte porter son verre à ses lèvres, il décida donc de lever le sien en son honneur et de boire avec lui.

    Malheureusement, les signaux qu’il lui envoyait étaient pour le moins contradictoires. D’un côté, Goldheart lui assurait qu’il ne risquait pas d’être jeté en prison pour son acte, de l’autre il lui apprenait que la députée qu’il avait détroussée faisait partie de sa famille politique. Et comme si cela ne suffisait pas, le sénateur voulait en outre apprendre la nature de cette lettre, ainsi que son véritable nom.

    Nerveux, Bressac désirait gagner du temps pour réfléchir à une solution. Il dégusta lentement le cognac qu’il avait à la main, écoutant attentivement son interlocuteur. Si la lettre qu’il avait dérobée se révélait compromettante pour la députée ou si elle contenait des informations contraires aux intérêts de son parti, le sénateur ne le laisserait pas quitter les lieux en sa possession. La situation était épineuse, mais Bressac n’était pas sans ressources. En homme politique inquiet de la préservation de son pouvoir, Goldheart cherchait à assurer ses arrières et à protéger ses intérêts et ceux des siens, ce qui était une préoccupation parfaitement légitime. Cette inquiétude était donc le premier point qu’il lui fallait adresser pour le rassurer et établir un échange mutuellement bénéfique. La question, à ce point de la discussion, restait de savoir comment manœuvrer sur ce sujet.

    Marquant une courte pause, le sénateur observa le « baron de Höffenstaadt » d’un air narquois et farouche. Puis le vouvoiement se perdit, ce qui déplut fortement à Bressac. Préférant éviter d’envenimer la situation, il décida de l’ignorer pour le moment et de songer plutôt au fond du problème. Cet homme pouvait être un obstacle ou sa porte de sortie, et il entendait bien lisser la situation au maximum pour emprunter la seconde. Il réalisait qu’il lui fallait commencer par convaincre Goldheart de son honnêteté pour le mettre à l’aise et ouvrir une négociation. Une telle prouesse était certes grandement compliquée par la situation dans laquelle il se trouvait et le contexte de leur rencontre, mais un argumentaire clair, persuasif et imparable s’était formé dans son esprit. Aussi, après avoir porté de nouveau le verre à ses lèvres, il se lança, prêt à surmonter cette situation par un savant mélange d’honnêteté, de mauvaise foi, et de persuasion :

    - Monsieur le sénateur, commença Bressac en desserrant légèrement sa cravate et en reprenant son accent naturel, sachez que je vous tiens pour un homme raisonnable, aussi je vous épargnerai les faux-semblants. Permettez-moi d’aller au fait : j’ai la lettre que vous mentionnez dans ma poche, et il me faut prestement la remettre à qui de droit. Vous voyez que je ne tourne pas autour du pot et vous annonce d’entrée de jeu mes intentions.

    Bressac fit quelques pas en buvant une nouvelle gorgée de son cognac, réfléchissant soigneusement aux mots qu’il allait utiliser.

    - Je désire ardemment que nous devenions bons amis, car je suis dans une situation trop délicate pour refuser une main tendue, et je vous sais trop clairvoyant pour ne pas voir en mon amitié un atout inespéré au service de vos intérêts.

    Se retenant d’une main sur le banc qui se trouvait à côté de lui, Bressac s’arrêta pour reprendre son souffle. Au fur et à mesure de sa démonstration avortée, il avait senti la chaleur l’indisposer et des gouttes de sueur perler sur son front. Sa respiration s’était accélérée et son cœur battait plus fort dans sa poitrine. Il dégusta une nouvelle gorgée de cognac qu’il recracha aussitôt, hilare, en regardant son interlocuteur. Pourquoi ? Lui-même ne savait pas. Le visage parfaitement calme du sénateur ajoutait à l’absurdité de la situation et n’en était que plus désopilant. Manifestement hors de son état normal, Bressac s’assit sur le banc pour respirer un bon coup. Il éprouvait des difficultés à réfléchir et sa vision devenait trouble. Quelque chose n’allait pas. Pouvait-il avoir été drogué ? La couleur du liquide dans son verre n’avait pourtant rien d’anormal ; la robe du précieux breuvage était d’un brun ambré mielleux et pur. Un cognac en somme d’apparence tout à fait ordinaire. Sa vision était malgré tout progressivement altérée par des larmoiements intempestifs et la difficulté croissante à focaliser ses yeux sur un point unique. Il ne voyait plus qu’une image floue, en particulier le sénateur qui n’était pas net.

    - Pas net ! S’exclama Bressac en se tapant la cuisse, son fou-rire tournant à l’hilarité.

    Les pensées se bousculant maladroitement dans son esprit, Jean avait encore suffisamment de lucidité pour réaliser qu’aucun alcool ne pouvait produire un tel effet, surtout à si petite dose. Malheureusement, quoi qu’il eût ingéré, cela ne passait pas, et son hilarité restait incontrôlable.
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  • Dim 17 Sep - 20:43
    À chacun sa richesse
    feat. Jean

    À chacun sa richesse [feat. Jean] Separa13


    Le menteur garda son masque de politesse tandis qu'il desserrait sa cravate, sûrement à la recherche d'un peu plus d'air dans la situation qui s'avérait relativement étouffante. Soren crut lire sur ses traits une sorte de déplaisir, quelque chose d'habituel que l'ange suscitait lorsqu'il usait de son vocabulaire rustre ou qu'il se laissait aller à la cruauté de certaines de ses attitudes. Il avait beau avoir gravi la société pour gagner de plus hautes sphères, ses origines n'étaient jamais oubliées ni trop loin. Quand bien même le Soren actuel aurait pitié de son adolescent lui, à la recherche désespérée d'un moyen d'exister et de se faire voir du monde par l'absence de famille.

    Le sénateur hocha la tête quand ledit Charles révéla ses intentions quant à la lettre. Il gagnait à être ainsi plus honnête. Soren n'avait beau pas posséder la magie qui permettait de détecter les mensonges, il voyait là que son interlocuteur ne mentait pas. Son accent étrange avait disparu, son discours paraissait moins cousu de soie et de broderie faussement riche.

    "Tu as raison. Mon amitié est précieuse. A défaut de l'avoir, je peux certainement te rendre la vie plus facile à divers égards. Ou plus difficile, peut-être?"

    Il but une gorgée en zieutant l'endroit où la lettre était cachée. En vérité, il s'en foutait un peu, de cette lettre. Certes, du parti opposé aux Goldheart, il aurait aimé savoir ce qu'elle contenait, histoire de pouvoir les attaquer sous le meilleur angle possible. Cependant, s'il n'obtenait pas les informations contenues dans ce bout de papier... Sa soirée ne serait pas tant gâchée, dirons-nous. Mais le défi de l'obtenir était trop tentant.

    Puis vint le malaise physique qui gagna le baron. L'ange l'observa comme un scientifique observe son sujet d'expérience, l'amusement déformant ses traits. Aurais-je eu la main trop lourde ? Il lui semblait pourtant avoir mis les doses les plus légères possibles. Le sieur présentait-il peut-être une certaine faiblesse organique à cette substance ?

    "Mais enfin, ressaisis-toi, Charles ! Que t'arrive-t-il ?"

    Il fut surpris de la soudaine hilarité de son interlocuteur. Quel effet intéressant. C'est inédit ! pensa-t-il en n'ayant encore jamais vu la Lacrimosa avoir cet effet. Le baron ne semblait pas euphorique, non, juste... transpirant, essoufflé, larmoyant et hilare. Il avait l'air ridicule. Soren enjoignit son rire à celui de l'individu.

    "Tu n'es pas net, tu as bien raison ! Allons, on va te chercher un peu d'eau..."

    L'ange guida tranquillement sa nouvelle victime du soir vers une fontaine. Il y remplit son propre verre, qu'il vida de son vin par quelques gorgées rapides avant, de l'eau qui coulait de l'architecture puis en aspergea brutalement sur le visage du baron. L'ange s'approcha soudain de lui, usant de sa magie de séduction pour s’immiscer au plus profond dans l'esprit du menteur. Sa poigne, tout à coup de fer, vint saisir l'arrière de la nuque de "Charles" afin qu'il le regarde bien droit dans les yeux.

    "Donne-moi la lettre que tu as dérobée. Ton hilarité n'est qu'un arrière-goût de ce que je suis capable de te faire, mon cher Charles."




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  • Lun 18 Sep - 7:01
    La situation avait largement dégénéré. Bressac le réalisa en sentant l’eau froide de la fontaine asperger son visage et la poigne du sénateur lui saisir la nuque. Les bras ballants et les yeux luisants de défi, il s’entendit ordonner de remettre la lettre, encouragé par une menace aussi terrifiante que sibylline. L’expression orageuse du politicien était glaçante et ne laissait aucune place à la discussion. Pour toute réaction, Bressac se contenta d’éclater de rire, regardant son interlocuteur comme s’il avait annoncé la chose la plus amusante au monde.

    - Donner la lettre !? s’exclama-t-il. Vous êtes complètement flou ! … fou !

    Jean, décidément, n’était pas au meilleur de sa forme. Malgré son hilarité, il réalisait à quel point la situation échappait à son contrôle, et tenta maladroitement de repousser Goldheart de sa main gauche. Le bougre ne le lâchait pas et maintenait son emprise malgré ses tentatives de se dégager. Dans son état normal, il aurait probablement écarté ce gredin sans difficulté. Mais à son grand dam ses forces ne semblaient lui obéir qu’à reculons, si bien qu’il ne parvenait qu’à gêner la vision du sénateur et à pousser son menton en arrière.

    Pour tout observateur extérieur, la scène avait quelque chose de risible, mais intérieurement Bressac n’en menait pas large. Un besoin impérieux et pressant d'obéir à son empoisonneur s’était progressivement insinué de son esprit, si bien qu’il ne songeait plus désormais qu’à lui remettre la lettre tant redoutée. Sa main libre approchait d’ailleurs lentement de sa poche, comme animée d’une volonté propre, et il lui devint alors évident qu’il lui fallait s’exécuter. Une indicible autorité émanait du politicien, tordant sa volonté et s’engouffrant dans les recoins sinueux de son esprit. Affaiblie par la drogue et l’euphorie, sa conscience était assujettie à une force invincible mais séduisante qui ne lui ordonnait qu’une chose : « donne-moi la lettre ». Tandis qu’il effleurait l’enveloppe du bout des doigts, la brusque réalisation qu’il était sur le point de signer son arrêt de mort plongea Bressac dans une effroyable panique. Par réflexe, il repoussa brutalement son empoisonneur, obtenant d’être projeté en arrière, à moitié affalé sur le banc. Goldheart, lui, buta contre le muret de la fontaine mais reprit promptement son équilibre, son regard farouche brillant d’une lueur animale.

    Bressac se massa la nuque en clignant des yeux, tentant de recouvrer la vue et un empire sur lui-même. Son hilarité avait cessé, probablement sous l’effet de la terreur que lui inspirait ce damné sénateur et l’effroyable perspective de retourner les mains vides chez son employeur. Malheureusement, sa vision était encore plus trouble que tout à l’heure, si bien qu’il ne parvenait plus à faire l’appoint et encore moins à évaluer les distances.

    L’ordre du politicien résonnait toujours dans son esprit, et l’irrépressible besoin de s’exécuter et de lui remettre la lettre n’avait pas disparu. A contre-cœur et bien malgré lui, Jean fouilla sa poche, chercha maladroitement la lettre qui s’y trouvait, et au terme d’une longue lutte interne, en sortit finalement un majeur fièrement dressé.

    - En gage de ma loyauté… Monsieur le sénateur.
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  • Mar 19 Sep - 22:06
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    À chacun sa richesse [feat. Jean] Separa13


    Une soirée comme longtemps il n'en avait pas vécue. Certaines sont mémorables par le formidable ennui qui les habite, d'autres par l'inattendu, le déconcertant, l'imprévu, le sensationnel.

    Le larcin n'en menait pas large. Certainement l'ange avait-il abusé sur la dose. Juste un peu. Chaque organisme réagissait différemment,  chaque individu avait besoin d'avoir des doses précises, d'avoir son sang analysé, son métabolisme étudié pour que l'on comprenne le traitement adapté, ou en l'occurrence, les effets que pouvaient avoir la drogue au niveau cérébral. Des tests de ce genre, Soren en avait mené plein dans sa jeunesse ; sur de réels sujets, de surcroit. Des pauvres, des oubliés, des abandonnés, des rebus de la société ou simplement des pères ou mères de famille, des étudiants... Quiconque passait sous sa main et traînait dans les endroit malfamés, au mauvais endroit au mauvais moment. Beaucoup en étaient morts, certes. Mais l'ange avait ainsi pu perfectionner son art, créer de toutes nouvelles substances euphorisantes ou des dépresseurs, des choses qui faisaient planer, dormir, pleurer... ou rire.

    L'hilarité de l'inconnu aux cheveux en bataille cessa. La magie de séduction semblait avoir secoué quelques neurones et rebranché certaines connexions brouillées par le cognac trop chargé. Une genre de peur panique traversa ses traits. Oh, c'était sans doute lié à cette lettre. Était-elle si importante que cela ? Plus les réactions de l'homme s'enchainaient, plus ce bout de papier titillait un peu plus l'ange alors même qu'il s'en fichait bien fort à la base.

    Poussé contre le mur, Soren sentit quelques unes de ses vertèbres craquer et sa douleur de hanche se réveiller. Il grinça des dents. Puis enfin, le voleur lui offrit le signe de loyauté le plus impeccable qui soit: un majeur fièrement tendu en son honneur. La colère traversa l'ange, puis le mépris. Enfin, il se mit à pouffer. Puis, ce demi-rire ce transforma en rire franc. Sa propre drogue faisait-elle enfin effet sur lui, ou bien le grotesque de la situation avait réussi à dominer toute autre contrariété ? Finalement, c'était le genre de réaction que l'ancienne version de lui aurait aussi eu.

    "Un insolent garçon que voilà. Tu mériterais que je me serve de toi comme prochain sujet d'expérience pour la drogue. Ça changera des rats", puis, pensif: "quoique, tu partages pas mal de points communs avec eux."

    Il sourit et reprit de sa prestance.

    "Allez, va. Casse-toi avec ta lettre. Je ne suis pas le meilleur bretteur de l'histoire, pour ne pas dire que je suis devenu nul à chier à ce niveau-là, et je ne vais certainement pas te torturer en public. J'ai une image à maintenir, et toi aussi, Charles."

    Puis, contemplant son verre vide.

    "Un dernier avant de partir ?" Sourire aimable. "Clean cette fois, promis. On s'est assez marrés comme ça."




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  • Ven 22 Sep - 6:11
    Goldheart avait laissé paraître une expression de douleur, puis de colère, et enfin un rire empreint de mépris. S’ensuivit une ribambelle de grossièretés dont le langage était familier à Bressac, puisqu’il avait dans son enfance presque exclusivement évolué dans des milieux où les gens s’exprimaient ainsi. Si ce niveau de langue était apparu, songea-t-il, c’était sans doute parce que le politicien avait eu peur. C’était du moins ainsi qu’il interprétait l’évocation de la notion de bretteur et ses justifications impromptus sur son aptitude au combat.

    De son côté, Bressac n’avait aucune intention d’utiliser la force. D’une part parce qu’il n’utilisait jamais la violence pour parvenir à ses fins, mais aussi parce que cela aurait été parfaitement suicidaire de s’attaquer à un sénateur en pleine soirée mondaine. L’essentiel restait toutefois qu’il l’en crût capable, car cela l’arrangeait infiniment. Loin de vouloir détromper Goldheart sur ses intentions, donc, il regarda autour de lui pour évaluer la situation. Le calme était revenu dans le petit carré du jardin, et personne ne semblait avoir surpris leur petite altercation.

    Bressac se redressa en époussetant son pantalon, grimaçant sous le mal de tête qui commençait à poindre tandis que les effets de la drogue se dissipaient. De nouveau apte à se tenir debout, il rajusta ses manches de veste et sa cravate, l’air peu amène.

    - Votre vulgarité en dit plus long sur vous que sur moi, Monsieur le Sénateur, lâcha-t-il enfin en observant l’image de son interlocuteur devenir plus nette devant lui. Et si j’en crois votre sentiment de supériorité, je dirais que vous ne vous êtes pas souvent comparé.

    Clignant des paupières derrière son pouce et son index, il constata que ses yeux retrouvaient peu à peu leur vigueur et parvenaient mieux à faire l’appoint. Goldheart se tenait à quelques pas de lui, son verre à la main, et il l’invitait à… en boire un autre ? Bressac ne put s’empêcher de rire à cette invitation pour le moins déconcertante.

    - Gardez votre verre, rétorqua-t-il en essuyant les gouttes résiduelles qui floutaient encore sa vision.

    Nul doute, cet homme était absolument effrayant. A côté du peu de respect dont il témoignait pour la vie humaine et dont il allait jusqu’à se vanter, il était absolument imprévisible. En l’espace d’une heure, il s’était montré capable de lui sourire, le droguer, le menacer, et de lui offrir un nouveau verre comme si de rien n’était… Et comme si cela ne suffisait pas, le gredin était redoutablement intelligent. Ce n’était définitivement pas quelqu’un que Bressac souhaitait avoir pour adversaire. Ou comme ami. Toutefois, à l’aube de ses trente-quatre ans, il avait suffisamment d’expérience pour faire la part des choses entre ses émotions personnelles et son intérêt professionnel. Et si les années lui avaient appris une chose, c’était bien que toute crise représentait une opportunité ; et quelle meilleure opportunité que d’obliger un sénateur ?

    - Si vous voulez parler affaires je vous écoute, maugréa-t-il. J’apprécie le franc-parler mais je n’ai que faire de vos délires de grandeur. Vous savez le genre de services que je monnaie et je devine le type de prestations dont vous avez besoin. Je ne vais pas faire un long discours ; je pense que vous comprenez aussi bien que moi l’intérêt d’entretenir une relation mutuellement bénéfique.

    Il fouilla la poche intérieure de sa veste et s’approcha de son interlocuteur qui se tenait toujours dos à la fontaine.

    - Si vous souhaitez faire appel à moi, écrivez à cette adresse, résuma-t-il en lui tendant un bout de papier manifestement froissé au cours de leur altercation. J’ai là-bas un collègue qui réceptionnera le pli pour moi. Ne cherchez pas à m’y trouver, je ne m’y rends jamais en personne. Vous comprenez sans doute mes raisons. Si vous souhaitez me rencontrer, écrivez et je saurai vous trouver. Et puisque vous m’avez énervé, je ne vous ferai pas l’affront de vous prendre de l’argent. Je suis un homme sage et me contenterai de quelques ficelles tirées en ma faveur… Monsieur le sénateur.



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  • Dim 15 Oct - 15:54
    À chacun sa richesse
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    Soren n'était pas en face du type d'individu qui se laissait intimider, écraser ou même menacer. Nul doute que sans la drogue qui coulait dans ses veines, il se serait enfui ou défendu d'une quelconque manière. L'ange ne doutait point qu'un menteur de ce genre possédait sûrement toute sorte de compétence utile pour faire face à des situations imprévues, comme un sénateur manipulateur qui n'éprouvait rien de bienveillant pour les larcins.

    "Au contraire, je me compare souvent. Ce n'est que constatation consternante de remarquer la médiocrité générale des individus."

    Et il but une gorgée du verre que le menteur refusa froidement, prouvant là que celui-ci ne contenait rien de plus qu'un liquide inoffensif si ce n'était que pour le foie bu en trop grande quantité. Et le système nerveux si on comprenait tous les effets dépresseurs que l'alcool avait sur celui-ci.

    "Quel délire de grandeur ? Entre nous deux, je ne suis pas le plus délirant de cette soirée."

    Son ton sec et suffisant résonna dans le verre qu'il tint près de ses lèvres en parlant, et il finit par le boire cul-sec sans l'ombre d'une réflexion. Il le posa ensuite sur un rebord en pierre près d'eux, et saisit la carte que lui fila le mystérieux individu.

    "Nous verrons bien ce que l'avenir nous réserve. Ta sagacité est louable, cependant. On se servira l'un de l'autre, comme toute personne raisonnée en cette nation."

    Une dernière pointe d'ironie glissée, et il s'éloigna de ce faux baron, ses contacts en sa possession. Il n'attendait aucune amitié de gens dont il se servait, mais il préférera sûrement à l'avenir une rencontre plus cordiale si une alliance devait voir le jour ; on ne sait jamais à qui faire confiance sur la scène politique... ou sur toute sorte de scène, d'ailleurs. Surtout en République.




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