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  • Lun 1 Avr - 18:10
    Le cri dans le sable

    @Rêve


    Le souffle chaud comprimait son visage. Il sentait toute sa vigueur du vent aride venir l’écraser et le ralentir. L’aazho était solide et lui permettait une traversée solitaire rythmée et rapide. Dans son dos et sur celui de son animal, il traînait un poids conséquent d’arsenal. Le regard égaré, son esprit restait enfermé dans cette spirale de sables, figé dans des pensées obsédantes.
    Il éprouvait des difficultés à bouleverser ses habitudes. La sacoche sans fond offert par Melorn en remerciement de la Marche du Vent d’Acier reposait contre sa cuisse. Elle servait en priorité de garde-manger… Il avait été habitué à travailler avec si peu de matériel qu’il avait du mal à se dire qu’il pourrait y jeter tout l’arsenal qu’il désirait. Filets, cordes, armes, nourritures, équipements de premier secour. Pour autant, il était conscient que s’y retrouver en cas d’urgence allait rendre le tout chaotique. Il préférait garder ses armes de combat à proximité…
    Aucune senteur agressive ne lui venait aux narines. Attentif aux agissements de l’aazho, il sentirait si le désert agité apportait son lot de problème. Le brun n’avait croisé aucune âme qui vive. Tout juste quelques plantes épineuses et animaux effrayés. Quelques végétaux avaient tenté d’arracher un bout de patte à son animal. Le regard affuté du chasseur lui avait permis d’écarter la menace et l’aazho avait pu progresser sans se soucier d’une éventuelle blessure. Il avait louer la bête pour deux traversées, et il se devait de la rendre à son possesseur en entier. Tout était précisé dans le contrat qu’il n'avait pas lu… Trop détaillé pour lui. Jamais il ne comprendrait pourquoi l’administration était si complexe. Tout pouvait être simplifié pour rendre des transactions plus fluides…


    ꧂ ꧂ ꧂ ꧂ ꧂

    Il dormait moins et s’alourdissait sous le poids du travail pour oublier les pensées néfastes qui l’occupaient depuis peu de temps. L’orbe lui avait injecté ses idées sordides dans la tête, la lueur avait rendu ses pensées dévorantes. Dans les bras de morphée, il y pensait plus que jamais.
    Des idées tournoyaient dans son esprit comme des ombres dansantes. Leurs frénésies hypnotiques le captivaient et l’effrayaient. À chaque grain de pensée venait aussi un sentiment d'angoisse, une inquiétude sourde qui grondait au fond de son être. Il ressentait un profond mal-être lorsqu’il tentait de repousser ses idées auxquelles il ne croyait pas. La destruction de ce symbole si important à ces êtres impurs aurait dû étouffer ces obsessions…

    Il allait rarement vers le sud, mais chaque signalement de bêtes blessées à ramener à Luxuriance réveillait son intérêt.
    Un gnoll avait été signalé estropié dans le désert proche du berceau. Il était vif et se terrait dans un endroit inatteignable.
    Après des heures à combattre le souffle du désert, il entra dans une bulle de quiétude dont aucun son ne drapait le lieu. Cet étrange phénomène le figea puis il descendit de l’aazho pour essayer de capter du mouvement. Le regard dubitatif il avait les oreilles à l’affut du moindre son. Sans équivoque, il ne percevait rien de quatre de ses sens. Seule la vue ne lui avait pas été ôté. Le touché était vaporeux, comme si la créature à ses côtés n’avaient plus de consistance. Le ressenti dans cette bulle lui fit craindre pour sa vie. Il n’avait aucune idée de ce qu’il pourrait advenir d’eux s’il ne pouvait pas poser sérieusement les limites de cet endroit et le comprendre de l’intérieur. Il n’avait perçu aucun voile… Dimitri recula de la zone. Pas à pas sans tourner le dos à cette étrange manifestation. Ce silence sordide oppressait sa cage thoracique mais son visage restait de marbre. Un contrôle parfait de ses émotions était à l’œuvre. Il avait fait face à des nouveautés dans de multiples situations. Il s’y était confronté et les avait combattu s’en problème jusque-là.

    Il pressa l’allure. Aucune sensation de passer une barrière ne se fit sentir. Rien que le vide immensément inquiétant. Il n’avait pas l’impression de sortir de ce lieu étouffant au cœur du désir. Aucune lueur, aucun filament brillant. Le chasseur ne percevait plus la limite franchie, comme si ces frontières avaient disparu, aspirées par le néant. Pouvait-il sérieusement y avoir un tel lieu dans le désert ? Cette fissure ne pouvait qu’être une illusion. Une plante l’avait peut-être griffé pendant sa traversée et il ne l’avait pas senti ? De la drogue avait traversé son organisme ?
    Il était descendu quelque fois de sa monture pour marcher à ses côtés. Il n’avait aucun souvenir d’une blessure.
    En reculant, il se rendit compte qu’il perdait l’équilibre, un gouffre sans fond était apparu dans son dos. Il se rattrapa de justesse. Sa monture elle, glissa et se fit emporter. Au bord de la fissure, le poids massif de la bête chargé par son arsenal le plaquait contre la paroi rocheuse. Du sable s’échappait dans le précipice. Il tenta de remonter la bête sans succès… Il sentit que le mélange de sable et de roche sous son torse s’effritait. Dimitri relâcha la bête à contre cœur mais trop tard. La fissure s’étendit, il chuta sans rien sentir du vent sur son visage. Les ténèbres l’accueillaient.

    ꧂ ꧂ ꧂ ꧂ ꧂

    La caverne aux murmures lui renvoyait des sons brouillés. Des échos de voix du passé qui n’en finissaient pas de l’envelopper. Il ne cherchait pas à décoder et à comprendre, préoccuper par sa volonté de s’échapper. Enveloppé par un voile sombre, les sensations étaient endormis. Il plissa les yeux, gémit et les ouvrit lentement. Il percevaient des échos qui se répétaient. La voix lui disait quelque chose, venue droit de son passé. Une voix grave et colérique, chargé de ressentiment.
    Sa nyctalopie l'aidait à percer l’obscurité quand il sentit une violente douleur au niveau de sa main. Son regard se tourna aussitôt. Il donna un grand coup sur la tête de la bête qui était en train de le grignoter. Un gnoll de petit taille, un jeune adulte sans doute, était en train de se repaître de sa main au calme... Dans la violence du choc, elle roula sur le côté, la tête entre les mains, une plainte s'échappa de sa bouche ensanglantée.

    Du sang s’écoulait d'une plaie béante du chasseur, là où s'étaient trouvés un de ses doigts. Comment n’avait-il pas senti la douleur ? Le choc de la chute ? Probablement à cause de la sensation du touché qui avait disparu à cause de cette bulle de magie brute ? Il s’approcha de l’aazho qui l’observait comme si de rien était. La chute ne les avait pas blessé. Dimitri soigna de manière sommaire sa blessure et serra le bandage. 《 Oh. Y’a t-il un autre connard paumé ici ? 》 Finit-il par demander avec peu de conviction. Il n’adresse plus un regard à la créature qui l’avait bouloter. Les gnolls ne s’attaquaient qu’à des cibles affaiblis ou sans défense. Malgré la faim qui la faisait bavée, elle était allée se terrer dans un coin sombre de la caverne. Il devait s’agit de la créature qu’il recherchait, perdue dans ce gouffre infinie.

    Sa voix lui parvenait en écho tellement puissant qu’il étouffa le son de ses mains. Il se mit alors à explorer l’endroit, dont les sons des voix continuaient de se répercuter contre les parois. Dans une heure, ces voix indescriptibles allaient le rendre fou. 《 Vos gueules… 》 Souffle-t-il d'une voix rauque alors qu’il cherchait une sortie dans chaque recoin de la grotte. Elle semblait lisse de toute entrée et sortie. Aucun souffle ne s’échappait d’une ouverture. Il n’y avait rien que de la roche. Son regard alla vers le plafond dont il ne percevait pas le fond. Peut-être qu’il s’agissait d’une sorte de puit qui s’était effondré ? Ce serait incompréhensible, car il y verrait quelque chose. La grotte était dénuée de tout sable, comme si elle avait été nettoyée et lustrée.

    ꧂ ꧂ ꧂ ꧂ ꧂

    Il tournait depuis des heures. Des jours peut être. Sa notion du temps était devenue flou. Heureusement, il avait sa sacoche pour faire un feu, et de la nourriture. Il balança ce qu’il avait à l’Aazho et au gnoll. Puis commença à désespérer après plusieurs jours à retourner la grotte. Tenter de briser les parois, de creuser, de lancer une lame vers le plafond infinie. Rien à faire, il était piégé sans moyen de sortir. Il finirait sans doute par manger l’aazho et le gnoll avant qu’eux ne le décide. Allongé proche du feu, le regard dans le vague, les voix lointaines s’étaient à peine atténuées. Elles s’intensifiaient lorsque la colère le gagnait. 《 Oui, j’ai bien compris ce que vous m'aviez dit. Prépare le bain, eau bouillante. Vous aviez mis des heures à venir vous plonger dans votre bain parfumé. Si elle avait refroidi, c’était votre problème… Rien de grave non. Cela ne vous a pas empêché de m’enfermer encore. Marquage au fer j’ai l’habitude. Attendez, c’était un secret bien gardé ? Pourtant toute la ville est au courant. Je vous jure, c’est pathétique de vous voir collectionner des choses inutiles pour les exhiber. Aie. Les gens vous ont oublié. 》

    Un soupire, du tissu inutile pour combler ses voix. Il s’était retourné vers le feu pour le regarder briller. Ses ossements, s’il en avait, allaient-ils être retrouvé un jour ? Personne ne serait jamais au courant de sa venue dans cet endroit. Un objet lourd tombe au sol. Ses prunelles inspectent les jolis motifs draconiques sur le sifflet. Il avait oublié ce présent. Le Père Sekai lui avait offert ce bijou inutile en lui confiant qu’il trouverait cet ami tant recherché. Quelle plaisanterie, il pourrait l’essayer, il n’avait plus rien à perdre vu qu’il était en train de crever là. Il se retourna sur le dos et porta le sifflet à sa bouche. Il expira tout l’air qu’il pouvait de ses poumons puis laisse son bras retomber sur le sol froid de la grotte aux murmures.

    Spoiler:


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  • Lun 1 Avr - 19:24


    L'écho du sifflement se perdit dans le vide insondable de la caverne labyrinthique et s'il parvint à tenir sa dernière note durant quelques longues secondes, l'aventurier esseulé n'obtint pour seule réponse que le son des battements de son propre cœur, seul compagnon sonore dans cet océan de vide alarmant. L'espoir s'amincissait à chaque heure, le temps se dilatait. Un homme n'ayant rien à faire ne pouvait que penser et lorsque l'on avait une tête aussi remplie que celle du pauvre hère isolé de tout, la folie ne tardait pas à gratter les bordures des crânes débordant d'ombres pernicieuses.

    Il y eut pourtant, dans ce mortuaire silence, une réponse furtive.

    Un son d'éboulement se réverbéra contre les parois de l'immense réseau souterrain et, dans une série de puissantes vibrations, il arriva jusqu'aux oreilles de l'éclaireur. Le néant reprit bien vite sa place dans l'océan ténébreux et la flamme vacillante de la volonté s'épuisa une énième fois. L'humble Dimitri, toujours dissimulé dans les ténèbres qui l'avaient vu naître, n'attirait que rarement l'attention. N'était il pas tout indiqué pour lui de se laisser aller à la déchéance, à l'abri de tout regard ? Se souviendrait on de lui, quelque part, au Reike ou ailleurs ? Serait il pleuré par qui que ce fut ?

    Un frémissement venteux passa sur le visage tâché de poussière de l'Ombra. Le feu vacilla brutalement au passage de cette curieuse manifestation mais, contre toute attente, il se stabilisa abruptement et retourna à ses crépitements guillerets.

    Dimitri n'était plus seul. Nul Homme ne lui avait porté secours malgré son appel à l'aide mais ce qui venait de pénétrer les galeries obscurcies, de toute évidence, n'avait rien d'un Homme.

    Une légère chatouille se fit sentir le long du cou du traqueur impérial. Contre toute vraisemblance, le sifflet supposément magique s'élevait doucement, quittant son torse alors qu'une force invisible s'en était emparée. La ficelle qui l'ornait caressait la peau nue de son porteur et, sous ses yeux ébahis, le cadeau issu d'un autre monde s'immobilisa à quelques centimètres de son visage puis, dans un claquement sec, le feu disparut, replongeant les lieux dans une pénombre surnaturelle.

    A l'instant même où les flammes moururent, une paire d'iris aussi perçants que luisant apparut, accompagnée par une fébrile lueur spectrale à la teinte violacée. Surplombant le corps de l'éclaireur, la silhouette à peine perceptible d'une demoiselle accroupie au dessus de lui se dessinait, brisant son invisibilité dans un crépitement à peine audible. Du dos de l'étrangère, deux formes immenses se déployèrent, révélant ainsi la provenance de l'étrange luminosité qui s'emparait des lieux. Des yeux, violacés et brillants, s'ouvraient les uns après les autres sur la surface couverte de plumes d'ébène qu'était la paire d'ailes de la chimère. Leurs prunelles cosmiques, dépeignant de lointaines galaxies nées sur un autre pan de réalité, étaient solidement ancrées sur le visage du mourant.

    "Qu'avons nous là ?"

    La lueur conféra à l'éclaireur juste assez d'informations pour percevoir l'effroyable évidence : le visage souriant de la belle créature ne se mouvait nullement lorsqu'elle prononçait ses mots et les deux voix aux timbres opposés ne semblaient pas êtres entendues, mais imaginées. La bête, déjà, s'était frayée un chemin dans l'esprit de son interlocuteur affaibli. L'une des mains de la bête diabolique se posa lentement sur le torse de Dimitri, glissant sur le tissu comme pour chercher à percevoir au travers de celui-ci d'éventuelles variations de rythme cardiaque. La main griffue qui tenait le sifflet se relâcha, laissant l'objet magique retomber mollement sur le torse du pisteur et le sourire du monstre aux allures féminines s'élargit un peu tandis que sa queue drapée d'obscurité fouettait l'air.

    "Un esprit envahi. Comme c'est commun, en ces temps troublés."

    La tête de la chimère se pencha anormalement sur le côté comme l'aurait fait celle d'une chouette et sa mine aimable, alors, se fit interrogative :

    "Tu m'as appelé, rêveur ?"
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  • Sam 20 Avr - 9:49
    Le cri dans le sable

    @Rêve


    Sa peau ressentait des frémissements mais il ne donnait aucun crédit à ce ressenti. Ses yeux s’étaient fermés pour conserver le plus d’énergie possible. Des vibrations, des craquements, des éboulements, faisaient tourner les oreilles des deux animaux. Attentif une seconde, détaché ensuite. L’intérêt dura peu de temps. Dimitri ne le ressentit pas, perdu dans sa bulle mentale, à bercer son esprit entre ses souvenirs morcélés. Les puissantes vibrations firent hérisser les poils de ses bras, sans qu’il ne s’en rende vraiment compte. Un silence total enveloppa l’atmosphère. Son imagination lui jouait des tours depuis des heures, il n’écoutait plus que le battement de son corps et sentait la transpiration de la peur dans cet atmosphère fermé et lugubre. Un silence étouffant auquel on finissait par s’y habituer.

    Une bise poussait quelques cheveux sur le côté, sa respiration maîtrisée était lente. Il se rendait à peine compte des modifications de son environnement. Une chose avait changé. L’enveloppe de cette caverne rocheuse perdue au fin fond de la terre s’était transformée. Un souffle, une respiration mystique, venait de s’ajouter à la leur. Son ouïe perturbé, n’entendait rien que le ronflement insupportable de l’Aazho.
    Le feu du la besace projetait des ombres vacillantes sur les parois. Ombres qui se figèrent, dans l’attente. Les yeux de Dimitri s’ouvraient une seconde, perturbé tout à coup par les étranges picotement que son corps lui envoyait. Signaux qu’un changement dans l’air n’étaient pas qu’une partie intégrante de sa lente agonie.  

    Quelque chose se fondait dans le décor obscure de la caverne rocheuse. Il n’était pas certain. Mais il avait bien du mal à pousser dans ses dernières car il avait considérablement affaibli son organisme en espaçant les repas. Il crut sentir un frôlement, un toucher contre son cou, sans prendre conscience de cette réalité, seul ses prunelles cherchaient un élément dans le plafond sans fond. L’obscurité de l’espace au-dessus de lui apportait une sensation tristement apaisante. L’envie de se redresser le prit. Il aurait pu le faire, mais sa volonté était devenue vacillante après tant de jours enfermés ici. Il lui faudrait une brève impulsion pour repartir.

    Un nouveau frôlement, un toucher délicat, et toujours cette sensation d’être endormie, les muscles mous et assoupis. Soudain, le sifflet s’élève juste devant son nez, sa bouche s’entrouvrit alors que l’objet stationnait dans les airs. Incapable de déceler une forme de magie dans l’atmosphère, il essaie tout de même de comprendre ce qu’il se produit en utilisant ses yeux. La folie l’avait gagné au point qu’il imagineait le sifflet sous l’emprise d’une entité mystérieuse et mystique. Il s’était passée de longue minute après avoir soufflé désespérément dans cet objet débile, était-ce possible que le Père Sekai ait réellement insufflé la magie dans cette chose ridicule qu’il trimballait ? Il avait du mal à y croire. Son dos restait contre le sol disgracieux et froid.

    Désormais, il humait une apparition invisible qui avait accepté de se présenter à lui. Son essence impréniait l'air ambiant et une chair de poule incontrôlée fit frissonner la créature de l’ombre. Inconsciemment, le corps réagissait à cette arrivée impromptue. L’inconnu dans un tel état de faiblesse ne lui donnait pas envie d’en découvrir davantage. Il pouvait parfaitement avoir attirer un monstre dans sa caverne… Puis, le feu fut soufflé et les ténèbres enveloppèrent le lieu. Ses yeux fatigués ne mirent que quelques secondes avant de se réhabituer à la nuit noire. Il percevait dores et déjà les contours d’une silhouette spectrale. Au creux de cette noirceur, des yeux perçants apparaissaient, des ondes violacées entouraient cette chose aux allures féminines. Des crépitement la rendaient visibles, comme si cette créature soignait son entrée. Certains avaient le goût du spectacle… Puis il eut une pensée, peut-être la mort était venue le cueillir sans qu’il ne s’en soit rendu compte ? Il sentait ses doigts, le froid de la pierre et la chaleur du sable. L’air passait dans ses poumons. Tout ceci pouvait être un leurre.

    La silhouette aux courbes longilignes et féminines se tenait au-dessus de lui. À sa vision, le regard de l’ombra se chargea d’incompréhension. Des formes se déployaient dans son dos et laissaient apparaître une douce lumière violette, baignant la grotte de sa lueur irréelle. Des yeux améthystes s’ouvraient sur ce qui semblaient être des ailes aux plumes noires. Cette créature chimérique n’ouvrait même pas la bouche quand elle lui adressait la parole. Les mots apparaissaient dans son esprit, comme gravés quelques secondes, puis s’évaporaient progressivement comme s’ils n’avaient pas exister. La présence emplissait sa conscience  Ses intentions étaient aussi énigmatiques que ses paroles. La pression sur son torse dévoile une main étrange, toutes les courbes de cette personne étaient irréalistes. Son sourire était énigmatique. Elle laissait retomber le sifflet, étirant des mots dans son esprit sans se lasser. Sors de ma tête. Pensa-t-il faiblement. Elle a beau venir d’un autre temps, être effrayante et sublime au possible, cette chose en voulait peut être à sa vie. Il se sentait épuisé et vulnérable, et elle enveloppait totalement son corps de sa présence.

    Son nez se fronce alors qu’il demande à haute voix : 《 Ce sifflement a vraiment capté ton attention, n'est-ce pas ? Les opportunistes ne manqueraient pas de se précipiter à ce son strident. 》 Souffla-t-il avec sarcasme mais crainte. Était-ce le moment de jouer et de faire fuir sa seule chance de s’échapper ? Son cerveau n’était pas suffisamment irrigué à cause du manque d'hydratation et sa méfiance n’en était qu’exacerbée. Le doute creusait son esprit alors qu’une vapeur obscure s’échappait de l’être. Sa queue fouettait l’air et sa tête tombait anormalement sur le côté comme une effraie. La voix en résonnance dans son esprit avait deux tons. Un mélange parfait entre une voix claire féminine et une voix sombre masculine passaient dans sa conscience.

    《 Tu sembles à peine réel. Pourtant je sens ta présence et le poids de ta main sur moi. 》 Elle se permettait un contact avec sa personne et avait l’air de drôlement s’amuser de son désespoir. L’ombra le ressentait de cette façon. Il méprisait cette manifestation de vulnérabilité que son corps figé et tremblant trahissait.

    Cette assistance inattendue ne le rassurait pas vraiment, mais il se retrouvait avec peu d'options. Même dans sa vulnérabilité, l'ombre refusait de se laisser abattre. Son ancien maître avait reçu bien des regards insolents même après l'avoir corrigé. 《 Si tu n’es pas une invention de mon esprit, comment es-tu entrée par ici ?  》

    Aussi faible qu’il pouvait être, sa vitesse amoindrie ne l’empêchait pas de poser furtivement sa main proche de ses armes et de faire remonter sa deuxième main sur celle de cette mystique apparition.

    《 Merci également d’arrêter de me toucher de cette façon. Je ne me suis pas laissé toucher ainsi depuis… je ne sais plus, quelle foutue importance. Cela ne va pas commencer avec une créature dans ton genre que je ne connais pas. Aussi amicale que tu puisses l’être... Sinon… très chère, je serais contraint de faire de l’exploration à mon tour... Et, je pense que tu n'aimeras pas ça. 》 À ses mots, il avait fait remonter son bras le long de celui de l’intruse. Elle avait l’avant-bras si long, qu’il crut que le chemin était interminable avant de s’arrêter et de refermer sa prise. La texture n’avait rien à voir avec ce qu’il connaissait.



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  • Jeu 2 Mai - 14:58
    Comment était elle entré ici ? La question demeurerait entière, pour l'heure.

    La chimère au faciès charmeur fit pivoter sa tête dans l'autre direction, s'imprégnant silencieusement des mots de son vis-à-vis. Les iris aux mille reflets se voilèrent l'espace d'un instant puis s'animèrent à nouveau lorsqu'une resplendissante lueur cosmique vint les traverser et ses lèvres se découvrirent pour dévoiler deux rangées de crocs aussi parfaitement alignés que solidement acérés. La dextre griffue quitta le poitrail de l'Ombra mais la créature ne retira pas entièrement son bras, laissant ainsi à son interlocuteur le soin de toucher son plumage sans privation. Sors de ma tête, avait-il ordonné spirituellement. Obtempérant lisiblement, Rêve rétorqua en mouvant cette fois-ci ses lèvres :

    "Explore, rêveur. Je ne te crains pas."

    Le ton était doux, mais la réponse pouvait toutefois être interprété d'un millier de façons. Etait-ce une menace déguisée, une invitation à donner suite à cette rencontre par une funeste altercation menée dans le secret le plus total ? Les parois de la caverne, trop étroites pour accueillir les ailes colossales de l'engeance diabolique, prenaient sous les lueurs fantastiques de faux airs de geôles dans lesquelles le temps n'exerçait aucune emprise. Cet instant, hors du temps, hors de tout, était un trésor qui chérissait la bête.

    "Ton appel m'est parvenu, mais ce n'est pas l'instinct du charognard qui m'a poussé à venir à ta rencontre. J'ai de nombreuses appétences, ta chair ne figure toutefois pas dans ma liste d'en-cas favoris."

    La gourmandise de Rêve, bien plus personnelle et inexplicable que ne l'était celle d'un noble prédateur; ne s'apaisait pas lorsqu'il dévorait les corps de ses proies. S'il avait pour cet homme un intérêt certain, ce n'était certainement pas pour satisfaire les demandes d'un quelconque estomac. Répondant aux interrogations du pauvret à l'envers, la chose étendit son cou allongé pour inspecter le faciès du traqueur impérial avec davantage de minutie, tout en articulant en un murmure tranquille :

    "Réel, éthéré... Je suis l'un et l'autre. Est-ce la première fois que tes fantaisies prennent vie ?"

    Une question mystérieuse, presque dénuée de sens pour la plupart des mortels. Chacun tâchait de donner substance à ses rêves mais peu y parvenaient avec la sensation de s'être accomplis. Sans attendre une réponse de la part du mortel, le démon étendit son analyse pour détailler sans gêne aucune l'ensemble du corps de son vis-à-vis, épousant du regard sa silhouette comme pour y chercher les traces d'une éventuelle blessure. Les bêtes accordaient à l'entité surnaturelle des œillades appuyées mais ne cillaient pas et, dans une langue animale semblable à une symphonie de chuintements et de bruissements venteux, l'être étrange leur lança :

    "Celui-ci est affaibli. Je lui viens en aide."

    Suite à quoi, il glissa verticalement et tout en lenteur, arrachant paisiblement son bras à la prise de l'Ombra pour ensuite se voiler d'obscurité, perdant peu à peu en substance tout en replongeant les yeux dans une absolue noirceur. Le silence laissa à l'aventurier le temps de la réflexion, de la remise en question et des interrogations naturellement posées par un esprit voguant sur les flots de l'incertitude. S'écoulèrent ensuite de longues minutes de vide puis, aussi abruptement qu'elle était initialement apparu, la chimère onirique se remanifesta précisément à l'emplacement où elle avait fait son apparition la première fois. Portant dans ses mains une outre remplie d'eau, elle parla distinctement :

    "Bois. Tu en as besoin."

    L'objet lui fut tendu et émit un léger clapotis intérieur. Rêve abandonna son cadeau au malheureux et vint se replier en arrière, ramenant ses genoux contre son torse tout en serrant ses jambes entre ses bras démentiellement longs. Un fin sourire aux lèvres, elle s'installa et détailla le regard de son précautionneux interlocuteur.
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