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  • Mar 4 Juin - 2:44
    Le festin des loups
    Mise en contexte

    CHALLENGE :  Exploration / Faction
    PARTICIPANTS :
     @Lyra Leezen @Vraden Turif @Verndrick Vindrœkir
    Un soir de pleine lune, sous une pluie torrentielle, un vieillard court dans les plaines inondées. Il semble avoir subi de multiples blessures et sa démarche reste erratique, manquant de tomber à chaque nouvelle enjambée. Une simple toge brune à moitié détruite sur le dos, il continue d’avancer, mu par une peur intense.
    Enfin, un brin d’espoir vient s’offrir à lui. De la lumière.

    Poussant la porte salvatrice, le vieil homme rejoint la taverne “Chez Yamai”. Une musique agréable se joue en fond tandis que plusieurs odeurs alléchantes se sont déjà propagées au sein de la salle. De toute évidence, il s’agit d’un lieu où il fait bon vivre. L’homme se précipite sur la première personne qu’il croise. Un républicain de passage en train de manger un plat consistant. Il l’attrape par les épaules et commence à s’écrier dans un discours des plus incohérents.

    —Les loups sont de retour ! Les loups chantent et sourient dans la nuit ! C’est déjà trop tard ! Ahahahaha !

    Le Républicain le repousse, autant effrayé qu’exaspéré par le discours sans aucun sens du vieillard. Ce dernier, particulièrement faible, s’écroule en arrière, révélant une large marque au niveau de son coup.

    Vraden, qui n’est pas étranger à ce genre de situation délicate, peut rapidement comprendre que quelque chose cloche. De toute évidence, il ne s’agit pas là du simple poivrot. La marque de brûlure autour de son cou montre qu’il a échappé de peu à une pendaison récente. De plus, l’espion se souvient de quelques informations qu’il avait pu recueillir il y a de cela quelques jours venant de deux voyageurs alcoolisés un peu trop loquaces.
    Bien qu’il fût difficile de tirer quoi que ce soit de cohérents de ces deux voyageurs pour le commun des mortels, le chef de cellule était habitué depuis longtemps. Il avait pu comprendre que non loin de là, toujours en bordure de la République, et toujours selon les deux poivrots, un village secret se cachait, n’apparaissant que les soirs de pleine lune et que quiconque s’en approchait de trop près finirait englouti au lever du jour.

    Après avoir géré le vieil homme de la manière qui lui conviendra le mieux (bien qu’il ne tirera plus grand chose de l’esprit totalement fou de l’homme, trouvant cependant une amulette diviniste accrochée au poignet de ce dernier), l’espion se souviendra que plusieurs de ses hommes étaient justement en patrouille. Cherchant à confirmer ou non la présence de ce soi-disant village qui n'apparaîtrait que les soirs de pleine lune.
    Cette information pourtant insensée se recoupe avec la disparition de plusieurs reikois et républicain, constatée durant le mois.

    Au petit matin, un de ses hommes ne revient pas. Et après avoir enquêté sur le lieu attribué à son espion, Vraden ne trouve rien.

    Il se promet alors de se préparer avec la fine fleur du Reike, afin de lever le voile sur cet étrange mystère lors de la prochaine nuit de pleine lune…

    Note:

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  • Mar 4 Juin - 11:40
    Le festin des loups
    ft. Lyra Leezen, Verndrick Vindrœkir
    “Vlad mort, au milieu de nulle part, un village qui disparaît à son bon vouloir, un fou rescapé… Mmmh. »

    J’étais avachi derrière le comptoir, les pieds posés sur le bar. Je sentais ma boîte crânienne sous pression, subissant l’assaut de multiples scénarios et hypothèses. Des poivrots déblatérant des absurdités, j’en voyais passer tous les jours, mais celui-là était dans le juste. Il se passait assurément des évènements anormaux près de la frontière. Son discours décousu rejoignait celui des deux derniers que j’avais fais balancer dans le purin pour avoir salopé le sol.

    Je me redressais lentement, faisant chanter le bois vieilli de ma chaise à bascules.  Je m’étais personnellement déplacé au dernier endroit où était censé se rendre Vlad, et force est de reconnaître que je n’ai absolument rien trouvé. J’ai bien senti une odeur assez sinistre, mais mon nez ne put me guider vers sa source. Etrange, vraiment étrange.

    Si l’on rajoutait à cela toutes les disparitions, qu’elles soient d’individus de la patrie ou bien de nos chers voisins, force était de constater que l’on n’avait pas affaire à une petite histoire comme on en entendait tant. Il se passait quelque chose de gros, et sous mon nez. Hors de question de laisser passer ça.

    « Boris, les rapports des disparitions sur les trois derniers mois. » ordonnais-je à mon fidèle second, qui frottait le sol à la brosse.

    « Oui ssef ! »

    Je le regardais déambuler comme un idiot dans l’arrière-boutique, et l’entendit s’entretenir avec les serpents. Je lui ai demandé il y a quelques mois de se comporter comme un empoté à la taverne, mais cet abruti a élevé la consigne à un tout autre niveau.

    Une douzaine de minutes plus tard, je le vis revenir en courant par la porte d’entrée, avec un serpent enroulé autour de l’avant-bras. Il avait encore poussé son museau trop loin dans la tanière. Tous les rapports que je reçois sont stockés dans la grotte sous-marine par mon réseau reptilien, le spectacle de leur déambulation et de leur force à la tâche m’évoquaient régulièrement celui de fourmis. Je ne pourrais pas me passer d’eux.

    « Voilà, ssef... ah !! » cria l’idiot en se vautrant sur le parquet reluisant.

    « Putain… Arrête avec ces conneries quand on est seul ! »

    L’ahuri regarda fixement ses pieds, comme un enfant que l’on aura réprimandé. Tss. Je m’emparais de la liasse de papiers en lui lançant un regard médisant, et repris ma place derrière le comptoir. De longues heures s’écoulèrent, mon esprit était pleinement concentré sur la tâche. Toutes les feuilles étaient étalées une à une devant moi, comme une grande mosaïque. Je les scrutais une à une, n’omettant aucun détail. Et c’est là qu’une similarité piqua mon esprit.

    « Les dates… »

    Je me retournai vivement pour scruter le calendrier accroché au mur, au milieu des bouteilles vides exposées et des trous crées par les différentes rixes. Je comparais un à un les rapports, et cela concordait parfaitement à mon hypothèse.

    « Tous les soirs de pleines lunes, le fou hurlait aux loups… Je crois savoir à quoi on a affaire. Et je crois savoir qui cela intéressera. »

    Je m’empressais de saisir quelques feuilles de papiers qui traînaient là, et commença à rédiger une lettre. La plume grattait lentement le papier, et je choisissais avec prudence chacun de mes mots. Nul doute que la destinataire saura les décrypter avec aise, je n’ai que trop entendu de mérites lui être attribués.

    « Boris, emmène ça à  la capitale, tu pars maintenant. Tu sais qui chercher. »

    Reprenant son esprit de fidèle second, il rétorqua avec son caractère et son sérieux que j’attendais. Il y a un temps pour les jeux, et un temps pour les réelles missions.

    « La Tovyr Leezen, boss ? » me rétorqua-t-il pour s’assurer avoir tout bien compris.

    J’hochais de la tête et lui fis signe de la main de déguerpir en vitesse. En attendant la réponse de la Sénéchale, j’avais à faire. Je sortis par l’arrière, et fus baigné par les premiers rayons de soleil qui commençaient à poindre à l’horizon. Leur douce chaleur éveilla peu à peu mes sens, qui s’étaient engourdis durant cette longue nuit de veille. Après quelques étirements, je portai deux doigts à ma bouche et émis un sifflement bien particulier.

    « Orage ! » criai-je au millieu de la terre encore complètement trempée par la pluie torrentielle de la veille.

    D’abord une silhouette, puis une paire d’ailes, je vis approcher l’un de mes nombreux oiseaux de proie. Se posant délicatement sur mon poignet levé, il me fixa d’un air interrogateur.

    « J’ai besoin que tu ailles faire un tour près de l’endroit où Vlad a disparu. Reviens lorsque tu auras remarqué quelque chose que tes yeux perçants jugeraient utiles. »

    L’oiseau hocha la tête, et prit son envol vers la direction que je lui avais indiqué. Si des humains se font dilapidés, je n’ai pas eu de retour concernant des animaux morts dans cette zone. Il devrait s’en sortir.

    Je passais rapidement voir si les serpents allaient bien, et retourna dans la boutique. Epuisé par cette nuit de recherche, je m’endormis paisiblement, bercé par les basculements de ma chaise favorite.

    Lettre à la Tovyr Lyra Leezen:






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  • Mar 4 Juin - 22:45

    Partie 1


    [Challenge] Le festin des loups Mickie10

    Permettez-moi un prolégomène des plus édifiants afin de mieux comprendre l'expédition qui se déroulera dans la région à l'Est de Kyouji. Ce chapitre prend donc place dans la grande salle du conseil de l'Etat-major de Kyouji, au second étage de l'imposante bâtisse accueillant l'administration militaire de la région, en plein centre de la métropole, à deux rues tout au plus du palais seigneurial. Dans cette salle réservée uniquement aux plus illustres officiers de la hiérarchie de l'Etat-major, d'impressionnants gobelins affichaient des scènes de luttes, de mêlées et de victoires de la grande armée impériale, l'une des tentures représentait même la prise de Kyouji par Tensai Ryssen. C'était là que l'on voyait que l'art était omniprésent dans la culture reikoise, à la condition expresse qu'il ne serve qu'à encenser l'Empire, l'armée et le couple à sa tête.

    Parlons à présent des illustres officiers qui siégeaient autour d'une longue table de pin finement marquetée. Bien évidemment, nos lecteurs les plus assidus pourraient y reconnaitre le Tovyr Draedet vir Delt dirigeant la horde de Magne, bien que la dernière fois qu'il fut abordé dans nos récits, il n'était encore que le Khashis à la tête de la Légion Vicovaro, stationnée à Kyouji, rattachée à la Horde d'Alba. Lorsque le moment de choisir le Grand Officier qui aurait la charge de la nouvelle Horde était venu, le nom de vir Delt fut avancé par la Tovyr Leezen. Cette dernière ayant une grande estime pour le vieil homme, bien que cette recommandation avait surement été motivée par les appétences au pouvoir atrophiées de son nouveau confrère.

    Il se trouvait que le Tovyr vir Delt n'avait jamais voulu du poste et ne convoitait en aucun cas celui de seigneur. L'échalas avait certe l'esprit particulièrement affuté, mais il se contrefichait des médailles et des honneurs, étant resté un guerrier fanatique dans l'âme. Or, son corps ne suivant plus son appétence au combat, Lyra avait soutenue la motion le menant à un poste le clouant derrière un bureau. Vir Delt s'en rendait bien compte et s'était résigné à ne plus aller sur le terrain. De la sorte, il ne constituerait pas une concurrence à la seigneurie pour la Sénéchale en plus du fait qu'elle pourrait lui déléguer une partie de l'administration militaire de la cité. Un tandem qui reposait sur la coordination, cette dernière se fondant sur ce genre d'entretiens comme celui-ci justement.

    Le grand homme grisonnant était encastré entre les deux accoudoirs de son fauteuil, mirant la femme se tenant face à lui, de l'autre côté de la table. Lyra Leezen, elle-même installée dans un faudesteuil au dossier élevé, fixait un point imaginaire au dessus du candélabre disposé sur un guéridon près de l'entrée. Elle renifla bruyamment, le visage fermé.

    - Ce nouveau président m'inquiète au plus haut point. Commença vir Delt. Au moins si Mirelda faisait montre d'une hardiesse inquiétante, elle avait une peur bleue de l'Empereur. Mirelda redoutait par dessus tout le Reike, encore plus que les Titans, c'était là au moins sa seule qualité : Elle savait se tenir à sa place. L'Empire ne l'a pas maintenu au pouvoir de la République pour rien, c'était une valeur sûre. Mais ce Falconi... Il est trop imprévisible. Il eut un tic nerveux.

    - Vous vous en faites trop, vir Delt. Falconi demeure un républicain, s'il est imprévisible, il ne peut rien contre l'Empire. A côté de l'Empereur, il n'est qu'une vulgaire pousse au pied d'un sequoia séculaire. Elle balaya les craintes de son confrère d'un revers de main.

    - Et pourtant ! Cet impudent, à peine élu, a osé condamner l'opération de démantèlement du Nouvel Ordre. Il a placé la Voix dans une impasse, a accru la pression républicaine sur le Reike et s'est acquis la diaspora shoumeïenne à sa cause. Une habile manœuvre que Mirelda n'aurait jamais osée élaborer. Il se gratta l'occiput.

    - Et pour cause : Mirelda a vécu l'attaque des Titans sur Bénédictus, elle a vu de quoi le Reike était capable, elle a vu l'Empereur abattre Kazgoth. Elle savait qu'après ça, la République n'avait plus son mot à dire sur la péninsule shoumeïenne. C'est bien pourquoi elle s'est rabattue sur Kaizoku, qu'elle a soit dit en passant lamentablement perdu. En revanche, Falconi était terré dans son trou, isolé du monde, aveugle et sourd. Il n'a eu que les échos des prouesses de nos armées, il n'a pas idée de qui sont ses voisins, voilà pourquoi il a dénoncé l'opération à Célestia. Il ne fait que nous tester, il tâte le terrain. Elle renifla.

    - N'empêche. Bien que leurs forces armées aient connu un revers cuisant lors de la chute de Liberty, cette nouvelle générale... bah ! Son nom ésotérique ne me reviens pas ! Elle est parvenue à remettre sur pieds l'armée de la région frontalière en un temps record. J'ai des doutes quant à... Il s'interrompit lorsque des coups retentirent contre le vantail de la porte.

    Dans l'encadrement apparu la forte stature du Luteni Bjog Allenker, commandant en chef de la cohorte Nausicaa et aide de camp de la Tovyr Leezen. Le colosse à la barbe grisonnante exerça le salut militaire en se frappant le torse et levant le poing au ciel. Il s'avança alors en ligne droite vers les deux Grands Officiers qui ne bronchèrent pas, l'observant de leurs regards scrutateurs. Il vint se planter près du siège de sa supérieure et déposa un palimpseste plié en deux entre les doigts de la Sénéchale.

    - Votre Excellence. Une missive de la plus haute importance. Signifia-t-il avant de s'éclipser.

    Lyra jeta un regard à vir Delt, ce dernier maugréa avant de se pencher sur le dossier qu'il avait déplié devant lui, feignant de s'occuper pendant qu'elle prenait connaissance de cette lettre visiblement confidentielle. Ce qu'elle lut, bien que sa curiosité latente fut tarabustée par la teneur de la missive, ne lui procura pas la moindre réaction, ou tout du moins vir Delt ne put constater le moindre changement chez sa consœur. En revanche, elle se leva prestement, tout en glissant le papier dans le revers de son pourpoint d'homme. Percevant le regard interrogateur de l'autre Tovyr, elle expliqua :

    - Une affaire qui ne saurait souffrir le moindre délai, j'en ai bien peur. Messire vir Delt, si vous voulez bien vous charger de l'audience seigneuriale de cet après-midi à ma place, je vous en serai gré.

    Le vieil homme opina du chef, à contrecœur. Il abhorrait au plus haut point la frivolité de messire Crocell, l'évitant le plus possible. C'était pourquoi Lyra se coltinait habituellement les entrevues avec le seigneur de Kyouji, par habitude mais aussi par bienséance, bien qu'ils aient tout d'eux une estime bien basse de messire Crocell. Il était plus que temps que les hautes instances de Kyouji ne changent.

    Mais ceci était une autre affaire.

    ⚜

    Si Lyra Leezen avait accordé un quelconque intérêt à cette lettre quasi-anonyme, c'était précisément car elle ne l'était pas tant que ça. Elle avait l'habitude des us et coutumes des services secrets reikois. La Sénéchale avait déjà rencontré l'Oreille à maintes reprises, à l'instar du Vent. Or, si ces derniers étaient basés à Ikusa, il y avait bien un chef de cellule des renseignements qui avait sa base opératoire à Kyouji, pour des raisons évidentes. Kyouji étant le carrefour diplomatique et commercial principal entre la République et l'Empire, l'Eau avait toutes les raisons d'avoir ses quartiers généraux au sein de cette cité cosmopolite.

    Et si la Tovyr Leezen n'avait pas la moindre idée de l'identité de l'Eau, et encore moins de son mode opératoire ou de la position de son chef-lieu, il tenait du truisme - pour un esprit affuté comme le sien - qu'il devait même avoir un avant poste aux abords de la frontière républicaine. Elle avait rencontré le Vent en début d'année, c'était au tour de l'Eau de faire appel à ses... services. Le lieu de rendez-vous désigné dans la lettre se trouvant à l'Est de Kyouji, il était évident que cela avait à voir avec les services secrets reikois, quoi d'autre sinon ?

    Et pour cause : Il était de notoriété que si le Tovyr Crudelis misait tout sur la force de la Griffe, la Tovyr Leezen actionnait toute ses stratégies autour des renseignements de l'Oreille. Deux tactiques bien différentes, pour deux Grands Officiers très divergents dans leurs méthodes. Lyra attendait en permanence le moindre contact avec les agents de l'Oreille, sachant que le moindre renseignement était crucial à l'avancée constante de l'Empire vers la suprématie totale. Cette lettre et surtout le lieu de rendez-vous prouvait à la Tovyr que les services secrets la sollicitait de nouveau. À croire qu'elle était devenue l'officier de confiance de l'Oreille...

    ⚜

    Elle avait donc revêtit une armure légère de plate noire par dessus un gambison d'ébène aux fermoirs mordorés. Ses cheveux attachés en arrière lui dégageait la vue alors qu'elle montait un frison carapaçonné d'argent et de violet arborant les émaux de la horde d'Alba. A la tête du bataillon Vrihedd de cavalerie légère, commandé par la Dunark Yatji Valge, elle chevauchait dans le désert jusqu'à arriver aux hameau à l'entrée duquel un relai arborait sur son porche "Chez Yamai". Les hommes en armes se déployèrent de manière à enserrer les closeries et établirent un périmètre autour de la bourgade, composée principalement de voyageurs de passage et de chasseurs de champas.

    La Tovyr démonta, faisant claquer ses bottes de cavalerie contre le sol séché par le soleil, soulevant un nuage de poussière, avant de pénétrer dans l'établissement étrangement tranquille. Balayant du regard l'intérieur de l'auberge, elle renifla bruyamment avant de désosser du regard les quelques convives se faisant discrets. Aussitôt installée, on lui apporta un plat de pierogis fumants auxquels elle ne toucha pas.

    Elle pianotait de ses ongles coupés courts contre le bois rêche de la table.

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    Tout savoir sur Lyra Leezen
    Dynasties & Dystopies

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    Thème musical de la Sénéchale
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  • Mer 5 Juin - 15:42
    Verndrick inspecta une nouvelle fois son kit de voyage pour s’assurer qu’il n’oubliait rien. Après avoir vérifié son équipement et fait le décompte du reste de son arsenal, son regard s’attarda sur un petit objet circulaire. Du pouce, il parcourut les éraflures sur le pourtour de la breloque, se demandant quelles histoires se cachaient derrière les marques.

    L’amulette lui avait été fournie par le SCAR. Elle avait été récupérée sur un voyageur fou qui racontait des inepties sur la lune et des bêtes de la nuit. Il avait fini par se donner la mort en s’ouvrant les veines, clamant l’arrivée d’une nuit éternelle, ou était-ce plutôt une lune éternelle, les témoignages ne s’accordaient pas vraiment sur le terme exact. Cela dit, il préférait mourir que d’assister à cet évènement qu’il promettait imminent.

    Personne n’avait pris ses propos au sérieux à l’époque, cela remontait maintenant à plusieurs mois. Un incident sans importance, avaient conclu les rapports, même si tous les objets présents sur le cadavre avaient été préservés. Puis les rumeurs de disparitions avaient commencé à courir. Elles parlaient d’un village qui n’apparaissait que sous certaines conditions. Verndrick s’était demandé s’il n’y avait pas un lien avec les paroles du suicidé, la lune revenant dans les deux.

    Mais un petit groupe de l’armée posté aux frontières avait mené l’enquête et rien n’avait été trouvé sur les lieux indiqués par les rumeurs. Quand les disparitions devinrent si fréquentes qu’on ne pouvait plus les ignorer, le SCAR dépêcha deux éclaireurs pour surveiller l’endroit un soir de pleine lune. Ils ne reçurent jamais de rapports, les deux espions avaient disparu. L’affaire demandait une inspection plus sérieuse.

    Puis récemment, au détour d’un verre, il avait entendu des citoyens républicains parler d’un incident dans une taverne bordant les limites entre l’empire rékois et la République. Un autre dégénéré s’était mis à parler de nuit et de loups, au moins il avait plus de détails sur les bêtes. Après l’offrande d’une tournée et quelques questions, il apprit pour le bracelet que portait la victime, les motifs divinistes semblaient correspondre.

    Il réquisitionna donc l’objet. Si ces histoires étaient plus que des fables, il soupçonnait l’amulette d’être la clé pour accéder au mystérieux village, ou au moins un indice. La pleine lune approchait, et la piste valait le coup d’être explorée. Il ne parcourut que quelques mètres avec sa monture avant d’être rattrapé par une cavalière en capuche grise. Il reconnut les traits de la demi-fae quand elle parvint à sa hauteur.

    Mouse ? Qu’est-ce que tu fais ici ?

    Je me fais embaucher pour une mission.” répondit-elle.

    On en a déjà discuté, actuellement je n’ai rien pour toi.

    Mouse était une voleuse, mi-humaine, mi-fae d’un mètre soixante au visage assez générique pour qu’on ne la remarque pas. C’était une télépathe qui savait se rendre invisible et détecter de la magie. Si on ajoutait à cela sa mémoire exceptionnelle, elle avait le profil idéal pour des missions d’espionnage et de braquage. Verndrick avait déjà eu recours à ses services à de nombreuses reprises et ils avaient développé une solide amitié avec le temps.

    Vern, je m’ennuie depuis des semaines. On aurait pensé qu’avec mes compétences et les récentes crises, je serais surchargée de requêtes. Mais rien, soit quelqu’un est en train de salir ma réputation, soit j’ai vraiment la poisse.

    Elle avait parlé sur un ton neutre, mais son langage corporel indiquait qu’elle le suppliait de la laisser le suivre.

    J’ai très peu de détails sur la mission actuelle. En vérité, je n’ai aucune information concrète, juste des suppositions et des rumeurs. Tu sais que j’évite de te recruter sur des affaires où je sais qu’il faudra se battre, ce n’est pas ta spécialité...

    Tu l’as dit toi-même, tu avances dans l’inconnu,” l’interrompit-elle. “Tu ignores totalement de quoi ou de qui tu auras besoin.

    Et c’est pour ça que j’y vais seul. Je ne veux mettre la vie de personne en danger avant d’avoir plus d’informations,” contra Verndrick.

    Allez ! tu sais que je peux aider si c’est pour collecter des informations,” elle continua en pensée. “Et pour les transmettre incognito. On fera comme d’habitude, s’il y a embrouille, tu me couvres et je déguerpis.

    L’aventurier restait très peu convaincu par ces arguments, mais il détestait voyager seul. Il pouvait toujours la renvoyer s’il jugeait que les risques devenaient trop grands. Il accepta sa compagnie et profita du voyage pour lui communiquer les informations qu’il avait et ses différentes théories. Il omit naturellement la mention du SCAR, pour Mouse, c’était une expédition comme une autre. Les missions spéciales qui étaient confiées au semi-elfe ne différaient pas vraiment de ce qu’il avait l’habitude d’accomplir dans le cadre de sa carrière d’aventurier. Il avait juste maintenant plus de ressources et de flexibilité vis-à-vis de la loi. Il avait la couverture parfaite pour justifier ses nombreux voyages et sa réputation expliquait le fait qu’il s’implique dans diverses affaires, s’il jugeait la cause acceptable.

    Donc on va chez Yamaï à la pêche d’infos ?” demanda Mouse.

    Oui, la taverne est un vrai carrefour d’histoires et d’informations. Le patron pourra sûrement me confirmer la présence ou non d’une amulette similaire au cours de l’incident qui a eu lieu dans son établissement.

    Verndrick n’irait pas jusqu’à dire qu’il avait sympathisé avec le gérant, mais leurs relations étaient aussi cordiales qu’elles pouvaient l’être entre un client régulier et un aubergiste. Vu la position stratégique de la taverne, c’était une escale idéale en début ou au retour d’une longue expédition. Les taverniers pouvaient aussi être des hommes à tout faire, des fixeurs efficaces. Il pourrait peut-être le pointer dans la bonne direction ou le mettre en contact avec des personnes qui partageaient ses préoccupations.

    Il y a autant de cas du côté du Reike que de la République. Avec les tensions actuelles et le fait que les disparitions arrivent dans une zone frontalière, ça risque de dégénérer si l’affaire n’est pas vite résolue.

    Les républicains accuseront les reikois d’enlèvement, et ces derniers feront pareil,” observa la fae.

    Faisons en sorte que tout ceci ne se transforme pas en incident diplomatique.

    Deux jours plus tard, ils atteignirent la taverne. Un bataillon entier de l’armée rékoise semblait les avoir précédés.

    On dirait qu’on arrive un peu tard pour l’incident diplomatique,” souffla Mouse pendant qu’ils descendaient de leurs chevaux.

    Verndrick ne répondit pas, trop occupé à réfléchir aux implications d’une telle mobilisation. Quand il pénétra dans l’établissement, ce qu’il y vit ne fit rien pour calmer ses inquiétudes.

    Tovyr Leezen ?! ” s’exclama-t-il tout bas. “Je connais des soldats républicains qui risquent de devenir très nerveux.

    Vern, on fait quoi ?

    Verndrick n’était pas un officier de la République, il ne possédait aucun titre officiel, sur quelles bases pouvait-il intervenir auprès de la générale ? Il se contenta donc de commander le plat du jour et de demander qu’on informe le gérant de la raison de sa venue. Il s’installa à la table voisine de la tovyr, espérant peut-être en apprendre un peu plus sur son implication dans l’histoire, ou si elle s’était déplacée pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec les disparitions.
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  • Mer 5 Juin - 22:36
    Le festin des loups
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    Réactive cette petite. Le zénith se profilait, et je percevais déjà au loin le vacarme d’une légion de cavaliers s’approcher de mon établissement. Bien que nous soyons tout deux d’un grade probablement équivalent dans la grande hiérarchie du Reike, nos deux corps de métiers se veulent en opposition. De ce fait, j’en savais probablement bien plus sur elle que l’inverse.

    J’étais d’humeur à me prêter à un petit jeu, afin de faire connaissance. J’ordonnais à Boris de se mettre derrière les fourneaux, et de préparer une de nos spécialités. Son talent en cuisine était remarquable, et bien des mérites lui étaient attribués par les foules de voyageurs s’arrêtant dans mon humble établissement.

    « Cette fois-ci, je t’autorise, je t’encourage même, à rentrer dans ton rôle. »

    Un garde à vous d’une vulgarité absolue me fit comprendre qu’il était déjà conditionné. Se saisissant de multiples ustensiles et d’une grande marmite, il commença à préparer sa tambouille. Les aliments, épices et végétaux virevoltaient entre ses doigts, s’abattant chacun leur tour au fond du récipient. Un doux fumet commençait à se propager dans le bâtiment, agitant une à une les narines des quelques clients déjà présents.

    Alors que j’observais calmement la scène en chiquant quelques herbes, un de mes gars vint m’informer qu’une autre connaissance approchait de la taverne, accompagné elle aussi. Cet élément perturbateur n’était pas prévu dans mon plan, mais il serait le bienvenu. Verndrick était un aventurier qui passait de temps en temps à la taverne, lors de ses nombreux voyages. Je lui distillais des informations au compte-goutte, bonnes ou mauvaises, comme tout bon commerçant qui se respecte. Cependant, je le trouvais plus… vif d’esprit lors de nos derniers échanges. Et évasif sur certains points. Mes recherches et mon intuition me chuchotent qu’il n’est plus un simple aventurier depuis quelques temps, mais je n’ai pas encore réussi à le percer à jour. Peut-être serait-ce là l’occasion.

    Quant à son amie, si je me fiais à la description faîtes par mon serviteur, j’ai une petite idée de qui il s’agissait également. Après tout, peu de personnes franchissant la frontière échappaient à ma vigilance.

    J’entendis les chevaux s’arrêter, signe qu’il me fallait regagner la réserve. Quelques toiles d’araignées étreignirent mon visage. Je devinais qu’une personne n’avait pas fait son boulot. Une discussion pour plus tard. Je m’enveloppais dans mon sort d’invisibilité, et me posta de sorte à pouvoir guetter l’entièreté de la salle.

    Une femme vêtue d’une armure noire fit irruption dans la salle, ses robustes bottes faisant craquer mon parquet vieillissant. Elle scruta la pièce un instant, jugeant du regard les quelques clients qui commençaient à s’inquiéter. Même s’ils ne savaient pas forcément qui elle était, une aura se dégageait d’elle. Quelques trouillards quittèrent même la taverne, de peur probablement.

    Par chance, elle s’installa à la table la plus proche de moi. Je pus contempler son visage strict et dur, sans doute forger par des années de services. De nombreux faits d’armes lui étaient attribués, et j’ai même entendu dire qu’elle avait plus ou moins sauvé la peau d’un de mes collègues, le Vent. Il était bon de pouvoir compter quelqu’un de ce calibre dans nos rangs. Du coin de mon regard, je distinguais Boris, en train de remplir une assiette et saisir quelques couverts.

    « T’nez M’dame. »

    Je gloussais intérieurement, mais pas lui. Un regard foudroyant fît pâlir son teint pourtant mât, et il regagna en vitesse ses fourneaux.
    L’appétit ne semblait pourtant pas lui venir. Sérieusement ? Je pourrais me vider trois de ces gamelles par repas. Son trajet à dos de cheval l’avait peut-être ballonnée. Il ne nous manquait plus que notre deuxième invité, qui ne devrait pas tarder. Je ne savais pas ce qui l’amenait, mais peut-être pourrons nous faire d’une pierre deux coups. Elucider le mystère de ce village, et en découvrir plus sur notre ami Verndrick. Je laisserai cette seconde tâche à mes bons soins, pas besoin d’impliquer la Tovyr là-dedans. Je ne suis pas sûr que notre aventurier de passage en sortirait vivant.

    La porte du bâtiment s’ouvrit cette fois-ci plus timidement, laissant entrer deux silhouettes. Comme prévu, il s’agissait du demi-elfe, accompagné d’une demi-fae. Mon intuition, une fois de plus, ne me fit pas défaut. J’ai vaguement entendu parler de cette demoiselle, même si je ne connais que son nom. Plus que suffisant pour un peu de théâtre. Verndrick ne put cacher sa surprise, pourtant discrète, s'invitant sur son visage. « Ooooh, mais qu’est-ce que la Tovyr fait là ? ». Amusant.

    Les deux compagnons s’installèrent à une table attenante à celle de la Tovyr, après avoir demandé à me voir. Enfin, voir « Yamai ». Je vais devoir jouer avec deux masques aujourd’hui, et cela me fit sourire d’une manière probablement dérangeante. Action.

    Je regagnais la réserve, annulais ma magie, et commençais à me diriger vers l’entrée de la taverne par l’extérieur. Je saluais de la main les nombreux soldats qui avaient entouré et bloqué mon établissement, avant d'adresser quelques signes de têtes à des hommes qui vaquaient à leurs occupations. Ils étaient, bien entendu, tous à mon service. Les mains dans les poches de mon long manteau, j’entrais en fanfare « Chez Yamai. »

    « Mes chers amis, j’ai le regret de vous informer que l’établissement doit fermer pour la journée. » lançais je plein d’engouement, en m’approchant peu à peu de Verndrick. « Je vous prierai de bien vouloir quitter les lieux, l’ardoise est pour la maison. »

    Apposant une main sur son épaule pour lui faire comprendre qu’il n’était pas concerné par cette demande, les quelques clients présents en cette fin de matinée obtempérèrent sans broncher. La demi-fae guettait discrètement son compagnon du regard, et semblait confuse sur la réaction à adopter. Elle décida de ne pas bouger. Quelques-uns de mes gars sortirent de l’ombre à l’étage, et se postèrent bien en vue, accoudés à la rambarde dominant le rez-de-chaussée. M’approchant lentement de son oreille droite, je lui soufflais quelques mots, qui la firent frémir.

    « Mademoiselle Mouse. » insistais-je. « Quittez. Mon. Etablissement. »

    Une inquiétude naissante se dessina dans ses pupilles, tandis que Vern se trouvait plutôt dans l’incompréhension. Après quelques secondes, il lui adressa un discret signe de tête. La demi-fae se leva lentement, me fixant d’un regard plein de colère. Sans fléchir, je soutenais sa contestation, tout en lui adressant un sourire qui n’en était pas un. Je n’ai pas de place pour des figurants entre mes murs.

    Nous n’étions plus que tous les trois. Enfin, si l’on ne compte pas tout ceux qui se cachent dans ce bâtiment.

    Retirant ma main de l’épaule de Verndrick, je lui adressais un regard se voulant rassurant. Je n’avais pas pour but de l’effrayer, même si la situation m’amusait un peu. Saisissant une carafe d’eau et un gobelet posé sur le bar, je décidais de m’installer à côté de la Sénéchale, dos à mon second invité. Après avoir posé le verre devant ses mains, mes paroles brisèrent le silence inquiétant.

    « Tovyr Leezen, vous avez tort de ne pas vous restaurer. Une femme de votre calibre a sans doute besoin de forces et d’énergie, ce plat répond à tous ces besoins. » lui lançais-je, avant de lui en piquer une bouchée.

    "Nul doute que la délicieuse eau de notre oasis saura au moins étancher votre soif. »

    Son regard se faisait dur, comme s’il me perçait de l’intérieur. Quelle femme terrifiante. Voilà une de ses qualités.

    Forçant un bâillement complètement exagéré, j’en profitais pour subtilement sortir ma langue et faire luire mon tatouage Reikois, m’assurant de ne pas laisser entrevoir ce spectacle à notre compagnon d’infortune. Cette petite pirouette terminée, je me retournais vers notre ami, posant mes pieds sur la chaise opposée.

    Le regard interrogateur de Verndrick m’accueilli. Je me doutais bien qu’un guerrier de sa trempe ne serait pas impressionné par ma petite mise en scène. Je peux cependant lire dans son regard qu’il attend des réponses. Il les aura bientôt. Posant mes mains derrière mon crâne comme si je profitais du soleil, mes mots mettraient les choses en marche.

    « Je vous présente une de mes connaissances, Verndrick. C’est un aventurier qui passe de temps en temps dans ma taverne et avec lequel je prends plaisir à échanger. Dîtes-nous, qu’est-ce qui vous amène à nouveau dans mon humble établissement, accompagné de cette demi-fae ? »



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  • Jeu 6 Juin - 22:57

    Partie 2


    [Challenge] Le festin des loups -highresscreenshot00001

    Une chose que l'Histoire, avec un grand H, ainsi que l'histoire personnelle de la Sénéchale, apprendrait à toute personne dans ce genre de situation était de ne jamais consommer quelque chose qui n'avait pas été préparé devant ses yeux. Lyra n'avait en effet pas vu à quoi avaient été fourrés les ravioles que le benêt lui avait servit, peut-être l'étaient-ils à la viande de vaux et au champignon, autant qu'ils pouvaient l'être au datura et à l'eohuclote. Bien trop de politiciens, gouverneurs, rois et généraux avaient perdus la vie par un tel manque de prudence. Là où la Tovyr ne pouvait être vaincue en combat singulier par le commun des mortels, un petit gramme de fleur du diable pouvait se montrer particulièrement expéditif. Toute la quintessence d'un stratège résidait dans la capacité de voir l'invisible et de prévoir les manœuvres ennemies. L'empoisonnement était l'une de ces dernières, et par trop souvent pour être négligeable.

    Elle ne toucha donc pas au plat qui lui fut servis alors même qu'elle se trouvait en un lieu où une lettre suspecte l'avait attiré. Lyra était venue pour rencontrer l'homme qui la lui avait envoyé, et non pas pour gouter aux spécialités locales. Il y avait un temps pour faire bombance, et un temps pour travailler. Et si la Tovyr ne portait pas son armure de Grand Officier, elle était venue en la qualité de militaire de haut rang et non en civil. De surcroit, comme l'indiquait un certain Ergos Brandipois dans son célèbre « La bienséance du tout puissant », lorsqu'on était la personne avec la plus haute position, ou à défaut d'être celle avec la meilleure main, on ne devait pas manger ni boire lors d'une telle entrevue. Cela ne ferait que trahir une faillibilité ou tout du moins son appétence aux choses purement triviales qu'étaient la faim ou la soif, à côté du bien-être d'une Nation toute entière.

    La Tovyr Leezen servait donc l'Empire et sa propre image, ainsi que sa survie, en ne touchant pas à ce plat, et encore moins au verre d'eau que lui avait servis le nouveau venu. Elle boirai à son outre de selle, pas ailleurs. Soit dit en passant, le maitre des lieux - manifestement - n'avait pas pris la peine de se présenter : Et pour cause, son identité était placardée à l'entrée de l'établissement. Quant à sa véritable identité, Lyra en avait déjà une petite idée, délivrée par son esprit des plus perspicaces. Mais pour l'heure elle ne faisait que l'écouter, ne le quittant pas du regard.

    Elle s'amusait intérieurement de sa manière d'introduire les choses. Il semblerait qu'au sein des services secrets reikois, tous les chefs de cellule aient le même mode opératoire et un véritable sens du spectacle teinté de mystère. Or, Lyra était patiente, extrêmement patiente, et écoutait le prolégomène de leur hôte. C'était donc là leur manière à eux, les espions, de se faire mousser un peu, par des discours nébuleux et une mise en scène toute étudiée autour d'un jeu d'ombre bien rôdé. Là où la Tovyr faisait de même avec une cavalerie tonitruante et des soldats sanguinaires derrière elle, l'espion se mettait en avant par ses mystères.

    Son minois orné de deux demi-lunes au coeur sombre comme la nuit n'affichait pas la moindre réaction, zieutant constamment la mine de son interlocuteur. C'était comme si les deux orbes noires de la Tovyr s'étaient ancrées dans les pupilles tout aussi sombres de ce "Yamai". Lorsque ce dernier eut terminé, elle renifla, orientant alors son regard vers l'autre gaillard, assez différent du premier, qui se tenait à la table voisine. Apparemment elle n'avait pas été la seule à avoir été attiré par le maitre des lieux, peut-être pour la même affaire. Intervenant avant que Verndrick n'ait le temps de répondre, elle plongea son regard dans celui du voyageur.

    - Dans ce cas, Verndrick, profitez-en pour me présenter notre hôte, juste pour connaitre la fausse identité sous laquelle vous le connaissez, voyageur. Sa voix, étrangement douce, transcendait son regard calculateur.

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  • Ven 7 Juin - 18:59
    Une journée simple. Dans toute cette histoire, il y avait beaucoup de mystères, mais au moins le plan de la journée était simple. Aller à la taverne, collecter des informations sur les disparitions, confirmer ou infirmer certaines de ses théories, recruter des personnes intéressées si possible et penser une stratégie. La partie difficile était censée venir plus tard, quand ils se rendraient sur place par une nuit de pleine lune.

    Il abandonna cette prévision en remarquant les soldats rekois et plus tard la tovyr. La venue de Yamai confirma définitivement que la journée n’allait pas se dérouler comme il l’avait envisagé.

    Vern ?!

    La voix de Mouse dans sa tête était indécise. Elle n’avait pas envie de l’abandonner, mais le ton employé par le tavernier ne souffrait d’aucune contestation. Mouse connaissait cette intonation, elle avait déjà entendu Verndrick l’utiliser lui-même en mission quand la situation devenait sérieuse ou qu’il fallait rappeler qui donnait les ordres. C’était justement le ton de quelqu’un habitué à donner des ordres, le ton de quelqu’un habitué à être obéi.

    Verndrick n’aurait pas été surpris de voir une telle expression d’autorité chez un grand-officier comme Leezen, mais chez un tavernier ! D’un signe de la tête, il indiqua à la fae de s’exécuter. Il portait maintenant un nouveau regard sur Yamai. Il lui avait indiqué de rester, mais la précision n’avait pas été nécessaire pour la générale, elle était venue pour lui. Elle aurait pu le mandater de rejoindre la capitale, mais c’était elle qui avait fait le déplacement. Il l’avait donc contactée et elle avait accordé suffisamment de crédit à son invitation pour venir.

    Qui étais-tu avant de devenir patron d’auberge, mon cher Yamai ? Qui es-tu actuellement ?” se questionna-t-il.

    Avait-il fait l’armée rekoise, ou effectué des missions pour elle comme lui avec le GAR ? Était-ce par ce biais qu’il connaissait la tovyr ? Cette dernière venait de mentionner un faux nom. Tant de questions qu’il rangea dans un coin de sa tête pour analyse future. Pour le moment, il était un simple aventurier à la recherche d’informations, le rôle serait facile à jouer parce que c’était aussi la vérité, une partie en tout cas.

    Tovyr, c’est un honneur,” il inclina légèrement la tête, faisant attention à ne pas trop en faire. Le respect pouvait facilement passer pour de la soumission, s'il était mal présenté.

    Voici Yamai, humble tavernier dont j’ai eu à m’offrir les services à de nombreuses reprises,” à la lumière des récents événements il ne put dissimuler le sarcasme dans sa voix. Il continua en souriant.

    Je suis venu justement parce que j’ai à nouveau besoin de lui. Vous devriez être au courant des disparitions de ces derniers mois et des rumeurs qui courent,” son regard alla de l’un à l’autre.

    On m’a aussi informé qu’une étrange scène se serait produite ici,” il s’attarda sur l’aubergiste. “Un dément se serait présenté parlant de loups et de leur retour. On a connu un événement similaire aussi à Liberty. Le nôtre a parlé de lune éternelle et de bêtes de la nuit. Différents prophètes, mais même prophétie.

    Il se servit un peu d’eau et se désaltéra.

    Je pense que tout est lié : les fous, les disparitions et les rumeurs sur le village qui n’apparaît que quand la lune est pleine.

    Il laissa un pesant silence s’installer, indiquant clairement qu’il avait plus à dire. La question était de savoir si c’était judicieux de révéler tout ce qu’il savait maintenant. Comme chaque fois qu’il se retrouvait dans ce genre de situation, ce fut son instinct de protecteur qui trancha. Il y avait des civils qui disparaissaient, et rien de ce qu’il allait révéler n’était secret. Il gagnerait peut-être même des alliés pour la résolution du problème. Ou pas.

    Il sortit l’amulette aux motifs divinistes de son sac et la maintint en suspension grâce à sa magie de l’air au-dessus de sa main. Invoquant de légers courants d’air, il imposa une rotation constante à l’objet afin qu’ils puissent tous en voir les moindres détails.

    On a retrouvé ça sur notre dément. Si j’en crois les rumeurs, le vôtre aussi possédait une breloque similaire,” il s’adressait au tavernier.

    Si vous savez qui est en sa possession, je suis prêt à le racheter ou le louer si le propriétaire y est attaché pour les besoins de cette mission. J’entretiens de très bonnes relations avec l’armée républicaine,” il se tourna vers la tovyr pour clarifier.

    Tous ceux qui me connaissent savent que je fais l’effort d’avoir de très bonnes relations avec tous les officiels, quelle que soit la région où je me retrouve, ça facilite mon travail.

    Le GAR a envoyé des éclaireurs sur le site présumé de l’apparition du village caché et n’a rien trouvé de pertinent. Pourtant, les disparitions continuent et dans les environs du même site. Je compte former une équipe et me rendre sur le site à la prochaine pleine lune. Je pense que les amulettes sont la clé pour avoir accès au village, je pense que nos prophètes fous sont les seuls à y être allés et en être revenus vivants. Et le seul point commun en dehors de leurs élucubrations, c’est ça.


    Il fit appel à son mana et sa main donna l’impression de dégager des vapeurs bleues, teintant les filaments d’air qui faisaient tourner l’amulette afin d’appuyer ses propos.

    Mais tout ceci n’est que spéculations. Voilà pourquoi je suis ici : collecter des informations complémentaires, retrouver la jumelle de l’amulette, monter une équipe à temps pour ne pas rater le prochain rendez-vous de la pleine lune et régler cette affaire avant qu’elle ne dégénère en conflit entre rekois et républicains. Toute aide dans ce sens est la bienvenue.

    Il libéra l’amulette de sa magie et la laissa tomber sur la table. Il manifestait ainsi son intention de collaborer, il les invitait à prendre et examiner l’objet eux-mêmes. Il y avait toujours le risque que la tovyr confisque l’objet et décide de mener l’enquête seule de son côté, si c’était la raison de sa venue. Elle était en position de force, elle avait tout un bataillon pour le prouver. Parfois, pour connaître une personne, il fallait juste lui donner l’opportunité de se révéler. Les réactions de ses interlocuteurs lui en révèleraient bien assez. Il aviserait de la marche à suivre en conséquence, il était habitué aux imprévus, c’était la seule constance de son métier.
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  • Sam 8 Juin - 15:55
    Le festin des loups
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    Le calme et le stoïcisme de Vern me surprendra toujours. Malgré la situation que peu lui envierait, il ne se laissait pas impressionner. Je compris bien vite par son ton qu’il savait désormais que je n’étais pas qu’un simple tavernier. Pas besoin d’en dévoiler plus pour le moment. Quelques détails lors de son élocution ont cependant piqué ma curiosité. Pour un simple aventurier, certes en partie affilié à la République, il en savait beaucoup. Et le fait qu’il possédait une amulette identique à celle que j’ai chipé au fou de l’autre soir n’était qu’une anomalie de plus. Il a été rencardé.

    J’observais le bijou virevolter entre ses doigts, et force était de constater qu’elle était en tout point identique à celle que je cachais à l’arrière. Les symboles gravés, la matière utilisée, sa forme particulière, tout collait. Son ancien propriétaire s’était barré après s’être fait tabasser par mes gars, j’avais estimé qu’il n’y avait rien à en tirer. Son esprit complètement enfoui dans la folie finirait le travail de lui-même. Prévenant, j’avais quand même bien pris soin de noter tous les détails qui pourraient se juger utiles.

    « Boris. »

    Le grand benêt répéta à nouveau son garde à vous, au risque d’offusquer la Tovyr. Elle n’y porta pas plus attention que cela, son esprit affûté déduisant probablement que tout cela faisait parti de la farce que je leur servais depuis leur arrivée. Disparaissant dans l’arrière-salle, au milieu de la cacophonie de pieds qui se prenaient dans des sots et de visages couverts de toiles, il émergea dans la pièce principale quelques secondes plus tard, le second pendentif en main. Avec tout le soin et la délicatesse dont il était capable ; c’est-à-dire un outrage à la vue de n’importe quel noble, il fit lentement rouler le bijou devant la Tovyr Leezen.

    « Sénéchale, seriez-vous prête à marchander votre nouvelle possession avec notre voyageur ? » souriais-je à pleines dents.

    Aucune réaction.

    Décidément, la Tovyr se montrait difficile à chambouler. Les deux orbes sombres lui servant de globes oculaires me fixaient sans fléchir, regard que je lui rendais bien sûr de bon cœur. Bien qu’elle attisât sincèrement ma curiosité, je commençais à comprendre que je n’étais qu’une source, certes intarissable, d’informations pour l’écrasante majorité de mes semblables. Tel était mon rôle. Ah, j’avais besoin de vacances.

    Valait-il le coup d’incorporer Verndrick aux opérations reikoises ? Ce sera à la Tovyr d’en décider. J’avais l’intime conviction qu’il en gardait sous le pied, et lui accorder notre confiance, même temporairement, pourrait peut-être l’encourager à nous en dire plus. Actuellement, mieux valait aussi partager mes informations. Le strict nécessaire tout du moins.

    « Tes informations se recoupent en parti avec les miennes Vern. Un fou s’est pointé là il y a quelques jours en parlant du retour des loups, de leur sourire dans la nuit. Comme quoi il était déjà trop tard. Il s’est barré après qu’on l’a eu malmené un peu. J’ai fait dépêcher un de mes gars sur le lieu des disparitions, mais pareil de mon côté. Pas de nouvelles. Je me suis moi-même déplacé là-bas et rien ne m’a sauté aux yeux. Quelqu’un d’autre surveille actuellement la zone pour moi en ce moment-même. »

    Je marquais une pause pour observer mes deux interlocuteurs et m’enfourner une cuillère du délicieux plat de la Tovyr.

    « Cela se recoupe avec ce que m’ont sorti deux poivrots il y a quelques temps. Un village n’apparaissant que les soirs de pleine lune, et quiconque y restera jusqu’à l’aube disparaîtrait. Détail que je n’ai pas encore réussi à élucider : l’ancien propriétaire de l’amulette semblait avoir échappé à une pendaison, en témoignaient les marques sur son cou. »

    Mes invités me fixaient tous deux, chacun à leur manière. Vern, plutôt interrogateur, et la Tovyr, avec dureté. Bien que je fisse déjà jouer mes pions et mes relations pour éclaircir au mieux cette histoire, s’il fallait prendre les armes, je leur laisserai bien volontiers. Je me ferai un plaisir de vous servir les coupables sur un plat argenté, mais ce sera à vous de le déguster.

    « Si vous voulez mon avis, tous les éléments en notre possession nous mènent sur la piste d’une meute de lycanthropes. Reste à savoir comment les coincer, et surtout, comment en ressortir vivants. »

    Dégainant ma boîte à chiquer de mon manteau, je m’en étalais une petite quantité sur les gencives. Leurs doux effluves pénétrèrent la chair, me montant lentement à la tête. Il s’agissait d’herbes douces, qui m’apportaient un sentiment de chaleur. Je devinais à leurs regards qu’ils se demandaient réellement à quel genre d’énergumène ils avaient affaire. Pour qui se prennent-ils, cette taverne est mon foyer après tout.

    « Concernant la manière de procéder, la décision vous revient, Tovyr Leezen. Je n’oserai outrepasser votre autorité concernant la mise en marche des troupes. » lui confiais-je avec un petit clin d’œil.



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  • Sam 8 Juin - 16:46

    Partie 3


    [Challenge] Le festin des loups -highresscreenshot00003

    En temps normal, ce genre de mission était délégué à un Nylsark ou un Adujar ou a maxima à un Luteni. Le rôle principal d'un Grand Officier était de gérer l’organisation interarmées et l’organisation générale des armées, de définir le format d’ensemble des armées et leur cohérence capacitaire, de définir les objectifs et de contrôler leur aptitude à remplir leurs missions, d'élaborer les doctrines et concepts d’emploi des équipements et des forces de s'assurer du maintien en condition opérationnelle des équipements, et a la charge des relations internationales militaires, de s'assurer de l'application des décrets gouvernementaux tout en rendant compte à la Griffe des besoins aux opérations en cours. En somme, un travail purement administratif aux lourdes responsabilités.

    D'habitude, seuls les officiers étaient envoyés sur le terrain, mais les Khashis et Tovyr restaient la plupart du temps à l'Etat-major, dans leurs quartiers généraux, à coordonner des dizaine de milliers d'hommes et femmes. Un travail parfait pour les anciens guerriers expérimentés tels que le Tovyr Draedet vir Delt qui n'avaient tout simplement plus la force de guerroyer, ou pour ceux, comme la Tovyr Sahara basée à Mael, qui n'avaient plus d'appétence aux opérations de terrain. En revanche, si ce truisme tenait de la plus pure des traditions, depuis l'instauration des Grands Officiers, avec la prise de pouvoir de Tensai Ryssen, cela avait tendance à changer.

    De facto, si la Griffe abattait un travail administratif monumental, le chef des armées était le premier à prendre part aux opérations d'envergures, suivit de près par de Grands Officiers combatifs tels que le Tovyr Crudelis pour n'en citer qu'un. Lyra Leezen était de la même trempe, encore bien jeune et redoutable, c'aurait été gâcher son talent que de la clouer derrière un bureau. C'était notamment pourquoi la Griffe avait opté pour cette évolution de la hiérarchie militaire. En doublant les forces armées de l'Empire, il aurait tout simplement pu doubler les effectifs placés sous les ordres de chacun de ses cinq Tovyr, mais au lieu de cela, il a choisi de nommer cinq nouveaux Tovyr pour se partager les cinquante-milles nouveaux soldats recrutés.

    Ainsi, Lyra avait sauté sur l'occasion de faire nommer un vieil homme qui n'avait plus sa place sur le terrain, déjà en retrait des grandes opérations depuis qu'il était passé Khashis, et qui était tout à fait à même de gérer le gros de l'administration des forces armées de Kyouji. Que la Griffe ait choisi vir Delt pour le poste était bien la preuve qu'il était sur la même longueur d'onde que la Sénéchale. Ainsi, bien qu'elle travaillait principalement derrière un bureau, elle pouvait se permettre plus souvent d'aller sur le terrain, de mener ses hommes, ne serait-ce que pour le moral des troupes. Il était toujours plus motivant pour un soldat de voir un Grand Officier à la tête de son groupe. La Griffe et le Tovyr Crudelis le faisaient, la Tovyr Leezen de même.

    Enfin, pour finir de justifier la présence plus qu'étonnante de la Sénéchale dans cette auberge - après tout, ce n'était pas à une Tovyr de se déplacer, mais bien aux autres d'être convoqués par elle - il fallait observer l'ère géopolitique dans laquelle on baignait. La République sortait tout juste d'une crise sans précédent, et quelques mois auparavant venait d'être nommé un nouveau pantin au pouvoir. Le Président et son gouvernement allaient vouloir organiser un sommet diplomatique afin de traiter des petites affaires qui chiffonnaient ces mauviettes de la Nation Bleue. Or, Kyouji était, séculairement, le lieu désigné pour organiser un tel évènement, une rencontre entre Genryusai et le porte-parole républicain, accompagnés de leur délégation.

    Le Coeur s'était déplacé en personne à Kyouji il y a quelques semaines pour exprimer ses craintes à la Tovyr en charge de la ville et, accessoirement, au seigneur de celle-ci. Le ministre des Finances du Reike voulait que le sommet diplomatique se déroule sans le moindre accros, que la cité soit pacifiée pour éviter une escalade en pleine rencontre diplomatique. Alors lorsque Lyra avait appris cette affaire de disparitions entre Kyouji et Liberty, elle avait voulu s'en charger personnellement, ne voulant surtout pas qu'une délégation en chemin pour Kyouji disparaisse. Ces fourbes de républicains accuseraient aussitôt les instances reikoises s'il arrivait quelque chose à leurs représentants sur la route. Et si la porte-parole allait surement se téléporter de Liberty à Kyouji, toute sa suite viendrait à cheval. Il ne faudrait pas voir à ce qu'ils disparaissent dans un village fantôme. Et puis, c'était important de garder la face, que le Reike prouve à leurs crétins de voisins qu'ils savaient maintenir l'ordre aux frontières.

    Elle avait écouté avec la plus grande des attentions les explications des deux énergumènes. Le voyageur s'avérait pour le moins bien informé, peut-être même plus que ce "Yamai" que Lyra soupçonnait toujours d'être haut placé au sein des services secrets. Elle était suffisamment bien placée pour savoir que les serviteurs de l'Oreille étaient nombreux à présenter quelques... excentricités. Plus tard, lorsqu'elle aurait l'occasion de s'entretenir avec privée avec le soi-disant aubergiste, elle lui demanderai son véritable poste au sein du Reike, juste pour confirmer ses doutes. Après tout elle avait le niveau d'accréditation nécessaire pour demander de telles informations, étant déjà au fait de l'identité du Vent et de l'Oreille en personne.

    - Vous savez déjà ce qu'il reste à faire : Aller en personne sur les lieux une fois la pleine lune levée. Or, vous devez être un parangon de ponctualité, car c'est précisément une pleine lune qui nous attend cette nuit. Elle renifla. Et comme vous semblez tous deux bien mieux informés, vous allez m'indiquer le lieu en question. Quant à vous voyageur, vous pouvez garder les amulettes, en attendant, vous restez avec moi.

    Sur ces mots, sans se lever pour autant, elle fit un signe par la fenêtre à ses hommes. La petite silhouette d'une elfe à la toison dorée sauta de sa selle et se dirigea vers l'entrée où elle attendit, accompagnée de deux golgoths armés jusqu'aux dents. La Dunark Valge était toute désignée pour garder un œil sur le "voyageur" à l'accent un peu trop républicain pour être digne de confiance.
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  • Lun 10 Juin - 9:33
    Yamai méritait définitivement que Verndrick se penche sur son sujet après la mission. Il avait des hommes sous ses ordres et savait les coordonner. Tout dans ses mots et dans ses gestes sous-entendait qu’il était bien plus et avait aussi plus de ressources qu’il ne laissait voir. Le demi-elfe se rendait compte qu’il avait peut-être passé des années à sous-estimer et donc à gâcher le potentiel de l’humain. Il fallait déjà qu’il découvre l’étendue des services que Yamai pouvait fournir quand il ne jouait pas au tavernier. Il risquait de faire plus appel à lui pour des requêtes particulières, selon ce qu’il apprendrait et s’il se montrait fiable.

    La piste des lycanthropes paraissait logique. Il fallait toujours qu’il comprenne la magie derrière l’apparition du village. On n’avait retrouvé les cadavres ou restes d’aucun disparu, ils devaient bien se trouver quelque part. Une chose était sûre, le soutien de tout un bataillon de soldats rekois ne pouvait qu’aider, il n’avait plus besoin de recruter d’autres aventuriers. Il prit les deux amulettes qu’il rangea dans sa sacoche.

    Merci, Sénéchale. Mais avant le départ, j’aimerais donner quelques instructions à mon compagnon de voyage.

    Il se leva et se dirigea vers la sortie de l’auberge. En passant, il fit un signe de tête en direction des soldats. Son regard s’attarda sur l’elfe. S’il en croyait les rapports sur l’armée rekoise et les troupes de la tovyr, il y avait de fortes chances que ce soit Yatji Valge. C’était une guerrière impulsive, capable d’actes d’extrême violence, et il semblait qu’on lui avait confié la charge de sa surveillance. Il lui retournerait la politesse en ne la perdant pas de vue non plus.

    Il ne s’éloigna que de quelques pas de la porte pour ne pas donner de fausses idées à sa nouvelle garde personnelle et fit signe à Mouse de le rejoindre.

    Vern ?” lui envoya-t-elle par la pensée en le rejoignant, le regard fixé sur les hommes en arme.

    Tu sais très bien que je ne peux pas te répondre par le même canal. Et sans Kreg dans le coin pour lire mon esprit, on va devoir utiliser la méthode classique. Ce n’est pas comme si on avait des choses à cacher,” ajouta-t-il en souriant pour attirer l’attention de la fae, qui était toujours portée sur les soldats.

    Je n’aime pas ça, être entourée…” elle ne trouvait pas le bon mot, “d’ennemis potentiels.

    Eh bien, c’est ta chance, puisque je vais te demander de retourner à Liberty.

    Attends, tu veux que je te laisse avec eux ?

    Si nos théories se confirment, on risque d’avoir à faire bientôt couler du sang et tu sais que je n’aurai pas besoin de toi pour cela. Eux,” reprit-il en indiquant les soldats, “ils ont été entraînés pour ce genre de situation.

    Et si, je ne sais pas moi, pour une raison quelconque, ils décidaient de s’en prendre à toi ?” insista-t-elle.

    Déjà pourquoi ? Je ne compte pas leur donner de raison de me voir comme un ennemi, bien au contraire. Tu me connais, partout où je passe, j’ai tendance à me faire facilement beaucoup d’amis.” Il espérait détendre un peu son amie.

    Ce sont des rekois, s’il y a bien une chose qu’on sait avec certitude sur eux,” elle continua par télépathie, "c’est qu’ils sont tous fous.

    Allez, écoute-moi, tu rentres à Liberty et tu expliques à Satoshi la situation.” Cette dernière était l’intendante de la famille. “Fais une petite escale à la garnison la plus proche et informe le GAR que je travaille avec la tovyr Leezen pour régler l’affaire. Ils doivent être au courant de sa présence. Leur expliquer la raison de sa venue nous éviterait des incidents.

    Mouse alla chercher à contre-cœur sa monture, elle savait que l’aventurier avait raison.

    Ne traîne pas et bon retour,” ajouta-t-il quand elle s’installa sur le cheval.

    Après son départ, Verndrick retourna à l’intérieur de la taverne et rejoignit ses deux interlocuteurs. En temps normal, il aurait engagé la conversation pour essayer de mieux connaître ses nouveaux alliés de circonstance. Si l’aubergiste se montrait jovial, quelque chose lui disait que la tovyr, elle, n’était pas d’humeur à papoter, il tenta néanmoins le coup.

    Yamai, il faut vraiment qu’on se retrouve après tout ceci autour d’un verre pour discuter. Je soupçonne que tu peux m’offrir bien plus que les services que j’ai l’habitude de demander.

    Il soupçonnait aussi qu’il fallait faire preuve de prudence avec le bonhomme.

    Je suis quelqu’un de réglo, si tu es ouvert à l’offre, je pense qu’il y a moyen qu’on puisse s’entraider.

    C’étaient peut-être les débuts d’une nouvelle relation entre eux. S’il découvrait par la suite que c’était un ennemi, eh bien, l’adage ne disait-il pas de les garder plus près ? Il se tourna maintenant vers la Sénéchale.

    Tout est réglé de mon côté. On peut attendre la nuit avant de bouger ou aller sur les lieux maintenant et patienter là-bas, je vous laisse la décision.

    Y a-t-il quelque chose de particulier que j’ai besoin de savoir sur vos troupes ? Si la situation demande qu’on combatte ensemble, ce serait bien que je sache à quoi m’attendre.


    Verndrick avait une idée générale du fonctionnement de l’armée. Il avait reçu la formation militaire à Magic et Drakstrang, et le SCAR avait des informations plus détaillées sur les forces rekoises. Il cherchait à faire parler la tovyr et à détendre l’atmosphère. Commencer par ses hommes pourrait les amener vers des sujets plus légers. Il doutait de la réussite de sa démarche, mais cela ne l’avait jamais arrêté.
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  • Mar 11 Juin - 14:31
    Le festin des loups
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    C’est moi ou elle me prend pour son grouillot ?

    Est-ce que je pouvais seulement lui en vouloir. Après tout, ces présentations n’avaient pas été faîtes dans les règles, et même si la Tovyr devait encore avoir quelques doutes, son esprit aura bientôt deviné qu’elle avait à faire à un égal.  Lorsque la mission l’impose, peu m’importe que l’on me confonde avec quelques bouseux, autant en présence d’officiels, j’aimerai être traité comme tel. C’était ma manière de montrer que je ne suis pas qu’une montagne de paperasses remplies d’informations croustillantes. Le facteur Verndrick sans doute. Nous aurons le temps de discuter lorsque nous serons en route.

    Comme la remarque de l'aventurier le laissait entendre, nous en saurons bien plus à la nuit tombée. Aussi adressais-je un signe de tête à Boris et mes gars à l’étage, leur ordonnant de prendre les devants. Il n’y avait pas besoin d’être un devin pour savoir à l’avance comment allait se dérouler la journée, aussi les avais-je briefés hier sur notre manière d’opérer une fois sur place. Une douzaine de bonhommes quittèrent la taverne par l’arrière, et les claquements des sabots de leurs chevaux s’éloignèrent.

    Verndrick demanda poliment à voir sa partenaire que j’avais congédié, qui attendait sagement dehors. Je ne pouvais que deviner sa frustration d’avoir été mise ainsi à l’écart. Il s’agissait d’une affaire de grandes personnes, je ne pouvais laisser un petit poussin venir mettre son nez dans les opérations du Reike. Je tolérais Verndrick pour notre petit jeu d’informations, et c’était déjà plus qu’assez.

    Dorénavant seul avec la Tovyr Leezen dans la grand-salle de mon établissement, il était temps de mettre les pendules à l’heure. M’approchant de son visage, je lui soufflais lentement quelques mots.

    « Au cas où ce ne serait pas encore clair dans votre esprit, je suis l’Eau. Aussi j'apprécierai que vous ne me traitiez pas comme un de vos soldats. »

    Le visage souriant, je prenais la direction de la sortie.

    Baigné par la lumière du soleil qui avait remplacé la pluie battante de la veille, je prenais le temps de m’étirer à nouveau, en observant méticuleusement les alentours. Une sacrée troupe de soldats qui avaient roulé leurs bosses. Je tendais l’oreille vers notre duo d’aventuriers et n’entendaient pas que des flatteries à propos de nos procédures. Soit. Ce n’est pas comme s’ils avaient le choix. Soit ils se joignent à nous, soit ils restent sur le carreau. Sans compter que la Sénéchale pouvait décider à tout moment de les écarter, sans qu'ils aient leur mot à dire.

    Scrutant un à un la troupe de la Tovyr, mes yeux m’aiguillèrent vers une elfe qui me fixait depuis ma sortie de l’auberge. Sans doute la Dunark Valge, qui avait déjà fait parler d’elle à quelques occasions. Sa position lui permettait de nous garder tout deux à l’œil, Vern et moi. Selon certains de mes gars, c’était « une furie à moitié maboule boss ». Je lui rendais bien amicalement son regard sombre. Comme si des petits pions avaient le pouvoir de m’impressionner. Mon petit tour terminé, je regagnais l’intérieur de mon petit chez-moi.

    « Tovyr. » reprenais-je à l’arrière du bar.

    « Mes gars, comme vous l’aurez sans doute remarqué, sont partis préparer le terrain. J’ai également posté quelques agents, disons, atypiques, autour de la zone. Nul doute que nous aurons un rapport détaillé une fois sur place. »

    Sur le point de poursuivre mon discours, Verndrick fit irruption dans la salle, seul. Sans doute avait-il congédié sa partenaire, jugeant l’opération peut être trop dangereuse pour elle. Ou pour s’en servir de messager. Ma fonction m’imposait une certaine paranoïa, mais je me plaisais à penser qu’elle faisait souvent mouche. Je fus cependant surpris par sa demande. Tout comme la Tovyr, je sentais bien qu’il possédait des connexions avec la République, plus qu’il n’en laisse paraître en tout cas. Pensait-il vraiment que l’Eau lui distillerait des informations parce que nous avons déjà partagé quelques soirées ensemble ?

    « Ce serait avec grand plaisir Verndrick. Je ne doute pas de ton honnêteté. Cependant, tous ne portent pas tes idéaux. » rétorquais-je, le regard en total désaccord avec le sourire que j’arborais.

    Laissant mes deux clients du jour discuter des affaires martiales, je regagnais l’arrière-salle dans laquelle Boris avait laissé mon paquetage. Croc & Griffe, mes fidèles arbalètes de poings, ainsi que tout ce qu’il avait pu réunir pour lutter contre nos ennemis du soir. Parfaitement confiant en mes talents stratégiques et oraux, je devais bien reconnaître que si je pouvais éviter de participer à une bataille ouverte, je ne me ferai pas prier. Chacun son métier.

    De retour dans la salle, je constatais qu’ils n’en avaient toujours pas fini. Tant de parlotes alors que nous manquions de données. M’affalant sur ma chaise à bascules, les pieds posés sur le bar, je leur fis signe que j’étais prêt à partir dès qu’ils auraient daigné finir leur échange.



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  • Mar 11 Juin - 21:31

    Partie 4


    [Challenge] Le festin des loups -highresscreenshot00009

    Tel un monolithe, La Tovyr Leezen ne bronchait pas, zieutant de ses deux orbes noires les deux bonhommes qui se démenaient pour tirer la couverture à soi. Ils cherchaient chacun de leur côté à se montrer indispensable à l'expédition, comme s'ils voulaient à tout prix en faire partie. Sans rien en montrer, Lyra s'en amusait intérieurement, dans la mesure où elle ne partageait en aucun cas l'engouement des deux hommes. Au point où ils en étaient, elle était à deux doigts de déléguer le commandement de la troupe à la Dunark Valge et à mettre elle-même les voiles pour Kyouji. Cette histoire de village invisible avait certe piqué sa curiosité en premier lieu, mais maintenant que le problème était bien identifié, grâce à cette pêche aux informations, elle trouvait qu'ils étaient déjà bien assez sur l'affaire pour qu'elle se permette de leur laisser le bébé.

    Pourtant, elle avait une certaine appétence à collaborer avec l'Eau, ne serait-ce que pour réaffirmer ses liens étroits avec les services de l'Oreille. Se débarrasser de ce village vraisemblablement lycanthrope était passé au second plan dès lors qu'elle s'était rendu compte qu'elle n'était pas en présence d'un simple agent de terrain, mais bel et bien d'un chef de cellule entouré de nombreux espions. Là était précisément le réseau qu'elle voulait côtoyer, dans la mesure où elle aurait bientôt à lutter contre la pègre de Kyouji, le renseignement serait au centre de cette guerre intestine. Elle avait besoin des services secrets. Elle avait besoin de se rende utile à l'Eau et, de facto, à l'Oreille. Encore une fois.

    Et alors que "Yamai" lui susurrait quelle ferait mieux de le traiter en temps que tel, elle souffla du nez avant de lui rendre un sourire un brin plus glacial que le sien, avant qu'il ne quitte la pièce pour s'enquérir du conciliabule entre Verndrick et sa seconde. Il était plus édifiant qu'amusant d'attaquer autrui dans sa fierté, en méprisant quelque peu l'importance de l'Eau dans l'équation, elle avait pu le cerner aussi bien qu'à l'issue d'une longue discussion. Elle s'abîma quelque peu dans ses pensées pour assimiler le personnage de l'Eau tout en songeant à ce qu'il pourrait lui rapporter, à elle, à Kyouji et, in fine, à l'Empire. Elle pressentait un grand changement dans la hiérarchie de la région, peut-être que ce "Yamai" pourrait y jouer un rôle quelconque.

    Ce fut à cet instant que ce dernier revint à l'intérieur, se postant derrière son bar pour s'adresser à elle, lui signifiant que ses hommes étaient déjà sur place, ce à quoi elle ne répondait que d'un reniflement. Elle se leva alors, faisant cliqueter ses pièces d'armure luisant sous la lumière des candélabres et les raies du soleil filtrés par les fenêtres orientées nord. Verndrick fit alors irruption, s'adressant d'abord à leur hôte avant de pivoter vers la Sénéchale qui braqua son regard nébuleux sur le voyageur qui lui demandait des détails sur le bataillon Vrihedd qui l'accompagnait.

    - Le bataillon Vrihedd, voyageur, est spécialisé dans les opérations en plein désert. Comprenant trois troupes montées de lanciers plus deux d'archers et d'arbalétriers, j'ai avec moi une force de frappe assez versatile. Mais si vous voulez plus d'informations sur mes effectifs, vous pouvez converser tout votre soul avec la Dunark Valge ici présente. Un sourire mauvais de cette dernière n'incita pas Verndrick à s'y essayer. Mais vous ferez connaissance en route. Levons le camp. La seconde d'après, elle fut dehors.

    Aussitôt, le bataillon se mis en branle, se rassemblant en une colonne serrée, prête à suivre la direction indiquée par l'espion. On apporta alors son frison carapaçonné d'argent qu'elle monta sans l'aide du moindre écuyer, d'un bon agile. Lorsqu'elle sauta, le brocard recouvrant sa selle se souleva subrepticement, laissant apercevoir l'éclat du mithril dessous. La Tovyr gardait près d'elle son bâton de combat, aux côté d'un sabre court et de son arc long. Vraden était là pour les rencarder, Verndrick les guider, Lyra, quant à elle, pour tuer.
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  • Jeu 13 Juin - 12:53
    Les introductions étaient terminées. Tout le monde était prêt pour le départ. Verndrick s’approcha de Zahel, l’akhal-téké qui lui servait de monture. Il lui caressa l’encolure, appréciant le contact avec la crinière soyeuse et dorée du cheval.

    Prêt pour un nouveau petit voyage ? Cette fois-ci, on aura une escorte assez inhabituelle,” il indiqua du menton les soldats. “Je sais que leur compagnie ne vaut pas celle de Mouse, mais ce sont des alliés, pour le moment. Essaie de ne mordre personne.

    Le cheval renifla, une lueur d’intelligence dans les yeux. Verndrick avait eu comme monture de nombreux chevaux de la même race. Ils étaient élevés spécialement pour garder leur sang-froid en situation de danger ou de combat et assister à des manifestations de magie sans faire tomber leur cavalier. L’aventurier donnait toujours le même nom à ses chevaux. Le nombre de Zahel à qui il devait sa vie se comptait par centaines, et il ne s’était jamais habitué à les perdre. Il grimpa sur le cheval et le lança au galop pour rattraper la tête du bataillon. Il servait de guide avec l’assistance de Vraden, qui connaissait aussi très bien leur destination.

    L’endroit où le village secret était supposé apparaître était une vaste clairière située à l’orée d’une forêt au nord-ouest, non loin d’un lac scintillant. La troupe n’étant pas vraiment ouverte à la causerie avec un étranger, le trajet se déroula dans un silence que Verndrick trouva particulièrement ennuyeux. Ils atteignirent la clairière en fin d’après-midi.

    Elle était entourée de grands pins et de chênes dont les branches se balançaient lentement sous l’effet d’une brise légère. Le sol, couvert d’herbes hautes et de fougères, était ponctué ici et là de pierres moussues, vestiges d’un ancien chemin ou peut-être de fondations oubliées. Un parfum de résine et de terre humide flottait dans l’air, mêlé aux effluves plus légers des fleurs sauvages.

    Vers le centre de la clairière, la végétation était plus clairsemée, laissant apparaître un sol légèrement en pente, parsemé de rochers et de racines noueuses qui émergeaient de la terre. Des arbustes épineux formaient une bordure naturelle autour de cette zone dégagée, comme un cercle de sentinelles silencieuses.

    Non loin de là, le lac reposait paisiblement, ses eaux limpides reflétant le ciel encore clair. Les rives étaient bordées de roseaux et de nénuphars, et quelques saules pleureurs plongeaient leurs longues branches dans l’eau. Des oiseaux aquatiques glissaient silencieusement sur la surface du lac, troublant à peine son calme.

    Verndrick, arrivant à la lisière de la clairière, mit pied à terre. Zahel, fatigué par la cadence soutenue imposée par les troupes de la tovyr, but avidement à un ruisseau qui serpentait depuis la forêt jusqu’au lac. L’aventurier observa les soldats dénouer leurs capes et se préparer à attendre la nuit. Il les aida à installer leur campement près du bord de la clairière, à une distance prudente du centre dégagé où le village était censé apparaître. Bientôt, le crépitement d’un feu de camp se mêla aux bruissements des feuilles et aux appels lointains des oiseaux nocturnes qui commençaient à se faire entendre.

    Le murmure du vent dans les arbres, le doux clapotis de l’eau du lac et les sons de la nature formèrent une symphonie envoûtante, annonçant l’arrivée imminente de la nuit et, peut-être, la révélation du secret tant attendu. Verndrick s’était installé près de la sénéchale et du tavernier. Il profitait des derniers rayons du soleil et du feu pour noter les informations non sensibles liées à la mission. Comme tout bon Vindrœkir, il tenait les annales de ses aventures.

    Yamai, tu avais dit qu’un de tes hommes surveillait la zone. Nous rejoindra-t-il ou bien iras-tu à sa rencontre pour nous briefer plus tard ?

    Il soupçonnait le tavernier d’être un courtier en informations. Tous les aubergistes laissaient traîner leurs oreilles et pouvaient être de bonnes sources d’informations, mais cette journée lui avait montré que Yamai était plus organisé et plus expérimenté en la matière. Il avait sûrement plus qu’un subalterne dans les parages.
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  • Hier à 18:50
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    Le soleil tapait encore fort en cette fin d’après-midi, de nombreux soldats portant régulièrement leurs mains à leur outre de voyage. J’observais discrètement mes deux compagnons du jour, et la chaleur les épargnaient peu. Le climat changeant du désert à cette période de l’année était un défi qui se suffisait à lui-même, faire ce trajet d’une seule traite fut éprouvant même pour des individus rodés au voyage. Sous mon long manteau noir, je ne pouvais m’empêcher de sentir une froideur me mordant la peau, soulevant des sourcils interrogateurs de nombre de mes compagnons.

    Un silence bienvenu régnait en tête de cohorte, nous nous contentions de galoper en direction du lieu de rendez-vous. La Tovyr n’accordait que peu d’importance aux mots semblait-il, aussi décidais-je de ne plus gaspiller d’énergie à essayer de lui en tirer de la bouche. Verndrick, quant à lui, subissait plutôt notre méfiance. La mission débutait, et, comme à mon habitude, je revêtais un nouveau masque. Il était important de brouiller l’avis d’autrui, de ne pas savoir sur quel pied danser. Je n’étais qu’un outil pour eux, aussi était-il temps de rayer le bon Yamai de mon esprit, et d’éveiller le calculateur Vraden. Que ce soit pour la mission en elle-même ou les quelques coups d’avance que j’aimerai prendre pour l’avenir.

    Je percevais enfin l’endroit que j’avais inspecté il y quelques jours. Une vaste clairière, bordée par une forêt tempérée. Je descendais de ma monture, et rejoignait seul mes gars qui attendaient non loin. De quelques signes de tête, je leur ordonnais de se déployer dans le bois et près du lac qui sommeillait non loin. Seul un de mes gars resta planté là, près à me donner son rapport sur la situation.

    « J’espère que tu as de bonnes nouvelles Boris. »

    Il me salua d’un signe de main qui nous appartenait, avant de me répondre avec un professionnalisme bienvenu.

    « Boss. On a rien trouvé de plus que lorsque tu étais venu. Par contre, on est tous d’accord pour dire qu’il se passe quelque chose d’étrange. Plus le temps passe, plus on ressent une forme de présence. De la végétation qui bouge dans le sens opposé du vent, des clapotis dans le lac, ce genre de trucs. »

    Est-ce que l’approche de la pleine lune altérait la zone ? Si cette théorie se confirmait, cela impliquerait plusieurs choses. Le village serait déjà là, mais toujours imperceptible. La difficulté était de comprendre comment, et surtout, pourquoi. Je faisais signe à Boris de mettre en place les tactiques de repérage habituelles, et m’en retournait vers mon cheval.

    Il était connu de tous que les animaux avaient une perception du monde différente des races humanoïdes. Leur capacité à ressentir était en opposition à nos réflexions. Uma, mon étalon noir, faisait tout autant parti de la famille que n’importe lequel de mes gars. En ce sens, lui aussi avait des capacités désignées pour notre corps de métier. Sa sensibilité était bien plus élevée que ses congénères. Aussi étais-je surpris de voir son regard se durcir peu à peu.

    « Il y a bien quelque chose, n’est-ce pas ? » lui soufflais-je à l’oreille.

    Un léger hochement de tête marqua son accord. Je lui tapotais avec gentillesse l'encolure, et redirigeait mon attention vers la troupe de la Tovyr. Le campement prenait forme à une vitesse remarquable, Verndrick apportant même son aide ça et là. Je gagnais un siège libre près du feu, aux côtés de la Tovyr qui attendait déjà patiemment sur place.

    Attendant probablement des informations de ma part, je la laissais mariner quelques temps. Il me manquait encore un rapport. Glissant deux doigts dans ma bouche, un sifflement aigu et puissant en émergea. Levant le bras et présentant mon poignet, je patientais quelques secondes. Orage émergea des hauteurs, dans un vol vif et silencieux, avant de prendre position sur le seul bras qu’il daignait toucher. Quelques bouts de viande furent guidés jusqu’à son bec, pendant que d’autres doigts habiles lui grattaient le crâne.

    « Je t’écoute. »

    J’hochais de temps en temps la tête en réponse aux gazouillements de mon compagnon à plumes, interprétant un à un ces sons. La Tovyr me lançait à nouveau un de ses regards noirs, mais j’en avais déjà pris l’habitude.
    Verndick se joignit finalement à nous, me demandant si l’homme posté ici allait nous rejoindre. Je pointais du doigt l’oiseau de proie qui déchiquetait quelques bouts de viande à ses pieds.

    « Il est déjà là, tu peux le saluer. »

    M’éclaircissant la gorge après avoir ingurgité quelques lampées d’eau, il était temps d’exposer la situation.

    « Selon mes hommes et mes bêtes, notre flair frappait juste. C’est pour ce soir. Il se passe déjà des phénomènes anormaux dans la zone. La nature agit différemment, et Orage m’a rapporté que des animaux disparaissaient purement et simplement lorsqu’ils pénétraient la clairière aujourd’hui. » déballais-je petit à petit, en désignant l’oiseau du nez.

    « Il est fort probable que la faune ne réponde pas aux mêmes règles que nous, humanoïdes, au contact de la magie qui règne ici. J’ai déjà déployé mes gars sur tous les points d’intérêts désignés dans mes rapports. Les lycanthropes sont connus pour leur férocité et leur rage, surtout à cette période du mois. Et si mes déductions sont bonnes, ce ne seront pas les seuls clients ce soir. »

    Sur ces derniers mots, je piquais quelques aliments sortis de ma sacoche à l'aide d'un bout de bois taillé, et les fis rôtir peu à peu sur le feu, qui gagnait en force au milieu de la pénombre qui s'installait.



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    Lyra Leezen
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  • Aujourd'hui à 10:27

    Partie 5


    [Challenge] Le festin des loups Cd29b535474d482ef4f3391b227ae7e7



    « Gardez vos amis près de vous mais gardez vos ennemis encore plus près. »

    - Michael Corleone.

    En effet, Lyra voulait garder Verndrick près de lui, l'homme à l'accent républicain, ayant requis sa présence pour cette opération de reconnaissance, simplement pour le garder à l'œil. Ou tout du moins, la Dunark Valge le gardait dans son chant de vision, s'assurant qu'il ne communique par télépathie avec personne et qu'il ne mette pas discrètement les voiles. La Sénéchale avait déjà fait appel à des intermédiaires civils pour d'autres missions du genre, mais à chaque fois ils avaient été recommandés par les hautes instances, comme cet Altarus Aearon, envoyé par l'Oreille pour infiltrer ses troupes au sein d'une forteresse. En revanche, ce Verndrick n'avait la confiance de personne, pas même de l'Eau qui, en dépit de le connaitre au préalable, ne lui accordai aucune probité. La Sénéchale avait donc décidé de le garder avec elle le temps d'élucider l'affaire, ne pouvant pour l'instant rien faire contre lui, il valait mieux l'avoir à disposition. Si ce "voyageur" se trahissait comme étant un agent du SCAR, elle pourrait alors faire de lui ce que bon lui semblait, malgré son accord tacite passé avec Uther, l'agent de coordination aux affaires reikoises du SCAR, elle n'hésiterai pas à faire disparaitre l'un de ces misérables paltoquets. De surcroit, cet Uther ne devait plus être en poste depuis belle lurette, alors pouf ! Plus d'accord de non agression !

    Pouf ! Exactement de la même façon dont avait été monté le campement temporaire du bataillon Vrihedd. Il avait été monté aussi rapidement qu'efficacement, en un point stratégique offrant un bon point de vue en plus d'un échappatoire probant. Etant aux abords de la frontière républicaine, si fuite il devait y avoir, elle devrait automatiquement se faire vers l'Ouest, vers Kyouji. La Tovyr avait donc fait placer tous les chevaux à l'Ouest du camp, prêts à être enfourchés pour un éventuel replis vers la cité. Quant au campement, il avait été monté à l'abris des quelques arbres bordant le lac, dissimulé sous la canopée, et à une distance acceptable des rives du lac, afin d'éviter d'être pris en étau en cas d'assaut adverse. Enfin, de là où elle avait fait dresser son point d'observation, elle avait vu sur toute la pleine sablonneuse s'étendant après la vaste clairière désignée par les agents de l'Eau. De plus, la prudence étant de mise face à un éventuel danger que l'on ne connaissait pas, la Tovyr avait fait envoyer une estafette à Kyouji pour notifier l'Etat-major de la cité de ses avancées et de sa position actuelle, n'oubliant pas de signaler la présence de Verndrick Vindrœkir, omettant en revanche celle de l'Eau, pour des raisons évidentes. Au moins, si pépin il y avait, les autorités auraient un individu à interroger.

    Patientant alors jusqu'au crépuscule, Lyra s'était installée sur un faudesteuil fait d'un croisillon de bois et d'une peau de chèvre tendue, devant une table fait de deux tréteaux et d'une planche d'acajou poncée. Sur celle-ci, elle avait déployé un palimpseste encore vierge ainsi qu'une carte de la région, y dénotant la zone désignée par l'Eau et Verndrick. Son bâton de mithril était posé contre le rebord de la table de campagne et elle portait son sabre recourbé à sa ceinture, comme parée au combat. Enfin, au niveau de l'invisible, elle avait enrichie ses réserves de mana au point que l'électricité statique se manifestait au moindre contact avec quelqu'un. La foudre pouvait frapper d'un instant à l'autre.

    Enfin, les deux hommes, afférés à leur rôle plus ou moins important, revinrent vers elle, se tenant près du feu de camp apportant un peu de lumière dans les derniers feux du jour. Elle écouta alors les explications de l'espion avant de faire glisser son regard plus noir que la nuit sur le demi-elfe.

    - Voyageur. As-tu remarqué un changement au niveau des amulettes ? Elle renifla.

    Mais à peine Verndrick eut-il le temps de délivrer sa réponse qu'un mirage apparu, à ceci près que le soleil avait disparu sous la ligne d'horizon. Ce fut alors comme si l'air au sein de la clairière fut troublé, tel l'ondée dans une flaque. Progressivement, doucement, inéluctablement, apparu les pointes de faîtes, les traits anguleux des bardeaux, les rondeurs des tours, les angles des murs et les perchis des closeries. Sous leurs yeux, un village tout entier se matérialisa, et surtout un village aux proportions respectables, avec deux clochers, quelques tours, mais surtout d'innombrables maisonnées mélangeant l'architecture reikoise et républicaine, astucieux imbroglio entre le torchis et les briques, comme pour donner une bourgade internationale.

    La Tovyr se leva prestement, son bâton de combat à la main, un point levé pour dissuader ses soldats d'avancer vers l'apparition, étant bien au fait de sa capacité à faire disparaitre ceux qui s'y aventuraient. Tiens, en parlant d'aventurier...

    - Voyageur. À toi l'honneur. Toujours envoyer un éclaireur dispensable.

    CENDRES



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    Thème musical de la Sénéchale
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