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  • Dim 30 Juil - 18:48
    L’air du Vent

    Feat Zéphyr -1


    Sur le Port d'Ikusa, le 15 avril de l'An 4.

    Le printemps était bien installé et naviguer en cette saison n'était pas trop compliqué. Notre chantier naval était terminé, prêt et nous avions débuté notre première pièce d'oeuvre, c'est à dire la construction de mon second trois-mâts, le Renouveau était lancé et sortirait des chantiers durant l'été si tout allait bien. Nous avions eu un client, une opportunité que nous avions su saisir le mois précédent en réparant et remettant à flot le navire du Capitaine Aeron. C'était une rentrée d'argent inattendue mais fort utile. Je venais donc ce jour à bord de l'Etoile de Shoumei, nous avons accosté sur le Port d'Ikusa à l'aube.

    Nous devions êtes livrés dans la matinée par le clan Al Azmirra de nos commandes de voilerie et de cordages, ils avaient la réputation d'être excellents, ponctuels et n'ayant qu'une parole.  Les marins vaquaient à leurs tâches, chacun connaissant son métier. J'étais allée à la Capitainerie pour ma part enregistrer mon navire pour 24h et payer la redevance pour le quai. Cela m'avait occupé un moment, l'activité ici était toujours plutôt intense. J'étais revenue sur mon navire et j'étais partie travailler dans ma cabine. Le temps défilait et quand je regardais dehors je réalisais que le soleil était maintenant bien haut dans le ciel, et personne n'était venu pour me prévenir que la cargaison allait être chargée? Etrange non?

    Je sortis et trouvais les marins affairaient à nettoyer, récurer, mais rien, pas la moindre trace de ma commande. J'allais trouver le Capitaine et l'interrogeais, il n'avait vu personne pour l'heure et avait occupé l'équipage. Je retournais sur les quais et commençais à me renseigner auprès des marins d'Ikusa qui ne savait rien des livraisons à venir, ils me renvoyèrent à la Capitainerie. Il y régnait une agitation certaine et j'attendis un bon moment avant de pouvoir être reçue de nouveau. Ma demande ne semblait pas être la première du jour.

    - Dame de Boktor je suis navré mais par de caravane des Al Azmirra en vue aujourd'hui ni ces derniers jours d'ailleurs.
    - Est-ce quelque chose de régulier?
    - Non ils sont d'une rare ponctualité
    - Savez vous ce qu'il se passe?
    - Non désolé vraiment. La semaine dernière ils auraient du livrer une commande pour une famille noble, pour équiper leur navire et rien non plus mais je n'ai pas d'information plus précise.
    - Savez vous qui pourrait m'en fournir?

    L'homme derrière son bureau sembla réfléchir un instant et son collègue tenta un

    - Allez voir au caravanserail peut-être? Ils sont les plus à même de savoir les allers et venues des caravanes du désert?
    - Pas bête oui, allez trouver le responsable là-bas Madame.

    - Bon... Au cas où... Rajoutez trois jours pour mon navire afin que nous n'ayons pas à le déplacer, je veux garder la place sur le quai.
    - Pas de souci. Je retourne chercher votre demande du jour.

    La paperasserie faite j'étais retournée auprès de l'équipage, avais parlé au Capitaine et prévenu que j'allais me renseigner et que nous resterions ici pour trois jours de plus pour attendre mais que de mon côté j'allais me renseigner. Cette histoire me chagrinait, cela faisait donc déjà une livraison manquée la semaine passée pour le port et personne ne savait rien ici.

    Je pris mes affaires personnelles, ne voulant pas les laisser sans ma surveillance sur le navire et je pris la route du quartier est, proche du désert. Il n'était pas difficile de trouver le caravansérail en réalité. L'agitation de ce quartier était intense et me mit quelque peu mal à l'aise, trop de monde, trop de couleurs, trop de bruits, de senteurs, je n'étais plus du tout dans mon élément dans cet endroit néanmoins je me devais d'aller chercher les informations à la source.

    Je demandais deci, delà et je finis par trouver la tente sous laquelle se trouvait le responsable du lieu, celui qui accueillait les caravanes, les plaçait. Il était occupé pour le moment, aussi je m'installais sous les auvents extérieurs sur un des épais coussins à disposition et je me surpris à observer la danser des gens, leur ballet incessant, écouter la mélodie de leur activité et je souris parce que je faisais tâche ici avec ma tenue austère de Maelienne.

    Message 1

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  • Ven 4 Aoû - 11:05
    Quelques semaines plus tôt.

    - Mais messire… Un contrat, c’est un contrat…

    Laan, un espion du Reike, ne peut s’empêcher de pousser un long soupir face à la déclaration du commerçant devant lui. L’homme n’est pas surpris, il doit le reconnaître. Après tout, il est connu que le clan Al Azmirra respectera sa part du marché quoi qu’il arrive. Non seulement cette tribu livre d’excellents produits maritimes, mais en plus, cette famille de la région de Kyouji semble avoir de grands principes de loyauté et de dévouement. L’efficacité et l’honneur sont des qualités appréciées dans l’Empire, et habituellement, le métamorphe déguisé en garde ne rechignerait pas à entendre de telles paroles. Pourtant, aujourd’hui, ça ne fait pas ses affaires. On lui a donné une mission et il se doit d’obtenir des résultats.

    - Ecoutez, mon brave, vous ne devez pas avoir compris. Vous avez l’opportunité de rencontrer de braves aristocrates, qui sont intéressés par vos produits. Une ou deux de leurs commandes, et vous aurez assez de sous pour la fin du mois. Si vous faites même de l’excellent travail, la Couronne même pourrait réclamer vos services, à l’avenir. Certes, ce rendez-vous est en même temps que votre livraison avec une certaine… Comment déjà ? Une certaine Dame de Boktor ? Mais ce n’est pas grave si vous délivrez votre colis quelques heures plus tard. L’entrevue avec Sieur Lagrance durera peut-être la matinée, mais c’est une occasion à ne pas laisser passer. Votre petite dame qui vous a passé commande s’impatientera, mais elle ne voudra pas partir sans recevoir ses produits. Vous serez donc payés au bout du compte, et quand bien même vous y perdrez au change, le gain que vous recevrez de vos nouveaux clients servira de compensation.
    - Mon père et mon grand-père et tous mes aïeuls avant moi…
    - … vous diraient de ne pas laisser passer cette occasion, puisque vos louanges sont parvenus jusqu’aux plus hautes instances du pays.

    Bon, ça, il n'est pas obligé de le dire, mais ce point fait au moins mouche et plonge son interlocuteur dans une profonde réflexion. L’homme n’est pas heureux, cela se voit, mais il finit par hocher la tête de mauvaise grâce.

    - Bon. Mais je resterai avec cette famille quelques heures seulement… Et je dirai qu’on transmette un message à Dame de Boktor…
    - Bien sûr, chantonne l’espion. Il ne précise bien sûr pas que cette lettre n’arrivera jamais à l’intéressée. Ce serait trop facile sinon. Je confirmerai bien sûr à Sieur Lagrance que vous avez accepté le rendez-vous.

    Quelques instants plus tard, le métamorphe s’engouffre dans les rues d’Ikusa. Profitant de la pénombre qui devient de plus en plus présente avec le crépuscule, Laan reprend sa forme initiale et utilise sa vitesse et son agilité augmentées pour passer de toit en toit sur les maisons de la capitale. Quelques instants plus tard, il s’arrête à une demeure en particulier, une maison anodine, propre à tous les guerriers lambda de la cité. Il toque de manière rythmée pour signaler son passage, et bientôt, une femme vient lui ouvrir.

    - Salut Martha. Je t’ai manqué ?

    L’intéressée secoue vivement la tête alors qu’elle s’efface pour le laisser entrer, puis elle lui fait des signes de la main pour lui dire où aller. La pauvrette ne peut faire plus, elle est muette. Mais là où d’aucuns aurait considéré son handicap comme une tare absolue, d’autres ont su en faire fi pour trouver des talents à la belle femme aux cheveux blonds. C’est peut-être pourquoi Laan, qui est son meilleur ami depuis l’enfance, est aussi reconnaissant à l’homme derrière qui il se présente. C’est lui qui a su trouver une utilité et une mission à son amie. Lui qui a su également la mettre sous la piste de la télépathie pour qu’elle puisse enfin s’exprimer. Et c’est lui encore qui a remarqué son excellente mémoire et ses grandes facultés d’observation, jusqu’à lui proposer le poste d’espion. Des détails mineurs, qui ont néanmoins su rallumer une flamme dans ses yeux de la Reikoise, quand elle a compris qu’on pouvait potentiellement lui faire confiance et lui donner d’être les oreilles de l’Empire. Et bien que ses passages soient toujours courts et fugaces, l’Oreille est fidèle quand il s’agit de protéger ses ouailles.

    - C’est fait ?
    - Oui. La livraison de Dame de Boktor sera retardée de quelques heures, notre commerçant devra rencontrer un noble du Reike toute la matinée.
    - J’ai beaucoup recommandé ses services à sieur Lagrance. J’espère qu’il sera satisfait.
    Le vétéran de Sable d’Or est cependant pensif alors qu’il reprend.
    - Tu t’es renseigné sur sa visite au port ?
    - Normalement, elle sera seule… Mais si je puis me permettre, messire, je pense que vous n’avez pas à vous y déplacer vous-mêmes...
    - Tu crois, Laan ? Un sourire ironique vient effleurer les lèvres du maître-espion, alors qu’il effleure du doigt le titre du livre qu’il vient de refermer. J’ai malheureusement peur qu’elle connaisse trop de monde et qu’elle ait trop d’activités suspectes. Se relevant d’un geste souple, le commandant des assassins regarde son subordonné et lui tend le manuscrit qu’il a en main. Je vous prête ça en récompense. Marthe a toujours voulu approfondir son usage de la télépathie, non ? Ce livre explique de nouvelles techniques pour améliorer les facultés de cette magie. Cela pourrait lui être utile.

    Laan n’a pas le temps de répondre que l’Oreille sort de la pièce, et l’agent ne peut voir le sourire satisfait sur les lèvres de son chef. Il est temps qu’il rencontre cette diviniste qui a réussi à bien tisser sa toile aux alentours de Mael.

    ***

    Occuper la caravane ailleurs était son plan initial.
    La voir disparaître, par contre, n’était pas totalement ce que le maître-espion avait prévu.
    Les premières plaintes avaient afflué la semaine dernière, quand le clan Al Azmirra ne s’était pas présenté au rendez-vous d’une famille noble. Mais du retard était toujours possible avec les voyages dans le désert. Une tempête de sable, une roue détruite, des bêtes malades ou déhydratées : plusieurs explications étaient possibles, et ladite famille aurait dû finir par arriver.

    Pourtant, elle avait continué à briller par son absence.

    Quand d’autres aristocrates avaient vu leur rendez-vous leur passer sous le nez, des bougonnements, puis des rumeurs, avaient commencé à affluer. Etant proche de la haute société reikoise, et spécialement de sieur Lagrance qui avait hâte de rencontrer les commerçants, Zéphyr avait évidemment appris la nouvelle de leur désertion, et cela était quelque peu irritant. Il aurait pu déléguer son enquête à quelqu’un d’autre, mais quitte à rencontrer l’amie de Tagar, autant jeter un oeil au port pour prendre la température sur place. Quelques jours avant l’arrivée de la diviniste, Zéphyr avait donc dépêché des espions et les nouvelles n’étaient pas réjouissantes. On lui avait confirmé qu’aucun Al Azmirra ne s’était montré depuis au moins deux semaines. Ils ne semblaient même pas être dans la capitale. Et comme cette famille faisait partie des meilleurs artisans maritimes, leur absence restait remarquée. Pensif, Zéphyr avait fini par prendre quelques initiatives, mais il avait coordonné le tout pour que ça coïncide avec sa rencontre avec la diviniste. Le jour J, Zéphyr était donc bien arrivé au port, et il s’était dupliqué à l’abri des regards. Son clone s’était métamorphosé en un marin un peu penaud, qui subissait les foudres d’une famille noble.  Puis, alors que l’original le suivait en étant invisible, il avait rejoint le caravansérail, une large cour où attendaient les caravanes. Il allait falloir fouiller pour remettre la main sur ces artisans d’exception. Mais avant… Avant, il avait une fille à appâter, et le double de l’Oreille la précédait justement dans la file pour parler au chef qui gérait les caravanes. D’une voix un peu ennuyée et nonchalante, il prit la parole :

    - Vous n’avez aucune nouvelle des Al Azmirra alors ? C’est que la famille Lagrance réclame de les voir, gémit-il en se grattant la joue, et je ne sais plus quoi leur dire…
    - Les Al Azmirra ! Qu’est-ce qu’ils m’emmerdent ceux-là ! Le gérant des caravanes grince manifestement des dents et il continue. Ca fait depuis deux semaines que j’entends leurs noms déjà ! Par les Astres, je dois toujours répéter la même chose : non, leur caravane n’est pas passé par ici, c’est clair ?!
    Le pauvre matelot est manifestement dépité face à la violence de la réponse qu’on lui adresse, et caché par son invisibilité, loin de la file d’attente le véritable Zéphyr sourit. Est-ce que Myriem de Boktor serait indifférente face à une attitude si outrancière ?
    - Et qu’est-ce que je dois dire à la famille qui nous a demandé de déplacer leur livraison moi ? Nos employeurs vont nous punir…
    - Ca j’en peux rien mon p’tit gars ! A chacun ces problèmes, comme je dis !
    - Je dois au moins avoir quelque chose à leur mettre sous la dent… Ce n’est pas possible qu’on ne cherche pas à savoir où ils sont. Ne sont-ils pas l’un des meilleurs artisans du port ?
    Un reniflement agacé lui répond.
    - Paraît que c’est arrivé jusqu’au conseiller royal tellement on grogne, là-haut. C’est tout ce que je peux dire. Mais si t’avais une petite pièce en plus…
    Le métamorphe ouvre des grands yeux et décide, un peu gauchement, de faire comme s’il n’avait rien entendu.
    - J’ai ouï dire qu’il y aurait peut-être une ex…
    - Roh, ça suffit avec tes question ! Tu m’fais perdre mon temps bonhomme ! T’as eu tes infos, les Al Azmirra ne sont pas là ! Le rustre lui fait signe de déguerpir et il pose alors son regard sur la baronne de Maël. Sa stature, ses habits de bonne facture, sa beauté, aussi, lui font aussitôt changer d’attitude et il a aussitôt un sourire conciliant alors que le « matelot » a un air malheureux. Que puis-je pour vous, ma petite dame ?
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  • Jeu 24 Aoû - 18:25
    L’air du Vent

    Feat Zéphyr -1


    Je suis assise à attendre, patiemment et poliment mon tour, la file est longue et les gens sont plus ou moins dans le même état d'esprit que moi en réalité. D'aucuns fument des tabacs parfumés et odorants, presque agréables même, d'autres mâchouillent des herbes ou morceaux de viande séchée, des fruits aussi subissent les assauts de ceux qui attendent, à croire qu'ils aiment à manger ou mastiquer pour patienter. Cela me fait sourire intérieurement car je n'ai besoin de rien de tout cela, ouverte à mon environnement, j'observe et je laisse mes dons sonder ceux qui m'entourent pour voir leur état émotionnel, nulle agression, nulle intrusion en eux, je reste à leur écoute.

    D'ailleurs en voilà un qui s'adresse au caravanier avec un air pleureur, mais je ne perçois nulle émotion de sa part, ça arrive, il doit avoir une méfiance naturelle et se préserve des autres, mais cela vient en général de ceux dont la race les protège des attaques psychiques. Mon regard violet est posé sur le responsable des lieux, c'est lui qui m'intéresse en réalité et surtout le nom prononcé, celui des Al Azmirra qui m'a interpellée. J'ouvre quand les ueux quand j'entend que ça fait deux semaines qu'ils sont absents. Par contre ce caravanier me déplait particulièrement, imbu de son rôle et de sa personne il n'a pas la moindre considération pour ce pauvre marin qui n'est que le porte parole de ses employeurs, il aurait pu être un de mes marins dans le fond. Je fronde les sourcils et écoute la suite avec attention malgré tout, il y a peut-être des informations à prendre non?

    Je n'y vois que du feu quand à la réaction du marin qui élude la demande de pièce mais pour ma part je l'ai bien entendue. Voila donc qu'on m'appelle. En mon fort intérieur je ris et je me demande ce que va pouvoir me dire le caravanier, osera-t-il se montrer aussi grossier avec moi? Je me relève, époussète ma tenue qui s'est déjà recouverte d'un peu de sable qui volète, je prends mon temps, et soupire bien volontairement pour montrer que cela est particulièrement désagréable à mes yeux. En ayant pris mon temps j'ai sortis discrètement, enfin j'imagine, des pièces de ma bourse que je garde dans ma main maintenant.

    Je m'avance en souriant, recomposant un visage souriant et avenant et de ma voix la plus douce je m'excuse presque... presque seulement.

    - Je crains de ne devoir encore provoquer votre courroux en ce jour. Voyez j'arrive de Mael car j'attendais moi aussi une livraison des plus importantes. Tout comme l'employeur de ce brave homme, Sire Lagrance... Excusez moi, j'ai entendu votre conversation, difficile de faire autrement en un lieu ouvert cependant.

    Le caravanier qui était tout sourire à mon approche fronce les sourcils et s'apprête à répondre avec la même verve agacée que précédemment mais je ne lui laisse pas le temps pour cela. Je m'approche de lui et me saisis avec douceur de sa main. L'homme surprit me regarde, interloqué jusqu'à ce qu'il réalise qu'il y a du métal dans sa paume maintenant.

    - J'espère ne pas vous faire perdre votre temps, je sais qu'il est précieux tout comme le nôtre.

    J'englobe dans mes mots le marin pour qui j'ai de la peine pour le coup car il risque de se faire houspiller sans être responsable de rien du tout. Je relâche les mains de l'homme et recule d'un pas, trop de proximité nuit à mon nez délicat, c'est qu'il travaille avec des chevaux et chameaux toute la journée et cela pue !

    - Oui bon d'accord ma petite dame, c'est vrai que vous n'y êtes pour rien si le clan Al Azmirra n'est pas au rendez vous.
    - Nous sommes bien d'accord et cela nuit à nos commerces respectifs et à la bonne marche aussi de votre caravansérail. J'imagine que vous avez des emplacements et de la nourriture prête pour les caravanes et que leur absence n'est guère bonne pour vos propres affaires. En somme nous sommes tous dépendants et ennuyés par ce retard ou cette absence fâcheuse n'est-il pas?
    - Ah oui c'est certain !

    Qu'on aille dans son sens, ça le rassure dans sa position, par contre qu'il ne se sente pas pousser des ailes surtout.

    - Maintenant que nous sommes d'accord à ce sujet, peut-être pourriez vous réfléchir plus avant à notre problème commun.

    Occupé il regarde les pièces glissées dans sa main et sourit, il a bien gagné sa discussion mais il n'est pas homme facile pour autant.

    - Et que pensez que je peux faire ?
    - Nous ne sommes certes pas conseillers mais nous avons votre attention n'est--ce pas maintenant?
    - Hummm oui certes... Alors je sais pas ce qu'ils fout...font les Al Azmirra j'ai pas de nouvelles de leur part et ça grogne c'est un fait mais par contre je connais la route qu'ils prennent en général. Depuis leurs terres il n'y a pas beaucoup de trajets possibles, faut avancer en suivant les oasis ou puits donc... J'peux éventuellement fournir ce genre d'informations.

    Pour le coup je ne sais pas à quoi je m'attendais mais ça, un itinéraire? J'allais en faire quoi? Je ne connaissais pas le Reike, ma dernière traversée du Reike, au Sud je l'avais fait sous l'escorte d'un mercenaire qui depuis lors était devenu un ami, si Shan'ael avait été là...

    - Et vous allez me faire une carte? Je vais prendre mes délicates petites jambes et remonter leur piste vous imaginez cela?
    - Moi j'imagine rien du tout, j'vous ai dit ce que je savais, j'peux vous faire une carte sommaire mais j'ai déjà perdu assez de temps avec ce foutu clan voyez vous. Donc vous la voulez ou vous retournez dans votre auberge attendre qu'ils réapparaissent?

    Il semblait particulièrement satisfait de lui, il avait refilé la patate chaude à quelqu'un d'autre. Mais qu'est-ce que je pouvais faire?

    - Leurs terres elles sont à combien de jours d'ici?
    - Quatre jours ma bonne dame, on avance pas vite dans le désert...
    - Quatre jours? Plus d'une semaine pour aller et revenir?

    Ce délai ne m'arrangeait pas du tout pour le coup... Que faire, prendre la carte et trouver un guide? Trouver de l'aide? Je regardais le marin à côté.

    - Faites moi la carte.

    Regardant le marin j'ajoutais à son intention.

    - Peut-être pourrais je voir avec votre employeur pour... mettre en commun nos ressources pour essayer de trouver ces nomades et nos cargaisons respectives?

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  • Dim 10 Sep - 10:35
    La dame s’avance sous le regard attentif de Zéphyr, et il n’y a aucun doute : la demoiselle aime se faire attendre. Tout dans son attitude montre un comportement coquet, et pourtant, le maître-espion n’est pas dupe : c’est juste un jeu pour faire mousser son interlocuteur. Bientôt, elle s’avance, avec un visage avenant et un doux sourire. Il faut bien admettre que Myriem de Boktor a été gâtée par la nature. Sa longue chevelure ébène, ses yeux améthystes, sa silhouette fine et élancée : la belle a tout pour plaire, et il est étonnant qu’elle n’ait pas trouvé d’heureux élu avec qui partager sa vie. Enfin, peut-être a-t-elle bien eu des prétendants qui ont essayé de conquérir son cœur lors de son adolescence. Là n’est pas la question de toute façon. Diplomate, mais directe, la magicienne met les pieds dans le plat et connaît bien le rouage des cœurs humains, puisque peu résistent à l’attrait de l’argent. Un instant ébahi, le dirigeant du caravansérail ne dit pas non à ce petit morceau de métal rond qui est désormais dans sa main et il ne s’offusque pas non plus quand son interlocutrice rétablit une distance raisonnable entre eux deux. Le marin déguisé, lui, a toujours son regard un peu tiraillé et reste fidèle à son personnage. Après tout, il a l’apparence d’un jeunot de vingt ans, qui ne sait visiblement pas s’il doit intervenir ou laisser les choses se faire. Mais d‘autre part, le pauvre bonhomme semble avoir suffisamment de sagesse pour ne rien dire de plus, et complètement dans son rôle, le clone lance même un regard brièvement reconnaissant à l’inconnue, quand elle l’inclut indirectement dans son camp. Les échanges suivants confirment bien à l’Oreille que la baronne sait se débrouiller et manipuler le maître du caravansérail. Un peu de compliments, de fausse compassion, et le voilà disposé à déballer ce qu’il sait. Malgré tout, ni Myriem ni Zéphyr ne sont véritablement satisfaits de sa réponse, car tout ce que leur interlocuteur peut leur donner, c’est l’itinéraire emprunté par les Al Azmirra. Hum, ça fait bien leurs affaires, ça. Tous deux auraient préféré la cause de leur retard, pour être fixés et savoir quoi. Mais à la place, l’homme bourru peut simplement fournir une carte et le voyage jusqu’à leur clan prendra quatre jours. A pied. Ca sera redoutablement long…

    Pensif, Zéphyr réfléchit alors que son clone, à quelques mètres de lui, penche légèrement la tête sur le côté face à la demande de la noble de Maël.

    - Voir avec sire Lagrance ? Oui c’est possible. Je pourrais en référer à lui, mais j’ai peur que… Le mousse aux cheveux blonds ne termine pas sa phrase, son air embêté parlant pour lui. La logique veut qu’un noble ne se prenne pas la tête si sa commande n’est pas respectée, et qu’il ne se contente de casser le contrat au détriment de l’artisan si celui-ci lui fait faux bond. L’homme gratte le sommet de son crâne comme s’il réfléchissait, puis, il semble prendre sa décision avec une mine résolue et une expression un peu naïve sur son visage. Vous m’avez aidé alors je vais essayer de vous rendre la pareille. Mais je ne peux rien vous promettre, je suis qu’un simple matelot, m'dame. Comme le caravanier bougonne, le marin tourne son regard vers lui, puis vers la baronne. Je vais déjà aller voir mon capitaine pendant qu’il vous dessine la carte. Attendez-moi… Le mousse cherche un instant où il pourrait lui donner rendez-vous. … Attendez-moi près de la Sentinelle des Sables, c’est une célèbre taverne du port. Je vous y dirai au moins ce que m’a dit notre employeur et peut-être pourrais-je même vous envoyer quelqu’un de plus qualifié que moi.

    Le double attend la réaction de la miss, puis, il se permet de prendre congé. Le vrai Zéphyr, camouflé par son invisibilité, s’esquive lui aussi pour retourner dehors, et il n’a aucun mal à suivre son clone qui semble réellement motivé à aller trouver son employeur. Evidemment, tout ça n’est que factice, et le métamorphe ne tarde pas à s’aventurer dans une ruelle parallèle, proche d’entrepôts en tout genre, pour aviser la suite de leur plan d’action. Une fois à l’abri des regards, d’ailleurs, la véritable Oreille désactive son camouflage et regarde le faux matelot qui se tourne vers lui, un sourire mi-figue mi-raisin sur les lèvres.

    - Quatre jours, c’est long.
    - Mais avec des chevaux, ça ira plus vite.
    - Elle n’en a sans doute pas, observe sa réplique.
    - On n’a qu’à lui en prêter un. Il y a de bons palefreniers à la Sentinelle des Sables. Ou on ne prend qu’une seule monture. Un léger silence. En tout cas, l’un de nous doit rester à la capitale.
    - Oui, je resterai sur Ikusa. Sans savoir ce qui s’est produit dans le clan, mieux vaut que ce soit toi – donc l’original – qui y aille pour me supprimer si nécessaire et récupérer plus de facultés.
    - Reste le fait de l’accompagner. Elle pourra nous renseigner sur Maël et même sur l’état du Shoumeï, puisqu’elle a été jusque Célestia il y a quelques mois.
    - Mais il faudra y aller sous notre véritable forme. La métamorphose ne pourra pas durer suffisamment longtemps.
    - Pas un problème puisqu’elle ne fréquente pas le palais. Reste le souci du voyage.
    -  Certains de nos hommes nous accompagneront mais ils resteront davantage en retrait. J’espère juste que ça en vaut la peine. Et pour la version qu’on va lui donner. Un sourire étire déjà les lèvres de la réplique de Zéphyr. Je suppose qu’on est déjà synchrone, non ?

    Le véritable maître-espion se contente de sourire en retour et puis il ne tarde pas à se détourner.

    Il est temps de prendre quelques dispositions avant d’aller retrouver la baronne de Maël.

    ***

    - Ma dame !

    Un ton dynamique, heureux, aussi. Zéphyr et ses clones n’ont aucun mal à se mettre sous la peau d’un autre par le biais de la métamorphose. Et ils n’ont pas de mal à non plus à adopter une autre personnalité factice, pour mieux dénicher de précieuses informations. En l’état, le matelot court vers la noble comme s’il avait des ailes, alors que le vrai guerrier marche d’un pas plus mesuré derrière lui, comme s’il observait la scène avec plus de recul.

    - Ma dame ! reprend le mousse avec le souffle court. Je n’ai pas pu convaincre mon employeur de s’investir dans les recherches, mais il était accompagné d’un ami quand moi et mon capitaine sommes allés le trouver et… ce messire a galamment proposé de vérifier ce qu’il en est.

    Un sourire un peu contrit sur les lèvres face à tant d’enthousiasme, le maître-espion salue comme il se doit la belle magicienne, alors que, plus en arrière, trois à quatre hommes s’arrêtent avec des montures reposées. Ce sont de belles bêtes, quoiqu’elles ne sont pas forcément des purs-sangs et des foudres de guerre.

    - Je m’excuse du temps que nous avons mis pour arriver, mais un voyage dans le désert ne se préparent pas dans la précipitation, je le crains, et faire un détour jusqu’au clan des Al-Alzmirra n’était pas dans mes projets, fait-il d’un ton courtois. Vous pouvez m’appeler Zéphyr, ma dame. Zéphyr Zoldyck. Et vous êtes… ? Cet homme est parti si vite, qu’il en a oublié de demander votre nom à la sortie du caravansérail…

    L’intéressé a un visage un peu gêné, mais il reprend la parole après que Myriem se soit présentée.

    - Donc je peux dire que au capitaine que vous allez investiguer ?
    - Oui, je tiendrai au courant sire Lagrance de nos recherches. Tu peux aller retrouver ton capitaine, matelot.

    Le clone opine du chef, manifestement soulagé, puis il salue plus poliment la dame, avant de prendre congé. Ce qui fait qu’il ne reste plus que Zéphyr et ses hommes. D’ailleurs, ce dernier reprend.

    - J’aimerais ne pas m’attarder de trop aux abords de la capitale. Les journées peuvent être courtes, dans le désert. Etes-vous prête à partir ? Avez-vous une monture ? Auquel cas, mes hommes, qui nous accompagneront pour assurer notre sécurité, peuvent vous en fournir une.
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    Myriem de Boktor
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  • Sam 30 Sep - 9:10
    L’air du Vent

    Feat Zéphyr -1


    J'avoue ne pas savoir trop quoi penser ou faire, me faire aider par cet homme qui est au service d'un autre qui a les mêmes besoins que moi me semble sur le moment être la chose la plus logique et raisonnable à faire, seul on va vite mais a plusieurs on va loin, et j'ai toujours prôné et valorisé l'entraide dans tous les domaines quels qu'ils soient.

    L'homme semble un instant réfléchir et finit par me dire que cela ne semble pas impossible de pouvoir travailler de concert avec le Sire Lagrance, après tout nous avons tous les deux besoin des ressources achetées au clan Azmirra. Ce n'est pas parfait et rien n'est joué forcément mais cela ne me semble pas non plus être une fin de non recevoir.

    - Faites au mieux, nul n'est tenu à l'impossible et si votre employeur a un peu de bon sens il comprendra aisément que notre collaboration peut nous être profitable et en aucun cas dommageable.

    Je hochais la tête, libérant l'homme pour qu'il aille voir son employeur.

    - Cela me convient, je note pour la taverne de la Sentinelle des Sables, j'y serai dans la soirée afin de voir ce qu'il ressort de tout cela.

    J'ai attendu qu'on me confectionne la carte et durant ce temps je réfléchissais à la suite à donner dans les différents cas, selon si je devais chercher dans le désert accompagnée d'hommes à moi et donc des shoumeiens, ou accompagnée de gens du Reike et donc des habitués au désert et à sa vie. J'avais passé quelques mois dans les désert du Sud, dans la région des Oasis mais je n'avais pas apprécié tant que cela au final, trop chaud, trop plein de sable, pas assez d'eau.

    ***
    J'avais passé le reste de la journée à préparer la suite et les différentes possibilités, mais rien ne me convenait totalement, beaucoup de possibilités mais pas la moindre certitude. Arrivée dans la taverne je retrouvais rapidement le jeune marin et je le rejoignis. Il semblait débordant d'enthousiasme.  Je l'écoutais, j'espérais des bonnes nouvelles vu son entrain. Je restais un instant perplexe face à ses propos mais dans le fond si quelqu'un était prêt à aller chercher les Azmirra avec moi cela m'arrangeait.

    - Ah voilà qui est intéressant ma foi.

    Ce fut à ce moment là que Zéphyr fit son entrée, un humain qui devait avoir mon âge peu ou prou. Nous avions une taille équivalente et il était plutôt fin pour un homme enfin pour un Reikois j'entends, naïvement probablement je les imagine tous plutôt massifs. Brun, avenant, plutôt bel homme aux traits fins et au regard d'or. Je me perdis un infime instant dans cette observation peut-être trop soutenue mais somme toute normale après tout, il me fallait observer et jauger mon interlocuteur non? Par contre il me semblait particulièrement neutre émotionnellement parlant, les gens comme lui capables de se maitriser et de ne pas diffuser d'émotion, de paraitre impassible aussi étaient rares et ils me perturbaient car je me sentais amputée d'un sens, mais peut-être était-ce une carapace ponctuelle.

    - Un voyage dans le désert n'était pas plus dans mes propres projets croyez le.

    Il se présenta et je pris donc la peine de répondre à mon tour.

    - Enchantée de faire votre connaissance Sire Zoldyck * un arrêt* Zéphyr. Je suis Myriem de Boktor mais Myriem suffira. Je viens de Mael.

    J'avais depuis longtemps déjà compris qu'en ce monde garder sa particule n'avait de sens que lors de certaines tractations politiques ou mondaines, mais que pour le quotidien, mon seul prénom était amplement suffisant et permettait de briser la glace et tisser plus aisément des liens. Et je préférai dire d'où je venais pour ne pas avoir à mentir ou jouer les faux semblants, je n'étais pas Reikoise ! Je pris la peine de remercier le marin à son départ avant de m'intéresser de nouveau à mon nouvel interlocuteur. Il semblait pragmatique et organisé, le genre de chose que j'appréciais, partir à l'aveugle, au hasard me déplaisait totalement.

    Par contre cet homme me semble un peu trop pressé pour moi, je ne suis pas prête à partir sur le champ sans rien, même si j'ai commencé à y réfléchir, le désert m'effraie un peu forcément. Par contre il est avisé, je n'ai pas de monture, mais sur mon navire il y a des marchandises en quantité que j'ai récupéré pour mener à Mael quand bien même il me manque les voiles et cordages du clan Azmirra.

    - Je suis d'accord avec vous il nous faut partir le plus promptement possible, plus le temps passe plus il peut être difficile de suivre la trace du clan des Azmirra et de comprendre pourquoi ils ne sont pas présents. Je n'ai pas de monture en effet mais j'ai de quoi remplir les fontes des chevaux en nourriture. Je n'ai pas de matériel pour... camper par contre. Il me faudra une heure pour terminer de préparer mes propres affaires et j'aimerais qu'un de mes hommes nous accompagne, question de... d'étiquette dirai-je.

    J'étais en âge d'être mariée depuis longtemps, j'avais un enfant de plus d'un an, je n'avais rien à prouver à personne et pas de parents qui me regardaient de travers ou de famille au regard pesant, mais... j'avais compris ces dernières années que j'avais une fâcheuse tendance à faire confiance un peu trop aveuglément aux gens et cela se retournait souvent contre moi, aussi je souhaitais qu'un de mes hommes nous accompagne, je pensais à Wilf, un jeune marin débrouillard qui avait été chasseur avant de prendre la mer.  Je doutais qu'on me refuse cela aussi ce fut mon tour de faire patienter mes interlocuteurs durant une petite heure.

    Je leur avais proposé de venir directement à mon navire pour qu'ils chargent les montures de ce qu'il manquait. De mon côté j'avais préparé un sac modeste, je n'avais pas pris des malles de vêtements. Aussi je jouais la carte de l'efficacité, deux tenues, des sous vêtements, des affaires de toilette, ma besace de plantes médicinales et des bandages et mon matériel de soin, une dague et la carte qu'on m'avait préparé le matin même.

    L'après midi touchait à sa fin mais la nuit n'était pas encore prête à tomber quand enfin nos montures et matériels furent prêts.

    - Zéphyr, je suis prête pour ma part, nous pouvons partir, plus vite nous avançons plus vite nous avons des chances de les retrouver. Je monte correctement à cheval je ne serai pas une gêne, par contre la chaleur n'est pas ma tasse de thé mais je ferai avec. Et surtout si vous avez quoi que ce soit tous autant que vous êtes, sachez que je suis mage et guérisseuse, mieux vaut soigner une petite plaie que devoir forcer des chairs à se purifier, un organisme à se purger de pus... cela n'est jamais plaisant.

    Cela étant dit j'étais montée sur un des chevaux, mes fontes prêtes, mes affaires dedans. La route sur la carte indiquait la porte Nord néanmoins je n'étais pas connaisseuse de la région je m'avançais près de Zéphyr, carte en main pour la lui "montrer", afin qu'il choisisse l'itinéraire, nous pouvions avancer trois ou quatre heures ce soir avant que la nuit ne tombe. Mais... je ne lui confiais pas la carte, pas pour l'heure.


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  • Lun 9 Oct - 22:14
    La baronne de Boktor l’observe, c’est évident, mais Zéphyr ne lui en tient pas tellement rigueur. Il est un nouveau-venu dans l’échiquier, après tout, et elle doit composer avec cet état de fait. Avec un sourire affable, le maître-espion soutient le regard de la belle sans être particulièrement dérangé par l’analyse de la magicienne. Evidemment, cela ne dure pas, puisqu’il se présente et que son interlocutrice est bien obligée de faire de même. Le guerrier fait donc semblant de ne pas la connaître et il hoche poliment la tête. La noble précise bien sûr d’où elle vient, mais il n’est pas l’heure de rebondir dessus, puisque son clone prend congé, et que Myriem tient à le saluer. Ce n’est donc que quand son double s’en va réellement que le bretteur reprend la parole, essentiellement pour lui demander où en sont ses préparations pour le voyage à venir. Comme il l’a deviné, elle n’a pas de monture – ce qui est normal, puisqu’elle n’avait pas vraiment prévu une escapade dans le désert. C’est un détail que le duo pourra toutefois facilement régler. Reste donc les vivres, que la demoiselle semble avoir en suffisance, et enfin, le matériel pour dormir à la belle étoile. Les hommes de l’Oreille ont déjà prévu le nécessaire à cet effet, mais afin d’être parfaitement logique, ils n’ont pris les dispositions nécessaires que pour leur groupe, sans tenir compte de cette inconnue dont ils ne savent rien. C’est donc avec un air compréhensif que Zéphyr entend la réclamation de la guérisseuse.

    - Nous pouvons vous accorder une heure pour vous préparer, bien sûr. Nous en profiterons pour vous trouver une monture pendant que vous irez préparer vos affaires. Altair peut déjà vous accompagner pour vous aider à transporter le nécessaire, s'il vous vous faut faire quelques emplettes, et tout en parlant, Zéphyr tourne le regard vers l’un de ses hommes, qui hoche silencieusement la tête en gage d’assentiment. Puis, le maître-espion poursuit, en ramenant ses prunelles dorées vers son interlocutrice. Il me semble naturel que l’un de vos compagnons vous accompagne. En fait, il aurait été clairement déplacé de sa part de refuser une telle demande. Je crois même que cela rassurera le reste de vos compagnons qui resteront ici, observe-t-il avec un léger sourire sur son visage, qui vise à détendre son interlocutrice.

    Quoi qu’il en soit, il est rapidement convenu qu’ils se retrouveront au navire de la baronne et le groupe se sépare un moment le temps que l’assassin et ses comparses récupèrent une jument docile et calme, qui conviendra sans doute à la noble de Maël. Sans connaître réellement ses talents d’équitation, il est plus facile d’avoir une monture qui n’ait pas un fort caractère, et le chef des troupes spéciales finit finalement par atteindre le bateau alors même que la demoiselle a fini ses propres préparatifs. D’ailleurs, Myriem lui annonce bientôt qu’elle est prête, et Zéphyr l’écoute parler de ses talents de guérisseuse.

    - J’espère que nous n’aurons pas d’ennuis en chemin, mais si cela est nécessaire, nous n’hésiterons pas à faire appel à vous, déclare-t-il sans ambage. De notre côté, mes amis ici présents sont des chasseurs et des habitués du désert. Ils sauront nous prévenir des dangers de la faune et de la flore, et peut-être même pourront-ils dénicher des traces des Al-Azmirra quand nous arriverons près de leur tribu. Un léger silence. Ce sont des Reikois, vous vous doutez donc qu’ils savent se battre, mais nous utiliserons ce moyen en dernier recours. A dire vrai, puisque c’était des espions, si combat il devait y avoir, ce serait sans doute eux qui frapperaient en premier, en profitant de leur entrainement, de leur vitesse et de leur agilité lgèrement au-dessus de la moyenne. Je vous présente Nora, Dorn, Sorel et Altair. Avez-vous décidé qui vous accompagnerait ?  

    Zéphyr ponctue sa phrase d’une légère pause, puis, il présente la jument que montera Myriem durant leur périple. Placide, l’animal ne rechigne pas quand la baronne monte dessus, et il semble que le voyage sera facile, au moins pour ce point précis. Une fois que la belle aux cheveux ébènes est bien installée, Zéphyr monte sur son propre étalon, et ils ne tardent pas à laisser derrière eux le port du Reike. Très rapidement, le désert s’affiche sous leurs yeux alors que dans leurs dos, Ikusa rayonne de mille feux en cet fin d’après-midi printanière.

    D’aucuns pourraient être effrayés par un voyage dans le désert. Mais pour les Reikois qui ont eu l’habitude de vivre dans un milieu aussi hostile, il s’agit d’un retour aux sources, d’un simple entrainement de plus. Il faudra encore trois ou quatre heures pour qu’il fasse totalement nuit, ce qui leur permettra de dépasser deux ou trois villages proches de la capitale. Après quoi, seule la nature redoutable de l’Empire se présentera à eux, et les tribus qu’ils rencontreront seront plus rares et moins nombreuses. Zéphyr prend le temps d’expliquer ces détails à la guérisseuse qui l’accompagne, et pour leur conversation soit plus agréable, l’homme s’est permis de se mettre à sa hauteur. Ses espions, pour leur part, ont chacun formé un binôme à l’arrière et à l’avant du groupe, à l’affût de tout danger humain ou animal qu’ils pourraient rencontrer. Lorsque la mage lui présente la carte, le maître-espion prend bien sûr le temps de l’analyser. Les traits sont grossiers, mais le sabreur peut y reconnaître quelques indications géographiques.

    Nous ne l’atteindrons pas ce soir, mais dès demain, en milieu de matinée, nous devrions atteindre un petit lac – véritablement minuscule par rapport au lac Rebirth – autour duquel s’agglomèrent quelques petits hameaux. Le chef du caravansérail vous l’a indiqué ici. Il me semble que les Al-Azmirra son plus loin encore, il nous faudra donc quitter ce point d’eau. A partir de là, nous quitterons toute civilisation pour être pleinement dans le désert. Il me semble qu’ils sont installés au début d’une chaine montagneuse, qui remonte jusqu’au mont Kazan, au sud. En tout cas, c’est ce que je déchiffre de votre carte,  fait Zéphyr pensivement, sans ajouter qu’il s’est déjà renseigné au préalable sur ce clan. Avançons déjà comme nous pouvons jusqu’à ce soir, puis établissons un campement. Une fois arrivé au lac, nous pourrons nous informer pour voir s’ils y a eu une trace de vos clients.

    La laissant garder la carte sans faire d’histoire, Zéphyr attend la réaction de son interlocutrice, puis il reprend de lui-même la conversation. C’est qu’ils n’ont pas pu faire véritablement connaissance, jusqu’ici, tout occupés à préparer ce qu’il fallait pour ce voyage « improvisé ».

    - J’espère que vous supportez la chaleur ? demande l’Oreille. Vous m’avez dit venir de Maël… Je pense que le climat est quelque peu différent, là-bas. Vous habitez depuis toujours à la Cité Blanche, Myriem ? Un silence, puis, avec un léger ton empreint de curiosité : Qu’est-ce qui vous a poussé à venir à Ikusa pour voir les Al-Azmirra ?
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  • Mer 18 Oct - 20:15
    L’air du Vent

    Feat Zéphyr -4


    Je ressens une forme d'appréhension, quelque chose me dérange mais je ne parviens pas à mettre le doigt dessus, ou plutôt si, mon interlocuteur semble être un homme parfaitement capable de se maitriser, un impassible. Pas qu'il me paraisse froid ou quoi que ce soit du genre non, il est opaque et indéchiffrable pour l'instant et pour le coup cela attise ma curiosité. Quel genre d'homme est-ce vraiment? Qui est capable de rester égal, d'aborder toute situation de la même façon? J'avoue avoir hête de voir si il peut se montrer vif d'un point de vue émotionnel ou si il reste dans le contrôle en permanence.

    Quand je retrouve mon équipier du jour enfin des journées à venir, il a récupéré des chevaux, c'est une bonne chose assurément.
    Le Reike est un pays sûr, nul danger n'y rode, la sécurité parfaitement assurée par l'armée non? Et qui oserait mettre en péril cela non? Nous ne risquons rien hormis quelques bêtes habitantes du désert probablement.

    Parfaitement puéril comme répartie et totalement ... borderline auprès de Reikois, mais si l'on me contredit on avoue que le Reike est dangereux et que le couple impérial n'est pas capable de mettre de l'ordre dans sa propre nation non? Mais j'ai dit tout cela d'une voix douce, chaude et armée de mon plus beau sourire... parfaitement faux mais maitrisé par une éducation de noble. J'écoute néanmoins les présentations faites par Zéphyr de ses compagnons de voyage, je les salue poliment chacun leur tour avant de présenter à mon tour Wilf.

    - Wilf est chasseur, pisteur. Bien sûr nous sommes plus coutumier des plaines, forêts et montagnes mais nous ne serons pas une gêne, l'adaptabilité est le maitre mot des survivants de Shoumei. Nous faisons face quoi qu'il arrive. J'espère aussi que nous n'aurons pas besoin de nous battre.

    Ce n'était pas l'activité que je préférais de toutes façons, mais en ces temps étranges, qu'est-ce que j'aimais faire en réalité? Rien de ce que je faisais, j'agissais par besoin, nécessité, pour les autres, et ce voyage n'allait rien changer à cet état de fait.

    Quand on me présent la jument, je caresse son flanc doucement avant de venir lui faire sentir mon odeur, ma main sous son museau avant de lui gratter dessous. Une fois que j'estime qu'elle m'accepte je remplis les fontes du cheval avec mes affaires, Wilf faisant de même de son côté.
    Nous voila prêts à partir et Zéphyr donne le départ dans la foulée, pas de perte de temps inutile, il a raison, nous n'avons pas un temps infini, chaque minute qui passe menace peut-être la vie des membres de ce clan, je n'ai nulle attache envers eux mais j'aimerais comprendre ce qu'il se passe et pourquoi ils n'ont pu assurer les commandes faites et pas que celles qui m'étaient destinées. De mon point de vue c'est grave, j'aurais été seule non livrée j'aurais envisagé qu'ils voulaient se payer la tête d'une maelienne mais visiblement d'autres gens les cherchaient sans succès.

    Les premières heures de monte sont simples, l'exercice maitrisé et le terrain relativement plat, avantage pour le moment. La nuit tombe finalement et les températures descendent d'un coup dès lors que le soleil disparait à l'horizon, oubliée la douceur du printemps, c'est la toute la rudesse du désert. Heureusement que par la force des choses j'ai vécu plusieurs longs mois dans le désert du sud, dans la région des Oasis, pas suffisant pour m'habituer mais assez pour savoir que je dois me couvrir rapidement à la tombée de la nuit pour ne pas laisser refroidir mon corps.
    L'avancée est étrange, enfin non, militaire, martiale, stratégique sans nul doute. Je suis habituée au désordre bien ou mal ordonné pour ma part des shoumeiens, nous avançons avec notre cœur mais la je sens dans la formation mise en place le savoir faire, la discipline. Personne ne parle dans ce groupe, ils sont aux aguets, observateurs, toujours sur le fil, prêts à réagir à la moindre interférence.

    Zéphyr étudie la carte fournie par le responsable du caravanserail et m'indique que des le lendemain nous atteindrions un petit lac. Je suivais sur la carte les indications verbales qui accompagnaient les gestes de Zéphyr.

    - Nous ferons donc une première halte demain en milieu de matinée au niveau du lac, pour que les bêtes boivent et nous avec, ainsi que nous puissions manger.

    Mais la suite de ses propos me rassurent, j'avais crains en réalité que nous avancions toute la nuit et si je n'allais rien dire j'appréhendais quand même, je n'étais pas une aventurière dans l'âme, déjà plusieurs heures de chevauchée allaient laisser des marques cuisantes à mon séant et mes cuisses, habituées à des balades de quelques heures tout au plus et à un rythme non soutenu.

    - Votre plan me convient Zéphyr, je vous l'ai dit je vais vous faire confiance pour nous guider je ne connais pas la région le moins du monde.

    J'avais rangé la carte sans même y prêter attention et nous avions donc pris la route. Je répondis à ses premières questions polies d'un sourire mitigé.

    - Disons que je sais faire avec mais je ne l'apprécie guère. Je préfère le froid de Mael et la neige. La nuit sera plus clémente pour moi pour le coup. Et oui je suis née aux abords de Mael, j'y ai grandi et j'y vis encore aujourd'hui. Et vous même Zéphyr? Etes vous originaire d'Ikusa?

    Nos chevaux avançaient au trot, le rythme de leur chevauchée était pour l'heure apaisante. Rien à l'horizon par chance hormis l'étendue du désert, et rien ne ressemblait plus à une dune qu'une autre pour moi.

    - Et vous même Zéphyr? Le sire Lagrance doit être un de vos très proches amis pour que vous décidiez d'accompagner une inconnue dans le désert sur le champ. Seriez vous de ces nobles oisifs et désœuvrés en quête d'une ... aventure périlleuse dans le désert?

    Je disais cela d'un ton léger car je n'y croyais pas un seul instant pour le coup à cette idée stupide mais être noble n'était ce pas aussi un peu l'art d'alléger les conversations et les rendre plus simples en apparence du moins.

    - Quand à mon choix de travailler avec le clan des Al Azmirra il a été dicté par le bon sens. Je veux que mes chantiers navals se contruisent une bonne réputation, nous avons le savoir faire, la main d'oeuvre qualifiée, le meilleur bois du Sekaï mais il y a des produits pour lesquels nous ne sommes pas bons comme les cordages et voilages. Et je sais mettre de côté mon patriotisme exacerbé pour travailler avec les meilleurs tout simplement. Leur nom est connu des marins c'est ainsi que j'ai appris leur existence, je les ai rencontré à Ikusa il y a plusieurs semaines et nous avons trouvé un accord commercial tout simplement. Etes vous commerçant? Ou ...

    Il était l'ami de... mais que faisait-il? Il avait une formation militaire, savait donner des ordres, était respecté mais au Reike tous les hommes ne suivaient-ils pas une formation militaire? Et les plus doués devaient êtres formés à devenir officiers? La nuit était présente, le ciel clair, pas un nuage à l'horizon, une nuit fraiche donc.

    - Dites moi, comment fait-on pour se repérer de jour dans le désert, je ne comprends pas comment on peut trouver des repères. Autant la nuit j'ai bien compris qu'on pouvait suivre des étoiles dans le ciel mais la journée, cela me parait presque magique de ne pas confondre une dune et une autre dune.

    J'étais parfaitement honnête et totalement curieuse pour le coup. Observant le désert je me souvins de mes premiers jours dans celui du sud, affrontant un Lanconda qui fut notre sauveur en un sens avec sa viande que nous avions cuite et conservée et qui avait nourri mes gens un temps.


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  • Ven 3 Nov - 16:40
    Si on devait affirmer haut et fort à Zéphyr que le Reike est une nation sûre où aucun danger rôde, peut-être qu’il rirait de bon cœur face à une pareille ineptie. N’importe quel habitant du désert sait que le territoire est féroce, par son climat d’abord, par sa faune et sa flore ensuite. Il n’est jamais bon de rencontrer un cerberus au cours de ses voyages, par exemple. Tout comme il n’est jamais intelligent de débuter un périple sans être correctement préparé quand on doit voyager sur cette terre chaude et sablonneuse. L’eau, notamment, est gage de survie, et il faut correctement planifier son voyage pour ne pas manquer de cette denrée rare et précieuse. Mais cela, le guerrier le sait, et prend correctement les devants afin qu’ils ne connaissent pas de mauvaises surprises de ce genre. Evidemment, ils pourront toujours rencontrer d’autres difficultés, mais comme le dit le proverbe, à chaque jour suffit sa peine. Ni Myriem, ni son guide ne peuvent prévoir l’avenir, et il vaut parfois mieux aviser le moment venu que de se torturer les méninges avec des « mais » et des « si ». Auquel cas, ni l’un ni l’autre ne sortiraient jamais d’Ikusa ou des terres de Maël.

    Quoi qu’il en soit, l’Oreille salue Wilf, un chasseur qui est plus coutumier des forêts et des plaines du Shoumeï, certes, mais qui offrira quand même une présence rassurante à la guérisseuse. Quant à leur adaptabilité, le maître-espion ne doute pas qu’ils essaieront quoi qu’il arrive de ne pas être un poids pour les Reikois, mais si les Shoumeïens éprouvaient des difficultés en cours de route, Zéphyr n’hésitera pas à adopter un autre rythme pour leur faciliter le voyage.

    Quoi qu’il en soit, le chef des forces spéciales lance leur départ et les premières heures sont relativement faciles. Il faut s’abriter des rayons ardents du soleil, mais ce n’est rien d’insurmontable, et comme leur troupe est encore assez proche d’Ikusa et de sa milice, ce n’est pas ici qu’ils rencontreront des âmes belliqueuses et hostiles. Du reste, ses propres hommes, situés à l’avant et à l’arrière du groupe, ont tous des facultés de rôdeur et des sens légèrement augmentés, ce qui leur permettra de déceler toute anomalie dans les environs. Bientôt, le soleil se couche, et petit à petit, les voyageurs ralentissent le pas par prudence. Il va bientôt falloir se reposer pour la nuit et installer leur campement. Mais avant, Zéphyr demande à voir la carte qu’a dessinée le chef du caravansérail, de sorte que Myriem et lui-même établissent le premier arrêt de leur voyage. La belle maelienne est d’ailleurs d’accord pour s’arrêter pour la nuit, il suffit donc de trouver un bon endroit où s’arrêter, et le reste devrait être relativement rapide, puisque ses propres espions sont habitués aux voyages à travers tout l’Empire. Mais pour le moment, l’homme profite de ses échanges avec la magicienne pour avoir une conversation un peu plus poussée avec elle et mieux sonder cette femme qui est liée à pas mal de Reikois de sa connaissance.

    - Mael est assez différente des environs d’Ikusa, reconnaît l’Oreille. J’y ai été durant la guerre des Titans, et c’est une chance que la Cité Blanche ait été totalement préservée de la destruction, quand on compare le chaos de Sancta et Bénédictus. Enfin, dans notre cas, notre voyage ne durera « que » quelques jours et bientôt nous pourrons revenir à la capitale. Vous n’aurez pas à supporter la chaleur trop longtemps, observe l’assassin d’un air conciliant. Il écoute ensuite Myriem lui demander d’où il vient et il ne tarde pas à répondre. Je ne suis pas originaire d’Ikusa. Comme bon nombre de mes compatriotes, je viens d’une famille du désert. Vous savez qu’il existe beaucoup de clans sur nos terres. Je suis venu à Ikusa après mon service militaire, pour intégrer l’Université de Drakstrang, et ce n’est qu’à partir de là que je me suis davantage implanté dans la capitale. On peut donc dire que c’est devenu mon second chez-moi, déclare-t-il avec sincérité, et pour le coup, il n’y a pas le moindre mensonge dans ses paroles. Il y a certaines choses qu’on peut dévoiler sans trop de risques, après tout, même auprès d’une étrangère. Tout simplement parce que c’est une période révolue, qui n’influe en rien le présent. Peut-être même que cela fera du bien à la magicienne de sentir des élans d’honnêteté de la part de l’espion, car il n’est absolument pas dit qu’il agisse ainsi tout le long de leur périple. D’ailleurs, Zéphyr souffle légèrement quand la maîtresse de l'eau lui demande s’il est l’un de ces nobles désoeuvrés et suffisamment oisif pour aider une Shoumeïenne à voyager dans l'Empire. Je suppose que ça a dû vous surprendre ? demande-t-il avec une pointe d’amusement dans la voix. Je dois vous avouer qu’effectivement, je n’avais pas prévu de réaliser un tel voyage. Les Al Azmirra devaient juste avoir du retard vis-à-vis de Dame de Boktor. Jamais il n'avait été prévu qu'ils disparaissent  complètement. La logique veut que, quand un marchand ne se présente pas, on ne paie rien, on rompt notre contrat, et c’est tout, observe-t-il. En d’autres termes, rien n’obligeait sire Lagrance à enquêter, mais c’est moi qui lui ai recommandé d’utiliser les services de cette famille renommée. Je n’aime pas donner des conseils dans le vent et voir finalement que ledit clan ne se présente pas, alors qu’il est connu pour sa ponctualité. Considérez donc que mon orgueil reikois est blessé et que je veux en savoir plus sur cette affaire, continue Zéphyr, avec une pointe d’autodérision dans la voix. Il a dit sa dernière phrase d’un ton un peu plus léger, après tout, mais bientôt, il continue en soulevant un second point. Au demeurant, quand bien même je n’ai pas de navires et ne compte jamais en avoir, il n’est pas normal qu’une famille tournée vers le commerce dénigre ses clients. S’il y avait eu un retard, celle-ci aurait au moins envoyer des missives à ses clients les plus renommés, pour ne pas perdre d’argent et ne pas faire de mécontents. Qu’on n’ait donc reçu aucune nouvelle n’est pas normal. Mécontenter un noble, ce n’est pas grave. Mais si trop d’aristocrates finissent par être déçus, ça risque de causer des problèmes en amont. Au point d’avoir, potentiellement, des plaintes lors des audiences royales. Et autant éviter à Ayshara et à Tensai des problèmes qui n’en sont pas. Je prends donc le taureau par les cornes, avant que ça ne prenne de trop grandes proportions.

    Zéphyr se tait ensuite et écoute pourquoi Myriem a eu recours au Al Azmirra.

    - Le Reike est en plus plus proche de Maël que la République. C’était donc plus accessible et facile pour vous, ainsi que moins coûteux, assurément. Quand vient le moment où Myriem lui demande s’il est commerçant, l’intéressé secoue la tête. Dans une autre vie, peut-être, mais pas dans celle-ci. Je suis... Le conseiller s’interrompt alors que ses hommes de main se rapprochent pour lui signaler qu’à une cinquantaine de mètres se trouve un bon endroit pour se reposer. C’est une sorte de petite cavité, entourée de dunes, efficace, donc pour ne pas être repéré aux alentours et pour poser son campement. Zéphyr attend potentiellement l’avis de Wilf et de la baronne de Boktor, puis, il marque lui-même son assentiment pour sonner la halte. Il ne se presse cependant pas pour arriver sur place. Laissant plutôt ses agents prendre les devants, il reste à côté de la guérisseuse et reprend comme s’il n’avait pas été interrompu. Je suis un noble d’Ikusa relativement aisé et suffisamment riche, vous l’avez vu, pour pouvoir partir en voyage sur un coup de tête. La vérité, c’était que ses capacités de clonage avaient du bon pour être partout en même temps. Du reste, ce qu’il avait dit n’était un mensonge, mais pas la pleine vérité non plus, de sorte qu’il peut largement embrayer sur ce dont il a envie. Après mes études, j’ai été un officier dans l’armée, comme bien d’autres, mais il y a bientôt eu l’avènement de Tensai Ryssen. Pis encore, il y a eu l’invasion des Titans, et c’est surtout là que je me suis illustré dans ce conflit entre les mortels et immortels. J’ai été remarqué pour les stratégies que j’ai proposées, plutôt pour les informations qu’il avait glanées en dirigeant déjà d’autres espions moins anciens, ce qui m’a attiré la grâce de la haute société reikoise. J’espère que cela ne vous dérange donc pas d’être en ma compagnie, lance-t-il avec un sourire affable. Après tout, Maël faisait autrefois partie du Shoumeï, et donc, la ville pouvait toujours avoir d’autres croyances et traditions. Zéphyr ne l’oublie pas. A présent, ment-il plus effrontément, la guerre est finie, les choses se sont calmées, et j'ai pris le temps de voir comment les choses ont évolué. Je peux continuer ma carrière d'officier, au service de la nouvelle Griffe. Avec suffisamment d'application, je pourrai obtenir un haut-grade. Mais on m'a aussi suggéré que je devienne un conseiller. Qu'en pensez-vous de ces deux cas de figure, ma dame ?

    D'un air intéressé, il la jauge du regard, elle qui n'a pas grandi dans le cadre martial du Reike. D'une certaine façon, en prétendant qu'il peut se convertir dans l'une ou l'autre voie - ce qui est possible, car Zéphyr reste encore assez jeune -, cela lui permet d'obtenir son point de vue sur pas mal de choses. L'armée, d'une part, mais aussi la sphère politique d'autre part. Cela dit, la jeune femme l'a interrogée sur le désert, et son guide répond de bonne grâce à ses interrogations légitimes.

    - Premièrement, vous pouvez vous situer grâce au soleil. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il se lève à l’Est, qu’à midi, il est au Sud, et qu’il se couche à l’Ouest au soir. C’est un premier indicateur pour savoir où se diriger. Mais vous pouvez aussi utilisez les vents du désert. Il y aura toujours un vent dominant qui poussera les dunes dans la même direction, de sorte que cela créera toujours des vaguelettes, orientées dans le même sens. Le vent souffle de manière perpendiculaire à cet axe : il faut s’informer de sa direction globale, et ça nous permet de nous situer par rapport à l’axe des dunes. La nuit, évidemment, les étoiles sont utiles pour se diriger. Dans notre cas, nous sommes partis de jour, parce que nous étions déjà avancés dans l’après-midi. Demain, cependant, nous nous lèverons à l’aube pour profiter encore de la fraicheur du matin et attendre le lac en milieu de matinée. Nous y resterons pour les heures les plus chaudes, afin de ne pas se déplacer sous une température étouffante, sinon, nous nous déshydraterions trop vite. Ensuite, nous repartirons vers les montagnes dont je vous parlais plus tôt, quand le pic de chaleur sera passé.

    Ils sont arrivés à l’endroit où ils passeront la nuit, maintenant. Déjà, ses propres hommes s’affairent à mettre en leur campement pour dormir correctement. L’Oreille, de son côté, propose son aide à Myriem pour descendre de cheval. Il se doute bien que passer un après-midi sur une jument, fut-elle docile, doit l’avoir quelque peu endolorie si elle n’est pas habituée à se déplacer autant.

    - Le campement sera bientôt prêt. Pourquoi ne pas rester ensemble le temps de se restaurer ? Mes hommes et moi nous diviserons les veilles de la nuit, je suis sûr que cela leur a manqué depuis le temps. Son ton espiègle déclenchera certainement des boutades parmi ses camarades, qui, s’ils n’en sont pas moins professionnels, n’hésitent pas non plus à parler avec franchise et respect à Zéphyr. Il doit être donc manifeste pour Myriem que les guerriers se connaissent, et quand le flot des discussion aura cessé, l’Oreille fait une proposition à la guerrière qui l’accompagne. Peut-être pourriez-vous me dire ce que vous avez pensé d’Ikusa et du Reike ? Evidemment, je vous laisse vous installer où vous voulez, tant que nous restons assez proches les uns des autres. Nora peut vous aider, éventuellement. La magicienne apprécierait d’avoir son intimité, c’était certain, et c’est aussi pour cela que le maître-espion la laisse libre de prendre cette aise. Quant à son espionne, elle sera assez adroite pour se montrer vive et énergique, mais toujours à l'aguet, car le désert est un monde dangereux, finalement.


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    Myriem de Boktor
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  • Mer 13 Déc - 17:49
    L’air du Vent

    Feat Zéphyr -5


    Les premières heures de chevauchée se font dans un calme tout relatif et l'air est même agréable. Il ne fait pas encore trop chaud en cette saison de printemps même dans les dunes de sable du Nord du Reike. Je respire à mon aise et je ne souffre pas encore du soleil qui frappe ma peau habituée au froid plus qu'à son antagoniste. Les cheveux avancent d'un bon rythme et rien ne semble vouloir obscurcir l'horizon ou notre avancée et pour tout avouer c'était ce que j'escomptais.

    La nuit finit par tomber doucement dans les dunes et c'est Zéphyr qui demande un arrêt pour qu'on vérifie la carte. Nous nous exécutons, cela permet aux cheveux de souffler un moment et nous aussi par la même occasion. Naïve et loin d'imaginer qu'elle est observée ou étudiée par son interlocuteur elle répond avec son tact naturel et sans mensonge de son côté, elle n'a probablement rien de bien intéressant à cacher au final hormis sa foi envers les titans, mais de cela il est déjà au courant même si elle même n'en sait rien.

    - C'est un point de vue extérieur que vous avez là quand vous me dites que ma blanche Mael a été préservée durant la guerre. Certes les combats n'ont pas eu lieu dans notre enceinte, mais la ville est défigurée depuis le début des conflits. Ce qui me fait le plus mal c'est que l'Académie de Mael, le joyau de notre enseignement, de nos formations, ait été réquisitionné par votre Nation pour y établir son quartier général. Pourquoi diable n'ont ils pas investi le Palais Ducal et ses nombreuses annexes? Alors certes des officiers y ont pris logements et ont profité du faste des lieux mais... si quelque chose pouvait être ... abimé c'est bien une demeure affectée au Protectorat selon moi. Mais non, l'Académie a du fermer ses portes au début de la guerre, plus de cours pour les étudiants, plus de cursus poussé. C'est aussi une des raisons du départ de certaines familles voyez vous, ils ont quitté Mael pour la république pour mettre leurs étudiants à Magic afin que ces derniers soient correctement formés vu qu'en tant qu'étranger il me semble qu'il est plus que complexe d'obtenir une formation au Reike non?


    Je n'en savais rien en réalité, je crois que j'avais toujours réfuté tout intérêt pour le Reike même avant la guerre, étrange non comme on peut avoir des à priori et se laisser guider par eux aussi bienveillant ou soit disant qu'on se pense?

    Néanmoins je devais aussi faire montre d'un peu d'honnêteté.

    - Mais il va de soit que cela n'est en rien comparable avec Sancta ou Benedictus.


    Je n'ajoutais rien à ce sujet, je n'avais pas envie d'en parler plus que de raison et donner du grain à moudre à des Reikois de surcroit.
    Songeant au désert, au fait de supporter ce dernier je pris la peine de le rassurer.

    - J'ai passé de longs mois dans la région des Oasis au Sud avant de séjourner un été en République. Je supporterai le désert n'ayez aucune inquiétude vraiment, je ne serai pas un poids. Par contre vous me dévoilez un pan du Reike que je ne connais pas du tout. Je ne sais pratiquement rien de votre organisation, hormis la centralisation des activités d'Ikusa ou de Taisen, le reste de l'Empire m'est totalement inconnu.


    Pas qu'ils soient très ouverts et encore moins que je fus curieuse par le passé et aujourd'hui je suis surtout très méfiante vis à vis de tout ce qu'il se passe donc bon...

    - Tous les hommes libres du Reike doivent suivre une formation militaire c'est cela? Les femmes aussi. Quand à Drakstrang c'est réservé à l'élite comme Magic ou anciennement l'Académie de Mael ? C'est bien cela? Quelle fut votre formation universitaire enfin si vous souhaitez en parler.

    J'étais quelqu'un qui aimait parler il fallait l'avouer et converser de tout et de rien était un art qu'on enseignait aux jeunes nobles dans toutes les bonnes maisons, savoir tenir une conversation était l'apanage de la Noblesse après tout, l'art du paraitre avant tout.

    - J'ai suivi le cursus de médecine formelle et magique là bas en complément de mes formations de droit nobiliaire de Shoumei... Qui lui pour le coup ne m'a jamais servi et ne me servira plus jamais je ne le crains même en étant la plus optimiste qui soit.


    La route a été reprise et nous continuons de discuter tout en avançant dans une ambiance calme et posée. La soirée approche, l'air et la température changent mais il fait encore relativement doux et clair. Je profite de ce temps pour en apprendre plus sur mon étrange partenaire de voyage et d'enquête l avait raison pour la suite j'avais été surprise de sa rapidité à décider de participer à cette recherche, sa promptitude à réagir, ce n'était pas l'image d'un oisif vraiment.

    - Vous gagnez un point, j'ai été surprise en effet de votre réactivité mais cela me rassure en un sens, vous êtes un homme d'action et de décision, pas du genre à tergiverser ou hésiter bêtement sur ce qu'il doit faire, quand, comment.  Je rejoins votre analyse habituelle concernant les marchands mais j'ai besoin de ma marchandise, je ne peux pas repartir sans, cela mettrait des jours de retard à mes chantiers et je ne veux pas l'autoriser. J'aime le contrôle et la prévision, j'aime suivre une ligne tracée, sortir du droit chemin, improviser j'ai ce genre de choses en horreur et partir ainsi me déplait totalement de ce point de vue. Mais c'est l'option la meilleure pour que le reste suive sa route normalement. J'espère qu'ils n'ont pas été attaqués par un autre clan par exemple, cela arrive peut-être? Je me dis... Une épidémie, ce genre de choses, je pourrais les aider si nous les trouvons, si c'est autre chose... Eh bien nous aviserons.

    J'avais une seule vraie peur, que ce clan ne se soit fait détruire au cours d'une rixe, d'un conflit sordide par exemple. Qu'allions nous trouver?
    J'avais acquiescé sur son raisonnement, leur silence était ce qui posait problème, le fait que personne n'en ait entendu parler depuis des jours.
    Je confirmais ses propos, oui le Reike était plus proche et le commerce entre Ikusa et Mael simple de par le trafic maritime fréquent, la durée était courte et donc les échanges rentables malgré les taxes reikoises sur les produits qu'ils vendaient à Mael.
    Alors que nous arrivons sur une haute dune, nous apercevons l'horizon, bientôt la nuit sera tombée et nous allons devoir avancer encore un peu pour atteindre l'oasis que nous visions pour la nuit. Il me dresse finalement son portrait et je hausse les épaules.

    - Je ne... suis pas une citoyenne de l'Empire, pas tant qu'on ne m'y oblige pas, mais je ne peux en vouloir à un Reikois d'avoir tout fait pour se montrer digne de sa propre nation. C'est quelque chose d'honorable et je préfère de loin cela à voyager aux côtés d'un lâche ou parjure soyons honnêtes. Je ne peux je le crains vous conseiller sur votre choix d'avenir. J'imagine que devenir un officier haut gradé est un bon choix si vous souhaitez continuer à bouger, oeuvrer sur le terrain, participer à des échauffourées aussi. Mais devenir conseiller de mon point de vue tout maelien est une décision plus posée et plus complexe pour quelqu'un qui a été élevé dans l'idée que le combat est un art qui passe au dessus de beaucoup de choses, conseiller c'est agir dans l'ombre, être moins visible, ne pas faire d'actions d'éclats non plus. Donc imaginez ce qui me semble mieux vu de mon prisme.


    Cela me fit sourire car je trouvais cela amusant qu'on me demande conseil. Il m'avait ensuite expliqué comment il faisait pour se déplacer et se repérer dans les dunes, c'était pour le coup très intéressant. Le lieu pour la nuit était enfin atteint et en homme éduqué il m'aida à descendre de cheval quand bien même je n'avais pas besoin de son aide, j'appréciais le geste, il avait du savoir vivre et déjà sa conversation m'avait permis de le classe dans la courte liste des Reikois atypiques selon mes critères.  Je m'étire un moment après être descendue de cheval pour ne pas souffrir le lendemain bêtement de trop de courbatures.

    J'accepte la proposition de Zéphyr et nous nous joignons avec Wilf à eux pour deviser le temps du repas, nous n'allons pas nous isoler ce serait stupide.  J'aide autant que possible à la confection du dit repas même si cela reste et restera un domaine dans lequel je suis particulièrement peu douée et surtout peu motivée pour progresser... Oui la cuillère en argent de ma naissance a laissé quelques marques dans mon éducation et faire le repas n'est pas ce qui m'enchante vraiment.

    Je m'installe donc de nouveau près de Zéphyr et j'écoute leurs conversations bon enfant, ils se connaissent et se respectent même si il n'y a nul doute sur qui dirige.

    - Nous allons nous installons avec vous, un camp se doit d'être concentré, nous disperser va à l'encontre du bon sens. Nous prendrons aussi un tour de garde chacun, personne ne doit tirer au flanc. Mais je ne ferai pas le tour de garde avec Wilf. Nous ferons avec vous et vos hommes. Si je peux éviter un tour de milieu de nuit, je vous avoue que prendre le début ou fin de nuit me sera plus simple, je ne suis pas une aventurière chevronnée même si je suis en bonne santé. D'ailleurs si vous avez les uns comme les autres quoi que ce soit n'hésitez pas, j'ai des plantes et de quoi nettoyer toute plaie, vous pouvez me parler de vos maux, c'est ensemble que nous réussirons et ce serait stupide pour quiconque de souffrir dans son coin par excès de fierté.


    Nous avions terminé le repas une boisson chaude a base d'une plante amère était en train d'infuser, pas du thé, une plante qui permettait de dormir sereinement, reposante mais qui ne favorisait pas l'endormissement par contre, idéal quand on a besoin de récupérer et de se ménager.

    - A mon tour de vous poser la question. Je suis une noble guérisseuse de Mael, ancienne Intendante du Port je briguais avant la guerre plus de responsabilités et on m'avait promis le titre de Duchesse de Mael... La guerre est venue, j'ai refusé de servir contre les miens. J'ai participé à de nombreuses missions vers Sancta, en tant que medecin aux côtés des armées Reikoises et finalement j'ai quitté Mael pour chercher autre chose... Je n'ai pas trouvé cela en République et je suis revenue avec des accords et j'ai monté des chantiers navals à la sueur de mon front. Ai-je bien fait selon vous de revenir? De vouloir aider à reconstruire en sachant que je n'aurais pas l'appui du Reike car je ne suis pas citoyenne et je ne veux pas l'être? Je veux une nation qui garde son identité, sa culture... Mais ne suis-je pas en train de foncer dans un mur?  Dois-je trouver un fantoche avide d'argent, un Reikois peu scrupuleux, cela doit exister... l'épouser et obtenir la nationalité pour profiter des avantages d'être citoyenne pour reconstruire Mael?  


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    Noble du Reike
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    Zéphyr Zoldyck
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  • Lun 25 Déc - 23:08
    Alors que la nuit tombe, Zéphyr écoute la belle Myriem s’exprimer sur sa cité, à savoir celle de Maël. A l’entendre, la ville a été défigurée par les conflits qui ont eu lieu en son sein. La meilleure preuve de cela, selon la noble, c’est la fermeture de l’académie, de sorte que certains ont préféré envoyer leurs progénitures à la fameuse Université de Magic.  Lorsqu’elle s’interroge à propos de Drakstrang, le maître-espion ne tarde pas à répondre.

    - Vous vous trompez, les étrangers peuvent bien entrer à l’école du Reike, mais les places sont limitées, tout le monde ne peut donc pas y entrer. En l’état, ce qui est principalement demandé, c’est que le candidat soit très doué – puisqu’il n’est pas question de gaspiller l’enseignement des vétérans et des professeurs à quelqu’un sans talent, qui n’a même pas envie de se surpasser. Ensuite, le candidat doit suivre une formation militaire avant d’entrer dans l’Académie. Vous vous doutez bien que l’Empire est très martial : le cursus de stratégie de guerre ou de combat en est un exemple, mais même des domaines comme la médecine sera, d’une manière ou d’une autre, liées également aux batailles qui ont lieu sur le terrain et sur les blessures que pourraient recevoir les soldats. Si une formation militaire n’a pas été dispensée au postulant, l’Académie demande alors une expérience de vie équivalente ou un diplôme d’une autre école, voire de posséder une recommandation. Zéphyr finit par hausser les épaules.  Finalement, il y a l’argent qui n’est pas payé par l’Etat, puisque vous n’avez pas la citoyenneté reikoise. C’est peut-être le plus difficile, mais ce n’est impossible pour autant. Et pour être honnête, j’estime que Drakstrang est plus ancrée dans le réel que l’Université de Magic ne peut l’être, quoiqu’elle soit très renommée évidemment. Evidemment, ça nous parle aussi parce que nous avons nos codes. Le combat, la force, la résistance au désert, tout cela nous semble naturel. Ca fait partie de nos gènes, analyse sincèrement Zéphyr, là où les Républicains sont… Le maître-espion prend le temps de chercher ses mots. Bourgeois. Faux. Liés au paraître et à l’argent. Tous ne sont pas comme ça, heureusement, mais il n’en reste pas moins qu’ils ont d’autres valeurs. L’homme finit par revenir au sujet initial et il conclut : En tous les cas, Drakstrang ne peut vous plaire si l’armée ne vous intéresse pas. C’est en ce sens qu’elle peut sembler plus fermée : parce qu’elle est spécialisée dans le domaine militaire. D’aucuns trouveraient Magic plus diversifiés en termes de magie et de domaines qui sont analysés, et d’autres trouveraient encore que l’Académie de Maël développait mieux que personne la magie des soins ainsi que certains arts, comme la calligraphie, pour ne citer que cela.

    Myriem lui apprend ensuite qu’elle a résidé dans une oasis au sud, qu’elle supporte donc bien la chaleur. Elle lui révèle également sa méconnaissance de l’Empire, et un fin sourire vient orner les traits de Zéphyr, alors que les étoiles brillent de plus en plus au-dessus de leurs têtes.

    - Taisen, Ikusa, Kyouji, sont effectivement les grandes cités du pays. C’est dans ces métropoles que vous trouverez le plus de vies. Mais le Reike est surtout composé d’une multitude de clans. Des familles, si vous voulez, qui ont généralement un chef et des moyens de subsistances. Ils sont sous la protection du seigneur de Kyouji, de Taisen, ou de la capitale s’ils sont plus proches de celles-ci. Nous avons donc quelques communautés qui vivent en autarcie, et vous comprenez que c’est nécessaire, compte-tenu de la rigueur de nos terres. Soucieux de ne pas faire que parler, il adresse ensuite une question à son interlocutrice. Une question assez large, qu’elle pourra répondre de bien des manières. De votre côté, dans quel cadre avez-vous grandi et vécu, Myriem ?

    Il acquiesce alors quand la jeune femme demande si les hommes doivent suivre une formation militaire et précise :

    - Pour les femmes, ce n’est pas obligatoire, mais ce n’est pas mal vu, au contraire. Comme je vous l’ai dit, le combat et les armes nous semblent naturel, et s’il y a certes une part de misogynie chez certains, certaines ont des capacités impressionnantes. Il suffisait de penser à Usha, par exemple. Mais il aurait pu en citer d’autres. Pour Drakstrang, comme je vous l’ai dit, l’Université n’accueille pas le premier-venu : il faut que celui-ci ait fait preuve de bons résultats lors de sa formation militaire, pour que les études payées par l’Etat ou par le postulant ne restent pas sans fruit. Surtout quand on sait que les places sont limitées. Dans mon cas…

    Il n’allait décemment pas lui dire qu’il avait fait le cursus multidisciplinaire dans le but de devenir un espion. Autant altérer la vérité quelque peu.

    - Dans mon cas, j’ai suivi le cursus de stratégie militaire. Cela corroborait ce qu’il lui avait dit plus tôt, en affirmant qu’il avait été remarqué pour ses stratégies lors de la guerre. J’ai toujours apprécié pouvoir analyser les situations en amont – même les plus difficiles, car vous vous doutez bien que quand on est sur le front, on doit pouvoir réagir à l’urgence et à l’excitation de la bataille. Savoir comment prendre l’avantage, retourner la situation, tirer profit du terrain, j’ai toujours trouvé cela intéressant, sourit-il à l’attention de la Maëlienne. Je n’ai aucun don particulier pour la magie, mais maîtriser la magie des soins est impressionnant, observe l’homme ensuite. Si vous étiez Reikoise, vous pourriez faire des merveilles au FMR, ajoute-t-il avec une pointe d’humour. Savez-vous ce que c’est ?

    L’homme est bien conscient que la miss ne peut pas tout savoir sur l’Empire, encore moins des divisions spécialisées comme les forces médicales reikoises. Mais le ton léger de leur conversation devient un peu plus sérieux quand Myriem lui révèle qu’elle ne peut se permettre de voir ralentir ses chantiers. La mage a donc besoin des produits des Al-Azmirra, et si ceux-ci ne se présentent pas, cela posera problème.  

    - Si vous avez horreur des imprévus et de l’improvisation, ce voyage avec mes hommes et votre compagnon ne vous dérange donc pas également ? relève Zéphyr avant de poursuivre concernant les hypothèses possibles. Nous serons vite sur place. J’espère cependant que ce n’est pas une rixe entre clans, car si le mal est déjà fait, il sera difficile de revenir en arrière. Mais habituellement, quand il y a un litige, nous demandons à une assemblée de se rassembler. Ce n’est que dans des cas… extrêmes comme l’invasion des Ryssen que seule la force est utilisée sans limite. Autrement, le clan qui a commis une tuerie devra sur le long terme assumer ses actes. Pour l’épidémie, cela reste possible. Nous savons que le Titan Puantrus à développer une maladie comme la Peste Obscure et il y a d’autres maux qui peuvent faire bien des dégâts. Mais je redoute personnellement des problèmes avec la faune et la flore. Le Reike est un territoire hostile et peut-être que les Al-Azmirra n’étaient pas prêts à affronter un péril en particulier.

    La conversation prend enfin un autre tournant quand Zéphyr fait semblant qu’il est à la croisée des chemins : continuer sa carrière d’officier ou davantage devenir conseiller. L’analyse de la belle est juste et le guerrier finit par souffler légèrement. Il arrive petit à petit à se faire une meilleure opinion de la jeune femme. Celle-ci semble en effet mesurée et capable d’émettre de bons jugements, en tout cas. Ce qui fait que sa proximité avec certaines personnalités reikoises peut potentiellement être un danger comme cela peut s’avérer une opportunité.

    - Le choix m’appartient de fait, mais je prendrais votre réflexion en compte, ma dame.

    Leur dialogue prend alors fin quand il est décidé qu’ils monteront le camp. Aidant la guérisseuse à descendre, le maître-espion la laisse ensuite tranquille, le temps de superviser ses hommes et même de les aider à tout mettre en place. Quand tout est prêt et que le repas est prêt à être servi, le petit groupe vient se resserrer près du feu et l’Oreille approuve d’un geste de la tête le fait de rester près d’eux. C’est la bonne décision et puisque la jeune femme semble disposée à prendre le début ou la fin de la nuit, Zéphyr lui propose naturellement de prendre ce premier quart avec elle. Quant au fait de ne pas lui cacher leurs maux, l’intéressé hoche la tête, mais si les espions feront bien usage de sa magie du soin s’ils viennent à être blessés, ils ne préciseront pas non plus qu’ils ont toutes sortes d’onguent et de remèdes dans leurs sacs pour palier à de telles situations. Herbes et remèdes qui, d’ailleurs, peuvent aussi se changer en poison.

    Le repas se finit bientôt, et c’est alors à Zéphyr et à Myriem de rester vigilants pendant que leurs comparses s’en vont se reposer. Voilà alors que la dame aux beaux cheveux ébènes se dévoilent davantage en retraçant son parcours, ce qui arrange bien le membre du Conseil impérial. Et voilà qu’elle souhaite son avis sur sa situation. C’est un juste retour des choses finalement, mais Zéphyr prend un instant pour réfléchir et il rebondit sur ses derniers propos

    - Vous voulez vous sacrifier en épousant un homme reikois ? Et pourquoi pas épouser l’intendant de Maël tant que vous y êtes ? Son ton est légèrement étonné, et il poursuit. Vous n’en seriez pas heureuse, et votre mari, quel qu’il soit – qu’il s’agisse de Lucifer ou d’un autre – ne partagera certainement pas votre manière de voir. A moins d’être très chanceuse. Mais je ne parierais pas sur la chance, de ce point de vue-là. Les Reikois sont de nature très bornée, vos deux cultures s’affronteraient donc sans doute constamment. Même en ayant la citoyenneté reikoise, il faudrait faire vos preuves, d’ailleurs. La richesse et la citoyenneté ne seront donc ne seront pas suffisants pour remplir vos objectifs. Et d’un point de vue général, la Couronne se méfierait plus des nobles et des aristocrates que des petites gens. Si vous voulez reconstruire Maël, le mieux serait selon moi d’adopter la patience. L’occupation militaire dans l’Académie et les autres bâtiments publics de la cité ne sera pas éternelle, à condition qu’un autre Titan n’apparaisse pas de nulle part. Il est probable qu’au bout d’un temps, des garnisons soient créées dans la ville et que vos lieux de culture seront libérés. C’est là qu’il faudra vous illustrer en participant à la reconstruction de la ville. Non pas en agissant en solitaire, mais en collaborant avec les autorités. Restaurer vos bibliothèques, vos scriptoriums, réinvestir votre Académie… Il y aura du travail à faire, mais il y aura également une forte vigilance, pour ne pas que cela donne lieu à des dérives. Pour le reste… Zéphyr marque un léger silence. Vous avez tenté de vous débrouiller et c’est louable. D’aucuns se seraient effondrés en n’ayant pas la volonté d’avancer, de voyager, d’affronter l’avenir. Concernant vos bateaux… L’assassin hausse les épaules. J’estimerais plus profitable que vous ne voyiez pas dans le Reike un ennemi. Si l’Empire n’avait pas fait face, il n’est pas certain que Maël serait encore debout, vu ce qu’il s’est passé à Bénédictus et à Sancta. Mais je ne peux vous en vouloir d’avoir vos préjugés… Je pense néanmoins qu’il vous faudra faire attention afin de ne pas paraître comme une résistante à la volonté reikoise. Je ne dis pas qu’elle est toujours la plus fine. Autant dire dans ce cas que Tensai est un personnage empathique, doux et patient. Mais c’est actuellement elle qui continue lutter contre les Titans alors que la République n’a, pour l’heure, pas lever un doigt pour défendre le Sekai.

    La laissant répondre, la conversation continue un temps, puis, bien sûr, le flot de paroles finit par s’apaiser. Zéphyr n’hésite pas à utiliser ses sens augmentés pour guetter tout danger dans leur proximité immédiat, mais les Astres veillent sur eux et tout est calme. Il ne restera bientôt plus qu’à ses camarades de prendre la relève.

    Le lendemain matin, un repas frugal est élaboré, et on se met tôt en route, afin de profiter de la fraicheur encore matinale du désert. C’est finalement en milieu de matinée qu’ils arrivent près du petit oasis mentionné par Zéphyr. Peut-être qu’ils auront là des informations sur les Al-Azmirra. Auquel cas, ils continueront quand même leurs courses vers leur village, qui n’est plus tellement loin de là.

    - Il y a un marché local, leur signale un espion.
    - Et une autre taverne plus loin où on pourrait délasser les chevaux le temps que l’heure la plus chaude passe, continue un autre.
    - Dans ce cas, formons deux groupes, suggère Zéphyr. Les uns pour prendre soin des bêtes et commander de quoi nous restaurer. Les autres pour recouper des informations, ce qui fait fugacement sourire ses camarades. Que préférez-vous, Myriem ?
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  • Mer 3 Jan - 15:23
    L’air du Vent

    Feat Zéphyr -6



    Etonnant de voir que l'on pouvait trouver un terrain d'entente ou de discussion des plus passionnantes avec un officier sorti de Drakstrang non? Bien sûr c'était un raisonnement totalement biaisé et sans fondement de ma part mais détester par principe le Reike et tout ce qui le compose facilite ma vie.

    -Eh bien vous me l'apprenez j'étais persuadée qu'il fallait être de nationalité Reikoise pour rejoindre les rangs des étudiants de l'Académie mais en soit je comprends parfaitement le but des formations qui y sont données. Mais j'entends que le savoir de tout... maître ne se dispense pas pour le premier venu quelque soit le domaine concerné.

    Je ne pouvais hélas dire le contraire, toutes les Académies étaient élitistes et réservées aux nantis et aux doués. Dommage parfois que des abrutis congénitaux bien nés viennent pourrir certains cours de leur présence néfaste. Néanmoins une interrogation me vint.

    - Et sans passer par l'Académie il est donc possible d'avoir une formation militaire. Avez vous des maitres d'armes privés en un sens? Si jamais je souhaitais apprendre à me défendre et à me servir correctement d'une lame ça serait possible? Parce que pour tout avouer j'envisageais de le faire mais les maîtres d'armes réputés de Mael sont tous partis après la guerre proposer leurs services ailleurs visiblement et j'aimerais apprendre auprès de quelqu'un de bon !

    Non la médiocrité dans ce genre de domaine cela n'était juste pas possible et qui sait, un jour prochain cela pourrait me servir non? J'avais juste esquissé un sourire quand Zéphyr avait donné les traits génétiques qu'il associait aux Reikois puis aux Républicains.
    J'écoutais ensuite son récit et ses descriptions des grandes villes du Reike, qui mieux qu'un habitant pour les décrire après tout? Mais ce qui ressortait surtout de toutes ces explications c'était le mot clan et donc un manque d'unité potentiel. Cela me fit considérer d'un autre oeil l'exploit en un sens de l'Empereur de devenir un fédérateur de clans, surtout de clans guerrier. Seule la force et la tactique militaire comptait et donc Tensaï devait probablement faire ses preuves encore et toujours auprès de nombreux clans malgré sa couronne rivée sur sa tête. Diriger une nation guerrière n'était certainement une chose simple et donnée à tout le monde mais... je n'irai surement pas l'avouer à haute voix !

    - J'ai grandi dans une famille de la noblesse Maelienne. Les titres nous étaient octroyés par les Protecteurs et ils pouvaient être repris si la famille ne faisait pas bien son office. Etre noble signifie avoir des responsabilités et assurer aux gens qui sont dans notre giron qu'ils puissent manger à leur faim, se former selon les besoins que nous avons tous, assurer leur protection, être un conseiller aussi et un guide parfois. Ma famille avait une petite compagnie maritime, mon père transportait et vendait de la marqueterie de luxe de Sancta aux nobles de Mael et de Benedictus mais aussi à ceux d'Ikusa. Il faisait aussi du transport de personnes entre Mael et Ikusa, le trajet étant alors relativement sans danger sur la mer intérieure. Mais je me suis retrouvée orpheline avant l'adolescence et c'est un tuteur nommé par l'Administration de Mael qui s'est occupé de moi, mes biens, jusqu'à ma majorité enfin jusqu'à la Purge pour être tout à fait franche.

    Je balayais d'un geste  ce souvenir, je n'avais pas éprouvé le moindre attachement pour cet homme mais il avait fait son office, m'avait permis de suivre les cursus généraux pour avoir la meilleure éducation puis faire celui de Medecine traditionnelle et magique à l'Académie.
    Je songeais un instant à la mention des FMR et ma collaboration avec certains de ses membres me fit sourire.

    - J'ai travaillé aux côtés du FMR que ce soit durant la guerre en tant que médecin rattaché de Mael, au début du moins avant mon départ ou au début de la Peste Obscure avant que tous les échantillons ne soient envoyés au FMR à Ikusa et que Mael ne soit fermée et mise en quarantaine. Mais j'avoue ne pas vraiment apprécier l'ambiance militaire. Je suis une civile dans l'âme et si je peux aider à soigner je le fais c'est ainsi mais ... Je crains de ne pas accepter qu'on me dise comment faire, qui je dois soigner en priorité parce qu'untel doit retourner à son poste plus vite qu'un autre... Je soigne selon mes critères d'urgence des blessures, maladies, je sais me montrer très têtue et pénible je dois l'admettre.

    Cela me fit sourire d'avouer cela à ce soldat Reikois en un sens, aussi noble fut-il il portait en lui les gênes de sa nation et son sens martial, du devoir et probablement de la hiérarchie et de son respect aussi. Nous étions arrivés à notre tour de garde, il l'avait pris avec moi ce que j'aurais pu prédire en réalité, il me jaugeait je le voyais bien.

    Cet homme bien que jeune, nous devions avoir le même âge à peu ou prou, dans la force de l'âge quoi qu'il en soit, était particulièrement intelligent et notait tout mentalement. Cela me fit froncer les sourcils, à qui diable avais-je affaire? Ses émotions aussi étaient parfaitement contrôlé, égal depuis notre rencontre le matin même.

    - Je déteste l'idée même de ce périple, je n'ai pas... prévu d'escales, la route, le temps, je n'ai rien étudié et c'est dérangeant de me dire que je suis obligée de me reposer sur des guides, vous et vos hommes, compétents sûrement mais dont je ne savais rien encore ce matin, et qui pourraient m'envoyer dans une traquenard.

    La nuit était tombée, le feu flambait entre nous, mais mon regard s'accrocha au sien, mon regard d'améthyste rivé dans ces  yeux ambrés, qu'est-ce qu'il pouvait être? Etait-il un manipulateur voulant me piéger? J'étais naturellement méfiante envers les Reikois depuis quelques déboires.
    Seuls à observer la nuit étoilée et les abords du camp, le silence nous accompagnait quand nous ne parlions plus. Il me donna à son tour son avis sur ma propre situation, j'avais trouvé ce "jeu de rôles" amusant dans le fond, entendre le point de vue d'un autre, extérieur à ma propre culture et impartial car il ne me connaissait ni de Kazgoth ni d'Aurya.

    J'avais explosé de rire franchement et manière sonore quand il avait évoqué l'idée de me manulier avec ce fat de démon d'intendant Reikois de Mael... Plutôt crever la bouche ouverte que de me fourvoyer avec un tel faquin, j'avais encore assez d'honneur pour m'épargner ce genre de vie. Cependant je le remerciais de son analyse et rajoutais seulement.

    - Merci pour votre sincérité mais en effet je pense que je vais opter sur la patience et qui sait peut-être que j'apprendrais à collaborer intelligemment avec le Reike pour que Mael retrouve sa grandeur d'antan. Peut-être saurai-je mettre mon orgueil ou mes ressentiments de côté pour le bien commun mais je ne mènerai nulle fronde, les soulèvements de population ont pour effet principal d'entrainer la mort d'innocents qui croient en leurs idéaux, je ne veux la mort de personne.

    Une fois de plus, passer après l'intérêt des miens, je savais le faire, cela ne m'avait jamais arrêté mais n'étais-je pas en train de me perdre à trop vouloir agir pour les autres? Je me tus, ma foi envers les titans ne pouvait être abordée et je ne pouvais être d'accord avec un Reikois sur ce sujet là aussi préfèrai-je laisser mourir le sujet en devisant de tout et de rien ensuite jusqu'à ce qu'on leva la relève.

    *************************************

    Le lendemain matin, le réveil reste dur, le sol est raide et si je suis en bonne forme je n'ai plus l'habitude de ce genre de couchage, j'ai retrouvé depuis une année la douceur des lits bien douillets et je ne m'en plains pas. La question posée pour la suite est légitime et je réfléchis un instant avant de choisir.

    - Je porte sur moi ma naissance maelienne, même vêtue d'une cape, ma tenue n'est pas d'ici du tout. On ne me fera naturellement pas confiance pour répondre à des questions poussées. Je vais aller m'occuper des bêtes et commander le repas sans souci. Je tenterai malgré tout de glâner des informations aussi, sonder les gens, la situation dans le coin, des soucis, des phénomènes étranges, que sais-je. Cela vous convient-il?

    Une fois les groupes fait me voilà donc partie avec des hommes vers l'auberge ou nous déposons les chevaux dans les écuries. L'ambiance est calme, posée, le matin est neuf et l'air encore parfaitement respirable par chance pour moi qui suis trop chaudement vêtue pour la région.
    Il y avait peu de chevaux ou chameaux dans les écuries, juste deux bêtes qui ne paraissaient pas de prime jeunesse, peu de voyageurs donc. Je laissais les gardes gagner l'auberge, restant juste avec le jeune palefrenier qui voulait s'occuper des bêtes.

    - Puis-je vous aider? Ma jument est capricieuse et aime que je la bouchonne moi-même.
    - Mais vous paierez quand même pour la jument prise en charge
    - Cela va de soit
    - Alors allez y

    Renfrogné, méfiant, je percevais ses émotions. Néanmoins je m'attaquais au brossage de ma jument avec application. Puis je laissais mes dons sonder les animaux de mon groupe mais aussi les deux autres. Je perçus de la douleur, les émotions primaires des animaux ressemblaient aux nôtres dans leur analyse, peur, douleur, je savais les percevoir. Quand j'eus terminé de m'occuper de mon cheval je m'approchai d'un des chevaux qu'il venait de bouchonner et je flattais son encolure.

    - Dis moi ou tu as mal mon beau.

    Bien sûr il n'allait pas me répondre mais je laissais ma magie de soin couler sur lui cette fois-ci à la recherche d'une inflammation, souvent localisée sur un point douloureux et je trouvais... sa patte arrière gauche.

    - Pouvez vous m'aider à soulever sa patte?

    Il me regarda comme une folle. J'insistais et finalement il s'exécuta, je lui faisais perdre son temps, c'est ce que disait son regard. La patte relevée je sentis un soulagement, il avait mal en effet. Alors je laissais glisser mes doigts sur sa patte et finis par trouver la cause de sa douleur, sous le poil court, une boule au dessus du sabot, un des deux muscles tenseurs était enflammé à cause d'une petite infection.

    - C'est plein de pus ce truc. Tiens le.

    J'avais abandonné le vouvoiement sans réfléchir et avait pris la direction de mes fontes encore ici. Je sortis mon sac de soin et en extrait une lame très aiguisée pour inciser et faire partir le pus naturellement, je nettoierai ensuite et vérifierai magiquement que tout va bien. Il avait du s'écorcher avant notre départ. JE réalisais cela en quelques minutes et quand je fus certaine que tout était bien nettoyé, je bandais sa patte et souris.

    - Merci de ton aide.
    - De rien mais euh... vous soignez que les bêtes?
    - Non tout le monde, humanoïdes ou animal.  As-tu un souci?
    - Oh non mais c'est bon à savoir, y a souvent des blessés, le désert c'est dangereux.
    - Oui j'ai cru le comprendre en effet.
    - Et c'est la saison de reproduction des gnolls, ils sont affamés, vindicatifs, nombreux aussi et ils ont besoin de chair fraiche pour être en forme pour cop.... euh enfin vous voyez?
    - Je crois oui. Ils vivent dans le désert en bandes ou ce sont des solitaires?
    - En bandes, en meute chais pas trop comment on dit mais faut s'en méfier c'est la saison où ils s'aventurent le plus des installations et camps de voyageurs.
    - Je te remercie. Si jamais quelqu'un a besoin de mes services, tu sauras ou me trouver je vais manger avec mes compagnons de route, je m'appelle Myriem.
    - C'est noté m'Dame !

    Cela étant dit je pris mes fontes, trop lourds à mon goût et rejoignis les soldats pour commander le repas et attendre le retour de l'autre groupe.

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    Noble du Reike
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    Zéphyr Zoldyck
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  • Dim 7 Jan - 21:16
    - Je ne dirais pas que nous avons des maîtres d’arme renommés, qui sont reconnus officiellement par l’Empire, du moins, fait Zéphyr alors qu’il progresse à côté de la jolie magicienne. Les vétérans de guerre, les hommes d’élite ou les mercenaires en fin de carrière peuvent généralement être payés pour devenir des précepteurs. Généralement, les familles nobles essaient que leurs pupilles aient le meilleur maître d’arme possible afin de faciliter leur formation militaire, voire leur apprentissage dans Drakstrang. D’autres ont une paie qui leur est proposé par le chef du clan afin de participer au service militaire et à la formation des recrues. Bref, en un mot, c’est possible. Vous connaissez Misry Lurrak ? Il s’agit d’une élémentaire qui enseigne à notre Université. Eh bien, sa renommée est telle que, si elle rentrait dans sa famille, on lui ferait des propositions les plus intéressantes possibles pour former des jeunes Reikois en devenir, par exemple. Dans votre cas, sourit aimablement le maître-espion, quelle est l’arme qui vous intéresse ? Moi ou mes hommes pourrions voir si nous la maîtrisons et vous enseigner, sinon les bases, au moins quelques astuces pour la manier. Ce ne serait pas durant leur voyager aller et retour que Myriem deviendrait une professionnelle, naturellement, mais si durant leur périple, elle devait devoir se défendre avec une arme véritable plutôt que sa magie, autant savoir comment l’employer. Et puis, cela leur offrirait un divertissement durant les soirées froides du désert.

    Le membre du conseil se tut ensuite davantage quand la Maëlienne raconte son parcours. Il adhérait naturellement au fait que des nobles puissent être déchus de leurs titres : cela leur donnait toujours la motivation d’être « au service » de la population sans se calfeutrer derrière leurs richesses et leur influence politique. Pour le reste, la demoiselle avait été prise en charge par un tuteur à la mort de ses parents. Une épreuve sans doute difficile, vis-à-vis de laquelle Zéphyr n’allait pas s’émouvoir, mais qui avait certainement eu une influence sur la destinée de la guérisseuse.

    Un léger sourire naquit sur le visage du bretteur lorsqu’enfin Myriem avoua qu’elle avait du mal avec l’autorité militaire.

    - Vous êtes indépendante, résuma-t-il en un mot. Et naturellement, vous utilisez votre tête. N’en prenez pas offense, précisa-t-il, mais je connais des officiers qui se complaisent dans l’obéissance et dans les ordres reçus car ils ont peur de porter des responsabilités. Je trouve moi bien plus intéressant d’avoir le cran de prendre du risque, quitte à faire des erreurs, tant que cela nous permet de mieux diriger nos subalternes et nos officiers ensuite. Un léger silence. Enfin, à vous entendre, je présume qu’il vaut mieux que vous ne soyez pas dans l’armée. Vous auriez trop de caractère et cela pourrait faire des étincelles avec des Reikois à l’âme bien trempée, fit-il avec un sourire en coin. D’ailleurs, elle ne saurait certainement pas correspondre avec la mentalité de certaines troupes, comme les Dévoreurs. Cela étant dit, si vous aviez été citoyenne de notre pays, peut-être auriez-vous trouver une place de choix auprès de l’Esprit. Les mages restent importants, bien que nous soyons une nation essentiellement guerrière, et nos compatriotes les respectent pour leurs talents rares. Enfin, je présume que vous ne serez jamais intéressée par un poste là-bas, sourit-il plus largement. Surtout s’il fallait quand même appartenir au Reike, ce dont Myriem n’était pas prête à franchir le pas. Et ça valait peut-être mieux ainsi car si l’Oreille connaissait son point de vue sur le divinisme, cela lui aurait fait certainement grincer des dents. Pour l’heure, néanmoins, son opinion est relativement bonne et l’esprit de groupe l’est tout autant. Leur campement se met d’ailleurs rapidement en place, ses compagnons étant habitués aux voyages dans l’Empire. Il ne reste plus qu’à établir les tours de garde, et Zéphyr aussi bien que la mère d’Amaël prennent la première veille. C’est un temps plus propice pour les échanges, et la voyageuse lui confie qu’elle déteste ce périple qu’elle n’a pas préparé. A ces mots, le guerrier souffle, et ne peut s’empêcher d’avoir un sourire mi-figue mi-raisin, sans faux-semblant d’ailleurs.

    - Je me donnerais beaucoup de peine pour vous envoyer dans un traquenard, glisse-t-il avec une lueur d’amusement dans les yeux. Il m’aurait été beaucoup plus facile et beaucoup plus rentable de m’en prendre à vous dans Ikusa, vous ne pensez pas ? Techniquement, c’était d’ailleurs ce qui avait été prévu à l’origine, bien que Zéphyr ne comptât pas forcément la conduire dans un piège au sein de la ville. Il voulait juste la jauger, mieux comprendre qui elle était, afin de définir si elle était dangereuse ou non pour leur pays. Plus que cela, il voulait déterminer si elle avait des intentions cachées en se rapprochant de certaines personnes en particulier, comme Tagar ou Zaïn, puisque l’ancien Cœur était encore actif à ce moment-là de leur périple. Du reste, pourquoi voudrais-je vous envoyer dans un piège ? Je pourrais exiger une rançon, mais sans m’assurer au préalable que quelqu’un saurait payer, je serais un idiot. Ca n’aurait donc aucun intérêt, à moins que vous vous considériez vous-mêmes comme une ennemie contre l’Empire, ça changerait les choses, lâche-t-il sur le ton de la plaisanterie. De mon côté, pourtant, je ne pense pas devoir vous considérer comme telle. Etonnamment, ils n’avaient jamais été aussi proches de la vérité depuis le début de cette journée, mais Zéphyr avaient adopté un ton légèrement léger pour ne pas que l’ambiance entre eux en pâtisse. D’ailleurs, il change le sujet de la conversation volontairement, en revenant sur le malaise ressenti par Myriem. Son ton redevient un peu plus sérieux, pour montrer également qu’il est sincère dans ce qu’il va dire. Je comprends naturellement votre envie de contrôle. Qui aimerait partir en voyage sans l’avoir planifié à l’improviste ? Je vous le dis, la grande majorité des nobles maëliens et reikois auraient tout bonnement rompu leurs contrats avec les Al Azmirra. Vous êtes une exception à la règle en allant si loin dans le Reike, Myriem. Et à bien des égards, vous avez eu de la chance de tomber sur moi, car bien des mercenaires auraient été volontaires pour vous accompagner et profiter de votre méconnaissance du désert. Une petite pause. L’envie de contrôle, dans l’immédiat, est légitime, mais même les plus grands, qu’il s’agisse de l’Empereur, de la Présidente de la République, ou de leurs subalternes, comme leurs ministres, ne sauront pas tout contrôler. Il y a trop d’inconnues pour que cela arrive un jour, grogne-t-il. Pourtant, en tant que maître-espion, cela lui ferait du bien d’effectivement tout savoir et de tout manipuler. C’est pourquoi on apprend aux soldats – et aux espions – de savoir faire face à l’inconnu en tout temps. Avec peu de moyens si nécessaire. Tant qu’on sait survivre, et donner nos rapports, pour notre pays, cela reste le principal. Un sourire plus prononcé. Dans notre cas, je peux juste vous assurer qu’aucun mal ne vous sera fait en ma présence. Tant qu’elle ne dit pas n’importe quoi non plus, qui change le point de vue du chef des forces spéciales. Mais Myriem semble jusqu’ici relativement équilibrée. A voir si l’un et l’autre ne lâche pas des informations par inadvertance. Aucun n’est parfait, ni ses hommes, ni lui, ni la jeune femme aux cheveux noir ébène.

    Le rire cristallin de Myriem éclate ensuite dans les airs lorsque Zéphyr énonce le mariage entre elle et Lucifer – un rire qui sonne comme un refus net, d’ailleurs, mais le guerrier aurait fait une drôle de tête si elle avait applaudi des mains à cette idée loufoque. En tous les cas, il acquiesce d’un air appréciateur lorsqu’elle déclare qu’elle va patienter, et plus encore, l’Oreille approuve qu’elle ne veuille fomenter aucun mouvement de rébellion. Un bon point pour elle, quoique le guerrier n’est pas assez naïf pour la croire sur parole. Mais si elle est sincère, elle marque des points salutaires.

    Le lendemain, la troupe se réveille naturellement tôt et il ne leur est guère difficile d’arriver à leur premier arrêt. Pour l’heure, tout se passe comme prévu, et Myriem propose avec justesse de rester à l’auberge pour prendre soin des montures. Il est vrai qu’elle est une étrangère et que cela n’attirera pas les confiances des locaux alentours. Le conseiller royal ne tarde donc pas à se séparer de la magicienne, non sans lui laisser Nora, l’une de leur coéquipière, afin qu’elle lui porte assistance au cas où. Quoi que les risques d’incidents sont minimes, Zéphyr n’a pas envie qu’un abruti approche la guérisseuse, ou que celle-ci soit potentiellement démunie si elle ne connait pas le shierak-quiya, par exemple.

    Si tôt quelques rues passées, Dorn, Sorel et Altair se détendent un peu alors qu’ils suivent leur chef dans le hameau reikois. Silencieux, Zéphyr écoute le commentaire des uns et des autres, aussi bien les remarques inutiles comme « elle est quand même sacrément canon » aux observations plus fines qui soulignent qu’elle n’a pas l’air d’être un mauvais bougre, jusqu’ici. Ils ne sont cependant pas en permission, et bien vite, le commandant des espions envoie Dorn et Sorel passer par l’une des caches de son réseau, afin de trouver des informations sur les Al-Azmirra. Altair reste de son côté avec le guerrier, et les deux en profitent pour passer à un marché local. Tant qu’il ne fait pas trop chaud, les commerçants peuvent tenir leurs étals, or l’un des marchands est justement l’un des informateurs de l’Oreille. Un homme qui jusqu’ici ne leur a jamais fait défaut, qui plus est, peut-être parce que les forces spéciales ont sauvé il y a quelques années sa fille d’un incendie à la capitale. C’est justement Altair qui l’a retirée des flammes – ce qui explique entre autres pourquoi le maître-espion l’a choisi parmi son groupe. Le vieux père ne refusera rien au sauveur de son enfant, et de fait, quand l’espion va l’interroger, après s’être brièvement présenté sous son identité de norandir, l’homme au teint halé ne tarde pas à dire tout ce qu’il sait.

    - Les al-Azmirra ? Oui, j’en ai entendu parler, d’habitude, ils passent toujours par ici avant de faire une pause jusqu’à la capitale. La dernière fois, c’est des jeunots qui sont passés à la taverne confirmer qu’il leur faudrait nourrir et soigner des Vezkang – vous savez, ces énormes bêtes qu’ils utilisent pour déplacer leurs plus grosses commandes. Un gros contrat à la capitale, qu’y ont dit, et ils sont ensuite passé par le marché pour acheter des denrées. Mais d’puis, plus rien ! On les a jamais revus.
    - Ils avaient l’air inquiets ?
    - Nan, pas que je sache. Vous savez, c’était la jeune génération… Ils étaient heureux de voyager loin des vieux, d’avoir une mission, comme on dit, mais j’pense qu’ils sont bien rentrés à leurs clans ensuite. Ils z’ont aucune raison de prendre la poudre d’escampette, vous voyez ? Mais ils avaient pas l’air inquiet, les p’tits gars.
    - Vous avez eu des missives de leur part pour signaler un retard ? Les al-Azmirra sont connus pour leur ponctualité…
    - Que dalle. Mais on a remarqué une recrudescence de pigeons voyageurs dans notre village dernièrement et certains étaient blessés. Y avaient pas de lettres par contre.
    - Rien d’autre… ?
    - Hum… Ah, si ! Faudra dire à la Griffe – enfin, faudra dire à l’Oreille et puis à la Griffe, enfin vous me comprenez – qu’il y a une infestation de gnolls et que notre milice est pas assez grande pour aller tout nettoyer. C’est suffisant pour protéger notre village. Mais pas pour envoyer toutes nos troupes faire le ménage. On est pas trop loin de la capitale, alors j’me disais…
    - J’en référerai à mes supérieurs.
    - Merci mon brave ! Sinon, vous êtes intéressés par mes fruits, peut-être… ?

    Visiblement captivé par une dague en roche ombrale, Zéphyr repose la dague sur l’étal d’un forgeron, et reprend son chemin comme si de rien n’était. Il a tout entendu grâce à son ouïe surdéveloppée, et bientôt, il est rejoint par son comparse qui émet son incompréhension face à la recrudescence des pigeons voyageurs aux alentours.

    - Ce sont plus les gnolls et l’absence de nouvelles qui m’inquiètent, répond le maître-espion.
    - Une révolte… ?
    - Peu probable. On reste proche de la capitale. Ni la Griffe, ni moi ne tolérions un soulèvement, et mon réseau est trop puissant pour qu’une telle chose m’échappe, répond le maître-espion. Les gnolls pourraient être la source du problème, mais j’ai l’impression que quelque chose nous échappe. Zéphyr réfléchit encore un instant, puis il déclare : Allons rejoindre les autres, puis rejoignons Myriem et Nora à l’auberge.

    ***

    Leur repas, au moins, est de qualité. Peut-être parce que Zéphyr a payé un acompte suffisant pour que le tavernier soit généreux. Proche des fenêtres de l’auberge, le groupe est encore bien éclairé par la lumière du jour, et Zéphyr profite de ce moment de pause pour faire part de ce qu’il a appris sur les Al-Azmirra. Il explique que des jeunes ont confirmé leur arrivée prochaine afin de prendre soin des vezkank, signe qu’ils ont manifestement terminé leurs commandes. Pour la belle, c’est une bonne nouvelle. Il reste à  savoir pourquoi ils n’ont pas livré leurs commandes, et le maître-espion se permet d’émettre ses doutes.

    - Je pense qu’il a dû se passer quelque chose à leur village. Ce n’est pas normal qu’ils n’aient pas donné signes de vie. Je ne dis pas qu’ils sont morts, évidemment, tempère-t-il, mais peut-être que leur cheptel a été frappée par une maladie ou qu’ils ont eu d’autres soucis en amont. En tous les cas, il nous faudra aller sur place pour être fixé. En l’état, nous sommes aveugles et cela me déplaît profondément, songe-t-il pour lui-même. En l’état, ce n’est pas grave, les Al-Azmirra ne sont pas un clan vital pour le Reike, mais cette absence de renseignement montre une faille dans son système actuel, qu’il lui faudra impérativement combler dans les semaines et mois qui viennent. Actuellement, il lui faut renforcer son réseau, et il sait que Deydreus veut en faire de même pour son armée. Peut-être qu’agir de concert serait une belle opportunité…

    Mais cela, ce sera pour plus tard. Car le guerrier propose dans l’immédiat de reprendre la route après que le zénith soit passé. Leurs montures se seront un peu reposées, ils auront pu se ressourcer en eau et en vivres, il ne leur reste plus qu’à terminer leur voyage et arriver aux clans des Al-Azmirra.

    L’accord est unanime, et cela permettra à Zéphyr de découvrir les soins fournis aux juments et étalons de leur groupe. L’homme sera agréablement surpris par cette découverte et se permettra d’ailleurs d’en féliciter leur compagne de voyage. Leur chevauchée se fera du reste sans accroc les heures qui suivent, même si le maître-'assassin ne cachera pas son air songeur et attentif plus ils s’approcheront du village des Al-Azmirra. Pour autant, l’homme continuera à faire la discussion avec Myriem lors de leurs haltes ou lorsque que leurs environs leur confirmeront qu’il n’y aucun danger.

    Ce n’est qu’en fin d’après-midi que Sorel se mettra à hauteur de son chef.
    - Les Al-Azmirra sont à une demi-heure de chez nous plus ou moins, mais le soleil descend. Que fait-on ?
    Zéphyr sonde Myriem du regard et s’apprête à répondre lorsqu’un bruit n’attire son attention.

    Un bruit ?
    Non.
    Plusieurs bruits. Des ricanements…
    Et très vite, le maître-espion comprend.

    - Des gnolls, souffle-t-il.

    Il s’agissait de bêtes inoffensives, qui ne s’attaquaient qu’à des proies plus faibles, normalement.
    Mais il n’empêche que quand plusieurs paires d’yeux vous fixent, cela ne vous donne pas bonne impression.

    - Pas le temps de se reposer, murmure le guerrier alors qu’il tâche de calmer sa monture qui n’est (légitimement) pas rassurée. On file vers le village. Maintenant !
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  • Sam 13 Jan - 16:06
    L’air du Vent

    Feat Zéphyr -7


    J'avais acquiescé aux propos de Zéphyr et en un sens si ce n'était pas le but premier de ma demande ou question, je me disais que voir comment enseignait un officier sorti de la renommée et célèbre Drakstrang serait un bon début pour moi. J'avais appris les bases de la lutte, quelques prises pour repousser ou tenter de m'extraire si on voulait bloquer mes mouvements mais je n'étais pas encore très douée et surtout la majeure partie du temps on me l'avait fait remarqué, je n'étais pas du tout habillée pour ce genre de situation. J'aimais et gardais le style vestimentaire purement de Shoumeï la grande partie du temps et rares étaient les fois ou je transgressais ces habitudes hormis peut-être en voyage comme actuellement.

    Je n'étais pas stupide et devoir chevaucher en robe je savais bien que c'était non seulement pénible mais surtout plutôt dangereux. Alors j'optais dans ces cas là pour des tenues sobres, pantalon, chemise, serre taille éventuellement et cape selon les températures. Ici j'avais une sorte de capeline courte qui servait surtout à protéger mon visage du vent, du sable et du soleil, de même que j'avais des gants en tissu léger pour protéger la peau de mes mains, je restais délicate quoi qu'on en pense, ma peau pas réellement habituée au soleil ou aux efforts, les callosités de mes mains avaient disparues depuis mon retour à Mael l'an passé.

    - Je comprends comment cela fonctionne en effet et non le nom de Dame Lurrak m'est parfaitement inconnu. Je ne connais vraiment que peu de Reikois pour tout avouer et je n'ai que peu d'amis ici.

    Nul besoin de donner leurs noms mais ils existaient, Zaïn, Shan'ael et Tagar étaient de ceux là, les exceptions qui confirment les règles.
    Je poursuivis de fait.

    - Je possède une dague mais je n'ai pas d'épée mais si vous acceptez de m'en prêter et de m'enseigner quelques passes d'armes ou techniques de base, des postures ou ce qui peut me rendre utile ce serait avec plaisir que je suivrai vos conseils et leçons. J'ai toujours été quelqu'un de volontaire et d'assidue.

    Le prototype de la bonne élève, studieuse, désireuse de progresser et surtout n'appréciant pas du tout l'échec ou de ne pas réussir une tâche. Faire et refaire pour parvenir au bon résultat ne m'a jamais effrayé ou dérangé. Dans mon esprit suivre une leçon n'avait aucun rapport avec accepter une autorité militaire, deux conceptions opposées pour moi même si, même si dans le fond c'était juste un point de vue idéologique qui me dérangeait.

    - C'est une chance de fait que je n'envisage pas de carrière militaire nous sommes d'accord.

    Cela me fit sourire, cette conversation était parfaitement surprenante en réalité mais oh combien intéressante.

    J'avais écouté Zéphyr expliqué pourquoi il aurait perdu bien trop d'énergie pour m'envoyer dans un traquenard et j'étais parfaitement d'accord avec lui, je n'étais personne d'influent ou d'important pour qu'on cherche à me piéger après tout, petite noble de campagne, possédant un chantier naval qui allait bientôt sortir son tout premier navire à peine... Rien qui ne vaille la peine qu'on s'intéresse vraiment à moi ou mes activités non? Je reste cependant surprise il n'est pas un homme simple de ce que je perçois, il analyse tout, décortique mes propos et rebondit sur la plupart de mes propos, je parle beaucoup, à tord et à travers diront certaines personnes et à raison : je suis bavarde, je n'aime pas les silences, ils m'effraient et me rappelle des moments de solitude, j'ai un besoin quasi maladif de les combler. Rassurez vous je n'en suis pas encore à parler seule.

    - J'ai même mis les pieds à Melorn voyez vous... Le monde appartient aux audacieux non? Et vous avez vous voyagé?

    Je ne me considérais pas du tout pour une audacieuse mais dans le fond j'avais voyagé en bien des endroits déjà et d'autres se profilaient à l'horizon et j'avais de volonté à revendre. Je ne posais pas de question en retour parce que la nuit avançait et nous faisions du bruit pour ceux qui dormaient même en parlant bas, nos voix tranchaient avec le calme du désert et le feu qui crépitait doucement.

    ******************************

    Dans l'Auberge nous avons pris le temps d'échanger nos informations et surtout nous avons profité d'un bon repas bien copieux car les dieux seuls savaient quand nous mangerions de nouveau dans ce genre de cadre si nous devions aller plus avant dans le désert pour chercher ce qu'il était advenu de ce clan perdu, qu'est-ce qui était arrivé aux Al-Azmirra? Je grimaçais aux propos de Zéphyr.

    - Vos propos rejoignent les inquiétudes du jeune palefrenier de l'Auberge sur les soucis dans le désert actuellement. Mangeons, profitons. Les bêtes aussi sont reposées, elles sont en bonne santé et prêtes à repartir tout à l'heure.

    J'aurais bien aimé profité d'un bain, oui c'est futile mais on ne se refait pas, j'aime autant l'eau que la propreté en général et de surcroît les mauvaises odeurs sont particulièrement désagréables pour mon nez sensible. Et un groupe qui passe ses journées à cheval pue, qu'on soit honnête, les canassons, aussi bons compagnons fussent-ils, empestent !

    Néanmoins le repas fut vite avalée et rapidement la route reprise.

    ******************************

    Le soleil a amorcé sa descente et une fois que c'est entamé il tombe vite et avec lui et la nuit vient le froid, contraste du désert. J'acquiesce aux propos de Zéphyr, nous devons avancer et espérer arriver au village des Al-Azmirra avant qu'il ne fasse nuit. Mais nous ne sommes pas seuls. Zéphyr qui a l'oreille entraînée (encore heureux non? ;p ) entend des bruits et ses hommes sur le qui-vive réagissent vite.

    Des paires d'yeux émergent de la semi pénombre qui nous entoure, dans le désert dur de juger les distances pour moi. Mais ils sont nombreux, bien plus que nous.

    Les bêtes semblent prendre peur ce qui est normal. Alors si nous devons chevaucher il est une chose que je peux faire. J'étends mon don de contrôle des émotions sur nos bêtes, je ne peux rien faire sur mon propre rythme cardiaque qui s'emballe, la peur m'étreint, je me sais entourée et je suis relativement en confiance mais c'est primaire, la peur est une émotion forte.

    Je laisse couler ma magie autour de nous et nos chevaux se calment tous, cela suffira à partir, une fois la course lancée ils ne seront plus capables de songer à la peur qu'ils ressentaient précédemment. Concentrée dans un premier temps je suis l'injonction de Zéphyr et commence à talonner mon cheval pour suivre les mercenaires vers le village. C'est avec une certaine aisance qui me surprend moi même que je me colle au rythme des hommes, mon cheval faisant bien entendu le plus gros du travail, je me contente de ne pas le gêner pour tout avouer mais les années de pratique d'équitation me sont bien utiles.

    Les cris et sortes de hululement ou rires étranges de ces créatures nocturnes et charognards retentissent dans notre dos mais quelque chose cloche, j'ai des frissons, il se passe quelque chose qui sort de l'ordinaire. Et alors que nous avançons, filant droit devant nous, une bouffée de magie nous étreint. L'air a changé et semble devenir moins respirable d'un coup, le sable volète autour de nous alors que la luminosité a décru d'un coup stoppant net nos chevaux au bas d'une dune de sable. Nos chevaux hennissent, tournent en rond, piaffent et leur panique est grande, comme la peur qui me saisit, ne pas voir, savoir est quelque chose de dur à gérer.

    Des bruits fusent, on nous tire dessus, ce sont des tirs de flèches, ils y voient dans la pénombre. Je tente de calmer mon cheval, je tiens solidement les rennes mais je ressens un choc violent d'un coup, cela me coupe littéralement le souffle et j'étouffe un cri, une flèche vient de se planter dans mon ventre.

    - Poisse...

    Doux euphémisme non? Je maintiens tant bien que mal les rennes de mon animal et je me concentre sur ma douleur pour ne pas me laisser submerger par elle. Combien sont-ils? Mystère, je laisse mes dons de senseurs parcourir la zone... je perçois une aura forte au dessus de nous au milieu d'un groupe de gnoll aussi nombreux que ceux qui nous suivaient.

    - Au dessus... droit devant... un gnoll qui fait de la magie... c'est lui qui...

    Je grimace, je n'y vois rien et je suis inefficace sans voir un adversaire, voilà quelque chose que je découvre et auquel je n'avais juste là pas été confronté.

    Spoiler:


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  • Dim 21 Jan - 18:43
    La conversation la veille s’était déroulée sans guère d’anicroche. Les deux protagonistes avaient fini par évoquer les voyages qu’ils avaient réalisés dans le Sekai, et Zéphyr avait simplement souligné qu’il avait surtout voyagé sur les terres du Reike. Il n’avait pas précisé que, certaines fois, il était allé au Shoumeï, notamment dans le cadre de la lutte contre les Titans. Aborder ce sujet les aurait fait glisser sur un terrain miné puisque Myriem appartenait à Maël, et l’heure n’était en outre plus à de vains bavardages. Bientôt, on viendrait les relever de leur garde et ce serait à eux de se reposer. Pour autant, cette première journée avait été profitable, à l’un comme à l’autre. Chacun avait pu se faire une première idée sur son interlocuteur, et le reste du voyage leur permettrait de confirmer ou d’infirmer leurs ressentis à l’égard de leurs compagnons de voyage.

    Le lendemain fut relativement calme, quoique bien animé également, puisqu’ils firent halte dans un hameau qui leur permit de se restaurer et de glaner des informations à droite à gauche. Ceci étant dit, dès que le zénith fut passé, le groupe de voyageurs repartit et rien d’anormal ne sembla se profiler à l’horizon. Ce ne fut que lorsqu’ils arrivèrent à proximité du clan des Al-Azmirra que l’ambiance changea de manière assez radicale. Non parce qu’ils aperçurent les Reikois – chose que le maître-espion aurait bien voulu – mais parce qu’ils rencontrèrent plutôt des nuisibles et des indésirables. Des gnolls, en grand nombre, les fixaient avec des yeux luisants et attentifs. Ils étaient encore assez loin des aventuriers, heureusement, mais leur présence empêchait de facto qu’ils se reposent ici pour la nuit. Les veilles ne se seraient en effet pas faciles avec ces charognards, et il fallait en plus que ces derniers ne soit pas hostiles.

    C’était ce dernier point qui laissait le bretteur dubitatif. Les chevaux étaient déjà nerveux et leurs potentiels adversaires sentiraient naturellement la peur de leurs montures. Par ailleurs, ils étaient en nombre suffisamment réduit pour sembler être des proies faciles. D’autre part, le clan des Al-Azmirra étant proche, ils seraient rapidement en sécurité et recevraient même potentiellement de l’aide de la part de leurs compatriotes. Il était donc plus rentable de continuer, malgré la semi-obscurité qui commençait à s’installer sur les terres du désert. Du reste, ce fut plutôt l’instinct de Zéphyr qui lui commandait d’avancer. Car s’il ne se trompait pas, ces raclures semblaient vouloir les encercler. Il donna donc l’ordre d’éperonner leurs montures, et contre toute attente, ce fut la jument de Myriem qui se calma en première. Puis, tous les autres étalons se tranquillisèrent à leur tour. Une magie de la belle, peut-être ? Pour être honnête, l’Oreille s’en fichait royalement. Les cris des gnolls leur avaient bien confirmés que ceux-ci avaient fait faim et qu’ils comptaient les prendre pour cible, alors ils auraient une discussion à ce sujet plus tard.  

    Aller au galop ne voulait pas dire que les assassins allaient se tourner les pouces. Au contraire : c’était une chasse à double sens. Les uns parce qu’ils obéissaient à leurs instincts les plus primaires ; les seconds parce qu’ils avaient été conçus pour chasser plutôt que pour fuir la queue entre les jambes. Les espions de la Couronne s’étaient ainsi déployés de sorte à protéger l’avant et l’arrière de leur petit groupe. Et si des ricanements semblèrent bien s’élever de la semi-obscurité, bientôt, ce fut également des cris de douleurs et de rage qui s’élevèrent à droite à gauche. La nyctalopie permettait en effet aux subordonnés de Zéphyr de voir parfaitement où ils visaient, de sorte que les gnolls les plus audacieux se retrouvèrent soit morts par d’adroits lancers de couteaux, soit blessés et fortement ralentis par des frappes intempestives.

    Mais quelque chose n’allaient pas, non. Essentiellement à cause des montures qui devenaient de plus en plus nerveuses, au point de s’arrêter devant une vaste dune de sable. Serrant les rênes de son cheval, Zéphyr se demanda un instant s’ils n’étaient pas sous l’emprise d’un sort qui dupliquaient leur peur, mais son attention futrapidement détournée par les flèches qu’on tente de leur lancer.

    P’tain, foutus gnolls.

    - Si on traverse cette dune, on n’aura plus qu’une plaine de sable à traverser et on sera au clan des Al-Azmirra, prévint Sorel qui protégeait l’arrière des troupes.
    Zéphyr apprécia naturellement l’information et il prit la parole alors qu’il déplaçait de force son cheval pour éviter d’être une cible trop facile par leurs adversaires du soir.

    - Parfait. Nous allons faire une per… Un bruit sourd retentit et les deux espions eurent tout juste  temps de tourner la tête pour voir la Maëlienne avec une flèche plantée dans le ventre. Si Sorel jura en shierak-quiya, l’Oreille, quant à lui, eut une expression sombre et n’hésita pas à se rapprocher de la blessée en la forçant doucement, mais fermement à se redresser. Ce qui lui permis, d’ailleurs, d’entendre distinctement les mots qu’elle prononça. En haut de la dune, donc. Très bien, mais sa blessure lui faisait une belle jambe. Se retenant de claquer la langue, autant par dépit que par frustration, il jeta un coup d’œil à l’endroit que la flèche et se rassura en se disant d’abord que la plaie ne seraient pas fatales dans les minutes à venir. Mais il fallait vite la soigner. Ce qui décida le commandant des forces spéciales à accélérer les choses. Cela tombait bien puisque leurs autres compagnons, qui avaient protégés leurs flancs arrières, avait désormais rejoint leurs rangs. Le sang qui dégoulinait de leurs armes et parfois même de leurs armures montraient d’ailleurs ce qu’ils avaient fait pendant ce temps. Nora, poste-toi à la droite de Myriem et assure-toi qu’elle suive. Wilf, vous vous postez à sa gauche pour que sa jument n’ait d’autre choix que d’avancer avec vous. Au besoin, prenez les rênes. Altaïr, prends toi aussi les rênes de mon cheval, assure-toi qu’il obtempère également.   Tout en parlant, Zéphyr avait rejoint le sol du désert. Sorel, tu fermes la marche, Dorn, tu restes devant, tu me couvres et tu me récupères. Dès que j’ai tué le mage, vous forcez les chevaux à courir à vive allure pour rejoindre les Al-Azmirra. C’était certainement le gnoll qui attisait les terreurs des chevaux pour en faire des proies plus faciles. Mais tout cesserait bientôt et après avoir lancé un sourire encourageant à la magicienne, le guerrier disparut tout simplement de sa vue.

    Son invisibilité activée, il ne fallut qu’un instant pour activer ses autres capacités. Le mage, bien sûr, eut un court instant un sourire cruel : l’Oreille avait beau se dissimuler grâce à ses facultés, cela n’empêchait pas cette dernière de laisser des traces de pas dans le sable. Son regard devint cependant plus perplexe quand il y eut, non pas deux marques au sol, mais bien quatre. Et quand celles-ci se séparèrent, de manière soudainement beaucoup plus véloces et rapides, il sembla soudainement sentir le danger.

    Mais tuer un espion quand il est en train d’agir, c’est déjà réduire ses chances de survie.

    Du reste, les gnolls n’étaient pas les être les plus intelligents au monde. Ils étaient malins, mais guère forts, ce qui expliquait d’ailleurs qu’ils ne s’en prennent qu’à des proies affaiblies. Les archers ne se préoccupèrent donc avant tout de viser les personnes en contrebas de la dune, ce qui donna une ouverture suffisante à Zéphyr pour que deux d’entre meurent avec une dague plantés dans la gorge. Un troisième, plus perspicace, chercha bien à l’abattre à bout portant, mais cette fois, ce fut l’intervention de Dorn qui lui fit pousser un cri de douleur. Sa main était désormais transpercée par une arme de jet, ce qui l’empêchait dès lors d’encocher convenablement son arme. Il fut facile au chef des forces spéciales de l’achever.

    Quant aux hyénidés qui s'apparentaient davantage à des guerriers, le conseiller royal et son jumeau se contentèrent de se frayer un chemin parmi leurs attaques bourrines qui manquaient assez fortement de subtilité. Prévisibles, pitoyables même si on les comparait à des soldats comme les Serres. Le maître-espion les dédaigna purement et simplement pour se concentrer sur le mage. Annulant de facto sa copie, maintenant qu’il était en haut de la dune, Zéphyr réapparut à la vue de tous alors qu’il était à moins d’un mètre du lancer de sort. Le gnoll tenta bien de marmonner une formule pour aider une invocation, mais il sembla plus terrifié par le katana que le guerrier avait dégainé. Peut-être comprit-il au dernier moment que tout était fini. Sa tête se désolidarisa en tout cas de son torse et aussitôt, la magie qui semblait s’abattre sur le groupe sembla s’évaporer dans la nuit naissante. Dorn sembla attendre ce instant pour lancer la percée tant attendue, et alors que les chevaux arrivaient, Zéphyr récupéra la tête de la créature qu’il avait abattue. Avec un sourire goguenard sur le visage, il la lança aux guerriers qui ne savaient que faire entre l’homme qui avait tué l’un de leurs atouts, et les chevaux qui fonçaient sur eux comme des malpropres.

    - Je vous l’offre en souvenir, fit-il d’un ton narquois.

    L’instant d’après, l’Oreille attrapait la main son subordonné et utilisait son agilité augmentée pour se mettre correctement sur le cheval de Dorn.

    ***

    L’arrivée au clan des Al-Azmirra fut certainement fracassante et inattendue pour les villageois. Tout du moins, le groupe ne s’arrêta que lorsqu’il arriva à la place centrale du hameau, une fois passé les premiers murs de défense qui assuraient également les limites du village. En temps normal, certainement que les voyageurs se seraient arrêtés à l’entée pour se présenter à la milice locale, mais ils avaient une blessée et l’urgence était là. La priorité, évidemment, c’était de retirer la flèche, et les assassins descendirent prestement de leurs montures. Si certains avaient certes des blessures, elles étaient bien superficielles par rapport à la plaie de Myriem. La sueur de la guérisseuse et sa respiration laborieuse étaient autant de signes qu’elle n’allait pas bien ; de plus, le sang qui recouvrait son vêtement valait mieux que n’importe quel discours. Dans un premier temps, Zéphyr chercha à voir si elle avait des réactions, mais compte-tenu de son affaiblissement généralisé, il était hors de question qu’elle se traine par elle-même jusqu’à la taverne du coin. La belle n’eut donc d’autres choix que de se laisser porter dans les bras du maître-espion, et celui-ci entra bientôt dans la taverne. Nora les avait précédés pour demander une chambre à la tenancière, s’il n’y avait pas un hospice digne de ce nom, et c’est sur ces entrefaites que l’Oreille surprit une part de leur conversation.

    - M-m-m-m-ais les gnolls ? Ils-ils nous harcèlent depuis des jours depuis que nous avons été ravagés par… Une toux interrompit une femme aux cheveux châtains, pâle, maigre, et visiblement fatiguée, vu les cernes sous ses yeux. La demoiselle esquissa d'ailleurs un geste désespéré. Les créatures l’ont senti, et comme nous avons perdus tout moyen de communiquer, ils se sont enhardis de plus en plus en profitant de notre faiblesse pour se regrouper en meutes…
    - Nous vous fournirons des explications plus tard, coupa Zéphyr. En notant qu’ils leur devaient aussi quelques mots d’explications. Mais là n’est pas l’essentiel, pas pour le moment. Il nous faut une chambre, si vous n’avez pas d’apothicaire qui puisse accueillir notre blessée.
    - Il est débordé et les lits dans l’hospice sont tous pris…
    - Alors nous allons intervenir ici.
    - J’ai déjà ce qu’il faut, intervient Altaïr qui était entré à son tour dans la taverne et qui avait manifestement une sacoche dédiée à cet effet. Dorn et Sorel sont allés aux écuries.
    - Ils nous rejoindront plus tard, observa Nora. Pour le moment, il faut s’occuper d’elle.

    Ainsi en fut-il fait, et bientôt, Myriem se retrouva dans un lit de fortune. Sans guère de pudeur, l’espionne avait pris le commandement de soin et une grimace était apparut sur son visage lorsqu’elle déchira le bas de ses vêtements pour dévoiler son ventre touché par la plaie.

    - Ca n’a pas touché d’organes vitaux, mais ça va pisser le sang, siffla-t-elle avec une mine désapprobatrice. Altaïr, je pense que je vais devoir recoudre. Potentiellement, je devrai aussi stopper une hémorragie. Prépare ce qu'il nous faut.
    - Elle a des pouvoirs de soin, marmonna le maître-espion, comme s’il se parlait à lui-même.
    - Ca ne l’aidera pas si la douleur l’a fait s’évanouir, rétorqua la jeune femme qui se prépararait à intervenir.  J’y vais, boss ? Elle ne peut pas continuer ainsi.
    - Attends. Elle semble revenir à elle. Myriem, vous m’entendez ? Zéphyr ponctua sa question d’un silence, en cherchant à savoir si la magicienne était capable de les comprendre. - Nous allons retirer la flèche de votre ventre, mais il risque d’y avoir une hémorragie. Vos capacités curatives pourraient être utiles.
    - Mais n’est-ce pas les plus doués qui peuvent réussir un tel exploit ? murmura Altaïr d’une voix presqu’inaudible.
    Son chef haussa les épaules à ces mots, ses yeux dorés cherchant toujours à capter le regard fiévreux de Myriem.
    - Il faut parfois se dépasser pour survivre, et cela pourrait aider le travail de Nora. Même si cela l’épuise, elle aura la nuit pour se reposer. Ramenant toute son attention sur la belle, Zéphyr continua. Nous allons retirer la flèche et vous tenir pour faire le moins de dégâts possibles. Il n'y aura pas d'anesthésiants et il faudra certainement recoudre. Si vous avez encore du mana en réserve, et que vos capacités vous le permettent, utilisez-les sans modération. Cela pourrait vous sauver la vie. Ou au moins lui éviter un long temps de convalescence. Il y eut en tout cas une légère pause pour que la baronne puisse réagir, puis le maître-espion jeta un oeil à sa subornnée. Tu peux y aller, Nora.
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  • Mer 7 Fév - 15:09
    L’air du Vent

    Feat Zéphyr -8


    J'avais écouté d'une oreille plutôt attentive les échanges entre Zéphyr et ses hommes, tout me paraissait avoir son importance et je ne savais pas pourquoi au demeurant. Ils cherchaient tout comme moi les raisons de la disparition de ce clan mais ils me donnaient l'impression de connaitre déjà les lieux non? Ce n'était pas improbable vu qu'ils venaient de clans du désert aussi.

    J'avais acquiescé, je leur faisais confiance dans tous les cas. Au moins nous arrivions a destination et j'avais grande hâte d'en savoir plus sur les nomades du clan Al-Azmirra et le pourquoi de leur non présence à Ikusa depuis plusieurs semaines. La conversation avait tourné court quand les gnolls étaient finalement entrés dans la danse, invités non désirés mais non moins présents et nombreux surtout. J'avais senti les mouvements, perçus des choses et prévenu les guerriers mais je n'avais pas pu voir une flèche venir se planter dans mon ventre. Accrochée par miracle à mon cheval, j'avais le souffle coupé et j'avais l'impression de manquer d'air.

    J'entendais comme dans un rêve les instructions de Zéphyr, il était diablement efficace non? Je restais les mains serrées sur les rennes de mon cheval, de peur de tomber probablement, réflexe primaire aussi. Je sentais la pointe de la flèche dans mes entrailles et alors qu'autour de moi tous s'agitaient pour mener un combat auquel je ne participais pas, j'étais ailleurs. Mon esprit s'était égaré en moi, ma magie par réflexe centrée sur moi pour voir ce qu'il m'arrivait. J'aurais pu pleurer de soulagement, rien de vital ou handicapant n'avait été touché. La flèche plantée dans mon flanc était rentrée fichée juste en dessous de mes côtés, entrée par le côté et ressortait devant, j'en sentais la pointe ce qui signifiait qu'elle avait abimé la paroi abdominale, touché des muscles, mais surtout la graisse.

    J'ai senti qu'on se rapprochait de moi, ce n'était pas agressif, pour le coup c'était même de l'inquiétude que je percevais. J'avais entendu les noms de ceux qui se postaient à mes côtés sans vraiment les entendre, je devais me concentrer pour ne pas me laisser tomber au sol. Je ne supportais pas mieux que le commun des humains la douleur et je serrais les dents, luttant pou rester consciente.

    Je ne sais rien du combat, des prouesses du maitre espion. Le temps a filé à un rythme qui me dépasse, une minute? une heure? Je n'en savais rien du tout, je luttais juste pour rester assise alors qu'on faisait avancer mon cheval pour moi, les mains crispées sur les rennes, appuyées sur l'encolure de la placide bête.

    J'ai cru que je tombais de cheval, mince, étais je en train de lâcher prise? Je me croyais une battante, une survivante en un sens mais il fallait croire que je me trompais? Et pourtant je ne sentis pas de choc, je n'étais pas au sol. Je tentais d'entrouvrir les yeux, j'y voyais à moitié flou, ce n'était pas très bon signe ça. Mais je réalisais que j'étais appuyée contre un torse et en réfléchissant un peu je compris que quelqu'un me portait dans ses bras. Mon ventre irradiait d'une sourde douleur qui s'enfonçait dans mes entrailles. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, cela me fit esquisser l'ébauche d'un sourire parce que j'étais vivante tout simplement.

    Alitée, oui on venait de me déposer sur un lit, une civière ou je ne savais pas trop quoi. Ces déplacements, et la douleur que ça avait provoqué m'avaient quelque peu permis de reprendre pied avec la réalité. J'entendais quelques mots au début et je ne saisis pas bien la teneur de la conversation mais je m'accrochais à la douleur pour reprendre pied. Et rouvrir les yeux, un peu, pour apercevoir que je n'étais pas seule.

    J'avais ouvert la bouche pour répondre mais je ne suis pas certaine d'avoir réussi à produire le moindre son. Je trouvais la force de bouger ma main droite en un réflexe pour aller toucher mon ventre et sentir la flèche toujours fichée. J'inspirais un peu et tentais de nouveau de parler.

    - Eau... lèvres...

    Je n'avais pas soif je voulais qu'on m'humidifie les lèvres pour que je puisse parler mieux. La douleur m'avait réveillée mais en effet si elle enflait trop elle me ferait sombrer dans les bras de Morphée de nouveau. Je trouvais l'énergie pour river mon regard dans celui doré de Zéphyr en esquissant un sourire, je faisais partie des meilleurs, je l'avais compris depuis un moment, en temps normal ce qu'on me demandait de faire c'était d'une simplicité effarante.

    - Mes fontes... sac de mede... cin.... fioles.... notées..

    Je m'arrêtais cherchant mon souffle pour reprendre. Je respirais lourdement, mais je n'entendais pas de sifflement. Et je ne sentais pas de sang remonter ou quoi que ce soit obstruant mes voies respiratoires, des bons signes.

    - Des sels de ... pamoison... ça m'empêchera de...

    Je peinais mais visiblement le message avait été compris car quelqu'un je ne savais pas qui venait de partir en courant pour récupérer mes affaires sur mon cheval. Ma trousse revenue et ouverte, ce fut un sifflement de surprise qui accompagna la découverte de son contenu, j'étais équipée en remède de base et en plantes sèches pour préparer d'autres selon la nécessité, parfois la mana ne peut être gaspillée.

    J'attendis qu'on vint placer sous mon nez les sels, ce qui me fit grimacer mais rendit à mes yeux leur brillance, un petit coup de fouet mérité. J'ai inspiré alors et je commençais à canaliser ma magie, l'air changea autour de nous, une odeur marine et fraiche s'éleva dans la pièce, mes yeux violets se mirent à briller intensément et une myriade de goutelettes s'éleva de mon corps pour voleter au dessus dans un premier temps .

    - Relevez moi.

    On m'aida en mettant un coussin dans mon dos, allongée complètement je ne pouvais rien faire de bien. Je devais pouvoir baisser le regard vers mon ventre et ainsi c'était possible. Je soufflais profondément, mes doigts bougeaient en un un réflexe pour guider la mana même si finalement ma pensée suffisait.

    - Allez-y!

    C'était presque un ordre et il n'en fallu pas moins pour que Nora n'agisse. Les mains d'Altaïr et de Zéphyr me bloquaient et quand Nora se saisit de la flèche et commença à tirer pour voir si cela bloquait ou pas je sentis monter la douleur, il fallait agir. Je concentrais la mana qui revint en moi, comme un serpent qui sembla un instant s'enrouler autour de la flèche, glisser dessus avant de pénétrer mes propres chairs. Nora tira d'un coup finalement et réussit à arracher la flèche, je ne us retenir un hurlement de douleur, mes yeux avaient pleuré de manière instantanée aussi. Ma mana dirigée au niveau de la plaie fit son œuvre, mon ordre magique et instruction était de bloquer le sang, de stopper l'hémorragie et il n'y eut nul saignement sur le coup, j'avais coagulé le trop plein pour que le reste reprenne son circuit normal. La douleur irradiait en moi cependant et rendait ma concentration difficile.

    - Allez y recousez... Je verrai plus tard pour les cicatrices, je ... je ne peux pas soigner les chairs maintenant... je... faites vite...

    Mon corps s'était relâché après l'arc de douleur provoqué par l'extraction. Je respirais lourdement et difficilement, mon front était imbibé de sueur. Je demandais des sels de nouveau pour rester encore éveillée. Nora s'activa et je crois bien que j'ai pleuré de douleur et grimacé aussi mais je me suis tue. J'ai tenu ma magie jusqu'à ce qu'elle annonce qu'elle avait fini et j'ai relâché ma concentration et avec elle la tension accumulée pour sombrer dans le sommeil.

    Je n'ai rouvert les yeux que quelques heures après, bouche pâteuse et avec l'impression de m'être faite marché dessus par un cheval ou autre chose. Je n'étais pas seule dans la chambre, Wilf était présent et quand il fut rassuré de mon état, il descendit chercher Zéphyr car j'avais demandé à lui parler. J'avais bu une gorgée d'eau avant son arrivée et j'avais voulu regarder la couture sans succès, j'aurais du enlever les bandages pour se faire et ce n'était pas approprié.

    - Navrée de vous faire perdre du temps, je n'avais pas envisagé ... ça. Je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé après avoir reçu la flèche, tout le monde va bien?

    Oui que voulez vous, j'étais alitée, blessée et je m'inquiétais pour les gens qui nous accompagnaient même si je ne les connaissais pas vraiment.

    CENDRES
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