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  • Mer 21 Fév - 16:55
    La marche du Vent d'Acier
    Event Reike/Melorn

    Les sens de la nécromancienne se trouvaient malmenés dans cette salle glacée et sanglante. Le bruit de la puissante détonation créée par le contrôleur royal l’assourdit quelques instants. Elle porta les mains à ses oreilles tant le vacarme provoqué fut considérable. De plus, Dimitri réussit à reprendre le contrôle de son esprit et parvint à briser l’orbe qui protégeait encore une partie de l’archonte. Le chasseur fut projeté violemment au sol. Puis une lumière aveuglante vint se répandre dans l’espace gelé et figé. La mage se cacha les yeux et grimaça, tant le rendu immaculé perçait l’intégralité de la pièce. Enfin, l’émanation nauséabonde qui provenait de la forge dérangea les narines d’Isolde qui afficha un air de dégoût. Pourtant, cette expression s’évanouit aussitôt des traits de la jeune femme tandis que la horde de morts-vivants se dissipait sous ses yeux. Les réanimés se consumaient, réduits en cendres.

    Il était temps de descendre du pilier, le serre d’élite l’y aida. Elle le remercia pour avoir assuré sa protection jusqu’au dénouement final. Les derniers pétales de sang tombèrent, alors que Deydreus la rejoignait. Celui-ci ne tarissait pas d’éloges quant à l’emploi de sa sombre magie. Elle était consciente qu’elle avait accompli une prouesse en ce jour et elle n’était pas prête de l’oublier. Cela allait impacter ses pouvoirs, son évolution magique et la poursuite de ses objectifs. La mage en était extrêmement fière et elle mesurait pleinement l’impact d’un tel pouvoir. Elle avait su maîtriser les instruments des divinités impies. Toutefois, les traits de son visage n’affichaient pas cette fierté. Au contraire, l’expression de la brune paraissait tourmentée. Elle subissait les contrecoups de l’utilisation d’une telle force magique. Ses réserves en mana semblaient totalement épuisées et de ce fait, elle se sentait faible physiquement. Aussi, une migraine atroce harcelait son esprit, ne lui laissant pas de repos. La nécromancienne peinait alors à savourer cette victoire en demi teinte. Pourtant, elle ne regrettait en rien tout ce qu’elle avait accompli. Tout ce que l’expédition du vent d’acier avait réussi à effectuer. Ils avaient mis à mal un des terribles enfants de X’o-rath. Et cet exploit, personne ne se devait de l’oublier.

    - « Et je suis ravie d’avoir pu être présente à vos côtés pour mener à bien cette bataille. » formula-t-elle, en masquant difficilement son mal-être. Son regard émeraude balaya les environs, avant de revenir sur le vampire, tandis que celui-ci lui tendait une fiole. Il lui fournit quelques explications quant à sa contenance et elle avala le liquide d’une traite. « Merci. »

    Le temps que la potion n’agît pour soigner les maux de tête intenses de la reikoise, elle semblait reconnaissante envers le guerrier aux deux lames. Elle s’était rendue dans le Grand Nord sous son impulsion. Et même si les épreuves quotidiennes ne l’avait pas épargnée, elle restait confiante dans ses actions et ses choix.
    Lorsque le chef des Armées lui indiqua sa volonté de faire la route du retour en sa compagnie, Isolde n’en fut pas surprise outre mesure. Elle savait que sa présence n’indisposait pas le vampire. Toutefois, une pointe d’étonnement naquit lorsqu’il formula sa proposition concernant Cœur-Ébène. Elle ne s’était pas imaginée faire escale dans sa forteresse avant de reprendre la route pour la capitale. Un étrange sentiment l’envahit sans savoir pourquoi. Elle fut néanmoins soulagée qu’il lui laissât le temps de la réflexion. Sans cela et prise au dépourvu, sa réponse eut été négative.

    Elle lui répondit seulement par un sourire qui restait énigmatique et le laissa repartir à ses occupations. En tant que responsable d’expédition, il avait beaucoup de choses à effectuer avant de sonner leur départ. Cela lui laissait l’opportunité de réfléchir avant de lui révéler sa décision. Aussi, la brune retenait quelques affaires à mener de son côté. Dans un premier temps, elle se dirigea vers l’elfe qui l’avait épaulée à plusieurs reprises. La mage patienta afin que cette dernière fût disponible et s’adressa à elle, en posant brièvement la main sur son bras pour attirer son attention.

    - « Je souhaitais vous remercier pour l’aide apportée durant ces épreuves. Vous êtes une archère talentueuse. » dit-elle, accompagné d’un léger sourire.

    La nécromancienne avait apprécié les interventions de l’elfe et elle trouvait cela normal de venir à sa rencontre. Suite à cela, elle se détourna vers l’objet de sa convoitise. Elle gardait l’idée de rapporter un petit souvenir de cette forge. Elle ne savait pas encore si cette dernière allait être détruite ou non, il fallait agir avant que ce ne fût trop tard. Ainsi, la brune aux yeux clairs détacha un des nombreux crânes de l’imposant édifice et l’enferma en sûreté dans sa sacoche. Un souvenir symbolique, signe d’une victoire personnelle sur les forces de l’archonte.

    Cela effectué, la jeune femme se fondit dans l’assemblée festive. Tous se rassemblèrent pour écouter le discours de la Griffe. Dans un moment de joie mêlée à la solennité, l’expédition porta un dernier hommage aux hommes et aux femmes tombés au combat. La fin de la prise de parole fut troublée par la férocité de l’oni bleu. Enfin, qui paraissait plutôt violet voire rougeoyant à présent. Les Dévoreurs s’affairaient pour canaliser sa rage et leur maître restait seul à décider de son sort.

    Enfin, l’heure du départ approchait et cela signifiait également qu’elle devait fournir une réponse au vampire aux yeux vairons. La potion faisait son effet et ses maux de tête se ressentaient avec moins d’intensité. Même si son état restait déplorable. Par ailleurs, le retour précipité à Ikusa ne lui paraissait pas être un choix pertinent. Elle avait besoin de recul après ces évènements. Aussi, elle ne pouvait nier le fait d’être poussée par une certaine curiosité vers le chevalier sombre.

    - « C’est d’accord pour Cœur-Ébène. » Se contenta-t-elle de dire, en se positionnant aux côtés de Deydreus. Elle le regarda de côté pour scruter sa réaction avec un léger sourire, avant de reporter son regard au loin.



    Résumé des actions:



    Entraînée pour l'éternité dans une valse funeste avec la mort, elle dérive entre deux mondes dans une éternelle danse macabre.


    La berceuse d'Isolde
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  • Jeu 22 Fév - 14:03
    Brak et Arkanon c'était retiré à temps de la zonne d'attaque du contrôleur royal au boulier de guerre. Ce dernier parvint par une magistralle attaque de vent a suprimer le vilain gros nounours en le faisant exploser depuis l'interieur. la vue de cette attaque et supression d'ennemi magistrale ramena Brak l'espace d'un instant plusieurs années en arrières et imprima sur sa frimousse un sentiment mélangé de tristesse et de colère qui ne dura qu'une seulle seconde. En effet des années en arière Brak avait participé au grand tournoi dan sla grande arène d'Ikusa ou Brak avait porté une grande attaque sur Sebastien un monstre scorpion gigantesque mais personnes ne se souvint jamais de l'attaque de Brak car juste après lui une mage nomé Rengoku avait porté une magistralle attaque magique. mais aujourd'hui Brak étaitr un monmonstre des plus heureux a plus d'un titre, Son attaque sur le gros nounours avait porté ses fruits ne lui brisant le crane MAIS SURTOUT permit la délivrance de la gente dame en armure à pic.

    la gente dame Khassandra Whype , état fort mal au point et l'un de ses bras était dans un état plus que préocupant rapidement bandé, Brak n'avait pas le coeur a simplement attendre qu'un guerrisseur ne lui viennet en aide aussi invoqua t'il dans sa paluche son unique potion de soin intermédiaire et se penchant vers Kassandra il lui l adonna en lui disant de sa voix de gentil monmonstre, après que Kassandra les ait enguellé (enfin surtout Arkanon) et remercié de l'avoir sauvée.

    " Tenez dame Khassandra c'est une potion de soin iuntermédiaire cela devrait remettre d'aplomb votre bras et vous remettre en forme"

    Une fois la potion de soin donné à la gente dame Brak se tourna vers Arkanon pour lui parler quand il prit soudaint conscience du silence puis des houras de diferent membre de l'expedition, qui s'était abatu dans la salle le combat était terminé les villains zombis était tombé en pussière. Deydreus après avoir été voir la nécromancienne se osa près de Brak de Brak et Arkanon sur la platemforme et leur palra ces parole était encouragente et renforçait le coeur de guerrier de tout a chacun présent (grand monmonstre vert compris). puis se tournant plus précisément vers Arkanon et Brak, il leur dit qu'il serait prioritaire pour les soins et que si ils pouvait aider a guerrir qui que se soit se serait fort apprécier enfin il fini en leur disant qu'ils serait heureux de combatre a nouveau a leur coté.

    Dans un geste de gladiateur respectueux Brak retira son heaume le portant dna sle creux de son bras et affichant un grand sourire amical à Deydreus, c'est d'une voix enjoué et respectueuse qu'il lui répondit.

    " j'ai déja donné ma potion de soin intermediaire a dame Kassandra, et pour ce qui est de se batre de nouveaux a vos coté Griffe Deydreus j'en serait fort honoré et ravi si l'empereur Tensai et l'impératrice Ayshara me missione et /ou me mobilise aupres de vous le temps d'une mission, campagne militaire ou expedition comme celle ci. "

    Deydreus reparti il adressa un discour à l'ensemble des membre de l'expédition ou il dit que la forge resterait intacte le tmeps d'une décision et reflexion de la part de Tensai et Ayshara, de même qu'il fit entendreque les héros reikois réanimé le temps de la bogore pourait retourner dna sla paix d ela tombe, ce qui refit grimper Deydreus dans l'estime de Brak la stratégie était discutable et pas la bonne dna sla caboche et le coeur de Brak mais au moins il laissait les mort reposer en paix après le combat ne les condanent pas a une non vie de servitude de zombi esclave. Cependant le discour de la griffe fut assez rapidement interomput par le monstre a fourure bleue, viollete, rouge. devenu agité il était comme .... fou .... ou peut être ... posédé. de nombreux arcs et guerrier reprenait leur amres pour le neutraliser quand Deydreus interompit leur geste signifiant très clairement que c'était une affaire interne aux dévoreur et que otute intervention exterieure serait severeùent punie.

    ...

    un peut plus tard quand le calme revint Brak usa de sa telekinésie pour retrouver et rasembler les morceaux de l'arme détruite de Arkanon et les ranger dna sun tissu plié et les lui redonner. en lui disant serieusement et maicalement.

    " Arkanon mon ami se fut un honneur de participer a cette bataille a tes cotés , en gage d'amitié et pour le sacrifice de ton arme ancestralle en vue de sauver une vie allié, je me propose de t'ne faire reforger une nouvelle a mes frais identique ou diférente comme tu le choisira à Ikusa auprès des meilleurs forgeront de l'empire. en tout cas quoi qu'il en sera si tes pas te mêne du coté d'Ikusa ma table et ma porte te sera toujours ouverte en toute amitié. "

    Lui dit Brak avec un radieux et amical sourire sur sa verte frimousse de grnad nenfant gentil monmonstre. Brak n'aurait hélas pas eut l'ocasion de cogner le super villain archonte mais avant de quiter la salle il prendra le temps de prendre une griffe du villain gros nounours en souvenir. Brak avait eut l'idée et la curiosité de croquer la viande violacé de leur villain ennemis mais au vu du résulta sur l'autre monstre de l'expédition il renonça a jamais a cette idée, et regardait avec plus d'envie qu'avant les fruits et légumes, san spour autant devenir végétarien ^^. mais le plus précieux trésor que Brak raménera de cette expédition c'est une nouvelle amitié avec Arkanon. Et ça pour un grand nenfant comme Brak les amis sont la chose la plus précieuse qui soit.


    résumé

    - Brak donne sa potion de soin intermédiaire à Kassandra pour l'aider a guerrir son bras
    - Brak répond a Deydreus qu'il sera honoré de combatre de nouveau a ses coté si l'ocasion lui en est offerte
    - Brak récupère les morceaux de l'arme de Arkanon les lui redonne et lui propose de lui faire forger une nouvelle arme a ses frais en gage d'amitié.
    - Brak recupère en souvenir une griffe du vilain nounours

    pouvoir utilisé ce tour :

    - invocation d'objet palier 1 ( pour donner sa potion de soin a Kassandra)
    - télékinésie palier 1 (pour retrouver et rassembler les morceau de l'arme de Arkanon et lles lui redonner)
    - grannde genteillese, reconnaissance et amitié palier 4 de grand monmonstre gentil . green smile Smile

    utilisation pouvoirs :
    palier 1 : 8 / infini (dans un tour ou Brak utilise plusieurs pouvoir palier 1 je compte comme une seule utilisation )
    palier 2 : 2/16
    palier 3 : 2 /10
    palier 4: 2/2


    voix et thème de Brak'Trarg:


    Bric à Brak (inventaire de Brak'Trarg:


    [Event] La marche du Vent d'Acier - Page 9 W84111
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  • Ven 23 Fév - 17:42
    Dans ses mains, “il” était entre ses doigts... L’épée lige du Couple Impérial en avait fait du chemin pour l’obtenir, il avait dû braver le Grand Nord, les assauts de créatures difformes, de morts-vivants en pagaille. Et puis faire un temps parti de l’Avant-Garde reikoise, lui la petite chose verte s’était battue en tant que “Dévoreur”, il avait même protégé leurs fesses d’Epées Spectrales et avait participé activement à la chute de l’Archonte. S’il venait à le crier sur tous les toits qu’il était un héros parmi les héros, tout le monde lui rirait au nez...

    Et pourtant, il avait une chose qui le prouvait, que le gobelin avait arraché au doigt de l’Enfant Divin juste avant qu’il trépasse, juste avant que les “Dévoreurs” fassent... leur office. Et malheureusement il ne pouvait pas le montrer : secret d’Etat oblige. Alors que l’assassin quittait discrètement la plateforme du Nécromant sous les traits de Gatlig pour rejoindre l'autre place surélevée où trônait ce qui restait de la Marche du Vent d’Acier, la frustration de ne pas pouvoir revendiquer ses faits d’arme comme tout bon reikois qui se respecte fût particulièrement dure à digérer. Il le fallait, pour ses Maîtres, pour que Melorn n’en sache rien... Le gobelin qui avait subitement soif de reconnaissance devait ravaler son chapeau. Au moins jusqu’à ce qu’il donne le précieux bijoux au couple impérial alors peut-être...

    La plateforme des humanoïdes se rapprochant à grand pas – c'est fou comme la distance paraît plus courte quand les morts vivants ne sont plus là ! - le gobelin savait qu’il était grand temps de retrouver sa forme originelle et de vite trouver un bobard pour expliquer sa soudaine disparation. Il sauta alors dans un immense tas de cendres et opéra sa métamorphose : le ménestrel était de retour ! Et après quelques coups de couteaux sur sa veste presque neuve simulant des coups de griffes, il était assez crasseux pour ne pas passer pour un couard aux yeux des autres.

    Après avoir monté péniblement quelques marches, des visages s’illuminèrent chez quelques civils en voyant le retour du troubadour sur la plateforme. L’acteur allant jusqu’à se faire porter (cela dit, il ne pèse pas bien lourd), poussant clairement le bouchon mais n’était-il pas la Diva de la Marche du Vent d’Acier après tout ? Sous les applaudissements de ses amis civils, notre héro fut déposé sur une couche improvisée à la hâte.

    Mais quel miracle, vous êtes vivant Maître Barde ! Nous croyons que vous aviez été...

    La main sur le front et avec une voix chevrotante, le blessé, qui n’avait que quelques bleus, coupa la parole d’un de ses “sauveurs” :

    Oui, je suis vivant... Je crois que le Sekai a trop besoin de mon art pour laisser la mort m’emporter. Mais croyez bien que quand je me suis fait happer dans une foule ignoble, j’ai bien cru que c’en était fini de moi... Heureusement ils se sont mis à aller voir ailleurs au moment le plus critique : à croire que la musique qui émane de moi fait chavirer les cœurs Ahaha !

    Le gobelin fit illusion en restant sur la paillasse quelques minutes puis se releva pour aller chercher son luth et accompagner les joyeux drilles qui dansaient et chantaient sur la plateforme, célébrant avec tout le monde une sacrée victoire sur les enfants des Titans. Puis il aperçu ce bon vieux Kharic !

    Mais t’es vivant vieille branche ? Purée tu es un sacré coriace... Quand je t’ai vu volé -encore une fois-, j’ai bien cru avoir perdu la tournée que tu m’avais promis ! Faut dire que tu n’as pas mâché tes mots, ahaha

    Après quelques chansons grivoises et quelques goulées de bière en compagnie de son ami retrouvé, notre ménestrel se rapprocha de la Griffe qui semblait encore soucieux ou tout du moins pensif. Il avait remarqué que toute sorte de gens était venu le voir pour le féliciter et aussi pour lui donner leur avis sur la marche à suivre. L’espion avait pu constater que le Général en chef des armées du Reike avait géré d’une main de fer cette troupe indisciplinée et avait su faire les bons choix tout au long de leur périple jusqu’à remporter ce duel épique dont on lui avait déjà rapporté les moindres détails. A son sens, il méritait de “savoir” et puisqu’il était le seul à être au parfum de qui il était, la Griffe restait sa bouée de sauvetage si jamais il devait lui arriver malheur sur le trajet du retour. Oui, il devait le mettre au courant. Se rapprochant alors du guerrier aux yeux vairons qui recevaient constamment les félicitations de tous, le gobelin lui tira la manche pour lui signaler sa présence en le fixant de ses yeux rouges, signal clair que la question était importante.

    Noble Griffe, maintenant que nous sommes entre quatre yeux et par respect envers votre dévouement pour le Reike que j’ai d’ailleurs pu constater tout au long de notre périple...

    Le ménestrel fouilla sa poche puis tendit sa main. Il l’ouvrit lentement devant les yeux perplexes du bretteur.  

    Oui, c’est bien mon pré... L’anneau de l’Archonte. Je lui ai arraché à ses doigts avant qu’il finisse dans le bide d’un de vos Dévoreurs.

    Il referma ensuite sa main et glissa l’anneau dans sa poche.

    Alors j’ai à vous faire deux requêtes de la plus haute importance : je soupçonne que cet artefact est la clé pour faire fonctionner cette Forge donc je vous en conjure, ne la détruisez pas, laissons Ikusa décider du sort de ce prodigieux outil... Car je pense que vous comme moi n’avons pas les compétences pour prendre la bonne décision. De toute façon nous voyons bien que désormais le mécanisme est stoppé.

    Un sourire malicieux apparut ensuite sur le visage du barde.

    Et encore plus important, j’aimerais que vous utilisiez vos relations pour... Hum... Privatiser les arènes à notre retour à la Capitale. Afin de célébrer nos héros ! Et bien sûr je ferais l’ouverture pour disons deux... Allez trois chansons ! La Marche mérite bien ça non ?

    La Griffe éclata de rire puis s’écarta du petit homme vert pour rejoindre les gens de sa taille. Visiblement le deuxième point avait fait mouche chez l’officier mais malheureusement, la rigolade emporta avec elle la réponse du bretteur. Boudeur, le ménestrel écouta tout de même son discours avec attention et sourit intérieurement en constatant le choix plein de sagesse fait par la Griffe concernant la Forge. Puis tous se retournèrent pour assister au retournement du Dévoreur, visiblement au stade terminal. Stadzdank, lui, n'eut pas besoin qu'on lui dise pour ne pas intervenir : c'était une question d'honneur, à chaque débordement le Tovyr devait intervenir personnellement car c'était le prix à payer pour maintenir la cohésion de l'Avant-Garde.


    ***


    Alors que Melorn se dessinait déjà au loin dans le paysage et que la Marche avait quelque peu gagné en vitesse à la vue de la civilisation, le ménestrel lui s’était laissé emporter par la mélancolie, réalisant maintenant que l’aventure avait pris fin. Certes tout leur avait réussi durant l’expédition et d’ailleurs, il câlina tendrement l’Anneau dans sa poche pour s’en convaincre une nouvelle fois. Mais la Marche du Vent d’Acier ne serait plus dans quelques heures et ça, c’était trop d’émotion pour une si petite personne : fallait que ça sorte. Le maître barde se saisit de son luth puis entama une mélodie des plus mélancolique pour exprimer ce qu’il avait sur le cœur.

    Air de la chanson:

    Étrangers, d'étrangers à frères d’arme
    Puis de frères nous repasserons à des étrangers encore une fois
    Nous sommes allés au confin du Sekai
    Mais je n’arrivais pas à en capter l’essence
    Je n’arrivais pas à faire de vous mes amis

    Sur le retour, toujours le même sentiment
    C’est toujours la même chose, je me demande pourquoi
    J’aurais aimé qu’on me le dise
    Ca ne devrait pas être à cause de la Peste Obscure
    Ou à cause de morts qui nous sautent à la gorge

    Devons-nous mourir pour dire que nous nous manquons ?
    Devons nous mourir pour dire que nous dire aurevoir?
    Je ne veux plus faire comme s’il y avait un lendemain
    Je ne veux plus attendre pour faire ça encore une fois

    Encore une fois
    une fois
    Encore une fois
    Encore une fois

    Vous me manquerez, ça prendra du temps mais vous l’admettrez mes amis
    Ca fera mal même dans quelques années
    Et je sais que la prochaine fois, car j’espère qu’il y aura une prochaine fois
    Je dois vous dire que je vous aime pendant que nous sommes ensemble

    Devons nous mourir pour dire que nous nous manquons ?
    Devons nous mourir pour dire que nous dire aurevoir ?
    Je ne veux plus faire comme s’il y avait un lendemain
    Je ne veux plus attendre pour faire ça encore une fois

    Encore une fois
    Une fois
    Encore une fois
    Encore une fois
    Encore une fois
    Encore une fois
    Une fois
    Encore une fois  
    Encore une fois
    Encore une fois

    Vous me manquerez


    Résumé:
    Noble du Reike
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    Ben le Bouc
    Ben le Bouc
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    Info personnage
    Race: Humain
    Vocation: Mage élémentaliste
    Alignement: Loyal mauvais
    Rang: B - Contrôleur royal
    qui suis-je ?:
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  • Sam 24 Fév - 13:19
     
    La marche du Vent d'Acier
    Feat. le Reike / Melorn

    Les exclamations de joie, les cris de gloire, les embrassades … Ben le Bouc était sourd à tout cela, son cerveau submergé par les signaux douleur de son bras meurtri. Il entendit à peine les mots de la Griffe alors que celle-ci félicitait les membres de son groupe, se contentant d’un simple signe de tête avant que le général des armées ne reparte. Il n’entendit pas non plus les mots de la guerrière engoncée dans ce qui restait de son armure de métal, qui lui tendait une potion de soin à demi entamée.

    L’officier impérial prit la fiole et avala le reste de son contenu, sentant déjà la douleur refluer. Ce n’était clairement pas suffisant pour soigner l’état catastrophique de son bras, mais c’était un début ! En guise de remerciement, le contrôleur adressa un signe de tête, doublé d’un grognement, à celle qui avait encaissé l’attaque de l’abomination. Un acte rarissime, qui valait tous les remerciements du monde, car Ben le Bouc ne remerciait jamais personne !

    Alors que tout le monde écoutait le discours de la Griffe, débattait de quoi faire de la Forge et retenait son souffle devant l’Ogre bleu, le logothète au bouc grisonnant se trouvait devant une carriole en morceaux, tentant tant bien que mal d’utiliser son boulier. Oui, ils rentreraient en héros, mais qui allait devoir faire l’inventaire des ressources utilisées, endommagées et détruites, sans parler du budget à trouver pour entretenir et remplacer le tout ? Ben le Bouc poussa un sifflement désapprobateur rien que d’y penser !


    ***

    Extrait du rapport de Ben le Bouc transmis au Cœur


    […] En ce qui concerne la performance des différents participants de l’expédition, celle-ci fut pour le moins inégale :  

    Les Serres Pourpres, dirigées par le Luteni Tulkas, ont été un véritable pilier pour maintenir la discipline au sein de la Compagnie. En revanche, une troupe plus nombreuse aurait été plus efficace. Je suggère une plainte formelle à la Griffe pour mauvaise planification et manque de discernement.

    Les Dévoreurs, dirigés par le Tovyr Crudelis, ont démontrés leur efficacité en tant que troupe de choc. En revanche, les dégâts occasionnés par leurs éléments sur les ressources impériales montrent leur incapacité à se contrôler. Enfin, la rébellion de l’un des Dévoreurs, le dénommé Khal, en fin d’expédition est tout bonnement intolérable. Je suggère une plainte formelle à la Griffe pour barbarie et destruction de matériel stratégique, ainsi qu’un reconditionnement du Dévoreur Khal en vue d’une incorporation au corps des Janissaires.

    Les janissaires, dirigées par Vaesidia Inviere, partageant le même statut, ont fourni un appui bienvenu en tant que combattants à distance. En revanche, cela va à l’encontre de leur rôle initial, à savoir servir de troupe au front. De plus, leur leader a commis un affront en donnant un ordre à un officier impérial. Je suggère une plainte formelle à la Griffe pour non respect de la hiérarchie et mauvaise utilisation des ressources du Reike, ainsi que l’exécution sommaire de la janissaire Inviere.

    Au vu de la découverte de la forge, et du consensus naissant en faveur de conserver cette installation en tant qu’atout stratégique, il est possible que certains éléments aient profité de la confusion du dernier assaut pour s’approprier des objets de valeur sans en notifier l’administration militaire. Cet état de fait ne pouvant être toléré, je suggère une plainte formelle à la Griffe pour évasion fiscale, ainsi qu’un contrôle fiscal dans les plus brefs délais pour les participants suivants :

    Arkanon Ikhilosho
    Isolde Malkyn
    Dimitri Chagry
    Brak’Trarg
    Kassandra Whype

    De plus, l’un des éléments de la Compagnie a constamment contribué à la démoralisation des troupes à l’aide de chansons pour le moins ridicules. Je suggère une plainte formelle à la Griffe pour mauvais goût et atteinte à la pudeur, ainsi que l’ouverture d’une enquête officielle pour découvrir l’identité du Gobelin.

    Vous trouverez ci-dessous la liste des ressources impériales endommagées ou détruites, en vue d’une révision des budgets :

    1 boulier de comptage
    5 charrettes de transport
    […]

    Spoiler:

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  • Sam 24 Fév - 15:15
    Les victoires des Dévoreurs avaient toujours eu un arrière-goût rance. L'odeur nauséabonde typique des champs de batailles laissés à l'abandon, celle des intestins éventés, de l'urine des condamnés et de la gerbe des survivants traumatisés. Pour les berserkers, qui ne vivaient jamais que pour la destruction, victoire signifiait fin de l'exaltation et retour à une réalité autrement plus douloureuse : celle d'être un paria craint de tous, un monstre d'intimidation à la santé mentale défaillante. Pour Kirk, le Drakyn tortionnaire, le collectionneur d'oreilles, c'était l'heure -surtout- de la récolte des trophées. Sa colère, plus calculée, plus cruelle aussi, lui permettait de contrôler son appétit pour la ruine. Il l'enfermait soigneusement dans cette partie de sa psyché que lui-même craignait, pour conserver un semblant de normalité et continuer à survivre jusqu'au prochain combat. Aussi, Kirk, après avoir été projeté en arrière par une ruade pour le moins excessive de son comparse Oni, ne se prépara pas immédiatement au pugilat sitôt relevé. En lieu et place, il jura, comme quelqu'un de presque censé.
    “-Tu fais chier, qu'est-ce qu'on est censé récolter maintenant ?” Puis le Dévoreur prit conscience que l'absence de commentaire irrévérencieux de la part du fauteur de trouble n'avait rien de normal, et son regard dériva jusqu'à la forme inhumaine de ce qui avait remplacé Kahl.
    Et une nouvelle flopée de jurons filtra d'entre ses dents serrées.

    Avant cette nuit, Gatlig avait toujours été persuadé d'être un Dévoreur à la colère aussi froide et aiguisée que Kirk, Gorog ou Nahr. Mais les souvenirs récents de leur dernière charge semblaient sur le point de changer cela. Il était persuadé d'avoir vu, très distinctement, une réplique exacte de lui-même se battre, parfois quasiment à ses côtés, la plupart du temps simplement dans leurs rangs. Quelque chose, à un moment, était sorti de l'ombre de sa réplique, pour créer une sorte de serpent géant. Ca n'avait rien de froid. Rien de contrôlé. C'était même plutôt une preuve de folie pure digne de Sanguin ou du défunt Tucharan. A moins que les dieux n'aient souhaité lui envoyer un signe. Quelque chose de trop subtil pour sa caboche trop fatiguée.
    Perturbé, le demi-gobelin l'était clairement. Assez en tout cas pour se perdre dans ses pensées et subir de plein fouet le choc de l'explosion du cadavre de l'archonte. Il cracha et pesta, une hachette déjà dégainée dans la main, en se redressant à moitié, courbé sur lui-même, pour voir ce qui fondait ainsi sur Alasker à bride abattue.
    Une seconde de réalisation plus tard, il se jetait sur Sanguin pour le ceinturer et l'empêcher de se suicider contre un Kahl possédé.

    A l'instant où Alasker avait entendu Kahl les implorer d'attendre, de le laisser reprendre le contrôle, le géant avait compris que le combat était d'ors et déjà perdu. Le cœur lourd, il s'était préparé à ce qui devait être fait. Avait ancré ses pieds dans le sol, préparé le fer de la Salvatrice, et attendu que l'inévitable finisse de se concrétiser.
    Ce qui n'avait pas traîné.
    Tuer un Dévoreur, il ne l'avait jamais fait de gaieté de cœur, sauf une ou deux fois, sur des vicelards libidineux ou des salopards aux tendances fratricides compulsives. Pour la plupart, Iratus vivait l'exécution d'un des guerriers en rouge comme un échec de sa part, puisque chacun d'eux se devaient normalement de mourir aux mains de l'ennemi, au coeur du combat.
    Pour Kahl, c'était encore pire. L'oni les avait mené à l'objectif. Il s'était battu à leurs côtés, jusqu'au bout. Et même délivré le coup de grâce en sa compagnie.
    Sa récompense aurait dû être autre chose que la mort et l'oubli.
    Mais la voie sanglante était par nature injuste. Cruelle. A l’image de ceux qui l’empruntaient. Alasker le savait mieux que quiconque puisqu'il avait été le premier à l'emprunter, sous l'influence des éclats d'argents d'un astre lunaire impitoyable par nature.
    Pourtant, quelque chose l'empêchait de pleinement embrasser le rôle du bourreau, cette fois. Peut-être était-ce la faiblesse dû à la perforation de son propre corps par les griffes de l’archonte, quelques instants plus tôt. Peut-être était-ce l’ivresse de cette victoire exemplaire, qu’il ne souhaitait pas voir entachée par la mort d’un Serre de plus. Ou alors, un soupçon d’empathie naissante, à l’égard de ce frère de bataille, dont l’enveloppe venait d’être déformée une fois de plus par quelques caprices du destin. Toujours est-il que tandis que la bête enragée se ruait sans retenue ni le moindre soupçon d’intellect dans sa direction, Alasker estima qu’au final, l’archonte était mort de ses mains d’homme, comme souhaité.
    Et qu’il n’avait donc plus à retenir la bête.
    Lorsque Kahl, enflé et rougi, arriva à sa portée, la Salvatrice quitta les mains du bourreau. L’armure d’airain éclata sous la pression d’un cuir sombre et épais recouvert d’une courte fourrure noire. Le visage d’Alasker disparu, traversé en son centre par un museau terminant une large mâchoire garnies de crocs plus longs que des dagues.
    Alors, Iratus, le lycanthrope, bondit dans les airs, passa au-dessus du coup que lui réservait le possédé de son bras déformé, pour atterrir sur son dos, l'écraser de tout son poids, planter ses griffes aiguisées dans le derme rougeâtre et commencer à le faire saigner.
    L'oni encaissa l'assaut. Il s'écrasa au sol, senti qu'une partie au moins de la chair de son dos avait été arraché. La douleur -si il la ressentait- ne l'empêcha pas d'aussitôt se redresser. Il rua telle une bête fauve, forçant le loup à s'éloigner d'un pas, opposant sa force impossible à la sienne. Si Alasker, l'homme, aurait été plus que surpris de constater que Kahl pouvait désormais se libérer de son entrave par sa simple force, le prédateur qu'était Iratus, lui, se satisfaisait d'avoir enfin déniché un adversaire de valeur, quelque chose qu'il ne pouvait pas simplement soumettre par l'application d'une force brut infiniment supérieur.
    Les babines retroussées et les yeux injectés de sang, le loup-garou décida donc de miser sur sa vitesse de frappe, pour son deuxième assaut.

    Les Dévoreurs observèrent la scène en silence, incapable de trouver en leurs enveloppes couturées de cicatrices assez d'humour macabre pour rire de la mise à mort de l'un des leurs. Aucun d'eux ne détourna le regard lorsque la large silhouette du loup noir se mit à tourner autour de sa proie rougeâtre, la lacérant de ses griffes à chaque virage impossible, chaque bond invraisemblable. Au bout d'une vingtaine de battements de cœurs, les os de la jambe droite du possédé devinrent visibles au travers de sa chair écorchée. Au quarantième, ses membres inférieurs plièrent avant de se briser sous son poids, sans que la rage ne semble cesser de l’habiter.
    Une fois certain que sa proie ne pourrait faire autre chose que traîner sa carcasse ensanglantée sur le sol inégal de la forge, les Griffes d’Iratus se refermèrent sur le manche de la Salvatrice abandonnée…
    Pour abattre sa lame éternellement affamée sur la corne grisâtre du bras déformé.

    “-Il est encore en vie.” Souffla Eisyleij, l’elfe des Serres Pourpres, en se hissant à son tour sur la plate-forme où l’archonte avait été défait par deux fois.
    Alasker, le loup, maintenait l’une de ses pattes griffues sur la nuque de l’Oni possédé. Ses guerriers, derrière-lui, refusaient de s’approcher, fascinés qu’ils étaient par le comportement de leur chef qui, pour la première fois depuis Sanguin, avait refusé d’accorder à l’un des leurs la paix de l’esprit.
    La bête hirsute, au pelage couvert de lambeau de chair et de sang à demi-séché, tenait dans son autre patte la Salvatrice, à la lame brillante de sang frais. Quelques mètres plus loin, le bras tranché du possédé avait été jeté avec empressement, comme on l’aurait fait d’une arme après avoir maitrisé un aliéné. Ses jambes n’étaient guère plus que des bâtonnets gluants de sang, et l’une d’elle se terminait avant le genou.
    “-Qu’est-ce que tu comptes en faire, Al’?” Manda l’elfe avec pitié, ses yeux jaunes détaillant la ruine organique se contorsionnant faiblement sous la prise du loup géant.
    “-Le ramener.” Gronda la bête.”Le soigner.” Les crocs jaunâtres se découvrirent dans un aboiement de mauvais augure. “L'achever, si c'est impossible.
    Les orbes rougeâtres qu'étaient les yeux du lycanthrope fouillèrent les environs, glissèrent sur les restes ruinés de son armure jusqu'aux chaînes servant habituellement de fourreau à la Salvatrice. Lorsqu'ils les dénichèrent, le loup se redressa, déplia les dix pieds de haut qui composaient sa carcasse et se dirigea jusqu'au fruit de ses recherches, traînant derrière-lui les restes d'un Kahl de plus en plus amorphe.
    “-Iratus!
    Le museau lupin se tourna vers l'auteur de l'exclamation en laissant échapper une réprimande gutturale pour l'avoir interrompu. Kirk, qui avait su sortir de son état de sinistre contemplation avant ses frères, s'avança sans crainte.
    “-Tu devrais le laisser à nos soigneurs. Il est en train de perdre tout son sang.

    La cautérisation des différentes plaies de l'Oni se fit presque sans protestation de la part du principal concerné. A mi-chemin entre l'inconscience pure et la frénésie, Kahl fut traité avec prudence, consciencieusement, sous les regards courroucés de quelques-uns de ses frères d'armes, Dévoreurs comme Serres. Alasker, une fois certain que celui à qui il avait accordé sa version de la miséricorde n'était plus une menace, retourna chercher la tête de l'archonte pour la jeter à Tulkas, qui réceptionna le don comme le compliment qu'il était.
    Puis il descendit de l'estrade pour rejoindre Deydreus. Étrangement, la foule de survivants de l'expédition se fendit en deux à l'instant où l'ombre du loup géant se projeta sur le premier d'entre-eux.
    “-Il faut la détruire.” Beugla-t-il en guise de préambule. “Cette forge vient des titans. Son pouvoir est…Sornög.” A la mention du mot en Shierak-Qiya pour “corrompu” ses mâchoires mordirent dans le vide et le puissant claquement qui en résulta fit sursauter quelques membres de l'entourage du chevalier noir. Le regard carmin parcouru l'assemblée et s'attarda sur chacune des têtes qu'il ne connaissait pas. Qui n'appartenaient pas aux Serres. “Ceux qui ne saignent pas sous l’étendard noir et rouge, disparaissez.” Ordonna-t-il en pointant la Salvatrice derrière-lui. Il y eut un court silence. Quelques Serres se mirent à sourire.
    Les civils s’en allèrent. Alasker repris sitôt ces derniers disparus.
    “-Kahl vivra, nous allons le ramener. Pas au berceau. Il ne mérite pas ça. Et je veux un guérisseur et un bon. Quelqu’un qui lui filera autre chose qu’une prothèse comme Lars a eu.” Le loup géant redirigea son regard vers la Forge divine et quelque chose d’infiniment dangereux se manifesta en lui. “Cette chose doit disparaître. Nos hommes ne sont pas morts pour…ça. Nous tuons les dieux. Nous brisons leurs jouets. Rien de plus.
    Quelques guerriers murmurèrent leur assentiment. D’autres hochèrent la tête… Et certains s’y opposèrent. Un aboiement fit taire les discussions.
    “-En plus de Kahl, Tucharan et Itchin manquent à l’appel. Crapaud, Sarevas et Nahr sont blessés. Et il va me falloir une nouvelle armure. J’espère que la tête de ce fils de putain et sa danseuse à la faux valaient tout ça.

    Gorog lui confia son armure de rechange. Son plastron était un peu court et les épaulières trop petites, mais l’ensemble devait -en grande partie- suffire pour le voyage retour. Enveloppé dans sa cape en peau d’ours, le géant d’airain, de nouveau sous sa forme humaine, participa aux fouilles et recherches pour retrouver les corps des Serres et Dévoreurs tombés. Les corps entiers furent enveloppés dans le linceul qui les accompagnerait jusqu’au bûcher, à la surface, et les restes épars de Tucharan se virent empaquetés dans un sac confié à Sanguin, connu pour prendre méticuleusement soin des défunts.
    Au cours des fouilles, le hasard fit que le regard enténébré d’Alasker croisa celui d’un certain barde à la peau verte. Et si ce dernier lui accorda tout d’abord un salut de la main entrant tout à fait dans le rôle qu’il remplissait depuis le début de l’expédition, le fait que le Chef des Dévoreurs s’applique à maintenir son attention rivée sur la frêle silhouette durant une trop longue minute tout en affichant un sourire entendu ne laissa que peu de doute à Stadzank :
    Il savait. Et il le remerciait simplement, pour avoir osé se battre aux côtés de ses hommes, tout comme Dimitri avant lui.

    résumé:


    [Event] La marche du Vent d'Acier - Page 9 V2j7YdS
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  • Sam 24 Fév - 15:52
    La jeune femme à l'armure à pointe m'acceuilla avec des mots qui auraient pu me faire sourires si je ne déployais pas autant d'effort à empêcher la créature à refermer sa mâchoire sur elle. Mais ma détermination semblait lui avoir redonné un élan d'espoir, car je sentis qu'elle m'avait apporté son aide, qui n'était pas négligeable. Elle laissait même un morceau de son armure quand je l'aidais à s'extirper de cette emprise mortelle, que grâce à la force Brak, cela eut été rendu possible. Une fois encore, il avait montré qu'il n'avait pas volé son rang et qu'il était toujours prêt à aider son prochain.

    J'avais grimacé lors de la chute, sentant quelques pointes se loger entre certaines de mes écailles ,sans que cela ne me détourne de mon autre objectif. Malgré le poids de la blessée, je la soulevais, conscient que nous étions encore dans la ligne de tir d'une attaque qui nous soufflerait à coup sûr.  Nous devions décamper rapidement de notre position . J'amenais avec toute la hate requise la jeune femme vers un chariot. En même temps qu'elle prenait appui sur mon épaule,  du sang s'échapper de sa plaie, rejoignant le mien au sol en laissant des trainées derrière nous. Dans un dernier élan , je la déposais au sol, créant avec mon corps un mur protecteur devant elle par réflexe quand j'entendis la détonation de la magie atteindre la cible.

    Je regardais alors cet homme qui subissait des blessures à mesure qu'il anéantissait la créature, afin de nous sauver la vie. Je n'avais pas besoin de jeter un oeil derrière pour comprendre ce qu'il se passait, préférant me focaliser sur le détenteur de la magie du vent qui vraisemblablement, aurait lui aussi besoin de soins. Malgré la distance, je voyais son bras prendre une teinte écarlate et plus encore. Le bruit assourdissant qu'il provoqua laissa quand même entendre le bruit caractéristique des os qui se brisaient ainsi que la déchirure de la chair de l'ursidé mais pas seulement.

    Lorsque tout pris fin, je posais un instant mes mains sur mes oreilles, reprenant peu à peu l'ouïe tandis que je m'étais relevé pour voir que notre ennemi avait été anéantis. Je faillis sursauter quand la petite bogue qui n'en était plus vraiment une maintenant, m'adressa dans un langage fleurit sa déprobation sur ma prise de risque. Comme sa voix paraissait lointaine, j'avais enlevé mon casque, le déposant au sol afin de me mettre au même niveau que ce regard courroucé. Avec un sourire franc, je lui répondis:

    -S'il faut être un idiot pour penser qu'il est indispensable de sauver son prochain , alors je prends cela pour un compliment.

    Je me fichais bien de comment les autres pouvaient percevoir mes actes, car il était plus important à mes yeux de suivre ce que mon coeur me dictait, quitte à prendre des risques et même, à briser mon arme familiale. Chose que j'avais préféré ne pas penser pour le moment, ni même osé savoir s'il restait la moindre trace d'elle. Brak m'adressa d'ailleurs quelques mots à son sujet quand il nous rejoignit, tout en me disant que j'avais fait le bon choix. Je hochais ma tête en guise de remerciement,content qu'il le pense également. Mais bientôt, la jeune femme sembla se détendre, croyant même apercevoir un sourire se dessiner sur son visage . Peut-être s'était elle emportée sous le coup de l'adrenaline et cette peur qu'elle avait dû avoir en ayant côtoyé la mâchoire de l'abomination.

    -C'est vous qui l'avez été le plus en vous tenant face à cette chose .

    Dis-je face à son compliment, me sentant bien ridicule comparé à celui qu'elle avait eu en se mettant en première ligne afin de ralentir l'ours violacé. À cause de cela, elle avait maintenant une plaie de cette même teinte, qui l'empêchait de se relever. L'inquiétude se lisait sur mes orbes cyans, qui avaient vu l'étendue des dégâts quand elle s'était mise à se mouvoir. Même si je n'avais aucune compétence dans le domaine de la médecine, j'avais compris que c'était assez grave et qu'elle aurait besoin d'assistance.

    -Tout ce que je vous demande, c'est que vous vous rétablissez. Puis-je savoir votre nom?

    C'est alors que Brak se rapprocha, offrant sa potion de soin sans aucune hésitation à celle qu'il avait parmi grâce à sa force, rendre sa fuite possible. Le guerrier de jade montra une nouvelle son grand coeur, se tournant lorsque la Griffe vint à nous. Pendant qu'ils s'échangèrent quelques mots, j'avais porté la jeune femme afin de l'assoir sur le rebord du chariot, afin qu'elle ne reste pas sur le sol glacial et qu'elle puisse boire l'élixir qui permettrait peut-être que son état s'améliore. Puis ainsi, nous pourrions la transporter pour le chemin du retour.

    Mon visage s'assombrit quand j'entendis ce discours qui voulait faire  croire à cette foule naïve que réanimer nos propres hommes était honorable alors, qu'il n'était rien d'autre qu'une insulte à la vie. Mes yeux se posèrent sur le parterre de glace un bref instant, en proie à une colère qui ne faisait que croitre à mesure que la Griffe nous félicités alors qu'il ne devait voir en nous, rien d'autre que de futurs macabés à relever. Sentant que je ne pourrais cacher plus longtemps mon ressenti, j'adressais ces quelques mots à l'intention de Brak et la jeune femme, avant de m'éloigner:

    -Veuillez m'excuser.

    D'une marche rapide, je m'écartais de cet attroupement, tandis que j'enlevais négligement les morceaux du gantelet logé sur ma main qui avait fini par être totalement ensanglantée. Je ne pus m'empêcher de reporté mon indignation en frappant de mon poing blessé ce qui restait de l'abomination, préférant m'en prendre à lui plutôt qu'a celui qui avait fait preuve d'immoralité de justifier cette monstruosité. Pire encore, de prononcer leur nom alors qu'ils  resonnaient en moi comme une insulte en sortant de sa bouche. Je ne pris même pas la peine de  reporter mon attention là où se dérouler un ultime combat car de toute manière, nous avions eu interdiction d'intervenir. La Griffe avait beau vaincu un ennemi redoutable, mené nos troupes à la victoire, il n'avait tout de même pas le droit d'utiliser les nôtres de cette façon.

    Alors que je préparais notre retour, je sentis les pas lourds de Brak approcher. Quand je me retournais, je ne pus cacher une certaine animosité envers la Griffe que j'avais volontairement évité de croiser le regard . Mais en voyant le guerrier de jade m'apporter quelque chose, je retrouvais un peu mon calme, plus encore quand il me tendit les restes de mon arme. Je fus touché par ce geste,plus encore par sa gentillesse. Je poussais un long soupir afin d'évacuer le reste de cette  rancoeur ,attrapant le tissu d'une main tandis que l'autre, se posa amicalement sur l'épaule de ce géant qui avait apporté cette lueur d'espoir, celle que je pourrais, peut-être reforger mon arme.

    -Je te remercie Brak. Je n'hésiterai pas à venir te voir, tu peux compter sur moi. Je regardais mon arme un instant avant de lui demander:-Je veux bien que tu me renseignes le nom des forgerons que tu connais. Je suis sûr que nous aurons le temps d'en discuter sur le retour et bien d'autres choses.

    Je posais le tissu contenant ce qu'il restait de Serrcoeur sur un chariot, aidant avec Brak les autres membres de l'expédition à reprendre la route, une fois que nous en avions finis ici. Je me demandais d'ailleurs, en voyant à nouveau l'endroit où nous nous étions tous rencontrés pour la première fois si nous n'avions pas fait une erreur de laisser cette forge intacte, ni d'avoir laissé autant de civils nous accompagner. Je fis la promesse de leur adresser des prières, à toutes celles et ceux qui n'avaient pas eu la chance de voir à nouveau les astres , espérant aussi revoir une personne en particulier. Je n'étais pas revenu en héros mais au moins, j'en  avais rencontré durant cette épreuve qui peut être, finiraient par devenir des amitiés.

    Tour 10:


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  • Dim 25 Fév - 13:37
    Tulkas s’était déjà battu contre lui. Contre ce loup géant au poil rendu hirsute par le sang et les viscères. L’odeur du sable rendu brûlant par un soleil cruel, cette odeur ferreuse et ce liquide chaud qui lavait leurs corps alors qu’ils se tranchaient l’un et l’autre sous le regard médusé d’une foule de lâches incapables de tuer comme eux seuls savaient le faire à l’époque.

    Le loup était sauvage et brutal, Tulkas, lui, était agile et discipliné, tout deux étaient impitoyables. Cette sensation atroce, cette vibration qui remontait le long des os de son bras tandis que des griffes démesurées taillaient le bronze de son bouclier et ce bruit crissant, strident, d’une épée que l’on tord et que l’on plie d’une main. Cette sensation désagréable, cette douleur vive et puissante d’une dizaine de dagues qui s’enfonce dans le cuir de son épaule. Est-ce que le loup avait-il seulement senti le fer de sa lance, utilisé comme une dague, qu’il avait enfoncé dans ses côtes ? La lame était-elle seulement assez longue pour percer le cuir du loup, ses muscles et se faufiler entre ses côtes pour atteindre son cœur noirci par le massacre ?

    Encore aujourd’hui, il ne savait même pas s’il lui avait fait mal, avec ce coup. Et pourtant, sans réellement savoir comment il s’en était sorti. Il avait survécu à un combat contre l’incarnation de la sauvagerie du grand nord, contre Iratus, autrefois. Et pourtant, là aussi, dans le combat qui opposait l’ami à l’ami, le Loup faisait preuve de pitié, ou plutôt, de grâce. Peut-être la même dont il avait fait preuve à son encontre, autrefois. Mais il serait dangereux de penser la bête noble. Peut-être l’était-elle, mais la noblesse des hommes et celles des loups sont-elles similaires ? Des années qu’ils s’étaient battus ensemble, d’abord l’un contre l’autre, puis côte à côte dans l’arène. Et revoir la fourrure noire d’Iratus briser le fer gorgé de cette couleur pourpre, résonnait avec quelque chose en lui. Réveillait ce fou de guerre et de violence qu’il avait enchaîné grâce aux enseignements de la Griffe.

    C’était comme du feu dans ses veines, son cœur s’emballait, les dents grinçaient, ses pupilles se rétrécissaient. Une drogue, que ni la plus belle des femmes, ni le plus bon des vins, ne pouvaient égaler. Il brûlait, il voulait se jeter dans ce combat, affronter à nouveau le Loup, Kahl lui-même, devenu rouge, n’était plus réellement dans l’esprit du Luteni. Mais cette soif, aussi soudaine que puissante fut saisie à la gorge en un battement de cœur. Laissant place à une autre émotion, bien plus douloureuse et difficile à porter. Celle de la honte. De la honte d’avoir oublié un instant l’homme qu’il était devenu pour redonner vie à celui qu’il était. Secouant la tête pour se tourner vers ses frères d’armes auprès de qui il venait de retenir une horde de non-morts, Tulkas se redressa pour les observer, depuis son monticule de cadavre d’où flottait la bannière de sable et de sang.

    - Vous l’avez entendu, personne n’intervient. Dit-il en tournant un œil vers la forme du Loup qui s’apprêtait à offrir sa miséricorde au frère aimé. Laissons aux égarés la garde de leurs chapelains, venez les gars.

    Dit-il en posant la hampe de la bannière contre son épaule, s’approchant de l’escalier où il attendait la fin de l’esclandre. Pour finalement voir le Loup que tant craignaient redescendre les marches. Lui lancer une tête qu’il attrapa de sa main vide avant de la retourner vers lui, guettant dans les abysses vides de l’enfant-dieu mort-né et d’y trouver l’épiphanie dont il avait besoin. Les dieux peuvent mourir, Iratus et les dévoreurs venaient d’en apporter une nouvelle preuve. Se saisissant d’une corde, il la passa dans les orbites du trophée des Dévoreurs pour l’attacher à sa ceinture et suivre leurs chemins jusqu’à l’estrade principale où toute la marche s’était rassemblée.

    Quand les dents du Loup Noir claquèrent en clamant la corruption de l’endroit dans la langue sacrée du Shierak, Tulkas tourna la tête vers ce dernier, inclinant un peu la tête sur le côté. Hochant doucement la tête.

    - Je suis d’accord. Dit-il en regardant le loup. L’endroit est corrompu. Je n’ai rien contre les Driv’Zafra, ils sont un outil comme un autre pour l’empire. Mais le pouvoir des titans corrompt facilement l’esprit faible. Pour tous les nécromanciens de talent que nous avons, comme celle qui nous accompagne, Griffe, combien d’entre eux sont simplement des parvenus assoiffés de pouvoir ? Sans parler de la logistique qu’il va falloir mettre en place pour sécuriser l’endroit, construire des fortifications, dédier des forces conséquentes pour éviter toute incursion diviniste et en plus nous sommes loin de nos lignes de ravitaillement…

    Tulkas réfléchissait un peu à voix haute, avouons-le.

    - Si vous souhaitez vraiment mon avis. Autant la forge pourrait être une arme utile s’il est possible de la purifier, en partant du principe que son pouvoir est intrinsèque et pas simplement imbu par les faux-dieux, autant est-ce que son pouvoir vaut de dégarnir nos garnisons pour sécuriser l’endroit ? Enfin, la décision vous revient, Deydreus.

    Puis, il souffla, retourna dans le rang avec ses frères d’armes et grimaça sous son casque. La douleur des combats commençait à se faire sentir, il pressa doucement la pulpe de ses doigts contre l’articulation de son épaule et la fit rouler un peu. Grimaçant en la sentant douloureuse. Après tout, être capable de se régénérer ne veux pas dire qu’on est insensible à la douleur.

    Les morts devaient être comptés. Et tandis que les dévoreurs et les Serres récupéraient les cadavres pour leurs accorder leurs derniers rites. Tulkas lui, notait les noms de ceux qui étaient tombés aujourd’hui, qu’ils portent le Rouge ou le Noir. Chacun d’entre eux serait inscrit dans la crypte de Coeurébène.

    Puis, silencieux, il regardait les flammes danser, gonfla ses poumons de cette odeur de chair brûlée, d’encens et de fumée de bois. Elle lui était plus douce que celle des cadavres putréfiés en contre-bas. Il soupira doucement avant de se tourner vers Alasker.

    - J’aurais à te parler, seul à seul.

    Dit-il, avant de s’éloigner pour préparer le convoi à reprendre la route. Le devoir n’attends pas.



    Tour 10:


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  • Dim 25 Fév - 14:57
    Depuis les hauteurs du chariot sur lequel le valeureux Drakyn m’avait déposée, j’assistais aux premières loges à l’explosion de l’ours mutant, frappé de plein fouet par l’ultime attaque du vieux bouc. Sous l’impulsion de courants contraires et surpuissants, la carcasse mutilée de l’animal se tordait de manière grotesque comme si elle avait été faite de caoutchouc jusqu’à atteindre un point de tension tel que l’énorme silhouette implosa dans un fracas d’os et de chair déchirés. Une odeur pestilentielle de corps en décomposition envahit brièvement l’espace avant d’être soufflé par une seconde rafale de vent qui ramenait avec elle des morceaux de viande putréfiés. J’esquivais d’ailleurs de justesse un morceau de mâchoire qui vint s’écraser derrière moi. Heureusement, aucun blessé ne fut à déplorer.

    Je consacrais à nouveau mon attention vers l’homme à qui je devais la vie. Sans lui, j’aurais sans doute également été réduite en poussière en même temps que la bête qui m’avait faite prisonnière et je ne regrettais décidément pas qu’il soit venu me porter secours. Une fierté puérile m’empêchait toutefois de trop le laisser paraître. Toutefois, je ne rechignais pas à accéder à sa requête. Après tout, un nom en échange d’une vie n’était pas trop cher payé. J'acquiesçais d’un hochement de tête.

    “ Mon nom à moi c’est Kassandre… ”

    Un nouveau sourire se crispa sur mes lèvres.

    “ Mais t’as gagné "l'immense privilège" de m’appeler Kass’, si le coeur t’en dit ! ”

    Un ricanement secoua ma poitrine avant qu’une douleur lancinante ne me rappelle à l’ordre. Ce bref moment de camaraderie fut soudainement interrompu par les cris et applaudissements de joie qui résonnaient depuis l’estrade de l’Archonte. L’ennemi était définitivement vaincu et l'hystérie joyeuse finit par atteindre les membres de l'expédition restés en arrière sur la plateforme. Un immense sentiment d’assurance et de sérénité s’empara de mon esprit. Le plus dur était derrière nous. Évidemment, le voyage de retour s’annonçait lui aussi compliqué et il nous faudrait également panser nos plaies et pleurer nos morts mais au moins, la menace des titans pèserait un peu moins lourdement sur nos épaules.

    En parlant de s’occuper de nos blessures, Brak, le géant vert qui avait également aidé à me libérer des mâchoires de l’ours se montra une nouvelle fois utile en me proposant une fiole remplie d’un liquide rougeâtre que je reconnaissais être un breuvage de soin. Je lui adressais également un hochement de tête amical avant d’en répandre une partie sur mes plaies ouvertes puis en boire une gorgée. Il en faudrait plus pour guérir complètement mon bras démis et refermer les plaies mais cela devrait déjà stopper toute infection. Très rapidement, un sentiment de chaleur m’envahit et la douleur s'atténuait peu à peu. Je parvins même à me relever sans trop de difficulté.

    “ Merci à toi également, Brak. On peut dire que tu sais te rendre utile en toute situation ! “

    Au même moment, Deydreus, le commandant de l’expédition qui remontait de la fosse en dessous de nous, passa à côté de nous. Lui aussi portait les marques des combats menés au nom de notre mission. S’arrêtant face à nous, il prit le temps de nous haranguer sur notre force, notre courage et la grandeur de notre nation, en gros. Je grognais intérieurement. J’avais le sentiment, sans doute à défaut, de me faire spolier une partie de mes efforts au profit du “dragon reikois”, comme si la nation toute entière avait participé à cet affrontement. J’appréciais toutefois de voir notre valeur reconnue et je lui rendais donc son salut de la tête avant de retourner m’occuper de mes plaies, n’écoutant que d’une oreille distraite le discours dispensé au reste des troupes.

    Mon regard glissait hasardeusement sur le groupe de blessés toujours plus nombreux pour finalement se poser sur le percepteur qui semblait lui aussi subir durement le contrecoup de ses attaques. Malgré son air peu avenant, je me sentais mal à l’idée de le laisser seul à ses douleurs (et sans doute sa sciatique). Je lui tendais alors le reste de potion qu’il me restait. Il l’avala d’un trait. Si la lotion faisait effet, je n’aurais pas été capable de le dire car les traits de son visage restaient immuablement fermés. Je sus toutefois au hochement de tête mêlé à un grognement à peine audible qu’il me remerciait et compris alors que je n’aurais guère mieux. Je haussais les épaules avant de m’éloigner.

    “ À vot’ service. ”

    Je profitais des quelques médecins présents pour faire recoudre mes plaies, penser et bander mon bras que j'immobilisais ensuite contre ma poitrine à l’aide d’une bandoulière. Mieux valait le laisser au repos pour le moment. Pour les quelques côtes que j’avais de cassées, il n’y avait pas grand chose à faire et seul le temps permettrait leur guérison. Tout chacun fut brusquement interrompu dans ce qu’il faisait par un puissant hurlement provenant de l’estrade en dessous. Imitant la foule de curieux, je m’approchais du bord pour constater que l’oni bleu faisait encore des siennes, ce dernier semblant pris d’une nouvelle crise de folie.

    “ Il faut encore qu’il fasse son intéressant celui-là. ” soufflais-je entre les dents.

    Il fut ordonné aux dévoreurs de se charger de ce nouveau “problème” et finalement, on se lassa assez vite de cette nouvelle distraction. Lorsque les derniers préparatifs furent achevés, que les blessés furent traités et les valides apprêtés, ce qui restait du convoi entreprit enfin le long voyage du retour, abandonnant derrière-nous nos morts dont les enveloppes charnelles se consumaient lentement sur des bûchers funéraires improvisés.

    “ Veni, vedi et vici comme on dit en Shoumérien. ”

    Disais-je à voix haute alors que nous retournions enfin à l’air libre des montagnes.

    “ Et qu’est-ce que ça veut dire encore ? ”

    Je haussais une nouvelle fois les épaules.

    “J’en sais foutre rien. “
    Résumé:

    Mille merci pour ce super event. Il faudrait toutefois penser pour la prochaine fois à mettre des muselières aux dévoreurs, histoire d'éviter quelques débordements. Je dis ça ça comme ça hein...
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  • Dim 25 Fév - 20:37

    M’apprêtant à décocher l’une de mes dernières flèches sur un énième mort-vivant qui se rapprochait bien trop du Luteni à mon goût, je sursautais alors qu’une détonation assourdissante se faisait soudainement entendre.  Sur le moment, à l’exception du bruit, je fus quelque peu déstabilisée par la sensation de percussion qui avait traversé mon corps et secoué mes os. Par réflexe, je me retournais vers la source de ce vacarme pour le moins singulier alors que mes oreilles se plièrent du fait de la douleur que je ressentais et qui me faisait grimacer. De ce que je percevais, et ce, alors que ma tête et mes oreilles bourdonnaient, le contrôleur mettait à exécution son plan visant à anéantir, une bonne fois pour toutes, l’abomination qui avait tenté de nous prendre à revers. Vraisemblablement, ils n’avaient pas besoin de notre aide. Aussi, mon attention se focalisa à nouveau sur les troupes de l’archonte qui continuaient de harceler les Serres. Du fait qu’un bourdonnement, pour le moins désagréable, vrillait mes sens auditifs et que cette sensation de brûlure pour le moins lancinante ne disparaissait pas de mon esgourde gauche, je portais aussitôt ma main vers celle-ci puis l’examinais alors que je sentais un liquide poisseux recouvrir certains de mes doigts. Du sang était présent sur ces derniers ce qui me fît froncer les sourcils. Bien qu’il n’y ait rien de grave derrière cette découverte, j’en comprenais aisément le sens. Un de mes tympans avait été perforé ce qui risquait de m' handicaper un certain temps si nous remportions la victoire et devions retourner vers Melorn. L’altitude des différents massifs montagneux des Terres du Nord risquait d’être un problème pour ma convalescence immédiate.

    Remisant ce sujet dans un coin de ma tête, même si cette douleur était pour le moins obsédante et me poussa, dans un accès de naïveté, de secouer la tête dans l’espoir de la chasser, j’essayais d’ignorer cette information véhiculée par mes nerfs et encochais correctement ma flèche, ajustais mon yumi et relâchais mon trait une fois ma cible repérée qui, d’ailleurs, s’effondra quelques instants plus tard lorsque le projectile que j’avais décoché, perfora son crâne juste avant que la salle, dans laquelle nous nous trouvions tous, ne fût soudainement plongée dans une nitescence à nul autre pareil qui me brûla la rétine durant quelques instants et me poussa à émettre un juron à voix haute.


    « Qu’est-ce que… » Je portais mes mains vers mon visage et me frottais les yeux avant de les cligner plusieurs fois afin de les réaclimater à la luminosité ambiante. « PUTAIN ! Si je tenais le CON qui a fait ça ! »

     À croire que tous mes alliés avaient décidé de parasiter les sens de mes troupes ainsi que les miens ! Ce n’était à n’y rien comprendre, mais c’était également particulièrement irritant et frustrant ! Était-ce trop demandé que d’être accompagné par des professionnels qui, à travers leurs actes, ne généraient pas leurs frères et sœurs d’armes ? Nous étions éminemment proches de la victoire ! Agir de la sorte ne ferait que coûter des vies parmi les rangs de l’expédition ! Dans le pire des cas, même si j’en doutais alors qu’un énième cri en provenance de l’autre plateforme où se tenaient les Dévoreurs, cela pouvait offrir une opportunité à l’archonte pour nous jouer un ultime mauvais tour ! Fort heureusement, celui-ci ne put profiter de ces quelques diversions. Il rencontra pour ainsi dire son destin alors que les troupes du Tovyr se jetaient, tels des animaux affamés, enragés et dépourvus de toute forme d’intellect, sur ce qu’il restait du corps de l’Archonte pour le réduire en charpie et s’en nourrir.  Ce spectacle, qui ne suscita en moi que du dégoût, tant j’avais l’impression de voir des canidés et non des soldats, m’arracha, malgré tout, un commentaire quelque peu sarcastique alors que je tirais ma dernière flèche, du moins si j’exceptais celles que je conservais pour l’Oni, sur un mort-vivant s’apprêtant à sauter sur un membre des Serres.

    « Notre ennemi peut remercier le Tovyr pour sa sollicitude. Ses Dévoreurs se sont fait un malin plaisir de précipiter la rencontre entre ce taré et son fameux créateur avec qui il nous bassinait les oreilles. »

    Le cri de douleur annonçant le trépas de l’Archonte fut soudainement accompagné par un souffle nauséabond, en provenance de la Forge, et qui métamorphosa la marée de damnés en cendres. Arquant un sourcil, j’étais quelque peu surprise par ce soudain revirement de situation.  La victoire était à nous. Pourtant, j’eusse supposé que les forces adverses auraient sombré dans l’anarchie et auraient cherché à dévorer la première créature qui passerait à proximité de leurs dents conformément aux instincts qui animaient souvent ce genre de créature. Pourtant, ce n’était pas le cas. Ils avaient juste…disparus ce qui était pour le moins étrange. Je n’étais certes pas nécromancienne. Pour autant, cela me semblait quelque peu inhabituel tant cela n’avait aucune logique ! Les elfes que nous avions combattus auparavant, ces morts-vivants que j’avais harcelés de flèches et que j’avais consumés dans les flammes, disposaient de corps bien tangibles qui avaient été nécessaires pour leur réanimation. Sans ces réserves de corps jamais l’archonte n’aurait pu bénéficier d’une telle force de combat ! Aussi pourquoi avaient-ils tous disparu ? Était-ce une contremesure  destinée à nous empêcher de percer les mystères de la magie des Titans ? Possible. Néanmoins, je trouvais tout cela fort curieux. Au moins, nous n’aurions pas à nous soucier de l’armée ennemie à laquelle nous avions échappé si elle avait rencontré le même sort. Toutefois, cela ne serait certainement pas le cas des créatures vivantes corrompu par l’archonte à l’instar des ombragons que nous avions affronté à la surface. Peut-être serait-il nécessaire de conserver une force armée en ces lieux afin d’éviter qu’une telle corruption ne se propageât jusqu’à Melorn. Quoi qu’il en soit, cette décision ne m’appartenait pas. Aussi, me contentais-je de glisser dans un murmure ces quelques mots.

    « Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris »

    Traduction:

    Mon susurrement laissa place rapidement à un silence des plus appréciateurs quand bien même des bourdonnements ainsi qu’une douleur lancinante en provenance de mon oreille gauche me parasitaient les pensées.  J’allais devoir trouver un moyen de régler ce petit souci, mais pour l’heure je préférais me contenter d’observer les alentours afin de vérifier que l’archonte ne nous ait pas réservé une ultime surprise et humais l’air ce qui me fit plisser le nez. L’odeur qui gangrénait désormais la salle était tout bonnement infecte. Et encore, qualifier ces effluves de la sorte était un euphémisme. Il n’existait aucun mot en elfique pour décrire avec justesse ce que mes sens olfactifs percevaient. Pourtant, ces émanations parvinrent à faire naître sur mon visage un mince sourire dû non pas à notre survie, mais à un souvenir que je croyais avoir tout simplement oublié et qui entrait pour ainsi dire en résonnance avec ma situation actuelle. Mue par une facétie n’étant pas de mon fait, mais d’une ancienne version de moi-même alors que j’étais encore officier dans l’armée reikoise, je ne pus m’empêcher d’émettre un dernier ordre sur un ton quelque peu plaisantin.


    « Respirez à fond, l’odeur de la victoire ! »

    Comme je m’y attendais, un des archers situés à côté de moi s’exécuta, afficha une mine empreinte de dégoût et dépeignit de manière forte appropriée, non sans maugréer, les relents de cette salle.

    « Génial… de la fumée, de la merde et de la chair qui se décompose… »

    Aussi, je me retournais vers mes hommes avant de tenir ces quelques mots non sans retenir  avec difficulté mon hilarité.

    « Magnifique n’est-ce pas ? »

    Le Serre n’eut hélas pas le temps de répondre à ma question qu’une multitude de cris fusèrent aux quatre coins de la salle et rappelèrent à mon bon souvenir la sensibilité de mon ouïe à moitié déficiente désormais ainsi que la migraine qui, du fait des bourdonnements, avait soudainement émergé dans mon crâne, et ce, pour mon plus grand malheur. Des prières, des hurlements de joie, et des chants eurent lieu tout autour de moi. L’atmosphère était, pour ainsi dire, devenue électrique. Les soldats, malgré leur fatigue, étaient exaltés et levaient leurs bras en signe de victoire. Des cris d’allégresse retentissaient de par et d’autres. Des bannières flottaient au vent et étaient agitées par des mains enthousiastes. En dépit de l’horreur et des périls qu’ils avaient affrontés, les visages des membres de l’expédition du Vent d’Acier étaient illuminés par des sourires éclatants et des accolades chaleureuses étaient échangées.  Le champ de bataille avait pour ainsi dire laissé place à une véritable scène de liesse.

    Ne goutant qu’assez peu au vacarme ambiant et étant prise, soudainement, par une sensation de mal-être, j’essayais de m’éloigner de cette foule grouillante sur la plateforme. Alors que je ne m’y attendais pas, la Griffe se présenta devant moi. Par automatisme, je frappais de mon poing droit la poitrine avant de tendre le bras, paume vers le bas et d’incliner légèrement la tête par signe de respect, mais aussi d’allégeance.


    «Imperator. »

    Relevant la tête, j’en profitais pour détailler du regard mon supérieur hiérarchique.  Celui-ci avait eu, comme je l’avais si justement déduit quelques minutes auparavant, fort à faire. Malgré ma position, je n’avais pu assister à son affrontement contre le pion de l’archonte. Cela dit, je notais sans peine que son armure témoignait des épreuves qu’il avait endurées. Celle-ci, en plus d’être maculée de sang, était pour ainsi dire dans un bien piteux état. Son adversaire avait dû s’avérer particulièrement redoutable et surtout adroit quand bien même Fictilem était parvenu à remporter son duel. Pourtant malgré cela, le légat restait droit dans ses bottes. Tel un phare dans l’obscurité, il démontrait qu’en dépit des épreuves, des périls, et des blessures, rien ni personne ne parviendrait à briser son corps ou son esprit. Ce dernier était pour ainsi dire une forteresse inexpugnable dont la volonté, ô combien indomptable, parvenait à faire mouvoir son corps en dépit des stigmates et des meurtrissures.  Devant une telle pertinacité ainsi que devant de telles prouesses martiales, je comprenais aisément pourquoi les Serres Pourpres étaient prêtes à le suivre jusque dans les ombres.  Cependant, même si je saisissais à quel point ce simple humain était parvenu à transcender sa propre condition et à inspirer ses congénères, une pointe de tristesse transperça mon âme. En d’autres circonstances, j’avais moi-même éprouvé cela à l’égard d’un officier…mais c’était dans une autre vie…

    Pour ma plus grande surprise et ce, alors que je tendais l’oreille droite pour mieux l’entendre, Fictilem me félicita pour mon sens de la stratégie ainsi que pour mes diverses initiatives. Je n’avais fait que remplir mes obligations. Rien de plus. Je n’étais qu’une arme au service de l’Empire. Aussi avais-je fait ce que l’on attendait de tout instrument de combat au service du Reike : apporter la mort à ses ennemis. Néanmoins, par politesse, j’inclinais la tête et répondais de la sorte à la Griffe sur un ton neutre :


    « Je n’ai fait que mon devoir, Imperator,  à l’instar de tout janissaire fidèle à l’Empire. »

    Après mes paroles, Deydreus prit congé de moi. M’apprêtant à m’éclipser, je sentis une main se poser brièvement sur mon bras ce qui m’obligea à me retourner et à faire face à une silhouette élancée et pour le moins gracieuse dont le visage parsemé de taches de rousseur m’était désormais familier suite aux récents évènements. La nécromancienne avait, en effet, décidé de venir à ma rencontre. La détaillant rapidement du regard, je notais, non sans satisfaction, qu’elle n’était pas blessée même si elle semblait quelque peu éreintée. Au regard de la nature de ses actes et de sa communion avec l’un des piliers de cette salle, qu’elle fût exténuée était logique. Néanmoins, elle tentait de faire fi de cette donnée alors qu’elle me remerciait à son tour quant à l’aide que je lui avais apportée au cours de la bataille.

    Inclinant légèrement la tête du fait de son compliment à mon égard et de sa reconnaissance, je lui répondis sur un ton des plus sérieux teinté d’une certaine forme de cordialité, mais aussi d’estime.


    «   Mes prédispositions dans le domaine de l’archerie sont peu de choses comparées à vos talents et à votre sagacité. » J’écartais légèrement mon bras droit afin de désigner silencieusement les personnes qui nous entouraient et qui étaient bien trop obnubilées par le fait de célébrer la victoire. « Contrairement à moi, ils ne réalisent pas, du fait de leurs esprits étriqués englués dans des concepts moraux désuets qui n’ont pas leur place sur un champ de bataille, que la réussite de cette expédition repose en grande partie sur vous. Votre pragmatisme, votre perspicacité ainsi que la diligence de votre stratégie ô combien judicieuse ont constitué la clé de notre triomphe. Sans vous, Dame Isolde, il est évident que cette expédition aurait tourné à la débâcle et Melorn aurait été menacée… »

    Je décidais, une fois de plus, de m’incliner, et ce, en guise de remerciements étant donné que cette jeune humaine, qui prit congé de moi à son tour, avait pour ainsi dire permis d’éviter que des légions de non-morts ne submergent les défenses de mon peuple. Même si je n’en avais rien dit, je m’estimais redevable envers elle et espérais bien pouvoir, un jour, lui rendre la pareille bien que j’en doutasse… Après tout, je n’étais qu’une simple esclave de guerre. Outre le fait que mon avenir était pour le moins incertain, il y avait peu de chances pour qu’un jour nous nous recroisassions tant nos champs d’expertise étaient pour le moins différents. Néanmoins, j’en vins à espérer que l’Empire soit constitué d’autres personnes de sa trempe, notamment au sein de l’armée. La nécromancienne ne le savait peut-être pas, mais elle était taillée pour être une véritable tacticienne tant elle n’hésitait pas à rationaliser chaque aspect d’une situation.

    Perdue quelque peu dans mes pensées, et ce malgré ma migraine, la réalité se rappela à moi lorsque le vacarme ambiant laissa place à un silence presque religieux alors que la Griffe prenait la parole. Demeurant sur la plateforme, j’écoutais son propos. Pourtant, très vite, je m’en désolidarisais. Les hommes et les femmes de cette expédition avaient besoin d’être félicités après une telle victoire. Je le comprenais aisément. C’était là, la conduite que l’on attendait d’un général. Cependant, je considérais que ces platitudes ne me concernaient pas. Non parce que j’étais une janissaire, mais, car je ne croyais pas aux notions de justice, d’honneur ou même de sacrifice. Fictilem tentait de rassurer ses hommes sur la nature de ses actes et de les caresser dans le sens du poil tant leurs esprits étaient encrassés par des notions archaïques et surannés. Hélas ! Il ne pouvait tenir le même langage que j’avais tenu à Isolde. Il devait veiller au moral des troupes, mais aussi, en un sens, à la légitimation de ses actes. Politiquement parlant, au regard de l’importance accordée au concept même de dignité au sein de l’Empire, certains seraient très certainement capables de l’accuser. Aussi, fallait-il apaiser les consciences. Qu’un imperator particulièrement talentueux soit réduit à devoir comporter ainsi à cause des errements candides d’un régime dont l’appareil militaire a été gangréné par des incompétents m’exaspérait au plus haut point et contribuait à raviver ma colère.

    Le seul sujet qui mobilisa toute mon attention au sein du discours de la Griffe concernait l’avenir de la Forge. Bien évidemment, j’avais mon avis sur la question. Malheureusement, je savais que jamais je ne pourrais le formuler. Selon moi, il aurait été bien plus judicieux de la déplacer avec nous et de laisser mon peuple l’étudier. Après tout, personne ne nous arrivait à la cheville sur le continent dans le domaine des arcanes. Si cette forge permettait de générer des légions de damnés qu’il était possible de contrôler tel un chef d’orchestre, il était crucial de saisir les tenants et aboutissants d’un tel mécanisme afin de le reproduire. Pour quelles raisons ? Militairement parlant, un tel artifice incarnerait un atout de poids. Certes, ces morts-vivants ne valaient pas une véritable armée digne de ce nom, non que l’expédition du Vent d’Acier ait mérité un tel qualificatif. Cependant, il n’en demeurait pas moins qu’avoir la possibilité d’invoquer, notamment dans la poliorcétique, une véritable armada qui ne connaîtrait pas la peur, la faim, la soif, la fatigue, le désespoir, la cupidité et qui serait alimentée perpétuellement par les cadavres des ennemis ou des soldats combattant dans nos rangs était une perspective particulièrement prometteuse. Hélas ! Je savais que bien peu seraient les personnes à partager mon opinion sur ce sujet tant la nécromancie ou même le recours à un artefact des titans serait perçu comme contre nature. Les personnes qui s’attachaient à des principes de moralité sur un champ de bataille étaient des êtres dénués de clairvoyance. Ils n’étaient que des imbéciles aveuglés par leur propre vertu comme si celle-ci leur réserverait les faveurs d’une quelconque déesse ou même un meilleur traitement une fois dans l’au-delà. Leurs esprits limités les condamnaient à errer dans un monde de naïveté, ignorant la réalité impitoyable qu’était la guerre. Une réalité où chacun luttait pour sa survie. Ces vaines notions de moralités, cet idéalisme, ces grands discours moralisateurs n’étaient qu’un fardeau pour celles et ceux qui avait su transcender les frontières de leur conscience et appréhender avec justesse l’art de la guerre et qui étaient obligés de cohabiter avec ces sots pétris de valeurs les condamnant à une existence pathétique dans un monde ô combien impitoyable… Je fixais les membres de l’expédition avec un mépris pour le moins cinglant et crachais ces simples mots avec dédain.


    « Des idiots hypocrites… »

    Le discours de la Griffe fut brutalement interrompu par un long cri guttural ponctué de quelques mots en provenance de la plateforme où se situaient les Dévoreurs ainsi que la carcasse de l’Archonte. Revenant, le plus rapidement possible vers l’extrémité de la plateforme, je contemplais la source de ces vociférations. Comme je le craignais, il s’agissait de l’Oni. Celui-ci avait pris une teinte rougeâtre. Pire encore ! Son corps semblait être la proie d’une métamorphose qui laissait peu de doutes quant au fait que la corruption s’était bien trop propagée dans son système. Ses cornes, la déformation de son bras et les épines qui parsemaient désormais sa physiologie lui octroyaient désormais une apparence quasiment démoniaque. Bien que je l’ai toujours considérée comme une sorte d’animal ayant plus en commun avec un gorille et un sanglier sauvage, il n’en demeurait pas moins qu’il avait été un allié. Ce n’était désormais plus le cas. Cette créature était désormais le pion de la magie corruptrice de l’archonte. Il fallait le tuer. C’était aussi simple que cela. Il n’y avait pas d’autres alternatives. Peut-être que s’il ne s’était pas montré aussi inconscient, son sort aurait été différent. Désormais, il menaçait les membres du Vent d’Acier.

    Je saisissais mon Yumi et encochais l’une des trois dernières flèches que j’avais en réserve.

    « Archers ! En position sur la plateforme ! »

    Espérant qu’avec ce cri de ralliement, les troupes des Serres me rejoindraient, je fus frappée de constater qu’aucun d’entre eux ne semblait décidé à vouloir exécuter la sentence qui s’imposait. Était-ce, car ils considéraient que l’Oni était un de leurs frères d’armes ? Je n’aurais su le dire. Quoi qu’il en soit, ce comportement me hérissa le poil. Ne comprenaient-ils pas qu’il était impératif de tuer cette créature pendant qu’elle était encore vulnérable ? Ne parvenaient-ils pas à saisir que nous avions une opportunité de mettre un terme définitif à la menace avant que celle-ci ne puisse attaquer nos hommes ? Visiblement, ce n’était pas le cas. Soit ! Je n’avais pas de scrupule à me salir les mains. Fixant d’un air meurtrier ma cible, j’essayais de convoquer le mana qui me restait dans le but d’enflammer mon trait et d’ainsi être sûre d’exécuter ma cible.

    Ajustant mon arc, je m’apprêtais à finalement tirer lorsqu’un ordre, formulé par la Griffe, claqua dans ma seule oreille encore « valide ».  Celui-ci était fort simple. Que ce soit moi ou d’autres, nous avions pour interdiction d’intervenir dans cette affaire qui concernait essentiellement les Dévoreurs et leur chef. Du fait de cette instruction pour le moins inattendue, j’abaissais mon yumi, mais m’apprêtais à ouvrir la bouche pour protester…et la refermais aussitôt alors que j’apercevais son air froid. Son commandement ne souffrirait d’aucune contestation…quand bien même fût-elle légitime. Enserrant mon instrument de mort, je me mordais la joue jusqu’au sang pour ne pas hurler de rage. POURQUOI ? Pourquoi laisser les Dévoreurs s’occuper de cette créature ? Pourquoi offrir l’opportunité à ce qu’il restait de cet animal à l’allure simiesque de contre-attaquer et d’occasionner dans nos rangs de terribles pertes ?! Cela n’avait aucun sens ! Pourquoi formuler un tel ordre ? Par sensiblerie ? Par respect envers un camarade ? Je ne parvenais pas à concevoir les raisons derrière ce comportement…derrière cette directive. Fictilem était-il naïf au point de croire que cette abomination rougeâtre pouvait être sauvée ? Je l’ignorais et cela rendait une partie de mon âme folle de rage.

    Les Dévoreurs avaient démontré qu’on ne pouvait pas leur faire confiance sur le champ de bataille ! Quand bien même leur chef était responsable de l’exécution de l’archonte, le comportement de ses troupes démontrait qu’ils constituaient un véritable handicap au sein d’une armée.  Ces fous dépourvus de toute forme de rationalité n’étaient, à mes yeux, que des bêtes sauvages incapables de comprendre les subtilités de la guerre. Pire encore ! Leur attitude impétueuse et destructrice était une aberration et mettait en péril leurs alliés. Les différentes péripéties qui avaient ponctué notre expédition au cours de cette soirée le démontraient. Ces sauvages dégénérés se jetaient dans la bataille comme des porcs à l’abattoir et compromettaient ainsi, par la même occasion, les stratagèmes mis en place par les autres corps d’armée. À l’origine, les janissaires avaient été conceptualisés, à  mon plus grand regret, comme une force dont on pouvait disposer à sa guise, car ils n’étaient que de la chair à canon. Or, bien que cela me semblât fort peu approprié en ce qui concernait les personnes partageant ma condition, ces bêtes sauvages auraient mérité d’être ainsi sacrifiées. Quand bien même, ces fous dépourvus de toute forme de rationalités étaient en mesure de ravager les rangs adverses et d’instiller le chaos, il valait mieux se contenter de les envoyer en première ligne le temps qu’ils fassent leur office et passent de vie à trépas. Ainsi, jamais la conduite de ces brutes sanguinaires dont le seul langage se limitait à émettre de la bave à la commissure de leurs lèvres, n’auraient occasionné des conséquences fâcheuses pour le reste du personnel militaire.

    La Griffe voulait à tout prix que le Tovyr s’occupât de sa troupe de berserkers ? Soit ! Libre à lui de faire une erreur monumentale. Viendra le jour où il s’en mordra les doigts. Agrippant fermement mon yumi, je rangeais ma flèche dans mon carquois et m’éloignais du reste du groupe sur la plateforme non sans me perdre dans mes pensées qui étaient un vrai maelstrom de mépris, de haine et d’insultes à l’égard des Dévoreurs, mais aussi à l’égard des archers qui m’avaient obéi jusqu’à présent et dont je ne saisissais toujours pas le comportement. Néanmoins, bien que ce flot de colère perçait mon âme de ses griffes, une part de celui-ci était dirigée contre ma propre personne. Malgré toutes mes promesses, en dépit des enseignements que j’avais reçus lorsque j’étais encore jeune de la part de ma mère, je n’avais pas été en mesure de faire mon devoir…non pas pour le Reike, mais pour Melorn. En dépit de toutes mes décisions, je n’avais pas été capable d’honorer la mémoire de ceux qui étaient tombés pour défendre notre Empire et qui avaient été réanimés contre leur volonté, et ce, en répandant le sang de celui dont le maître désirait ardemment effacer de ce monde l’ultime vestige de la toute-puissance elfique. J’avais été inutile. Impuissante. Cela me débectait.

    Je jurais de faire en sorte que jamais au grand jamais cela ne se reproduisit une seconde fois ! Même ces chiens enragés au service d’Alasker avaient été capables de planter leur griffe dans la carcasse de cette fausse idole. Le simple fait de savoir cela me faisait fulminer ! Hélas ! Je ne pouvais exprimer ma furie désormais ! Je devais la contenir.  Une telle situation n’arriverait pas une seconde fois ! Je le jurais !

    Contemplant le champ de bataille désormais désert, je sentais également poindre un zeste de tristesse et d’amertume en mon for intérieur. Même si une longue route nous attendait avant de retourner au sein du territoire impérial, une partie de mon âme était pour ainsi meurtrie. Malgré les actes des Dévoreurs, la présence de civils et de mercenaires, les éructations d’un croque-note, j’avais grandement apprécié cette journée. En l’espace de 24 heures, une parcelle de ma personne avait eu le sentiment de revivre. Comme par le passé, j’avais pu diriger la destinée de quelques hommes et quelques femmes au combat. J’avais pu être, à nouveau, un officier au sein de l’infanterie…au sein des troupes régulières. Le poids, pour le moins accablant, de cette soudaine réalisation s’abattit sur moi et écrasa mon cœur déjà meurtri par mon courroux, mes échecs et mes désillusions. L’ordre de Fictilem n’avait fait, au final, que me rappeler la condition qui était la mienne du fait de mes errements passés et pour lesquels j’avais été si justement condamnée. Je n’étais qu’une esclave. Un ustensile dont la survie importait peu et dont l’existence était considérée comme nulle et non avenue. Cette bribe de mon âme se sentait désormais perdue et se savait condamnée à la nuit. Désormais, je ne pouvais plus donner d’ordres voire même guider mes compagnons d’armes vers la victoire. Cela me laissait, pour ainsi dire, totalement désemparée. Durant un bref moment, j’avais renoué avec mon identité. Durant un bref instant, j’avais eu un objectif et n’avais eu qu’à penser aux stratagèmes qui me permettraient de l’accomplir. Maintenant, je n’avais plus rien…si ce n’est des souvenirs…des pans d’une mémoire qui m’arrachaient le cœur et qui n’appartenaient pas à la personne que j’étais devenue. Dans cette solitude amère qui était désormais devenue la mienne, je ne pus m’empêcher de me remémorer ceux qui avaient jadis combattu sous mon commandement et qui avaient péri du fait de mes erreurs à Ikusa. Ces visages hantaient mes pensées. Leurs voix résonnaient dans mon esprit et me rappelaient qu’autrefois j’avais été leur guide. Leur absence ainsi que ce rappel de ma condition m’obligeait à faire face à un sentiment d’abandon et de culpabilité qui n’était pas le mien.

    Cette affliction qui me tourmentait n’avait aucune logique. Qu’avais-je osé imaginer ? J’étais une janissaire. Une esclave de guerre au service de l’Empire. Ce n’était pas sous prétexte que l’on m’avait confié temporairement des hommes que soudainement, ma condition s’en trouvait modifié ! Je n’avais été qu’une sotte qui tels ces hommes et ces femmes pétries d’honneur avait vraisemblablement cru à des lendemains qui chantent ! Quelle idiote ! Tout ceci n’était qu’une illusion. Ce n’était pas parce que l’on m’avait octroyé des responsabilités que je pouvais prétendre transcender ma condition et renouer avec un passé qui n’était plus le mien…un passé que j’avais enterré…un passé où une part de moi-même avait été amputée du reste de mon esprit.

    Cette crise existentielle que je me retrouvais à traverser suscitait en moi des émotions contradictoires. La peur, le deuil, la tristesse, la colère, vengeance, la fureur, l’impétuosité, les regrets, la répulsion, la déception, la haine,  l’angoisse, la douleur, l’amertume et le désespoir… Tous ces sentiments s’affrontaient sur le champ de bataille qui faisait rage en mon for intérieur. Je ne savais plus quoi penser. Quoi dire. J’étais perdue. À la dérive dans ce qui s’apparentait être le chaos. Pourtant, ces errements ô combien destructeurs, cette réalité dans laquelle j’évoluais désormais, la nature des évènements que nous avions tous connus aujourd’hui génèrent, ironiquement, un élan de création. Une part de moi-même cherchait exposer cette furie et cette affliction que tous avaient du expérimenter en ce jour pour des raisons très diverses à l’égard de l’archonte, des Titans, d’eux-mêmes ou de leurs camarades.

    Aussi en vins-je à opérer une véritable catharsis, et ce en laissant échapper de mes lèvres, ma voix éthérée. Avec une intensité qui me surprit moi-même, j’en vins à entonner un antique chant elfique. Bien que la teneur des paroles puisse échapper à certains, il était question dans cet hymne de colère, de châtiment, de terreur, d’angoisse, de miséricorde, de rédemption et d’un jugement de nature quasi divine. Je modulais ma voix de telle sorte à ce que ce chant puisse transcender le monde matériel et donner le sentiment à tous que leurs âmes s’élevaient vers les cieux. Mes yeux, brillants de désespoir et de colère, luisaient avec plus d’intensité alors que je m’adonnais corps et âme à ce chant que certains melornois durent reconnaître. À travers ma voix,j’essayais autant que faire se peut de retranscrire toute la gamme des émotions propre à cette œuvre, mais aussi à mon être. Cette musique qui s’était totalement emparée de mon être me permettait de lâcher prise et de trouver une forme de réconfort que je n’aurais su trouver autrement. J’avais presque l’étrange impression, alors que j’illustrais ma performance par l’entremise de gestes gracieux, que le temps avait suspendu son vol…et pourtant je continuais.

    Chanter ces hymnes était, dans le fond, un moyen pour moi de me confronter à ma propre réalité…à ma propre condition et de l’accepter. C’était un moyen de méditer sur les notions de vie et de mort ainsi que sur le sens qu’avait mon existence…


    « Dies iræ, dies illa, solvet sæclum in favílla, teste David cum Sibilla.
    Quantus tremor est futurus, quando judex est venturus, cuncta stricte discussurus !
    Tuba mirum spargens sonum per sepulcra regionum, coget omnes ante thronum.
    Mors stupebit et Natura, cum resurget creatura, judicanti responsura.
    Liber scriptus proferetur, in quo totum continetur, unde Mundus judicetur.
    Judex ergo cum sedebit, quidquid latet apparebit, nihil inultum remanebit.
    »
    Traduction:

    Sur les derniers couplets de cet hymne, j’intensifiais mon chant vers un crescendo émotionnel, puis je me tus afin de profiter de ce bref moment d’accalmie.


    Résumé:


    "La mémoire est une forme d’immortalité. La nuit, quand le vent se tait et que le silence règne sur la plaine de pierre scintillante, je me souviens. Et tous revivent. Les soldats vivent. Et se demandent pourquoi..."
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    Dimitri Chagry
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  • Dim 25 Fév - 23:09



    ☾ ⋆  ☾ ⋆ ☾ ⭑ ☽ ⋆ ☽ ⋆ ☽

    Le souffle magique le propulsa plusieurs mètres plus loin. Son dos et sa jambe entaillée prirent cher. Les craquements sournois manquèrent de le faire vriller. Un souffle court, perdu au fin fond de ses poumons, resta emprisonné. L'éclair pur de lumière avait aveuglé et affaibli son esprit. L'aura magique avait sans doute perturbé la marée de soldats pendant quelques secondes. Dimitri n'y pouvait pas grand chose et se concentra exclusivement sur sa mission et sa douleur. Les autres n'avaient qu'à se démerder. Les imprévues arrivaient de cette façon. Le brun tenta de se relever, de combattre cette brûlure insupportable au niveau de ses rétines et de sa peau. Ses doigts tremblèrent, s'enfonçèrent dans le sol fait de chair et d'os en décomposition. Le goût ferreux du sang emplissait sa bouche, mais il en prit à peine considération. Il avait eu l'impression de carboniser sur place. L'intensité de cette lumière sans aucun doute et sa sensibilité à celle-ci en supplément. Lorsqu'il tenta des mouvements, il se rendit compte qu'il était entièrement paralysé et qu'il n'y voyait rien.

    Douleur indescriptible, évanouissement temporaire, il en sortit finalement quand il se rendit compte qu'une personne venait lui appuyer sur les épaules pour le secouer. La tension était légère, pourtant l'amplitude de ses blessures provoquaient un douleur extrême. Et il était tout bonnement incapable de dire à cet inconnu stupide qu'il était en train de morfler. Seule la crispation de sa mâchoire et des marmonnements indescriptibles témoignaient de cette vague de souffrance. Le choc contre le sol avait été rude visiblement, et il n'était pas encore tout à fait clair sur l'endroit où il avait été propulsé. Sa vision revenait à la normale, les points blancs devinrent des formes distinctes. Le visage ne lui disait pas grand chose. Un civil, ou plutôt un soigneur qui tentait de réveiller la douleur en le secouant comme un prunier. L'homme lui baratina deux trois conneries sur la chance d'être en vie, tout en serrant un tissu autour de sa jambe blessée. Dans un grognement, il fit signe qu'il était en vie, repoussa l'homme qui revint à la charge pour l'aider à tenir assis puis l'attirer sur l'estrade à l'arrière. Les sensations insupportables dans sa colonne vertébrale étaient terribles. Des décharges électriques rendaient chaque mouvement abominable. Il ravala sa douleur, grimaça, marmonna, mais ne laissa pas de supplication passer la barrière de ses lèvres. Il était revenu à la case départ, se trouvait mêlé à la foule d'individu restée proche des galeries pour ralentir l'abomination.
    La voix distincte de la griffe s'éleva pour prononcer des mots solonnels face à ces exploits. Il les écouta brièvement, peu disposé encore à rester parfaitement concentré sur quelque chose tant son esprit et son corps avait souffert.
    Il n'eut pas le temps de remercier l'homme qui était venu le tirer de la décharge fumante, qu'un cri gutturale puissant fit trembler les parois. S'ajouter à cela l'odeur détestable des cadavres qui disparaissaient dans un amas de poussière. La forge avait perdu ses pleins pouvoirs, mais la voix de Kahl, omniprésente, envahissait l'espace.
    ᅳ Comment c'est possible ?
    Kahl était en proie à quelque chose de bien plus terrible, et Dimitri ne put s'empêcher d'orienter toute son attention en direction de l'estrade en face. Les dévoreurs avaient mis en pièce la déjection des titans. Il avait loupé un sacré morceau de l'événement. Ces quelques secondes d'évanouissement avaient sans doute été plus longue que prévue. L'archonte n'était qu'un plus reconnaissable.
    Kahl aurait dû être libéré de son emprise, cette situation était incompréhensible pour l'ombra qui resta figé sur place. À cette distance, il ne vit pas distinctement les actions d'Alasker, mais sa mâchoire se referma puissante sur les membres de Kahl qui martelait et frappait. Le sang gicla, les morceaux furent séparés avec une aisance déroutante. Dimitri crut que ça allait se terminer de cette façon, quand le chef de dévoreur se stoppa. Kahl était dans un état déplorable, ses blessures étaient incommensurables, mais il vivrait peut être.

    Il crut entendre une remarque déplaisante, soufflée par la mage élémentariste à quelques pas devant lui. Alors qu'il passait et suivait un soigneur, en passant, il laissa échapper à la femme blessée gravement un grondement disgracieux :

    ᅳ S'il n'avait pas fait son intéressant, on ne serait sans doute jamais passé par les tunnels. S'ils n'étaient pas passés en force jusqu'à l'archonte, tu serais sans doute morte avant d'éccoper de cette blessure. Un peu de respect. Il lui lança un regard méprisant, puis disparut sans attendre de réponse. Il n'adressa même pas un regard aux montagnes qui l'accompagnaient. Les dévoreurs n'étaient pas conventionnels, leurs attitudes n'étaient pas respectables, mais Dimitri les jugeait dans l'action. Ils avaient été diablement efficace et avaient limité la casse. Il espérait que Kahl s'en sorte, peu concentré tout à coup sur ses propres blessures. Elles s'atténuaient progressivement, accompagné discrètement par sa régénération cellulaire qui opérait déjà sur ses tissus. Il entendit quelques brides de conversation, des combats qu'il avait pu loupé. Le corps du combattant qui avait été anhilé par la griffe. Et l'ours polaire se décomposait progressivement.

    Spoiler:



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  • Lun 26 Fév - 0:13
     
    La marche du Vent d'Acier
    Event ouvert aux reikois et melornois


    Partageant sourire, chants victorieux et larmes, la marche prenait désormais son envol. Quittant la forge, désormais en sommeil sans l’anneau de l’archonte, subtilisé par le maître assassin, les aventuriers quittèrent l’immense tour de glace pour se retrouver au milieu du bassin.

    Toujours dans la pénombre, ils pouvaient néanmoins sentir que la température s’était réchauffée. Le calme était revenu et un vent libérateur commençait à se lever, faisant voler les cendres de leurs ennemis, comme pour tourner cette ultime page.

    Sur l’une des charrettes encore en état, l’oni autrefois bleu et désormais allégé d’un certain poids, était dans un état second alors que quelques guérisseurs le maintenaient en vie, surveillés d’un œil vigilant par des dévoreurs ou serres.

    L’on demanda à Brak’trag de tirer les charrettes le long du bassin afin de ne pas perdre trop de temps à escalader les parois glissantes. La tâche était certes ardue bien qu’elle paraissait triviale après l’enfer traversé par la marche.
    S’aidant de cordes, les aventuriers parvinrent à rejoindre les sommets du bassin, tout juste à temps pour assister au lever de soleil, laissant les premiers rayons de l’astre flamboyant embrasser leurs visages. Dissipant derrière eux l’ombre qui planait encore sur le bassin, dévoilant ainsi un lac de cendres dont ces dernières s’envolaient au gré d’un vent porteur d’héroïsme.

    Baignés dans la lumière, la marche pouvait sentir la fatigue quitter leurs corps sous l’exaltation de cette ultime victoire sur des forces qui pourtant dépassaient de loin les mortels qu’ils étaient.

    Et alors que la félicité gagnait le cœur de beaucoup, du mouvement se fit sentir. Rapidement, des ombragons s’approchèrent de la marche, restant néanmoins à une distance respectable de ses membres. Puis, ils commencèrent à s’incliner au passage de la marche. Un signe probable d’un temps révolu où ces braves créatures étaient domestiquées par les elfes en grand nombre. Plus intelligents que l’animal de base, ils semblaient être capable d’éprouver une certaine forme de reconnaissance.

    Ces braves bêtes s’éclipsèrent ensuite, regagnant ces terres qui étaient les leurs avant l’arrivée de l’archonte et l’activation de cette maudite forge.
    Serait-elle détruite ? Ce serait au couple impérial de le décider, la Griffe avait tranché à ce sujet et aucun civil n’avait eu quelque chose à y redire bien que les melornois espéraient que le conseil des érudits puissent avoir son mot à dire sur l’affaire.

    Un peu plus loin, Kharik discutait avec son meilleur ami de la marche.
    —C’est quand même fou, dit-il non sans mettre une tape sur l’épaule du gobelin. On vient de passer à deux doigts de se faire changer en macchabés sous les ordres d’un dieu fou et pourtant, je me sens plus que jamais prêt à repartir pour une seconde manche. C’était terrifiant et heureusement que nous avions les soldats du Reike pour nous mener vers la victoire, mais… je ne sais pas comment l’expliquer. Je me sens bien. En venant ici, je rêvais de gloire et de grandeur et pourtant j’y ai découvert quelque chose de bien plus important. J’ai le sentiment d’avoir fait quelque chose qui a du sens. Quelque chose d’utile pour le Reike. Et je crois que beaucoup ne le réalisent pas encore, faute à l’exaltation qui n’est pas encore retombée, mais pour moi qui n’était qu’un simple gars en quête de satisfaction personnelle, j’ai compris qu’il y avait plus important que ma petite personne. Faire partie d’un tout plus grand et œuvrer pour le bien de ce dernier, honnêtement ça me convient tout autant. J’espère que nous nous reverrons mon ami, dans un paysage plus tempéré je l’espère ! (Il éclata d’un rire franc avant de se couper sentant ses blessures lui crier de se calmer.) Mais avant toute chose, je ne compte pas revenir sur ma promesse. Tournée générale à notre retour à Melorn !

    C’est donc avec des cernes bien présentes que la marche entama son voyage retour. Le groupe était épuisé et le besoin d’une véritable nuit de sommeil au fond d’un lit chaud commençait à se faire sentir, pourtant, il n’y eut aucune plainte. Les civils les plus en forme et les plus téméraires vinrent même demander aux serres quelques conseils une fois la nuit tombée pour parfaire leurs jeux de jambes et d’épées. Certains, en voyant les troupes menées par Tulkas au sein de cette mêlée putride, s’étaient trouvé une vocation. Ils désiraient en être. Servir sous les ordres de ce soldat qui à mains nues avait étripé une bonne partie de ces aberrations pour protéger ses hommes.
    Bien évidemment, l’on ne devenait pas un membre des serres pourpres par simple envie. Un long chemin sinueux allait s’offrir à ces quelques braves déterminés. Et peut-être, que d’ici plusieurs cycles lunaires, certains pourraient accomplir cette nouvelle promesse. De se tenir fièrement parmi les serres pourpres, prêts à servir leur nation dans l’honneur.

    Les journées continuèrent de s’écouler et la marche du Vent d’acier traversa enfin les portes de Melorn. Retrouvant ainsi un climat doux et tempéré.
    Les autorités de Melorn mirent alors tout en œuvre pour prendre en charge les malades, guérir les blessés. Ils offrirent le gîte et le couvert aux reikois pour quelques jours si ces derniers souhaitaient se poser avant de rentrer au pays du sable.

    Il y eut des acclamations, des applaudissements, des cris de ferveur. Après un entretien rapide de la Griffe avec un érudit de la cité elfique, ce dernier fût libre de pouvoir rentrer faire son rapport. Avant ça, on l’emmena néanmoins sur la place centrale sur laquelle était en construction un mémorial.

    —Nous pensions y sculpter un dragon que nous peindrons d’un rouge sang. Il semblerait que votre petit tour de force ait impressionné beaucoup de nos citoyens présents lors de la marche. Nous inscrirons sur ses ailes le nom des disparus, engloutis par les machinations de l’archonte afin que les générations futures n’oublient jamais le sacrifice de ces héros pour le bien de nos nations. Leurs noms seront alors protégés à jamais par le symbole reikois. J’espère que nous pourrons continuer cette alliance plus que productive entre le Reike et Melorn, bien que… (Il se coupa quelque instants. Visiblement, tous les membres du conseil ne semblaient pas de son avis.) Deydreus Fictilem, au plaisir de vous revoir sur nos terres. Prenez donc avec vous quelques cargaisons de nos meilleurs mets. En cadeau pour le couple impérial. Quant à votre soldat oni, malheureusement, nous n’avons pas le temps ni les ressources pour lancer une étude à son sujet. Nous lui avons administré les soins et guéris ses organes internes, néanmoins nous préférons laisser la guérison de sa psyché entre les mains de votre nation.

    Avec un sourire, l’érudit un peu rêveur lui fit brièvement le salut impérial avant que les deux hommes ne se quittent.

    La guerre contre les titans était encore loin de toucher à sa fin. Pourtant, en ce jour, la marche du Vent d’Acier venait d’embraser un feu à l’épreuve du temps et des embûches. Une fois de plus, les mortels venaient de prouver aux divins qu’ils ne courberaient plus l’échine, ils ne seraient plus jamais esclaves et marcheraient en tant qu’hommes et femmes libres.

    Le Sekai leur appartenait.

    Et c’est ainsi que la Marche du Vent d’acier se termina. Laissant aux héros le luxe de se reposer avant de se retrouver face à des défis toujours plus grands.

    Leurs noms étaient certes entrés dans l’histoire, de nouvelles batailles se préparaient dans l’ombre. Batailles qu’ils étaient prêts à mener et à remporter.

    Pour le Reike !

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